Ringo Starr, l’artiste au-delà des Beatles : dossier sur la photographie et l'autoportrait
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YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 38

Ringo Starr et le pilote perdu de Thomas le petit train (1983–2025)

La bande de narration de 1983 retrouvée, la restauration de 2025 et la genèse d’une autre carrière de Ringo : raconter des histoires aux enfants.

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En mai 2025, une voix enregistrée plus de quarante ans auparavant refait surface : celle de Ringo Starr, racontant un épisode expérimental de Thomas le petit train tourné en 1983. Le document, patiemment reconstitué à partir de fragments de pellicule 35 mm, permet de remonter aux origines matérielles d’un phénomène de télévision pour enfants. Il rappelle surtout combien le travail de Ringo déborde de la musique : dans ces petites histoires ferroviaires, le batteur des Beatles devient un narrateur capable de donner une personnalité aux personnages sans apparaître à l’écran.

Le film retrouvé s’intitule Down the Mine. Mais l’objet découvert et le film finalement montré au public ne sont pas exactement synonymes. En 2025, l’équipe de conservation a retrouvé des morceaux d’image, des pistes sonores et une narration ancienne, puis reconstitué un montage exploitable en ajoutant notamment une composition musicale nouvelle. Cette particularité en fait une excellente étude de cas pour notre encyclopédie : comment une bande de travail devient-elle une archive audiovisuelle, puis une œuvre patrimoniale publiée ? Et que peut-elle réellement prouver sur les activités artistiques de Ringo Starr en 1983 ?

Une précision essentielle : l’histoire de Thomas ne commence pas en 1984

La plupart des chronologies de Ringo Starr font débuter sa participation à Thomas the Tank Engine & Friends avec les premières émissions britanniques du 9 octobre 1984. Cette date demeure correcte pour le lancement de la série à la télévision. Elle n’est pourtant plus suffisante pour dater les premiers enregistrements du musicien liés au projet. Les documents présentés en 2025 montrent qu’une première phase de fabrication avait été engagée auparavant, dès 1983, autour d’un film expérimental destiné à démontrer que les récits de l’île de Sodor pouvaient prendre vie sur un plateau de cinéma.

Il faut également revenir aux livres du révérend Wilbert Awdry. La série télévisée adapte The Railway Series, une collection née en 1945. L’origine du programme n’est donc ni une invention de Ringo Starr ni une idée née de l’industrie du disque. Les récits et personnages existent déjà dans la littérature enfantine lorsque la productrice britannique Britt Allcroft commence à envisager leur adaptation pour l’écran à la fin des années 1970.

Allcroft travaille alors sur un documentaire ferroviaire et rencontre l’univers d’Awdry. Les difficultés de financement et la nécessité de préserver le caractère paisible des livres retardent la fabrication. Dans une histoire de la télévision, ce contexte explique l’utilité du pilote : avant de vendre une série complète à un diffuseur, il fallait démontrer que des modèles réduits de locomotives, animés sur des rails, pouvaient soutenir un récit intelligible de plusieurs minutes sans acteurs humains incarnant les moteurs.

Britt Allcroft et le choix inattendu d’une voix venue des Beatles

Le choix de Ringo comme narrateur n’a pas été dicté par une obligation de faire intervenir un ancien Beatle dans une bande originale musicale. Dans les souvenirs rapportés par Britt Allcroft, elle reconnaît immédiatement un potentiel de conteur après avoir entendu Ringo parler au cours d’un entretien télévisé. Sa voix de Liverpool, chaleureuse et aisément reconnaissable, lui semble correspondre au rythme et à la proximité que réclament les histoires d’Awdry.

Ce témoignage est important parce qu’il fait entrer dans le dossier une notion souvent négligée par les biographies de musiciens : la voix parlée peut devenir un instrument artistique indépendant du chant. Dans une prise de batterie, Ringo détermine la place de la pulsation ; dans une narration enregistrée, il règle les pauses, les inflexions, la distance affective et la compréhension d’une action. Il ne s’agit pas de supposer une méthode pédagogique volontaire de sa part, mais de constater que la série repose sur une seule voix qui présente plusieurs personnages au lieu de les distribuer entre différents comédiens.

