Ringo Starr et His All-Starr Band — étude discographique Extended Versions (2003)

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Sommaire

Ringo Starr et le All-Starr Band en 2012 : vingt-huit fiches, un nouveau groupe et le concert du Ryman

2012 est l’année où une nouvelle équipe apprend à faire sonner ensemble les chansons des Beatles, de Toto, Santana, Mr. Mister et Todd Rundgren. Du 14 juin au 21 juillet, les archives de Yellow-Sub.net recensent 28 étapes liées, contre 26 dans une chronologie rétrospective fréquemment citée. Cette enquête, articulée en 23 sections, confronte les annonces aux témoignages, établit la composition exacte de la formation avec Mark Rivera, analyse le concert anniversaire des 72 ans de Ringo filmé au Ryman Auditorium et documente les problèmes de dates de Beaver Creek, Temecula et San Diego. Notre principe est simple : distinguer ce qui fut annoncé, ce qui est observé et ce que les archives laissent encore incertain.

Repères 2012 : 28 fiches de dates (2 au Canada et 26 aux États-Unis) · 26 dans certaines chronologies synthétiques · 7 musiciens, avec Mark Rivera · première série du nouveau groupe · 7 juillet au Ryman filmé officiellement · San Diego documenté le 20 juillet · Temecula : archives fragmentaires, statut documenté avec réserve.
Sommaire de cette étude (23 sections)

1. Une tournée fondatrice : vingt-huit fiches pour l’été 2012

Entre le 14 juin et le 21 juillet 2012, Ringo Starr présente la première tournée de la formation qui restera, avec un changement de saxophoniste, au cœur de son activité scénique jusqu’en 2017. Le dossier de Yellow-Sub.net documente 28 étapes datées — deux au Canada, vingt-six aux États-Unis — et renvoie ci-dessous à chacune des fiches de concert. Ce chiffre est celui de notre index de terrain, non un total universellement admis : la chronologie rétrospective de The Beatles Bible en répertorie 26 pour cette année.

L’écart ne se résout pas en recopiant l’un des deux calendriers. Les notices de Beaver Creek, le 10 juillet, et de Temecula, le 19 juillet, figurent dans notre corpus mais manquent à la liste de 26. Inversement, celle-ci situe Humphreys à San Diego le 19 juillet, alors que plusieurs documents contemporains et photographies rattachent la prestation au vendredi 20 juillet. Le lecteur trouvera un examen de ces trois cas dans les sections 15 à 17.

L’enjeu est musical autant que comptable. Cette tournée inaugure l’association de Steve Lukather et Gregg Rolie avec Ringo, donne une place essentielle à la double batterie Ringo–Gregg Bissonette et réunit, pour deux étés, le saxophoniste Mark Rivera. La soirée du 7 juillet au Ryman Auditorium, filmée officiellement, offre un point d’écoute exceptionnel pour mesurer le résultat de ces premières semaines.

2. Ce qui constitue une date : sources, annonces et concerts

Nous distinguons quatre niveaux de preuve : l’annonce de salle atteste une programmation, le programme ou la billetterie une mise en vente, la photographie légendée ou la chronique locale une représentation observée, et la captation identifiée des chansons effectivement entendues. Une liste contributive ou une page de fan peut guider les recherches, mais elle n’a pas à elle seule la valeur d’un reportage ou d’un document de l’organisateur.

Le communiqué relayé par Modern Drummer en février 2012 est un point de départ, non une version figée. Les destinations publiées ensuite évoluent, et des dates s’y ajoutent. Les fiches de Yellow-Sub.net gardent la trace des différences, notamment lorsque des films amateurs fragmentaires complètent la presse.

Autre difficulté : l’annonce de 2012 présente les musiciens comme le « 13th All Starr Band », tandis que la nomenclature historique ordinairement utilisée pour le groupe de 2012 à 2017 est « douzième formation ». Il ne faut pas y voir deux orchestres successifs durant le même été : c’est un désaccord de numérotation entre sources, que nous signalons sans l’effacer. Enfin, la conférence de presse du 13 juin à Niagara, avec quelques démonstrations musicales, ne devient pas un vingt-neuvième concert par simple assimilation.

