Paul McCartney chez Amy Poehler : son premier souvenir, Monkberry Moon Delight, la reine et cinq framboises, tout ce qu’il a raconté dans Good Hang
Une heure et quart avec Paul McCartney. Mis en ligne le 13 octobre 2026, l’épisode de Good Hang, le podcast d’Amy Poehler, est l’un des entretiens les plus libres et les plus drôles que l’ex-Beatle ait donnés depuis longtemps. Il y raconte son premier souvenir, le jour de sa naissance dans un hôpital victorien de Liverpool, et l’usine où il a failli faire carrière. Il règle ses comptes, en riant, avec les films qui le font paraître plus petit que John Lennon. Il avoue qu’il n’ose pas appeler Bob Dylan, révèle le sens caché de Monkberry Moon Delight et détaille son petit-déjeuner, cinq framboises comprises. En ouverture, sa fille Stella McCartney imite la poule et pose deux questions à son père. Voici tout ce qu’il faut retenir de l’épisode, citations, contexte et vérifications à l’appui.
En bref
- L’épisode : “Paul McCartney Is Music”, mis en ligne le 13 octobre 2026 par The Ringer, sur Spotify et sur YouTube. Il dure environ 1 h 15.
- L’invitée surprise : Stella McCartney, interrogée quelques jours avant son défilé parisien, pose deux questions à son père : a-t-il déjà fumé du Monkberry Moon Delight, et quel est son premier souvenir ?
- Les révélations : Monkberry Moon Delight est en réalité un milk-shake imaginaire, né de la façon dont ses enfants prononçaient le mot milk. Son premier souvenir serait sa propre naissance aux forceps.
- Les confidences : l’usine de bobinage de 1961, la règle du “gamin de 17 ans” chez les Beatles, sa méthode d’écriture, sa relation actuelle avec John, George et Ringo, et sa rencontre avec Chrissie Hynde.
- Les piques : Nowhere Boy, puis les films de Sam Mendes, montrent un Paul plus petit que John. “Ce n’est pas vrai”, proteste-t-il.
- Les réponses éclair : la meilleure décennie, ce sont les années 1960. Son animal serait le cheval. Sa chanson préférée parmi les siennes est Here, There and Everywhere, et sa préférée parmi les nouvelles, Days We Left Behind.
Sommaire
Good Hang, le podcast où McCartney s’est livré
Good Hang with Amy Poehler est né en mars 2025, avec Tina Fey et Martin Short pour premiers invités. Produit par The Ringer, la société de Bill Simmons, et par Paper Kite, la maison de production d’Amy Poehler, il a remporté en janvier 2026 le premier Golden Globe du meilleur podcast. Le principe ne change pas d’un épisode à l’autre : une longue conversation détendue, précédée d’un échange avec un proche de l’invité, qui confie à l’animatrice une question à lui poser.
Pour Paul McCartney, Amy Poehler a choisi sa fille, la créatrice de mode Stella McCartney. Elle présente son invité avec une emphase assumée : “le plus célèbre” qui soit jamais venu dans son studio, et “probablement la personne la plus célèbre” qu’elle ait jamais rencontrée. Elle résume aussi l’homme d’une formule qui donne son titre à l’épisode : “Paul McCartney is music”, Paul McCartney, c’est la musique.
Le programme annoncé dès l’introduction dit tout du ton de l’épisode. On y apprendra si Paul était plus grand que John, ce qu’il pense des animaux, ce qui fait un bon petit-déjeuner, “et combien de baies il faut”, et ce que contient The Boys of Dungeon Lane, son album de 2026 réédité cet automne avec de nouvelles chansons. L’épisode complet est disponible sur la chaîne YouTube de Good Hang.
Une animatrice qui connaît la maison
Amy Poehler n’est pas une intervieweuse comme les autres pour McCartney. Pendant ses années au Saturday Night Live, de 2001 à 2008, elle l’a croisé à plusieurs reprises dans les coulisses de l’émission. À la fin de l’épisode, sa mère raconte que Paul était un jour venu frapper à la porte de sa loge pour lui demander : “Are you Amy’s mother ?”, êtes-vous la mère d’Amy ? Ce lien avec SNL, et avec son créateur Lorne Michaels, traverse toute la conversation.
Stella McCartney, la fille qui imite les poules
Avant l’entrée en scène de Paul, Amy Poehler s’entretient par vidéo avec Stella, en Angleterre. La créatrice est à trois jours de son défilé parisien. Sa collection printemps-été 2027 était programmée le 30 septembre 2026 pendant la Fashion Week de Paris, ce qui situe l’enregistrement à la fin de septembre. “Je ne suis pas du tout occupée, Amy”, ironise-t-elle, avant d’ajouter qu’ils n’ont commencé que la veille.
L’humour britannique contre les compliments
Amy Poehler ouvre l’échange par une série de compliments sincères sur le travail de Stella et sur sa façon d’être au monde. La réponse ne se fait pas attendre : “C’était un peu sérieux, ça m’a fait flipper.” Puis : “J’ai vomi un tout petit peu dans ma bouche.” Amy Poehler s’en amuse : un seul compliment, et les Britanniques ne savent plus où se mettre. Stella enchaîne aussitôt avec une plaisanterie sur des enfants qu’elle ferait coudre ses vêtements, et précise aussitôt que c’est une blague : sa marque est “durable et sans cruauté animale”.
Une enfance à la ferme
Amy Poehler l’interroge ensuite sur son enfance à la ferme, en Écosse. Stella raconte qu’avec ses frères et sœurs, on s’occupait surtout seul. Son grand jeu : prendre des cailloux et les taper sur d’autres cailloux. “Je ne plaisante pas”, insiste-t-elle. On lisait beaucoup, on montait à cheval. Et il fallait aller chercher les œufs sous les poules, une tâche qu’elle n’a “jamais particulièrement appréciée”.
C’est là qu’elle fait une révélation inattendue : elle est “très douée pour imiter les poules”. Elle se dit même capable de converser avec elles, et donc “bilingue”. L’imitation, en direct, déclenche l’hilarité du studio. Stella pousse ensuite Amy Poehler à imiter un animal à son tour. L’animatrice choisit le chat, “pour la première fois en public”, après avoir précisé qu’elle n’a pas d’avis tranché sur les chats.
Partager ses parents avec le monde
Le ton devient plus grave lorsqu’Amy Poehler lui demande ce que cela fait de partager ses parents avec le monde entier. Stella répond qu’elle n’a jamais connu autre chose. C’est “étrange, surréaliste”, mais c’est sa vie. Elle décrit une enfance faite d’extrêmes : d’un côté la ferme, où la famille de six vivait “tous dans une seule pièce”, Linda aux fourneaux, Paul qui tondait les moutons et écrivait des chansons. De l’autre, les tournées, avec “200 000 personnes qui hurlent devant vos parents”.
Elle se souvient d’avoir été en colère à 18 ans, au moment où elle construisait ses propres amitiés, quand on lui a annoncé une nouvelle tournée mondiale. Stella est née en septembre 1971. À 18 ans, c’est donc la grande tournée mondiale de 1989-1990, la première de Paul depuis la fin de Wings. Avec le recul, elle en parle comme d’un des plus grands privilèges de sa vie : avoir vu le monde, ses cultures, ses peuples. Et elle insiste : tout ce que faisaient ses parents “venait d’un endroit d’amour”.
“Je ne suis pas une artiste de scène”
Stella explique aussi pourquoi elle a choisi la mode. Elle n’est pas, dit-elle, du genre à dire “regardez-moi”. Créer des vêtements lui permettait d’être créative tout en se tenant “légèrement en retrait du projecteur”. Elle refuse pourtant l’étiquette d’introvertie, qu’elle juge excessive : “Mon exemple d’extraverti, c’est Paul McCartney. Comparée à lui, oui, je suis introvertie.”