Les documents de production attribuent la création et l’impulsion de la série à Allcroft, tandis que David Mitton dirige la réalisation des aventures de Thomas. Les musiques de la série télévisée sont associées à Mike O’Donnell et Junior Campbell. L’intervention de Ringo se situe ainsi dans un dispositif collectif : ce n’est pas « une série de Ringo Starr », mais une série à laquelle sa narration confère une identité sonore majeure.

Avril 1983 : « Down the Mine », film-test tourné avec des modèles réduits

Le travail sur le pilote commence en avril 1983. L’intrigue, tirée de l’univers d’Awdry, oppose le jeune Thomas à Gordon, locomotive plus puissante et plus expérimentée. Après une plaisanterie aux dépens de Gordon, Thomas s’aventure au-dessus de galeries minières fragilisées. Sa désobéissance le conduit à un accident ; Gordon participe à son sauvetage. Le récit possède une structure claire, adaptée à une courte séance de visionnage : provocation, erreur, conséquence, secours et réconciliation.

L’effet cinématographique est singulier. Les locomotives sont de véritables maquettes physiques filmées en prises de vues réelles et mises en mouvement sur des rails de plateau ; il ne faut pas les confondre avec des personnages dessinés à la main ou générés par ordinateur. L’expression générique « dessin animé » masquerait ici les techniques du cinéma de modèles réduits, de l’éclairage de miniatures et des prises de vues de décors. Les visages anthropomorphes permettent au spectateur d’interpréter l’émotion ; la voix du narrateur porte les dialogues et relie les plans.

Cette répartition du travail explique pourquoi le choix de Ringo était si décisif. Les trains ne disposent pas encore de comédiens distincts s’exprimant à chaque plan. Il revient à une même personne de porter le récit et d’en différencier les moments, notamment lorsqu’un personnage est arrogant puis demande pardon. Le musicien a donc pour tâche de transformer un mécanisme miniature en scène dramatique lisible par les enfants.

Des difficultés techniques qui rendent le pilote indispensable

Les témoignages repris lors de la restauration de 2025 montrent que le tournage ne fut pas une simple formalité. Ian McCue, producteur de la série de 2010 à 2020 et acteur de la redécouverte des archives, rapporte notamment des difficultés de commande des locomotives et des problèmes de fumée sortant parfois près du visage du train au lieu de sa cheminée. Ces défauts montrent précisément l’utilité d’un essai : un programme apparemment doux et simple à l’écran repose en réalité sur une machinerie fragile.

L’intérêt historique du document va donc au-delà de la nostalgie. On peut y observer comment les producteurs apprennent à mettre en scène des éléments industriels miniaturisés, à conserver une continuité de mouvement et à donner un caractère à un objet dont les capacités expressives restent limitées. Le récit conçu pour les enfants se trouve au croisement du théâtre de marionnettes, du cinéma de maquettes et du feuilleton illustré.

Il serait toutefois abusif de dresser une liste définitive des erreurs de tournage sans avoir accès aux rapports quotidiens de prise de vues et aux carnets d’atelier. Les déclarations contemporaines de McCue documentent certains problèmes, mais ne remplacent pas un dossier complet de production.

Le point décisif de 2025 : une véritable bande de narration de Ringo retrouvée

L’une des informations les mieux étayées vient de Fonic Post Production, l’entreprise chargée de la restauration sonore. Dans son communiqué du 3 juillet 2025, Fonic explique que l’équipe a récupéré non seulement des éléments de film 35 mm, mais aussi une bande d’effets sonores et une piste de commentaire parlé. L’identification de cette piste a montré qu’il s’agissait de Ringo Starr lui-même, et non d’une voix provisoire destinée au montage de démonstration.

