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Qui a inventé la coupe des Beatles ? Astrid Kirchherr, Klaus Voormann, Jürgen Vollmer : l’enquête sur la naissance de la frange la plus célèbre du monde

Par Clive Helday
Qui a inventé la coupe des Beatles ? L'enquête complète

Une frange qui tombe sur les sourcils, des cheveux coiffés vers l’avant, une nuque qui couvre le col. En février 1964, quand les Beatles débarquent à New York, leur coupe fait davantage parler les journaux américains que leur musique. On la baptise mop top, la tête de serpillière. Des usines fabriquent des perruques Beatles à la chaîne. Des proviseurs renvoient chez eux les lycéens qui l’imitent. Mais d’où vient cette coiffure ? On répète souvent qu’elle a été inventée par une seule personne, la photographe allemande Astrid Kirchherr, fiancée du premier bassiste du groupe, Stuart Sutcliffe. L’histoire est plus riche, et plus juste. La coupe des Beatles est née dans un petit cercle d’étudiants en art de Hambourg, est passée par plusieurs paires de ciseaux, et n’a été adoptée par John et Paul qu’à Paris, en octobre 1961, dans la chambre d’un ami photographe. Alors qu’une série germano-britannique, Hamburg Days, fait revivre cette époque en 2026, voici l’enquête complète sur la naissance de la frange la plus célèbre du monde.

En bref

  • L’origine : une coiffure portée par les étudiants en art de Hambourg à la fin des années 1950, dont Klaus Voormann et Jürgen Vollmer.
  • Le premier Beatle : Stuart Sutcliffe, coiffé par sa fiancée Astrid Kirchherr, probablement au printemps 1961, pendant le deuxième séjour à Hambourg.
  • George Harrison : suit rapidement. Astrid affirmait l’avoir coiffé elle-même, ce que certains chercheurs contestent.
  • John et Paul : se font couper les cheveux par Jürgen Vollmer à Paris, en octobre 1961, pendant le voyage des 21 ans de John.
  • Pete Best : ne l’adoptera jamais. Ringo Starr la prendra en rejoignant le groupe en août 1962.
  • En 2026 : la série Hamburg Days, coproduite par la ZDF et la BBC, et les films de Sam Mendes annoncés pour 2028 font revivre cette histoire.
  • Quatre correctifs factuels sur l’inventeur unique, Pete Best, la chronologie des séjours à Hambourg et le rôle d’Astrid.

Avant la frange : les Beatles en rockers

Banane, gomina et blousons de cuir

Quand les Beatles arrivent à Hambourg, le 17 août 1960, ils ne ressemblent en rien à l’image que le monde garde d’eux. Ils ont la coiffure des rockers britanniques de l’époque, héritée d’Elvis Presley et des Teddy Boys : les cheveux longs sur le dessus, enduits de gomina, ramenés en arrière en banane, avec un cran sur le front et une nuque en queue de canard. Ils portent des vestes de cuir, des pantalons serrés, des bottes pointues. C’est la tenue des jeunes ouvriers de Liverpool qui écoutent Gene Vincent, Little Richard et Chuck Berry.

Ils sont cinq : John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Stuart Sutcliffe à la basse et Pete Best à la batterie, recruté quelques jours avant le départ. Ils jouent d’abord à l’Indra, puis au Kaiserkeller, deux clubs du quartier de Saint-Pauli, sur la Reeperbahn, pendant des heures chaque nuit, devant des marins, des prostituées et des voyous. Nous avons raconté cette période dans notre histoire du Merseybeat.

Les “exis” entrent au Kaiserkeller

Un soir d’octobre 1960, un jeune graphiste de Hambourg, Klaus Voormann, se dispute avec sa petite amie et part marcher seul sur la Reeperbahn. Il entend de la musique dans une cave, descend au Kaiserkeller, et découvre les Beatles. Fasciné, il revient quelques jours plus tard avec sa petite amie, la photographe Astrid Kirchherr, puis avec leur ami Jürgen Vollmer, étudiant en photographie.

Ces trois jeunes gens appartiennent à un milieu que les Beatles ne connaissent pas : celui des étudiants en art de Hambourg, qu’on surnomme les exis, pour existentialistes. Ils lisent Sartre et Camus, écoutent du jazz, s’habillent en noir, admirent Juliette Gréco et la rive gauche parisienne. Et ils ont une coiffure particulière : des cheveux propres, sans gomina, coiffés vers l’avant, avec une frange. C’est un style répandu dans les écoles d’art allemandes et françaises de la fin des années 1950. Pour des rockers de Liverpool, c’est une révélation.

Hambourg, 1960-1961 : la frange entre dans le groupe

Klaus Voormann, le premier modèle

Astrid Kirchherr l’a raconté elle-même à plusieurs reprises, notamment à la BBC en 1995 : tous ses amis de l’école d’art portaient ce qu’on appellerait plus tard la coupe Beatles. Son premier petit ami, Klaus Voormann, avait des oreilles décollées. Elle avait eu l’idée de laisser pousser ses cheveux par-dessus pour les cacher, et le résultat était très beau. Quand les Beatles ont vu Klaus, Stuart a été le premier à dire qu’il voulait cette coiffure.