La cloche de Will Ferrell
Stella raconte enfin une anecdote récente. Elle a accompagné son père à l’émission de clôture de la 51e saison du Saturday Night Live, en mai 2026, animée par Will Ferrell, dont Paul était l’invité musical. Dans la voiture, elle le supplie de faire jouer à Will Ferrell sa fameuse cloche, la “cowbell” du sketch culte de 2000. Réponse de son père : “Quelle cloche ?” Il a fini par le faire, sans lui en rendre le mérite, “ce qui est agaçant”, sourit-elle. Selon la presse américaine, Will Ferrell a effectivement ajouté sa cloche à une interprétation de Help! enregistrée ce soir-là.
Les “yoga boys”
Stella évoque aussi l’amitié entre son père et Lorne Michaels, le créateur de SNL. Les deux hommes font du yoga ensemble et se surnomment eux-mêmes les “yoga boys”. Pas les “yoga men”, insiste Stella, qui promet de leur offrir des tee-shirts à Noël. Pour Amy Poehler, ce surnom dit tout : ils restent des débutants, toujours en train d’apprendre.
Deux questions pour papa
Puis vient le moment des questions. Stella commence par saluer son père, “une légende vivante”, dont l’impact sur la planète a été “gigantesque”. Elle annonce qu’elle va lire certaines de ses paroles les plus profondes, et se lance, très sérieusement, dans la lecture des paroles absurdes de Monkberry Moon Delight, une chanson de Ram, l’album signé par Paul et Linda McCartney en 1971. Ram est son album préféré, précise-t-elle, et elle pense que sa mère a contribué à ces paroles. Première question : son père a-t-il déjà fumé du Monkberry Moon Delight, et qu’est-ce que c’est ?
La seconde question est “sérieuse”. Stella l’a déjà posée à son père quelques jours plus tôt, et sa réponse l’a “vraiment surprise” : quel est ton premier souvenir, papa ? Elle se dit ensuite “très honorée” qu’Amy Poehler ait pensé à elle, parce que n’importe qui aurait accepté de poser une question à Paul McCartney.
Comment Paul met les gens à l’aise
Lorsque Paul entre dans le studio, Amy Poehler lui pose la question que tout le monde se pose : a-t-il l’habitude que les gens soient nerveux en sa présence, et a-t-il un truc pour les détendre ? Sa réponse est simple : “être normal”. Il explique qu’il a grandi dans une famille très normale, “une de ces familles où on se passe le bébé”. Certaines personnes ont peur des bébés, lui non. C’est de là, pense-t-il, qu’il tire son aisance avec les autres.
La photo de Mary dans la veste
Amy Poehler rebondit sur cette image du bébé. Elle évoque la célèbre photo de Paul portant sa fille aînée Mary, nourrisson, glissée dans sa veste. Prise par Linda en 1969, elle figure au dos de la pochette du premier album solo de McCartney, en 1970. Pour l’animatrice, l’image était en avance sur son temps : on ne voyait jamais un homme porter un bébé ainsi. Paul répond que c’était tout simplement “comme ça qu’on faisait”. Il partait même à cheval avec elle dans sa veste. Le bébé de la photo est aujourd’hui photographe et “mère de quatre garçons”. “Elle est occupée”, sourit son père.
Le voyageur dans le temps
Amy Poehler avance alors une théorie : Paul serait “un peu voyageur dans le temps”. Croit-il au voyage dans le temps ? “Non.” “Alors oubliez ma théorie.” L’animatrice précise son idée : jeune, il semblait plus âgé que son âge. Paul reconnaît la sensation. Il cite Yesterday, dont le narrateur constate qu’il n’est soudain plus que la moitié de l’homme qu’il était. “J’avais genre 21 ans, alors la moitié de l’homme, ça me mettait à environ dix ans et demi”, plaisante-t-il. Amy Poehler rappelle qu’il a aussi écrit When I’m Sixty-Four bien avant d’avoir cet âge.
Précision : When I’m Sixty-Four, une chanson d’adolescent
Dans l’épisode, Amy Poehler explique que McCartney a écrit When I’m Sixty-Four lorsqu’il avait une vingtaine d’années. La chanson est en réalité plus ancienne encore. McCartney en a composé la mélodie vers l’âge de 16 ans, à la fin des années 1950, à Liverpool, et les Beatles la jouaient parfois en concert lorsque leur matériel tombait en panne. Elle n’a été enregistrée qu’en décembre 1966, pour l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, alors que McCartney avait 24 ans. L’idée d’un jeune homme qui imagine sa vieillesse est donc encore plus frappante que ne le laisse entendre l’échange.
“Dans ma tête, j’ai 25 ans”
Y a-t-il un âge qu’il se sent avoir ? Comme beaucoup de gens, répond-il, on a l’impression de s’arrêter vers 25 ans. “Donc j’ai 25 ans. Dans ma tête.” Puis il se regarde dans le miroir : “Non, tu n’as pas 25 ans.” Amy Poehler avoue ressentir la même chose.
La règle du gamin de 17 ans
C’est l’un des passages les plus intéressants de l’entretien. McCartney révèle une règle de fonctionnement des Beatles, peu connue. Lorsqu’ils hésitaient sur un choix musical, une tournée ou une proposition, ils se demandaient : qu’en aurions-nous pensé à 17 ans ?
“What would we have thought when we were 17? What would that guy have said? We’re not doing it.”
Qu’est-ce qu’on en aurait pensé à 17 ans ? Qu’est-ce que ce type-là aurait dit ? On ne le fait pas. Le garçon de 17 ans, explique-t-il, ne les aurait pas laissés faire certaines choses. En vieillissant, on a tendance à dire oui. Mais il valait mieux écouter l’adolescent, plus tranché, “plus raisonnable et moins blasé par le monde”. Celui-là vous disait : “C’est une veste affreuse.” Plus tard, on dit : “Oui, jolie veste”, en mentant effrontément.
Amy Poehler y voit une leçon qui dépasse la musique : on accorde beaucoup de crédit à la sagesse de l’âge, mais on oublie la force des opinions franches et vraies de la jeunesse.
Huit ans, treize albums : la vitesse des Beatles
Amy Poehler s’étonne encore que les Beatles se soient séparés quand Paul avait 27 ans, après seulement huit ans de carrière discographique et treize albums. Avaient-ils le sentiment de n’avoir que peu de temps ? Paul répond qu’ils ne le savaient pas, mais qu’ils ne s’attendaient pas à durer. Dans le monde du rock’n’roll, “c’était cinq ans, grand maximum”. Puis, au bout de cinq ans, ils se sont dit qu’ils faisaient Sgt. Pepper et qu’ils pourraient sans doute continuer. Ils ont fait le White Album, puis Paul a fondé Wings et “a continué”.
La séparation des Beatles, rendue publique en avril 1970, intervient deux mois avant les 28 ans de McCartney. Cette période qui a suivi, et la dépression qu’il a traversée, nous l’avons racontée dans notre article sur l’effondrement de McCartney après la fin des Beatles.
Montrer les chansons aux extraterrestres
Amy Poehler résume l’importance de son invité par une image qui le fait rire. Si l’humanité devait envoyer quelqu’un dans l’espace pour représenter les chansons auprès des extraterrestres, “on te pousserait devant”. Réponse immédiate de McCartney : “On part quand ?”
Man on the Run : la ferme “en ruine” et les passages gênants
Amy Poehler a adoré Man on the Run, le documentaire de Morgan Neville consacré aux années Wings, sorti en février 2026 sur Prime Video après une projection unique en salles. McCartney aussi, mais avec une réserve. Lorsque le réalisateur lui a montré le film pour la première fois, il lui a dit : “Il y a quelques passages embarrassants. On les enlève ?”
