Widgets Amazon.fr
Actualité Beatles

Power to the People en Blu-ray : le concert One to One de John Lennon et Yoko Ono (1972) restauré, et le film One to One: John & Yoko réunis

Par Clive Helday
Power to the People en Blu-ray : le concert One to One de Lennon

Le 9 octobre 2026, jour où John Lennon aurait eu 86 ans, Sean Ono Lennon, Mercury Studios et Universal Music Group ont annoncé la sortie en Blu-ray de Power to the People, le film-concert multi-écrans consacré aux deux concerts One to One donnés par John Lennon et Yoko Ono au Madison Square Garden de New York, le 30 août 1972. Sorti au cinéma au printemps 2026, salué par la presse britannique, le film arrive accompagné du documentaire One to One: John & Yoko de Kevin Macdonald et Sam Rice-Edwards, en double Blu-ray ou en coffret de luxe de quatre disques avec un livre relié de 128 pages. Ces deux concerts, donnés au profit d’enfants handicapés devant 40 000 spectateurs, sont les seuls concerts complets que John Lennon ait donnés après les Beatles. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ces éditions, sur la restauration qui a duré plus de vingt ans, et sur l’histoire de cette journée unique dans la vie de John et Yoko.

En bref

  • L’annonce : le 9 octobre 2026, pour l’anniversaire de John, sortie en Blu-ray de Power to the People et du documentaire One to One: John & Yoko.
  • Deux éditions : un double Blu-ray en pochette ouvrante, et un coffret Deluxe de quatre Blu-ray avec les films des concerts de l’après-midi et du soir, un livre relié de 128 pages, une affiche recto verso et deux cartes postales.
  • La date : livraison annoncée à partir du 9 avril 2027. Livraison offerte sur la boutique officielle britannique pour les commandes passées du 9 au 12 octobre.
  • Le film : réalisé par Simon Hilton à partir des images tournées en 1972 par Steve Gebhardt, monté par Ben Wainwright-Pearce, produit par Peter Worsley et Sean Ono Lennon, avec une production musicale de Sean et un mixage de Paul Hicks et Sam Gannon.
  • Le son : bandes multipistes restaurées et remixées en stéréo haute définition 192 kHz/24 bits, en 5.1 et en Dolby Atmos.
  • Le concert : 30 août 1972, deux représentations, 40 000 spectateurs, plus d’1,5 million de dollars collectés pour les enfants de l’institution de Willowbrook.
  • Trois correctifs factuels sur le dernier concert de Lennon, sur la nature des deux films et sur les dates de sortie.

L’annonce du 9 octobre 2026

Un cadeau d’anniversaire signé Sean Ono Lennon

Le choix de la date n’a rien d’un hasard. Le 9 octobre est à la fois l’anniversaire de John, né en 1940, et celui de son fils Sean, né en 1975. C’est donc le jour où la famille Lennon communique traditionnellement sur les projets liés à l’héritage de John. En 2026, l’annonce concerne la sortie physique de Power to the People, le film qui a fait revivre au cinéma, ce printemps, les deux concerts du 30 août 1972. Nous avons consacré ce même jour un grand article à la postérité de l’œuvre de John pour ses 86 ans, et un autre à Sean Ono Lennon, qui fête ses 51 ans.

L’annonce est portée par trois partenaires : Sean Ono Lennon, qui supervise depuis plusieurs années les rééditions de son père, Mercury Studios, la société de production audiovisuelle spécialisée dans les films musicaux, et Universal Music Group, qui distribue le catalogue solo de John. Elle s’accompagne d’une bande-annonce mise en ligne sur la chaîne officielle de John Lennon.

Ce que contiennent les deux éditions

Deux formats sont proposés. Le premier est un double Blu-ray présenté dans une pochette ouvrante. Il réunit le film-concert Power to the People dans sa version hybride multi-écrans et le documentaire One to One: John & Yoko. Selon les distributeurs européens, il s’accompagne d’un livret de 20 pages, et certaines éditions comprennent deux cartes postales.

Le second est un coffret Deluxe de quatre Blu-ray. Il contient la version hybride du film, les films complets des deux concerts de la journée, celui de l’après-midi et celui du soir, chacun sur son propre disque, et le documentaire. L’ensemble est présenté dans un coffret lenticulaire de dix pouces, avec un livre relié de 128 pages, une affiche recto verso et deux cartes postales. C’est la première fois que les deux concerts du 30 août 1972 sont proposés séparément et en intégralité en vidéo.

Édition Contenu Prix constaté en Europe
Double Blu-ray Power to the People (version multi-écrans) + One to One: John & Yoko, pochette ouvrante, livret, cartes postales selon les éditions Environ 30 euros
Coffret Deluxe 4 Blu-ray Version multi-écrans + concert de l’après-midi + concert du soir + One to One: John & Yoko, livre relié de 128 pages, affiche recto verso, 2 cartes postales, coffret lenticulaire 10 pouces Environ 175 euros

Les deux éditions sont en précommande, notamment sur la boutique officielle de John Lennon et chez plusieurs disquaires spécialisés. La livraison est annoncée à partir du 9 avril 2027. Pour fêter l’anniversaire de John, la boutique officielle britannique offre les frais de port pour les commandes passées entre le 9 et le 12 octobre 2026.

Correctif factuel n° 1 — Power to the People n’est pas le documentaire de Kevin Macdonald

Les deux films réunis dans ces éditions sont souvent confondus, parce qu’ils racontent la même journée et partagent la même équipe musicale. Ce sont pourtant deux œuvres distinctes. One to One: John & Yoko est un documentaire de Kevin Macdonald et Sam Rice-Edwards, présenté à la Mostra de Venise en 2024, qui raconte la première année de John et Yoko à New York à travers des archives, des enregistrements téléphoniques et des images de télévision, avec le concert comme point d’aboutissement. Power to the People, réalisé par Simon Hilton et sorti au cinéma le 29 avril 2026, est un film-concert, qui présente le concert lui-même, restauré et monté en multi-écrans. Le premier raconte le contexte, le second montre la scène.