En Allemagne, dira-t-elle, on parlait d’ailleurs de coupe Klaus plutôt que de coupe Beatles. Klaus Voormann, né le 29 avril 1938, deviendra plus tard l’un des plus proches amis des Beatles, bassiste du Plastic Ono Band et de nombreux disques solo, et dessinateur de la pochette de Revolver en 1966, récompensée par un Grammy. Il a 88 ans en 2026.

Astrid et Stuart

Astrid Kirchherr est née le 20 mai 1938 à Hambourg. Elle a étudié la photographie et travaille comme assistante du photographe Reinhart Wolf. Quelques jours après sa première visite au Kaiserkeller, elle demande aux Beatles de poser pour elle. Elle les photographie dans une fête foraine, le Dom, sur l’Heiligengeistfeld, en noir et blanc, avec un sens de la lumière et du cadre qui en fait aujourd’hui les plus belles images de leurs débuts.

Entre Astrid et Stuart Sutcliffe, le coup de foudre est immédiat. Stuart est un peintre de grand talent, ancien élève du Liverpool College of Art, devenu bassiste des Beatles à la demande de John plus que par vocation. Ils ne parlent pas la même langue et communiquent à l’aide d’un dictionnaire. En novembre 1960, quelques semaines à peine après leur rencontre, ils se fiancent. Astrid quitte Klaus, qui restera pourtant leur ami.

La coupe de Stuart

C’est donc Stuart, le Beatle le plus proche du milieu artistique hambourgeois, qui adopte le premier la nouvelle coiffure. Astrid lui lave les cheveux, retire la gomina, et coupe sa banane pour la rabattre vers l’avant. Les dates varient selon les sources : la plupart situent la scène au printemps 1961, pendant le deuxième séjour des Beatles à Hambourg, au Top Ten Club. Quand Stuart arrive ainsi coiffé, John, Paul et George se moquent de lui. Le biographe David Bedford, ancien responsable du fan-club de Stuart, a raconté en 2020 que les trois autres avaient ri de lui avant de finir par l’imiter.

Stuart adopte aussi d’autres éléments du style d’Astrid : des vestes sans col inspirées de Pierre Cardin, des pantalons étroits, des chemises sombres. Il ressemble de plus en plus à un étudiant parisien qu’à un rocker de Liverpool. Il s’éloigne aussi de la musique. Il s’inscrit à l’école des beaux-arts de Hambourg, dans la classe du sculpteur Eduardo Paolozzi, et quitte les Beatles à l’été 1961 pour rester avec Astrid. Nous avons raconté son départ dans notre article sur les départs qui ont précédé la séparation et sa rivalité avec Paul dans notre enquête sur la bagarre de Hambourg.

Correctif factuel n° 1 — La coupe des Beatles n’a pas été inventée par une seule personne

On lit très souvent que la coupe des Beatles a été inventée par une seule personne, Astrid Kirchherr. Astrid elle-même a toujours refusé ce mérite. Elle expliquait que cette coiffure était déjà portée par tous les étudiants de son école d’art, et que son petit ami Klaus Voormann l’avait avant les Beatles. Elle a coupé les cheveux de Stuart Sutcliffe, puis, selon elle, ceux de George Harrison. Mais John Lennon et Paul McCartney ont été coiffés par un autre ami de Hambourg, Jürgen Vollmer, à Paris, en octobre 1961. Paul l’a résumé d’une formule : la coupe Beatles était en réalité une coupe Jürgen. La vérité est donc collective : un style venu des écoles d’art, transmis par trois amis allemands, et adopté par les Beatles en plusieurs étapes.

George, le deuxième

George Harrison suit Stuart assez vite. Astrid a toujours affirmé qu’il était venu la voir pour lui demander la même coupe, et qu’elle la lui avait faite elle-même. D’autres témoignages et quelques chercheurs contestent ce point, et pensent que George a été coiffé un peu plus tard, à Liverpool, après le retour de John et Paul de Paris. Les photographies de l’époque ne permettent pas de trancher avec certitude. Ce qui est sûr, c’est que George, le plus jeune, est aussi le plus ouvert à la nouvelle mode, et qu’il adopte la frange avant John et Paul.

Le chaos du premier séjour : expulsions et retour à Liverpool

Novembre-décembre 1960 : George, Paul et Pete expulsés

La chronologie de ces mois est souvent embrouillée. Elle mérite d’être rétablie, parce qu’elle explique pourquoi Stuart, et non les autres, a été le premier à changer de tête. Le premier séjour à Hambourg se termine dans la confusion. Fin novembre 1960, la police découvre que George n’a que 17 ans, alors qu’il est interdit aux moins de 18 ans de travailler dans les clubs après minuit. Il est expulsé. Quelques jours plus tard, Paul et Pete sont arrêtés, accusés d’avoir mis le feu à leur logement de fortune, derrière l’écran du cinéma Bambi Kino, alors qu’ils avaient simplement enflammé un préservatif pour s’éclairer en rassemblant leurs affaires. Ils sont expulsés à leur tour.