Une ferme en mauvais état
Qu’est-ce qui le gênait ? La ferme. McCartney ne s’était pas rendu compte, à l’époque, à quel point la propriété écossaise où la famille vivait au début des années 1970 était délabrée. Il emploie le mot “tip”, un dépotoir en argot britannique. Sur le moment, il ne voyait rien : “On était amoureux, on avait un nouveau bébé, tout était formidable, et je pouvais tout réparer, pas de problème. Je vais faire une table.” À l’écran, l’impression est tout autre. Amy Poehler résume, hilare : il avait de l’argent, et il avait choisi de vivre là.
McCartney en tire une leçon sur lui-même : “Parfois, je ne prends pas la peine de réfléchir aux choses trop sérieusement.” Il s’agit de High Park Farm, près de Campbeltown, sur la péninsule de Kintyre, achetée en 1966 et devenue le refuge de la famille après la séparation des Beatles.
Le sens de l’humour et le processus
Amy Poehler salue chez McCartney deux qualités d’artiste : son humour sur lui-même et sur son œuvre, “signe d’intelligence”, et sa façon de laisser le public entrer dans son processus de création. Beaucoup d’artistes cultivent le mystère, observe-t-elle. Regarder McCartney travailler, au contraire, lui a toujours donné l’impression qu’elle pourrait écrire une chanson. Elle cite Man on the Run, mais aussi Get Back, le documentaire de Peter Jackson sur les sessions de janvier 1969.
“On ne travaille pas la musique, on la joue”
Amy Poehler rappelle une formule de McCartney à qui l’on demandait s’il était un bourreau de travail. Il la reprend : on lui dit souvent qu’il travaille beaucoup, mais il répond que non. “Un jour, je me suis dit : on ne travaille pas la musique, on joue de la musique.” En anglais, le jeu de mots repose sur le double sens du verbe “to play”, jouer d’un instrument et jouer tout court. McCartney ne serait donc pas un “workaholic”, mais un “playaholic”, un accro du jeu : “J’en suis définitivement accro.”
Le bobineur de Liverpool
Il explique pourquoi il se sent si chanceux d’en avoir fait son métier. En quittant l’école, son premier emploi a été bobineur dans une usine. Amy Poehler trouve que ça a l’air “chaud et dur”. McCartney décrit le travail : une grosse roue de fil de cuivre, le fil qui passe entre les jambes, qu’on enroule sur un induit, “un truc qu’on met dans les moteurs”. Il reconnaît que ses bobines “n’étaient pas très bonnes”, mais que l’entreprise comptait lui faire découvrir tous les postes pour faire de lui un cadre.
Puis vient la scène clé. Un jour, un ouvrier vient le prévenir que des types le demandent dehors. Ce sont John Lennon et George Harrison. Ils ont un engagement à la Cavern. McCartney leur répond : “Je ne sais pas. Laissez-moi y réfléchir.”
“I looked at the coils. I looked at the pay packet. £7.15 a week. God. And I can’t believe I actually questioned it, but I did.”
J’ai regardé les bobines. J’ai regardé ma fiche de paie. 7,15 livres par semaine. Mon Dieu. Et je n’arrive pas à croire que j’aie hésité, mais je l’ai fait. Il leur a répondu qu’il les rappellerait, et il l’a fait, renonçant ainsi à “une carrière dans la gestion du bobinage”. Amy Poehler conclut qu’il aurait été le représentant du bobinage envoyé aux extraterrestres. “Le roi du bobinage”, corrige McCartney.
Précision : “7,15 livres”, une somme d’avant la décimalisation
Le chiffre de “£7.15 a week” cité par McCartney ne doit pas être lu comme un montant décimal. En 1961, la livre se divise en 20 shillings, et le système décimal n’entre en vigueur au Royaume-Uni que le 15 février 1971. “Seven fifteen” signifie donc 7 livres et 15 shillings, soit environ 7,75 livres en monnaie décimale. Dans l’Anthology des Beatles, McCartney citait 7 livres et 14 shillings. L’emploi, chez l’entreprise d’électrotechnique Massey & Coggins, a pris fin à la fin de février 1961, selon plusieurs chronologies, quelques semaines avant le deuxième départ des Beatles pour Hambourg.
Précision : la “cabin” de la transcription, c’est la Cavern
Les sous-titres automatiques de l’épisode font dire à McCartney que les Beatles avaient un engagement à la “cabin”. Il s’agit bien sûr de la Cavern, le club du 10 Mathew Street, à Liverpool, où les Beatles se sont produits près de 300 fois entre 1961 et 1963. D’autres erreurs de transcription automatique émaillent l’épisode : “Liper” pour LIPA, l’école fondée par McCartney à Liverpool, ou “Mullik” pour Mull of Kintyre. Nous avons retracé l’histoire du club dans notre article sur les sept vies de la Cavern.
John, George et la question de l’âge
Amy Poehler s’intéresse ensuite à la hiérarchie entre les trois guitaristes. George avait combien d’années de moins que Paul ? “Je crois environ un an et demi, et j’avais un an et demi de moins que John.” Se sentait-il le frère cadet de John, et George se sentait-il le sien ? Paul reconnaît qu’il considérait George comme plus jeune, mais que George était “si culotté” qu’on ne pouvait pas le rabaisser. Sa confiance le vieillissait, en quelque sorte.
Correction : George n’avait que huit mois de moins que Paul
McCartney situe l’écart d’âge avec George Harrison à environ un an et demi. En réalité, Paul est né le 18 juin 1942 et George le 25 février 1943 : huit mois seulement les séparent. L’impression d’un écart plus important tient au système scolaire britannique. Au Liverpool Institute, George était dans la classe inférieure à celle de Paul, et à cet âge, une année scolaire paraît un gouffre. L’écart avec John Lennon, né le 9 octobre 1940, est en revanche bien d’environ un an et huit mois, ce qui correspond à peu près au souvenir de McCartney.
“Nous faisions tous la même taille”
Amy Poehler pose alors la question annoncée en introduction : qui était le plus grand ? “Nous faisions tous la même taille, et Ringo était un peu plus petit.” Sur les photos, assure McCartney, les trois guitaristes sont à la même hauteur. Mais le cinéma, lui, en a décidé autrement.
Nowhere Boy, ou le “petit Paul”
En 2009, la réalisatrice Sam Taylor-Wood signe Nowhere Boy, un film sur la jeunesse de John Lennon. Le rôle de John est confié à Aaron Johnson, que la réalisatrice épousera par la suite, devenu Aaron Taylor-Johnson. Dans le film, raconte McCartney, son personnage est “un peu chétif, plus petit que John”, et John le jette même à terre. “Sam, ce n’est pas vrai”, lui a-t-il dit. Sa seule explication, “bénie soit-elle”, car elle reste une bonne amie : “C’est un film, ce n’est pas un documentaire.” “Je n’aime pas cette explication”, répond McCartney, mais le film était déjà terminé. Il résume l’image qu’il en garde : “Le petit Paul, et John le grand héros. Et c’est non.”
Paul Mescal, encore plus petit
Amy Poehler évoque alors les films de Sam Mendes, dans lesquels Paul Mescal incarne McCartney. Ce sont quatre longs métrages consacrés aux quatre Beatles, dont la sortie est annoncée pour avril 2028, comme nous l’avons expliqué dans notre article sur le calendrier des films de Sam Mendes. “Et devinez quoi ? Il est plus petit que celui qui joue John.”
McCartney raconte qu’il avait prévenu le réalisateur : “Sam, j’ai juste une chose à te dire : Paul est un peu petit, au moins.” Sam Mendes lui a ensuite envoyé une photo du tournage, sur le passage piéton d’Abbey Road. Le Paul y est “nettement plus petit”, et pieds nus : impossible de tricher avec des talonnettes. McCartney lui écrit : “Sam, plus petit, ne fais pas ça, tu avais dit que tu ne le ferais pas.” Réponse du réalisateur : ce n’est qu’une question de foulée. Et il lui envoie une autre photo, où les deux acteurs apparaissent à égalité.
Amy Poehler voit dans ces taquineries ce que les Américains aiment chez les Beatles : une relation de famille, où l’on peut se chambrer comme personne d’autre n’oserait le faire.
