Ringo Starr et His All-Starr Band — étude discographique Extended Versions (2003)

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Sommaire

Ringo Starr et le All-Starr Band en 2011 : trente-neuf concerts, de l’Europe à l’Amérique latine

2011 constitue l’ultime année de la onzième formation du All-Starr Band : 28 dates européennes entre Kiev et Vienne de juin à juillet, puis 11 dates au Mexique et en Amérique du Sud en novembre. Les 39 fiches de concerts de Yellow-Sub.net sont reliées ci-dessous. Cette enquête examine les sept musiciens réguliers — Ringo Starr, Wally Palmar, Rick Derringer, Edgar Winter, Gary Wright, Richard Page et Gregg Bissonette —, documente l’arrivée sur scène de Mark Rivera à l’automne, revient sur le 71e anniversaire de Ringo à Hambourg et sur les deux concerts français, distingue le programme court de Bospop et démontre le transfert de Salzbourg à Salzburg Congress. Sources d’époque, critiques contradictoires et archives de spectacles sont confrontées dans 28 sections.

Repères de l’année : 39 représentations liées · 28 en Europe du 4 juin au 17 juillet · 11 du 1er au 20 novembre (Mexique, Chili, Argentine, Brésil) · 7 musiciens réguliers, Mark Rivera sur scène à l’automne · 26 juin Paris et 2 juillet Lyon · 7 juillet Hambourg, 71 ans · 14 juillet Salzburg Congress (salle déplacée).
Sommaire de cette étude (28 sections)

1. 2011 en chiffres : trente-neuf concerts, deux voyages

En 2011, Ringo Starr et sa onzième formation du All-Starr Band se produisent sur 39 dates documentées, réparties en deux séquences séparées par plus de trois mois. La première rassemble 28 concerts et prestations de festival en Europe, du 4 juin à Kiev au 17 juillet à Vienne. La seconde reprend le 1er novembre à Mexico, puis gagne le Chili, l’Argentine et le Brésil, jusqu’au 20 novembre à Olinda : 11 étapes supplémentaires. Ces chiffres sont cohérents avec la chronologie du onzième All-Starr Band et les 39 fiches conservées sur Yellow-Sub.net.

Le déplacement européen a ses particularités : c’est la première tournée britannique de Ringo depuis 1998, une traversée de plusieurs capitales et festivals, deux soirées françaises, une célébration de ses 71 ans à Hambourg, et une salle remplacée à Salzbourg. En novembre, le groupe joue pour la première fois au Mexique puis dans plusieurs pays sud-américains, donnant une dimension nouvelle à une formation déjà éprouvée en 2010.

Cette année présente aussi une nuance de personnel souvent oubliée. Sept musiciens réguliers composent l’équipe depuis 2010, mais Mark Rivera, qui exerce la direction musicale, joue également sur scène lors de la tournée de novembre. Le décompte des artistes visibles diffère donc entre une photographie de Kiev et une photographie du Luna Park. Il faut garder cette évolution à l’esprit sans lui attribuer rétroactivement les concerts européens.

2. Compter les représentations sans confondre annonces et archives

Le chiffre de 39 ne désigne ni 39 setlists intégrales ni 39 concerts de durée identique. Les pages du dossier relient 28 fiches européennes et 11 fiches mexicaines et sud-américaines. Nous préservons chaque date comme une unité de représentation, tout en distinguant spectacle en salle, prestation de festival, annonce antérieure et document filmé ou photographique. Les dates multiples dans une ville — Buenos Aires les 7 et 8 novembre, São Paulo les 12 et 13 — sont deux soirées réelles, non des duplications.

Plusieurs matériaux documentent les événements à des degrés différents : annonces de promoteurs, communiqués du musicien, critiques rédigées dans les jours suivants, archives photographiques, relevés collaboratifs et enregistrements de collectionneurs. Un reportage sur place peut attester un détail d’interprétation, mais ne livre pas toujours la liste de toutes les chansons ; une setlist dite « complète » doit être comparée avec la durée du festival et les récits locaux. Nous préférons expliciter ces limites dans la notice plutôt que de combler artificiellement les blancs.

La méthode révèle trois cas instructifs : Bospop, le 9 juillet, offre un programme raccourci ; Salzbourg, le 14 juillet, change de salle entre l’affiche et le concert ; et les chansons de novembre ne reproduisent pas obligatoirement celles du début de l’été. Le nom du lieu dans les URL anciennes reste parfois celui d’une annonce, alors que le texte de la fiche a été corrigé après vérification.

3. Les sept musiciens de la onzième formation

Autour de Ringo Starr, au chant, à la batterie et aux percussions, on retrouve Gregg Bissonette, seconde batterie et chœurs. Les deux guitares sont tenues par Rick Derringer, chanteur et guitariste passé par les McCoys et les formations des frères Winter, et Wally Palmar, voix, guitare et harmonica des Romantics. Richard Page, ancien leader de Mr. Mister, fournit la basse et un registre vocal nettement différent.