3. Sept personnalités, une nouvelle architecture de groupe

Ringo Starr tient le chant, la batterie et les percussions ; il peut aussi quitter momentanément son kit pour s’avancer au micro. À ses côtés, Gregg Bissonette assure la seconde batterie, les percussions et les chœurs. Ce dispositif laisse Ringo libre de chanter ses titres au devant de la scène, sans rompre la pulsation. Steve Lukather, guitariste et chanteur de Toto, arrive avec une maîtrise des parties électriques et du répertoire Rosanna, Africa ou Hold the Line.

Gregg Rolie apporte l’orgue, les claviers et la voix de plusieurs classiques de Santana et Journey : Evil Ways, Black Magic Woman ou Everybody’s Everything. Todd Rundgren occupe le chant et la guitare, mais passe d’un instrument à l’autre selon les arrangements ; c’est un habitué du concept All-Starr, tout comme Mark Rivera, saxophoniste, claviériste, percussionniste, chanteur et musicien associé depuis longtemps à Billy Joel. Richard Page, la voix de Mr. Mister, est aussi le bassiste qui soutient les autres solistes.

Cette distribution est précise : Warren Ham n’est pas membre du groupe sur les dates de 2012. Il rejoindra le dispositif à la place de Mark Rivera en 2014. Les fiches généralistes couvrant « 2012–2017 » mélangent parfois les crédits de différentes saisons. Notre enquête complémentaire « Mark Rivera et Warren Ham : deux périodes » aide à séparer les deux états de la même équipe.

4. Avant le départ : deux semaines pour apprendre à jouer ensemble

La tournée commence bien avant la première note entendue par le public. Le communiqué de Fallsview Casino Resorts annonce environ deux semaines de répétitions dans la région de Niagara avant les premiers concerts. Les musiciens doivent conjuguer des arrangements pensés par des groupes très différents : la basse mélodique de Mr. Mister, les guitares de Toto, les orgues latins de Santana, l’écriture de Rundgren et les chansons des Beatles.

Dans un entretien avec Reggie Boyle du 5 mai 2012, déjà recensé dans notre chronologie 2012–2017, Lukather explique préparer les parties en amont : les dix à douze jours de répétition ne doivent pas être perdus à découvrir les chansons. Il rappelle aussi que Ringo choisit le programme, et que Page peut soutenir certaines parties vocales aiguës de Toto. Ces détails disent mieux que la simple liste des noms comment la troupe se construit.

Le 13 juin, les journalistes rencontrent Ringo et ses partenaires dans les installations de Fallsview. Il existe des enregistrements de cette rencontre ; ce n’est pas une représentation publique de la tournée. L’ouverture scénique se déroule le lendemain, jeudi 14 juin, suivie d’une deuxième soirée le vendredi 15 juin, au théâtre Avalon du complexe. L’annonce différenciait même les heures : 20 h 30 le premier soir et 21 h le second.

5. Le disque Ringo 2012 et le retour de « Wings »

L’année ne commence pas avec les concerts. Ringo publie l’album studio Ringo 2012 en janvier, poursuivant le travail personnel déjà visible sur Y Not en 2010. Sur scène, le lien n’est pas une présentation intégrale du disque : quelques titres servent de passerelle entre l’actualité de Ringo et l’histoire de son répertoire. « Wings », chanson apparue initialement sur Ringo the 4th en 1977, est alors ravivée par une nouvelle version studio et devient un marqueur de l’ouverture des concerts.

Le titre « Anthem » prend un autre sens face à un public qui attend surtout Photograph, It Don’t Come Easy et les classiques chantés avec les Beatles. La carrière solo n’est pas effacée par la nostalgie : elle se trouve juxtaposée aux morceaux plus anciens, sans qu’il soit nécessaire de faire croire que toute chanson enregistrée en 2012 a été jouée chaque soir.