Une famille née à Liverpool et à Hambourg
McCartney confirme : l’avantage, c’est qu’ils ont grandi ensemble. Paul et George allaient au même lycée, John étudiait à l’école d’art juste à côté. Il a fallu des années pour connaître la moindre célébrité. Ils jouaient à Hambourg dans de petits clubs “pas très sympas”, et ils adoraient ça : “On était des gamins à Hambourg. On n’était jamais allés à l’étranger.” Ces années ont été racontées dans notre enquête sur Astrid Kirchherr et la naissance de la coupe des Beatles.
Cette proximité familiale passe dans l’écriture. McCartney savait ce que pensait Lennon. Il pouvait lui dire qu’il n’aimait pas une ligne, et John pouvait lui répondre que c’était nul. “C’est très bon pour l’écriture.”
Qui ose encore lui dire non ?
Amy Poehler soulève alors un problème que connaissent tous les artistes à succès : passé un certain niveau de célébrité, les gens n’osent plus vous donner leur avis. McCartney le reconnaît : “C’est un danger maintenant.” Quand il travaille avec un producteur, on lui demande souvent si celui-ci lui dit quand c’est mauvais. “Et je n’en suis pas sûr. Peut-être qu’il ne le fait pas.” Il pense qu’on trouve des gens qui osent, mais que ce doit être difficile pour eux, vu sa réputation. Amy Poehler avoue qu’elle n’oserait pas lui dire qu’une blague n’est pas drôle. “Ça doit vous faire peur”, répond-il. “Ce n’était pas drôle”, conclut-elle en riant.
The Boys of Dungeon Lane et la méthode McCartney
La conversation en vient à The Boys of Dungeon Lane, l’album paru le 29 mai 2026. Produit par Andrew Watt, il a atteint la première place du classement britannique, et sa réédition de l’automne comprend de nouvelles chansons. Nous avons présenté cette réédition dans notre article sur l’édition spéciale, et les inédits City Fox, One Night Stand et Chelsea Boots dans un article dédié.
“Je ne sais pas comment on fait”
Amy Poehler se dit fascinée par sa façon d’écrire. “Moi aussi”, répond-il. Pour l’expliquer, il raconte le cours qu’il donne chaque année au LIPA, le Liverpool Institute for Performing Arts, installé dans les murs de son ancien lycée, que George et lui fréquentaient. Il reçoit les étudiants en écriture un par un, ce qui est “terrifiant” pour eux, avec leur guitare ou leur partition. Et la première chose qu’il leur dit est toujours la même :
“I don’t know how to do this. I know I’m teaching you. I’ve no idea how you do it, because your song’s going to be different from mine.”
Je ne sais pas comment on fait. Je sais que je suis censé vous l’apprendre. Je n’ai aucune idée de la façon dont on fait, parce que votre chanson sera différente de la mienne. Puis ils travaillent ensemble. Ils lui jouent une chanson, et il leur suggère par exemple que le deuxième couplet, plus fort, ferait un meilleur premier couplet. Des “indices doux”, dit-il. Après trois ans d’études, les étudiants qui arrivent jusqu’à lui sont déjà très bons.
Suivre ce qui sonne bien
Sa propre méthode ? Il s’assoit à la guitare ou au piano et commence à “pianoter quelque chose”. S’il trouve quelque chose qui sonne bien, il le suit : “Oh, ce n’est pas mal. Où est-ce que ça pourrait aller ensuite ?” Le réflexe naturel est d’avancer dans les accords, mais on peut aussi se dire : “Non, ne bouge pas, reste là.” Il y a beaucoup de petites astuces de ce genre, et c’est ce qui rend l’exercice amusant pour lui. Et surtout, il y a la première ligne : quand on en tient une bonne, “on sait où on va”.
Le noir et blanc inversé de Days We Left Behind
Il en donne un exemple tiré du nouvel album, avec Days We Left Behind, la chanson dont une ligne a donné son titre au disque, et qui est “spéciale” pour lui. Elle parle de regarder de vieilles photos. Il aurait pu écrire, comme tout le monde, qu’il regardait des photos en noir et blanc. Il a inversé l’expression pour parler de blanc et noir, et il a su, dit-il, que c’était bon au moment même où il l’a trouvé. Le simple fait d’inverser les mots ne décrit plus une photo, mais un souvenir, et l’expression rime avec la suite du vers. “Il a dit modestement”, ajoute-t-il, en se moquant de lui-même.
Sur la chanson, explique-t-il, on regarde des photos et on laisse venir ce dont on se souvient. “J’ai beaucoup de bons souvenirs.” C’est aussi Days We Left Behind qu’il a interprétée au Saturday Night Live, en mai 2026, et c’est celle qu’il désigne, à la fin de l’épisode, comme sa préférée parmi ses nouvelles chansons.
La chanson qu’il n’a pas reconnue
Se souvient-il de l’écriture de chaque chanson quand il l’entend ? “Souvent, oui.” Mais pas toujours. Il raconte une anecdote savoureuse : quand il loue une voiture, le chauffeur sait qu’il doit mettre la chaîne Beatles de la radio satellite SiriusXM, même si l’habitude est plutôt de rouler au calme pour pouvoir parler. Un jour, une chanson passe, et il demande à monter le son, parce qu’il ne se souvenait plus du titre. Puis il se rend compte qu’il ne se souvenait même plus de la chanson : “Elle était venue et repartie si vite.”
Mull of Kintyre et l’esprit de groupe
D’autres chansons, en revanche, ont laissé des souvenirs très forts, comme Mull of Kintyre, le grand succès de Wings en 1977, avec ses cornemuses. Amy Poehler a adoré voir dans Man on the Run comment la chanson a été enregistrée, et découvrir à quel point McCartney tenait à faire partie d’un groupe. Qu’aime-t-il dans le fait d’être entouré ? “La camaraderie, l’amitié, et l’autre avis.” Avoir une autre opinion dans la pièce. Et surtout, “jouer ensemble”, “comme des enfants à la maternelle”. Le mot “jouer” revient, note Amy Poehler.
Mull of Kintyre, devenu en 1977 le premier single à dépasser les deux millions d’exemplaires vendus au Royaume-Uni, a été enregistré en partie à Campbeltown, avec la fanfare de cornemuses de la ville. Les années Wings ont fait l’objet de plusieurs articles sur notre site, de Back to the Egg à Rockestra.
Cinq framboises : le petit-déjeuner de Paul McCartney
Amy Poehler lui demande s’il a un rituel avant les concerts. Pas de superstition, répond-il, mais un rituel, oui. L’animatrice veut tout savoir, à partir de la veille au soir. L’heure du coucher ? “Au hasard, peu importe.” En général pas trop tard. S’il était six heures du matin et qu’ils avaient fait la nuit blanche, il s’inquiéterait un peu. Puis vient le petit-déjeuner, qui devient l’un des moments les plus drôles de l’épisode.
La recette
C’est “vraiment ennuyeux”, prévient-il, parce que c’est toujours la même chose :
- un peu de céréales, “pas trop, juste un peu” ;
- cinq framboises, et il faut qu’il y en ait cinq ;
- une poignée de myrtilles, que l’on “glisse” dans le bol ;
- une fraise, qu’il coupe en morceaux ;
- et, “si on veut faire la fête”, quelques noix de pécan et quelques raisins secs.
Amy Poehler trouve l’exercice “méditatif”. “On fait vraiment ça ?”, demande-t-il. “On va en faire encore une heure”, répond-elle.
De l’eau, du thé, un café
Côté boisson, le matin, c’est uniquement de l’eau. Pas de café : “Je ne suis pas un grand buveur de café. Je suis anglais.” Il boit du thé toute la journée. Ses enfants, eux, boivent beaucoup de café, et lui s’accorde souvent un café en milieu de journée. Il évoque ensuite un “déjeuner de jour de concert” très précis, sans en détailler le contenu.
