Rockestra : le jour où Paul McCartney a réuni les Who, Pink Floyd et Led Zeppelin à Abbey Road
Le 3 octobre 1978, Paul McCartney a réalisé dans le studio Two d’Abbey Road un fantasme de fan de rock : réunir, le temps d’une journée, des membres des Who, de Pink Floyd, de Led Zeppelin, des Faces, des Shadows, de Procol Harum et des Attractions autour de Wings. De cette séance filmée en secret sont sortis deux titres de Back to the Egg, dont Rockestra Theme, récompensé par un Grammy en 1980, et un unique concert, le 29 décembre 1979 au Hammersmith Odeon, qui fut aussi le dernier de Wings. Voici l’histoire complète du Rockestra, avec ceux qui sont venus, ceux qui ont dit non, et les erreurs qui circulent encore sur cette journée.
En bref
- Quand et où : mardi 3 octobre 1978, studio Two d’Abbey Road, de 10 h 30 à 18 h 30, avec des retouches les jours suivants.
- Qui : une vingtaine de musiciens, dont Pete Townshend, David Gilmour, Hank Marvin, John Bonham, John Paul Jones, Ronnie Lane, Kenney Jones, Bruce Thomas et Gary Brooker, autour de Paul, Linda, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holley.
- Les absents : Keith Moon, mort le 7 septembre 1978 ; Ringo Starr, à l’étranger ; Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, qui ne sont pas venus.
- Les titres : Rockestra Theme et So Glad to See You Here, publiés sur Back to the Egg en 1979.
- La récompense : Grammy du meilleur instrumental rock en février 1980.
- Le seul concert : 29 décembre 1979, Concerts for the People of Kampuchea, à Londres, avec Robert Plant mais sans David Gilmour ni Hank Marvin.
Sommaire
L’idée : “vingt bassistes, dix batteurs”
Le Rockestra est né d’une image que McCartney a racontée au journaliste Paul Du Noyer, dans le livre d’entretiens Conversations with McCartney. Il imaginait un orchestre où les pupitres classiques seraient remplacés par des instruments de rock : vingt bassistes jouant la même ligne, dix batteurs frappant ensemble, une section de guitares aussi fournie qu’une section de violons. Le nom vient de là, une contraction de rock et d’orchestra. Pour lui, ce serait une scène formidable, à la fois un délire de musicien et une démonstration de puissance sonore.
L’idée n’est pas tout à fait sans précédent. Les années 1970 ont connu plusieurs grandes réunions de musiciens : le Concert for Bangladesh organisé par George Harrison en août 1971, avec Ringo Starr, Eric Clapton, Bob Dylan et Leon Russell ; The Last Waltz, le concert d’adieu du Band en novembre 1976, filmé par Martin Scorsese. Mais ces rassemblements étaient des concerts où chaque invité passait à tour de rôle. Le projet de McCartney est différent. Il ne veut pas une succession de vedettes, il veut une masse, un seul son produit par tous en même temps, à la manière d’un orchestre symphonique.
Une idée de bassiste
Il n’est pas indifférent que l’idée vienne d’un bassiste. McCartney pense la musique par le bas du spectre, par la ligne qui porte l’ensemble. Multiplier les basses et les batteries, c’est multiplier la fondation, pas les solos. L’ambition n’est pas de faire briller des guitaristes célèbres, mais de construire un mur sonore où l’individu se fond dans le collectif. On verra que cette logique a pesé sur le choix des invités, et sur certaines absences.
“Si trois d’entre eux viennent, ce sera le Rockestra”
McCartney n’est pas certain que l’idée prendra. Dans un commentaire enregistré pour le film de la séance, cité par le magazine du fan-club Club Sandwich au printemps 1987, il explique que si seulement trois des invités se présentent, ce sera quand même le Rockestra, et que l’on verra bien ce qu’on peut en faire. C’est une façon de désamorcer l’enjeu. Il connaît l’emploi du temps des musiciens qu’il appelle, leurs tournées, leurs engagements, leurs humeurs. Il sait qu’une telle réunion ne se décrète pas.
Wings en 1978 : un groupe à reconstruire
Pour comprendre pourquoi McCartney lance ce projet à l’automne 1978, il faut revenir à la situation de Wings. Le groupe sort d’une période paradoxale. Son single Mull of Kintyre, paru en novembre 1977, est devenu la meilleure vente de l’histoire du disque au Royaume-Uni à cette date, dépassant She Loves You des Beatles. Mais l’album London Town, publié en mars 1978, a été accueilli plus tièdement, et la formation s’est vidée : le guitariste Jimmy McCulloch et le batteur Joe English sont partis en 1977, en pleine préparation du disque.
Laurence Juber et Steve Holley
McCartney recompose donc le groupe dans le courant de 1978. Le guitariste Laurence Juber, musicien de studio réputé, et le batteur Steve Holley rejoignent Paul, Linda et Denny Laine. C’est le dernier line-up de Wings, celui qui enregistre Back to the Egg. Nous avons retracé le parcours de Juber dans sa fiche consacrée, et celui de Denny Laine dans la sienne.
