YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / CONCERTS FILMÉS ET ARCHIVES VIDÉO · NOTICE 228
De la VHS au Blu-ray (1989–2022) : établir le catalogue raisonné des concerts filmés de Ringo Starr
Onze objets audiovisuels, des lieux répétés et plusieurs types d’éditions : un registre de concordance pour éviter les faux doublons.
Entre les concerts du Greek Theatre en 1989 et la publication Blu-ray du Greek Theatre 2019 en 2022, le All-Starr Band de Ringo Starr a laissé une succession d’images dont les dates ne se rangent pas dans un ordre aussi simple que celles d’une discographie. Des concerts ont été filmés, des émissions de télévision diffusées, des VHS vendues, des DVD composés à partir de plusieurs scènes et des albums issus de bandes parfois différentes. L’objet de cette synthèse est de fixer une méthode de concordance : date de scène, date des images, édition, programme et auteurs doivent former cinq champs distincts. On peut ainsi relier les notices 217 à 227 sans transformer plusieurs supports d’un même concert en œuvres nouvelles.
Sommaire de cette étude (6 sections)
Deux Greek Theatre, deux fonctions historiques
Le Greek Theatre de Los Angeles ouvre et referme symboliquement la période étudiée. Les soirées des 3–4 septembre 1989 documentent la première formation, alors que celle du 1er septembre 2019 célèbre trente ans d’activité. Les films n’ont pas la même fonction : le premier annonce au public une nouvelle manière de travailler en groupe ; le second réunit les générations passées et présentes du All-Starr Band. Un index qui classerait seulement « Greek Theatre » sans année ni formation confondrait deux événements très éloignés.
Les supports ajoutent une deuxième différence. La VHS et le LaserDisc de 1990 appartiennent à une économie de vidéo domestique ; le DVD et le Blu-ray de 2022 sont accompagnés d’extraits numériques et de sorties sur plusieurs formats. L’évolution technique ne doit pas masquer la continuité artistique, ni faire croire à une même captation restaurée sur trente ans.
La grille indispensable des dates
L’exemple de Pine Knob est révélateur : filmé le 30 mai 1997, le concert fait l’objet d’une annonce pour une cassette MPI en juillet 1998. Le site de Jack Bruce permet de distinguer les deux repères. À Montreux, le concert de 1992 donne un album de 1993 ; au Budokan, la télévision de 1995 précède le disque de 1997. Au Mohegan Sun, un spectacle de 2006 est publié en 2008. Au Ryman, une soirée de 2012 devient un DVD en 2013.
Ces décalages ne sont pas des anomalies. Ils sont la vie normale d’un catalogue audiovisuel. La difficulté apparaît quand un site reprend l’année inscrite sur la couverture pour dater l’événement lui-même. Une notice fiable doit donc contenir deux dates, parfois trois : performance, première diffusion et première sortie matérielle.
Concert intégral, film de concert et compilation
Trois objets sont régulièrement confondus. Le concert réel comprend tous les morceaux joués, les pauses et les présentations. Le film de concert résulte d’un choix de caméras, d’un montage et souvent d’une sélection de chansons. La compilation vidéo, comme The Best of Ringo Starr & His All-Starr Band So Far… en 2001, prélève des extraits de plusieurs œuvres antérieures pour construire un récit nouveau. Aucun des trois ne permet de déduire automatiquement le contenu des autres.
L’exemple de Rosemont 2001 est parlant : un album audio de seize morceaux et un DVD plus complet ont circulé sous des titres voisins. Un morceau absent du CD peut être bien présent dans le film. Ce n’est pas un « inédit de 2002 » au sens d’une nouvelle prestation, mais éventuellement une autre exploitation de la captation de 2001.
Les musiciens se succèdent, les crédits doivent rester précis
Au fil des années, Ringo a invité Dr. John, Levon Helm, Joe Walsh, Zak Starkey, John Entwistle, Jack Bruce, Peter Frampton, Roger Hodgson, Sheila E., Steve Lukather, Colin Hay et bien d’autres artistes. Dans les films, chacun peut devenir chanteur principal tandis que le reste de la formation l’accompagne. Le nom de Ringo sur la pochette désigne le cadre général du projet, non l’auteur ou l’interprète principal de toutes les chansons.
Le même soin doit être apporté aux batteries. Ringo joue avec Jim Keltner, Levon Helm, Zak Starkey, Simon Kirke, Sheila E. ou Gregg Bissonette selon les formations. Un plan de caméra n’est pas un crédit instrumental. Pour attribuer une partie, il faut croiser le générique, les notes de support et le son, en acceptant parfois de laisser une incertitude.
Une méthode matérielle pour les collectionneurs
Avant de créer une fiche de VHS ou de DVD, le collectionneur doit relever titre exact, pays, distributeur, numéro de catalogue, code-barres, durée, format d’image, piste sonore et programme des chapitres. Il faut ensuite rechercher la date d’enregistrement de la soirée, l’existence d’un montage télévisuel et l’éventuelle circulation d’extraits dans les compilations. Une jaquette vendue sur une place de marché ne prouve ni l’authenticité d’une édition ni l’existence d’une restauration officielle.
Les sources les plus utiles sont les annonces d’époque, les archives des participants — comme celles de Jack Bruce ou Steve Lukather —, les catalogues de salles, les communiqués officiels et les exemplaires physiques. Les bases de fans permettent de repérer une piste, mais leurs attributions doivent pouvoir être vérifiées. Cette discipline est celle d’un archéologue musical : on classe d’abord les objets, puis on raconte leur histoire.
Un héritage visuel propre à Ringo
L’histoire du All-Starr Band montre que Ringo a su faire d’un concept de tournée une forme audiovisuelle presque autonome. L’ancien Beatle y apparaît comme musicien et maître de cérémonie, mais aussi comme celui qui organise la visibilité de ses amis. Le film de 1989 en fixe la naissance, le DVD de 2001 en construit une première mémoire, les éditions des années 2000 en conservent les mutations et le Blu-ray de 2022 offre un bilan des trente premières années.
Cette synthèse ne remplace pas les onze études qui précèdent : elle fournit les relations permettant de les lire ensemble. C’est le rôle d’un catalogue raisonné de distinguer l’œuvre, ses versions et les preuves de son existence. Pour les fans, le résultat est un parcours de découverte ; pour les spécialistes, un registre qui reste ouvert aux nouvelles sources.
Sources et vérifications
- Ringo Starr, biographie et chronologie officielles des All-Starr Bands
- Beatles on Film, inventaire des sorties vidéo de 1990 à 2022
- Jack Bruce, annonce contemporaine de la VHS Pine Knob en 1998
- Ringo Starr, annonce de l’édition 2022 du concert du Greek Theatre 2019
Note de méthode : les dates de représentation, de captation, de première diffusion et d’édition commerciale sont distinguées. Les crédits et variantes incertains ne sont pas présentés comme établis.
RINGO AU-DELÀ DES BEATLES
Notice 228 / 335
Onze objets audiovisuels, des lieux répétés et plusieurs types d’éditions : un registre de concordance pour éviter les faux doublons.












