George Harrison, le philanthrope discret : du Concert pour le Bangladesh à la Material World Foundation, l’histoire d’un Beatle qui donnait sans le crier
Le 1er août 1971, au Madison Square Garden de New York, George Harrison invente le concert de charité moderne. Le Concert pour le Bangladesh réunit Ravi Shankar, Bob Dylan, Eric Clapton, Ringo Starr, Billy Preston, Leon Russell et Badfinger devant 40 000 spectateurs, pour venir en aide aux réfugiés d’un pays en guerre. Le disque qui en est tiré remporte le Grammy de l’album de l’année. Le film fait le tour du monde. Puis George se tait. Il ne monte plus de grande opération médiatique, critique même la charité spectacle des années 1980, et beaucoup en concluent qu’il a tourné la page. C’est l’inverse. Jusqu’à sa mort en 2001, Harrison donne, finance, soutient, mais sans jamais en faire publicité. Il l’a résumé en une formule, à la BBC en 1987 : il faisait beaucoup de choses, mais il ne les criait plus sur les toits. Cinquante-cinq ans après le concert, voici l’histoire complète de la philanthropie discrète du Beatle tranquille, et de ce qu’elle est devenue.
En bref
- Le concert : deux représentations le dimanche 1er août 1971, à 14 h 30 et à 20 h, au Madison Square Garden. Environ 40 000 spectateurs au total.
- L’argent : près de 250 000 dollars de recettes de billetterie versés à l’UNICEF, puis des millions grâce au triple album et au film. Environ 12 millions de dollars étaient parvenus au Bangladesh en 1985, après dix ans de blocage fiscal aux États-Unis.
- L’après : la Material World Charitable Foundation, créée le 26 avril 1973 et alimentée par les droits d’auteur de George, finance discrètement des causes très diverses, d’une école de Liverpool à la restauration de films.
- La philosophie : donner sans le dire, et rappeler que ce n’est pas aux musiciens de faire le travail des gouvernements.
- L’héritage : la George Harrison Fund for UNICEF, créée par Olivia Harrison en 2005, continue de recevoir les revenus du concert, disponible en streaming depuis le 9 août 2024.
- Quatre correctifs factuels sur la date de l’appel de Ravi Shankar, le bilan du cyclone, la destination de l’argent et la participation de George à Ferry Aid.
Sommaire
Avant le concert : une tragédie que l’Occident ne regardait pas
Le cyclone de Bhola et la guerre de libération
Pour comprendre le Concert pour le Bangladesh, il faut se souvenir de ce qu’était le Pakistan en 1970. Depuis la partition de l’Inde britannique en 1947, le pays est coupé en deux territoires séparés par plus de 1 500 kilomètres de territoire indien : le Pakistan occidental, qui concentre le pouvoir politique et militaire, et le Pakistan oriental, l’ancien Bengale oriental, plus peuplé mais marginalisé.
Le 12 novembre 1970, le cyclone de Bhola frappe les côtes du Pakistan oriental. C’est l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières du XXe siècle. Les estimations du nombre de morts vont de 300 000 à 500 000 personnes. La réponse du gouvernement central est jugée scandaleusement lente. Un mois plus tard, aux élections générales, la Ligue Awami de Sheikh Mujibur Rahman, le parti autonomiste bengali, remporte la majorité absolue des sièges du pays. Le pouvoir militaire refuse de lui remettre le gouvernement.
Le 25 mars 1971, l’armée pakistanaise déclenche l’opération Searchlight, une répression d’une violence extrême contre la population bengalie, les étudiants, les intellectuels et la minorité hindoue. Le lendemain, l’indépendance du Bangladesh est proclamée. Commence une guerre de libération qui durera jusqu’au 16 décembre 1971. Les massacres font des centaines de milliers de victimes, peut-être bien davantage. Près de dix millions de réfugiés fuient vers l’Inde, où ils s’entassent dans des camps frappés par le choléra et la famine.
Correctif factuel n° 1 — Le cyclone de Bhola n’a pas fait 500 000 morts, mais entre 300 000 et 500 000
On lit souvent que le cyclone de novembre 1970 a tué 500 000 personnes, comme s’il s’agissait d’un bilan établi. C’est l’estimation haute. Les chiffres disponibles vont de 300 000 à 500 000 morts selon les sources, et aucun recensement précis n’a été possible dans les îles et les deltas dévastés. Il est également inexact d’en faire la seule cause de la guerre : le cyclone a aggravé la crise politique, mais le conflit est né du refus du pouvoir militaire de reconnaître la victoire électorale de la Ligue Awami et de la répression déclenchée le 25 mars 1971.
Ravi Shankar, fils du Bengale
Ravi Shankar, le maître du sitar qui avait initié George à la musique indienne en 1966, est né en 1920 à Varanasi, mais sa famille est originaire du Bengale, de la région de Jessore, dans l’actuel Bangladesh. Son confrère Ali Akbar Khan, le grand joueur de sarod, est lui né au Bengale oriental. Pour eux, la tragédie de 1971 n’est pas une actualité lointaine. Ce sont leurs villages, leurs familles, leur langue.