Back to the Egg, un disque plus rock
Avec ce nouveau groupe, McCartney veut un album plus direct, plus rock, après la douceur de London Town. Il engage comme coproducteur Chris Thomas, qui avait travaillé avec les Beatles sur le White Album, puis avec Roxy Music et, surtout, avec les Sex Pistols sur Never Mind the Bollocks. Le choix est un signal : en pleine vague punk et new wave, McCartney cherche un son plus nerveux. Les séances se déroulent sur près d’un an et dans plusieurs lieux, dont le château de Lympne, dans le Kent, en septembre 1978, et le studio Replica, une reproduction du studio Two d’Abbey Road construite dans les sous-sols des bureaux de MPL, à Soho Square. Nous avons raconté cette fabrication dans notre article sur Back to the Egg.
Rockestra Theme existe déjà quand la séance d’Abbey Road est organisée. McCartney en a fait une maquette avec Wings au château de Lympne. Le Rockestra n’est donc pas une jam improvisée autour de rien : c’est l’orchestration démesurée d’un morceau déjà composé.
Les invités : qui est venu le 3 octobre 1978
Le jour venu, le studio Two d’Abbey Road, celui des Beatles, accueille une vingtaine de musiciens. Le magazine Club Sandwich a publié la liste complète des participants dans son numéro 44, au printemps 1987. Elle est plus longue que celle qui circule habituellement, et elle mérite d’être donnée en entier.
| Pupitre | Musiciens | Groupe d’origine en 1978 |
|---|---|---|
| Guitares | Pete Townshend, David Gilmour, Hank Marvin, Denny Laine, Laurence Juber | The Who, Pink Floyd, The Shadows, Wings, Wings |
| Basses | Paul McCartney, John Paul Jones, Ronnie Lane, Bruce Thomas | Wings, Led Zeppelin, ex-Faces, The Attractions |
| Claviers et piano | Paul McCartney, Linda McCartney, Gary Brooker, Tony Ashton, John Paul Jones | Wings, Wings, Procol Harum, Ashton, Gardner and Dyke, Led Zeppelin |
| Batteries | John Bonham, Kenney Jones, Steve Holley | Led Zeppelin, ex-Faces, Wings |
| Percussions | Ray Cooper, Morris Pert, Tony Carr, Speedy Acquaye | Musiciens de séance (Ray Cooper : Elton John) |
| Cuivres | Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard, Thaddeus Richard | Section de cuivres de Wings |
Côté technique, l’ingénieur Phil McDonald, un ancien de l’équipe des Beatles, tient la console. La production est assurée par McCartney et Chris Thomas.
Pete Townshend, un mois après Keith Moon
La présence de Pete Townshend est la plus chargée émotionnellement. Le batteur des Who, Keith Moon, devait participer à la séance. Il est mort le 7 septembre 1978, moins d’un mois plus tôt, d’une surdose de médicaments prescrits pour l’aider à arrêter l’alcool, au lendemain d’une soirée organisée par McCartney pour l’avant-première du film The Buddy Holly Story. Townshend vient pourtant. Il apparaît avec une Gretsch 6120, ce qui a surpris Laurence Juber, qui l’a noté en légende d’une photo de la séance. L’équipe du film se souvient qu’il était d’abord réticent à être filmé.
Kenney Jones, le batteur qui allait remplacer Moon
Kenney Jones, ancien batteur des Small Faces puis des Faces, tient l’une des trois batteries. Le choix prend rétrospectivement un relief particulier : quelques mois plus tard, au début de 1979, il devient le nouveau batteur des Who, à la place de Keith Moon. Le 3 octobre 1978, il joue donc à côté de Townshend dans un rôle qui préfigure celui qu’il occupera ensuite.
Led Zeppelin au complet, ou presque
John Bonham et John Paul Jones viennent de Led Zeppelin. Le groupe sort d’une longue interruption, après l’accident de voiture de Robert Plant en 1975 puis la mort de son fils Karac en juillet 1977. Il prépare In Through the Out Door, qu’il enregistrera à Stockholm à la fin de 1978. Jimmy Page, invité lui aussi, ne vient pas. Bonham, connu pour ses excès, est fidèle à sa réputation selon les souvenirs de l’équipe de McCartney ; il ignore en tout cas qu’il est filmé, ce dont McCartney plaisantera plus tard.
David Gilmour et Hank Marvin
David Gilmour, guitariste de Pink Floyd, vient de publier son premier album solo, David Gilmour, en mai 1978. Pink Floyd n’a pas encore enregistré The Wall. Sa présence ouvre une amitié durable avec McCartney : il jouera le solo de No More Lonely Nights en 1984, comme nous l’avons raconté dans notre article sur cette chanson, puis participera à Run Devil Run en 1999.