Pour mémoire, McCartney est végétarien depuis le milieu des années 1970, un engagement partagé avec Linda, qui reviendra plus loin dans l’entretien.
La scène : “C’est la faute de Bruce”
Qu’aime-t-il aujourd’hui dans le fait d’être sur scène ? Amy Poehler rappelle que les concerts sont devenus des marathons : Bruce Springsteen joue trois heures, Taylor Swift aussi. Le public attend désormais des shows interminables. McCartney a son coupable : “Je l’accuse.” Il l’a dit à Springsteen en personne : “C’est ta faute, mon pote.” “Nous, on faisait à peu près une heure.” Les Rolling Stones, selon lui, font encore “à peu près une heure”. Mais Bruce s’est mis à jouer trois ou quatre heures, “alors c’est ce qu’on fait”.
Précision : les Rolling Stones jouent plutôt deux heures
McCartney affirme que les Rolling Stones jouent encore “à peu près une heure”. La boutade sert sa démonstration, mais elle ne correspond pas à la réalité des tournées récentes des Stones, dont les concerts durent généralement autour de deux heures. Les siens, lors de la tournée Got Back, dépassent largement deux heures et demie, avec plus de trente chansons. L’écart avec Springsteen, dont les concerts approchent ou dépassent souvent les trois heures, reste réel, mais il est moins spectaculaire que ne le suggère la plaisanterie.
Un public de tous les âges
Ce qu’il aime avant tout sur scène, c’est le public. “C’est ça qui compte.” Ses publics sont, “touchons du bois”, très chaleureux et de tous âges. C’est ce qui le surprend le plus : il s’attendait à jouer devant des gens de son âge ou un peu plus jeunes, et il voit énormément de jeunes. Amy Poehler lui répond qu’il est “l’artiste préféré de tous les artistes préférés”.
La musique d’aujourd’hui : Billie Eilish, TikTok et les chansons de rupture
Y a-t-il une chanson récente qu’il aurait aimé écrire ? “Non.” Le studio éclate de rire. Il y a des artistes qu’il trouve très bons. Billie Eilish, par exemple, est “cool”, mais il ne pense pas qu’il aurait voulu écrire ses chansons. Une raison simple : beaucoup de chansons d’aujourd’hui parlent de ruptures, “et je suis marié”. Il est amoureux d’une belle femme, résume Amy Poehler, et il prend un fantastique petit-déjeuner.
La chanson de Billy Joel
Autrefois, en revanche, il y avait des chansons qu’il aurait voulu avoir écrites. Il cite une chanson de Billy Joel, qu’il appelle “The Way You Are” : “J’ai toujours pensé que c’était le genre de chose que j’aurais pu écrire. Je trouve que c’est une belle chanson.”
Précision : la chanson s’intitule Just the Way You Are
La chanson de Billy Joel que cite McCartney s’intitule Just the Way You Are. Parue en 1977 sur l’album The Stranger, elle a remporté en 1979 les Grammy Awards de l’enregistrement et de la chanson de l’année. Billy Joel a souvent expliqué qu’il l’avait écrite pour sa première femme, Elizabeth Weber. L’admiration de McCartney pour Billy Joel est réciproque : les deux hommes ont partagé la scène à plusieurs reprises, notamment lors du dernier concert du Shea Stadium, en 2008.
“Je veux ton truc”
McCartney se montre plus sévère envers une partie de la production actuelle. Certaines chansons sont “très banales”, dit-il, avant d’en improviser une parodie, du genre “je veux ton truc, je le veux”, qui pourrait faire un tube. Et ensuite, il faut “faire les mouvements”, ajoute-t-il, en évoquant les chorégraphies de TikTok. Amy Poehler lui rappelle avec malice que la critique vient de l’homme qui a écrit She Loves You et son célèbre refrain d’onomatopées. McCartney ne proteste pas.
Bob Dylan, le seul qu’il n’ose pas appeler
McCartney a collaboré avec presque tous ceux qu’il admirait. Reste-t-il quelqu’un ? “Non.” Puis il se reprend : quand on lui pose la question, il pense toujours à Bob Dylan. “Mais je suis trop nerveux pour l’appeler.” La scène qui suit est l’une des plus drôles de l’épisode. Amy Poehler essaie d’imaginer Bob Dylan au téléphone : impossible. “Il est dans un buisson”, propose-t-elle. “En train d’écrire dans un carnet.” “Dans un sac de couchage, peut-être”, ajoute McCartney.
Les deux hommes se connaissent depuis 1964, lorsque Dylan a rencontré les Beatles à New York. McCartney a souvent raconté la soirée où il a cru découvrir le sens de la vie, et l’a noté sur un papier. Mais une collaboration entre les deux n’a jamais eu lieu.
La reine, premier personnage célèbre qu’il ait rencontré
Qui est la première personne célèbre qu’il ait rencontrée ? “La reine.” Amy Poehler rit : voilà un autographe qu’on n’obtient pas. McCartney explique son attachement à Elizabeth II. Elle a été couronnée lorsqu’il avait 11 ans, et elle était, dit-il, “une beauté”. Elle avait “23 ans ou quelque chose comme ça”. Les garçons de son âge trouvaient extraordinaire d’avoir, au lieu d’un roi, cette jeune femme. “On l’aimait d’une façon dont on n’aurait pas dû l’aimer”, plaisante-t-il.
Correction : 10 ans pour Paul, 27 ans pour la reine
McCartney situe le couronnement d’Elizabeth II à ses 11 ans, et donne à la reine “23 ans ou quelque chose comme ça”. Le couronnement a eu lieu le 2 juin 1953. Né le 18 juin 1942, Paul avait alors 10 ans, à deux semaines de son onzième anniversaire. Elizabeth II, née le 21 avril 1926, avait 27 ans. Elle était montée sur le trône à 25 ans, à la mort de son père George VI, le 6 février 1952. Selon ses biographes, le jeune Paul avait d’ailleurs été récompensé, l’année du couronnement, pour une rédaction consacrée à l’événement.
Les décorations et l’épée
Il l’a rencontrée à “environ 21 ans”. Sa femme Nancy Shevell, qu’il a épousée en 2011, affirme que la reine avait un faible pour lui. “Il n’y a aucun moyen de savoir si c’est vrai”, dit-il, “mais j’aime penser que c’est vrai.” Amy Poehler pense que la reine aurait apprécié la blague. “Elle avait le sens de l’humour, c’est une des choses que j’aimais chez elle”, répond McCartney.
Il raconte qu’on n’a pas toujours la reine quand on reçoit une distinction : un autre membre de la famille royale peut la remettre. Lui a eu “la reine à chaque fois”. Amy Poehler imagine Elizabeth II consulter son agenda : “14 heures. Je vais me rendre disponible. Je m’occupe de lui.” McCartney précise que l’épée utilisée pour l’adoubement portait le nom d’Édouard le Confesseur, l’un des derniers rois anglo-saxons. “Au moins, ce n’était pas Ethelred le Malavisé”, plaisante Amy Poehler.
Précision : il avait 23 ans lors de sa première rencontre officielle avec la reine
McCartney dit avoir rencontré la reine à “environ 21 ans”. La première cérémonie officielle au cours de laquelle les Beatles l’ont rencontrée est la remise de leurs insignes de membres de l’ordre de l’Empire britannique, le 26 octobre 1965, au palais de Buckingham. McCartney avait alors 23 ans. Il a ensuite été fait chevalier par Elizabeth II le 11 mars 1997, puis nommé Compagnon d’honneur, une distinction dont la reine lui a remis les insignes en 2018. Les Beatles avaient joué devant d’autres membres de la famille royale, notamment la reine mère et la princesse Margaret, lors de la Royal Variety Performance du 4 novembre 1963, mais la reine n’y assistait pas.