John, qui n’est pas mis en cause, se retrouve seul et rentre en Angleterre par ses propres moyens, dans un voyage que nous avons raconté dans notre récit de son retour solitaire de décembre 1960. Stuart, lui, reste quelques semaines de plus à Hambourg, auprès d’Astrid, avant de rentrer à son tour.

Correctif factuel n° 2 — Les expulsions ont eu lieu lors du premier séjour, pas du troisième

On lit parfois que George, Paul et Pete ont été expulsés d’Allemagne pendant le troisième séjour des Beatles à Hambourg. C’est inexact. Les expulsions ont eu lieu à la fin du premier séjour, en novembre et décembre 1960. Le deuxième séjour, au Top Ten Club, s’est déroulé d’avril à juillet 1961, et c’est à son issue que Stuart a quitté le groupe. Le troisième, à l’ouverture du Star-Club en avril 1962, a été endeuillé par la mort de Stuart, survenue le 10 avril 1962, la veille de l’arrivée de John, Paul et Pete à Hambourg.

Avril 1961 : le Top Ten Club

Les Beatles reviennent à Hambourg le 1er avril 1961, pour un contrat de trois mois au Top Ten Club. C’est pendant ce séjour qu’ils enregistrent, en juin, comme groupe d’accompagnement du chanteur Tony Sheridan, leur premier disque professionnel, My Bonnie, sous la direction de Bert Kaempfert. C’est aussi pendant ce séjour, selon la plupart des sources, qu’Astrid coiffe Stuart, que George l’imite, et que John et Paul commencent à hésiter. Mais ils ne franchissent pas encore le pas.

Jürgen Vollmer photographie les Beatles pendant ce séjour, dans les rues de Saint-Pauli. L’une de ses images les plus célèbres, John adossé à une porte de Hambourg pendant que Paul, George et Stuart passent flous devant lui, deviendra en 1975 la pochette de l’album Rock ‘n’ Roll de John Lennon. Sur la photo, John porte encore la banane.

Paris, octobre 1961 : la coupe Jürgen

Cent livres pour un anniversaire

Le 9 octobre 1961, John Lennon fête ses 21 ans. Sa tante Elizabeth, qui vit en Écosse, lui offre cent livres, une somme considérable pour un musicien de Liverpool. John décide de partir en voyage avec Paul. Les deux amis prennent la route vers l’Espagne, et s’arrêtent finalement à Paris, où ils passent une quinzaine de jours à traîner dans les cafés et les clubs, jusqu’à épuisement de l’argent.

À Paris, ils retrouvent Jürgen Vollmer. Le photographe a quitté Hambourg au printemps 1961 pour devenir l’assistant du photographe et cinéaste américain William Klein. Il vit sur la rive gauche, au milieu des artistes et des beatniks que fascinait déjà Astrid. Et il porte toujours sa frange.

Dans la chambre de Jürgen

John et Paul lui demandent de leur couper les cheveux comme les siens. Jürgen accepte et les coiffe chez lui. John le racontera dans The Beatles Anthology : Jürgen avait une coiffure aplatie, avec une frange sur le devant, qui leur plaisait beaucoup ; ils sont allés chez lui, et il leur a coupé les cheveux dans le même style, sur-le-champ. Paul l’a confirmé à de nombreuses reprises, et l’a résumé dans une formule reprise par l’éditeur Genesis Publications : la coupe Beatles était en réalité une coupe Jürgen.

Ce moment parisien est le vrai baptême de la coupe Beatles. Stuart, déjà coiffé à l’allemande, n’est plus dans le groupe. George l’a adoptée. John et Paul, les deux leaders, s’y convertissent. Quand ils rentrent à Liverpool, à la fin d’octobre 1961, quatre des cinq musiciens qui ont fait les Beatles à Hambourg portent désormais la frange. Il ne manque que le batteur.

Pourquoi Paris a compté

Il y a quelque chose de symbolique dans le fait que la coupe Beatles ait été adoptée à Paris. Les exis de Hambourg rêvaient de la rive gauche, de Sartre, de Gréco, des caves de Saint-Germain-des-Prés. Jürgen Vollmer y vivait. Et c’est là que John et Paul, deux rockers de Liverpool, deviennent à moitié des existentialistes, du moins en apparence. Le look des Beatles de 1963, frange, costumes sans col, bottines, est un mélange de rock anglais et de bohème continentale. Ce mélange est né entre Hambourg et Paris.

1962 : Pete Best, Brian Epstein et Ringo Starr

Le batteur qui gardait sa banane

Le seul membre du groupe qui ne change pas de coiffure est Pete Best. Il garde sa banane bouclée, à la manière de James Dean, et devient ainsi, sur les photos de 1961 et 1962, le Beatle qui ne ressemble pas aux autres. Les explications divergent. Astrid a dit que ses cheveux étaient trop bouclés pour que la coupe fonctionne. Pete, lui, a expliqué plus simplement que personne ne lui avait jamais proposé de s’aligner. Les biographes ont souvent vu dans ce détail le signe de sa distance avec les trois autres, qui passaient leurs nuits ensemble pendant qu’il rentrait chez lui.