Cette donnée fait passer le document du statut de curiosité de télévision à celui de source primaire pour l’étude de l’ancien Beatle. Une voix de travail enregistrée à l’époque renseigne sur la participation réelle d’un artiste au stade préparatoire d’une série. Elle ne prouve pas, à elle seule, à quelle date précise chaque phrase a été captée ni dans quel studio l’ensemble fut enregistré ; ces points demanderaient un registre des séances, une feuille de bande ou des archives de production complémentaires.

Fonic précise que les éléments magnétiques anciens étaient globalement suffisamment préservés pour être numérisés puis nettoyés. Christopher Swaine, chargé de l’assemblage sonore, a travaillé à partir des pistes disponibles, en traitant les défauts de conservation et en incorporant certains effets pour rendre la reconstruction cohérente. Il serait inexact d’écrire que Ringo est retourné en studio en 2025 pour refaire les dialogues : la valeur de l’annonce repose au contraire sur la récupération d’une narration historique.

La restauration n’est pas un simple dépoussiérage de pellicule

Les éléments photographiques étaient dispersés sous forme de trims, des fragments ou chutes de pellicule qui n’équivalent pas nécessairement à une copie d’exploitation intacte du film original. Leur restauration passe par le nettoyage matériel, la numérisation et le réassemblage. Le travail accompli ne consiste donc pas seulement à retirer les rayures d’une bobine complète : il vise à faire apparaître une continuité de récit à partir de matériaux partiels.

Fonic rapporte que les fragments 35 mm ont été scannés dans le cadre du projet de restauration en 4K. L’équipe de montage s’est appuyée sur le scénario pour reconstruire, autant que possible, la structure du film. Cette expression « autant que possible » est essentielle : la reconstitution de 2025 doit être identifiée comme une version restaurée et recomposée, pas automatiquement comme une copie photogramme pour photogramme de celle qu’auraient vue les responsables de la chaîne en 1983.

Sur le plan documentaire, il faut distinguer au moins quatre niveaux : les éléments originaux de pellicule, l’enregistrement parlé d’époque, les choix de montage de 2025 et les ajouts sonores récents. Chacun a son auteur, son histoire et son mode de conservation. Les regrouper sous la date unique de « 1983 » ferait perdre précisément ce qui rend le dossier intéressant.

Une musique composée en 2025 pour des images de 1983

Le compositeur Mike O’Donnell, associé à l’identité sonore de la série entre les années 1980 et le début des années 2000, est revenu au projet pour fournir une partition spécialement conçue pour la restauration. Cette musique est nouvelle, même si elle accompagne des images réalisées plus de quarante ans auparavant. Elle ne doit donc pas être présentée comme la bande originale intégralement retrouvée du pilote de 1983.

Pour les collectionneurs de musique et les spécialistes des crédits, cette distinction est fondamentale. Ringo Starr fournit une prestation parlée ancienne ; O’Donnell apporte un travail de composition récent ; la restauration sonore comporte aussi des décisions de montage et des créations d’effets. La piste audio publiée en 2025 ne se réduit donc pas à un enregistrement unique réalisé lors du tournage primitif.

On peut parler d’une édition audiovisuelle critique reconstruite, à condition de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une édition critique au sens universitaire accompagnée de toutes les variantes et de tous les documents d’atelier. La communication de l’équipe expose le principe de reconstruction, mais ne publie pas à notre connaissance une liste exhaustive des images absentes, des plans remplacés et des corrections effectuées seconde par seconde.

9 mai 2025 : une première mondiale tardive pour « Down the Mine »

Le 9 mai 2025, dans le cadre des célébrations des quatre-vingts ans de The Railway Series, Mattel rend le pilote restauré accessible au public sur la chaîne officielle Thomas & Friends. Le magazine américain People présente en exclusivité cette redécouverte, puis Smithsonian Magazine en analyse la portée historique quelques jours plus tard. La durée indiquée dans la presse est d’environ cinq minutes.