Aux claviers, Gary Wright apporte son univers pop-rock et synthétique, associé à Dream Weaver et Love Is Alive, tandis qu’Edgar Winter multiplie les rôles : clavier, saxophone, percussions et chant, avec notamment Free Ride et l’instrumental Frankenstein. Ce sont six musiciens autour de Ringo, tous capables de tenir leur répertoire devant le public. The Independent, le 31 mai 2011, publie la liste des sept pour leur présentation européenne.

Il est important de ne pas introduire Steve Lukather, Gregg Rolie ou Todd Rundgren dans cette année : ces musiciens appartiennent à la nouvelle équipe inaugurée en 2012. La continuité s’organise autour de Ringo, Richard Page et Gregg Bissonette, puis de Mark Rivera selon les fonctions qu’il exerce en 2011 et 2012.

4. De l’été 2010 à la scène européenne : une équipe déjà rodée

La onzième formation s’est construite dès 2010, au fil d’une tournée nord-américaine marquée par les titres des Romantics, de Gary Wright, de Derringer et de Mr. Mister. Elle a aussi servi à présenter une partie de l’actualité de Ringo autour de l’album Y Not. L’étape de 2011 n’est donc pas un nouveau recrutement complet mais le deuxième acte d’un ensemble déjà éprouvé.

L’album Y Not, publié en 2010, apporte notamment « The Other Side of Liverpool », chanson autobiographique, et « Peace Dream », dont l’enregistrement studio accueille Paul McCartney à la basse. Ces titres figurent dans de nombreux programmes européens de 2011. Leur présence montre que la tournée ne se limite pas aux années Beatles ou aux singles du début des années 1970.

Le souvenir du 7 juillet 2010 au Radio City Music Hall de New York, où Paul McCartney avait rejoint Ringo pour son soixante-dixième anniversaire, reste un repère de cette période. Mais l’anniversaire de 2011 se déroule ailleurs, à Hambourg, et ne doit pas hériter des invités du spectacle new-yorkais. Pour le contexte, voir l’étude sur la formation de 2010 et le dossier anniversaire du Radio City.

5. 1er juin : une présentation mondiale avant Kiev, pas un concert de tournée

Quelques jours avant le départ, Ringo et son All-Starr Band organisent le 1er juin 2011 à 15 heures, heure britannique, une conférence de presse diffusée sur Internet, avec une courte prestation, la présentation des musiciens et des questions du public. The Independent et les informations promotionnelles contemporaines décrivent cet événement diffusé par MUZU.TV.

La présentation du 1er juin est une source remarquable sur la distribution officielle ; en revanche, elle ne constitue pas la première date de la tournée des 39 représentations. Cette dernière commence le 4 juin au Palace Ukraine de Kiev. C’est précisément la confusion entre les apparitions promotionnelles et les concerts que notre méthode cherche à prévenir.

Le document de lancement annonçait vingt-huit rendez-vous européens et soulignait le retour au Royaume-Uni après treize ans. À ce stade, les organisateurs énumèrent les pays et les villes à venir, mais ne peuvent encore fournir des critiques de concerts ou les variantes de chaque setlist. L’annonce doit être reliée à l’expérience effectivement observée dans les semaines suivantes.

6. Les dix-sept premières étapes européennes : juin

Le premier tableau couvre dix-sept représentations du 4 au 29 juin, de l’Ukraine et de la Russie jusqu’aux îles Britanniques, à la France et à l’Europe centrale. Chaque intitulé renvoie à une fiche Yellow-Sub.net. Les graphies de Kiev/Kyiv, Göteborg/Gothenburg ou du nom des salles correspondent aux usages de nos archives ; elles ne désignent pas des concerts différents.

Date Salle et ville Documentation
4 juin Palace Ukraine, Kiev, Ukraine Fiche du concert
6 juin Crocus City Hall, Moscou, Russie Fiche du concert
7 juin BKZ Oktyabrsky, Saint-Pétersbourg, Russie Fiche du concert
10 juin Liseberg, Göteborg, Suède Fiche du concert
11 juin Norwegian Wood Festival, Frognerbadet, Oslo, Norvège Fiche du concert
12 juin Værket, Randers, Danemark Fiche du concert
14 juin Arena Riga, Riga, Lettonie Fiche du concert
15 juin Sala Kongresowa, Varsovie, Pologne Fiche du concert
17 juin Hampton Court Palace Festival, Londres, Royaume-Uni Fiche du concert
18 juin Liverpool Empire Theatre, Liverpool, Royaume-Uni Fiche du concert
20 juin Symphony Hall, Birmingham, Royaume-Uni Fiche du concert
22 juin Manchester Opera House, Manchester, Royaume-Uni Fiche du concert
23 juin Clyde Auditorium, Glasgow, Écosse, Royaume-Uni Fiche du concert
24 juin Bournemouth International Centre, Bournemouth, Royaume-Uni Fiche du concert
26 juin Palais des Sports, Paris, France Fiche du concert
28 juin Papp László Budapest Sportaréna, Budapest, Hongrie Fiche du concert
29 juin KCP Congress Centre, Prague, République tchèque Fiche du concert

7. Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg : premier contact à l’Est

Le 4 juin, la série débute au Palace Ukraine, à Kiev, puis gagne le Crocus City Hall de Moscou le 6 et le BKZ Oktyabrsky de Saint-Pétersbourg le 7. Le changement de pays et de public est particulièrement visible après la tournée nord-américaine de 2010 : les carrières de Gary Wright, Richard Page ou Rick Derringer n’ont pas toutes la même notoriété sur ces marchés.

Le compte rendu de Boris Barabanov, publié le 8 juin dans Kommersant, prend le concert moscovite comme objet d’analyse. Le critique reconnaît le principe généreux d’une revue où les chanteurs se relaient, mais estime que l’équilibre obtenu laisse trop peu de place à l’ancien Beatle. C’est une observation argumentée sur la soirée de Moscou, non un verdict sur les 39 concerts.

Cette réserve touche au cœur de la formule All-Starr : Ringo peut rejoindre Gregg Bissonette à la batterie et laisser ses partenaires interpréter leur propre morceau, pendant que le spectateur venu entendre Yellow Submarine attend son retour au micro. L’intérêt historique est de noter la tension plutôt que d’imposer une unanimité critique artificielle.

8. Göteborg, Oslo, Randers et Riga : quatre publics, quatre contextes

La tournée prend ensuite une direction nordique : Göteborg le 10 juin, Norwegian Wood à Oslo le 11, Værket à Randers le 12 et Arēna Rīga le 14. Cette succession de quatre dates en cinq jours impose de passer d’un parc d’attractions suédois à un festival norvégien, puis à des salles au Danemark et en Lettonie.

Des récits de spectateurs publiés à l’époque décrivent une panne de son à Göteborg pendant Honey Don’t et une partie de Choose Love, tandis qu’un reportage photographique sur Norwegian Wood montre des conditions humides et boueuses. Ces détails ne changent pas la date ni le lieu, mais donnent une matérialité aux archives : un programme identique sur le papier peut être vécu très différemment.

Pour suivre les quatre représentations sans les mélanger avec le parcours de 1998, notre dossier renvoie à l’étude transversale « Europe du Nord : concerts de 1998 et 2011 ». Elle met en évidence les continuités géographiques et les changements de musiciens.

9. Varsovie, 15 juin : un sous-marin construit par les spectateurs

Le 15 juin 2011, Ringo monte sur scène à la Sala Kongresowa de Varsovie. Le reportage de Paweł Piotrowicz pour Onet Kultura, publié le 16 juin, décrit l’accueil réservé au musicien, les performances de ses collègues et les accessoires de carton brandis pendant « Yellow Submarine ». Les sous-marins jaunes ont ici une existence concrète, observable, qui dépasse la métaphore usuelle des fans des Beatles.

La presse polonaise relaie également la surprise de Ringo devant ces centaines de sous-marins fabriqués par le public. Dans le reportage, Wally Palmar propose le prénom polonais « Włodek », repris dans la salle. Ce sont des marques de réception locale difficiles à lire dans un simple tableau de dates ; elles justifient de rapprocher critique, photographies et souvenirs.

Le programme combine les titres de Ringo en solo, ceux qu’il chantait dans les Beatles et les succès des six musiciens. Il comprend encore The Other Side of Liverpool et Peace Dream, deux points d’accès précieux à l’album Y Not, sorti l’année précédente.

10. Du palais de Hampton Court à Bournemouth : six dates britanniques

Le Royaume-Uni accueille six concerts du 17 au 24 juin : Hampton Court Palace Festival le 17, Liverpool Empire le 18, Symphony Hall de Birmingham le 20, Manchester Opera House le 22, Clyde Auditorium de Glasgow le 23 et Bournemouth International Centre le 24. La presse de lancement présente cette séquence comme le premier véritable retour de Ringo en tournée britannique depuis 1998.

La chronique de Bruce Dessau dans The Arts Desk évoque notamment le temps britannique et la place tenue par les partenaires de Ringo ; l’auteur préfère certains passages du répertoire de l’ancien Beatle à de longs développements instrumentaux. D’autres témoins, au contraire, apprécient précisément la variété des interprètes. Notre dossier conserve ces lectures divergentes.