Hank Marvin, guitariste des Shadows, est une figure fondatrice pour toute la génération présente. Laurence Juber le qualifie de premier héros britannique de la Stratocaster, et dit avoir été ravi de jouer à côté de lui dans la section de guitares. Pour McCartney comme pour Townshend ou Gilmour, les Shadows ont été, à la fin des années 1950, le modèle même du groupe instrumental britannique. Le film garde la trace d’un échange où McCartney explique à Marvin que le riff est un riff à la Chuck Berry.
Ronnie Lane, Bruce Thomas, Gary Brooker, Tony Ashton
Ronnie Lane, ancien bassiste des Small Faces et des Faces, tient l’une des basses. Bruce Thomas, bassiste des Attractions, le groupe d’Elvis Costello, représente la nouvelle génération issue de la new wave. Gary Brooker, chanteur et pianiste de Procol Harum, dont le groupe s’est séparé en 1977, est au piano. Tony Ashton, du trio Ashton, Gardner and Dyke, joue de l’orgue et du piano électrique.
Ceux qui n’étaient pas là
Le Rockestra est aussi célèbre pour ses absents que pour ses présents. Plusieurs noms prestigieux manquent à l’appel, pour des raisons très différentes.
Keith Moon
Le cas de Keith Moon est le plus douloureux. Il était prévu, il n’a pas refusé : il est mort quatre semaines avant la séance. Son ombre plane sur la journée, d’autant que McCartney était l’un des derniers à l’avoir vu, à la soirée du 6 septembre 1978.
Ringo Starr
Ringo Starr est invité. Il ne vient pas, parce qu’il se trouve alors hors du Royaume-Uni. En 1978, il vit essentiellement entre Monte-Carlo et Los Angeles, pour des raisons fiscales, et son agenda le tient loin de Londres. Son absence prive la séance d’une réunion de deux Beatles, mais elle n’a rien d’un refus de principe.
Eric Clapton, Jimmy Page et Jeff Beck
Les trois guitaristes passés par les Yardbirds sont invités, et aucun ne vient. Pour Clapton et Page, les sources ne donnent pas de raison précise. Pour Jeff Beck, une explication circule : il aurait demandé un droit de veto sur ses propres parties de guitare, et McCartney aurait alors retiré son invitation. Si l’anecdote est exacte, elle est révélatrice. Le Rockestra repose sur l’effacement de chaque musicien dans la masse ; un guitariste qui veut garder la main sur ce qu’on entend de lui n’y a pas sa place.
Correction : Ringo, Clapton et Beck n’ont pas “décliné” de la même façon
On lit souvent que Ringo Starr, Eric Clapton et Jeff Beck ont décliné l’invitation de McCartney, comme s’il s’agissait de trois refus semblables. La réalité est plus variée. Ringo était à l’étranger. Clapton et Jimmy Page, également invité, ne se sont pas présentés, sans qu’une raison documentée soit connue. Quant à Jeff Beck, c’est plutôt McCartney qui aurait renoncé à lui, après sa demande de contrôle sur ses parties. Enfin, Keith Moon ne figure pas parmi les absents par choix : il était prévu et il est mort le 7 septembre 1978.
La journée du 3 octobre 1978
La séance commence à 10 h 30 et se termine à 18 h 30. La matinée est consacrée à l’installation : trois batteries, quatre basses, cinq guitares, plusieurs claviers et des percussions doivent tenir dans le studio Two, ce qui pose de sérieux problèmes de placement des micros et de séparation des sons.
Une heure de répétition, une prise rapide
Selon The Beatles Bible, l’enregistrement de Rockestra Theme commence vers 14 heures, après environ une heure de répétition, et il est bouclé rapidement. McCartney s’étonnera plus tard de la cohésion de l’ensemble, disant avoir été surpris de voir à quel point tous jouaient serré. Cette réussite tient à la simplicité du morceau : un riff répété, des accords francs, une structure lisible par des musiciens qui ne l’ont jamais joué ensemble.
Le seul texte de Rockestra Theme est un cri lancé en chœur, une plainte comique sur le fait de ne pas avoir encore dîné. C’est un clin d’œil à la journée elle-même, longue et chargée, et il donne au morceau son ton de fête plutôt que de démonstration.
So Glad to See You Here
Vers la fin de la séance, McCartney présente au piano une seconde chanson, So Glad to See You Here. Cette fois, c’est un titre chanté, dont le titre dit tout : la joie de voir tout ce monde réuni. L’ensemble l’enregistre rapidement, et McCartney pose sa voix principale avant la fin de la journée. Le morceau n’a pas la même notoriété que le thème instrumental, mais c’est lui qui donne à l’entreprise sa dimension de chanson de Wings.