Cette combinaison permet à Ringo de rester à la fois le chef d’orchestre et l’un des chanteurs de la soirée. Pour les spectateurs, ce n’est ni une imitation des Beatles ni une tournée de Toto, Santana ou Mr. Mister : c’est la rencontre de ces répertoires sous une même direction. Les entretiens et les critiques contemporaines insistent sur ce partage de la vedette, principe fondateur du All-Starr Band depuis 1989.

6. Les treize premières fiches : du Canada à la Floride

Voici les treize étapes du 14 au 30 juin répertoriées dans le dossier. Chaque date ouvre la fiche détaillée du concert, utile pour les programmes, la presse et les éventuelles archives audiovisuelles. La table ne doit pas être confondue avec un relevé uniforme de vingt-cinq chansons par soir : les sources disponibles ne permettent pas ce degré de détail partout.

Date Salle, ville et région Dossier
14 juin Fallsview Casino, Niagara Falls, Ontario, Canada Fiche du concert
15 juin Fallsview Casino, Niagara Falls, Ontario, Canada Fiche du concert
16 juin Bethel Woods Center for the Arts, Bethel, État de New York, États-Unis Fiche du concert
17 juin Mohegan Sun, Uncasville, Connecticut, États-Unis Fiche du concert
19 juin Bank of America Pavilion, Boston, Massachusetts, États-Unis Fiche du concert
20 juin American Music Theatre, Lancaster, Pennsylvanie, États-Unis Fiche du concert
22 juin Jones Beach Amphitheatre, Wantagh, État de New York, États-Unis Fiche du concert
23 juin Caesars, Atlantic City, New Jersey, États-Unis Fiche du concert
24 juin Meyerhoff Symphony Hall, Baltimore, Maryland, États-Unis Fiche du concert
26 juin State Theatre, Easton, Pennsylvanie, États-Unis Fiche du concert
27 juin Mayo Performing Arts Center, Morristown, New Jersey, États-Unis Fiche du concert
29 juin St. Augustine Amphitheatre, Saint Augustine, Floride, États-Unis Fiche du concert
30 juin Hard Rock Live, Hollywood, Floride, États-Unis Fiche du concert

7. Fallsview, Bethel et le retour vers le Nord-Est

La double ouverture canadienne mérite de rester deux événements distincts. L’Avalon Theatre de Fallsview Casino, Niagara Falls, accueille Ringo les 14 et 15 juin, après les répétitions locales. La proximité avec les équipes techniques et le lieu du travail préparatoire explique le choix de Niagara comme point de lancement : ce n’est pas une tournée canadienne au long cours, mais deux représentations avant vingt-six étapes américaines dans le calendrier des fiches.

Le 16 juin, la troupe passe à Bethel Woods, sur le site historique de Woodstock, puis rejoint Mohegan Sun le 17, Boston le 19 et Lancaster le 20. Des salles de concert habituées aux répertoires populaires alternent avec des casinos et des amphithéâtres. Cette géographie illustre la souplesse commerciale d’un spectacle qui réunit l’ancienne Beatlemania et plusieurs générations du rock nord-américain.

Le nom de certaines salles a changé depuis 2012. Nous les désignons selon leur appellation au moment de l’événement : Bank of America Pavilion, Jones Beach Amphitheatre ou American Music Theatre. Les changements de marque ultérieurs ne doivent pas déplacer les concerts dans l’espace ni en modifier la date.

8. Une dizaine d’étapes resserrées : New York, New Jersey, Pennsylvanie

Après Lancaster, le programme traverse Jones Beach le 22 juin, Atlantic City le 23, Baltimore le 24, Easton le 26 et Morristown le 27. Au-delà de la densité des dates, ce parcours du nord-est révèle un choix de production : le groupe peut se produire dans une succession de lieux aux configurations diverses sans déplacer un immense spectacle scénique.

Ce cycle correspond aussi à l’apprentissage réel de l’équipe. Une chanson maîtrisée en répétition doit ensuite fonctionner chaque soir devant une acoustique différente et un public qui ne réagit pas toujours de la même façon aux mêmes succès. Dans les entretiens datés de la fin juin, Ringo juge que le groupe progresse au fil des représentations ; il faut prendre cette appréciation pour ce qu’elle est, une observation de musicien pendant la tournée, et non une promesse de concerts futurs déjà évalués.