Le retour sur les scènes du pays natal oblige Ringo à présenter son parcours solo et ses amis musiciens devant un public qui le connaît d’abord comme l’un des Beatles. Il faut donc éviter de confondre « tournée de Ringo en Grande-Bretagne » et « concert des Beatles reconstitués » : la présence scénique de Gregg Bissonette, Winter ou Derringer est pleinement constitutive du spectacle.

11. Liverpool, le 18 juin : retour symbolique et réserves concrètes

Le concert au Liverpool Empire est sans doute l’une des dates symboliquement les plus chargées. Ringo revient dans sa ville natale à la tête d’un groupe qui n’essaie pas de reproduire l’effectif des Beatles. Dans un récit de spectateur rédigé le lendemain, on découvre l’attente devant la porte des artistes, les visiteurs venus de l’étranger, les produits dérivés, une première partie et des sièges encore libres dans certains secteurs du théâtre.

L’auteur observe que chaque partenaire chante en principe deux succès de sa propre carrière. Cela renseigne le mécanisme de la revue. Il exprime également une préférence pour d’autres équipes All-Starr du passé, preuve qu’une même représentation peut satisfaire le désir de revoir Ringo tout en soulevant des réserves de connaisseur sur les autres interprètes. Une autre chronique, Minty And The Beeb, s’interroge sur le prix des places et le temps accordé aux partenaires.

La date doit être tenue séparée de la soirée du 7 juillet 2010 à New York. Ringo n’est pas accompagné de Paul McCartney sur scène en tant que partenaire régulier à Liverpool en 2011. Les documents filmés ou photos d’anniversaires appartenant à une autre tournée n’ont pas à migrer dans cette fiche sous prétexte de résonance biographique.

12. Paris, le 26 juin : le Palais des Sports à l’épreuve des témoins

Le dimanche 26 juin, la tournée arrive au Palais des Sports de Paris. Une spectatrice raconte cette soirée dans un billet publié le 7 juillet : elle venait voir l’ancien Beatle, ne connaissait pas forcément les noms de ses invités, mais reconnaissait plusieurs tubes des années 1980 une fois joués. Son récit montre que le principe All-Starr peut convertir la curiosité pour Ringo en découverte d’autres catalogues musicaux.

Il existe aussi un relevé contributif pour Paris, utile pour comparer It Don’t Come Easy, Choose Love, Dream Weaver, Kyrie, Frankenstein et les deux titres issus de Y Not. Les listes en ligne peuvent toutefois fusionner With a Little Help from My Friends et la coda Give Peace a Chance sous une seule entrée, là où d’autres les comptent séparément.

Dans l’archive des enregistrements non officiels, Paris est associé à plusieurs bandes audio de durées proches de deux heures. Ce sont des notices de collectionneurs, pas des albums live publiés par Ringo ; elles éclairent la survie documentaire d’un événement, sans autoriser une exploitation non vérifiée des enregistrements.

13. Onze concerts européens en juillet : de Lyon à Vienne

Le deuxième tableau rassemble les onze dates du 2 au 17 juillet. Il comprend Lyon, les concerts italiens de Milan et Rome, l’anniversaire de Ringo à Hambourg, le festival néerlandais de Bospop et le dernier parcours en Allemagne et en Autriche. La fiche du 14 juillet à Salzbourg affiche le nom de la salle effectivement utilisée, Salzburg Congress, bien que son ancienne adresse technique conserve « Salzburgarena ».

Date Salle et ville Documentation
2 juillet L’Amphithéâtre, Lyon, France Fiche du concert
3 juillet Arena Civica, Milan, Italie Fiche du concert
4 juillet Festival Luglio suona bene, Cavea de l’Auditorium, Rome, Italie Fiche du concert
7 juillet Stadtpark Freilichtbühne, Hambourg, Allemagne Fiche du concert
9 juillet Bospop Festival, Weert, Pays-Bas Fiche du concert
10 juillet Philipshalle (Mitsubishi Electric Halle), Düsseldorf, Allemagne Fiche du concert
12 juillet Tempodrom, Berlin, Allemagne Fiche du concert
13 juillet Circus Krone, Munich, Allemagne Fiche du concert
14 juillet Salzburg Congress, Salzbourg, Autriche Fiche du concert
16 juillet Jahrhunderthalle, Francfort-sur-le-Main, Allemagne Fiche du concert
17 juillet Arena, Vienne, Autriche Fiche du concert

14. Lyon, le 2 juillet : la deuxième date française

La France a accueilli Ringo deux fois pendant cette série : Paris le 26 juin et L’Amphithéâtre du Centre de Congrès de Lyon le 2 juillet. Il ne s’agit pas d’une date déplacée ni d’un rappel d’un même concert. Les deux fiches renvoient à des espaces distincts, avec des conditions d’écoute et un public qui leur sont propres.

