Here Comes the Sun des Beatles : histoire, enregistrement, paroles et traduction

Here Comes the Sun des Beatles : histoire de la chanson de George Harrison, paroles et traduction

Here Comes the Sun des Beatles : l’histoire complète de la chanson de George Harrison, du jardin d’Eric Clapton au milliard d’écoutes

Écrite par George Harrison un matin de printemps 1969 dans le jardin d’Eric Clapton, alors qu’il séchait une réunion d’affaires chez Apple, enregistrée sans John Lennon entre le 7 juillet et le 19 août 1969, placée en ouverture de la face B d’Abbey Road sans jamais sortir en single, Here Comes the Sun est devenue la chanson la plus écoutée des Beatles dans le monde. En mai 2023, elle a été la première chanson du groupe, et la première chanson des années 1960, à dépasser le milliard d’écoutes sur Spotify. Genèse, enregistrement jour par jour, Moog, concerts, reprises, records, anecdotes et sens des paroles : voici l’histoire complète de Here Comes the Sun, vérifiée à partir des sources de référence.

Il y a dans l’histoire de Here Comes the Sun un renversement qui résume à lui seul le destin de George Harrison. En 1969, la chanson est une plage d’album parmi d’autres, discrète, que les Beatles ne jugent pas utile de publier en 45 tours. Le single, cette année-là, c’est Something. Plus d’un demi-siècle plus tard, la hiérarchie s’est inversée : la petite chanson acoustique du Beatle qu’on appelait le calme, celui qui devait batailler pour placer deux titres par album, domine toutes les plateformes, devant Hey Jude, Let It Be et Yesterday. Comment une chanson née d’un après-midi de liberté est-elle devenue la plus aimée de toutes ? Pour le comprendre, il faut remonter à l’un des pires hivers de la vie de George Harrison.

Here Comes the Sun en bref : l’essentiel en dix réponses

Qui l’a écrite ? George Harrison, seul. Où ? Dans le jardin de Hurtwood Edge, la maison d’Eric Clapton à Ewhurst, dans le Surrey. Quand ? Au printemps 1969, sans doute en avril ; paroles achevées en juin en Sardaigne. Pourquoi ? Pour échapper aux réunions d’affaires d’Apple après un hiver épuisant. Enregistrement ? Du 7 juillet au 19 août 1969, studios EMI d’Abbey Road. John Lennon joue-t-il dessus ? Non, il se remettait d’un accident de voiture survenu le 1er juillet. Album ? Abbey Road, première plage de la face B, sorti le 26 septembre 1969. Single ? Jamais publiée en 45 tours par les Beatles au Royaume-Uni ni aux États-Unis. Instrument surprise ? Un synthétiseur Moog, joué par Harrison. Record ? Première chanson des Beatles à dépasser le milliard d’écoutes sur Spotify, en mai 2023.

La fiche d’identité de Here Comes the Sun

Titre Here Comes the Sun
Auteur George Harrison
Écriture Printemps 1969, Hurtwood Edge (Surrey) ; paroles terminées en juin 1969 en Sardaigne
Enregistrement 7, 8 et 16 juillet, 6, 11, 15 et 19 août 1969, studios EMI d’Abbey Road
Musiciens George Harrison, Paul McCartney, Ringo Starr, orchestre arrangé par George Martin ; sans John Lennon
Producteur George Martin
Ingénieurs Geoff Emerick, Phil McDonald
Durée 3 min 05 s
Tonalité La majeur, guitare avec capodastre en septième case
Album Abbey Road, 26 septembre 1969 (Royaume-Uni), 1er octobre 1969 (États-Unis), première plage de la face B
Single Non publiée en 45 tours par les Beatles en 1969
Records Chanson des Beatles la plus écoutée sur Spotify ; premier milliard d’écoutes en mai 2023 ; triple disque de platine au Royaume-Uni

Repères chronologiques : de Twickenham au milliard d’écoutes

10 janvier 1969 Harrison quitte les répétitions de Twickenham et, provisoirement, le groupe.
Février 1969 Hospitalisation pour une ablation des amygdales.
12 mars 1969 Descente de police chez lui, à Kinfauns ; George et Pattie Boyd sont arrêtés.
Avril 1969 (probable) Écriture de la chanson dans le jardin d’Eric Clapton, à Hurtwood Edge.
Juin 1969 Paroles terminées pendant des vacances en Sardaigne.
1er juillet 1969 Accident de voiture de John Lennon à Golspie, en Écosse.
7 juillet 1969 Piste rythmique en 13 prises, le jour des 29 ans de Ringo.
8 juillet 1969 Voix principale, harmonies, guitare passée dans une cabine Leslie.
16 juillet 1969 Claquements de mains et harmonium (effacé au mixage).
6 et 11 août 1969 Nouvelles guitares, dont un solo électrique finalement écarté.
15 août 1969 Orchestre de bois et de cordes arrangé par George Martin.
19 août 1969 Ajout du Moog ; mixage stéréo dans la nuit.
20 août 1969 Dernière séance réunissant les quatre Beatles en studio.
26 septembre 1969 Sortie d’Abbey Road au Royaume-Uni.
1971 Reprises de Richie Havens (16e aux États-Unis) et de Nina Simone.
1er août 1971 Première interprétation publique, au Concert for Bangladesh, avec Pete Ham.
1976 Reprise de Steve Harley and Cockney Rebel, 10e au Royaume-Uni.
20 novembre 1976 Duo avec Paul Simon au Saturday Night Live.
1977 Carl Sagan tente de l’inclure sur le disque d’or des sondes Voyager.
Juin 1987 Concerts du Prince’s Trust à Wembley.
Décembre 1991 Tournée japonaise avec Eric Clapton.
29 novembre 2001 Mort de George Harrison.
29 novembre 2002 Concert for George ; interprétation de Joe Brown.
2006 Nouvelle version dans l’album Love du Cirque du Soleil.
16 novembre 2010 Les Beatles arrivent sur iTunes ; la chanson entre au classement britannique (64e).
2011 Le documentaire de Martin Scorsese révèle un solo inédit.
27 septembre 2019 Édition du 50e anniversaire d’Abbey Road et clip animé officiel.
Mai 2023 Premier milliard d’écoutes sur Spotify, une première pour les Beatles et pour les années 1960.

Hiver 1969 : pourquoi George Harrison avait besoin de soleil

Here Comes the Sun n’est pas une chanson de beau temps écrite par un homme heureux. C’est la chanson d’un homme qui sort d’un hiver épouvantable, au sens propre comme au figuré. Comprendre cet hiver, c’est comprendre pourquoi le retour du soleil a pris pour lui une telle importance.

