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Qui chante les chœurs de My Sweet Lord ? Les George O’Hara-Smith Singers, Abbey Road 1970 et l’histoire complète du premier numéro un de George Harrison

Par Clive Helday
My Sweet Lord : qui chante les chœurs ? L'enquête complète

Une chorale qui chante “alléluia” puis glisse, sans prévenir, vers “Hare Krishna”, et finit sur une prière sanskrite que des millions d’auditeurs ont fredonnée sans le savoir. Sur la pochette, un crédit facétieux : les “George O’Hara-Smith Singers”. Mais qui chante vraiment les chœurs de My Sweet Lord ? George Harrison seul, multiplié par les overdubs ? Bobby Whitlock et Eric Clapton ? Phil Spector ? Et John Lennon, que certains croient entendre ? Enquête sur le premier numéro un d’un ex-Beatle, de Copenhague à Abbey Road, du triomphe de 1971 au procès He’s So Fine.

L’essentiel en 30 secondes

  • My Sweet Lord est écrite par George Harrison en décembre 1969 à Copenhague, pendant la tournée de Delaney & Bonnie, en s’inspirant d’Oh Happy Day des Edwin Hawkins Singers.
  • Harrison l’offre d’abord à Billy Preston, qui l’enregistre en janvier 1970.
  • Sa propre version est enregistrée à partir du 28 mai 1970 aux studios EMI (Abbey Road), coproduite avec Phil Spector, pour All Things Must Pass.
  • Les chœurs sont crédités aux “George O’Hara-Smith Singers”, un pseudonyme. Selon la plupart des historiens, Harrison les a chantés seul, en multipliant les pistes ; Bobby Whitlock affirme y avoir participé.
  • Le single atteint la 1re place aux États-Unis le 26 décembre 1970 (quatre semaines) et au Royaume-Uni le 30 janvier 1971 (cinq semaines) : c’est le premier numéro un d’un ex-Beatle en solo.
  • En 1976, un juge new-yorkais estime que la mélodie reprend inconsciemment celle de He’s So Fine des Chiffons. L’affaire ne sera close qu’en 1998.

Il y a des chansons qui semblent avoir toujours existé. My Sweet Lord en fait partie. Quelques notes de guitare slide, des guitares acoustiques en rafale, une voix douce qui appelle, puis ce chœur qui monte, qui enfle, qui transforme une prière intime en communion de foule. Pour beaucoup d’auditeurs, c’est la chanson de George Harrison par excellence, celle qui a prouvé au monde que le “Beatle tranquille” pouvait faire mieux, commercialement, que Lennon et McCartney.

Nous avons déjà raconté sur Yellow-Sub l’histoire de l’album qui la contient, All Things Must Pass, le jour où George Harrison a cessé d’être le Beatle silencieux. Cet article se concentre sur la chanson elle-même, et sur une question qui revient sans cesse chez les fans : qui chante les chœurs de My Sweet Lord ? La réponse, on va le voir, est moins simple qu’il n’y paraît. Elle oblige à remonter le fil de la chanson, depuis une loge de théâtre danoise jusqu’au tribunal de Manhattan.

Copenhague, décembre 1969 : un “Oh Happy Day” à soi

Un Beatle en tournée comme simple guitariste

À la fin de 1969, les Beatles ne se sont pas encore officiellement séparés, mais le groupe n’existe déjà plus vraiment. George Harrison, lui, a trouvé un refuge inattendu : il part sur les routes d’Europe comme simple guitariste dans la troupe de Delaney & Bonnie and Friends, un groupe américain de soul et de rock sudiste, aux côtés d’Eric Clapton. Pas de cris, pas de projecteurs braqués sur lui, juste le plaisir de jouer. C’est pendant cette tournée qu’il apprend vraiment la guitare slide, auprès de Delaney Bramlett, une technique qui deviendra sa signature.

La tournée s’achève à Copenhague, au Falkoner Theatre, pour trois soirs, du 10 au 12 décembre 1969. Selon le témoignage qu’il donnera plus tard devant la justice américaine, Harrison commence à écrire My Sweet Lord dans une pièce à l’étage du théâtre, pendant que le reste du groupe participe à une conférence de presse en coulisses.

L’étincelle : Oh Happy Day

L’inspiration est claire, et Harrison ne l’a jamais cachée. Il est alors fasciné par Oh Happy Day, un vieil hymne réarrangé par les Edwin Hawkins Singers, une chorale gospel californienne dont la version est devenue un tube mondial en 1969. Harrison racontera avoir été enthousiasmé par ce disque, et s’être dit qu’il allait écrire son propre “Oh Happy Day”. Ce qui le fascine dans le gospel, c’est la ferveur collective, le dialogue entre un soliste et un chœur, la sensation que la musique est une prière partagée.