Deux dates doivent ici être soigneusement séparées. 1983 est l’année de fabrication de l’essai de télévision. 2025 est l’année de diffusion publique de sa reconstitution. Dire que le pilote a été « diffusé à la télévision en 1983 » serait une erreur : le document a servi de démonstration de production, mais les premières émissions régulières de Thomas commencent l’année suivante. Dire qu’il s’agit d’un « nouvel épisode créé en 2025 » serait également trompeur puisque les images et la narration historiques constituent le cœur du travail.

La publication prend une dimension mémorielle particulière après la disparition de Britt Allcroft, survenue le 25 décembre 2024. L’anniversaire de 2025 permet non seulement de montrer un film ancien, mais de reconnaître le rôle des producteurs, techniciens, compositeurs et narrateurs qui ont donné vie aux livres.

1984 et 1986 : comment le test devient cinquante-deux épisodes britanniques

La réussite de l’essai ouvre la voie à la première saison télévisée. Les vingt-six épisodes de 1984 sont suivis d’une seconde série de vingt-six épisodes en 1986, toujours racontée par Ringo Starr dans les versions britanniques originales. Ce corpus de cinquante-deux récits télévisés constitue un ensemble bien distinct de l’unique pilote expérimental ; ce sont les éditions commerciales et les copies d’émission qu’il faut examiner pour identifier les variantes exactes des voix et des montages.

Les histoires télévisées exploitent une narration d’une remarquable économie. Le monde de Sodor contient de multiples locomotives, mais la continuité du conte est confiée à un narrateur principal qui module sa voix selon les circonstances. Ringo peut ainsi jouer la surprise, la contrariété ou l’apaisement sans jamais quitter cette position de conteur. L’efficacité de l’ensemble dépend de la lisibilité du texte et de son accord avec l’enchaînement des images.

La collaboration avec Allcroft et Mitton ne transforme pas Ringo en scénariste ou dessinateur des aventures de Thomas. Il faut parler de performance vocale, rôle défini et crédité, plutôt que d’une co-création des personnages. Mais cette intervention a une conséquence culturelle importante : plusieurs générations découvrent l’ancien Beatle comme une voix bienveillante avant même de comprendre sa place dans l’histoire du rock.

1989 : « Shining Time Station », du studio de narration au personnage de chair

L’extension américaine offre une seconde transformation de la fonction de Ringo. Shining Time Station débute sur le réseau PBS le 29 janvier 1989. Britt Allcroft et Rick Siggelkow participent à sa conception. Cette série intègre des histoires de Thomas dans un programme mêlant acteurs, décors réels, séquences musicales et marionnettes. Ringo n’y est plus seulement une voix invisible : il interprète Mr. Conductor, personnage miniature qui introduit les récits et accompagne les enfants.

Le dispositif prolonge et transforme la première expérience britannique. Le narrateur de 1984 tenait un rôle extérieur aux images des locomotives ; le Mr. Conductor de 1989 appartient, lui, à un univers fictionnel avec lequel les autres personnages interagissent. Ce passage de l’enregistrement parlé à la présence filmée constitue une véritable extension de ses activités d’acteur. La première saison américaine comporte vingt épisodes dans lesquels Ringo tient ce rôle.

Pour l’adaptation aux États-Unis, plusieurs narrations britanniques de Thomas sont réenregistrées avec une terminologie ferroviaire américaine. La source est importante : un épisode britannique, sa version de diffusion américaine et son éventuelle réédition sous un titre différent ne sont pas trois créations dramatiques autonomes. En discographie de la voix, en revanche, ils peuvent correspondre à des enregistrements distincts, qu’il conviendrait de cataloguer avec leur date, leur langue, leur script et leur support.