Au printemps 1971, Shankar envisage d’organiser lui-même un concert de bienfaisance. Il espère en tirer quelque 25 000 dollars. Il en parle à George, qui se trouve alors à Los Angeles, où il produit la bande originale du film Raga consacré à Shankar. George, selon le récit de Shankar en 1997 à John Fugelsang pour VH1, comprend aussitôt qu’il peut faire beaucoup mieux.
Correctif factuel n° 2 — Ravi Shankar n’a pas alerté George fin 1971
On lit parfois que Ravi Shankar a parlé à George Harrison de la crise humanitaire à la fin de 1971. C’est impossible : le concert a eu lieu le 1er août 1971. Les deux hommes en ont parlé au printemps et au début de l’été 1971, à Los Angeles. George a ensuite tout organisé en environ six semaines, ce qui explique les difficultés juridiques et fiscales qui suivront. Il évoquera lui-même un délai d’environ trois mois entre le moment où il a décidé d’aider Ravi et la fin de l’opération.
Six semaines pour organiser le premier grand concert humanitaire
George décide d’agir
George s’informe, lit les journaux, écoute Shankar. Il racontera plus tard que plus il en apprenait, plus il sentait qu’il fallait faire quelque chose, et très vite. Il ajoutera, avec modestie, que tout ce qu’ils avaient vraiment fait, c’était attirer l’attention sur la situation.
En 1988, à la chaîne canadienne MuchMusic, il décrira le mécanisme qui l’a poussé : on se dit que quelqu’un doit faire quelque chose, on regarde autour de soi, personne ne bouge, alors on se dit qu’il faut simplement que ça commence. L’idée de départ, insistait-il, était seulement d’aider Ravi à faire un concert. Puis tout a pris de l’ampleur.
Le 45 tours Bangla Desh
Avant même le concert, George écrit une chanson pour alerter le public. Bangla Desh, enregistrée début juillet 1971 à Los Angeles avec Phil Spector, sort en single fin juillet. Le titre s’ouvre sur un récit à la première personne : un ami est venu le voir, le regard triste, pour lui demander de l’aide avant que son pays ne meure. C’est le portrait de Ravi Shankar. La chanson entre dans le Top 10 britannique et dans le Top 30 américain, et fait connaître à des millions d’auditeurs le nom d’un pays que beaucoup n’avaient jamais entendu prononcer. Tous les bénéfices vont au fonds créé pour l’occasion, le George Harrison–Ravi Shankar Special Emergency Relief Fund, distribué par l’UNICEF.
Shankar enregistre de son côté un EP, Joi Bangla, produit par George. La campagne commence par la musique.
Recruter les amis : Clapton, Dylan, Ringo
George appelle ses amis. Ringo Starr accepte immédiatement. Billy Preston, Leon Russell, Klaus Voormann, Jim Keltner, le groupe Badfinger et une section de cuivres suivent. Eric Clapton, alors enfermé dans sa dépendance à l’héroïne à Hurtwood Edge, accepte de venir, et arrive in extremis, après avoir manqué toutes les répétitions sauf la dernière. Nous avons raconté ses relations avec George et John dans notre article sur Lennon et Clapton.
Il y a les absents. John Lennon a donné, selon le récit de George, la confiance nécessaire pour se lancer, mais il ne vient pas : George a posé comme condition qu’il joue sans Yoko, et John quitte New York après une dispute. Paul McCartney refuse, encore en guerre juridique avec les trois autres sur la dissolution des Beatles. George a raconté avoir consulté un astrologue indien pour choisir une date favorable. Le 1er août, un dimanche, est retenu.
Et il y a Bob Dylan, l’énigme. Personne ne sait jusqu’au dernier moment s’il montera sur scène : il n’est plus apparu en concert depuis des années, hésite, fait faux bond à une répétition. Le soir venu, George consulte une liste posée sur sa guitare, où il a noté le nom de Dylan suivi d’un point d’interrogation. Dylan arrive. Nous avons évoqué ce moment dans notre article sur Dylan et les Beatles.
Le 1er août 1971 au Madison Square Garden
Deux concerts, un même programme
Le dimanche 1er août 1971, deux représentations ont lieu, à 14 h 30 et à 20 h. Le spectacle s’ouvre sur une longue pièce de musique indienne par Ravi Shankar, Ali Akbar Khan, Alla Rakha au tabla et Kamala Chakravarty au tanpura. Une partie du public, venue pour les rock stars, applaudit l’accordage des instruments en croyant à un premier morceau, ce qui fait sourire Shankar.
Puis vient George, en costume blanc, entouré de son orchestre. Il joue Wah-Wah, My Sweet Lord, Awaiting on You All, Beware of Darkness avec Leon Russell. Ringo chante It Don’t Come Easy, le single écrit en grande partie par George, que nous avons raconté dans notre article sur It Don’t Come Easy. Billy Preston enflamme la salle avec That’s the Way God Planned It. Leon Russell enchaîne Jumpin’ Jack Flash et Young Blood. George joue Here Comes the Sun en acoustique avec Pete Ham de Badfinger, l’un des moments les plus célèbres de la soirée, que nous évoquions dans notre biographie de Here Comes the Sun.