Le 16 août 1962, Brian Epstein annonce à Pete qu’il est renvoyé. Les raisons officielles et officieuses ont fait couler beaucoup d’encre, de la qualité de son jeu de batterie à sa popularité auprès des fans. La coiffure n’en était évidemment pas la cause. Mais elle symbolise l’écart entre un batteur resté rocker et un groupe qui avait déjà changé d’image. Nous avons évoqué ces années dans notre article sur l’audition Decca du 1er janvier 1962.

Correctif factuel n° 3 — Pete Best n’a jamais adopté la coupe des Beatles

On lit parfois que John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et l’ancien batteur Pete Best ont tous adopté la coupe inspirée par Astrid Kirchherr. C’est faux pour Pete Best. Il est le seul membre des Beatles de l’époque de Hambourg à avoir conservé sa coiffure de rocker jusqu’à son renvoi en août 1962. C’est Ringo Starr, son remplaçant, qui complète l’image du groupe en adoptant la frange à son arrivée.

Brian Epstein et les costumes

Quand Brian Epstein devient le manager des Beatles, en janvier 1962, il a une idée précise de ce qu’il faut changer pour les faire signer par une maison de disques. Il garde la frange, qu’il trouve originale, mais remplace les blousons de cuir par des costumes. Les premiers sont confectionnés au printemps 1962 par le tailleur Beno Dorn, à Birkenhead. Les célèbres vestes sans col, inspirées de Pierre Cardin et de celles que portait déjà Stuart, apparaîtront en 1963, réalisées par le tailleur londonien Dougie Millings. La frange et la veste sans col forment désormais un ensemble cohérent, qui vient tout droit du style des exis de Hambourg.

Ringo coupe sa barbe et sa banane

Le 18 août 1962, Ringo Starr, batteur de Rory Storm and the Hurricanes, rejoint les Beatles. Il porte alors une barbe et une mèche grise caractéristique. Pour entrer dans le groupe, il doit se raser la barbe et adopter la coupe des autres, tout en gardant ses favoris. Ringo racontera qu’il n’a pas eu le choix. Nous avons raconté ses années précédentes dans notre histoire de Rory Storm and the Hurricanes. À partir de cette date, les quatre Beatles ont la même tête. L’image qui va conquérir le monde est prête.

1963-1964 : la mop top devient un phénomène mondial

Beatlemania et coupe au bol

En 1963, avec Please Please Me, She Loves You et I Want to Hold Your Hand, les Beatles deviennent le phénomène musical du Royaume-Uni. Leur coiffure devient instantanément reconnaissable. La presse britannique la baptise mop top, tête de serpillière, ou parle de coupe au bol. Des salons de coiffure proposent la coupe Beatles. Des lycées renvoient les élèves qui l’imitent, au nom de la décence.

New York, février 1964 : “J’en ai eu une hier”

Le 7 février 1964, les Beatles atterrissent à l’aéroport de New York, que l’on vient de rebaptiser John F. Kennedy. La conférence de presse tourne au numéro comique. Un journaliste demande s’ils vont se faire couper les cheveux. George répond qu’il s’en est fait couper la veille. Deux jours plus tard, le 9 février, 73 millions de téléspectateurs les découvrent dans The Ed Sullivan Show. Pour beaucoup d’Américains, c’est d’abord leur coiffure qui choque.

Le commerce suit aussitôt. La Lowell Toy Manufacturing Corporation de New York fabrique des perruques Beatles, l’un des premiers produits dérivés sous licence du groupe, vendues par centaines de milliers. Des jeunes Américains, puis des millions d’adolescents dans le monde, laissent pousser leurs cheveux. La frange devient le signe de ralliement d’une génération.

“Arthur” : la réponse du film

Les Beatles ont vite compris le ridicule de cette obsession, et en ont fait un sujet de plaisanterie. Dans A Hard Day’s Night, sorti en juillet 1964, une journaliste demande à George comment il appelle sa coiffure. Il répond : Arthur. Paul, de son côté, a résumé la situation avec modestie, dans une réponse à CBS : ils n’avaient pas lancé la mode, mais ils l’avaient sans doute popularisée.

Correctif factuel n° 4 — Les Beatles n’ont pas inventé la frange

La coupe des Beatles n’était pas une invention. Des cheveux coiffés vers l’avant avec une frange existaient depuis longtemps, et étaient à la mode chez les étudiants en art d’Allemagne et de France à la fin des années 1950. Astrid Kirchherr qualifiait de sottises toutes les histoires qui lui attribuaient l’invention de cette coiffure. Ce que les Beatles ont fait, c’est la transporter d’un petit milieu artistique de Hambourg vers le grand public mondial. Paul McCartney l’a reconnu lui-même : ils n’ont pas créé la mode, ils l’ont popularisée.