Ringo quitte ensuite le programme ; George Carlin reprend le personnage de Mr. Conductor sous la forme d’un cousin, tandis que la narration britannique de Thomas sera poursuivie par Michael Angelis. L’histoire de la franchise explique donc pourquoi le nom de Ringo apparaît parfois sur certaines éditions et pas sur d’autres. Le simple titre d’un épisode ne suffit pas à identifier son narrateur sur un disque, une cassette VHS ou une rediffusion.

2009 : la voix de Ringo revient dans un clip caritatif animé

Un prolongement, plus rare et parfois absent des filmographies, survient en 2009 dans The Official BBC Children in Need Medley, enregistré sous le nom de Peter Kay’s Animated All Star Band. Le clip rassemble des personnages issus de différentes séries pour la jeunesse autour d’un montage de chansons populaires. Les crédits publiés associent Ringo Starr à la voix de Thomas lui-même, cette fois au sein d’un ensemble animé et chanté.

Cette apparition réunit plusieurs fils du parcours : un ancien Beatle, dont la voix avait popularisé les histoires du train, réinvestit des décennies plus tard le personnage dans un produit musical caritatif. Le medley comporte même « Hey Jude », titre appartenant à l’histoire discographique des Beatles. Mais sa présence vocale doit être documentée à partir des crédits du clip et des données de l’enregistrement, sans imaginer qu’il a participé à tous les morceaux du montage.

Cette donnée fournit un pont particulièrement utile vers notre chapitre sur les représentations animées de Ringo Starr de 1965 à 2009. Ici, l’ancien Beatle n’est pas simplement dessiné : sa voix peut donner vie à un personnage créé par d’autres.

Une archive de son, une archive d’image : deux modes de conservation différents

L’étude de Down the Mine invite à comparer la logique matérielle de deux archives. Pour l’image, le chercheur possède potentiellement des fragments de film 35 mm, des négatifs, des copies, des scripts de montage et des tirages publicitaires. Pour la voix, il peut disposer de bandes magnétiques, de prises alternatives, de masters restaurés ou de copies d’éditions vidéo. Une présentation patrimoniale sérieuse doit signaler non seulement le contenu, mais aussi le support original et la chaîne des interventions.

La reconstitution récente du pilote pose ainsi trois problèmes classiques d’archivistique audiovisuelle. Le premier est la complétude : tous les éléments du film primitif ont-ils été retrouvés ? Les communications officielles mentionnent des fragments, ce qui appelle la prudence. Le deuxième est l’authenticité : les sons entendus en 2025 proviennent-ils tous du même temps de fabrication ? Non, puisque la musique nouvellement composée et certains effets restaurés ou ajoutés coexistent avec le commentaire d’époque. Le troisième est la traçabilité : peut-on identifier dans la copie publique les transformations effectuées ? Cela réclamerait un dossier technique plus détaillé que la simple annonce anniversaire.

Pour Ringo, cette méthode a une vertu supplémentaire : elle évite de confondre ses prestations orales avec les productions des studios. Il est bien le narrateur historique d’une partie essentielle du corpus. Mais les modèles de locomotives, l’éclairage des décors, le montage et la restauration sont attribuables à d’autres artistes et techniciens.

Comment rédiger une notice discographique sur la narration de Ringo

La tentation serait de classer Down the Mine parmi les disques de Ringo Starr. Ce classement serait trompeur. Le pilote est d’abord un document audiovisuel de télévision, et la narration en représente l’une des composantes. Une notice rigoureuse comporterait le titre, l’année de tournage, la première publication publique connue, le type de support, le nom du narrateur, les crédits de réalisation et de production, la musique entendue dans la version consultée, puis une indication explicite de son statut de restauration.

Il faudrait ensuite distinguer ce film du corpus des épisodes britanniques diffusés de 1984 à 1986 et des adaptations américaines des années 1989–1990. Pour un même récit, la présence de Ringo peut dépendre du territoire, du millésime de la copie et de l’éditeur. Le titre imprimé sur une cassette ou une jaquette DVD ne permet pas de certifier toutes les personnes entendues : l’écoute de l’édition précise demeure la meilleure preuve lorsqu’un crédit fait défaut.