Les récits de la naissance de la chanson divergent légèrement. Delaney Bramlett a affirmé avoir soufflé l’idée de départ à Harrison ; Billy Preston, de son côté, se souvenait d’une improvisation au piano en coulisses. Les historiens restent prudents sur ces versions concurrentes. Ce qui est certain, c’est que la chanson naît dans ce bain de soul et de gospel américains, très loin de l’univers Beatles.

Une prière sans frontières

Le sujet est sans ambiguïté : c’est une chanson de dévotion. Harrison, qui pratique la méditation et s’est rapproché du mouvement Hare Krishna depuis 1969, veut écrire un chant qui parle à tout le monde, chrétiens comme hindous, croyants comme non-croyants. Il construit donc la chanson comme un pont. Le chœur commence par “alléluia”, un mot hébreu familier à tout Occidental, puis bascule progressivement vers le mantra Hare Krishna, puis vers une prière sanskrite. Harrison l’expliquera lui-même : il a fait chanter les voix sur “alléluia” d’abord, puis sur “Hare Krishna”, pour que les gens se mettent à chanter le mantra avant même de s’en rendre compte.

C’est un geste audacieux en 1970. Un Beatle qui fait chanter un mantra hindou à l’heure de grande écoute sur toutes les radios du monde, c’est une première. Et c’est exactement ce qui va se passer.

Billy Preston, premier interprète de My Sweet Lord

Un cadeau à un ami

Harrison n’enregistre pas tout de suite la chanson pour lui-même. Il pense d’abord l’offrir aux Edwin Hawkins Singers, puis la confie à Billy Preston, le claviériste que les Beatles ont accueilli en janvier 1969 pendant les séances de Get Back et qu’il a fait signer chez Apple. Preston vient du gospel : il a accompagné Mahalia Jackson et joué dans les églises de Los Angeles avant de devenir musicien de rock. Pour lui, My Sweet Lord est une évidence.

La version de Preston est enregistrée en janvier 1970 aux studios Olympic de Londres, avec Harrison comme coproducteur et la participation des Edwin Hawkins Singers eux-mêmes. Elle paraît sur l’album Encouraging Words, publié en septembre 1970. Le single britannique prévu pour le 4 septembre est finalement retiré ; aux États-Unis, il sort en décembre 1970 et atteint seulement la 90e place du Billboard Hot 100 et la 23e du classement soul. À ce moment-là, la version de Harrison est déjà en train d’écraser tout sur son passage. L’album de Preston se trouve sur Amazon.

La version de Preston est plus ouvertement gospel, plus chaleureuse, avec un vrai chœur noir américain. Celle de Harrison sera tout autre : plus introspective au départ, plus “rock” dans sa texture, et beaucoup plus spectaculaire dans son crescendo final.

Abbey Road, 28 mai 1970 : la séance de base

Phil Spector aux manettes

Au printemps 1970, Harrison entre en studio pour enregistrer son premier véritable album solo de chansons. Il choisit comme coproducteur Phil Spector, qui vient de retravailler les bandes de Let It Be. Spector est l’inventeur du fameux Wall of Sound : une manière d’enregistrer en empilant les instruments joués à l’unisson, guitares, pianos, percussions, jusqu’à ce que l’ensemble sonne comme une seule masse compacte, saturée de réverbération.

La séance de base de My Sweet Lord a lieu le 28 mai 1970 aux studios EMI, qu’on commence à appeler Abbey Road, avec Phil McDonald comme ingénieur. Le groupe enregistre une série de prises ; la prise 16 est retenue pour recevoir les ajouts.

Qui joue sur la séance ?

Le journal de Mal Evans, l’assistant historique des Beatles, permet de reconstituer la formation présente ce jour-là. Elle illustre parfaitement la méthode Spector :

Musicien Instrument
George Harrison Chant, guitares acoustique et slide, chœurs
Eric Clapton Guitare acoustique
Pete Ham et Joey Molland (Badfinger) Guitares acoustiques
Gary Brooker (Procol Harum) Piano
Bobby Whitlock Harmonium
Klaus Voormann Basse
Ringo Starr Batterie
Alan White Tambourin
Peter Frampton (ajout ultérieur) Guitare acoustique
Musiciens non crédités Cithares, cordes (arrangement de John Barham)

Les crédits varient selon les sources, et plusieurs ouvrages mentionnent aussi Billy Preston, Gary Wright ou d’autres membres de Badfinger : les séances d’All Things Must Pass ont vu défiler tant de musiciens que les listes divergent souvent. Mais le principe est le même partout : quatre ou cinq guitares acoustiques jouant la même chose, des claviers empilés, et une rythmique conduite par Ringo Starr, fidèle ami de Harrison. C’est ce mur d’acoustiques qui donne à My Sweet Lord ce scintillement si particulier dès les premières mesures.

Les overdubs : guitares, slide et cordes

À partir de la fin juillet 1970, Harrison retravaille la prise 16. Avec Peter Frampton, il ajoute de nouvelles guitares acoustiques. Une partie des ajouts est réalisée aux studios Trident, dans le quartier de Soho, avec l’ingénieur Ken Scott, qui prolonge aussi la fin du morceau pour laisser la place à la prière finale et au long fondu. Le 18 septembre 1970, l’arrangement de cordes de John Barham est enregistré par vingt-deux musiciens d’orchestre : huit violons, huit altos, quatre violoncelles et deux contrebasses.