Dylan monte sur scène, guitare acoustique et harmonica, et joue cinq chansons, dont A Hard Rain’s A-Gonna Fall, Blowin’ in the Wind et Just Like a Woman, avec George et Leon Russell en soutien. La salle explose. George termine avec Something et Bangla Desh. Il interprète aussi While My Guitar Gently Weeps avec Clapton, en duel de guitares.
La première fois qu’autant de stars s’unissaient pour une cause
Des concerts de bienfaisance existaient avant 1971. Mais jamais une telle constellation de vedettes ne s’était réunie, à l’initiative de l’une d’elles, pour une cause humanitaire internationale, avec disque et film à la clé. Ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan dira que George et ses amis avaient été des pionniers. Tom Petty affirmera plus tard que George avait inventé l’idée que le rock pouvait rendre quelque chose au monde.
George, lui, refusera toujours d’en faire une gloire. Il dira à Rolling Stone que le concert n’avait été qu’une prise de position morale, et qu’il avait montré que musiciens et simples gens étaient plus humains que les politiciens. Il ajoutait qu’à l’époque on le soupçonnait de ne le faire que pour se donner une bonne image, alors que vingt ans plus tard tout le monde trouvait normal que les rockeurs s’engagent.
L’argent : 243 000 dollars, puis dix ans de bataille fiscale
Le triple album et le film
Les deux concerts rapportent près de 250 000 dollars de recettes, les sources citant souvent le chiffre précis de 243 418 dollars, remis à l’UNICEF. Mais l’essentiel de l’argent devait venir ensuite. Le triple album live The Concert for Bangla Desh sort en décembre 1971 aux États-Unis et en janvier 1972 au Royaume-Uni, dans un coffret illustré par la photographie d’un enfant affamé, que George a imposée contre l’avis de la maison de disques. Il remporte le Grammy de l’album de l’année en 1973. Le film, réalisé par Saul Swimmer, sort en salles au printemps 1972.
L’opération se heurte d’abord aux maisons de disques. Dylan est sous contrat chez Columbia, les autres chez Apple et Capitol. Chacune réclame sa part. George doit négocier lui-même avec les dirigeants pour que les droits soient cédés. L’album sort finalement chez Apple, distribué par Capitol aux États-Unis et par Columbia pour la version cassette.
L’erreur fatale : pas d’organisme désigné à l’avance
Le vrai problème est fiscal. Pressé par l’urgence, George n’a pas désigné, avant le concert, un organisme caritatif bénéficiaire reconnu par l’administration fiscale américaine. L’UNICEF a été choisie après coup pour distribuer les fonds. Pour l’IRS, le fisc américain, les recettes du disque et du film ne sont donc pas exonérées. Des millions de dollars sont bloqués sur des comptes séquestres pendant des années, le temps d’un long contentieux.
En 1972, la presse américaine s’interroge aussi sur la gestion des fonds par Allen Klein, le manager d’Apple, qui conteste toute irrégularité. George, lui, se bat. Une lettre qu’il adresse à Eric Clapton le 26 octobre 1982, mise aux enchères en 2024 avec la collection de Pattie Boyd, annonce qu’après dix ans de bataille avec l’IRS, des fonds supplémentaires viennent d’être versés au comité américain pour l’UNICEF, qui a désormais reçu plus de dix millions de dollars. George y demande à Clapton son accord pour la sortie du film en vidéo, afin de continuer à aider l’UNICEF.
Correctif factuel n° 3 — Le Concert pour le Bangladesh n’a pas rapporté que 243 000 dollars
On lit encore souvent que George Harrison a récolté 243 000 dollars avec le Concert pour le Bangladesh, et que l’UNICEF n’a reçu l’argent que bien plus tard. Les deux affirmations mélangent deux choses distinctes. Les 243 000 dollars correspondent aux seules recettes de billetterie des deux concerts, versées à l’UNICEF dès 1972. Les ventes de l’album et du film ont rapporté des millions de dollars supplémentaires, dont une grande partie a été bloquée par le fisc américain jusqu’en 1982. En 1985, environ 12 millions de dollars étaient parvenus au Bangladesh, et les ventes du disque et du film continuent aujourd’hui d’alimenter la George Harrison Fund for UNICEF.
La leçon transmise à Bob Geldof
Quatorze ans plus tard, quand Bob Geldof prépare Band Aid puis Live Aid, il appelle George pour lui demander conseil. La réponse de George est restée célèbre : trouve-toi un très bon comptable, et choisis l’organisme bénéficiaire avant de commencer. Jonathan Clyde, d’Apple, résumera l’erreur de 1971 : l’UNICEF n’avait pas été désignée à l’avance, et le fisc en avait profité pour prendre sa part, ce qu’il continue d’ailleurs de faire. Live Aid, en juillet 1985, a été conçu en tenant compte de cette expérience. George n’y joue pas.