La presse a déjà jugé le film

À sa sortie au cinéma, au printemps 2026, Power to the People a été largement salué par la presse britannique. Le Guardian lui a attribué quatre étoiles et l’a trouvé drôle, féroce et généreux. Le Times y a vu Lennon au meilleur de sa forme, quatre étoiles également. Uncut a souligné la présence formidable de Yoko Ono, Radio Times un régal visuel. Variety a parlé d’un documentaire de concert brûlant, NME d’un film électrisant. Plusieurs critiques ont particulièrement apprécié le procédé de l’écran partagé, qui permet de voir simultanément plusieurs angles de la scène et du public.

Power to the People : un film-concert multi-écrans

Des images tournées en 1972 par Steve Gebhardt

Le 30 août 1972, les deux concerts sont filmés avec plusieurs caméras par le réalisateur Steve Gebhardt, un proche de John et Yoko, qui avait déjà travaillé avec eux sur plusieurs films expérimentaux. Ces images ont servi à une émission de télévision diffusée sur la chaîne américaine ABC à la fin de 1972, puis à une vidéo publiée en 1986, après la mort de John, sous le titre Live in New York City. Mais elles n’avaient jamais été exploitées de manière complète.

Une partie des pellicules d’origine avait été découpée, montée, dispersée en chutes au fil des décennies. Reconstituer les concerts dans leur intégralité, avec un son et une image dignes des standards actuels, supposait un travail de restauration considérable.

Vingt ans de restauration

Selon les producteurs, la restauration a duré plus de vingt ans. Elle a été supervisée par le réalisateur Simon Hilton, avec Yoko Ono Lennon comme productrice exécutive. Toutes les bobines de chutes de négatif d’époque ont été nettoyées à la main, recollées et retransférées par les spécialistes de la restauration de films Dave Northrop et Bruce Goldstein, chez Deluxe Northvale. L’équipe de montage les a ensuite entièrement réordonnées, resynchronisées et remontées, avec l’objectif de créer une expérience multi-écrans.

Les bandes audio multipistes ont reçu le même traitement. Elles ont été cuites, une technique qui consiste à chauffer les vieilles bandes magnétiques pour stabiliser leur couche d’oxyde avant de les relire, puis retransférées en haute résolution par l’ingénieur Rob Stevens. Elles ont ensuite été restaurées numériquement et remixées en stéréo haute définition 192 kHz/24 bits, en 5.1 et en Dolby Atmos.

L’équipe Lennon, sept fois récompensée aux Grammy

Le film est réalisé par Simon Hilton, monté par Ben Wainwright-Pearce et produit par Peter Worsley et Sean Ono Lennon. La production musicale est assurée par Sean, le mixage et l’ingénierie du son par Paul Hicks et Sam Gannon. C’est l’équipe que les communiqués présentent comme sept fois récompensée aux Grammy Awards, celle qui a déjà réalisé les grandes rééditions de John depuis 2020 : Gimme Some Truth en 2020, Mind Games en 2024, qui a valu à Sean et à Simon Hilton le Grammy du meilleur coffret en février 2025, puis le coffret audio Power to the People en octobre 2025, consacré aux mêmes concerts. Nous avions évoqué ce coffret dans notre enquête sur la fausse photo de Lennon et Che Guevara.

Le procédé multi-écrans est le parti pris principal du film. Plutôt que d’alterner les plans, Hilton juxtapose plusieurs images à l’écran : John au chant, Yoko au clavier, les musiciens d’Elephant’s Memory, le public du Madison Square Garden. Le spectateur voit la scène comme s’il disposait de plusieurs regards à la fois, à la manière des films de festival des années 1970 comme Woodstock.

One to One: John & Yoko, le documentaire de Kevin Macdonald

Un film sur la première année new-yorkaise

Le deuxième film de ces éditions est One to One: John & Yoko, réalisé par Kevin Macdonald, cinéaste écossais oscarisé pour Un jour en septembre, auteur du Dernier roi d’Écosse et des documentaires Marley et Whitney, avec Sam Rice-Edwards, qui en assure aussi le montage. Produit par Peter Worsley, Kevin Macdonald et Mercury Studios, d’une durée d’environ 100 minutes, il a été présenté à la Mostra de Venise en 2024, puis à l’IDFA d’Amsterdam, avant de sortir en salles en 2025.

Le film ne raconte pas toute la vie de John et Yoko. Il se concentre sur une période précise : leurs dix-huit premiers mois à New York, entre leur arrivée à l’automne 1971 et le concert d’août 1972. Il mêle des images d’archives inédites, des enregistrements téléphoniques que John faisait de ses propres appels, des extraits de la télévision américaine de l’époque, que le couple regardait en permanence, et la reconstitution de leur petit appartement de Greenwich Village, au 105 Bank Street.

Un regard sur l’activisme du couple

Le documentaire montre John et Yoko au cœur de l’Amérique de 1972 : la guerre du Vietnam, l’élection présidentielle qui oppose Richard Nixon à George McGovern, le mouvement pour les droits civiques, les luttes féministes, les prisons d’Attica. Il montre aussi les ennuis du couple avec l’administration, qui tente d’expulser John des États-Unis. Il raconte enfin la quête désespérée de Yoko pour retrouver sa fille Kyoko, enlevée par son ex-mari Tony Cox. Le concert One to One arrive en conclusion, comme l’aboutissement de cette année d’engagement.

1971-1972 : John et Yoko à New York

L’installation à Greenwich Village

Pour comprendre les concerts One to One, il faut revenir à l’arrivée de John et Yoko à New York. À la fin de l’été 1971, le couple quitte Tittenhurst Park, la grande propriété anglaise où John a enregistré Imagine, et s’installe à Manhattan. John ne reviendra jamais vivre en Angleterre. Ils habitent d’abord à l’hôtel St. Regis, puis emménagent dans un modeste appartement de deux pièces au 105 Bank Street, dans Greenwich Village. Le lit est au milieu de la pièce, la télévision allumée en permanence.