Surtout, Harrison enregistre ses parties de guitare slide, ces phrases glissées, superposées en harmonie, qui répondent à la voix. Le spécialiste Simon Leng y voit l’un des passages de guitare les plus célèbres de toute la musique populaire. C’est le grand apport de Harrison guitariste en 1970 : une slide chantante, mélodique, presque vocale, très différente de la slide blues traditionnelle, et qui deviendra immédiatement reconnaissable sur des disques comme Give Me Love ou All Those Years Ago.

Des dévots dans le studio

Les séances d’All Things Must Pass ne ressemblent pas à celles des Beatles. Bobby Whitlock, le claviériste qui fondera quelques semaines plus tard Derek and the Dominos avec Clapton, a raconté l’ambiance : pendant les séances, la porte s’ouvrait régulièrement et trois, quatre ou cinq dévots Hare Krishna entraient dans le studio, lançant des pétales de rose et distribuant des biscuits au beurre de cacahuète. Whitlock a aussi résumé l’esprit de Harrison à l’époque : il incluait tout le monde dans ce qu’il faisait, parce qu’il y en avait assez pour tous.

Cette atmosphère de maison ouverte, joyeuse et un peu chaotique, explique en partie le brouillard qui entoure aujourd’hui les crédits. Qui était là le jour où l’on a enregistré tel ou tel chœur ? Personne n’a tenu de registre précis. Et c’est précisément ce flou qui a nourri le mystère des chœurs de My Sweet Lord.

Qui chante les chœurs de My Sweet Lord ? L’enquête

Les “George O’Hara-Smith Singers”

Sur les crédits d’All Things Must Pass, les chœurs de My Sweet Lord sont attribués à un ensemble au nom improbable : les George O’Hara-Smith Singers. Le nom est une plaisanterie typiquement britannique, dans la lignée des pseudonymes que les Beatles affectionnaient. Harrison en utilisera d’autres au fil de sa carrière, comme “L’Angelo Misterioso” sur un disque de Cream ou “Hari Georgeson”. Derrière la blague, une question sérieuse : qui se cache vraiment derrière ce faux groupe vocal ?

Hypothèse 1 : Harrison, seul face à lui-même

La thèse la plus répandue chez les historiens de la musique de Harrison est aussi la plus simple : toutes les voix du chœur ont été chantées par George Harrison lui-même, enregistrées puis réenregistrées en couches successives jusqu’à donner l’illusion d’une chorale. C’est notamment la version retenue par la plupart des ouvrages de référence sur All Things Must Pass, et elle est cohérente avec le témoignage de Harrison, qui raconte avoir fait “les voix” chantant alléluia puis Hare Krishna, à la première personne.

Cette méthode est très proche de celle des Beatles, qui doublaient et triplaient leurs voix, et elle correspond au perfectionnisme de Harrison en studio. Plusieurs témoins des séances ont d’ailleurs décrit un Harrison capable de passer des heures à refaire ses parties jusqu’à obtenir exactement ce qu’il voulait. Dans cette hypothèse, le crédit des “O’Hara-Smith Singers” est une façon malicieuse de dire : ce chœur, c’est moi, démultiplié.

Hypothèse 2 : Harrison et Bobby Whitlock

Un témoin direct affirme pourtant autre chose. Interrogé en 2012 par le site The Los Angeles Beat, Bobby Whitlock s’est souvenu de s’être tenu aux côtés de Harrison pour chanter toutes les voix de fond de My Sweet Lord, ajoutant que, sur ce titre, ce n’étaient “que George et moi”. Whitlock a souvent regretté que plusieurs de ses contributions à l’album n’aient pas été créditées.

Son témoignage n’est pas à écarter. Whitlock était présent pendant une grande partie des séances, il chantait régulièrement en harmonie avec Clapton et Harrison, et son timbre de voix soul se marie bien avec celui de George. Mais il s’agit d’un souvenir raconté plus de quarante ans après les faits, que les autres participants n’ont pas confirmé.

Hypothèse 3 : une bande de copains, Spector et Clapton compris

Une troisième version, très répandue dans la presse musicale et sur certains sites de référence, élargit encore le cercle : les O’Hara-Smith Singers auraient réuni Harrison, Phil Spector, Eric Clapton et Bobby Whitlock, voire deux autres participants mystérieux que Harrison aurait surnommés “Cyril” et “Betty”. C’est l’image la plus romantique : une bande d’amis autour d’un micro, en train de chanter un mantra au milieu des dévots et des pétales de rose.