Amy Poehler revient à sa théorie du voyage dans le temps. À 21 ans, il rencontre la reine, et des années plus tard elle le fait chevalier. “Quelle vie folle.” McCartney approuve : la vie est folle pour tout le monde, “mais mon genre de vie a été très fou jusqu’ici, et continue de l’être. Regardez-moi ici, je fais votre émission.” “C’est comme être avec la reine”, s’amuse l’animatrice. “Pas tout à fait le niveau de la reine.”
Chrissie Hynde et Linda, la rencontre à AIR Studios
Amy Poehler l’interroge ensuite sur Chrissie Hynde, la chanteuse des Pretenders, qui intervient dans Man on the Run. “J’adore Chrissie, c’est une dure”, répond McCartney. Il raconte leur rencontre dans un studio londonien, AIR, où plusieurs groupes enregistraient en même temps. Chrissie marchait dans le couloir, “très boudeuse, les cheveux devant le visage”, et ne regardait personne.
Linda, elle, ne fonctionnait pas ainsi : elle allait vers les gens. “Salut, comment ça va ?” Elles se sont mises à parler, Chrissie a cessé de bouder, et ils se sont découvert beaucoup de points communs. À commencer par le végétarisme : Chrissie est “une végétarienne folle”, et Linda était très engagée sur le sujet.
Linda et la grenouille
McCartney raconte alors comment Linda défendait la cause animale. Elle était si directe que, venant de quelqu’un d’autre, cela aurait été gênant. À un dîner, si quelqu’un mangeait de la viande, elle pouvait lui faire des remarques. Elle avait, dit-il, “une vision à la Disney des animaux”. Si elle voyait une grenouille dans un jardin, elle la prenait dans ses mains, avec une délicatesse qui ne pouvait pas lui faire de mal. À ce moment, la voix de McCartney se brise, et Amy Poehler lui tend un mouchoir. Linda disait que la grenouille “aimait” être tenue : pour elle, c’était une grenouille de Disney.
“Elle était vraiment quelque chose”, conclut-il. “Une dure à cuire.” Linda McCartney est morte d’un cancer le 17 avril 1998, à 56 ans. Amy Poehler dit avoir été touchée par ce que le documentaire montre de leur couple : un amour respectueux, mutuel, et beau.
John, George et Ringo : “Je suis un fan”
Quelle relation entretient-il aujourd’hui avec John, George et Ringo, les vivants comme les disparus ? Amy Poehler rappelle que nos relations avec ceux que nous avons perdus ne s’arrêtent pas, elles changent. La réponse de McCartney est désarmante :
“I’m a fan. And the more we go on, I’m a bigger fan. I’m like a Beatles fan.”
Je suis un fan. Et plus le temps passe, plus je suis fan. Je suis comme un fan des Beatles. Il entend un morceau, se souvient de l’avoir écrit avec John, et se dit : “Waouh, j’ai eu beaucoup de chance. Je m’assieds pour écrire avec quelqu’un, et il se trouve que c’est John Lennon.” Et il pense que c’était la même chose pour John avec lui. Il y a là une forme d’humilité rare, que nous avions déjà relevée dans notre article sur ce que George Harrison pensait de la musique de McCartney.
George, le bus et Down South
McCartney raconte une nouvelle fois sa rencontre avec George, dans les grands bus verts à impériale de Liverpool qui les emmenaient au lycée, à une demi-heure de route. Paul montait à un arrêt, George au suivant. Ils portaient le même uniforme, et ils parlaient guitares et rock’n’roll. Cette rencontre est au cœur de Down South, une chanson de The Boys of Dungeon Lane, révèle-t-il.
Lorsque John a voulu un autre guitariste, Paul a proposé George : “J’ai ce petit copain.” Pas petit physiquement, précise-t-il, mais jeune, ce qui aurait pu être un problème. Ce n’en a pas été un : George jouait très bien, John a été impressionné, et George a rejoint le groupe. Puis Paul évoque la trajectoire de son ami : “Regardez la vie de George, comme il a grandi, comme il est devenu spirituel.” Nous avons évoqué cet homme dans notre article sur George Harrison et la réunion des Beatles et dans notre portrait du jardinier de Friar Park.
Une spiritualité sans pratique
Et lui, est-il spirituel ? Il n’a pas vraiment de pratique, mais il médite. Il croit en “une puissance”, sans savoir “si c’est un il ou une elle”, mais il sent qu’il y a quelque chose. Il avoue aussi s’être intéressé à The Secret, le livre de développement personnel de Rhonda Byrne sur la loi de l’attraction. “J’étais sur ton tableau de visualisation, et me voilà”, plaisante Amy Poehler.
Des femmes fortes, et la naissance de Stella
Amy Poehler félicite McCartney pour ses enfants, “talentueux, gentils et drôles”, et souligne qu’il a toujours choisi des femmes fortes et indépendantes, ce qui n’est pas toujours le cas des hommes puissants. “C’est drôle, je n’y pense pas comme ça, mais c’est vrai. J’aime quelqu’un qui a une opinion tranchée.”
Placenta praevia et couveuse
“Stella est une pile électrique”, dit-il de sa fille. Puis il raconte sa naissance. Après Mary, née sans difficulté, Linda est enceinte de Stella. À l’hôpital, les médecins diagnostiquent un placenta praevia, une complication qui peut être dangereuse, et pratiquent une césarienne. Tout se passe bien, mais Stella, toute petite, doit être placée en couveuse.
Paul descend alors plusieurs étages pour voir le bébé, puis remonte faire son rapport à Linda. Un jour, Stella fait un petit geste “exactement comme Linda”. Or, elle ne connaissait pas encore sa mère. “Elle n’avait appris aucun tour.” C’était un geste naturel, hérité. Paul remonte en courant : “Stella vient de faire ce truc, et je connais ce truc, c’est le tien.” Stella McCartney est née le 13 septembre 1971, à Londres.
Le premier souvenir de Paul McCartney : sa naissance
Amy Poehler pose alors la question confiée par Stella. Celle-ci pense que l’un de ses premiers souvenirs est la couveuse. Et celui de son père ? McCartney prend une précaution : on ne sait jamais si ces souvenirs sont inventés. Mais il a le sentiment de se souvenir de sa naissance.
“I have this feeling that I kind of remember being born.”
Il est né à Walton Hospital, à Liverpool, un vieil établissement victorien qui, pense-t-il, avait été autre chose avant d’être un hôpital. Il se souvient de carrelage blanc, “très hygiénique”, d’instruments chromés, et d’un bruit métallique. Il est né aux forceps : “Ils ont dû me tirer. Je ne voulais pas sortir.” “On était trop bien là-dedans”, plaisante Amy Poehler, qui révèle être née de la même façon. “Et soudain, quelque chose est entré et vous a serré la tête.”
Le détail est d’autant plus touchant que la mère de Paul, Mary McCartney, était infirmière et sage-femme. Elle avait travaillé dans le service de maternité de Walton Hospital, où elle a accouché le 18 juin 1942. Mary est morte en octobre 1956, lorsque Paul avait 14 ans. Nous avons évoqué la famille McCartney à Liverpool dans notre article sur la maison du 20 Forthlin Road et dans notre récit de la mort de Jim McCartney.
Monkberry Moon Delight, enfin expliqué
Reste la première question de Stella : a-t-il déjà fumé du Monkberry Moon Delight, et sous quoi était-il quand il a écrit la chanson ? “J’étais probablement sous l’effet de quelque chose que j’avais fumé”, admet-il en riant. Mais l’explication est plus douce. Quand les enfants étaient petits, ils ne savaient pas prononcer certains mots. Pour milk, le lait, ils disaient “monk”. “Papa, je peux avoir du monk ?”
McCartney pensait donc à un milk-shake : de milk berry, on passe à monk berry, puis à monk berry moon. “C’est le nom d’un milk-shake dans ma tête.” À partir de là, il s’est “envolé”, d’où les paroles délirantes. “Je repense à ce genre de chanson et je me dis que j’aimerais en écrire de pareilles aujourd’hui. C’était une période loufoque.”