1973 : la Material World Charitable Foundation
Une fondation née d’un échec administratif
L’épisode fiscal convainc George d’une chose : la générosité ne suffit pas, il faut une structure. Le 26 avril 1973, il crée la Material World Charitable Foundation. Elle doit son nom à l’album Living in the Material World, publié quelques semaines plus tard, en mai 1973, et elle est alimentée par les droits d’auteur que George lui cède sur une partie de ses chansons. Interrogé par le disc-jockey britannique Nicky Horne, George reconnaîtra que si une fondation de ce type avait existé en 1971, tout l’argent du Bangladesh serait arrivé immédiatement à l’UNICEF, mais qu’il n’y avait eu aucune préparation : c’était une urgence.
La fondation a pour vocation d’encourager les formes d’expression artistique alternatives et de soutenir des personnes et des organisations ayant des besoins particuliers. Elle n’a jamais cherché la publicité. Ses actions sont rarement annoncées, et c’est précisément ce qui explique la réputation, fausse, d’un George qui aurait cessé de donner après 1971. Nous avons consacré à l’album un article, Living in the Material World, l’album où George Harrison se met à nu, ainsi qu’à sa chanson-titre. L’album existe dans une édition du cinquantième anniversaire en double CD, remixée par Paul Hicks.
Bhaktivedanta Manor, un don qui ne dit pas son nom
La même année 1973, George fait un autre geste majeur, rarement présenté comme de la philanthropie. Il achète un manoir à Letchmore Heath, dans le Hertfordshire, au nord de Londres, et le met à la disposition du mouvement Hare Krishna, dont il est proche depuis 1969. Rebaptisé Bhaktivedanta Manor, en l’honneur du fondateur du mouvement, A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, le lieu est devenu l’un des principaux temples hindous de Grande-Bretagne. George ne s’en vantera jamais. Il le citera simplement, des années plus tard, comme l’une des choses dont il était content.
Les années 1980 : donner sans le crier sur les toits
L’entretien de 1987 à la BBC
En 1987, George est l’invité de BBC Breakfast pour la promotion de Cloud Nine, l’album de son grand retour. Le présentateur lui demande s’il envisagerait de faire quelque chose de philanthropique pour Liverpool, sa ville natale. La réponse de George est le cœur de cet article. Il le fait déjà, explique-t-il, il fait beaucoup de choses, mais il ne les crie plus sur les toits.
Il donne un exemple. Sa fondation, dit-il, continue de donner de l’argent pour toutes sortes de choses. À Liverpool, il y avait une école qui n’avait même pas d’argent pour acheter des crayons aux enfants. Il avoue ne pas arriver à croire qu’une telle situation existe. Alors la fondation achète des crayons, aide à financer des fauteuils roulants, toutes sortes de choses. Mais il ne le crie pas sur les toits.
L’exemple est minuscule, et c’est ce qui le rend frappant. L’homme qui a organisé le premier grand concert humanitaire de l’histoire du rock achète des crayons à une école de quartier, et n’en parle que parce qu’on lui pose la question.
Le Prince’s Trust, juin 1987
Cette discrétion n’empêche pas George de répondre à certains appels. Les 5 et 6 juin 1987, il monte sur scène à Wembley Arena pour les galas du Prince’s Trust, l’organisation fondée par le prince Charles en 1976 pour aider les jeunes en difficulté. C’est l’une de ses très rares apparitions en concert des années 1980. Il joue While My Guitar Gently Weeps avec Eric Clapton, puis Here Comes the Sun, avant de rejoindre Ringo Starr pour un final collectif sur With a Little Help from My Friends, avec Elton John, Phil Collins, Bryan Adams et Ben E. King. Nous avons évoqué ces années dans notre enquête sur la traversée du désert de George Harrison.
Correctif factuel n° 4 — George Harrison n’a pas participé à Ferry Aid
On lit parfois que George Harrison a participé à Ferry Aid, la reprise caritative de Let It Be enregistrée en mars 1987 après le naufrage du ferry Herald of Free Enterprise à Zeebrugge, qui avait fait 193 morts. C’est une confusion. Le seul Beatle associé au disque est Paul McCartney, l’auteur de la chanson, dont la voix a été reprise de l’enregistrement original des Beatles. Le solo de guitare, joué par George sur la version de 1970, est confié à Gary Moore et Mark Knopfler. L’engagement caritatif de George en 1987 passe par les concerts du Prince’s Trust, pas par Ferry Aid.
1990 : Nobody’s Child pour les orphelins de Roumanie
En 1990, après la chute de Ceaușescu, le monde découvre les orphelinats roumains, où des dizaines de milliers d’enfants abandonnés vivent dans des conditions effroyables. Olivia Harrison crée la Romanian Angel Appeal Foundation, avec le soutien de Linda McCartney, Barbara Bach et Yoko Ono, les épouses des trois autres Beatles. C’est l’une des rares fois où les quatre familles agissent ensemble après la séparation.
George répond à sa manière. Il enregistre avec les Traveling Wilburys une reprise de Nobody’s Child, la vieille chanson country de Hank Snow que les Beatles avaient enregistrée à Hambourg en 1961 avec Tony Sheridan. Le single sort le 18 juin 1990. George compile ensuite un album entier, Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal, publié en juillet 1990, avec des contributions d’Eric Clapton, Elton John, Van Morrison, Paul Simon, Stevie Wonder et des Bee Gees. Il expliquera sans fausse modestie que c’était facile pour lui : il se trouvait déjà dans un studio avec des musiciens et un ingénieur. Les plombiers, disait-il en substance, peuvent aller là-bas installer des toilettes ; lui peut prendre une guitare et faire une chanson. On trouve le disque d’occasion sur Amazon.