L’archive de Lyon conserve un relevé de programme ; les inventaires de collectionneurs mentionnent également une bande audio de longue durée. Le détail des chansons permet une comparaison avec Paris, sans faire de l’une une copie certifiée conforme de l’autre. Notre enquête consacrée spécifiquement aux deux étapes françaises rassemble les repères de contexte.

Dans les deux villes, le nom de Ringo mobilise les souvenirs des Beatles ; le spectacle lui-même convoque une histoire plus large de la pop et du rock. La présence de Richard Page sur Kyrie et Broken Wings ou de Wally Palmar sur les Romantics est un trait essentiel de la représentation, non une interruption dans un concert « normalement » réservé à Ringo.

15. Prague et Budapest : la mesure locale d’un spectacle collectif

Avant Lyon, le groupe joue à Budapest le 28 juin et Prague le 29. Le compte rendu pragois publié dans iDNES.cz par Ondřej Bezr le 30 juin, avec ses photographies de la veille, traite Ringo moins comme un soliste qui tolère ses accompagnateurs que comme un musicien heureux de jouer avec des partenaires aussi habiles. Cette appréciation contraste avec la réserve moscovite de Barabanov : la même formule de scène donne lieu à des attentes différentes.

À Prague, un autre témoin, František Kovač, rapporte une dédicace de Photograph à George Harrison. Cette indication, liée à un concert déterminé, est historiquement plus intéressante qu’une affirmation générale selon laquelle le morceau aurait été présenté de la même manière chaque soir. Son association à George est évidente dans son histoire, mais les paroles de présentation sur scène doivent rester attribuées à la source qui les rapporte.

Pour Budapest, certains médias parlent de vingt-huit titres sans en donner la liste complète. Nous ne complétons pas les relevés plus courts à l’aide de ce seul chiffre : les reprises, medleys et codas expliquent des écarts de méthode. Distinguer nombre de chansons et nombre d’entrées d’une setlist est particulièrement important dans ce type de revue.

16. Milan le 3, Rome le 4 juillet : deux soirées italiennes

La tournée retrouve l’Italie avec Milan le dimanche 3 juillet et Rome le lundi 4. Une dépêche de l’agence suisse Keystone-ATS publiée le 4 juillet relate le concert milanais de la veille : elle ne constitue pas la preuve d’un second spectacle à Milan ce même lundi. Les dates de publication et de concert doivent être distinguées.

Pour Rome, l’archive de l’Auditorium Parco della Musica est particulièrement fiable : elle donne lundi 4 juillet 2011 à 21 heures, dans le cadre de « Luglio Suona Bene », et rappelle la présence de Ringo avec ses partenaires. Cette annonce de l’organisateur est à rapprocher des critiques locales qui racontent l’ambiance sur place.

La chronique de Saloni Kaul, recensée dans le dossier parent, souligne le soutien réciproque des musiciens et l’aisance de Ringo. Le concert romain illustre ainsi une manière de recevoir favorablement le partage de la scène que Moscou et certains critiques britanniques avaient accueilli avec davantage de distance.

17. Hambourg, 7 juillet : les soixante et onze ans de Ringo

Le jeudi 7 juillet 2011, Ringo fête son 71e anniversaire à Hambourg, ville des débuts des Beatles, avant un concert au Stadtpark. Le moment « Peace & Love » se déroule dans la journée, au Hard Rock Café des Landungsbrücken. Le site officiel de Ringo répertorie cette localisation parmi les lieux de ses célébrations annuelles ; la presse hambourgeoise décrit la suite de la journée et le spectacle du soir.

Un reportage personnel d’Ansgar Bellersen, avec texte et photographies, suit les déplacements et le concert ; il note notamment quelques mots de Gary Wright en allemand avant Dream Weaver. Le fait que les Beatles aient commencé à jouer dans les clubs de la ville donne à cette soirée une dimension biographique qui n’efface pas le programme des six autres artistes.

Il faut séparer la célébration de midi, la visite des lieux historiques et le concert du Stadtpark. Ces trois épisodes peuvent produire plusieurs photos et films, mais un seul d’entre eux entre dans le décompte des 39 performances de la tournée. L’anniversaire du Radio City en 2010 et celui du Ryman en 2012 sont d’autres événements, avec d’autres invités.

18. Bospop, 9 juillet : un vrai festival, un programme plus court

Le samedi 9 juillet, le All-Starr Band se produit au Bospop Festival de Weert, aux Pays-Bas. Comme souvent sur un plateau de festival, il ne dispose pas exactement de la même durée que dans une salle où il est l’unique attraction. La fiche de The Beatles Bible et le relevé collaboratif associé montrent une sélection resserrée, avec It Don’t Come Easy, Honey Don’t, Choose Love, What I Like About You, Frankenstein et les chansons finales.