L’album Imagine sort en septembre 1971 et devient un immense succès. Mais John ne veut pas se contenter d’être une rock star. À New York, il découvre l’effervescence politique et artistique de la contre-culture américaine. Il fréquente les militants Jerry Rubin et Abbie Hoffman, le poète Allen Ginsberg, le chanteur de rue David Peel. Il veut que sa musique serve des causes.

Le militantisme : Ann Arbor, Attica, l’Irlande

Le 10 décembre 1971, John et Yoko participent à Ann Arbor, dans le Michigan, au concert de soutien au militant John Sinclair, condamné à dix ans de prison pour deux joints de marijuana. Trois jours plus tard, Sinclair est libéré. Le couple écrit des chansons sur les mutins de la prison d’Attica, sur le Bloody Sunday irlandais de janvier 1972, sur Angela Davis, sur la condition des femmes. Ces chansons forment l’album Some Time in New York City, enregistré avec le groupe new-yorkais Elephant’s Memory et publié le 12 juin 1972 aux États-Unis. Le disque est un échec critique et commercial, jugé trop militant. Nous avons raconté cette période dans notre histoire de Gimme Some Truth et du dossier du FBI.

En février 1972, John et Yoko coprésentent pendant une semaine le Mike Douglas Show, une émission de télévision populaire, où ils invitent Chuck Berry, le militant Bobby Seale des Black Panthers et le défenseur des consommateurs Ralph Nader. C’est l’image d’un couple qui veut porter la contre-culture jusque dans les salons de l’Amérique moyenne.

La menace d’expulsion

Cet engagement inquiète le pouvoir. En février 1972, le sénateur Strom Thurmond adresse à l’administration Nixon un mémorandum suggérant d’expulser John, dont on redoute qu’il ne participe à des manifestations contre la réélection du président. En mars, les services de l’immigration lancent la procédure, au prétexte d’une condamnation pour possession de cannabis à Londres en 1968. Le FBI surveille le couple. La bataille juridique durera jusqu’en octobre 1975, quand John obtiendra gain de cause, et sa carte verte en 1976. Pendant toute l’année 1972, John vit avec la crainte de devoir quitter les États-Unis.

La recherche de Kyoko

À cela s’ajoute un drame personnel. Kyoko, la fille que Yoko a eue en 1963 avec son deuxième mari, Anthony Cox, a disparu. Cox, qui en a obtenu la garde, l’a emmenée et se cache avec elle. Yoko ne la reverra qu’en 1998. La chanson Don’t Worry Kyoko, que Yoko chante au Madison Square Garden, prend dans ce contexte une résonance déchirante. Le documentaire de Kevin Macdonald consacre une large place à cette quête. Nous avons retracé l’œuvre de Yoko dans notre discographie complète de Yoko Ono.

Willowbrook : la cause du concert

Le reportage de Geraldo Rivera

En janvier 1972, un jeune journaliste de la chaîne new-yorkaise WABC, Geraldo Rivera, diffuse un reportage choc tourné à la Willowbrook State School, une institution publique de Staten Island qui accueille des milliers d’enfants et d’adultes atteints de déficiences intellectuelles. Les images, filmées en entrant sans autorisation, montrent des enfants nus, laissés à l’abandon, entassés dans des dortoirs surpeuplés, sans soins ni éducation. Le reportage provoque un scandale national.

John et Yoko voient le reportage. Ils décident d’agir. Avec Geraldo Rivera, ils organisent un concert de bienfaisance au profit des enfants de Willowbrook et d’autres institutions similaires, sous le nom de One to One : l’idée est de financer des petites structures d’accueil, où chaque enfant pourrait recevoir une attention individuelle, d’une personne à une personne.

Un écho au Concert pour le Bangladesh

Le choix du lieu est hautement symbolique. Un an plus tôt, le 1er août 1971, George Harrison avait organisé au Madison Square Garden le Concert pour le Bangladesh, le premier grand concert humanitaire de l’histoire du rock, auquel John n’avait finalement pas participé. Le 30 août 1972, dans la même salle, c’est au tour de John de monter sur scène pour une cause. Nous avons raconté le concert de George dans notre histoire de la philanthropie de George Harrison.

Le 30 août 1972 au Madison Square Garden

Deux concerts, 40 000 spectateurs

Le 30 août 1972, deux concerts ont lieu au Madison Square Garden, l’un l’après-midi, l’autre le soir. Ils réunissent au total 40 000 spectateurs. Le programme de la journée comprend aussi plusieurs invités, dont Stevie Wonder, le groupe de rock and roll revivaliste Sha Na Na et la chanteuse Melanie. Mais la vedette, ce sont John et Yoko, accompagnés du Plastic Ono Band, qui pour l’occasion réunit le groupe Elephant’s Memory et le batteur Jim Keltner.

Elephant’s Memory est un groupe new-yorkais de rock brut, que John a choisi parce qu’il voulait un vrai groupe de rue plutôt que des musiciens de studio. Il comprend le saxophoniste Stan Bronstein, le guitariste Wayne Gabriel, le bassiste Gary Van Scyoc, le claviériste Adam Ippolito et le batteur Rick Frank. Leur son est puissant, chargé de saxophone, très éloigné de la délicatesse d’Imagine.

Le programme

Le concert mélange les chansons de John, celles de Yoko et des classiques du rock and roll. John chante New York City, qui raconte son arrivée à Manhattan, Instant Karma! (We All Shine On), Mother, la chanson la plus douloureuse de John Lennon/Plastic Ono Band, et Imagine, au piano. Il reprend Come Together des Beatles, et rend hommage à Elvis Presley avec Hound Dog. Yoko interprète Don’t Worry Kyoko, pour sa fille disparue, et Open Your Box. Le concert s’achève sur Give Peace a Chance, chanté sur une scène envahie par les invités, dont Stevie Wonder, Sha Na Na et Melanie.