Le mois de Twickenham

En janvier 1969, les Beatles se retrouvent dans un immense hangar des studios de cinéma de Twickenham, dans l’ouest de Londres, pour répéter devant les caméras de Michael Lindsay-Hogg le projet qui deviendra Let It Be. Le lieu est froid, les journées commencent tôt, l’ambiance est électrique. Harrison revient d’un séjour aux États-Unis où il a passé plusieurs semaines à Woodstock avec Bob Dylan et le groupe The Band, des musiciens qui l’ont traité en égal et avec qui il a composé librement. De retour à Londres, il supporte mal d’être de nouveau considéré comme le cadet, celui dont on accepte les chansons au compte-gouttes.

Le 10 janvier 1969, après une nouvelle friction avec Paul McCartney sur sa façon de jouer et un échange tendu avec John Lennon, il quitte le plateau. Il rentre chez lui, note dans son journal qu’il a quitté les Beatles, et compose dans la foulée Wah-Wah. Il ne reviendra que quelques jours plus tard, à ses conditions : abandon du projet de concert dans un lieu lointain et déménagement dans le studio du sous-sol d’Apple. Nous avons raconté cette crise dans L’adieu amer de George Harrison aux Beatles : enquête complète sur Run of the Mill et dans Ils sont partis avant la fin : les trois démissions qui ont précédé la séparation des Beatles.

Les amygdales et la police

La suite de l’hiver n’est pas plus douce. Début février 1969, Harrison est hospitalisé pour une ablation des amygdales, une opération pénible à l’âge adulte. Le 12 mars, jour du mariage de Paul McCartney et Linda Eastman, la brigade des stupéfiants fait une descente à Kinfauns, sa maison d’Esher, et l’arrête avec sa femme Pattie Boyd pour détention de cannabis. Harrison a toujours affirmé que la drogue saisie avait été apportée par les policiers eux-mêmes. L’épisode, humiliant, s’ajoute à la liste des contrariétés de ce début d’année. Nous avons raconté l’histoire de cette maison dans Kinfauns, la maison de George Harrison.

Apple, l’école des comptables

Surtout, il y a Apple. Fondée en 1968 dans un élan utopique, la société des Beatles est au bord de la faillite au début de 1969. Le groupe se déchire sur le choix d’un gestionnaire : Lennon, Harrison et Ringo soutiennent l’Américain Allen Klein, McCartney préfère Lee et John Eastman, le père et le frère de Linda. Les réunions s’enchaînent, les contrats à signer s’empilent, les avocats et les comptables envahissent le quotidien des musiciens. Nous avons raconté cette guerre dans Allen Klein, le manager des Beatles et dans notre dossier sur Apple Corps.

Harrison déteste ce monde. Il racontera que les journées chez Apple ressemblaient à l’école : il fallait venir, jouer les hommes d’affaires, signer ceci et cela. L’hiver anglais de 1969, gris et humide, semble interminable. C’est dans cet état d’esprit, épuisé, lassé, en quête de lumière, que George Harrison va écrire la chanson la plus solaire de toute l’œuvre des Beatles.

La genèse : un matin de printemps à Hurtwood Edge

L’histoire de l’écriture de Here Comes the Sun est l’une des plus connues du répertoire des Beatles, et elle a l’avantage d’être racontée par Harrison lui-même, avec précision.

La réunion séchée

Un jour de printemps 1969, sans doute en avril, Harrison doit se rendre à une nouvelle réunion chez Apple, au 3 Savile Row. Il décide de ne pas y aller. Au lieu de prendre la direction du centre de Londres, il file vers le Surrey, chez son ami Eric Clapton, qui habite Hurtwood Edge, une grande maison de style italien perchée dans les collines boisées d’Ewhurst.

Dans son autobiographie I, Me, Mine, publiée en 1980, Harrison décrit ce jour comme une libération. Il écrit en substance que le soulagement de ne pas avoir à voir tous ces comptables était merveilleux. Le soleil brille enfin après des mois de grisaille, le jardin est en fleurs, et Harrison s’y promène avec une des guitares acoustiques de Clapton. La chanson vient presque toute seule.

La première chose qui est sortie

Dans une interview accordée à la BBC en 1969, Harrison précise qu’il n’avait plus touché une guitare depuis des semaines. En reprenant l’instrument ce jour-là, raconte-t-il, la première chose qui est sortie, c’est cette chanson. L’image est d’une grande force : après un hiver de silence musical, les premières notes jouées sont celles d’une chanson sur le retour du soleil. Il n’y a pas eu de longue élaboration, pas de calcul : la chanson est née de l’état d’esprit du moment.

Une amitié au cœur de la chanson

Le lieu n’est pas anodin. En 1969, Eric Clapton est le meilleur ami de Harrison. Les deux guitaristes ont écrit ensemble Badge, publiée par Cream en 1969. Clapton a joué, sans être crédité, le solo de While My Guitar Gently Weeps sur l’Album blanc, à l’invitation de George, qui comptait sur sa présence pour obliger les autres Beatles à mieux se tenir. Les deux hommes partagent la même passion pour la guitare, la même méfiance envers la célébrité, et bientôt un amour pour la même femme : Pattie Boyd, l’épouse de George, pour qui Clapton écrira Layla en 1970. Nous avons raconté cette histoire dans le triangle amoureux Eric Clapton, George Harrison, Pattie Boyd.

Au printemps 1969, rien de tout cela n’est encore visible. Hurtwood Edge est simplement un refuge, la maison d’un ami où l’on peut jouer de la guitare au soleil sans que personne ne vous tende un contrat. Notre portrait d’Eric Clapton présente l’autre grand guitariste de cette histoire. Ironie du destin : vingt-deux ans plus tard, c’est avec Clapton que Harrison jouera la chanson en tournée au Japon.

La Sardaigne, en juin

La chanson n’est pas terminée ce jour-là. Harrison en tient l’essentiel : la mélodie, le refrain, la structure, et le célèbre motif de guitare. Il achève les paroles quelques semaines plus tard, en juin 1969, pendant des vacances en Sardaigne. Quand les Beatles reprennent le chemin d’Abbey Road début juillet pour enregistrer ce qui sera leur dernier album, la chanson est prête.