Les bases n’emploient pas toutes la même méthode : certaines comptent quatorze chansons en rattachant Give Peace a Chance à la conclusion de With a Little Help from My Friends ; notre ancien index évoque quinze entrées lorsqu’on sépare la coda. Il n’y a pas lieu de transformer cet écart de découpage en un nouveau concert ou en une chanson mystérieuse.

Cette date ne doit pas être complétée mécaniquement avec Dream Weaver, Kyrie ou l’intégralité du programme de Paris : l’économie du festival impose justement des choix. Les archives de collectionneurs mentionnent un enregistrement d’environ 70 minutes, longueur cohérente avec une prestation raccourcie, mais ce repère demeure une notice de catalogue et non un disque officiel.

19. De Düsseldorf à Salzbourg : noms de salles et changement de lieu

La fin de l’été européen enchaîne Düsseldorf le 10 juillet, Berlin le 12, Munich le 13, Salzbourg le 14, Francfort le 16 et Vienne le 17. Un détail logistique permet d’observer la transmission des erreurs : l’étape autrichienne était annoncée d’abord à la Salzburgarena, mais le spectacle a été déplacé au Salzburg Congress.

La presse autrichienne du 27 juin 2011 relaie le communiqué de l’organisateur annonçant ce transfert. Le service public ORF/Ö1 du 14 juillet le confirme, et ORF Salzbourg, le 15 juillet, rend compte du concert dans le Kongresshaus. Cette triple concordance permet d’établir la salle effectivement utilisée.

La fiche de Yellow-Sub.net porte correctement l’intitulé Salzburg Congress, 14 juillet, même si son URL technique ancienne contient encore « salzburgarena ». À Düsseldorf, l’annonce utilisait le nom Philipshalle, tandis que les légendes photographiques emploient Mitsubishi Electric Halle, nouveau nom de cette même salle. Le changement d’enseigne ne représente pas une seconde étape.

20. Vienne, 17 juillet : finir le chapitre européen

La Wiener Arena accueille le concert du 17 juillet, dernière des vingt-huit dates européennes de 2011. L’annonce d’Ö1 relie explicitement Salzbourg et Vienne comme les deux dernières prestations du parcours. Les comptes rendus locaux décrivent un final centré sur With a Little Help from My Friends, prolongé par une brève évocation de Give Peace a Chance.

Le parcours de Kiev à Vienne a fait se succéder les festivals de plein air, les salles de concert classiques et les auditoriums modernes. La diversité des scènes explique en partie les variantes de durée et les changements de perception du son. Le groupe a préservé son ossature autour de deux batteries, deux guitaristes, deux claviéristes polyvalents et un bassiste-chanteur, mais les témoignages montrent qu’il a dû adapter l’exécution à des espaces très différents.

Après Vienne, aucune représentation du calendrier 2011 n’apparaît avant le 1er novembre à Mexico. Le silence de plus de trois mois dans la chronologie ne doit pas être transformé en tournées cachées ou en nouveaux concerts à partir d’une vidéo publiée plus tard. Novembre constitue une deuxième séquence clairement identifiable.

21. Onze dates de novembre : du Mexique au Nordeste brésilien

Le troisième tableau rassemble onze concerts du 1er au 20 novembre : un au Mexique, un au Chili, deux en Argentine et sept au Brésil. Les villes et les salles se suivent selon les archives de 2011 ; le voyage doit être décrit à son échelle continentale et non comme une répétition de l’itinéraire européen. L’entrée de Mark Rivera sur scène caractérise cette série.

Date Salle et ville Documentation
1 novembre Auditorio Nacional, Mexico, Mexique Fiche du concert
4 novembre Movistar Arena, Santiago, Chili Fiche du concert
7 novembre Estadio Luna Park, Buenos Aires, Argentine Fiche du concert
8 novembre Estadio Luna Park, Buenos Aires, Argentine Fiche du concert
10 novembre Gigantinho, Porto Alegre, Brésil Fiche du concert
12 novembre Credicard Hall, São Paulo, Brésil Fiche du concert
13 novembre Credicard Hall, São Paulo, Brésil Fiche du concert
15 novembre Citibank Hall, Rio de Janeiro, Brésil Fiche du concert
16 novembre Chevrolet Hall, Belo Horizonte, Brésil Fiche du concert
18 novembre Centro de Convenções Ulysses Guimarães, Brasília, Brésil Fiche du concert
20 novembre Chevrolet Hall, Olinda, Brésil Fiche du concert

22. Mexico, 1er novembre : premier concert mexicain, huit artistes sur scène

Le 1er novembre 2011, Ringo donne un concert au Auditorio Nacional de Mexico. Une dépêche de septembre, reprise par El Siglo de Durango, avait décrit l’ouverture de la billetterie et l’engouement initial. Mais la confirmation du concert et des personnes présentes est apportée par la presse locale des jours suivants : La Jornada du 3 novembre cite nommément Wally Palmar, Rick Derringer, Edgar Winter, Gary Wright, Richard Page, Mark Rivera et Gregg Bissonette autour de Ringo.