Les témoins et les critiques ont souvent noté que John était nerveux, et que le concert de l’après-midi était plus brut que celui du soir. Il n’avait plus donné de concert complet depuis la dernière tournée des Beatles, en août 1966. Pour Mother, nous renvoyons à notre journal de production de Plastic Ono Band et à notre histoire de la dernière rencontre de John avec son père, qui éclaire cette chanson.

1,5 million de dollars pour les enfants

Les concerts et les opérations qui les entourent rapportent plus d’1,5 million de dollars, l’équivalent de 11,5 millions de dollars de 2026 selon les producteurs du film. L’argent sert à financer des structures d’accueil plus humaines pour les enfants atteints de déficiences intellectuelles. Le scandale de Willowbrook, relancé par le concert et l’émission diffusée ensuite à la télévision, contribue au mouvement qui conduira à la fermeture progressive de l’institution, définitivement close en 1987, et à une réforme profonde de la prise en charge du handicap mental aux États-Unis.

Correctif factuel n° 2 — One to One n’est pas la dernière apparition sur scène de John Lennon

On lit souvent que les concerts One to One ont été la dernière apparition scénique de John Lennon. C’est inexact. Ils sont ses seuls concerts complets après les Beatles, mais pas sa dernière apparition sur scène. Le 28 novembre 1974, il rejoint Elton John au Madison Square Garden pour trois chansons, dont I Saw Her Standing There, après avoir perdu un pari sur le succès de Whatever Gets You Thru the Night. Et sa dernière prestation publique a lieu le 18 avril 1975, lors d’une soirée télévisée en hommage au producteur Lew Grade. Il faut aussi rappeler que John avait déjà joué en public après 1966, notamment à Toronto en septembre 1969 et à Londres, au Lyceum, en décembre 1969, mais dans des formats plus courts. One to One reste le seul concert de John en vedette, de bout en bout, après les Beatles.

Après le concert : un film qui a attendu cinquante ans

L’émission de 1972 et l’album de 1986

À la fin de 1972, un montage des concerts est diffusé à la télévision américaine. Puis les images disparaissent dans les archives. John ne les exploite pas : ses années suivantes sont occupées par Mind Games, la séparation d’avec Yoko pendant le Lost Weekend, que nous avons racontée dans notre récit des retrouvailles entre John et Julian, puis son retrait à la naissance de Sean en 1975.

Ce n’est qu’après sa mort, en 1986, que Yoko publie l’album Live in New York City et la vidéo correspondante, tirés principalement de l’un des deux concerts. Le disque permet enfin d’entendre John sur scène après les Beatles, mais il reste partiel et le son date. Les fans attendront près de quarante ans de plus pour une version complète et restaurée.

Le coffret audio de 2025

En octobre 2025, la famille Lennon publie le coffret audio Power to the People, consacré à la période new-yorkaise de 1972 et centré sur les concerts One to One, dans les mixages de l’équipe de Sean, avec les deux concerts en intégralité. Il est disponible notamment dans cette édition. Le film multi-écrans, sorti au cinéma le 29 avril 2026, en est l’équivalent visuel. Les Blu-ray annoncés le 9 octobre 2026 complètent l’ensemble.

Correctif factuel n° 3 — Les dates à ne pas confondre

Plusieurs dates circulent autour de ce projet, et elles concernent des objets différents. Le documentaire One to One: John & Yoko a été présenté à Venise en 2024 et est sorti en salles en 2025. Le coffret audio Power to the People est sorti en octobre 2025. Le film-concert Power to the People: John & Yoko Live in NYC est sorti au cinéma le 29 avril 2026, pour une durée limitée. Les éditions Blu-ray, annoncées le 9 octobre 2026, sont proposées en précommande avec une livraison annoncée à partir du 9 avril 2027. Les concerts eux-mêmes ont eu lieu le 30 août 1972, et non en 1971 comme on le lit parfois par confusion avec le Concert pour le Bangladesh.

Pourquoi ces concerts comptent

Le seul Lennon de scène de l’après-Beatles

Pour les fans, l’intérêt de ces éditions est d’abord historique. John Lennon a donné très peu de concerts dans sa vie après 1966. Les Beatles ont arrêté la scène le 29 août 1966 à San Francisco. John a ensuite fait quelques apparitions, mais il n’a donné qu’une seule fois un concert complet, de plus d’une heure, en vedette, avec son propre groupe : le 30 août 1972, à deux reprises. Ces deux concerts sont donc le seul témoignage filmé complet de John Lennon en concert en solo.

Ils montrent un John très différent de l’image pacifiste et méditative d’Imagine. Sur scène, il est rock, nerveux, drôle, avec un groupe bruyant et un son brut. Il crie Mother, rugit Hound Dog, se moque du public. C’est le Lennon du Cavern et de Hambourg, revenu dix ans plus tard sur une grande scène américaine.

Yoko au premier plan

Les concerts sont aussi un témoignage essentiel sur Yoko Ono musicienne. Longtemps méprisée par une partie du public des Beatles, elle apparaît ici comme une performeuse audacieuse, avec un chant expérimental qui préfigure le punk et la musique bruitiste des années suivantes. Le magazine Uncut a souligné qu’elle y était formidable. Nous avons défendu cette lecture dans plusieurs articles consacrés à Yoko Ono.

Le travail de Sean

Enfin, ces éditions s’inscrivent dans le grand chantier de mémoire mené par Sean Ono Lennon. Depuis 2020, il supervise les rééditions de son père avec une exigence de qualité qui lui a valu un Grammy en 2025. Il a expliqué vouloir que la jeune génération n’oublie pas les Beatles, John et Yoko, et que la mémoire culturelle demande un effort. Ce film, restauré pendant plus de vingt ans, est l’illustration de cet effort. Nous avons consacré un portrait à Sean et à son rôle dans notre double portrait de Sean et Charlotte Kemp Muhl, et à la gestion de l’héritage dans notre enquête sur Apple Corps.