La présence de Mark Rivera rend les transitions plus souples : claviers, saxophone, percussions et chœurs évitent aux guitaristes et au bassiste de devoir reproduire seuls tous les timbres originaux. C’est l’une des raisons pour lesquelles les morceaux de Santana ou Toto ne deviennent pas de simples versions réduites à deux guitares et une batterie.

9. Cinq familles de chansons sur une même affiche

La clé du spectacle est l’alternance. Les classiques des Beatles chantés par Ringo — « Boys », « Don’t Pass Me By », « Yellow Submarine », « I Wanna Be Your Man », parfois « Honey Don’t » ou « Matchbox » — dialoguent avec ses titres solo, dont « It Don’t Come Easy » et « Photograph ». La conclusion se construit autour de « With a Little Help from My Friends » et de la coda collective « Give Peace a Chance ».

Du côté des partenaires, Lukather dirige notamment Rosanna et Africa ; Rolie fait revivre Evil Ways et Black Magic Woman, parfois relié à Gypsy Queen ; Rundgren amène I Saw the Light, Bang the Drum All Day et, selon les versions du programme, Love Is the Answer ; Page chante Kyrie et Broken Wings, ainsi que le titre personnel You Are Mine. Les intitulés publicitaires ne doivent pas être copiés comme un déroulé vérifié de chaque concert.

La critique du concert de West Valley City par David Burger décrit précisément cette logique : Africa, Rosanna, Kyrie, Broken Wings et I Saw the Light se succèdent dans un ensemble d’environ vingt-cinq morceaux. C’est un témoignage pour le 11 juillet, pas une setlist automatiquement applicable à Bethel, à Nashville ou à Los Angeles.

10. Deux batteries : une conversation plus qu’un effet de scène

Sur plusieurs photographies de l’été, les deux kits voisins, légèrement surélevés, dominent l’arrière de la scène. Gregg Bissonette prend en charge une partie de la mécanique rythmique pendant que Ringo chante ; celui-ci revient au kit pour partager les appuis, les breaks et le tempo. L’image est spectaculaire, mais l’intérêt est dans les détails que les deux batteurs doivent se répartir pour ne pas se gêner.

Interrogé par Marshall Ward pendant la tournée, Bissonette explique avoir discuté avec Ringo des changements de motif et des fins de chanson ; il cite le travail sur « I Saw the Light », où les sections réclament des rythmes différents. La force du dispositif tient à une écoute réciproque plutôt qu’à une démonstration de vitesse. Le groupe peut alors passer de l’orgue de Santana au refrain synthétique de Mr. Mister sans changer de section rythmique.

David Burger note à West Valley City que certains titres conduisent jusqu’à quatre membres à jouer des percussions simultanément. Ce constat de concert ne signifie pas qu’il y a quatre batteries installées, mais que les rôles se multiplient autour des chansons, de Bang the Drum All Day à Broken Wings. La sensation de groupe provient aussi de ces arrangements collectifs.

11. De Saint Augustine à Atlanta : la tournée descend vers le Sud

Le 29 juin, la tournée arrive au St. Augustine Amphitheatre, en Floride. Elle poursuit son trajet avec Hard Rock Live, à Hollywood, le 30 juin, puis Ruth Eckerd Hall, à Clearwater, le 1er juillet. Les dates suivantes se déploient vers l’Alabama : Tuscaloosa le 3 et Orange Beach le 4, avant le Fox Theatre d’Atlanta le 6. Au fil des changements de capacité et de public, le même groupe joue ses succès dans des conditions très diverses.

Les sources audiovisuelles du Sud montrent l’importance de cette distinction entre images de contexte et traces de musique. Une vidéo de l’arrivée de Ringo au concert de Saint Augustine ne documente pas le programme musical du soir. À Atlanta, une notice d’archive signale un film amateur d’environ 135 minutes, mais avertit qu’une chanson manque : la durée affichée n’autorise donc pas à qualifier la captation d’intégrale.