1965-1970 : la frange disparaît

Des cheveux plus longs, puis la moustache

La mop top ne reste pas figée longtemps. Dès 1965, à l’époque de Help! et de Rubber Soul, les cheveux des Beatles s’allongent et couvrent davantage les oreilles. En septembre 1966, John se fait couper les cheveux très court et adopte les lunettes rondes pour tourner How I Won the War de Richard Lester, en Allemagne puis en Espagne. À la fin de 1966 et au début de 1967, les quatre Beatles se laissent pousser la moustache, qu’ils portent sur la pochette de Sgt. Pepper. La frange de 1963 appartient déjà au passé.

Barbes et cheveux longs

En 1968 et 1969, les cheveux s’allongent encore. Sur la pochette d’Abbey Road, photographiée le 8 août 1969, John porte les cheveux aux épaules et une barbe, George et Ringo aussi. Le 20 janvier 1970, au Danemark, John et Yoko se font couper les cheveux très court. Leurs cheveux sont offerts au militant Michael X, en échange d’un short de boxe de Muhammad Ali, pour une vente au profit de son centre culturel de Londres. La coupe Beatles est morte. Mais elle a déjà changé l’histoire de la coiffure masculine.

Le coiffeur des Beatles

Dans la deuxième moitié des années 1960, les Beatles ont aussi leurs coiffeurs attitrés, dont le plus connu est Leslie Cavendish, formé chez Vidal Sassoon, qui coiffait Paul et a dirigé un salon lié à Apple sur King’s Road. Mais aucun d’eux ne peut revendiquer la coupe d’origine. Celle-ci reste attachée à Hambourg, à Paris, et à trois jeunes Allemands.

Au-delà de la coiffure : ce que Hambourg a donné à l’image des Beatles

La lumière d’Astrid et la pochette de With the Beatles

La frange n’est pas le seul héritage du cercle de Hambourg. Les photographies d’Astrid Kirchherr ont elles aussi façonné l’image du groupe. Pendant l’hiver 1961-1962, elle photographie John et George dans son studio, en portraits très contrastés, le visage à moitié dans l’ombre, sur fond sombre. Ces images, d’une gravité inhabituelle pour de jeunes rockers, impressionnent les Beatles.

Quand, en août 1963, le photographe Robert Freeman réalise la pochette de leur deuxième album, With the Beatles, il photographie les quatre musiciens en noir et blanc, en col roulé, le visage à moitié éclairé, dans un couloir d’hôtel de Bournemouth. Les Beatles lui ont montré les photos de Hambourg, et l’influence est évidente. La pochette, publiée le 22 novembre 1963, devient l’une des plus imitées de l’histoire du rock. L’esthétique des exis, ombre, noir et blanc, sérieux, frange, entre ainsi dans des millions de foyers britanniques.

Les vestes sans col et les bottines

Le reste de l’uniforme des Beatles de 1963 vient aussi en partie de ce milieu. Les vestes sans col que Stuart portait à Hambourg, inspirées des créations de Pierre Cardin, deviennent la signature des costumes du groupe. Les bottines à talon cubain, qu’on appellera vite Beatle boots, viennent d’un bottier londonien, mais complètent la silhouette élancée et nette que les exis avaient opposée aux blousons de cuir. En deux ans, les Beatles passent de rockers de banlieue à jeunes gens à la mode, sans perdre leur humour de Liverpool. Ce mélange est leur force.

Une coiffure qui a changé la société

Il est difficile, aujourd’hui, de mesurer le choc provoqué par quelques centimètres de cheveux. Au début des années 1960, la norme masculine, en Grande-Bretagne comme aux États-Unis ou en France, est celle des cheveux courts, dégagés autour des oreilles. Des cheveux qui couvrent le front et le col passent pour efféminés, négligés, voire subversifs. Quand les adolescents imitent les Beatles, des parents s’indignent, des proviseurs renvoient des élèves, des employeurs exigent une coupe réglementaire.

La frange des Beatles ouvre ainsi une brèche que le reste des années 1960 élargira, des Rolling Stones aux hippies de 1967, jusqu’aux cheveux longs de Woodstock. Elle est l’un des premiers signes visibles de la rupture entre la jeunesse du baby-boom et la génération de ses parents. C’est sans doute la plus grande ironie de l’histoire : une coiffure d’étudiants en art, adoptée par jeu à Hambourg et à Paris, est devenue l’un des symboles de la révolution culturelle du XXe siècle.

Et en France ?

En France, la coupe Beatles arrive avec la vague yé-yé. Les Beatles jouent à l’Olympia de Paris du 16 janvier au 4 février 1964, quelques jours avant leur arrivée à New York. La presse française s’intéresse autant à leurs cheveux qu’à leur musique. Les groupes français de l’époque adoptent la frange, et les coiffeurs proposent la coupe Beatles. Il y a là une forme de retour : la frange, que John et Paul avaient adoptée à Paris deux ans et demi plus tôt, revenait dans la ville où elle leur avait été coupée. Nous avons raconté la réception des Beatles en France dans notre histoire des Beatles chantés en français.