Le catalogue idéal associerait aussi l’enregistrement à ses sources contemporaines : feuille de séance, notes des producteurs, documentation des studios de postproduction et génériques vérifiables. Nous n’avons pas identifié ici un registre complet des prises vocales du pilote. La recherche reste donc ouverte sur le lieu exact, le jour précis et le nombre de prises enregistrées par Ringo en 1983.

Un inventaire critique des cinq étapes qui ne doivent pas être confondues

1983 : un essai de production, longtemps non publié

Down the Mine : images tournées pour tester l’adaptation de Thomas ; une piste de narration d’époque attribuée directement à Ringo Starr est retrouvée dans les archives. Le film n’est pas diffusé alors comme épisode régulier de la série.

1984 : la première saison britannique

Vingt-six épisodes destinés à ITV avec narration originale de Ringo Starr et réalisation sous l’autorité créative de Britt Allcroft et David Mitton. Les musiques du programme relèvent de Mike O’Donnell et Junior Campbell.

1986 : une seconde saison de narration

Vingt-six nouveaux épisodes britanniques portant à cinquante-deux le corpus télévisé initial généralement associé à la voix de Ringo, indépendamment des titres et variantes de réédition.

1989 : les versions américaines et « Shining Time Station »

Interprétation à l’image du personnage de Mr. Conductor, avec des histoires de Thomas intégrées à une série de plateau. Certains récits bénéficient d’enregistrements américains distincts.

2025 : une restauration avec musique moderne

Première publication du pilote reconstitué à partir de matériaux de 1983. La bande de narration ancienne y côtoie notamment une musique nouvellement créée pour cette publication.

Pourquoi ce chapitre complète les autres dossiers de Ringo

L’histoire de la voix de Ringo dans Thomas est déjà évoquée dans notre filmographie consacrée à Thomas le petit train (1984–1986) et dans l’étude de Shining Time Station. Ces deux pages présentent la carrière télévisuelle. Le présent chapitre aborde un autre objet : l’origine matérielle d’un enregistrement, sa disparition puis sa restauration. Il s’inscrit donc naturellement dans une encyclopédie qui étudie aussi les archives photographiques, les œuvres visuelles, le cinéma et la conservation des traces de l’artiste.

En retrouvant la bande de narration de 1983, les archivistes rendent à Ringo Starr un geste artistique précoce qui avait presque disparu de l’histoire publique du programme. Mais ils rappellent aussi une règle fondamentale de l’enquête historique : un film restauré peut transmettre des matériaux authentiques et contenir simultanément des interventions nouvelles. L’un des meilleurs hommages que l’on puisse rendre à l’artiste et aux créateurs de Thomas consiste à nommer exactement chacun de ces travaux.

Sources primaires, archives et contrôle bibliographique

Fonic Post Production, « Original 1983 Thomas the Tank Engine Pilot Restored by Fonic for 80th Anniversary Tribute », communiqué professionnel, 3 juillet 2025. Source de première main sur les bandes originales, la reconstruction sonore, les interventions de Christopher Swaine, la restauration de l’image et la partition nouvelle de Mike O’Donnell. https://fonic.co.uk/press-releases/original-1983-thomas-the-tank-engine-pilot-restored-by-fonic-for-80th-anniversary-tribute/

Mattel / Thomas & Friends, « Down the Mine | Original 1983 Pilot Fully Restored », première publication officielle, 9 mai 2025, chaîne officielle YouTube Thomas & Friends. Vidéo primaire à consulter en distinguant le matériel d’époque des interventions déclarées en 2025.