La charité spectacle ? George Harrison n’y croyait pas
L’entretien de 1989 avec Mark Rowland
On pourrait croire que l’homme du Concert pour le Bangladesh allait devenir le parrain naturel de toutes les opérations caritatives des années 1980. Ce fut l’inverse. En 1989, dans un entretien avec le journaliste Mark Rowland pour le magazine Musician, repris dans le recueil George Harrison on George Harrison: Interviews and Encounters, il dit clairement ce qui l’agace.
Ce sont toujours, explique-t-il, les mêmes personnes qui créent des organisations pour sensibiliser le public, tandis que ceux qui ont le pouvoir de changer les choses très rapidement traînent les pieds. Il cite Band Aid, l’opération lancée par Bob Geldof en 1984 pour l’Éthiopie. Il y a désormais des millions d’associations caritatives, dit-il, et ce sont toujours des musiciens ou des gens du cinéma qui font le travail que les gouvernements devraient faire. Les États prélèvent des impôts pour prendre soin de tout le monde, mais préfèrent jouer avec leurs missiles.
Une critique politique, pas un renoncement
Ce discours a souvent été mal compris, comme si George méprisait la charité. C’est le contraire. Il ne remet pas en cause le fait de donner : il continue de le faire lui-même, en silence. Il remet en cause un système dans lequel les artistes deviennent les pompiers de catastrophes que les gouvernements pourraient prévenir. Sa colère est politique. Elle rejoint celle de Taxman en 1966, où il dénonçait déjà la ponction fiscale, et celle de nombreuses chansons des années 1970 sur l’hypocrisie des puissants.
Elle rejoint aussi son expérience personnelle. En 1971, il avait levé des millions pour le Bangladesh, et c’était le fisc américain qui les avait bloqués pendant dix ans. Difficile, après cela, de croire que les États étaient les alliés naturels des œuvres de charité.
La spiritualité du don anonyme
Il y a enfin une raison plus profonde à la discrétion de George. Depuis la fin des années 1960, il est imprégné des textes de la tradition hindoue, en particulier de la Bhagavad-Gita, que lui avait fait découvrir Ravi Shankar et que le mouvement Hare Krishna lui avait rendue familière. Ces textes enseignent l’action désintéressée, le karma yoga : agir sans s’attacher aux fruits de l’action, et donc sans chercher la reconnaissance. Donner en le criant sur les toits, c’est attendre une récompense, l’admiration du public. Donner en silence, c’est agir pour l’action elle-même.
George n’a jamais présenté sa philanthropie sous ce jour dans les entretiens. Mais quand il disait ne pas vouloir crier sur les toits, il exprimait autant une conviction spirituelle qu’une pudeur personnelle. Le Beatle qui avait le plus souffert de la célébrité ne voulait pas en tirer une nouvelle forme de gloire.
Après George : un héritage qui continue de donner
Le Concert for George, 2002
George Harrison meurt le 29 novembre 2001 à Los Angeles. Un an plus tard, le 29 novembre 2002, Eric Clapton et Olivia Harrison organisent au Royal Albert Hall de Londres le Concert for George, avec Paul McCartney, Ringo Starr, Ravi et Anoushka Shankar, Jeff Lynne, Tom Petty, Billy Preston, les Monty Python, Joe Brown et Dhani Harrison. Les bénéfices sont reversés à la Material World Charitable Foundation. Nous avons consacré un article à l’album, Concert for George, les secrets de l’album.
La George Harrison Fund for UNICEF, 2005
En 2005, à l’occasion de la réédition de l’album et du film du Concert pour le Bangladesh en CD et en DVD, Olivia Harrison crée avec le comité américain pour l’UNICEF la George Harrison Fund for UNICEF. Le fonds soutient d’abord les programmes de l’UNICEF au Bangladesh, puis s’étend à d’autres pays où les enfants sont en danger. Il reçoit les revenus du disque et du film.
En août 2011, pour le quarantième anniversaire du concert, le fonds débloque immédiatement un million de dollars pour les enfants de la Corne de l’Afrique, frappée par la sécheresse et la famine, et lance un mois du don. L’album paraît pour la première fois en numérique sur iTunes, et le film est diffusé gratuitement en ligne pendant 72 heures. L’opération rapporte plus de 1,2 million de dollars.
2024 : le concert arrive en streaming
Le 9 août 2024, l’album The Concert for Bangladesh devient pour la première fois disponible sur toutes les grandes plateformes de streaming. Tous les revenus nets, après impôts, sont reversés à la George Harrison Fund for UNICEF. Plus de cinquante ans après le concert, chaque écoute de Here Comes the Sun en version acoustique ou de Bangla Desh continue donc de financer des programmes pour les enfants.