À Clearwater, une référence de fichier comporte le bloc numérique « 20120702 » alors que sa notice interne date le film du 1er juillet. Nous conservons la date de la fiche, sans prendre ce numéro de fichier pour une preuve suffisante de représentation supplémentaire le lendemain.

12. Hollywood, le 30 juin : une critique moins consensuelle

Le compte rendu de Rich Abdill, publié le 2 juillet dans le Broward-Palm Beach New Times, revient sur la soirée du 30 juin au Hard Rock Live d’Hollywood, Floride. La précision est indispensable : il ne s’agit ni du Hard Rock de Los Angeles ni de Hollywood au sens de l’industrie du cinéma.

Son jugement n’est pas un simple panégyrique. Il estime que plusieurs interventions des musiciens invités apportent plus de relief que certains passages du répertoire de Ringo. Ce point de vue éclaire une tension constitutive du concept : vient-on voir avant tout l’ancien Beatle, ou les artistes qu’il accueille et qui peuvent à leur tour capter l’attention ? La soirée autorise les deux lectures, et l’histoire du All-Starr Band serait appauvrie si l’on gommait les réserves des critiques.

On doit aussi éviter l’inverse : déduire d’un article défavorable que la tournée entière aurait été accueillie froidement. Les chroniques de l’Utah et de l’État de Washington témoignent d’autres réactions, avec une admiration affirmée pour la cohésion du groupe. L’intérêt de l’enquête réside dans cette pluralité d’observations localisées.

13. Nashville, 7 juillet : soixante-douze ans et une soirée filmée

Le 7 juillet 2012, Ringo fête ses 72 ans sur la scène du Ryman Auditorium de Nashville. Le concert acquiert un statut particulier parce qu’il fait l’objet d’une captation officielle, publiée l’année suivante sous le titre Ringo at the Ryman. La boutique officielle de Ringo confirme expressément la date du tournage et identifie les six autres musiciens de la tournée. L’édition numérique du programme est signalée en 2013 et dure environ deux heures.

Au-delà des titres des Beatles, de Toto, Santana, Rundgren et Mr. Mister, la soirée accueille Joe Walsh pour « Rocky Mountain Way ». Le final With a Little Help from My Friends rassemble notamment Lucy Walsh, Brendan Benson, Kix Brooks, Gary Burr, Vince Gill, Brad Paisley, Felix Cavaliere et Richard Marx. Les deux derniers ont eux-mêmes une histoire avec les formations précédentes de Ringo : il ne faut toutefois pas les ajouter à la distribution permanente de 2012.

Le film constitue un témoin précieux de la complicité du groupe, mais il est un objet éditorial monté. Une chanson absente du DVD n’est pas forcément absente de la soirée, et un chapitre du DVD n’équivaut pas toujours à une entrée identique dans une setlist contributive. La date de tournage et la date de sortie de la vidéo ne doivent jamais créer deux concerts distincts dans le tableau.

14. Hammond, le 8 juillet : les limites des témoignages de spectateurs

Le lendemain de Nashville, Ringo se produit au Horseshoe Casino de Hammond, dans l’Indiana. La proximité immédiate du concert anniversaire pourrait pousser à rechercher les mêmes invités sur scène. Rien ne justifie une telle extrapolation : un programme exceptionnel, pensé pour le Ryman et ses caméras, ne se transporte pas automatiquement à Hammond.

Les témoignages de spectateurs réunis autour de cette date ne sont pas unanimes sur le son. Des commentaires publiés le 10 juillet sur Ticketmaster décrivent, d’un côté, une grosse caisse et une basse trop présentes, de l’autre, un mixage perçu comme équilibré. Il s’agit d’expériences subjectives différentes, parfois liées à l’emplacement dans la salle. L’historien ne saurait trancher l’acoustique de tout le concert à partir d’un avis isolé.

Ce type de matériau est utile pour comprendre la réception, mais il ne remplace ni les crédits des musiciens ni les observations d’un journaliste nommé. Dans les fiches associées, le lecteur retrouvera les sources date par date ; les estimations et jugements sont attribués à leurs auteurs.