Les retouches
Le travail ne s’arrête pas le 3 octobre. Des superpositions sont faites le lendemain et dans les semaines suivantes, avec des parties de cuivres et de vents et des guitares supplémentaires. La masse sonore enregistrée en une journée est ensuite affinée, comme pour n’importe quel titre de l’album.
Une séance filmée en secret
McCartney fait filmer la journée, mais il ne veut pas que les caméras se voient. Il explique que si tout le monde remarque les caméras et les projecteurs, chacun se fige et cesse de parler naturellement. L’équipe imagine donc un dispositif inhabituel.
De faux murs dans le studio Two
Selon le témoignage du réalisateur Barry Chattington, publié dans Club Sandwich, de faux murs sont construits à environ un mètre cinquante à l’intérieur du studio. Les caméras sont installées derrière, sur des échafaudages, et filment à travers des vitres en verre neutre qui atténuent la lumière. Une partie du tournage est faite depuis le studio One voisin. Le film est tourné en 35 mm, et les bobines partent à New York pour un développement spécial. Le son pose problème : les micros sont mal placés pour les dialogues, et les batteries couvrent les conversations. Chattington dira qu’on pourrait écrire un livre sur ce tournage tant il a été difficile techniquement.
80 000 pieds de pellicule pour 40 minutes
Environ 80 000 pieds de pellicule sont tournés, soit plusieurs heures d’images. Le montage final n’en conserve qu’environ 5 500, pour un film d’une quarantaine de minutes intitulé Rockestra, produit par Joan Cherrill, avec Michael Seresin à la photographie. McCartney s’amusera plus tard de ce que John Bonham n’avait aucune idée qu’il était filmé. Ces images figurent dans la vidéographie de McCartney après les Beatles.
Back to the Egg et le Grammy
Rockestra Theme et So Glad to See You Here paraissent sur Back to the Egg, le septième et dernier album studio de Wings, publié au printemps 1979 : le 24 mai aux États-Unis chez Columbia, le 8 juin au Royaume-Uni chez Parlophone. Rockestra Theme est aussi publiée en single en France.
L’album est mal reçu par la critique, et ses ventes déçoivent au regard des standards de Wings. McCartney lui-même le jugera longtemps raté, avant de le réhabiliter en partie. George Harrison n’y aurait sans doute pas trouvé son compte, comme nous l’avons suggéré dans notre article sur ce qu’il pensait de la musique de Paul après les Beatles.
Le Grammy du meilleur instrumental rock
Rockestra Theme vaut pourtant à Wings une récompense de prestige : le Grammy Award de la meilleure performance instrumentale rock, remis lors de la 22e cérémonie, le 27 février 1980. C’est une reconnaissance un peu paradoxale pour un album que la critique a boudé, mais elle confirme que l’idée du Rockestra a été comprise. Pour Laurence Juber et Steve Holley, arrivés dans Wings quelques mois plus tôt, c’est un Grammy obtenu dès leur premier album avec McCartney, comme nous l’évoquions dans notre article sur les musiciens de scène de McCartney.
29 décembre 1979 : le seul concert du Rockestra
Le Rockestra ne se produit en public qu’une seule fois, en clôture des Concerts for the People of Kampuchea, une série de quatre soirées organisées du 26 au 29 décembre 1979 au Hammersmith Odeon de Londres, au profit des victimes de la guerre et de la famine au Cambodge.
Une série de concerts pour le Cambodge
Les concerts sont organisés par McCartney à la demande du secrétaire général des Nations unies, Kurt Waldheim, au profit de l’UNICEF et des réfugiés cambodgiens, après la chute du régime des Khmers rouges. Pendant quatre soirs se succèdent Queen, les Clash, Ian Dury and the Blockheads, les Pretenders, les Specials, les Who, Elvis Costello and the Attractions, Rockpile et Wings. Nous avons détaillé ces soirées dans notre dossier sur les engagements caritatifs de McCartney.
Précision : McCartney n’a pas organisé seul les concerts pour le Cambodge
Les Concerts for the People of Kampuchea sont souvent présentés comme une initiative personnelle de McCartney. Il en a bien été l’organisateur et la tête d’affiche, mais l’impulsion vient de Kurt Waldheim, alors secrétaire général de l’ONU, qui l’a sollicité, et les recettes ont été destinées à l’UNICEF et à l’aide aux réfugiés. McCartney a mobilisé les artistes ; le cadre était onusien.
Le soir du 29 décembre
La dernière soirée réunit Rockpile, Elvis Costello and the Attractions, puis Wings. Le concert se termine par l’apparition du Rockestra, dont la plupart des membres portent des costumes argentés. Pete Townshend refuse de s’y plier, ce que McCartney relève sur scène d’une remarque qu’on entend sur l’enregistrement vidéo.