Correctif factuel : Here Comes the Sun n’a pas été écrite chez George Harrison

On lit parfois que la chanson aurait été composée à Friar Park, la célèbre propriété victorienne de Harrison à Henley-on-Thames. C’est impossible : Harrison n’achète Friar Park qu’en janvier 1970, plusieurs mois après l’enregistrement. En 1969, il habite encore Kinfauns, à Esher. La chanson est née dans le jardin d’Eric Clapton, à Hurtwood Edge, comme Harrison l’a lui-même raconté dans I, Me, Mine.

Anatomie musicale : pourquoi Here Comes the Sun sonne comme un lever de soleil

La lumière de Here Comes the Sun n’est pas seulement une affaire de paroles. Elle est inscrite dans la manière même dont la chanson est construite et jouée. Plusieurs choix techniques, souvent invisibles pour l’auditeur, expliquent son éclat.

Un capodastre en septième case

La chanson est en la majeur, mais Harrison ne la joue pas avec des accords de la. Il place un capodastre, une pince qui raccourcit les cordes, sur la septième case de sa guitare acoustique, et utilise des formes d’accords de ré. Cette astuce, courante chez les guitaristes folk, donne au son une brillance particulière : les cordes raccourcies sonnent plus aigu, plus clair, presque comme une guitare douze cordes. Harrison avait déjà utilisé ce procédé en 1965 pour If I Needed Someone, sur Rubber Soul, dans la même tonalité.

Harrison a raconté, avec son humour habituel, qu’il suffisait de bouger les doigts autour de l’accord de ré pour voir surgir de petites mélodies. Il s’amusait d’un jeu de mots anglais entre mélodies et maladies, melodies et maladies, typique de l’humour absurde hérité des Goons, la troupe comique que les Beatles adoraient.

Le riff d’ouverture

La chanson s’ouvre sur un motif de guitare acoustique devenu l’un des plus reconnaissables de l’histoire du rock : quelques notes jouées en arpège autour de l’accord, avec des cordes à vide qui résonnent. En deux secondes, l’auditeur sait de quelle chanson il s’agit. Ce motif revient tout au long du morceau, comme un rayon de lumière qui traverse les nuages. C’est aussi l’un des riffs les plus appris par les guitaristes débutants du monde entier.

Des mesures qui boitent

Le pont de la chanson est son passage le plus audacieux. Harrison y enchaîne des mesures de longueurs irrégulières, que les musicologues transcrivent comme une alternance de mesures à onze croches, sept croches et quatre temps. Pour l’auditeur, l’effet est celui d’un rythme qui trébuche joyeusement, qui accélère, s’arrête, repart. C’est le moment où les voix répètent en boucle l’arrivée du soleil sur une montée d’accords qui semble ne jamais finir.

Cette liberté rythmique vient en grande partie de la musique indienne, que Harrison étudie depuis 1966 auprès de Ravi Shankar. Dans la musique classique hindoustanie, les cycles rythmiques, les talas, ne se limitent pas à quatre temps. Harrison n’écrit pas une chanson indienne, comme il l’avait fait avec Within You Without You ou The Inner Light, mais il importe la souplesse de ces cycles dans une chanson pop anglaise.

Une mélodie pentatonique

La mélodie repose largement sur une gamme pentatonique, une gamme de cinq notes qu’on retrouve dans les musiques populaires du monde entier, du blues aux chants traditionnels d’Asie. C’est ce qui lui donne son caractère universel, presque enfantin : on a le sentiment de la connaître dès la première écoute. George Martin dira plus tard que Here Comes the Sun était, à certains égards, l’une des meilleures chansons jamais écrites.

Une chanson sans conflit

Ce qui frappe enfin, c’est l’absence totale de tension dans le texte. Pas de rupture, pas de reproche, pas d’ironie. Juste l’annonce du soleil, répétée avec une joie simple. Dans l’œuvre de Harrison, souvent traversée par la gravité spirituelle ou l’amertume, de Taxman à Wah-Wah, c’est une exception. Quelques années plus tard, So Sad, écrite sur la fin de son mariage, en sera l’exact contraire : nous l’avons racontée dans So Sad : la chanson où George Harrison a raconté la fin de son mariage avec Pattie Boyd.

Ce que racontent les paroles de Here Comes the Sun

Les paroles complètes et leur traduction française figurent plus bas sur cette page. Voici comment le texte est construit, et pourquoi il touche autant.

Une adresse à une petite chérie

Toute la chanson s’adresse à une personne que le narrateur appelle affectueusement sa petite chérie. Ce n’est pas une chanson d’amour au sens romantique : c’est une manière tendre d’associer quelqu’un à une bonne nouvelle. On peut y entendre Pattie Boyd, l’épouse de Harrison, mais aussi un ami, un enfant, ou l’auditeur lui-même. Comme souvent chez les Beatles, l’absence de nom permet à chacun de se reconnaître.

Trois images de printemps

Les couplets reposent sur trois images simples. D’abord un hiver long, froid et solitaire, qui semble avoir duré des années. Ensuite des visages qui retrouvent le sourire. Enfin une glace qui fond lentement, et un ciel qui redevient clair. Ce sont des images de saison, mais aussi des images psychologiques : la fin d’une dépression, d’une crise, d’une période sombre. C’est cette double lecture qui fait la force du texte.

Le refrain, une constatation

Le refrain ne promet rien, il constate. Le soleil arrive, et le narrateur dit que tout va bien. Cette formule rassurante, répétée comme une évidence, est l’une des plus réconfortantes de tout le répertoire des Beatles. Dans le pont, la répétition obstinée de l’arrivée du soleil, sur des mesures irrégulières, donne l’impression d’une joie qui déborde, qui ne peut plus être contenue.

Une chanson spirituelle sans le dire

Dans la spiritualité hindoue que Harrison a embrassée à partir de 1966, le soleil est un symbole de la conscience, de l’éveil, de la vérité qui dissipe l’ignorance. Sans être une chanson religieuse, Here Comes the Sun peut se lire à cette lumière : le retour du soleil comme un éveil intérieur après l’hiver de l’âme. Mais Harrison ne force jamais le trait. La chanson reste d’abord celle d’une journée de printemps dans le jardin d’un ami. C’est ce qui la rend universelle : chacun peut y mettre la fin de son propre hiver.

Here Comes the Sun en français : les difficultés de la traduction

La traduction française complète figure plus bas sur cette page. Mais traduire Here Comes the Sun pose quelques problèmes intéressants, qui expliquent pourquoi on trouve tant de versions différentes en ligne.

