Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · CONCERTS 1973 · ÉTUDE DU RÉPERTOIRE

La setlist des Wings en 1973 : chansons, arrangements et évolution du British Tour

Comment cinq musiciens ont-ils fabriqué un spectacle à partir des chansons de Wild Life, Red Rose Speedway, des singles, du thème de James Bond et de leurs propres répertoires ? Étude des quinze pièces centrales, des contrastes instrumentaux et des dix-huit concerts confirmés entre le 11 mai et le 10 juillet 1973.

Cette étude distingue un programme de référence d’une setlist attestée individuellement. Elle ne reproduit jamais artificiellement le même concert dans dix-huit salles.

Sommaire

  1. Une tournée annoncée : le troisième apprentissage des Wings
  2. Les cinq musiciens : fonctions sans attribution automatique
  3. Un programme de référence, pas dix-huit setlists garanties
  4. Trois blocs musicaux : identité, variété, conclusion
  5. Le répertoire expliqué chanson par chanson
  6. La nouveauté du cinéma et les limites de l’orchestre de scène
  7. Le rôle des chansons de Denny Laine
  8. Hammersmith, mai 1973 : trois soirées à étudier séparément
  9. De mai à juillet : la pause et la dernière étape
  10. Itinéraire des concerts confirmés
  11. Les objets à comparer pour aller plus loin

Une tournée annoncée : le troisième apprentissage des Wings

Au printemps 1973, Wings n’est déjà plus ce groupe volontairement improvisé que l’on voit surgir dans les universités britanniques en février 1972. Le passage par l’Europe à l’été 1972 lui a offert des scènes beaucoup plus importantes, mais aussi la possibilité d’entendre ses propres limites et de stabiliser le jeu de ses cinq musiciens. La tournée britannique de 1973 ne doit pas être considérée comme une simple succession de concerts destinés à soutenir un album : elle est le moment où Paul, Linda, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell doivent transformer un catalogue récent en spectacle cohérent.

La tournée commence le 11 mai à Bristol et prend fin le 10 juillet à Newcastle, après une pause entre la dernière série de représentations londoniennes de mai et les quatre dates de juillet. Le programme est lié à Red Rose Speedway, mais comporte également des chansons de Wild Life, des singles de 1972, un morceau de cinéma encore nouveau et quelques pièces héritées de la carrière individuelle des musiciens. Il ne faut pas confondre l’annonce de dates avec leur réalisation : un concert annoncé le 22 mai à Newcastle est reporté et la représentation connue a lieu le 10 juillet.

Cette étude porte d’abord sur la logique de la setlist. Pour les informations de salle, les circonstances propres à chaque ville et les documents disponibles, les fiches individuelles sont accessibles dans l’itinéraire détaillé en bas de page.

Les cinq musiciens : fonctions sans attribution automatique

Paul McCartney assure l’essentiel du chant principal, la basse et, selon les œuvres, d’autres interventions instrumentales. Linda McCartney tient les claviers et contribue aux voix, avec la place distincte de Seaside Woman. Denny Laine apporte guitare, voix et ses chansons ; Henry McCullough fait entendre un jeu de guitare soliste moins démonstratif que narratif ; Denny Seiwell garantit une pulsation suffisamment souple pour passer du rock au reggae, de la ballade aux reprises.

Une liste de cinq noms n’est cependant pas une feuille de séance. Aucun instrument particulier ne doit être crédité sur une chanson précise simplement parce que le musicien le pratique ailleurs. Cette distinction, capitale dans les archives des Wings, devient plus importante encore lorsque l’on compare la scène de 1973 aux versions de studio ou au quintette reconstitué de 1975.

Un programme de référence, pas dix-huit setlists garanties

Les concerts de mai 1973 permettent de reconstituer une ossature répétée d’une ville à l’autre : entrée en matière électrique, nouveautés de Red Rose Speedway, chanson de Linda, intermèdes consacrés aux membres, ballade et rappel rock. La setlist du 11 mai à Bristol constitue un exemple particulièrement utile ; des relevés de la dernière soirée de Hammersmith confirment la permanence de nombreux titres, mais certains interludes et changements de place diffèrent selon les documents.