Que sont-ils devenus ?

Astrid Kirchherr, la photographe

Après la mort de Stuart, le 10 avril 1962, Astrid reste proche des Beatles. Elle les photographie à nouveau, notamment à Hambourg et sur le tournage de A Hard Day’s Night en 1964, puis s’éloigne progressivement de la photographie. Elle épouse en 1967 le batteur Gibson Kemp, ancien membre de Rory Storm and the Hurricanes et des Paddy, Klaus and Gibson avec Klaus Voormann, comme nous le rappelions dans notre histoire de l’écurie de Brian Epstein. Elle travaille ensuite comme décoratrice d’intérieur, puis tient une boutique de photographie à Hambourg. Son livre Hamburg Days, publié avec Klaus Voormann chez Genesis en 1999, rassemble ses photographies et les dessins de Klaus.

Elle n’a jamais aimé qu’on la présente comme l’inventrice de la coupe Beatles. Elle préférait qu’on se souvienne de ses photographies. Elle meurt à Hambourg le 12 mai 2020, à 81 ans, quelques jours avant son 82e anniversaire. Pete Best fut l’un des premiers à saluer sa mémoire. Nous avons consacré à la mort de Stuart une longue enquête, la vraie chronologie d’avril 1962.

Stuart Sutcliffe, le peintre derrière la frange

On oublie souvent que le premier Beatle à porter la frange était avant tout un peintre. Né le 23 juin 1940 à Édimbourg, Stuart Sutcliffe est l’un des étudiants les plus doués du Liverpool College of Art, où il se lie d’amitié avec John. En 1959, l’une de ses toiles est retenue pour la John Moores Exhibition, à la Walker Art Gallery de Liverpool, et achetée par le mécène John Moores lui-même. Avec l’argent de cette vente, il achète une basse Höfner, sur les conseils de John, et entre dans le groupe sans vraiment savoir en jouer.

Sa frange, ses lunettes noires, ses vestes sans col font de lui, à Hambourg, l’incarnation du jeune artiste existentialiste. Il écrit à sa famille qu’on le surnomme le James Dean de Hambourg. Ses toiles abstraites des années 1961-1962, peintes dans le grenier de la maison d’Astrid, témoignent d’un talent que sa mort précoce a interrompu. Plusieurs de ses œuvres ont été exposées depuis, à Liverpool, à Hambourg et à Londres. Dans l’histoire des Beatles, il reste le musicien qui a ouvert la voie au style du groupe sans jamais connaître la gloire. La coupe qui porte le nom des Beatles aurait pu s’appeler la coupe Stuart.

Jürgen Vollmer, de Paris à Hollywood

Né le 11 juillet 1939 à Hambourg, Jürgen Vollmer a mené une longue carrière de photographe. Après Paris, où il a vécu une dizaine d’années, il est parti pour New York puis pour Hollywood, où il est devenu photographe de plateau. Il a photographié Rudolf Noureev, Jeanne Moreau, Robert Redford, Nastassja Kinski, Madonna ou Arnold Schwarzenegger, et publié plusieurs livres, dont Rock ‘n’ Roll Times en 1979, avec une préface de John Lennon, et From Hamburg to Hollywood chez Genesis Publications en 1997. Lennon y écrivait que Jürgen avait été le premier photographe à saisir la beauté et l’esprit des Beatles. Il est revenu vivre en Europe au milieu des années 1990.

Klaus Voormann, l’ami de toujours

Klaus Voormann est le seul des trois à être resté musicalement lié aux Beatles. Installé à Londres, il dessine la pochette de Revolver en 1966, joue de la basse sur John Lennon/Plastic Ono Band, Imagine, All Things Must Pass, au Concert pour le Bangladesh et sur de nombreux disques de Ringo. Il a aussi dessiné la pochette d’Anthology en 1995. À 88 ans, il reste l’un des derniers témoins vivants des années de Hambourg.

2026 : Hamburg Days, la série qui rejoue la naissance de la frange

Une série ZDF et BBC

L’histoire de la coupe Beatles et du petit cercle de Hambourg revient à l’écran en 2026. La chaîne allemande ZDF et la BBC coproduisent une série en six épisodes, Hamburg Days, consacrée aux débuts des Beatles à Saint-Pauli. Le tournage a commencé au début du mois de mai 2026. Il a été brutalement interrompu par la mort soudaine de la jeune actrice Luna Jordan, qui devait incarner Astrid Kirchherr. En juin, la production a annoncé que le rôle était repris par Lea Drinda.

La distribution réunit Rhys Mannion en John Lennon, Ellis Murphy en Paul McCartney, Harvey Brett en George Harrison, Louis Landau en Stuart Sutcliffe, Paddy Gilmore en Pete Best et Louis McCartney en Ringo Starr, avec Asa Butterfield en Brian Epstein et Jonny Lee Miller en Jim McCartney. Le titre de la série reprend celui du livre d’Astrid et de Klaus Voormann. La scène où Astrid coupe les cheveux de Stuart en sera, à n’en pas douter, l’un des moments attendus. Nous évoquions cette production dans notre article sur Lord Woodbine.