Guide d’écoute : les chansons du concert

New York City

La chanson ouvre l’album Some Time in New York City et raconte, comme une chronique en accéléré, l’arrivée de John et Yoko à Manhattan : les rencontres avec David Peel dans Washington Square, les militants, les musiciens d’Elephant’s Memory, la police qui les surveille. Sur scène, elle devient un rock and roll trépidant, joué à toute allure, qui montre d’emblée le changement de registre : John n’est plus le pacifiste au piano blanc, il est un rocker new-yorkais. C’est aussi une déclaration d’amour à la ville où il vivra jusqu’à sa mort.

Instant Karma! (We All Shine On)

Écrite, enregistrée et mixée en une seule journée, le 27 janvier 1970, avec Phil Spector à la production, George Harrison à la guitare et Klaus Voormann à la basse, Instant Karma! est l’un des singles les plus fulgurants de John. Sur scène, en 1972, elle garde son refrain collectif et son piano martelé. Le film multi-écrans en a fait l’un de ses extraits promotionnels, dévoilé en avril 2026. Voir notre fiche Instant Karma!.

Mother

C’est sans doute le moment le plus intense du concert. Mother, chanson d’ouverture de l’album John Lennon/Plastic Ono Band de 1970, est un adieu à sa mère Julia, morte en 1958, et à son père Alf, qui l’avait abandonné. Sur disque, elle se termine par un cri répété jusqu’à l’épuisement, hérité de la thérapie primale d’Arthur Janov. Sur scène, devant 20 000 personnes, John la chante avec une intensité qui laisse la salle silencieuse. C’est l’un des rares enregistrements live de cette chanson.

Imagine

John s’installe au piano pour Imagine, sortie moins d’un an plus tôt. C’est l’une des premières interprétations publiques de la chanson qui allait devenir l’hymne de la paix le plus célèbre du monde. Dans le contexte de 1972, avec la guerre du Vietnam en toile de fond, la chanson prend une dimension politique très concrète. Voir notre fiche Imagine.

Come Together

Seule chanson des Beatles jouée ce jour-là, Come Together est jouée dans une version plus lourde que l’original d’Abbey Road. John modifie au passage quelques paroles, avec une allusion politique qui fait réagir le public. Paradoxe : la chanson avait été écrite en 1969 à partir d’un slogan de campagne de Timothy Leary, candidat éphémère au poste de gouverneur de Californie. Trois ans plus tard, elle sert de manifeste à un John militant. Voir notre fiche Come Together.

Hound Dog

John rend hommage à l’homme qui lui avait donné envie de faire du rock and roll : Elvis Presley. Hound Dog, créée par Big Mama Thornton en 1952 et rendue célèbre par Elvis en 1956, est jouée à pleine puissance, avec le saxophone de Stan Bronstein. C’est un retour aux sources : le John de 1972 renoue avec le garçon de Liverpool qui découvrait Elvis à la radio.

Don’t Worry Kyoko et Open Your Box

Yoko interprète deux de ses chansons. Don’t Worry Kyoko, déjà jouée à Toronto en 1969 et publiée en face B de Cold Turkey, est un cri adressé à sa fille disparue. En 1972, alors que Kyoko a été enlevée par son père, la chanson n’est plus une performance d’avant-garde mais un appel bouleversant. Open Your Box, face B du single Power to the People en 1971, est l’une de ses chansons les plus rock, au texte provocateur, qui avait suscité la censure en Grande-Bretagne.

Give Peace a Chance

Le concert se termine par l’hymne enregistré à Montréal, le 1er juin 1969, dans la chambre d’hôtel du bed-in. Sur la scène du Madison Square Garden, John est rejoint par les invités de la journée, dont Stevie Wonder, Sha Na Na et Melanie. La salle entière chante. C’est la conclusion naturelle d’un concert de bienfaisance, et le dernier grand rappel de la carrière de John. Voir notre article sur Give Peace a Chance.

Les musiciens : Elephant’s Memory et Jim Keltner

Un groupe de rue new-yorkais

Elephant’s Memory est un groupe new-yorkais formé en 1967 par le saxophoniste Stan Bronstein et le batteur Rick Frank. Il s’était fait connaître en 1969 grâce à deux chansons de la bande originale de Macadam Cowboy (Midnight Cowboy), le film de John Schlesinger. John les découvre à New York en 1972 et les choisit pour enregistrer Some Time in New York City, puis pour l’accompagner sur scène. Il aime leur énergie brute, loin des musiciens de studio qu’il connaît.

La collaboration est courte. Après Some Time in New York City et les concerts One to One, John produit leur album suivant en 1972, puis ils se séparent. Pour beaucoup de fans, Elephant’s Memory reste le groupe d’une seule année, mais d’une année décisive.

Jim Keltner, le batteur des ex-Beatles

Aux côtés de Rick Frank, le batteur Jim Keltner renforce la rythmique. Keltner deviendra l’un des batteurs de studio les plus recherchés, et le plus proche des ex-Beatles : il joue sur les disques solo de John, de George et de Ringo, participe au Concert pour le Bangladesh en 1971, au Lost Weekend de John en 1974, et sera plus tard le batteur des Traveling Wilburys. Sa présence relie le concert de John à celui de George, un an plus tôt, dans la même salle.

Le regard de Kevin Macdonald

Raconter une année à travers la télévision

L’une des idées les plus originales du documentaire de Kevin Macdonald est de raconter l’Amérique de 1972 à travers ce que John et Yoko regardaient à la télévision. Le couple vivait avec un poste allumé en permanence, et John disait que la télévision était sa fenêtre sur l’Amérique. Le film fait défiler des publicités, des journaux télévisés, des jeux, des discours politiques, comme si le spectateur zappait aux côtés du couple. Les images de la guerre, de Nixon, des militants, se mêlent aux chansons et aux répétitions.