La formation n’est pas celle d’Abbey Road. David Gilmour est retenu à Los Angeles par les répétitions de la tournée de The Wall, et Hank Marvin est en Nouvelle-Zélande. Ils sont remplacés par Dave Edmunds, de Rockpile, et James Honeyman-Scott, guitariste des Pretenders. Billy Bremner, de Rockpile, et Robert Plant, de Led Zeppelin, rejoignent aussi la scène. Le programme comprend Rockestra Theme, joué deux fois, Lucille, le classique de Little Richard, et Let It Be.
Correction : David Gilmour n’était pas sur scène à Hammersmith
Plusieurs récits décrivent Bonham, Gilmour et Townshend réunis sur la scène du Hammersmith Odeon en décembre 1979. C’est inexact pour Gilmour. Le guitariste de Pink Floyd répétait alors à Los Angeles la tournée de The Wall, et il a été remplacé par Dave Edmunds. Hank Marvin, retenu en Nouvelle-Zélande, était lui aussi absent, remplacé par James Honeyman-Scott, des Pretenders. Le Rockestra de scène n’est donc pas le même que celui du studio : il compte en revanche Robert Plant, qui n’était pas à Abbey Road.
Le dernier concert de Wings
Personne ne le sait encore, mais ce 29 décembre 1979 est le dernier concert de Wings. Le groupe doit partir en tournée au Japon en janvier 1980. À son arrivée à Tokyo, le 16 janvier, McCartney est arrêté pour possession de marijuana et passe neuf jours en détention avant d’être expulsé. La tournée est annulée. Wings ne remontera jamais sur scène, et Denny Laine quittera le groupe au printemps 1981. Nous avons raconté la façon dont Laine a tiré un album de ce désastre dans notre article sur Japanese Tears.
Le concert est d’autant plus symbolique qu’il réunit pour la dernière fois sur une scène londonienne plusieurs musiciens dont les trajectoires vont s’interrompre. John Bonham meurt le 25 septembre 1980, moins de neuf mois plus tard, ce qui entraîne la fin de Led Zeppelin. L’enregistrement de la soirée paraît en 1981 sur l’album Concerts for the People of Kampuchea, et un film du même nom est tiré de l’ensemble des concerts.
Pourquoi les grands noms du rock ont dit oui
Réunir une telle distribution un mardi d’octobre, pour une seule journée et deux morceaux d’un album de Wings, n’allait pas de soi. Plusieurs raisons expliquent le succès de l’appel lancé par McCartney.
Le prestige d’un ancien Beatle
En 1978, McCartney est l’un des artistes les plus vendus de la décennie, et le seul ancien Beatle à remplir encore des stades. Wings a joué devant des centaines de milliers de spectateurs lors de la tournée Wings over the World de 1975-1976. Pour des musiciens nés entre la fin des années 1930 et le début des années 1950, qui ont tous grandi avec les Beatles, l’invitation est difficile à refuser.
Le lieu
Le choix du studio Two d’Abbey Road n’est pas neutre. C’est la pièce où les Beatles ont enregistré l’essentiel de leur œuvre, de Love Me Do à Abbey Road. Inviter Townshend, Gilmour ou Bonham à jouer là, c’est les inviter dans le lieu fondateur du rock britannique moderne. McCartney ne l’a pas formulé ainsi, mais le symbole est évident. Pink Floyd lui-même y avait enregistré The Dark Side of the Moon, et Gilmour connaissait parfaitement les lieux.
Une fraternité de musiciens britanniques
Presque tous les invités appartiennent à la même génération de musiciens britanniques, passés par les mêmes clubs, les mêmes émissions de télévision et les mêmes studios londoniens dans les années 1960. Hank Marvin représente la génération précédente, celle qui a précédé et inspiré les Beatles. Bruce Thomas et les percussionnistes de séance apportent une touche plus récente. Mais l’ensemble forme une famille, au sens où l’entendaient les musiciens de l’époque : des gens qui se connaissent, se croisent depuis quinze ans et se respectent. Le Rockestra est autant une fête de famille qu’une séance d’enregistrement.
Une journée sans enjeu commercial pour les invités
Enfin, la proposition est légère pour les invités. Il ne s’agit pas de rejoindre un groupe, ni de s’engager dans une tournée, ni de mettre son nom en avant. Il s’agit de jouer une journée, dans une masse où personne n’est soliste, sur un morceau dont McCartney porte seul la responsabilité. C’est sans doute ce qui rend possible la réunion de musiciens que leurs maisons de disques respectives n’auraient jamais laissés collaborer sur un projet plus ambitieux.
Ce que l’on entend sur Rockestra Theme
Rockestra Theme dure un peu plus de deux minutes et demie. C’est un instrumental bâti sur un riff de guitare que McCartney, d’après le film de la séance, présente lui-même comme un riff à la Chuck Berry. Sur ce motif, la masse des guitares, des basses et des batteries joue à l’unisson ou presque, ce qui produit l’effet recherché : non pas un enchevêtrement de parties, mais un seul instrument géant.