Les films de Sam Mendes

La même histoire sera racontée au cinéma par Sam Mendes, dans un ensemble de quatre films consacrés chacun à un Beatle, attendus en avril 2028. Stuart Sutcliffe y sera incarné par Harry Lawtey. Nous avons fait le point sur ce projet dans notre article sur les films de Sam Mendes.

Ce ne sera pas la première fois. En 1994, le film Backbeat d’Iain Softley avait raconté l’histoire de Stuart et d’Astrid, avec Stephen Dorff et Sheryl Lee dans les rôles principaux, et Ian Hart en John Lennon. Astrid avait salué la justesse du film.

Pourquoi l’histoire a-t-elle été simplifiée ?

Comment se fabrique une légende

Si la vérité est collective, pourquoi tant d’articles répètent-ils que la coupe des Beatles a été inspirée par une seule personne ? La réponse tient à la manière dont l’histoire des Beatles s’est écrite. Dans les années 1964-1968, au plus fort de la Beatlemania, la presse et les premiers livres racontent des versions approximatives, souvent tirées d’anecdotes de George, sans nommer les amis allemands. La première mention claire du rôle de Jürgen Vollmer apparaît dans la biographie autorisée de Hunter Davies, The Beatles, en 1968 : à Paris, écrit-il, John et Paul ont retrouvé Jürgen, et c’est pendant ce séjour que John a enfin coiffé ses cheveux vers l’avant.

Le rôle d’Astrid n’apparaît que plus tard, dans les livres des années 1970, puis prend une place croissante. Le film Backbeat, en 1994, centré sur son histoire d’amour avec Stuart, fixe définitivement dans l’imaginaire collectif l’image d’Astrid coupant les cheveux de son fiancé. L’histoire est belle, cinématographique, romantique. Elle éclipse peu à peu le rôle de Jürgen à Paris et celui de Klaus, le premier modèle.

Une histoire d’amour plutôt qu’une histoire de mode

Il y a aussi une raison plus humaine. L’histoire de Stuart et d’Astrid est tragique : deux jeunes artistes qui tombent amoureux en quelques jours, se fiancent en quelques semaines, et sont séparés par la mort de Stuart à 21 ans. Il est tentant de lui attribuer l’origine de la coupe la plus célèbre du monde, comme si le geste intime d’une fiancée coupant les cheveux de son amoureux avait donné naissance à la Beatlemania. Les journalistes et les scénaristes ont naturellement privilégié ce récit.

Astrid, elle, a toujours refusé ce rôle. Elle répétait qu’elle n’avait rien inventé, que tous les garçons de son école portaient cette coiffure, et qu’elle préférait qu’on parle de ses photographies. Il y a dans cette modestie une forme d’honnêteté qui mérite d’être respectée. La rendre seule responsable de la coupe, c’est paradoxalement aller contre ce qu’elle a toujours dit.

Ce que disent les historiens

Les historiens des Beatles les plus rigoureux, de Mark Lewisohn aux chercheurs qui ont dépouillé les sources de l’époque, retiennent aujourd’hui un récit en plusieurs temps : un style répandu chez les étudiants en art de Hambourg, porté par Klaus Voormann et Jürgen Vollmer ; Stuart Sutcliffe coiffé par Astrid ; George qui suit ; John et Paul coiffés par Jürgen à Paris ; Ringo qui s’aligne en 1962. C’est moins spectaculaire qu’une inventrice unique. C’est aussi plus intéressant, car cela montre comment une mode circule, d’un petit groupe d’amis à une génération entière.

Ce qu’il faut retenir

La coupe des Beatles n’a pas été inspirée par une seule personne. Elle venait des écoles d’art de Hambourg, où Klaus Voormann et Jürgen Vollmer la portaient déjà. Astrid Kirchherr l’a transmise à Stuart Sutcliffe, puis sans doute à George Harrison. Jürgen Vollmer l’a offerte à John et Paul à Paris, en octobre 1961. Pete Best ne l’a jamais adoptée, Ringo l’a prise en arrivant. Les Beatles n’ont pas inventé la frange : ils l’ont fait connaître au monde entier.

Il y a dans cette histoire quelque chose de très beau. La coiffure qui a symbolisé la Beatlemania, l’explosion de la culture pop britannique, est née chez de jeunes Allemands qui, quinze ans après la guerre, rêvaient de Paris et de Sartre. La première image des Beatles est européenne avant d’être anglaise.