Cette version mélange sans doute plusieurs réalités. Spector, Clapton et Whitlock ont effectivement chanté des chœurs sur d’autres titres d’All Things Must Pass, et la frontière entre les séances était floue. Il est possible que des voix de plusieurs personnes aient été enregistrées à un moment, puis recouvertes ou fondues dans les overdubs de Harrison. Mais aucun document de studio précis ne permet aujourd’hui de l’établir pour My Sweet Lord.

Ce que l’on peut affirmer, et ce que l’on ne peut pas

  • Certain : les chœurs sont crédités aux “George O’Hara-Smith Singers”, un pseudonyme ; George Harrison y chante, et c’est lui qui a conçu leur progression d’alléluia vers Hare Krishna.
  • Probable : l’essentiel de la masse vocale provient de voix de Harrison superposées.
  • Possible : Bobby Whitlock a chanté avec lui, comme il l’affirme ; d’autres voix (Clapton, Spector) ont pu être présentes à un moment.
  • Non établi : la présence de “Cyril” et “Betty”, dont l’identité n’a jamais été précisée.
  • Faux : la participation de John Lennon (voir ci-dessous).

Et John Lennon ?

Comme pour beaucoup de chansons de cette époque, une rumeur affirme que John Lennon chante ou joue quelque part sur My Sweet Lord. Elle ne tient pas. Au moment de la séance de base, fin mai 1970, Lennon se trouve avec Yoko Ono aux États-Unis, à Los Angeles, où il suit la thérapie primale d’Arthur Janov, qui débouchera sur l’album John Lennon/Plastic Ono Band. Il n’est revenu en Angleterre qu’à la fin de l’été. Une visite de Lennon et Yoko aux séances d’All Things Must Pass a bien été évoquée par plusieurs témoins, dans une atmosphère tendue, mais aucune source sérieuse ne le place sur la bande de My Sweet Lord.

La persistance de cette rumeur dit quelque chose de l’histoire des Beatles : on a longtemps eu du mal à imaginer que Harrison puisse réussir seul ce que Lennon et McCartney réussissaient ensemble. My Sweet Lord est justement la preuve du contraire.

La montée du chœur : comment fonctionne le crescendo

D’une voix seule à une foule

Ce qui rend les chœurs de My Sweet Lord si marquants, ce n’est pas seulement l’identité des chanteurs : c’est leur construction. La chanson commence de façon presque intime, avec la guitare slide, les guitares acoustiques et la voix de Harrison. Les chœurs n’arrivent que progressivement, d’abord pour répondre à la voix principale, comme dans un gospel où l’assemblée répond au prédicateur. Puis ils s’installent, s’épaississent, et finissent par occuper tout l’espace.

La structure est celle d’un appel et d’une réponse, la forme de base du gospel et du blues. Harrison chante une phrase, le chœur lui répond. Au fur et à mesure, la réponse change de langue : d’abord l’hébreu de l’alléluia, partagé par les traditions juive et chrétienne, puis le sanskrit du mantra Hare Krishna, appelé “maha mantra” dans la tradition vaishnava. L’auditeur occidental, qui a commencé à chanter alléluia, se retrouve à chanter Hare Krishna sans transition.

La prière cachée

Dans les dernières minutes, le chœur entonne encore autre chose : un verset du Guru Stotram, un hymne sanskrit traditionnel qui rend hommage au maître spirituel, assimilé aux divinités de la trinité hindoue. Pour la plupart des auditeurs de 1971, ce passage n’est qu’une suite de syllabes exotiques, noyée dans la masse sonore du Wall of Sound. Mais il s’agit bien d’une prière complète, glissée à la fin d’un tube mondial. Lors du Concert for Bangladesh, en 1971, Harrison chantera lui-même cette prière en voix principale.

C’est l’un des aspects les plus fascinants de My Sweet Lord : la chanson fonctionne à plusieurs niveaux. Pour l’auditeur qui écoute distraitement à la radio, c’est un hymne pop euphorique. Pour celui qui s’intéresse aux paroles et aux chœurs, c’est une véritable leçon de spiritualité comparée, et un acte de prosélytisme assumé, mais tout en douceur. Le choix de faire chanter ces mots par une “foule” plutôt que par Harrison seul renforce l’effet : ce n’est plus un homme qui prie, c’est une assemblée.

Le clip officiel de 2021

Pendant cinquante ans, My Sweet Lord n’a pas eu de clip officiel. Il a fallu attendre le 15 décembre 2021, et les célébrations des cinquante ans d’All Things Must Pass, pour qu’un film soit réalisé par Lance Bangs, à partir du nouveau mixage de Paul Hicks. Dans une ambiance de comédie, Fred Armisen et Vanessa Bayer y jouent des agents “métaphysiques” chargés d’une mission par Mark Hamill, et croisent plus de quarante invités, parmi lesquels Ringo Starr, Jeff Lynne, Joe Walsh, Taika Waititi, “Weird Al” Yankovic, Jon Hamm, Olivia et Dhani Harrison. Une façon de rendre hommage à l’humour de Harrison, qui avait aussi été producteur de cinéma avec HandMade Films.

Comment fabrique-t-on une chorale avec une seule voix ?