Comment traduire le titre ?

Le titre peut se traduire de plusieurs façons : voici le soleil, voilà le soleil, ou le soleil arrive. Aucune n’est parfaite. Voici le soleil rend bien la simplicité de l’anglais, mais perd l’idée de mouvement. Le soleil arrive traduit mieux l’expression here comes, qui désigne quelque chose qui approche, mais sonne plus lourdement. C’est pourquoi la plupart des francophones gardent simplement le titre anglais, devenu presque une expression courante.

Little darling : ma chérie ou petite chérie ?

L’expression little darling, qui ouvre chaque couplet, est un terme d’affection courant en anglais, sans connotation enfantine. Petite chérie est la traduction littérale, mais elle peut sembler condescendante en français. Ma chérie, ou simplement chérie, rend mieux la tendresse familière de l’original. Certains traducteurs préfèrent même mon amour. Le choix dépend de la personne à qui l’on imagine que Harrison s’adresse.

It’s all right : tout va bien

La petite formule qui conclut chaque refrain, it’s all right, se traduit naturellement par tout va bien ou ça va aller. C’est une constatation apaisante, plus qu’une promesse. Elle fait écho à une expression que les Beatles employaient souvent, et qu’on retrouve dans de nombreuses chansons de l’époque. Sa simplicité est ce qui la rend si réconfortante.

L’hiver, la glace et les visages

Les images des couplets se traduisent sans difficulté : un long hiver froid et solitaire, des sourires qui reviennent sur les visages, une glace qui fond lentement, un ciel qui s’éclaircit. Le seul piège tient à la temporalité : l’anglais exprime le sentiment que cela fait des années, alors que l’hiver n’a duré que quelques mois. C’est une exagération affective, que la traduction doit conserver, car elle dit combien l’hiver 1969 a paru interminable à Harrison.

L’enregistrement jour par jour : sept séances pour une chanson de trois minutes

Here Comes the Sun est enregistrée à Abbey Road pendant l’été 1969, au cœur des séances du dernier album conçu par les Beatles. Elle n’est pas réalisée en une seule fois, mais construite par couches successives, sur une base enregistrée le 7 juillet et enrichie jusqu’au 19 août.

L’absence de John Lennon

Le 1er juillet 1969, John Lennon a un accident de voiture en Écosse, à Golspie, alors qu’il conduit une Austin Maxi avec Yoko Ono, son fils Julian et Kyoko, la fille de Yoko. Lennon, conducteur notoirement médiocre, perd le contrôle du véhicule. Tous sont blessés, et Lennon doit recevoir des points de suture au visage. Il reste hospitalisé plusieurs jours et ne revient en studio que le 9 juillet. Nous avons raconté cet épisode dans Les Beatles et l’automobile.

Quand les séances reprennent, le 7 juillet, il n’est donc pas là. Mais il ne viendra pas non plus participer aux ajouts des semaines suivantes, alors qu’il est de retour. Here Comes the Sun fait ainsi partie des rares chansons des Beatles sur lesquelles John Lennon ne joue pas une seule note.

Correctif factuel : Lennon n’a pas été écarté par son accident seulement

On lit souvent que Lennon ne joue pas sur Here Comes the Sun parce qu’il était à l’hôpital pendant l’enregistrement. C’est vrai pour la séance du 7 juillet, mais pas pour la suite : l’accident a eu lieu le 1er juillet, avant la reprise des séances, et Lennon est revenu au studio dès le 9 juillet. Il aurait pu intervenir sur les ajouts de juillet et d’août, mais il ne l’a pas fait. Sa non-participation n’est donc pas seulement due à l’accident.

7 juillet 1969 : l’anniversaire de Ringo

Le 7 juillet 1969 est aussi le vingt-neuvième anniversaire de Ringo Starr. Ce jour-là, dans le studio 2 d’Abbey Road, Harrison, McCartney et Ringo enregistrent la piste rythmique. Harrison joue sa guitare acoustique, une Gibson J-200, McCartney tient sa basse Rickenbacker, Ringo est à la batterie. Harrison chante une voix témoin pour guider ses partenaires. Les trois musiciens enregistrent treize prises. La base retenue est issue de la fin de cette série, désignée dans certaines documentations de façon pittoresque comme la prise douze et demie, en raison de la numérotation des prises incomplètes.

8 juillet 1969 : les voix

Le lendemain, le trio revient pour les voix. Harrison enregistre sa voix principale, et McCartney et lui ajoutent les harmonies, qui donnent au refrain sa chaleur. Ringo complète quelques roulements de batterie. Une guitare électrique, passée dans une cabine Leslie, cet amplificateur à haut-parleur rotatif qui produit un son tournoyant, est aussi ajoutée.

16 juillet 1969 : les mains

Le 16 juillet, les Beatles ajoutent des claquements de mains et un harmonium. L’harmonium sera effacé au mixage. Les claquements de mains, eux, restent, et contribuent au caractère festif du pont, où ils soulignent les rythmes irréguliers.

6 et 11 août 1969 : les guitares et le solo oublié

Au début du mois d’août, Harrison revient sur sa chanson. Le 6 août, il ajoute de nouvelles parties de guitare, dont une guitare acoustique supplémentaire et un solo de guitare électrique. Le 11 août, il complète encore les guitares. Ce même 11 août, Lennon enregistre ses dernières parties sur un autre titre de l’album, comme nous l’avons raconté dans le dernier enregistrement de John Lennon avec les Beatles.

Le solo du 6 août n’a jamais été publié. Pendant plus de quarante ans, personne ne soupçonne son existence. Il ressurgit en 2011, dans le documentaire de Martin Scorsese George Harrison: Living in the Material World, disponible en DVD et Blu-ray. On y voit Dhani Harrison, le fils de George, et Giles Martin, le fils de George Martin, écouter les bandes multipistes et découvrir ce passage de guitare inédit. Sur la boîte de la bande, une note manuscrite indique de ne pas utiliser les pistes du solo. Pourquoi Harrison l’a-t-il écarté ? Nul ne le sait avec certitude. Il l’a sans doute jugé superflu : la chanson se suffisait à elle-même. Nous avons présenté les deux héritiers dans nos portraits de Giles Martin et de Dhani Harrison.

15 août 1969 : l’orchestre de George Martin

Le 15 août 1969, George Martin fait entrer un petit orchestre dans le studio 1 d’Abbey Road. Ce jour-là, il enregistre aussi les parties orchestrales de Something, Golden Slumbers, Carry That Weight et The End. Pour Here Comes the Sun, il a écrit un arrangement pour bois et cordes : deux piccolos, deux flûtes, deux flûtes alto, deux clarinettes, quatre altos, quatre violoncelles et une contrebasse. Les noms des musiciens ne sont pas documentés.