Angela Andaloro, « Thomas & Friends Reveals Never-Before-Seen 1983 Pilot Featuring Ringo Starr as Beloved Tank Engine Turns 80 », People, 9 mai 2025. Présentation des archives 35 mm, du pilote, de l’enregistrement vocal et de la publication anniversaire. people.com/thomas-and-friends-never-before-seen-1983-pilot-featuring-ringo-starr-80-years-exclusive-11729917

Eli Wizevich, « You Can Now Watch the Long-Lost Thomas the Tank Engine Pilot Episode for the First Time Ever », Smithsonian Magazine, 14 mai 2025. Enquête sur la découverte, le film-test, les problèmes de tournage et la réaction d’Ian McCue. smithsonianmag.com/smart-news/you-can-now-watch-the-long-lost-pilot-episode-of-thomas-the-tank-engine-for-the-first-time-ever-180986617/

Anthony Hayward, « Britt Allcroft obituary », The Guardian, 16 janvier 2025, mise à jour le 11 février 2025. Chronologie de la création de l’émission, souvenir du choix de Ringo comme narrateur, lancement ITV, passage aux États-Unis et évolution de la production. theguardian.com/tv-and-radio/2025/jan/16/britt-allcroft-obituary

Mattel EMEA, communication officielle du 80e anniversaire de Thomas & Friends, mai 2025, confirmant la présentation publique du pilote de 1983 avec la voix de Ringo Starr et les initiatives patrimoniales associées.

MusicBrainz, notice discographique de The Official BBC Children in Need Medley, Peter Kay’s Animated All Star Band (2009), crédit vocal de Ringo Starr pour Thomas. musicbrainz.org/release/fad0b38f-a53b-392a-a7cc-771b8d923764

État de l’enquête : les documents cités confirment la découverte d’une narration historique et la composition d’une nouvelle musique en 2025. Ils ne permettent pas de reconstituer à eux seuls toutes les sessions vocales de 1983, ni d’affirmer que le montage accessible aujourd’hui reproduit sans variation celui utilisé pour la démonstration originale.

Yellow-Sub · Encyclopédie Ringo Starr

L’artiste au-delà des Beatles

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  1. 01Présentation du dossier
  2. 02Photographe des Beatles
  3. 03Archives photographiques
  4. 04Postcards from the Boys
  5. 05Photograph (2013–2015)
  6. 06Another Day in the Life
  7. 07Peintre et artiste numérique
  8. 08Art numérique et NFT
  9. 09Starr Art : expositions
  10. 10Tirages et collection
  11. 11Lotus Foundation
  12. 12Catalogue des œuvres
  13. 13Pochettes (1970–1981)
  14. 14Pochettes (1983–2026)
  15. 15My Faces : les œuvres de 2005
  16. 16Les douze peintures originales de 2025
  17. 17Sculptures : Drums for Peace et Peace and Love
  18. 18Estampes et œuvres graphiques (2007–2024)
  19. 19Peaux de batterie, guitares et objets signés
  20. 20Painting Is My Madness : les livres d’art
  21. 21Photographie : expositions et réception critique
  22. 22Catalogues photographiques : 32 notices (2013–2024)
  23. 23Photograph Portfolio 2018
  24. 24Photograph Portfolio 2017 : les douze clichés
  25. 25Tobago 1966 : photographies et archives
  26. 26Lifted (2022) : photographies retrouvées
  27. 27Beats & Threads (2023) : instruments et costumes
  28. 28Catalogue raisonné : 52 références (2013–2024)
  29. 29Ringo cinéaste : Born to Boogie (1972)
  30. 30Ringo et Barbara Bach : vente Julien’s Auctions (2015)
  31. 31Octopus’s Garden : livre illustré (2013–2014)
  32. 32Clips et films promotionnels (1970–2026)
  33. 33Ringo: Peace & Love, GRAMMY Museum (2013–2014)
  34. 34Ringo en ukiyo-e au Japon (2026)
  35. 35Ringo photographié : les grands portraitistes
  36. 36Les cinq NFT et vingt lots de 2022
  37. 37Ringo Starr en dessin animé : de 1965 à Rock Band (2009)
  38. 38Thomas : le pilote de 1983 retrouvé en 2025
  39. 39La vidéo privée de Lennon et Ringo (1966)