Le principe de la superposition

Si l’on admet que Harrison a chanté l’essentiel des chœurs seul, une question se pose : comment un seul chanteur peut-il donner l’impression d’une assemblée entière ? La réponse tient à une technique que les Beatles maîtrisaient depuis 1963, celle de la superposition des voix. On enregistre une première piste de chœur, puis on la réécoute au casque en chantant une deuxième piste par-dessus, puis une troisième, et ainsi de suite. Chaque nouvelle prise est légèrement différente : une attaque un peu plus tôt, une voyelle un peu plus ouverte, une intonation imperceptiblement décalée. Ce sont ces micro-différences qui font qu’à l’oreille, on n’entend plus une voix doublée, mais plusieurs personnes.

Pour renforcer l’illusion, un chanteur peut varier sa position devant le micro, chanter certaines pistes plus doucement, d’autres plus fort, ou changer de registre en passant d’une harmonie à l’autre. Avec les magnétophones huit pistes dont disposent les studios londoniens en 1970, et la possibilité de regrouper plusieurs voix sur une seule piste avant d’en enregistrer d’autres, on peut empiler un grand nombre de voix.

La touche Spector

Vient ensuite le travail de Phil Spector. Le producteur noie volontiers les voix dans une réverbération profonde, celle des chambres d’écho des studios, et dans un léger écho à bande. Le résultat est un son qui semble venir d’une grande salle, d’une église ou d’un temple. Les contours de chaque voix se brouillent, les timbres se mélangent, et l’oreille ne cherche plus à identifier qui chante. C’est le Wall of Sound appliqué aux voix : une masse compacte, chaleureuse, où les individus disparaissent au profit de l’ensemble.

C’est aussi ce qui explique pourquoi la question “qui chante ?” est si difficile à trancher à l’écoute. Même une voix différente, celle de Whitlock ou de Clapton, deviendrait presque indiscernable une fois prise dans ce bain sonore. Le remixage de 2020, qui allège un peu la réverbération, permet de mieux entendre la texture des chœurs, mais pas d’y reconnaître avec certitude un timbre autre que celui de Harrison.

Les reprises : d’autres chœurs pour la même prière

Au fil des années, d’autres artistes ont proposé leur propre version de cette chorale. Billy Preston, le premier, avec un vrai chœur gospel, celui des Edwin Hawkins Singers. Nina Simone en a donné en 1972 une lecture fiévreuse et très longue sur son album Emergency Ward!, enregistrée en partie avec un chœur gospel, qui transforme la chanson en véritable office. Les Chiffons elles-mêmes, on le verra, l’ont reprise en 1975, avec une ironie évidente. Chacune de ces versions montre à quel point la chanson repose sur ce dialogue entre une voix et une foule : changez le chœur, et c’est toute la couleur spirituelle du morceau qui change.

Le triomphe : le premier numéro un d’un ex-Beatle

Une sortie à contretemps

All Things Must Pass sort le 27 novembre 1970 aux États-Unis, sous la forme d’un triple album. Quelques jours plus tôt, le 23 novembre 1970, Apple publie aux États-Unis le single My Sweet Lord, en double face A avec Isn’t It a Pity. Au Royaume-Uni, Harrison hésite : il ne veut pas sortir de single, pour ne pas détourner l’attention de l’album. Mais la chanson passe tellement à la radio que la demande du public l’emporte. Le single britannique paraît finalement le 15 janvier 1971, avec What Is Life en face B.

Isn’t It a Pity et What Is Life : deux couplages, deux visages

Le choix des couplages n’est pas anodin. Aux États-Unis, My Sweet Lord partage le disque avec Isn’t It a Pity, une longue ballade mélancolique que Harrison avait proposée aux Beatles dès 1966 sans jamais réussir à l’imposer. C’est une chanson sur l’incapacité des gens à s’aimer et à se respecter, souvent lue comme un commentaire sur la fin du groupe. Sur une face, la joie de la dévotion ; sur l’autre, la tristesse de la rupture : le single résume à lui seul les deux pôles d’All Things Must Pass.

Au Royaume-Uni, la face B est What Is Life, un titre beaucoup plus rapide et entraînant, porté par un riff de guitare et des cuivres, qui deviendra à son tour un single à succès aux États-Unis en 1971. Là encore, le contraste est saisissant : d’un côté, une prière lente qui monte en transe ; de l’autre, une chanson pop énergique. Harrison montre en un seul disque l’étendue de sa palette, longtemps cantonnée à une ou deux chansons par album des Beatles.

Les classements

Le succès est immédiat et mondial. Aux États-Unis, My Sweet Lord atteint la première place du Billboard Hot 100 le 26 décembre 1970 et y reste quatre semaines. Il a été certifié disque d’or dès le 14 décembre. Au Royaume-Uni, le single entre directement à la 7e place, atteint la première place le 30 janvier 1971 et y reste cinq semaines. Il deviendra le single le plus vendu de l’année 1971 au Royaume-Uni.