Les appels téléphoniques

Le film utilise aussi les enregistrements des appels téléphoniques passés par John et Yoko pendant cette période. On y entend le couple organiser le concert, discuter avec des avocats, chercher des musiciens, s’inquiéter pour Kyoko. Ces conversations donnent au documentaire une intimité rare, et montrent un John moins mythique, plus quotidien, occupé à résoudre des problèmes d’organisation.

Pourquoi les deux films vont ensemble

La réunion des deux films sur les mêmes Blu-ray est logique. Le documentaire raconte le chemin qui mène au concert, le film-concert montre le concert lui-même. Regardés l’un après l’autre, ils forment un diptyque : d’abord l’année 1972, ses combats et ses angoisses, puis la soirée où John et Yoko transforment tout cela en musique.

1986 contre 2026 : ce qui change

La version de 1986

L’album et la vidéo Live in New York City, publiés en 1986, ont longtemps été la seule trace officielle des concerts. Ils proposaient un montage d’une partie des chansons de John, sans les morceaux de Yoko, avec un son et une image de qualité inégale. Pour une génération de fans, c’était pourtant le seul moyen de voir John en concert après les Beatles.

La version de 2026

La version de 2026 change tout : restauration image par image, son remixé en haute définition, en 5.1 et en Dolby Atmos, montage multi-écrans, et, dans le coffret Deluxe, les deux concerts complets séparément. Elle rend aussi à Yoko la place qu’elle occupait réellement sur scène. C’est désormais la version de référence.

Lennon filmé sur scène : les autres témoignages

The Rolling Stones Rock and Roll Circus, 1968

Pour mesurer la rareté des images de Power to the People, il faut rappeler ce qui existe d’autre. Après la fin des tournées des Beatles, John n’a été filmé sur scène qu’en de rares occasions. Le 11 décembre 1968, il participe au Rock and Roll Circus des Rolling Stones, dans un studio de Wembley, au sein d’un supergroupe éphémère, The Dirty Mac, avec Eric Clapton, Keith Richards et Mitch Mitchell. Il y chante Yer Blues. L’émission, jamais diffusée à l’époque, ne sortira qu’en 1996. Nous l’avons racontée dans notre histoire du blues et des Beatles.

Toronto, 1969

Le 13 septembre 1969, John, Yoko, Eric Clapton, Klaus Voormann et Alan White forment en catastrophe le Plastic Ono Band pour jouer au Toronto Rock and Roll Revival, après une seule répétition dans l’avion. Le concert, publié sur disque sous le titre Live Peace in Toronto 1969, a été filmé par D. A. Pennebaker, le réalisateur de Don’t Look Back, dans un film intitulé Sweet Toronto. Mais il ne s’agit que d’une courte prestation dans un festival, avec quelques reprises de rock and roll, quelques chansons de John, dont Yer Blues, Cold Turkey et Give Peace a Chance, et deux longues improvisations de Yoko. C’est la première scène de John après les Beatles, pas un concert complet.

Ann Arbor, 1971, et le film Ten for Two

Le concert de soutien à John Sinclair, à Ann Arbor, le 10 décembre 1971, a été filmé par Steve Gebhardt, le même réalisateur que pour One to One. Le film, Ten for Two, ne montre que quelques chansons de John et Yoko, au milieu d’un long programme de discours et de concerts. C’est un document politique plus qu’un film-concert.

Pourquoi One to One est unique

Face à ces fragments, les concerts du 30 août 1972 sont les seuls où John est la vedette d’un concert complet, avec un vrai groupe, une vraie mise en scène, devant une très grande salle. C’est ce qui fait de Power to the People un document sans équivalent, et du coffret Deluxe, avec les deux concerts séparés, une pièce majeure pour l’histoire de John Lennon musicien de scène.

Le Madison Square Garden, salle des ex-Beatles

Une salle que les Beatles n’ont jamais remplie ensemble

Curieusement, les Beatles n’ont jamais joué au Madison Square Garden. Lors de leurs tournées américaines, ils se sont produits au Carnegie Hall en février 1964, au Forest Hills Tennis Stadium en août 1964, puis au Shea Stadium en 1965 et 1966. C’est après la séparation que le Garden devient la salle des ex-Beatles à New York.

Bangladesh, One to One, Elton John, Dark Horse

George Harrison y donne le Concert pour le Bangladesh le 1er août 1971. John et Yoko y donnent les concerts One to One le 30 août 1972. John y rejoint Elton John le 28 novembre 1974, et George y termine en décembre 1974 sa tournée nord-américaine Dark Horse. Paul McCartney, lui, y organise le 20 octobre 2001 le Concert for New York City, au profit des victimes des attentats du 11 septembre, comme nous le racontions dans notre article sur le Concert for New York City. Trois ex-Beatles ont donc choisi la même salle pour leurs grands concerts de bienfaisance : George en 1971, John en 1972, Paul en 2001.

Le concert qui n’a pas eu de suite

Une tournée impossible

Après le 30 août 1972, John aurait pu repartir en tournée. Il avait un groupe, un répertoire et un public. Il ne l’a pas fait. La procédure d’expulsion l’empêchait de quitter le territoire américain sans risquer de ne pas pouvoir y revenir. L’échec commercial de Some Time in New York City avait refroidi l’enthousiasme. Et surtout, la réélection écrasante de Richard Nixon, en novembre 1972, a été vécue par John comme une défaite personnelle et politique. Le militant de 1972 se retire peu à peu de l’activisme.

De la scène au studio

Les années suivantes sont celles du studio : Mind Games en 1973, Walls and Bridges et Rock ‘n’ Roll en 1974-1975, puis le silence du Dakota à partir de la naissance de Sean. Les concerts One to One restent ainsi une parenthèse unique dans la carrière solo de John. C’est sans doute ce qui les rend si précieux aujourd’hui. Nous avons retracé ces années dans notre panorama de la décennie des ex-Beatles et classé les meilleurs disques solo dans notre sélection des dix meilleurs albums solo.