La chanson figure sur Ram, l’album publié en mai 1971 sous le nom de Paul et Linda McCartney, que Stella présente comme son préféré. Elle a été reprise par Screamin’ Jay Hawkins en 1972. L’explication du milk-shake éclaire enfin un titre qui intrigue les fans depuis plus de cinquante ans.
SNL, Lorne Michaels et le chèque de 3 000 dollars
La dernière partie de l’entretien est consacrée au Saturday Night Live. Amy Poehler évoque le sketch de Chris Farley, diffusé en 1993, dans lequel l’humoriste, dans le rôle d’un intervieweur maladroit, se contente de raconter à McCartney ce qu’il a fait. McCartney se souvient surtout de la première fois qu’il a vu l’émission. C’était avec John, qui vivait à New York.
La soirée au Dakota
À l’époque, Lorne Michaels venait d’apparaître à l’antenne pour proposer aux Beatles 3 000 dollars pour se reformer dans l’émission, en réponse aux offres de plusieurs millions qui circulaient alors. John et Paul étaient ensemble chez John, au Dakota. “Tu as vu cette émission ?”, demande John. Et il propose de descendre aux studios, puisque l’émission était en direct, pour faire une surprise. “Pendant une seconde, on allait le faire.” Puis ils se sont dit qu’on était trop bien installés, et ils l’ont regardée à la télévision.
La proposition de Lorne Michaels a été faite le 24 avril 1976, et la soirée de John et Paul devant leur poste est l’une des grandes anecdotes de l’histoire des Beatles. Ce soir-là, ils ont compris pourquoi tout le monde adorait l’émission, devenue “une institution américaine”.
Le garagiste et Martin Short
McCartney avoue adorer qu’on l’intègre aux sketchs. Lors de son dernier passage, il jouait un garagiste aux côtés de Marcello Hernández et de Will Ferrell. Il évoque aussi un sketch de yoga, et un autre avec Martin Short. Il raconte un dîner avec Lorne Michaels et Jimmy Fallon, dans un restaurant bondé : Martin Short arrive en retard et fait semblant de ne pas les trouver, en bousculant les tables et en s’excusant auprès de chaque client, avant de s’écrier : “Ah, vous voilà !” “Hilarant”, résume McCartney.
Les réponses éclair
Avant de conclure, Amy Poehler soumet McCartney à son questionnaire rapide.
| Question | Réponse de Paul McCartney |
|---|---|
| La meilleure décennie pour la musique | Les années 1960 |
| S’il était un animal | Un cheval, “parce que j’adore les chevaux” |
| A-t-il déjà vécu une autre vie ? | “Possiblement”, en tant que roi, “le Malavisé”, en clin d’œil à Ethelred |
| Sa chanson préférée parmi les siennes | Here, There and Everywhere |
| Sa préférée parmi les nouvelles | Days We Left Behind |
| Le dernier concert auquel il a assisté | Brandi Carlile, “une fille très gentille” |
| Les films d’horreur | Non. Les zombies non plus. |
| Ce qui le fait rire | My Favorite Year, la comédie de 1982 avec Peter O’Toole |
Here, There and Everywhere, parue sur Revolver en 1966, est une chanson que McCartney a souvent citée comme l’une de ses préférées, et que John Lennon tenait lui-même pour l’une des plus belles de son partenaire.
Get Back, Tuesday et l’art de faire l’idiot
Amy Poehler revient sur Get Back. En regardant les Beatles écrire, elle a reconnu la méthode des salles d’écriture de comédie : on travaille un peu, puis on fait les idiots, parce qu’on ne peut être original que quelques minutes d’affilée. On reprend les chansons des autres, on fait des bêtises, et c’est ce qui permet de retrouver l’espace créatif.
McCartney confirme : “On était potes depuis des années.” Il raconte comment John, au piano, s’était emparé d’un vers de She Came In Through the Bathroom Window, où il est question d’un coup de téléphone et d’un jour de la semaine. Paul s’était mis à parler au jour de la semaine comme à une personne, “salut, Tuesday, ça va, chérie ?”, et John avait enchaîné en jouant le personnage. Ils pouvaient faire cela parce qu’ils avaient énormément vécu ensemble. Ils avaient fait de l’auto-stop ensemble, dormi dans les mêmes lieux, et cela crée une grande intimité.
La chanson figure sur Abbey Road, en 1969. John et Paul avaient notamment fait le voyage jusqu’à Paris en octobre 1961, pour les 21 ans de John.
L’amour, le romantisme et les zombies
Amy Poehler conclut par ce que McCartney lui a appris, à elle, en tant qu’artiste : “La perte est inévitable, le changement est inévitable, la vie est folle, mais si on arrive à continuer de se diriger vers l’amour, on va dans la bonne direction.” Réponse de McCartney : “C’est tout ce dont vous avez besoin”, en écho évident à All You Need Is Love.
Il se reconnaît romantique. Il aime les films romantiques, pas les films de fusillades, ni les films d’horreur, et surtout pas les zombies. Amy Poehler avoue qu’en cas d’apocalypse zombie, elle prendrait une pilule pour dormir pour toujours. “Je me battrais pour toi”, lui promet McCartney.
My Favorite Year
Ce qui le fait rire ? Les films, et notamment My Favorite Year, une comédie de 1982 réalisée par Richard Benjamin, dans laquelle Peter O’Toole incarne une ancienne vedette de cinéma, alcoolique, invitée d’une émission de variétés en direct dans les années 1950, et confiée à un jeune scénariste chargé de le maintenir sobre. Amy Poehler adore aussi le film. Elle note qu’il y a eu toute une période, dans les années 1980, où les héros de comédie étaient “ivres morts”, comme dans Arthur. Ils terminent l’épisode en regardant ensemble la bande-annonce.
Le coup de fil à maman
L’épisode se termine par une séquence touchante. Amy Poehler n’avait pas dit à ses parents qu’elle allait interviewer Paul McCartney, “parce qu’on ne peut pas me faire confiance avec cette information”. Elle les appelle en direct. Sa mère s’exclame. Elle raconte encore le jour où Paul est venu frapper à la loge de SNL pour lui demander si elle était la mère d’Amy. Son plus grand souvenir des Beatles ? Leur premier passage au Ed Sullivan Show, avec leurs cheveux longs, et son père qui s’en moquait. Elle ne les a jamais vus en concert, seulement les Rolling Stones. Les Beatles sont apparus pour la première fois au Ed Sullivan Show le 9 février 1964, devant plus de 70 millions de téléspectateurs.
Amy Poehler conclut en promettant de surveiller les chiffres d’écoute, pour voir si Paul McCartney battra Paul Rudd, l’un des invités les plus écoutés de son podcast. “Il arrive pour toi, Rudd.”
Ce qu’il faut retenir de l’épisode
Cet entretien n’apporte pas de scoop au sens strict, mais il réunit une série de confidences rarement entendues, ou jamais racontées avec autant de liberté.
Les révélations
- Monkberry Moon Delight est un milk-shake imaginaire, né de la façon dont ses enfants disaient “monk” pour milk.
- Son premier souvenir serait sa propre naissance aux forceps, à Walton Hospital.
- Chez les Beatles, on tranchait les décisions difficiles en se demandant ce qu’en aurait pensé le garçon de 17 ans.
- Down South, sur The Boys of Dungeon Lane, raconte sa rencontre avec George Harrison dans le bus du lycée.
- Il n’ose toujours pas appeler Bob Dylan pour lui proposer une collaboration.
- Il ne se souvient pas de toutes ses chansons, au point d’en avoir oublié une entendue à la radio.
Le ton
Au-delà des anecdotes, l’épisode montre un McCartney détendu, drôle et ému. Il rit des films qui le rapetissent, s’autoparodie en critiquant les tubes actuels et détaille son petit-déjeuner avec le sérieux d’un chef. Il se trouble aussi en évoquant Linda et la grenouille. À 84 ans, l’homme que Stella décrit comme “l’exemple même de l’extraverti” reste avant tout un “playaholic” : quelqu’un pour qui la musique ne sera jamais un travail.