L’arrangement est d’une grande légèreté. Les bois, surtout, apportent une couleur pastorale, presque champêtre, qui colle parfaitement au sujet. On entend le printemps, les oiseaux, la campagne anglaise. Notre article sur la carrière de George Martin replace ce travail dans son parcours.

19 août 1969 : le Moog de George

La dernière touche est la plus moderne. Le 19 août 1969, Harrison ajoute une partie de synthétiseur Moog. Il a découvert l’instrument à l’automne 1968 en Californie, où il produisait l’album de Jackie Lomax pour Apple, et en a commandé un exemplaire, livré à Londres. C’est l’un des tout premiers Moog présents en Angleterre : un meuble imposant, hérissé de câbles, de boutons et de modules.

Harrison a d’abord exploré la machine en solitaire, pour un album expérimental publié en 1969 sur le label Zapple, Electronic Sound. Pour Abbey Road, il l’utilise de façon beaucoup plus musicale. On l’entend sur Here Comes the Sun, mais aussi sur Because, Maxwell’s Silver Hammer et I Want You (She’s So Heavy). Il a raconté la difficulté de dompter un instrument pour lequel il n’existait pas de mode d’emploi. Le synthétiseur de l’époque est monophonique : il ne joue qu’une note à la fois, et chaque son se construit à la main, en reliant des modules par des câbles.

Sur la chanson, le Moog se glisse dans les derniers couplets et dans le pont, en doublant certaines lignes et en ajoutant des traits aigus, comme des flûtes électriques. Il ne domine jamais. Harrison l’emploie comme un instrument de couleur, pas comme un gadget. Notre dossier Abbey Road : 10 faits méconnus revient sur l’usage du Moog dans tout l’album, et notre article sur Maxwell’s Silver Hammer présente l’autre grande chanson au Moog du disque.

Le mixage et le quart de ton

Le mixage stéréo est réalisé dans la nuit du 19 au 20 août 1969. Il comporte une particularité : la bande a été légèrement accélérée, ce qui relève la tonalité d’environ un quart de ton. Cette variation de vitesse, fréquente chez les Beatles, donne à la voix de Harrison un éclat un peu plus juvénile, et au morceau une vivacité supplémentaire. C’est une des raisons pour lesquelles les guitaristes qui jouent la chanson avec un capodastre en septième case ne sonnent jamais exactement comme le disque.

Le 20 août 1969, dans la journée, les quatre Beatles se retrouvent à Abbey Road pour finaliser l’ordre des chansons de l’album et achever I Want You (She’s So Heavy). Ce sera la dernière fois qu’ils seront réunis tous les quatre dans un studio d’enregistrement. Here Comes the Sun est donc l’une des toutes dernières chansons achevées par les Beatles.

Qui joue quoi sur Here Comes the Sun
George Harrison Chant principal et chœurs, guitare acoustique Gibson J-200, guitare électrique, harmonium (effacé), synthétiseur Moog, claquements de mains
Paul McCartney Basse Rickenbacker, chœurs, claquements de mains
Ringo Starr Batterie, claquements de mains
John Lennon Ne joue pas sur la chanson
Orchestre non crédité 2 piccolos, 2 flûtes, 2 flûtes alto, 2 clarinettes, 4 altos, 4 violoncelles, 1 contrebasse
George Martin Production, arrangement orchestral
Geoff Emerick, Phil McDonald Ingénieurs du son

Correctif factuel : il n’y a pas d’orgue Hammond sur Here Comes the Sun

Certaines fiches attribuent à Harrison un orgue Hammond sur la chanson. Les archives des séances mentionnent un harmonium, enregistré le 16 juillet 1969 puis effacé au mixage. Les claviers qu’on entend sur la version finale sont ceux du Moog, ajouté le 19 août. La brillance de la chanson repose avant tout sur les guitares acoustiques avec capodastre, les bois de l’orchestre et le synthétiseur.

26 septembre 1969 : la chanson qui ouvre la face B d’Abbey Road

Abbey Road paraît le 26 septembre 1969 au Royaume-Uni et le 1er octobre aux États-Unis. La place de Here Comes the Sun dans l’album n’a rien d’un hasard.

Une place stratégique

Sur la face A, les chansons s’enchaînent de Come Together à I Want You (She’s So Heavy), qui s’arrête brutalement, en pleine boucle, après près de huit minutes de tension hypnotique. Quand l’auditeur retourne le disque, c’est la guitare acoustique de Here Comes the Sun qui l’accueille. Le contraste est saisissant : après la noirceur, un lever de jour. Puis viennent Because, avec ses harmonies à trois voix, et le grand medley de la face B, jusqu’à The End. La chanson de Harrison sert ainsi de porte d’entrée lumineuse au dernier grand geste créatif des Beatles.

Something, le single

Le 6 octobre 1969 aux États-Unis et le 31 octobre au Royaume-Uni, c’est Something, l’autre chanson de Harrison sur l’album, qui sort en 45 tours, en double face A avec Come Together. C’est la première fois qu’une chanson de Harrison occupe la face A d’un single des Beatles. Here Comes the Sun, elle, reste une chanson d’album. Nous avons raconté l’histoire de l’autre chef-d’œuvre de Harrison dans Something : l’histoire vraie de la ligne de basse que George Harrison n’a jamais voulue.

Correctif factuel : Here Comes the Sun n’a jamais été un single des Beatles en 1969

On lit parfois que la chanson aurait été publiée en single à la sortie d’Abbey Road. C’est faux : les Beatles ne l’ont pas publiée en 45 tours au Royaume-Uni ni aux États-Unis. C’est Something, couplée à Come Together, qui a été choisie. Here Comes the Sun n’entrera dans le classement officiel des singles britanniques qu’en 2010, grâce aux téléchargements, quarante et un ans après sa sortie.

La critique de 1969

L’accueil critique d’Abbey Road est plus partagé qu’on ne l’imagine. Certains journalistes, comme Nik Cohn dans le New York Times, se montrent sévères avec les chansons de Harrison. D’autres saluent au contraire l’émergence d’un troisième grand compositeur au sein du groupe. Harrison, de son côté, reste modeste : il déclare à l’époque que ses deux chansons sont peut-être un peu plus commerciales que les précédentes, mais pas forcément meilleures. Lennon, lui, désigne Something comme la meilleure chanson de l’album.