Yoko, gardienne des bandes

Pendant des décennies, c’est Yoko Ono qui a conservé les bandes et les films des concerts. Elle a publié la version de 1986, puis supervisé, comme productrice exécutive, la longue restauration achevée en 2026. Elle a fêté ses 93 ans en février 2026 et s’est retirée de la vie publique, laissant à Sean le soin de porter ces projets. Il y a dans ces Blu-ray une forme de passage de relais : un concert donné par John et Yoko, conservé par Yoko, restauré et produit par leur fils.

Quelle édition choisir ?

Le double Blu-ray pour découvrir

Pour un amateur qui souhaite voir le concert dans les meilleures conditions et comprendre son contexte, le double Blu-ray suffit largement. Il contient la version multi-écrans du concert, la plus spectaculaire, et le documentaire de Kevin Macdonald, pour un prix d’environ 30 euros.

Le coffret Deluxe pour les collectionneurs

Le coffret de quatre Blu-ray s’adresse aux collectionneurs et aux passionnés. Il permet de voir séparément les deux concerts de la journée, avec leurs différences d’interprétation, et contient un livre relié de 128 pages, une affiche et des cartes postales, dans un coffret lenticulaire. Il complète naturellement le coffret audio de 2025. Son prix, environ 175 euros, le réserve aux fans les plus motivés.

Une équipe et une méthode : les rééditions Lennon depuis 2020

Gimme Some Truth, 2020

Le travail de restauration de Power to the People s’inscrit dans une série cohérente. En octobre 2020, pour les 80 ans de John, Yoko et Sean publient Gimme Some Truth, une compilation de 36 titres entièrement remixés à partir des bandes multipistes d’origine par Paul Hicks, l’ingénieur qui travaille avec la famille depuis les rééditions des années 2000. Le principe est posé : ne pas se contenter de remastériser, mais remixer, pour retrouver la clarté des enregistrements tout en respectant l’esprit des mixages d’époque.

Mind Games, 2024

En juillet 2024, la même équipe publie Mind Games (The Ultimate Collection), un coffret consacré à l’album de 1973, avec des mixages nouveaux, des prises inédites, des mixages isolant les éléments d’enregistrement, et un objet conçu comme un jeu de piste par Sean et le designer Simon Hilton. Le coffret reçoit le 2 février 2025 le Grammy du meilleur coffret ou édition limitée. Simon Hilton, le réalisateur de Power to the People, est donc aussi l’un des artisans de ce Grammy.

Power to the People, 2025-2027

Le coffret audio Power to the People en octobre 2025, le film au cinéma en avril 2026 et les Blu-ray en 2027 forment le troisième grand chantier de cette équipe. On y retrouve les mêmes principes : retour aux sources d’origine, restauration minutieuse, mixage moderne en haute définition et en audio immersif, et un objet physique soigné. Pour les collectionneurs, c’est la garantie d’une cohérence entre les différentes rééditions.

New York, le 9 octobre : la ville de John

Strawberry Fields et le Dakota

Le jour où ces Blu-ray ont été annoncés, comme chaque 9 octobre, des admirateurs du monde entier se sont réunis à Strawberry Fields, le jardin mémorial de Central Park, en face du Dakota, l’immeuble où John vivait et devant lequel il a été assassiné le 8 décembre 1980. Ce jardin a été inauguré le 9 octobre 1985, jour de ce qui aurait été son 45e anniversaire, à l’initiative de Yoko Ono. Il est célèbre pour sa mosaïque circulaire portant le mot Imagine, offerte par la ville de Naples.

New York est la ville de John adulte. C’est là qu’il a vécu les neuf dernières années de sa vie, là qu’il a donné son seul concert complet après les Beatles, là qu’il a élevé Sean. Nous avons raconté son quotidien new-yorkais dans notre histoire du Café La Fortuna, et ses anecdotes dans nos vingt anecdotes sur John Lennon. Power to the People en est le témoignage le plus vivant : John chantant New York City devant 20 000 New-Yorkais, dans la ville qu’il avait faite sienne.

Willowbrook, cinquante ans après

Ce que le concert a changé

On réduit souvent les concerts One to One à un événement musical. Ils ont aussi eu une portée sociale réelle. Le reportage de Geraldo Rivera avait révélé l’état de l’institution de Willowbrook. Le concert de John et Yoko, et l’émission de télévision qui en a été tirée, ont donné à ce scandale une visibilité nationale, au moment même où des familles engageaient des actions en justice contre l’État de New York. Ces procédures ont abouti au milieu des années 1970 à un accord imposant une profonde réforme de la prise en charge, avec le transfert progressif des résidents vers de petites structures d’accueil intégrées dans les quartiers.

L’institution a été définitivement fermée en 1987. Le mouvement qu’elle a symbolisé a contribué à l’adoption, en 1980, d’une loi fédérale américaine protégeant les droits des personnes placées en institution. Le principe défendu par John et Yoko, une attention individuelle pour chaque enfant, est devenu la norme. Le nom même du concert, One to One, résume cette révolution.

Un concert de bienfaisance différent

Le Concert pour le Bangladesh de George Harrison, un an plus tôt, répondait à une catastrophe lointaine. Les concerts One to One répondaient à une injustice locale, à quelques kilomètres de la salle. C’est une autre conception de l’engagement : non plus aider un pays lointain, mais changer une institution de sa propre ville. Pour John, qui venait de s’installer à New York, c’était aussi une manière de devenir new-yorkais, en prenant part aux combats de la ville où il avait choisi de vivre.

Ce qu’il faut retenir

Les éditions Blu-ray de Power to the People, annoncées le 9 octobre 2026 pour les 86 ans de John Lennon, réunissent deux films complémentaires : le film-concert restauré des deux concerts One to One du 30 août 1972, réalisé par Simon Hilton, et le documentaire One to One: John & Yoko de Kevin Macdonald et Sam Rice-Edwards. Elles sont proposées en double Blu-ray ou en coffret Deluxe de quatre disques, avec une livraison annoncée à partir du 9 avril 2027.