Chronologie : la naissance de la coupe Beatles

Date Événement
Fin des années 1950 La frange est à la mode chez les étudiants en art de Hambourg
17 août 1960 Arrivée des Beatles à Hambourg
Octobre 1960 Klaus Voormann, Astrid Kirchherr et Jürgen Vollmer découvrent les Beatles au Kaiserkeller
Novembre 1960 Fiançailles d’Astrid et de Stuart ; expulsion de George
Début décembre 1960 Expulsion de Paul et Pete ; retour de John
1er avril 1961 Début du deuxième séjour, au Top Ten Club
Printemps 1961 Astrid coupe les cheveux de Stuart ; George suit
Juin 1961 Enregistrement de My Bonnie avec Tony Sheridan
Été 1961 Stuart quitte les Beatles et reste à Hambourg
Octobre 1961 À Paris, Jürgen Vollmer coupe les cheveux de John et Paul
Janvier 1962 Brian Epstein devient manager ; les costumes remplacent le cuir
10 avril 1962 Mort de Stuart Sutcliffe à Hambourg, à 21 ans
16 août 1962 Renvoi de Pete Best, qui n’a jamais adopté la frange
18 août 1962 Ringo Starr rejoint le groupe et adopte la coupe
7-9 février 1964 Arrivée à New York et Ed Sullivan Show
Juillet 1964 A Hard Day’s Night : George baptise sa coiffure Arthur
Septembre 1966 John se fait couper les cheveux court pour How I Won the War
20 janvier 1970 John et Yoko se font raser les cheveux au Danemark
1994 Sortie du film Backbeat
12 mai 2020 Mort d’Astrid Kirchherr à Hambourg
Mai-juin 2026 Tournage de Hamburg Days ; Lea Drinda reprend le rôle d’Astrid
Avril 2028 Sortie annoncée des films de Sam Mendes

Pour aller plus loin : voir, écouter, lire

À voir sur YouTube

À écouter et à lire

  • Jürgen Vollmer, From Hamburg to Hollywood (Genesis, 1997) : le livre.
  • Astrid Kirchherr et Klaus Voormann, Hamburg Days (Genesis, 1999) : le livre.
  • Jürgen Vollmer, The Beatles in Hamburg (2004) : le livre.
  • Mark Lewisohn, Tune In, la biographie de référence sur les années de Hambourg : le livre.
  • John Lennon, Rock ‘n’ Roll (1975), dont la pochette est une photographie de Jürgen Vollmer : en CD et vinyle.
  • Backbeat (1994), le film d’Iain Softley : en DVD et Blu-ray.

Questions fréquentes

Qui a inventé la coupe des Beatles ?

Personne en particulier. La coiffure était à la mode chez les étudiants en art de Hambourg. Astrid Kirchherr l’a transmise à Stuart Sutcliffe, et Jürgen Vollmer l’a coupée à John Lennon et Paul McCartney à Paris.

Astrid Kirchherr a-t-elle coupé les cheveux des Beatles ?

Elle a coupé ceux de Stuart Sutcliffe et, selon elle, ceux de George Harrison. Elle n’a pas coupé ceux de John et Paul.

Qui a coupé les cheveux de John et Paul ?

Le photographe allemand Jürgen Vollmer, à Paris, en octobre 1961.

Pourquoi John et Paul étaient-ils à Paris ?

Pour fêter les 21 ans de John, grâce aux cent livres offertes par sa tante Elizabeth.

Pete Best avait-il la coupe des Beatles ?

Non. Il a gardé sa banane de rocker jusqu’à son renvoi en août 1962.

Quand Ringo a-t-il adopté la coupe ?

En rejoignant les Beatles, le 18 août 1962. Il a dû se raser la barbe.

Pourquoi l’appelle-t-on mop top ?

Parce que la presse britannique comparait la coiffure à une tête de serpillière.

Qui était Klaus Voormann ?

Un graphiste et musicien allemand, ami des Beatles depuis 1960, auteur de la pochette de Revolver et bassiste de John Lennon et de George Harrison.

Quand Stuart Sutcliffe est-il mort ?

Le 10 avril 1962, à Hambourg, d’une hémorragie cérébrale, à 21 ans.

Quand Astrid Kirchherr est-elle morte ?

Le 12 mai 2020, à Hambourg, à 81 ans.

Qu’est-ce que la série Hamburg Days ?

Une série ZDF et BBC en six épisodes, tournée en 2026, sur les débuts des Beatles à Hambourg, avec Lea Drinda dans le rôle d’Astrid Kirchherr.

Glossaire

  • Mop top : surnom de la coupe des Beatles, littéralement tête de serpillière.
  • Exis : surnom des étudiants en art existentialistes de Hambourg.
  • Banane : coiffure de rocker, cheveux gominés ramenés en arrière avec un volume sur le front.
  • Kaiserkeller, Top Ten Club, Star-Club : les clubs de Hambourg où ont joué les Beatles de 1960 à 1962.
  • Reeperbahn : l’avenue principale du quartier de Saint-Pauli, à Hambourg.

Sources et références

Astrid Kirchherr, entretiens BBC (1995) et NPR ; Keith Badman, The Beatles Off the Record ; Jürgen Vollmer, From Hamburg to Hollywood ; The Beatles Anthology ; David Bedford, podcast Beatles City (2020) ; Mark Lewisohn, Tune In ; CBS News ; Mental Floss ; Beatles Story ; ZDF, Promiflash et Serienjunkies sur la série Hamburg Days (juin 2026) ; presse allemande sur les films de Sam Mendes.

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