Les classements rétrospectifs
Classement Rang
Rolling Stone, 100 plus grandes chansons des Beatles (2010) 28e
NME, plus grandes chansons des Beatles (2015) 4e
Spotify, chansons des Beatles les plus écoutées 1re, premier milliard d’écoutes en mai 2023
BPI (Royaume-Uni) Triple disque de platine
Billboard Hot Rock Songs (2019) 3e

Something ou Here Comes the Sun : le duel des deux chefs-d’œuvre de Harrison

Sur Abbey Road, Harrison signe deux chansons qui semblent venir de deux hommes différents. Leur comparaison dit beaucoup de l’évolution des goûts du public.

Deux chansons, deux tempéraments

Something est une ballade d’amour, lente, sophistiquée, portée par une ligne de basse chantante et un solo de guitare parmi les plus beaux de Harrison. Here Comes the Sun est une chanson de joie, vive, acoustique, sans enjeu sentimental. L’une regarde vers l’intérieur, l’autre vers le ciel.

Le choix de 1969

En 1969, le choix de Something comme single est logique : c’est une chanson d’amour, le genre qui domine les radios, et elle attire aussitôt des interprètes de renom. Frank Sinatra la chantera sur scène, et des dizaines d’artistes la reprendront. Something est souvent citée comme la chanson des Beatles la plus reprise après Yesterday.

Le verdict du temps

Un demi-siècle plus tard, le public a rendu un verdict différent. Sur les plateformes de streaming, Here Comes the Sun devance très largement Something. Le goût des auditeurs du XXIe siècle s’est porté vers la chanson la plus simple, la plus lumineuse. Les deux chansons ne s’opposent pas, elles se complètent. Mais le renversement dit quelque chose de notre époque : dans un monde saturé de mauvaises nouvelles, la promesse du soleil touche plus largement que la plus belle des déclarations d’amour.

Here Comes the Sun sur scène : de Madison Square Garden à Tokyo

Les Beatles n’ont jamais joué Here Comes the Sun en concert : ils avaient arrêté les tournées en août 1966, trois ans avant de l’enregistrer. C’est Harrison, en solo, qui l’a fait vivre sur scène, au cours d’une carrière scénique pourtant très rare.

1er août 1971 : le Concert for Bangladesh

La première interprétation publique a lieu le 1er août 1971 au Madison Square Garden de New York, lors du Concert for Bangladesh, organisé par Harrison et Ravi Shankar pour venir en aide aux réfugiés du Bangladesh. Pour les deux concerts de l’après-midi et du soir, Harrison réunit une formation exceptionnelle : Ringo Starr, Eric Clapton, Bob Dylan, Leon Russell, Billy Preston, Klaus Voormann et les membres de Badfinger. C’est le premier grand concert de rock caritatif de l’histoire, modèle de tous ceux qui suivront. Nous en avons raconté les coulisses dans Le Concert for Bangladesh et sa déroute fiscale.

Pour Here Comes the Sun, Harrison choisit une formule intime : deux guitares acoustiques, la sienne et celle de Pete Ham, le chanteur et guitariste de Badfinger. Au milieu d’un concert foisonnant, la chanson apparaît dépouillée, presque fragile, et révèle sa structure nue. Le moment prend aujourd’hui une teinte tragique : Pete Ham mettra fin à ses jours en avril 1975, à vingt-sept ans, au terme de longues difficultés financières et contractuelles. La version de Madison Square Garden figure sur l’album du concert, puis sur la compilation Let It Roll: Songs by George Harrison.

20 novembre 1976 : le duo avec Paul Simon

Le 20 novembre 1976, Harrison est l’invité musical du Saturday Night Live, à New York, présenté ce soir-là par Paul Simon. Les deux hommes s’assoient sur des tabourets, chacun avec sa guitare acoustique, et interprètent ensemble Here Comes the Sun, puis Homeward Bound de Simon and Garfunkel. Les voix se mêlent avec naturel, les guitares se répondent. Pour beaucoup d’amateurs, c’est la plus belle version jamais enregistrée en dehors de l’original. Lors de cette même émission, le producteur Lorne Michaels avait fait aux Beatles une offre ironique de 3 000 dollars pour se reformer, comme nous le racontons dans George Harrison et la réunion des Beatles.

Juin 1987 : le Prince’s Trust

Après sa tournée nord-américaine de 1974, éreintée par la critique, Harrison se tient éloigné de la scène pendant plus d’une décennie. En juin 1987, il accepte de participer aux concerts du Prince’s Trust, l’œuvre caritative du prince Charles, à la Wembley Arena de Londres. C’est sa première apparition scénique au Royaume-Uni depuis la dernière tournée des Beatles en 1966. Il interprète While My Guitar Gently Weeps et Here Comes the Sun, entouré notamment de Ringo Starr, Jeff Lynne, Elton John et Eric Clapton. L’accueil est triomphal. Notre article sur la traversée du désert de George Harrison montre comment ces concerts préparent son retour avec Cloud Nine.

Décembre 1991 : la tournée japonaise avec Clapton

En décembre 1991, Harrison se lance dans sa seule autre tournée, au Japon, avec Eric Clapton et son groupe : douze concerts en trois semaines, à Yokohama, Osaka, Nagoya, Hiroshima, Fukuoka et Tokyo. Clapton a insisté pour convaincre son ami, qui n’avait pas tourné depuis 1974. Here Comes the Sun y est jouée chaque soir, dans une version électrique et plus rythmée. La boucle est bouclée : la chanson écrite dans le jardin de Clapton en 1969 est désormais jouée avec lui devant des milliers de spectateurs japonais. Elle figure sur l’album Live in Japan, publié en juillet 1992, et réédité en 2026 dans une nouvelle édition de Live in Japan. Nous avons raconté cette tournée dans Il y a 30 ans, le Live in Japan de George Harrison.

6 avril 1992 : le dernier concert

Le 6 avril 1992, Harrison donne au Royal Albert Hall de Londres un concert de soutien au Parti de la loi naturelle. Ce sera son dernier concert complet, et Here Comes the Sun figure au programme. Après cette date, il ne se produira plus qu’en de rares occasions.

Les reprises de Here Comes the Sun : de Richie Havens à Nina Simone

La chanson a été reprise des centaines de fois, dans tous les styles. Quelques versions ont marqué son histoire.