Le principe de l’unisson
Avec cinq guitares, quatre basses et trois batteries, le risque était le chaos. McCartney l’évite en écrivant des parties simples et en demandant à chacun de jouer la même chose. Les trois batteries, celles de Bonham, de Kenney Jones et de Steve Holley, jouent pour l’essentiel les mêmes figures ; leur addition donne au morceau sa lourdeur caractéristique. Le piano de Gary Brooker et les claviers ajoutent une couleur plus large, et les cuivres de la section de Wings ponctuent l’ensemble.
Le cri du dîner
Le seul moment vocal est un cri collectif, une plainte comique sur le dîner qui se fait attendre. Il rappelle que la journée a été longue, mais il dit aussi l’esprit de la séance : on est entre amis, et la musique n’a pas à se prendre au sérieux. C’est ce mélange de puissance et de légèreté qui fait le charme du morceau, et qui le distingue des grandes jams démonstratives de l’époque.
So Glad to See You Here, la chanson oubliée
La seconde chanson de la séance est moins connue. So Glad to See You Here est un rock chanté, porté par la voix de McCartney et soutenu par la même masse instrumentale. Elle a été enregistrée en fin de journée, presque à la volée, après une démonstration de McCartney au piano. Son titre en fait la chanson de bienvenue du Rockestra, une façon de remercier les invités. Elle est restée dans l’ombre de l’instrumental primé, et elle n’a pas été jouée lors du concert de 1979, mais elle mérite une écoute attentive : c’est le seul moment où l’on entend le Rockestra accompagner une vraie chanson.
Le Rockestra et la fin d’une époque
Avec le recul, la séance du 3 octobre 1978 ressemble à une photographie prise juste avant la dispersion d’une génération. Le punk a bousculé la hiérarchie du rock britannique depuis 1976, et les groupes présents au Rockestra sont, aux yeux de la jeune critique, des dinosaures. La séance a lieu un mois après la mort de Keith Moon. Le concert de 1979 est le dernier de Wings. John Bonham meurt en septembre 1980, entraînant la fin de Led Zeppelin. John Lennon est assassiné le 8 décembre 1980, à New York.
Entre l’automne 1978 et la fin de 1980, le rock des années 1960 et 1970 perd ainsi plusieurs de ses figures centrales. Le Rockestra apparaît après coup comme la dernière grande réunion de cette famille avant les disparitions. Il n’a pas été pensé comme un adieu, mais il en a pris la valeur.
Une réponse au punk ?
Il serait tentant de lire le Rockestra comme une réponse de l’aristocratie du rock au punk. Les faits sont plus nuancés. McCartney engage Chris Thomas, le producteur des Sex Pistols, et invite Bruce Thomas, des Attractions, qui appartient à la scène new wave. À Hammersmith en 1979, la programmation mêle Queen et les Clash, les Who et les Specials, Wings et les Pretenders. Le Rockestra n’oppose pas deux générations : il cherche plutôt à montrer qu’elles peuvent jouer ensemble.
Le Rockestra face aux autres réunions de stars
Le Rockestra s’inscrit dans une histoire plus longue des rassemblements de musiciens célèbres, mais il y occupe une place singulière. Le comparer aux autres aide à comprendre ce qu’il avait de particulier.
Le Concert for Bangladesh, 1971
Le 1er août 1971, au Madison Square Garden de New York, George Harrison réunit Ringo Starr, Eric Clapton, Bob Dylan, Leon Russell, Billy Preston et Ravi Shankar pour deux concerts au profit des réfugiés du Bangladesh. C’est le modèle du concert caritatif rock. Mais l’organisation reste celle d’un concert classique : un groupe d’accompagnement, des vedettes qui viennent chanter leurs chansons à tour de rôle. Le Rockestra, lui, ne met personne en vedette.
The Last Waltz, 1976
Le 25 novembre 1976, à San Francisco, le Band fait ses adieux en invitant Bob Dylan, Neil Young, Joni Mitchell, Van Morrison, Eric Clapton, Muddy Waters et d’autres, sous la caméra de Martin Scorsese. Là encore, chaque invité joue avec le groupe hôte, l’un après l’autre. Le finale réunit tout le monde sur scène, mais il reste un moment de clôture, pas le principe même du spectacle.
Les Traveling Wilburys, 1988
Dix ans après le Rockestra, George Harrison réunit Bob Dylan, Roy Orbison, Tom Petty et Jeff Lynne dans les Traveling Wilburys. C’est cette fois un véritable groupe, avec des chansons écrites en commun, deux albums et des pseudonymes. Le projet est plus durable, mais il repose sur l’égalité de cinq auteurs, quand le Rockestra reposait sur l’effacement d’une vingtaine d’instrumentistes derrière un seul compositeur.
Le Rockestra se distingue donc à la fois par sa taille, par son principe d’unisson et par son caractère éphémère. C’est moins un supergroupe qu’un instrument collectif, joué une journée en studio et une soirée sur scène.