15. Les quinze fiches de juillet : des Rocheuses au Pacifique

Le second tableau rassemble les quinze dates du 1er au 21 juillet. Il intègre Beaver Creek et Temecula, présents dans le calendrier documentaire de Yellow-Sub.net mais absents du total de 26 de certaines synthèses. Leur inclusion permet au lecteur d’accéder aux notices et d’évaluer les éléments disponibles, au lieu de faire disparaître les étapes contestées d’un simple trait de plume.

Date Salle, ville et région Dossier
1 juillet Ruth Eckerd Hall, Clearwater, Floride, États-Unis Fiche du concert
3 juillet Tuscaloosa Amphitheater, Tuscaloosa, Alabama, États-Unis Fiche du concert
4 juillet The Wharf, Orange Beach, Alabama, États-Unis Fiche du concert
6 juillet Fox Theatre, Atlanta, Géorgie, États-Unis Fiche du concert
7 juillet Ryman Auditorium, Nashville, Tennessee, États-Unis Fiche du concert
8 juillet Horseshoe Casino, Hammond, Indiana, États-Unis Fiche du concert
10 juillet Vilar Performing Arts Center, Beaver Creek, Colorado, États-Unis Fiche du concert
11 juillet USANA Amphitheatre, West Valley City, Utah, États-Unis Fiche du concert
13 juillet Northern Quest Casino, Spokane, État de Washington, États-Unis Fiche du concert
14 juillet Château Ste. Michelle Winery, Woodinville, État de Washington, États-Unis Fiche du concert
15 juillet Edgefield, Troutdale, Oregon, États-Unis Fiche du concert
17 juillet The Mountain Winery, Saratoga, Californie, États-Unis Fiche du concert
19 juillet Pechanga Casino, Temecula, Californie, États-Unis Fiche du concert
20 juillet Humphrey’s Concerts by the Bay, San Diego, Californie, États-Unis Fiche du concert
21 juillet Greek Theatre, Los Angeles, Californie, États-Unis Fiche du concert

16. Beaver Creek, le 10 juillet : le concert absent des listes courtes

Le 10 juillet, une étape est annoncée au Vilar Performing Arts Center de Beaver Creek, Colorado, entre Hammond le 8 et l’USANA Amphitheatre de l’Utah le 11. Le communiqué de programmation locale publié en mars 2012 identifie Ringo et ses partenaires parmi les événements du centre, précise le caractère particulier de la représentation et évoque la capacité d’environ 530 sièges de cette salle de montagne.

Cette source officielle de programmation rend la date indiscutablement annoncée. Elle ne démontre pas, à elle seule, le déroulement de chaque titre le 10 juillet. La fiche du site complète cette annonce par les références et notices d’archives disponibles. C’est la première des deux étapes absentes de la chronologie rétrospective à 26 dates.

On rencontre aussi dans certaines bases contributives un Beaver Creek daté du 21 juillet. Cette duplication entre en conflit avec les sources indépendantes qui placent le concert de clôture au Greek Theatre de Los Angeles ce même 21 juillet. Elle ne saurait servir à créer un spectacle supplémentaire ; la date pertinente dans notre tableau est le 10 juillet.

17. West Valley City, 11 juillet : une critique qui regarde les musiciens

Le 11 juillet 2012, le groupe monte sur la scène de l’USANA Amphitheatre de West Valley City, près de Salt Lake City. Contrairement à des annonces reprises d’un site à l’autre, la chronique de David Burger dans The Salt Lake Tribune, datée du 13 juillet, s’appuie sur un concert observé ; elle est accompagnée de photographies légendées du 11.

Le journaliste évoque une assistance relativement faible, mais apprécie le jeu des six partenaires de Ringo, leur capacité à raviver des succès familiers et la variété des interprètes principaux. Il s’attarde sur la manière dont Kyrie retrouve de l’énergie, sur l’orgue de Rolie et sur les interventions de Lukather, Rundgren et Page. Ses observations apportent une preuve concrète de la construction du spectacle, bien plus qu’une simple énumération de chansons.