Il serait historiquement faux de recopier la même succession de quinze ou seize chansons pour tous les concerts en affirmant qu’elle est certaine. Dans ce dossier, chaque concert conserve sa propre liste lorsqu’elle est attestée ; à défaut, on décrit seulement le répertoire habituel de la tournée. Les répétitions, les introductions de scène et les improvisations ne sont pas toutes identifiées par les programmes imprimés.

Trois blocs musicaux : identité, variété, conclusion

Le premier bloc est construit sur la reconnaissance d’un son collectif. Soily et Big Barn Bed peuvent fonctionner comme une entrée presque continue : le public découvre d’abord une section rythmique, pas un montage d’extraits célèbres des Beatles. Le deuxième bloc recherche la variété : Wild Life, Seaside Woman, C Moon ou les incursions de Denny Laine rappellent que la formation entend exister au-delà du seul rôle de Paul.

Le dernier mouvement repose sur l’alternance de la nouveauté spectaculaire (Live and Let Die), de la chanson d’amour (My Love) et de la libération finale du rock (‘Hi, Hi, Hi’, ‘Long Tall Sally’). Un concert des Wings en 1973 peut ainsi être étudié comme une suite de contrastes soigneusement disposés, même si la réalisation demeure parfois approximative. C’est cette tension entre préparation et spontanéité qui fait sa valeur documentaire.

Le répertoire expliqué chanson par chanson

Les quinze entrées suivantes décrivent les fonctions dramaturgiques et historiques des principaux titres rencontrés dans la tournée. Elles renvoient aux notices musicales existantes lorsqu’une fiche autonome est identifiée dans l’encyclopédie.

Soily — Ouverture, répétition et fonction scénique

Un morceau de scène avant d’être un objet d’archive, Soily sert de rampe de lancement. Sa structure rythmique autorise les musiciens à entrer collectivement dans le spectacle sans rechercher un effet de nostalgie. Le titre sera associé bien plus tard à Wings Over America ; il ne faut pas prendre cette publication de 1976 pour une preuve de l’arrangement exact de chaque concert de 1973.

Big Barn Bed — Un nouveau disque présenté devant le public

L’ouverture énergique de Red Rose Speedway se transforme en démonstration de la volonté du groupe : ne plus se limiter à défendre les titres de Wild Life. La chanson combine une écriture mélodique immédiatement reconnaissable et une conduite instrumentale plus affirmée. Elle témoigne du répertoire au moment même où le deuxième album entre dans les magasins.

When the Night — Des nuances au milieu du rock

En 1973, la scène peut accueillir une chanson moins frénétique sans suspendre la tension dramatique de la soirée. When the Night offre des alternances de registres et des dialogues instrumentaux qui obligent le quintette à équilibrer le chant, l’accompagnement et les transitions ; c’est un test de cohésion plus qu’un simple extrait d’album.

Wild Life — La continuité avec les premiers Wings

Ce morceau de 1971 demeure un rappel de la première intention esthétique du groupe : jouer ensemble, parfois longuement, sans rechercher la perfection lisse des productions en studio. Le titre souligne aussi un problème de concertographie : durée et improvisations peuvent varier sans que les listes imprimées en donnent le détail.

Seaside Woman — Linda McCartney au premier plan

La présence d’une chanson de Linda au cœur du programme ne relève pas seulement de la répartition des tours de chant. Elle montre comment le groupe essaie de faire exister plusieurs signatures d’auteur et plusieurs identités vocales. Sa carrière discographique ultérieure sous le nom Suzy and the Red Stripes doit rester séparée de sa fonction scénique en 1973.

Little Woman Love — Les chansons courtes deviennent des articulations

Avec Little Woman Love, Wings utilise une composition légère et rapide comme un levier dramaturgique entre sections du concert. Le couplage fréquent avec C Moon permet d’observer l’art des transitions ; il n’implique pas que les deux pièces aient été enregistrées à l’origine comme un morceau unique.