Pour la première fois, un ex-Beatle obtient seul un numéro un des deux côtés de l’Atlantique. Ni Lennon ni McCartney n’y étaient encore parvenus en solo. La chanson est aussi numéro un dans de nombreux pays, notamment en France et en Allemagne, où elle reste respectivement neuf et dix semaines en tête. En 1978, on estimait ses ventes mondiales à cinq millions d’exemplaires ; certaines estimations ultérieures dépassent les dix millions.

Pays ou classement Meilleure position Précisions
États-Unis (Billboard Hot 100) 1 À partir du 26 décembre 1970, quatre semaines
Royaume-Uni 1 À partir du 30 janvier 1971, cinq semaines ; single le plus vendu de 1971
France 1 Neuf semaines en tête
Allemagne de l’Ouest 1 Dix semaines en tête
Royaume-Uni (réédition 2002) 1 Après la mort de Harrison

Les récompenses

En 1971, My Sweet Lord est élu single de l’année par l’hebdomadaire Melody Maker, qui le désigne aussi single mondial de l’année. En 1972, la chanson reçoit deux Ivor Novello Awards au Royaume-Uni et est nommée au Grammy Award de l’enregistrement de l’année. Le magazine Rolling Stone l’a intégrée à sa liste des 500 plus grandes chansons de tous les temps.

Pour Harrison, c’est une revanche éclatante. Pendant des années, il a dû se battre pour placer une ou deux chansons par album des Beatles, comme nous l’avons raconté dans notre enquête sur la guerre silencieuse des chansons. Quelques mois après la séparation, c’est lui qui signe le plus gros succès de l’après-Beatles.

L’ombre de He’s So Fine : le procès qui a hanté la chanson

Une ressemblance qui saute aux oreilles

Le triomphe a un revers. Dès la sortie du single, des auditeurs remarquent la ressemblance entre la mélodie de My Sweet Lord et celle de He’s So Fine, un tube des Chiffons, un girl group new-yorkais, numéro un aux États-Unis au printemps 1963. La chanson avait été écrite par Ronnie Mack, mort peu après son succès. Les deux mélodies partagent une figure de notes très proche, notamment dans le motif répété du refrain.

Le 10 février 1971, la société d’édition Bright Tunes Music, propriétaire des droits de He’s So Fine, porte plainte contre Harrison et ses éditions Harrisongs. L’affaire prend vite un tour médiatique, d’autant que la chanteuse Jody Miller enregistre en 1971 une version country de He’s So Fine qui reprend les guitares slide de My Sweet Lord, et que les Chiffons enregistrent elles-mêmes, en 1975, leur propre version de My Sweet Lord pour attirer l’attention sur le procès.

1976 : le “plagiat inconscient”

Le procès s’ouvre le 23 février 1976 devant le tribunal fédéral de New York, sous la présidence du juge Richard Owen. Harrison vient témoigner, guitare en main, pour expliquer comment il a composé la chanson, à partir d’Oh Happy Day et du gospel. Le juge rend sa décision en 1976 : il estime que Harrison n’a pas copié délibérément la mélodie, mais qu’il l’a reproduite inconsciemment, parce qu’elle était enfouie dans sa mémoire. C’est la notion de “plagiat inconscient”, qui fera date en droit d’auteur musical.

Le tribunal évaluera ensuite le préjudice à 1 599 987 dollars. Mais l’histoire prend alors un tour rocambolesque : Allen Klein, l’ancien manager des Beatles et de Harrison, qui avait négocié pour lui au début de l’affaire, rachète entre-temps Bright Tunes, se retrouvant de l’autre côté de la barre. En 1981, la justice juge qu’il a manqué à son devoir de loyauté envers son ancien client. Le montant dû par Harrison est réduit à 587 000 dollars, et Harrison obtient les droits de He’s So Fine. L’affaire ne se termine définitivement qu’en mars 1998, plus de vingt-sept ans après le dépôt de la plainte : Harrison conserve les droits pour le Royaume-Uni et l’Amérique du Nord, Klein pour le reste du monde. Au Royaume-Uni, une procédure parallèle avait été réglée à l’amiable dès juillet 1977.

This Song : la réponse en musique

Harrison a vécu le procès comme une injustice et une humiliation. Il y a répondu avec humour en 1976, avec This Song, sur l’album Thirty Three & 1/3 : une chanson qui se moque des avocats et des experts en droit d’auteur, accompagnée d’un clip parodiant un tribunal. Il évoquera longtemps l’effet paralysant de cette affaire : la peur, chaque fois qu’il composait, de reprendre sans le savoir une mélodie déjà existante. Cette période difficile est racontée dans notre article sur la traversée du désert de George Harrison.