Au-delà de l’objet, ces éditions rendent accessible un moment unique de l’histoire de John Lennon : son seul concert complet après les Beatles, donné pour une cause, avec Yoko à ses côtés, dans la ville qu’il avait choisie. Restauré pendant plus de vingt ans, remixé par l’équipe que dirige Sean, c’est aussi un geste de transmission : le fils qui fait entendre et voir ses parents tels qu’ils étaient, sur scène, un soir d’été 1972.

Chronologie : de Willowbrook aux Blu-ray

Date Événement
29 août 1966 Dernier concert des Beatles, à San Francisco
1er juin 1969 Enregistrement de Give Peace a Chance à Montréal
13 septembre 1969 Le Plastic Ono Band joue à Toronto
27 janvier 1970 Enregistrement d’Instant Karma!
1er août 1971 Concert pour le Bangladesh de George Harrison au Madison Square Garden
Fin de l’été 1971 John et Yoko s’installent à New York
10 décembre 1971 Concert pour John Sinclair à Ann Arbor
Janvier 1972 Reportage de Geraldo Rivera sur Willowbrook
Février 1972 Semaine au Mike Douglas Show ; mémorandum Thurmond
Mars 1972 Début de la procédure d’expulsion de John
12 juin 1972 Sortie de Some Time in New York City aux États-Unis
30 août 1972 Deux concerts One to One au Madison Square Garden
Fin 1972 Diffusion d’un montage des concerts à la télévision américaine
28 novembre 1974 John rejoint Elton John sur scène au Madison Square Garden
18 avril 1975 Dernière prestation publique de John
8 décembre 1980 Assassinat de John Lennon
1986 Album et vidéo Live in New York City
1987 Fermeture définitive de Willowbrook
2024 One to One: John & Yoko présenté à Venise
2 février 2025 Grammy de Sean Ono Lennon et Simon Hilton pour Mind Games
Octobre 2025 Coffret audio Power to the People
29 avril 2026 Sortie au cinéma de Power to the People: John & Yoko Live in NYC
9 octobre 2026 Annonce des éditions Blu-ray pour les 86 ans de John
9 avril 2027 Livraison annoncée des Blu-ray

Pour aller plus loin : voir, écouter, lire

À voir sur YouTube

À écouter et à regarder

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Power to the People ?

Le film-concert multi-écrans des deux concerts One to One donnés par John Lennon et Yoko Ono au Madison Square Garden le 30 août 1972, restauré et remixé, réalisé par Simon Hilton et sorti au cinéma le 29 avril 2026.

Quand sortent les Blu-ray ?

Ils ont été annoncés le 9 octobre 2026 et sont en précommande, avec une livraison annoncée à partir du 9 avril 2027.

Que contient le coffret Deluxe ?

Quatre Blu-ray : la version multi-écrans, les concerts complets de l’après-midi et du soir, le documentaire One to One: John & Yoko, avec un livre relié de 128 pages, une affiche et deux cartes postales.

Qui a réalisé One to One: John & Yoko ?

Kevin Macdonald et Sam Rice-Edwards. Le film a été présenté à la Mostra de Venise en 2024.

Pourquoi John et Yoko ont-ils donné ces concerts ?

Pour collecter des fonds en faveur des enfants atteints de déficiences intellectuelles, après le reportage de Geraldo Rivera sur l’institution de Willowbrook, à Staten Island.

Combien d’argent les concerts ont-ils rapporté ?

Plus de 1,5 million de dollars, soit environ 11,5 millions de dollars de 2026 selon les producteurs.

Combien de spectateurs ont assisté aux concerts ?

Environ 40 000 au total, pour les deux représentations.

Qui accompagnait John et Yoko sur scène ?

Le groupe Elephant’s Memory, renforcé par le batteur Jim Keltner, avec en invités Stevie Wonder, Sha Na Na et Melanie.

Est-ce le dernier concert de John Lennon ?

C’est son seul concert complet après les Beatles, mais pas sa dernière apparition sur scène : il a rejoint Elton John le 28 novembre 1974 et s’est produit une dernière fois le 18 avril 1975.

Quelles chansons des Beatles John a-t-il jouées ?

Une seule : Come Together.

Qui a produit la musique du film ?

Sean Ono Lennon, avec un mixage de Paul Hicks et Sam Gannon.

Le film existe-t-il en Dolby Atmos ?

Oui, le son a été remixé en stéréo haute définition, en 5.1 et en Dolby Atmos.

Glossaire

  • Multi-écrans : procédé de montage qui juxtapose plusieurs images à l’écran.
  • Dolby Atmos : format audio immersif qui place les sons dans un espace en trois dimensions.
  • Cuisson des bandes : technique qui consiste à chauffer de vieilles bandes magnétiques pour pouvoir les relire sans les détruire.
  • Willowbrook State School : institution publique de Staten Island pour personnes handicapées, fermée en 1987.
  • Elephant’s Memory : groupe de rock new-yorkais qui a accompagné John et Yoko en 1972.
  • Coffret lenticulaire : emballage dont l’image change selon l’angle de vue.

Sources et références

Communiqué de Mercury Studios, Universal Music Group et Sean Ono Lennon, 9 octobre 2026 ; bande-annonce officielle sur la chaîne YouTube de John Lennon ; boutique officielle britannique de John Lennon ; fiches des distributeurs européens ; BroadwayWorld, mars et avril 2026 ; programmes des cinémas pour la sortie du 29 avril 2026 ; fiche du Millennium Docs Against Gravity sur One to One: John & Yoko ; critiques du Guardian, du Times, d’Uncut, de Radio Times, de Variety et du NME ; Recording Academy, Grammy 2025.

À lire aussi sur Yellow-Sub

JE M'ABONNE A LA NEWSLETTER

Envie de ne rien manquer des Beatles et de Yellow-Sub ? Abonnez-vous à la newsletter et recevez nos actus, offres et information concours
JE M'ABONNE
Garantie sans SPAM ! Conformité RGPD.
close-link