C Moon — Le contretemps reggae adapté à la scène

Le balancement de C Moon met la section rythmique à l’épreuve autrement que les rocks d’ouverture. Sur scène, le jeu des voix et les changements de pulsation font de la chanson un laboratoire d’arrangement ; son statut de face du single Hi, Hi, Hi enrichit aussi l’architecture du répertoire.

Live and Let Die — La spectaculaire nouveauté de 1973

Écrite pour le cinéma de James Bond, la chanson impose une succession de contrastes : couplets retenus, explosions orchestrales et passages plus souples. La reproduire à cinq sur scène exige de traduire un dispositif de studio et de musique de film. Attention à la date : jouer le titre en mai ne prouve pas que le public disposait déjà du 45 tours dans les boutiques.

Maybe I’m Amazed — Un titre solo devient un classique des Wings

Issue de l’album McCartney de 1970, Maybe I’m Amazed a une carrière différente de celles des compositions écrites et publiées sous le nom Wings. L’interprétation du quintette montre précisément comment une œuvre solo peut être remodelée par un groupe, avant sa nouvelle célébrité grâce aux enregistrements de la tournée américaine de 1976.

My Love — Le solo de Henry McCullough et la ballade

La chanson offre un point d’observation privilégié du rôle de la guitare soliste. Henry McCullough apporte une sensibilité phrastique qui contraste avec les chansons les plus tendues du programme. Les prises en studio, les photographies et les souvenirs doivent être confrontés lorsqu’il s’agit d’identifier un solo précis plutôt que de supposer une interprétation identique soir après soir.

Go Now — Denny Laine ne se limite pas aux chœurs

Ce standard associé à sa période des Moody Blues devient, dans Wings, un lieu d’affirmation vocale pour Denny Laine. On distingue ici la chanson d’origine, le succès de son ancien groupe et l’arrangement de 1973, qui s’inscrit dans une autre formation et un autre contexte sonore.

Say You Don’t Mind — La préhistoire de l’auteur-compositeur Denny Laine

Son interprétation invite à sortir d’une vision où tous les titres des Wings émaneraient de Paul et Linda McCartney. Denny Laine possède une histoire de compositeur antérieure à 1971. L’intégration de cette chanson contribue à l’argument historique d’un groupe réunissant des trajectoires différentes.

The Mess — Une œuvre live, un single et plusieurs dates

Le morceau permet de distinguer trois choses : une composition régulièrement jouée, une prise enregistrée lors de la tournée européenne de 1972 et sa publication comme face B de My Love en 1973. Réunir ces niveaux dans une seule discographie sans signaler le décalage des dates conduirait à attribuer le mauvais concert au mauvais disque.

Hi, Hi, Hi — La puissance du rappel

La chanson rock, déjà connue du public comme 45 tours, constitue une conclusion naturelle : débit rapide, attaque tranchée et sens du refrain. Son histoire comporte aussi l’interdiction de diffusion sur la BBC, qui ne doit pas être confondue avec une interdiction générale de la chanter en concert.

Long Tall Sally — La filiation Little Richard au moment du rappel

Le recours à un classique de Little Richard réactive le langage d’origine du chanteur sans transformer Wings en groupe de reprises des Beatles. Pour la documentation des concerts, il faut distinguer les soirs où le titre est attesté des listes de référence qui reproduisent un programme habituel.

La nouveauté du cinéma et les limites de l’orchestre de scène

Live and Let Die mérite une attention particulière, car la réussite d’une chanson de film ne garantit nullement sa transposition en concert. Les arrangements enregistrés peuvent mobiliser des moyens de production qui excèdent les cinq musiciens disponibles sur scène. L’intérêt de la tournée tient donc moins à une reproduction littérale de la bande du film qu’à la capacité de la nouvelle formation à en faire un numéro de concert reconnaissable.