Pourquoi le Rockestra n’a joué qu’une fois
On s’est souvent demandé pourquoi une idée aussi spectaculaire n’a pas été prolongée. Plusieurs raisons, pratiques et historiques, l’expliquent.
Une logistique hors normes
Réunir une vingtaine de musiciens de premier plan, tous engagés dans leurs propres groupes, est un casse-tête. La séance de 1978 a été possible parce qu’elle ne demandait qu’une journée. Le concert de 1979 a été possible parce qu’il s’inscrivait dans un événement caritatif auquel beaucoup participaient déjà. Une tournée, ou même un second disque, aurait exigé des semaines de disponibilité commune, impossibles à obtenir.
Un calendrier brisé
Surtout, les événements de 1980 ont fermé la porte. L’arrestation de Tokyo en janvier met Wings à l’arrêt, la mort de John Bonham en septembre met fin à Led Zeppelin, et l’assassinat de John Lennon en décembre plonge McCartney dans une période de retrait. Quand il revient sur le devant de la scène, au début des années 1980, c’est en solo, avec Tug of War, produit par George Martin. Le moment du Rockestra est passé.
Une idée qui tenait à son caractère unique
Enfin, le Rockestra tenait sa force de son caractère exceptionnel. Le reproduire aurait risqué d’en faire une formule. McCartney a parfois évoqué l’envie de le reformer, mais il semble avoir compris que l’intérêt de l’idée reposait sur la surprise, et sur la réunion d’une génération à un moment précis de son histoire.
Ce que le Rockestra annonce
Le Rockestra est resté sans suite directe. Il annonce pourtant plusieurs choses qui marqueront les années suivantes.
Les grands concerts caritatifs des années 1980
Les Concerts for the People of Kampuchea préfigurent les grands rassemblements caritatifs des années 1980, et en premier lieu Live Aid, le 13 juillet 1985, à l’issue duquel McCartney chantera Let It Be à Wembley. Le principe d’une scène partagée par plusieurs générations de musiciens, au service d’une cause humanitaire, y trouvera sa forme la plus célèbre.
La collaboration comme méthode
Pour McCartney, le Rockestra inaugure aussi une manière de travailler. Dans les décennies suivantes, il multipliera les collaborations, avec Stevie Wonder, Michael Jackson, Elvis Costello, David Gilmour, Kanye West ou Rihanna, comme nous l’avons détaillé dans notre panorama de ses collaborations de 1968 à 2026. Le Rockestra en est la version la plus spectaculaire, et peut-être la plus pure : une collaboration sans enjeu commercial, pour le seul plaisir de jouer.
L’amitié avec David Gilmour
Le lien le plus durable noué ce jour-là est celui avec David Gilmour. Le guitariste de Pink Floyd reviendra jouer avec McCartney en 1984 sur No More Lonely Nights, en 1989 sur l’album Flowers in the Dirt, et en 1999 sur Run Devil Run, puis aux côtés de McCartney au Cavern Club de Liverpool en décembre 1999. Nous avons évoqué ce fil dans notre article sur My Brave Face.
Le Rockestra en chiffres
Pour résumer l’aventure, quelques données suffisent à mesurer son ampleur et sa brièveté. Elles montrent un projet à la fois gigantesque par ses moyens et minuscule par sa durée : une journée de studio, une soirée de scène, deux chansons et un film.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Date de la séance | 3 octobre 1978 |
| Lieu | Studio Two d’Abbey Road, Londres |
| Durée de la séance | 8 heures, de 10 h 30 à 18 h 30 |
| Musiciens en studio | Une vingtaine, dont 5 guitaristes, 4 bassistes et 3 batteurs |
| Titres enregistrés | 2 : Rockestra Theme et So Glad to See You Here |
| Pellicule tournée | Environ 80 000 pieds, pour un film d’une quarantaine de minutes |
| Récompense | 1 Grammy, le 27 février 1980 |
| Concerts | 1 seul, le 29 décembre 1979 au Hammersmith Odeon |
| Morceaux joués sur scène | 4 : Rockestra Theme deux fois, Lucille et Let It Be |
Ce contraste est peut-être la meilleure clé de lecture du Rockestra. McCartney a mobilisé l’équivalent d’un orchestre symphonique de rock pour un résultat de quelques minutes, sans chercher à en tirer une carrière ni une franchise. C’est un geste de musicien plus que de stratège, une façon de rappeler, au moment où le rock britannique se divisait entre anciens et modernes, que jouer ensemble restait le cœur du métier. Quarante-huit ans plus tard, c’est cette joie collective, plus que la liste des noms, qui fait encore parler de cette journée d’octobre 1978.
À écouter et à voir
On peut retrouver sur YouTube Rockestra Theme dans sa version de Back to the Egg, So Glad to See You Here, des extraits du film de la séance d’Abbey Road et le Rockestra sur la scène du Hammersmith Odeon en 1979.
Pour la fiche complète du morceau, voir notre page Rockestra Theme et celle consacrée à l’album Back to the Egg.