Olivia et Dhani, gardiens d’une philanthropie discrète
La Material World Charitable Foundation existe toujours. Elle a notamment soutenu la restauration de films, comme celle d’une œuvre de Marcel Ophüls que nous avions signalée dans notre brève sur la fondation, ainsi que le jardin From Life to Life présenté par Olivia au Chelsea Flower Show en 2008, que nous racontions dans notre article sur George Harrison jardinier. Olivia Harrison, qui a reçu un Emmy en 2012 pour la production du documentaire de Martin Scorsese, consacre une large part de son activité à ces fondations, comme nous le rappelions dans notre portrait d’Olivia Harrison.
Fidèle à l’esprit de George, la famille communique peu sur les montants et les bénéficiaires. On sait l’essentiel par les annonces ponctuelles de l’UNICEF et par les projets visibles, comme le George Harrison Woodland Walk de Liverpool, annoncé en février 2020. Pour le reste, la règle de 1987 s’applique toujours : on donne, on ne le crie pas sur les toits.
Les quatre Beatles et la charité : quatre manières de donner
John Lennon : le One to One de 1972 et la Spirit Foundation
Un an presque jour pour jour après le Concert pour le Bangladesh, le 30 août 1972, John Lennon et Yoko Ono montent à leur tour sur la scène du Madison Square Garden pour deux concerts One to One, au profit des enfants handicapés mentaux de l’institution de Willowbrook, à Staten Island, dont le journaliste Geraldo Rivera venait de révéler les conditions de vie effroyables. Ce sera le dernier grand concert de John. Il y a, dans ce choix du même lieu, un dialogue à distance avec George, l’ancien cadet devenu modèle. Nous avons raconté ce concert dans notre article sur le coffret Power to the People.
En 1978, John et Yoko créent la Spirit Foundation, qui finance discrètement des orphelinats, des associations d’aide aux personnes âgées et des programmes pour enfants maltraités. Comme George, John donne sans communiquer. Les deux anciens Beatles les plus engagés politiquement sont aussi ceux qui ont le plus tenu à la discrétion de leurs dons.
Paul McCartney : les concerts pour le Kampuchéa
Paul McCartney a choisi une voie plus visible. En décembre 1979, à la demande du secrétaire général de l’ONU Kurt Waldheim, il organise au Hammersmith Odeon de Londres une série de concerts pour les réfugiés du Cambodge, alors appelé Kampuchéa, avec Queen, The Who, The Clash, Elvis Costello et Wings, qui y donne son dernier concert. L’opération est clairement inspirée du modèle du Bangladesh, dont Paul avait refusé de faire partie en 1971. Plus tard, il s’engage pour la cause animale avec Linda, pour la lutte contre les mines antipersonnel avec Heather Mills, et fonde à Liverpool le LIPA, l’institut des arts du spectacle, installé dans son ancien lycée. Il participe aussi au Live Aid de 1985 et au Live 8 de 2005.
Ringo Starr : peace and love, et la Lotus Foundation
Ringo Starr, présent au Bangladesh aux côtés de George, a fait de son message de paix et d’amour une marque de fabrique. Avec son épouse Barbara Bach, il a créé la Lotus Foundation, qui soutient des projets d’aide sociale, notamment dans la lutte contre les addictions, que le couple a lui-même combattues à la fin des années 1980. Chaque 7 juillet, pour son anniversaire, il invite ses fans du monde entier à dire peace and love à midi, une forme de militantisme bienveillant qui n’est pas sans rappeler l’esprit du concert de 1971. Nous l’évoquions dans notre histoire du All-Starr Band.
George, le pionnier qui s’est effacé
Des quatre, George est donc à la fois le pionnier et le plus discret. Il a montré la voie en 1971, avant John, avant Paul, avant Geldof. Puis il s’est retiré de la scène humanitaire publique, laissant d’autres porter la lumière, tout en continuant à agir dans l’ombre. Ce paradoxe dit beaucoup de l’homme. George détestait la célébrité, la sienne et celle des autres. Il avait compris, avant tout le monde, qu’une star peut lever des millions en une soirée. Il avait aussi compris, à ses dépens, que cette puissance pouvait devenir un spectacle, et que le spectacle finissait par compter davantage que la cause.
Le disque et le film, cinquante-cinq ans après
Un album pas comme les autres
Musicalement, The Concert for Bangla Desh reste un document exceptionnel. On y entend George au sommet de sa confiance, quelques mois après le triomphe d’All Things Must Pass, à la tête d’un véritable orchestre de rock, avec deux batteurs, une section de cuivres et un chœur. On y entend l’une des très rares apparitions scéniques de Bob Dylan entre 1969 et 1974, et l’une des plus belles. On y entend aussi l’une des premières rencontres, devant un grand public occidental, entre le rock et la musique classique indienne, présentée en ouverture et non en intermède.
Le disque a été réédité en 2005, avec le film en DVD, au profit de la George Harrison Fund for UNICEF, puis à nouveau dans différents formats. Il a enfin rejoint les plateformes de streaming en 2024. Les sessions d’All Things Must Pass, qui ont réuni une bonne partie des musiciens du concert, sont racontées dans notre récit des séances de 1970.