La photographie de deux kits côte à côte, mais aussi de musiciens qui s’emparent de percussions pendant certains morceaux, précise l’organisation scénique. C’est également un rappel important pour les années suivantes : l’empreinte de Ringo tient à sa façon de faire fonctionner une équipe, et pas seulement au nombre de minutes pendant lesquelles il occupe le devant de la scène.

18. Spokane, Woodinville et Troutdale : une autre échelle de salles

À partir du 13 juillet, l’itinéraire remonte dans le Nord-Ouest : Northern Quest à Spokane, le Château Ste. Michelle à Woodinville le lendemain et Edgefield à Troutdale, Oregon, le 15. Les lieux racontent à eux seuls un changement d’environnement : casino, domaine viticole et scène extérieure installée dans un espace de loisirs, trois ambiances pour un même répertoire.

Dans son retour du 27 juillet, Bill Buley décrit la soirée de Northern Quest, sans première partie et avec un départ qu’il situe vers 19 heures ; il avance environ 4 000 spectateurs. Ce dernier nombre est une estimation journalistique, pas un relevé officiel de billetterie. Il situe néanmoins l’événement à une échelle bien différente du Vilar Center du Colorado.

Le 15 juillet à Edgefield, une chronique de la date signale de nouveau Joe Walsh pour Rocky Mountain Way. Son invitation n’est donc pas réservée au Ryman. Il reste un invité ponctuel, non un huitième musicien permanent de cette formation.

19. Temecula, 19 juillet : une fiche conservée, une certitude mesurée

La date du 19 juillet au Pechanga Casino de Temecula, Californie, est la plus délicate à établir de cette séquence. Elle figure dans l’index Yellow-Sub.net, avec une archive amateur annoncée comme fragmentaire, et dans plusieurs répertoires d’événements. Une seconde base reprend la même date ; des annonces locales proches de l’été la mentionnent également.

Ces éléments attestent un engagement documenté. Ils ne possèdent pas la même force qu’une chronique rédigée au lendemain de la représentation, telle que celle de Salt Lake City. Nous ne disposons pas ici d’un compte rendu de presse indépendant exposant le programme joué. La fiche est donc maintenue dans la série des 28 étapes répertoriées, avec cette limite expressément indiquée. Il serait excessif de lui attribuer mécaniquement la setlist du concert suivant.

Le problème est accentué par une erreur de voisinage : certaines chronologies donnent San Diego le 19, au lieu du 20. Une base qui omet Temecula tout en reculant Humphreys d’une journée peut donner l’apparence d’un itinéraire cohérent, mais elle efface la divergence au lieu de l’expliquer.

20. San Diego, 20 juillet : une date corrigée par les sources contemporaines

Pour Humphreys Concerts by the Bay, la date à retenir est le 20 juillet 2012. Dès le 21 mars, NBC San Diego annonçait le concert de Ringo pour cette journée ; The Log, le 15 juin, donnait la même date. Une chronique de sorties publiée le 20 juillet situe encore Ringo à Humphreys ce soir-là.

Surtout, des photographies et un compte rendu rétrospectif du San Diego Reader rattachent la représentation au 20 juillet. Cet ensemble, antérieur ou immédiatement postérieur à l’événement, prime sur la fiche rétrospective qui affiche le 19. Le jour erroné relève vraisemblablement de la reprise d’un itinéraire préparatoire ; c’est une inférence, non une correction attribuée à son éditeur.

La distinction est plus importante qu’une simple coquille : elle permet de conserver Temecula le 19 comme dossier distinct, sans attribuer deux salles au même concert. Elle explique aussi pourquoi la tournée finit deux jours plus tard à Los Angeles sans étape supplémentaire inventée.

21. Los Angeles, 21 juillet : la fête de fin de tournée

Le Greek Theatre de Los Angeles accueille la dernière date du parcours, le 21 juillet 2012. Après cinq semaines de déplacements, le show prend un air de réunion de famille. Des archives de cette soirée et les relevés contributifs mentionnent le retour de Joe Walsh pour Rocky Mountain Way et la participation de Peter Frampton au final With a Little Help from My Friends.