Richie Havens, 1971 : le premier succès dans le Hot 100

La reprise la plus célèbre est celle de Richie Havens, le chanteur folk qui avait ouvert le festival de Woodstock en août 1969. En 1971, il publie une version à la guitare acoustique, jouée avec son style percussif si reconnaissable. Le single atteint la 16e place du Billboard Hot 100, le meilleur classement de sa carrière. C’est donc par la voix d’un autre artiste que Here Comes the Sun fait sa première entrée dans le classement américain des singles.

Nina Simone, 1971 : la chanson devient une prière

La même année, Nina Simone publie un album entier intitulé Here Comes the Sun, qui s’ouvre sur sa propre version de la chanson. Sa lecture est lente, grave, presque méditative. Chantée par la grande voix du mouvement des droits civiques, la promesse du soleil prend une portée politique inattendue.

Le jazz, la soul et le reggae

Dès 1970, des musiciens de jazz et de soul reprennent l’ensemble d’Abbey Road. Booker T. and the M.G.’s publient McLemore Avenue, dont le titre et la pochette parodient l’album des Beatles, et George Benson grave The Other Side of Abbey Road. Here Comes the Sun y trouve des couleurs funk et jazz qui montrent la solidité de sa mélodie. Le reggae s’en empare aussi, avec une version de Peter Tosh.

Steve Harley, 1976 : le top 10 britannique

Au Royaume-Uni, la reprise la plus populaire est celle de Steve Harley and Cockney Rebel, en 1976 : 10e place au Royaume-Uni et 7e en Irlande. Cette version glam fait découvrir la chanson à une génération qui n’avait pas connu les Beatles.

Une chanson que tout le monde chante

Depuis, les reprises se comptent par centaines, du folk à la chorale d’enfants, dans toutes les langues. Cat Stevens, devenu Yusuf, en a enregistré une version en 2023. Lors du Concert for George, le 29 novembre 2002, c’est Joe Brown, vieil ami de Harrison et figure du rock’n’roll britannique de la fin des années 1950, qui l’interprète devant la famille et les amis du disparu. La chanson se prête à tout, parce qu’elle est simple, positive et universelle.

1977 : la chanson qui n’est pas partie dans l’espace

L’une des anecdotes les plus célèbres liées à Here Comes the Sun concerne un voyage qu’elle n’a jamais fait.

Le disque d’or des sondes Voyager

En 1977, la NASA prépare le lancement des sondes Voyager 1 et 2, destinées à explorer les planètes extérieures du système solaire puis à s’enfoncer dans l’espace interstellaire. Chacune emporte un disque en cuivre doré, le Voyager Golden Record, censé présenter l’humanité à d’éventuelles civilisations extraterrestres : sons de la Terre, salutations en cinquante-cinq langues, images, et une sélection de musiques du monde entier. L’astronome Carl Sagan, qui dirige le comité de sélection, veut y inclure Here Comes the Sun. L’idée est magnifique : envoyer vers les étoiles une chanson sur le soleil.

Une question de droits

Selon le récit le plus souvent rapporté, les Beatles sont d’accord, mais EMI, qui détient les droits de l’enregistrement, réclame une somme sans commune mesure avec le budget du projet. La chanson est abandonnée. Le disque part avec Chuck Berry, Bach, Beethoven, Stravinsky, Louis Armstrong et des musiques traditionnelles de tous les continents, mais sans les Beatles. Les deux sondes voyagent toujours, à des milliards de kilomètres de la Terre, sans la chanson de Harrison. L’ironie est consolante : si Here Comes the Sun n’a pas quitté la Terre, elle est devenue, sur Terre, l’une des chansons les plus écoutées de l’histoire.

Après Harrison : la chanson d’une mémoire

29 novembre 2001 : la mort de George Harrison

George Harrison meurt le 29 novembre 2001, à Los Angeles, à cinquante-huit ans, des suites d’un cancer. Dans les jours qui suivent, les radios du monde entier diffusent ses chansons. Here Comes the Sun, Something, My Sweet Lord et While My Guitar Gently Weeps tournent en boucle. La chanson du soleil prend une dimension nouvelle : elle devient une chanson de consolation, qu’on écoute pour se souvenir d’un homme lumineux. Un an plus tard, jour pour jour, le Concert for George réunit au Royal Albert Hall Paul McCartney, Ringo Starr, Eric Clapton, Jeff Lynne, Tom Petty, Ravi Shankar, sa fille Anoushka et Dhani Harrison.

2006 : Love et le Cirque du Soleil

En 2006, George Martin et son fils Giles préparent la bande sonore de Love, le spectacle du Cirque du Soleil consacré aux Beatles à Las Vegas. Leur méthode consiste à mêler des extraits de plusieurs chansons à partir des bandes originales. Here Comes the Sun y est associée aux tablas de Within You Without You et à des instruments indiens de The Inner Light. Le résultat met en lumière la dimension indienne cachée de la chanson. Le nom même du spectacle, Cirque du Soleil, rendait ce choix presque inévitable.

2010 : l’arrivée sur iTunes et la première entrée dans les classements

Pendant des décennies, les Beatles refusent la vente numérique de leur catalogue. Le 16 novembre 2010, leurs albums arrivent enfin sur iTunes. Here Comes the Sun figure aussitôt parmi les titres les plus téléchargés. Portée par ces ventes, elle entre pour la première fois dans le classement officiel des singles britanniques, à la 64e place, puis y revient en 2012, à la 58e. Quarante et un ans après sa sortie, une chanson qui n’avait jamais été un single des Beatles entre dans les classements par la seule volonté des auditeurs.

2019 : le cinquantième anniversaire d’Abbey Road

Le 27 septembre 2019 paraît l’édition du cinquantième anniversaire d’Abbey Road, avec un nouveau mixage de Giles Martin et Sam Okell et de nombreux enregistrements inédits, dont une prise de travail de Here Comes the Sun, la prise 9, qui permet d’entendre la chanson à l’état brut, avant les ajouts. Le nouveau mixage rend la basse plus présente, les bois plus nets, la voix plus proche. On les trouve dans l’édition anniversaire d’Abbey Road en double CD et dans le coffret Abbey Road Anniversary Super Deluxe. Pour l’occasion, Here Comes the Sun devient le titre phare de la promotion, avec un clip d’animation réalisé par le studio britannique Trunk Animation. La chanson grimpe à la 3e place du classement Billboard Hot Rock Songs, et elle est certifiée triple disque de platine au Royaume-Uni.