Le document est décisif pour le statut de Mark Rivera. Celui-ci avait assuré la coordination musicale de la formation, mais il figure ici comme interprète sur scène, au saxophone et aux percussions. En novembre, l’équipe visible compte donc huit musiciens, sans devenir une nouvelle « douzième formation ». L’entrée de Rivera prépare simplement l’effectif du groupe renouvelé l’année suivante.

Le spectacle mexicain confirme aussi la circulation des chansons entre les huit artistes : Frankenstein met Winter à l’avant, les classiques des Romantics ou de Mr. Mister déplacent le centre d’attention, puis Ringo récupère la scène pour les titres des Beatles et les hymnes collectifs. Il ne faut pas confondre cette première venue au Mexique avec les dates mexicaines de la nouvelle formation de 2013.

23. Santiago, 4 novembre : le sous-marin jaune dans la salle

La tournée arrive au Movistar Arena de Santiago du Chili le 4 novembre. Dans un reportage de Karina Mondaca cité et recoupé dans l’index principal, les accessoires de la foule — ballons jaunes, sous-marin cartonné — accompagnent Yellow Submarine. La journaliste décrit également le solo instrumental « Frankenstein » d’Edgar Winter pendant un passage où Ringo quitte la scène, puis son retour devant un public enthousiaste.

Le texte nomme Mark Rivera parmi les musiciens, confirmant qu’il ne s’agit pas d’une simple assistance technique en coulisses. La liste de chansons que Mondaca publie compte vingt-deux entrées et n’inclut pas Peace Dream. On ne peut déduire de cette absence, à elle seule, que le titre ait été définitivement abandonné pendant toute la tournée sud-américaine, mais elle montre l’importance de travailler à l’échelle de la soirée.

Les composantes de la mise en scène demeurent reconnaissables : deux batteries, plusieurs chanteurs en alternance, la chanson-souvenir de Liverpool, les succès pop-rock et le rappel collectif. À cette latitude, le sens de Yellow Submarine réside autant dans la participation de la salle que dans la chanson enregistrée par les Beatles près d’un demi-siècle auparavant.

24. Buenos Aires, 7 et 8 novembre : deux concerts et un regard critique

Ringo arrive au Luna Park de Buenos Aires pour deux soirées consécutives, les 7 et 8 novembre. La date du 7 novembre représente un événement historique pour les admirateurs argentins : c’est la première présence de Ringo sur une scène du pays. Les deux spectacles doivent rester des lignes distinctes et possèdent chacun leur fiche, même si les programmes ont une ossature semblable.

Cristian Vitale, dans Página/12, le 9 novembre, accueille l’ancien Beatle avec émotion mais juge le spectacle inégal lorsque les musiciens prennent successivement le premier rôle. Il valorise certains passages plus incisifs et se montre moins convaincu par la part synth-pop. Il donne également une estimation d’environ 7 000 personnes, une durée voisine de deux heures et la liste de huit interprètes, dont Rivera. Ce sont ses chiffres de reportage, pas des états de billetterie certifiés.

Le critique nomme aussi une première partie, Fernando Blanco, ce qui illustre le rôle du contexte local. La chronique parue après les deux soirées ne doit pas être reproduite comme la preuve que chaque concert contenait exactement tous les mêmes gestes, paroles et chansons. Elle aide à comprendre la réception et la composition générale, puis les fiches individuelles permettent de repérer les détails propres aux 7 et 8 novembre.

25. Sept concerts brésiliens : un itinéraire précisément daté

Le Brésil reçoit sept représentations en six villes : Porto Alegre le 10 novembre, São Paulo les 12 et 13, Rio de Janeiro le 15, Belo Horizonte le 16, Brasília le 18 et Olinda le 20. L’étape d’Olinda est souvent commercialisée ou racontée comme celle de Recife ; la fiche précise le Chevrolet Hall d’Olinda, dans l’agglomération recifense. Cette nuance géographique évite de créer deux concerts pour la fin du voyage.

Un article de Globo daté du samedi 12 novembre confirme l’existence des deux concerts paulistes et décrit l’ordre des villes. Le reportage photographique et musical de Fernando R. R. Júnior porte bien sur la première soirée, le 12. On ne peut appliquer automatiquement ses détails à celle du 13.