Correctif : Harrison n’a pas été condamné pour “vol” de chanson

On lit parfois que Harrison aurait “volé” He’s So Fine. Ce n’est pas ce qu’a dit la justice. Le juge Owen a explicitement écarté l’idée d’une copie délibérée ; il a parlé d’une reproduction inconsciente. C’est une nuance essentielle, qui a fait jurisprudence et que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux litiges musicaux. Sur la question plus large des ressemblances entre chansons dans l’univers Beatles, on pourra lire notre article sur Mr. Blue Sky d’ELO.

My Sweet Lord sur scène et après

Le Concert for Bangladesh (1971)

Le 1er août 1971, au Madison Square Garden de New York, Harrison organise le Concert for Bangladesh, le premier grand concert caritatif de l’histoire du rock. My Sweet Lord y est l’un des moments forts : Eric Clapton et Jesse Ed Davis tiennent les guitares slide, tandis que Harrison chante lui-même la prière sanskrite du final. Ringo Starr est à la batterie. Le concert, le film et l’album qui en sont tirés feront le tour du monde. Nous avons consacré une page au film du Concert for Bangladesh et un article à l’engagement caritatif de Harrison. L’album est disponible sur Amazon.

La tournée de 1974 et le Japon en 1991

Lors de sa tournée nord-américaine de 1974, avec Ravi Shankar, Harrison fait de My Sweet Lord le rappel de chaque concert, en l’étirant jusqu’à une dizaine de minutes. Sa voix, abîmée par les répétitions et la fatigue, lui vaudra des critiques sévères. Dix-sept ans plus tard, en décembre 1991, il retrouve la scène au Japon avec Eric Clapton et son groupe ; la version enregistrée au Tokyo Dome figure sur l’album Live in Japan.

My Sweet Lord (2000)

Pour la réédition d’All Things Must Pass, parue en janvier 2001, Harrison réenregistre la chanson. Cette version, intitulée My Sweet Lord (2000), réunit la chanteuse Sam Brown aux voix, son fils Dhani Harrison à la guitare acoustique et le percussionniste Ray Cooper au tambourin. Harrison expliquera qu’il voulait surtout rejouer un meilleur solo de slide. Ce sera l’un de ses derniers enregistrements publiés de son vivant.

Janvier 2002 : de nouveau numéro un

George Harrison meurt le 29 novembre 2001, à 58 ans. En janvier 2002, My Sweet Lord est réédité en single au Royaume-Uni. La chanson retrouve aussitôt la première place des ventes britanniques, trente et un ans après son premier règne. Le 29 novembre 2002, lors du Concert for George au Royal Albert Hall, Billy Preston, le premier à l’avoir enregistrée, la chante en hommage à son ami.

2020-2021 : les cinquante ans

Pour les cinquante ans d’All Things Must Pass, Dhani Harrison et l’ingénieur Paul Hicks réalisent un nouveau mixage de l’album, publié en 2021 dans plusieurs éditions anniversaire. Le mixage de My Sweet Lord y gagne en clarté : les guitares acoustiques se distinguent mieux, la slide est plus présente, et les chœurs, longtemps noyés dans la réverbération de Spector, apparaissent plus nettement. Les éditions sont disponibles sur Amazon, en CD comme en vinyle. Pour les audiophiles, nous avons aussi présenté le coffret japonais en 4 LP à 45 tours.

Pourquoi les chœurs de My Sweet Lord comptent autant

Revenons, pour finir, à la question de départ. Pourquoi se soucier de savoir qui chante ces chœurs ? Parce qu’ils sont le cœur du morceau. Sans eux, My Sweet Lord serait une belle chanson de dévotion, douce et mélodieuse. Avec eux, elle devient un événement collectif, une prière que l’auditeur est invité à rejoindre.

Que ces voix soient celles de Harrison seul, de Harrison et Whitlock, ou d’un petit groupe d’amis fondus dans les overdubs, l’effet recherché est le même : faire entendre une communauté. Et c’est peut-être pour cela que Harrison a choisi un pseudonyme plutôt qu’une liste de noms. En créditant de faux “O’Hara-Smith Singers”, il efface les individus au profit du collectif. Le chœur n’appartient à personne en particulier ; il appartient à tous ceux qui chantent avec lui.

C’est aussi ce qui distingue My Sweet Lord des chansons de Lennon et McCartney de la même année. Lennon, sur Plastic Ono Band, se met à nu, seul face à sa douleur. McCartney, sur McCartney, joue tous les instruments chez lui. Harrison, lui, s’entoure, ouvre les portes du studio, laisse entrer les musiciens, les amis, et même les dévots avec leurs biscuits. Son premier grand succès solo est, paradoxalement, le plus collectif des trois. Pour découvrir l’ensemble de son œuvre, on pourra poursuivre avec notre sélection de 15 chansons pour découvrir George Harrison en solo.