Il faut également résister au raccourci qui conduit à décrire rétrospectivement le son de mai 1973 à partir des gigantesques tournées de 1975–1976, où les Wings bénéficient d’un autre personnel et d’une section de cuivres. Le groupe entendu à Bristol ne peut pas être décrit comme le groupe de Wings Over America.

Le rôle des chansons de Denny Laine

Deux choix de répertoire résument le paradoxe des Wings : Go Now fait entendre Denny Laine interprète d’un succès antérieur au groupe ; Say You Don’t Mind rappelle son écriture personnelle. Ce sont des preuves d’une volonté de diversifier le spectacle. La place de ces pièces n’est pas une faveur accordée au guitariste : elle fait entendre une véritable seconde histoire du groupe, issue des formations britanniques des années 1960.

Une analyse rigoureuse doit cependant séparer les auteurs originaux, les premiers enregistrements et les reprises exécutées par Wings. Sans cette séparation, les ouvrages de référence risquent de présenter les œuvres de Denny Laine comme des compositions communes du groupe enregistrées en studio en 1973.

Hammersmith, mai 1973 : trois soirées à étudier séparément

Les concerts des 25, 26 et 27 mai au Hammersmith Odeon constituent un point culminant de la première partie de la tournée. Il est tentant de les fondre en un événement unique, puisqu’ils ont lieu dans la même salle, avec la même formation et le même programme général. Pourtant, un billet, un compte rendu de presse ou une bande identifiés comme appartenant au 26 mai ne prouvent rien, à eux seuls, sur une intervention du lendemain.

La notice de chaque soirée doit permettre d’enregistrer séparément heure, première partie lorsqu’elle est attestée, particularités du jeu, éventuelles prises, témoignages, photos, enregistrements privés et changements de répertoire. C’est pourquoi les trois fiches sont maintenues distinctes dans l’index des dates.

De mai à juillet : la pause et la dernière étape

La fin du mois de mai n’est pas la fin de l’histoire. Wings revient pour quatre représentations au début de juillet, de Sheffield à Newcastle. Cette discontinuité met en évidence la nécessité de considérer les séries de dates comme un itinéraire et non comme une tournée ininterrompue. Elle accompagne aussi une période d’intense activité musicale autour des singles et des projets qui vont déboucher sur Band on the Run.

Le concert de Newcastle du 10 juillet a une portée particulière : il ferme, dans les listes de représentations connues, la période scénique du quintette Paul–Linda–Denny Laine–Henry McCullough–Denny Seiwell. Les deux derniers musiciens quittent le groupe avant la campagne de Lagos, ce qui rend les bandes et les documents de 1973 essentiels pour comprendre le son de cette formation disparue.

Itinéraire des concerts confirmés

Les liens ci-dessous ouvrent les notices individuelles déjà présentes dans la concertographie, avec les informations de salle et les setlists conservées sous leur niveau de certitude. Le concert initialement prévu le 22 mai à Newcastle est traité séparément comme une date reportée et non comme une représentation supplémentaire.

11 mai 1973 — Bristol. Lire la fiche de ce concert.

12 mai 1973 — Oxford. Lire la fiche de ce concert.

13 mai 1973 — Cardiff. Lire la fiche de ce concert.

15 mai 1973 — Bournemouth. Lire la fiche de ce concert.

16 mai 1973 — Manchester. Lire la fiche de ce concert.

17 mai 1973 — Manchester. Lire la fiche de ce concert.

18 mai 1973 — Liverpool. Lire la fiche de ce concert.

19 mai 1973 — Leeds. Lire la fiche de ce concert.

21 mai 1973 — Preston. Lire la fiche de ce concert.

23 mai 1973 — Édimbourg. Lire la fiche de ce concert.

24 mai 1973 — Glasgow. Lire la fiche de ce concert.

25 mai 1973 — Londres. Lire la fiche de ce concert.

26 mai 1973 — Londres. Lire la fiche de ce concert.

27 mai 1973 — Londres. Lire la fiche de ce concert.