Parmi les éléments de scène décrits, Ringo chante Choose Love depuis la batterie et des éléments de percussion sont installés à l’avant pour The Other Side of Liverpool ; Palmar joue de l’harmonica sur What I Like About You. Le récit montre aussi Rivera dans l’équipe. Ce sont des preuves sur l’arrangement vécu par les spectateurs, plus spécifiques qu’une simple liste de musiciens tirée du programme de la tournée.

26. Brasília, le 18 novembre : foule, ballons et presse locale

Pour Brasília le 18 novembre, le journaliste Breno Fortes publie dans le Correio Braziliense un compte rendu daté du 19. Il évoque environ 2 800 spectateurs au Centro de Convenções Ulysses Guimarães et raconte comment une jeune spectatrice distribue 150 ballons jaunes en prévision de Yellow Submarine. Ces nombres sont des données rapportées par le journaliste, non des chiffres de billetterie que notre enquête aurait personnellement contrôlés.

Le reportage situe également le départ de Ringo de Brasília le samedi 19, en direction de Recife pour la dernière étape du lendemain. Cette précision recoupe la fin de l’itinéraire : Olinda le dimanche 20 novembre. Les dates d’un déplacement ne doivent pas être ajoutées au compteur des concerts ; elles servent ici à vérifier la continuité géographique.

D’autres comptes rendus locaux font apparaître les particularités de Porto Alegre, où la formation Dingo Bells assure une première partie, de Belo Horizonte, où des musiciens brésiliens viennent assister au spectacle, et du deuxième São Paulo, présenté avec un agencement différent de celui de la veille. Raconter ces nuances aide à éviter le montage d’un unique concert idéal à partir de trente-neuf témoignages différents.

27. Des chansons de Y Not aux succès des partenaires : le programme évolue

La mécanique de la soirée reste identifiable dans les trois segments de 2011. Ringo ouvre souvent avec « It Don’t Come Easy » et « Honey Don’t », puis se répartit avec ses partenaires les chansons des Beatles, ses propres succès et ses titres récents. « The Other Side of Liverpool » et « Peace Dream » rattachent l’été européen à Y Not ; « Choose Love » rappelle le disque de 2005. Les grands repères solo demeurent Back Off Boogaloo et Photograph.

Les partenaires ont leurs deux moments de mise en avant : Derringer sur My Girl Sloopy et Rock and Roll, Hoochie Koo, Edgar Winter sur Free Ride et l’instrumental Frankenstein, Wally Palmar sur Talking in Your Sleep et What I Like About You, Gary Wright sur Dream Weaver et Love Is Alive, Richard Page sur Kyrie et Broken Wings. Au lieu de singer les disques d’origine, l’équipe combine ses deux batteries, les guitares, les claviers et les chœurs disponibles.

La différence entre programme européen courant, version raccourcie de Bospop et relevés de novembre doit rester apparente. Les fiches de Santiago et de certaines dates brésiliennes n’inscrivent plus Peace Dream, tandis que des listes contributives le conservent à Mexico. L’absence d’une chanson dans un article ne signifie pas toujours qu’elle n’a pas été jouée ; quand les sources ne concordent pas, l’enquête indique la limite au lieu de trancher arbitrairement.

28. Sources, limites du corpus et transition vers la formation de 2012

Les 39 fiches publiées constituent l’ossature de cette chronologie : 17 en juin, 11 en juillet et 11 en novembre. Elles sont liées dans les trois tableaux de cette étude. Nous les avons rapprochées d’un dossier d’annonces de 2011, d’articles de presse locale et d’observations directes. Les chiffres d’affluence sont conservés comme estimations attribuées quand une rédaction les rapporte ; les programmes participatifs ne sont pas présentés comme des procès-verbaux musicaux.

Le bilan historique est net. L’année 2011 représente la dernière tournée de la onzième formation, autour de Ringo, Palmar, Derringer, Winter, Wright, Page et Bissonette, avec Rivera sur scène à l’automne. Elle démontre la capacité du concept All-Starr à fonctionner dans les salles européennes comme devant les publics latino-américains, mais aussi ses limites pour les spectateurs qui souhaiteraient entendre Ringo en soliste pendant toute la soirée.

À partir de 2012, les arrivées de Steve Lukather, Gregg Rolie et Todd Rundgren et le retour de Rivera dans une autre équipe donnent au spectacle une couleur nouvelle. Cette étape est étudiée dans notre chapitre annuel 2012.

Documents et témoignages de référence

Les setlists collaboratives sont employées comme instruments de comparaison. Les inventaires de films et d’enregistrements amateurs renseignent des sources potentielles sans signifier qu’elles ont été visionnées ou écoutées intégralement pour cette étude. C’est la condition pour distinguer une histoire musicale documentée d’un calendrier qui aurait simplement été recopié.

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