Chronologie de My Sweet Lord

Date Événement
Printemps 1963 He’s So Fine des Chiffons, numéro un aux États-Unis
10-12 décembre 1969 Delaney & Bonnie à Copenhague ; Harrison commence la chanson
Janvier 1970 Billy Preston enregistre la chanson aux studios Olympic
28 mai 1970 Séance de base aux studios EMI ; prise 16 retenue
Fin juillet – septembre 1970 Overdubs (guitares, slide, chœurs) ; cordes le 18 septembre
23 novembre 1970 Single américain, avec Isn’t It a Pity
27 novembre 1970 All Things Must Pass aux États-Unis
26 décembre 1970 Numéro un aux États-Unis (quatre semaines)
15 janvier 1971 Single britannique, avec What Is Life
30 janvier 1971 Numéro un au Royaume-Uni (cinq semaines)
10 février 1971 Plainte de Bright Tunes Music
1er août 1971 Concert for Bangladesh
1974 Rappel de chaque concert de la tournée nord-américaine
23 février 1976 Ouverture du procès ; jugement de “plagiat inconscient” la même année
1981 Dommages réduits à 587 000 dollars ; Harrison obtient les droits de He’s So Fine
Mars 1998 Fin définitive de l’affaire
Janvier 2001 My Sweet Lord (2000) sur la réédition d’All Things Must Pass
Janvier 2002 Réédition posthume, de nouveau numéro un au Royaume-Uni
15 décembre 2021 Premier clip officiel, réalisé par Lance Bangs

FAQ : My Sweet Lord et ses chœurs

Qui chante les chœurs de My Sweet Lord ?

Ils sont crédités aux “George O’Hara-Smith Singers”, un pseudonyme. Selon la plupart des historiens, il s’agit essentiellement de George Harrison, dont la voix a été enregistrée en de multiples couches. Bobby Whitlock affirme avoir chanté avec lui ; d’autres sources citent aussi Eric Clapton et Phil Spector.

John Lennon chante-t-il sur My Sweet Lord ?

Non. Lors de la séance de base, fin mai 1970, Lennon était à Los Angeles pour suivre la thérapie primale d’Arthur Janov. Aucune source sérieuse ne le place sur l’enregistrement.

Que chante le chœur à la fin ?

Il passe d’“alléluia” au mantra Hare Krishna, puis entonne un verset du Guru Stotram, un hymne sanskrit dédié au maître spirituel. Harrison voulait que les auditeurs se mettent à chanter le mantra sans s’en rendre compte.

Où et quand My Sweet Lord a-t-elle été écrite ?

En décembre 1969, à Copenhague, pendant la tournée de Delaney & Bonnie, à laquelle Harrison participait comme guitariste. Il s’inspirait d’Oh Happy Day des Edwin Hawkins Singers.

Qui a enregistré My Sweet Lord en premier ?

Billy Preston, en janvier 1970, pour son album Encouraging Words, produit avec Harrison. La version de Harrison est sortie quelques mois plus tard.

Qui joue sur l’enregistrement de Harrison ?

Selon le journal de Mal Evans : Harrison, Eric Clapton, Pete Ham et Joey Molland de Badfinger, Gary Brooker, Bobby Whitlock, Klaus Voormann, Ringo Starr et Alan White, avec Peter Frampton en overdub et des cordes arrangées par John Barham. Les crédits varient selon les sources.

My Sweet Lord a-t-elle été numéro un ?

Oui, aux États-Unis (quatre semaines à partir du 26 décembre 1970) et au Royaume-Uni (cinq semaines à partir du 30 janvier 1971), ainsi qu’en France et en Allemagne. C’est le premier numéro un d’un ex-Beatle en solo. Elle est redevenue numéro un au Royaume-Uni en janvier 2002.

Harrison a-t-il plagié He’s So Fine ?

En 1976, le juge Richard Owen a estimé que Harrison avait reproduit inconsciemment la mélodie de He’s So Fine des Chiffons, sans intention de copier. L’affaire, compliquée par le rachat de Bright Tunes par Allen Klein, ne s’est terminée qu’en 1998.

Existe-t-il un clip officiel de My Sweet Lord ?

Oui, depuis le 15 décembre 2021. Réalisé par Lance Bangs pour les cinquante ans d’All Things Must Pass, il réunit plus de quarante invités, dont Ringo Starr, Jeff Lynne, Mark Hamill et Dhani Harrison.

Pour aller plus loin : l’autobiographie de George Harrison, I Me Mine, l’étude de Simon Leng consacrée à sa musique, While My Guitar Gently Weeps: The Music of George Harrison, et le documentaire de Martin Scorsese, Living in the Material World.

Sources

  • Wikipedia (en anglais), article “My Sweet Lord” (écriture, séances, personnel d’après le journal de Mal Evans, classements, procès).
  • The Beatles Bible, fiche “My Sweet Lord” (citations de George Harrison).
  • The Los Angeles Beat, entretien avec Bobby Whitlock (mai 2012).
  • Far Out Magazine, “Who sings the backing vocals on George Harrison’s My Sweet Lord?”.
  • Universal Music Canada (15 décembre 2021) et Open Culture, sur le clip officiel.
  • Simon Leng, While My Guitar Gently Weeps: The Music of George Harrison.
  • George Harrison, I Me Mine.

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