À écouter et à voir
Pour prolonger l’épisode, on peut retrouver sur YouTube l’épisode complet de Good Hang avec Paul McCartney, Days We Left Behind, Down South, Monkberry Moon Delight, Here, There and Everywhere, Mull of Kintyre, le sketch de Chris Farley avec Paul McCartney, l’offre de Lorne Michaels aux Beatles en 1976 et la bande-annonce de Man on the Run.
Disques, livres et films pour aller plus loin
- Paul McCartney, The Boys of Dungeon Lane (2026), avec Days We Left Behind et Down South ;
- Paul et Linda McCartney, Ram (1971), avec Monkberry Moon Delight ;
- Paul McCartney, McCartney (1970), avec la photo de Mary dans la veste au dos de la pochette ;
- Wings: The Story of a Band on the Run, le livre paru en 2025 ;
- Man on the Run, la bande originale du documentaire ;
- The Beatles, Revolver, avec Here, There and Everywhere ;
- The Beatles, Abbey Road, avec She Came In Through the Bathroom Window ;
- The Beatles: Get Back, de Peter Jackson ;
- Paul McCartney, The Lyrics, ses souvenirs autour de 154 chansons ;
- Linda McCartney, Life in Photographs ;
- Nowhere Boy, de Sam Taylor-Wood (2009) ;
- My Favorite Year, avec Peter O’Toole (1982) ;
- Billy Joel, The Stranger, avec Just the Way You Are ;
- Pretenders, le premier album de Chrissie Hynde ;
- Amy Poehler, Yes Please, les mémoires de l’animatrice.
Chronologie
- 18 juin 1942 : naissance de Paul McCartney à Walton Hospital, à Liverpool, aux forceps.
- 2 juin 1953 : couronnement d’Elizabeth II ; Paul a 10 ans.
- Octobre 1956 : mort de sa mère, Mary McCartney.
- Fin des années 1950 : rencontre avec George Harrison dans le bus du lycée ; premières notes de When I’m Sixty-Four.
- Début 1961 : bobineur chez Massey & Coggins, à 7 livres et 14 ou 15 shillings par semaine.
- Octobre 1961 : John et Paul partent à Paris pour les 21 ans de John.
- 9 février 1964 : premier passage des Beatles au Ed Sullivan Show.
- 26 octobre 1965 : les Beatles reçoivent leurs insignes de MBE des mains de la reine.
- 1966 : Revolver, avec Here, There and Everywhere ; achat de High Park Farm, en Écosse.
- 1969 : naissance de Mary McCartney ; photo de Linda montrant Paul et le bébé dans sa veste.
- Avril 1970 : séparation des Beatles ; Paul a 27 ans.
- Mai 1971 : sortie de Ram, avec Monkberry Moon Delight.
- 13 septembre 1971 : naissance de Stella McCartney, par césarienne.
- 24 avril 1976 : Lorne Michaels offre 3 000 dollars aux Beatles ; John et Paul regardent l’émission au Dakota.
- Fin 1977 : Mull of Kintyre, numéro un au Royaume-Uni.
- 1989-1990 : tournée mondiale de Paul McCartney ; Stella a 18 ans.
- 11 mars 1997 : Paul McCartney est fait chevalier par Elizabeth II.
- 17 avril 1998 : mort de Linda McCartney.
- 2009 : sortie de Nowhere Boy.
- Mars 2025 : lancement du podcast Good Hang.
- Février 2026 : Man on the Run, de Morgan Neville, sur Prime Video.
- Mai 2026 : The Boys of Dungeon Lane ; McCartney invité musical de la finale de saison de SNL avec Will Ferrell.
- 30 septembre 2026 : défilé de Stella McCartney à Paris.
- 13 octobre 2026 : mise en ligne de l’épisode de Good Hang avec Paul McCartney.
Questions fréquentes
Quand l’épisode de Good Hang avec Paul McCartney est-il sorti ?
Le 13 octobre 2026, sur Spotify, sur les plateformes de podcasts et sur YouTube. Il dure environ une heure et quart.
Stella McCartney participe-t-elle à l’épisode ?
Oui. Elle s’entretient avec Amy Poehler en ouverture et lui confie deux questions pour son père.
Que signifie Monkberry Moon Delight ?
Selon McCartney, c’est le nom d’un milk-shake imaginaire, inspiré de la façon dont ses enfants disaient “monk” pour milk.
Quel est le premier souvenir de Paul McCartney ?
Il pense se souvenir de sa naissance aux forceps à Walton Hospital, à Liverpool : du carrelage blanc, des instruments chromés, un bruit métallique.
Paul était-il plus grand que John ?
Selon lui, John, George et lui faisaient la même taille, et Ringo était un peu plus petit. Il conteste les films qui le montrent plus petit que John.
Quel est son petit-déjeuner ?
Un peu de céréales, cinq framboises, une poignée de myrtilles et une fraise coupée, avec de l’eau. Quelques noix de pécan et raisins secs les jours de fête.
Avec qui aimerait-il encore collaborer ?
Bob Dylan, mais il dit être trop nerveux pour l’appeler.
Quelle est sa chanson préférée parmi les siennes ?
Here, There and Everywhere, et parmi les nouvelles, Days We Left Behind.
Quelle chanson raconte sa rencontre avec George Harrison ?
Down South, sur l’album The Boys of Dungeon Lane, paru en mai 2026.
Qu’est-ce que la règle du “gamin de 17 ans” ?
Lorsqu’ils hésitaient, les Beatles se demandaient ce qu’en aurait pensé le garçon de 17 ans qu’ils avaient été, plus franc et moins blasé.
Qui sont les “yoga boys” ?
Paul McCartney et Lorne Michaels, le créateur du Saturday Night Live, qui font du yoga ensemble et se surnomment ainsi.
Paul et John ont-ils failli répondre à l’offre de Lorne Michaels ?
Oui. Le 24 avril 1976, ils regardaient l’émission au Dakota et ont envisagé de se rendre aux studios, avant d’y renoncer.
Glossaire
- Good Hang : podcast d’entretiens d’Amy Poehler, produit par The Ringer et Paper Kite, Golden Globe du meilleur podcast en 2026.
- Playaholic : mot-valise de McCartney, accro au jeu, par opposition à workaholic.
- LIPA : Liverpool Institute for Performing Arts, l’école d’arts du spectacle cofondée par McCartney dans son ancien lycée.
- Placenta praevia : complication de la grossesse dans laquelle le placenta recouvre le col de l’utérus.
- SNL : Saturday Night Live, l’émission humoristique de NBC créée par Lorne Michaels en 1975.
- Cowbell : la cloche du célèbre sketch de Will Ferrell, devenu un mème.
- High Park Farm : la ferme des McCartney, près de Campbeltown, en Écosse.
Sources et références
- Good Hang with Amy Poehler, Paul McCartney | Good Hang with Amy Poehler, YouTube, 13 octobre 2026, transcription intégrale.
- The Ringer, Paul McCartney Is Music, 13 octobre 2026.
- Far Out Magazine, Paul McCartney nearly chose coil winding for £7.15 a week instead of The Beatles, 13 octobre 2026.
- PaulMcCartney.com, Man on the Run, the new film.
- Variety Australia, Paul McCartney announces The Boys of Dungeon Lane, mars 2026.
- JamBase, Paul McCartney performs Help! and Drive My Car at SNL, mai 2026.
- Stereogum, Paul McCartney and Will Ferrell SNL promos, mai 2026.
- Sortiraparis, Stella McCartney Spring-Summer 2027.
- Wikipedia, Good Hang with Amy Poehler.
- The Beatles Bible, 17 December 1960: Casbah Coffee Club, pour l’emploi chez Massey & Coggins.
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