4 juillet 1973 — Sheffield. Lire la fiche de ce concert.

6 juillet 1973 — Birmingham. Lire la fiche de ce concert.

9 juillet 1973 — Leicester. Lire la fiche de ce concert.

10 juillet 1973 — Newcastle. Lire la fiche de ce concert.

Examiner la date reportée de Newcastle.

Juillet 1973 : la tournée reprend à Sheffield puis se referme à Newcastle

Après les trois concerts londoniens de mai, le British Tour continue avec Sheffield le 4 juillet, Birmingham le 6, Leicester le 9 et Newcastle le 10. Le calendrier officiel de McCartney confirme ces quatre représentations, qui demeurent jouées par le même quintette comprenant Henry McCullough et Denny Seiwell. Leur succession ne doit pas être traitée comme une suite homogène de concerts reproduisant sans nuance une unique setlist : les sources contemporaines rapportent des réactions de public et des incidents différents. Le projet encyclopédique conserve une page par représentation et relie chacune à la présente étude musicale, destinée à comprendre l’organisation générale du répertoire.

Leicester : un rappel de Long Tall Sally qui compte comme seconde exécution

Les témoignages relatifs au 9 juillet signalent une reprise de Long Tall Sally après une première interprétation, à la demande d’un public devenu particulièrement enthousiaste dans les derniers morceaux. Dans une setlist, cette répétition doit apparaître une deuxième fois si le relevé la documente, mais elle ne représente pas une nouvelle composition. Le titre existe dans le répertoire de Little Richard, a été joué par les Beatles et devient un rappel efficace des premiers Wings. La même prudence s’applique aux fragments chantés, aux introductions et aux interventions improvisées : leur présence peut enrichir le récit sans conduire à inventer un catalogue d’œuvres distinctes.

Leicester et Birmingham : le regard des critiques différencie deux soirées proches

Un article compare la soirée de Birmingham du vendredi 6 juillet, où les spectateurs réagissent rapidement et énergiquement, au concert de Leicester du lundi 9, où l’enthousiasme se manifeste surtout à la fin. Ces observations ne doivent pas être transformées en données chiffrées sur les ventes ou en jugement universel sur les deux villes. Elles montrent cependant que la réception d’un répertoire presque identique dépend aussi du public et du contexte de représentation. À Birmingham, When the Night et Live and Let Die retiennent notamment l’attention, tandis que Leicester offre un souvenir singulier autour de The Mess et des rappels.

Les bandes de 1972 ne sont pas les masters de la tournée de 1973

Une partie des œuvres du British Tour possède des prises antérieures à la tournée, notamment The Mess à La Haye en août 1972. Leur présence en concert l’année suivante ne signifie pas que le disque publié en 1973 a été capté à Birmingham ou à Newcastle. Le répertoire doit être étudié selon trois niveaux : composition et premier enregistrement, exécution à une date précise, puis éventuelle publication d’une bande de scène. Ce principe vaut également pour Big Barn Bed, dont l’histoire commence avant la formation de Wings, et pour Live and Let Die, lié à un projet cinématographique distinct du groupe. L’analyse conserve ainsi l’identité de chaque œuvre sans réduire toutes ses versions à un master unique.

Les objets à comparer pour aller plus loin

Une édition scientifique du British Tour devrait comparer les contrats de salle, les annonces dans la presse locale, les billets originaux, les bandes privées, les photographies datées et les feuilles de route. Le problème n’est pas seulement de confirmer les chansons : il faut savoir si un document correspond à la première ou à la seconde soirée dans une même ville, s’il s’agit d’une répétition ou d’un concert, et si le son a fait l’objet d’un montage postérieur.

Le répertoire renvoie enfin à trois temporalités à ne jamais écraser : la date de composition, celle de l’enregistrement d’un master et celle de la représentation. Une chanson jouée pendant la tournée ne devient pas automatiquement une prise publiée sur disque cette année-là. C’est cette séparation qui permettra d’enrichir durablement les notices, concert par concert.

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