Disques et livres pour aller plus loin
- Wings, Back to the Egg, avec Rockestra Theme et So Glad to See You Here ;
- Concerts for the People of Kampuchea, l’album et le film des concerts de décembre 1979 ;
- Wings Greatest, la compilation parue à la fin de 1978 ;
- Paul McCartney, Run Devil Run, avec David Gilmour ;
- Paul Du Noyer, Conversations with McCartney ;
- Barry Miles, Paul McCartney : Many Years From Now.
Chronologie du Rockestra
- Novembre 1977 : Mull of Kintyre devient le single le plus vendu de l’histoire au Royaume-Uni.
- Mars 1978 : sortie de London Town.
- 1978 : Laurence Juber et Steve Holley rejoignent Wings.
- 6 septembre 1978 : Keith Moon assiste à la soirée Buddy Holly organisée par McCartney.
- 7 septembre 1978 : mort de Keith Moon.
- Septembre 1978 : séances de Back to the Egg au château de Lympne ; maquette de Rockestra Theme.
- 3 octobre 1978 : séance du Rockestra au studio Two d’Abbey Road, filmée en secret.
- 4 octobre et semaines suivantes : superpositions de cuivres et de guitares.
- Début 1979 : Kenney Jones rejoint les Who.
- 24 mai 1979 : sortie de Back to the Egg aux États-Unis.
- 8 juin 1979 : sortie de Back to the Egg au Royaume-Uni.
- 26-29 décembre 1979 : Concerts for the People of Kampuchea au Hammersmith Odeon.
- 29 décembre 1979 : unique concert du Rockestra, et dernier concert de Wings.
- 16 janvier 1980 : arrestation de McCartney à Tokyo ; la tournée japonaise est annulée.
- 27 février 1980 : Grammy du meilleur instrumental rock pour Rockestra Theme.
- 25 septembre 1980 : mort de John Bonham.
- 8 décembre 1980 : assassinat de John Lennon.
- 1981 : parution de l’album Concerts for the People of Kampuchea ; départ de Denny Laine et fin de Wings.
- Printemps 1987 : Club Sandwich publie le récit détaillé de la séance et la liste complète des musiciens.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Rockestra ?
Un ensemble d’une vingtaine de musiciens de rock britanniques réuni par Paul McCartney le 3 octobre 1978 à Abbey Road pour enregistrer deux titres de l’album Back to the Egg de Wings.
Qui jouait dans le Rockestra ?
Autour de Wings, Pete Townshend, David Gilmour, Hank Marvin, John Bonham, John Paul Jones, Ronnie Lane, Kenney Jones, Bruce Thomas, Gary Brooker, Tony Ashton, ainsi que des percussionnistes et la section de cuivres de Wings.
Quelles chansons le Rockestra a-t-il enregistrées ?
Rockestra Theme, un instrumental, et So Glad to See You Here, une chanson interprétée par McCartney. Les deux figurent sur Back to the Egg.
Ringo Starr a-t-il participé au Rockestra ?
Non. Il était invité, mais il se trouvait alors à l’étranger.
Pourquoi Keith Moon n’était-il pas là ?
Il devait participer à la séance, mais il est mort le 7 septembre 1978, moins d’un mois avant.
Rockestra Theme a-t-il gagné un Grammy ?
Oui, celui de la meilleure performance instrumentale rock, remis le 27 février 1980.
Le Rockestra a-t-il donné des concerts ?
Un seul, le 29 décembre 1979, au Hammersmith Odeon de Londres, en clôture des Concerts for the People of Kampuchea. C’était aussi le dernier concert de Wings.
David Gilmour jouait-il au concert de 1979 ?
Non. Il répétait la tournée de The Wall à Los Angeles. Il a été remplacé par Dave Edmunds.
Glossaire
- Rockestra : contraction de rock et d’orchestra, le nom donné par McCartney à son orchestre de rock.
- Studio Two : la grande salle d’Abbey Road où les Beatles ont enregistré l’essentiel de leur œuvre.
- Superposition : ajout de nouvelles parties sur un enregistrement existant.
- Unisson : plusieurs instruments jouant la même ligne au même moment.
- Riff : courte figure musicale répétée qui sert de base à un morceau.
- Club Sandwich : le magazine du fan-club de Paul McCartney, publié par MPL.
- Replica : le studio de MPL à Soho Square, reproduction du studio Two d’Abbey Road.
Sources et références
- Club Sandwich, numéro 44, printemps 1987, récit de la séance et liste des musiciens.
- Paul Du Noyer, Conversations with McCartney, Hodder & Stoughton, 2015.
- The Beatles Bible, Recording: Rockestra Theme, So Glad To See You Here.
- The Paul McCartney Project, Rockestra session.
- Wikipedia, Rockestra.
- American Songwriter, Remember When Paul McCartney Assembled His All-Star Rockestra.
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