La photographie de l’enfant
L’une des dernières décisions de George sur ce projet concerne l’image. Pour la pochette du coffret, la maison de disques avait proposé une photo d’une guitare. George l’a jugée affreuse, et a imposé à la place la photographie d’un enfant décharné assis devant un bol vide. Dans une lettre à Pattie Boyd écrite depuis l’hôtel Plaza, il raconte avoir dû crier pour obtenir gain de cause. Ce choix dit tout de sa conception de l’opération : le sujet n’était pas George Harrison et ses amis, c’était l’enfant.
Au Bangladesh, une mémoire vivante
Un concert devenu chapitre de l’histoire nationale
Pour les Occidentaux, le Concert pour le Bangladesh est un épisode de l’histoire du rock. Pour les Bangladais, il fait partie de l’histoire de leur indépendance. En 1971, alors que les grandes puissances, et en particulier les États-Unis de Richard Nixon, soutenaient le régime pakistanais ou détournaient le regard, deux musiciens, un Bengali et un Anglais, ont fait connaître au monde le nom du pays et la souffrance de son peuple. Le single Bangla Desh a été, pour des millions de personnes en Europe et en Amérique, la première occasion d’entendre ce nom.
Le Musée de la guerre de libération, à Dhaka, consacre une page de son site au concert de 1971, et rappelle les actions menées depuis par la George Harrison Fund for UNICEF. Chaque anniversaire du 1er août donne lieu à des hommages dans la presse et sur les réseaux sociaux bangladais, et le nom de George Harrison y reste associé à celui des amis étrangers de la libération.
Ravi Shankar, le véritable initiateur
Il faut enfin rendre à Ravi Shankar ce qui lui revient. C’est lui qui a vu la tragédie, lui qui a voulu agir, lui qui a demandé de l’aide. George a toujours insisté sur ce point : l’idée de départ était seulement d’aider Ravi. Le maître du sitar, mort le 11 décembre 2012 à San Diego à 92 ans, a raconté jusqu’à la fin de sa vie combien ce concert, né de son amitié avec George, avait changé sa vision de ce que la musique pouvait faire. Sa fille Anoushka Shankar, présente au Concert for George en 2002, perpétue aujourd’hui son héritage musical.
L’histoire du Concert pour le Bangladesh est donc d’abord celle d’une amitié. Un élève qui répond à l’appel de son maître, et qui, pour l’aider, invente sans le savoir une nouvelle forme d’engagement. Tout le reste, la fondation, les dons discrets, les crayons de Liverpool, les orphelins de Roumanie, en découle.
Ce qu’il faut retenir en 2026
Cinquante-cinq ans après le 1er août 1971, l’histoire de la philanthropie de George Harrison peut se résumer en quelques points. Il a inventé le grand concert humanitaire moderne, avec ses stars, son disque et son film. Il en a aussi découvert les pièges, et a transmis la leçon à Bob Geldof. Il a créé dès 1973 une fondation qui existe toujours. Il a donné, toute sa vie, à des causes petites et grandes, d’une école de Liverpool sans crayons aux orphelins roumains. Et il a refusé jusqu’au bout de transformer ses dons en publicité.
La réputation d’un George qui aurait abandonné la charité après le Bangladesh est donc exactement l’inverse de la réalité. Il a simplement choisi le silence. Le Beatle tranquille était aussi un donateur tranquille.
Chronologie : George Harrison et la philanthropie
| Date | Événement |
|---|---|
| 12 novembre 1970 | Le cyclone de Bhola dévaste le Pakistan oriental |
| 25-26 mars 1971 | Opération Searchlight et proclamation de l’indépendance du Bangladesh |
| Printemps-été 1971 | Ravi Shankar demande l’aide de George à Los Angeles |
| Juillet 1971 | Sortie du single Bangla Desh |
| 1er août 1971 | Deux concerts au Madison Square Garden de New York |
| 16 décembre 1971 | Fin de la guerre de libération du Bangladesh |
| Décembre 1971 | Sortie du triple album aux États-Unis |
| Printemps 1972 | Sortie du film de Saul Swimmer |
| Mars 1973 | Grammy de l’album de l’année |
| 1973 | Achat de Bhaktivedanta Manor pour le mouvement Hare Krishna |
| 26 avril 1973 | Création de la Material World Charitable Foundation |
| 26 octobre 1982 | Lettre à Clapton : plus de 10 millions de dollars versés à l’UNICEF après dix ans de bataille fiscale |
| 1985 | Environ 12 millions de dollars parvenus au Bangladesh ; Live Aid, conçu après les conseils de George |
| 1987 | Entretien à BBC Breakfast ; concerts du Prince’s Trust à Wembley les 5 et 6 juin |
| 1989 | Entretien avec Mark Rowland sur les limites de la charité |
| Juin-juillet 1990 | Single puis album Nobody’s Child pour les orphelins de Roumanie |
| 29 novembre 2001 | Mort de George Harrison |
| 29 novembre 2002 | Concert for George au Royal Albert Hall |
| 2005 | Création de la George Harrison Fund for UNICEF |
| Août 2011 | Quarantième anniversaire : un million de dollars pour la Corne de l’Afrique |
| 9 août 2024 | L’album arrive sur les plateformes de streaming |
| 1er août 2026 | 55e anniversaire du Concert pour le Bangladesh |
Pour aller plus loin : voir, écouter, lire
À voir sur YouTube
- Here Comes the Sun au Concert pour le Bangladesh
- Bangla Desh, le single de juillet 1971
- While My Guitar Gently Weeps au Prince’s Trust 1987
- Nobody’s Child, des Traveling Wilburys
À écouter et à regarder
- The Concert for Bangladesh, l’album et le film : en CD, vinyle et DVD.