Une apparition d’invité et une chanson supplémentaire ne modifient ni la composition de la formation de Ringo ni le compteur des représentations. La catégorie correcte est ici « invités de la soirée ». Les noms de musiciens ayant appartenu à des All-Starr Bands antérieurs exigent également un contrôle : il serait facile de transformer le grand final en une hypothétique nouvelle formation à partir des seules présences sur scène.

Ce concert de clôture livre une perspective sur les premiers mois du collectif. Les deux nouveaux venus Lukather et Rolie ne sont plus des interprètes isolés de leurs anciens succès ; ils ont trouvé des passages, des réponses et une place dans un ensemble dirigé par Ringo. C’est ce modèle que le groupe reprendra lors des déplacements bien plus internationaux de 2013.

22. Films, photographies, articles : une archive à plusieurs vitesses

Le corpus de 2012 comprend des chroniques de presse, des annonces des salles, des entretiens, des photographies légendées, des programmes collaboratifs et des vidéos de durée variable. On trouve ainsi à Bethel la notice d’un film amateur annoncé comme complet, d’environ 135 minutes, tandis qu’à Atlanta une notice de durée semblable précise qu’une chanson manque. Il serait abusif d’en déduire que les deux films couvrent le même nombre de titres.

Les archives plus courtes ont leur place si leur fonction est correctement nommée : l’arrivée d’un artiste, une conférence de presse, un rappel, trois chansons ou un extrait d’ambiance ne documentent pas la totalité du concert. De même, une captation attribuée à une date ne prouve ni l’ordre de toutes les chansons ni l’existence d’un deuxième spectacle le lendemain. Cette prudence vaut particulièrement pour les notices de Temecula et Clearwater.

Le DVD officiel du Ryman occupe donc une catégorie à part : réalisation maîtrisée, son et images montés, sortie commerciale en 2013. Il est une source centrale sur les interprètes et les arrangements, mais pas un substitut automatique à des comptes rendus datés de chacun des autres concerts.

23. Bilan critique, références et passage à 2013

Notre bilan documentaire est de 28 fiches de dates du 14 juin au 21 juillet 2012, contre 26 lignes dans la chronologie rétrospective de The Beatles Bible. L’écart correspond aux étapes de Beaver Creek le 10 juillet et Temecula le 19 ; l’erreur de date concernant San Diego est corrigée au 20 juillet. Cette comparaison ne doit pas être détournée en une prétention à disposer de vingt-huit enregistrements complets : la quantité et la qualité des preuves varient selon les lieux.

Les repères les plus solides pour le travail de scène effectivement observé sont la critique et les photos du 11 juillet dans The Salt Lake Tribune, les chroniques de Hollywood et de Northern Quest, le dossier photographique et journalistique de San Diego et, naturellement, le film officiel du Ryman. Pour les engagements et préparatifs, les communiqués de Fallsview et du Vilar Center, ainsi que les interviews des musiciens, sont déterminants.

Au terme de cette année, le All-Starr Band n’a pas seulement effectué une tournée nord-américaine : il a mis au point une combinaison de voix, de répertoires et d’arrangements suffisamment stable pour franchir l’hémisphère l’année suivante. En 2013, cette équipe avec Mark Rivera ira jusqu’en Océanie, au Japon et en Amérique latine, où les méthodes de décompte et les annulations créeront d’autres défis pour les archives.

Sources de première main et lectures de contrôle

En tenant séparés faits constatés, programmes annoncés et hypothèses de chronologie, nous cherchons à rendre l’histoire musicale vérifiable par le lecteur. Les 28 fiches demeurent consultables, y compris lorsque les archives autorisent une conclusion plus réservée qu’une autre.

Poursuivre le dossier : ← 2011 : trente-neuf concerts, Europe et Amérique latine · index général 2012–2017 et fiches de concerts · 2013 : vingt-neuf prestations, cinq pays d’Amérique latine et Asunción annulé · index de toutes les tournées · Mark Rivera et Warren Ham, deux phases du groupe.

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