- Living in the Material World (1973), l’album qui a donné son nom à la fondation : édition du 50e anniversaire.
- All Things Must Pass (1970), le disque qui précède le concert : édition du 50e anniversaire.
- Let It Roll: Songs by George Harrison (2009), avec trois titres live du concert : en CD.
- George Harrison: Living in the Material World, le documentaire de Martin Scorsese : en DVD.
- George Harrison on George Harrison: Interviews and Encounters, le recueil d’entretiens cité dans cet article : le livre.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Concert pour le Bangladesh ?
Deux concerts de bienfaisance organisés par George Harrison et Ravi Shankar le 1er août 1971 au Madison Square Garden de New York, au profit des réfugiés de la guerre de libération du Bangladesh.
Qui a joué au Concert pour le Bangladesh ?
George Harrison, Ravi Shankar, Ali Akbar Khan, Bob Dylan, Eric Clapton, Ringo Starr, Billy Preston, Leon Russell, Klaus Voormann, Jim Keltner et Badfinger, entre autres.
Combien d’argent le Concert pour le Bangladesh a-t-il rapporté ?
Près de 250 000 dollars de billetterie, puis des millions grâce au disque et au film. Environ 12 millions de dollars étaient parvenus au Bangladesh en 1985.
Pourquoi l’argent a-t-il été bloqué ?
Parce qu’aucun organisme caritatif n’avait été désigné avant le concert. Le fisc américain a refusé l’exonération et bloqué les fonds jusqu’en 1982.
George Harrison a-t-il continué à faire de la charité après 1971 ?
Oui, toute sa vie, mais discrètement, notamment par la Material World Charitable Foundation créée en 1973.
Qu’est-ce que la Material World Charitable Foundation ?
La fondation créée par George Harrison le 26 avril 1973, alimentée par une partie de ses droits d’auteur, qui soutient des causes sociales et artistiques.
Que voulait dire George en disant qu’il ne le criait pas sur les toits ?
Qu’il continuait à donner, par exemple à une école de Liverpool qui manquait de crayons, mais sans en faire publicité. Il l’a dit à la BBC en 1987.
George Harrison a-t-il participé à Live Aid ?
Non. Il n’a pas joué à Live Aid en 1985, mais Bob Geldof l’avait consulté pour éviter les erreurs fiscales du Concert pour le Bangladesh.
George Harrison a-t-il participé à Ferry Aid ?
Non. Le seul Beatle associé à Ferry Aid est Paul McCartney.
Que pensait George Harrison de Band Aid ?
Il estimait que les musiciens faisaient le travail que les gouvernements devraient faire, et critiquait l’inaction des États plus que les artistes eux-mêmes.
Qu’est-ce que la George Harrison Fund for UNICEF ?
Un fonds créé en 2005 par Olivia Harrison avec le comité américain pour l’UNICEF, qui reçoit notamment les revenus du Concert pour le Bangladesh.
Peut-on écouter le Concert pour le Bangladesh en streaming ?
Oui, depuis le 9 août 2024. Les revenus nets sont reversés à la George Harrison Fund for UNICEF.
Glossaire
- UNICEF : le Fonds des Nations unies pour l’enfance, créé en 1946.
- IRS : l’administration fiscale fédérale des États-Unis.
- Compte séquestre : compte bloqué dans l’attente du règlement d’un litige.
- Opération Searchlight : l’offensive militaire pakistanaise du 25 mars 1971 contre la population du Pakistan oriental.
- Ligue Awami : le parti autonomiste bengali de Sheikh Mujibur Rahman, vainqueur des élections de décembre 1970.
- Karma yoga : dans la tradition hindoue, l’action désintéressée, accomplie sans attachement à ses fruits.
- Prince’s Trust : organisation caritative britannique fondée en 1976 par le prince Charles, devenue le King’s Trust.
Sources et références
George Harrison, entretiens à VH1 (John Fugelsang, 1997), MuchMusic (1988), BBC Breakfast (1987), Musician (Mark Rowland, 1989), Rolling Stone, repris dans George Harrison on George Harrison: Interviews and Encounters ; Wikipédia en anglais, articles The Concert for Bangladesh, Material World Charitable Foundation, Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal et Ferry Aid ; UNICEF UK, communiqué du 9 août 2024 ; U.S. Fund for UNICEF, campagne du 40e anniversaire (2011) ; Christie’s, vente de la collection Pattie Boyd (2024) ; NPR, 30 juillet 2021 ; Beatles Bible ; The Paul McCartney Project ; Rolling Stone et Best Classic Bands sur le Prince’s Trust 1987.
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