Mai 2023 : le milliard, ou comment Here Comes the Sun est devenue la chanson la plus écoutée des Beatles

Une progression spectaculaire

Les chiffres du streaming racontent l’ascension de la chanson. En septembre 2019, elle compte plus de 350 millions d’écoutes sur Spotify. En août 2021, plus de 700 millions, ce qui en fait déjà la chanson la plus écoutée des Beatles sur la plateforme. En mai 2023, elle franchit le cap du milliard. C’est une double première : la première chanson des Beatles à atteindre ce seuil, et la première chanson des années 1960, tous artistes confondus, à y parvenir. Aucune chanson de Lennon et McCartney, ni Hey Jude, ni Let It Be, ni Yesterday, n’y était encore parvenue. Elle approche aujourd’hui les deux milliards d’écoutes. Notre analyse des Beatles racontés par les chiffres mesure l’ampleur de l’écart.

Correctif factuel : le milliard d’écoutes date de 2023, pas de 2020

On lit parfois que Here Comes the Sun aurait franchi le milliard d’écoutes sur Spotify dès 2020. C’est inexact : elle comptait environ 700 millions d’écoutes en août 2021, et c’est en mai 2023 qu’elle devient la première chanson du groupe à franchir le milliard.

Pourquoi elle domine

Plusieurs raisons expliquent cette domination. D’abord, la chanson est parfaitement adaptée aux usages du streaming : courte, un peu plus de trois minutes, positive, immédiatement reconnaissable dès les premières notes. Ensuite, elle s’intègre naturellement aux playlists thématiques qui dominent les plateformes : matin, printemps, été, bonne humeur, détente, acoustique, mariage. Les algorithmes la proposent à des publics qui ne cherchent pas forcément les Beatles. Enfin, elle transcende les générations. Les jeunes auditeurs ne sont pas guidés par la hiérarchie historique des singles, mais par leur goût, et leur goût les porte vers une chanson lumineuse, sans âge, sans référence à la Beatlemania.

Une revanche posthume

Harrison n’a pas vu ce triomphe : il est mort bien avant l’arrivée des Beatles sur les plateformes. Mais il y a quelque chose de juste dans ce renversement. Le Beatle qui devait se battre pour placer deux chansons par album est aujourd’hui l’auteur de la chanson la plus écoutée du groupe. Notre enquête sur la guerre silencieuse des chansons de George Harrison raconte les années où il a dû conquérir sa place.

Quand la chanson échappe à son auteur

La chanson des moments de vie

Here Comes the Sun est devenue une chanson de cérémonie. On l’entend aux mariages, pour l’entrée des mariés ou la sortie de la mairie, aux naissances, aux enterrements parfois, comme une promesse de lumière après la perte. Elle accompagne les réveils, les levers de soleil filmés par des millions de téléphones, et pendant les confinements de 2020, de nombreux musiciens amateurs l’ont jouée depuis leurs balcons. Notre guide des chansons des Beatles pour tous les moments de la vie lui fait une place de choix.

Londres 2012

En 2012, selon les comptes rendus de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres, la chanson y résonne, portée notamment par des percussionnistes de dhol, ces tambours indiens et pakistanais. Le choix est habile : une chanson écrite par le plus indien des Beatles, jouée par des musiciens de la diaspora sud-asiatique dans la capitale britannique.

2016 : la famille Harrison dit non

En juillet 2016, lors de la convention du Parti républicain américain, Here Comes the Sun est diffusée pour l’entrée d’Ivanka Trump sur scène. La succession de George Harrison réagit publiquement : l’utilisation n’a pas été autorisée et va contre les souhaits de la famille. Le communiqué se termine par une pointe d’humour très harrisonienne : si ç’avait été Beware of Darkness, la famille l’aurait peut-être approuvé. Cette chanson d’All Things Must Pass met en garde contre les faux prophètes.

Here Comes the Moon, la réponse de 1979

Dix ans après Here Comes the Sun, Harrison répond lui-même à sa chanson. En 1979, sur son album George Harrison, il publie Here Comes the Moon, écrite à Maui, à Hawaï, après avoir contemplé un lever de lune spectaculaire. Le titre est un clin d’œil évident. La chanson est plus lente, plus rêveuse, nocturne là où l’autre était matinale. Après le soleil, la lune ; après la jeunesse des Beatles, la maturité d’un homme devenu père, puisque son fils Dhani est né en 1978.

Harrison, le troisième compositeur des Beatles

De Don’t Bother Me à Abbey Road

Here Comes the Sun marque l’aboutissement d’une longue maturation. La première chanson de Harrison publiée par les Beatles, Don’t Bother Me, date de 1963 : il a vingt ans et doute de ses capacités d’auteur, comme nous l’avons raconté dans Don’t Bother Me : enquête complète sur la première chanson de George Harrison. Puis viennent Taxman, Within You Without You, While My Guitar Gently Weeps, Long, Long, Long. Avec Something et Here Comes the Sun, en 1969, il atteint enfin le niveau de ses deux aînés.

Le paradoxe du dernier album

C’est le grand paradoxe d’Abbey Road : l’album où Harrison se révèle pleinement est le dernier enregistré par les Beatles. Trois grands auteurs dans un même groupe, c’était peut-être un de trop. Notre article sur l’émancipation de George Harrison à l’ombre du duo Lennon-McCartney analyse cette dynamique. Dès novembre 1970, il publie All Things Must Pass, triple album porté par My Sweet Lord, premier numéro un d’un ex-Beatle en solo. Here Comes the Sun apparaît rétrospectivement comme le seuil de cette libération. Pour prolonger l’écoute, voir 15 chansons pour découvrir George Harrison en solo.

Une chanson qui inspire les autres

L’influence de la chanson se mesure jusque chez les héritiers : James McCartney, le fils de Paul, a raconté avoir écrit l’une de ses chansons en écoutant Here Comes the Sun, comme nous le rapportons dans notre portrait de James McCartney. Le goût de la lumière et des guitares acoustiques brillantes se retrouve aussi chez Jeff Lynne, futur complice de Harrison dans les Traveling Wilburys, dont le Mr. Blue Sky d’Electric Light Orchestra, en 1978, célèbre lui aussi le retour du ciel bleu après la pluie : voir Mr. Blue Sky et les Beatles.

Comment jouer Here Comes the Sun à la guitare

Here Comes the Sun est l’une des chansons des Beatles les plus jouées par les guitaristes amateurs. Voici les trois clés pour la jouer.

Le secret du capodastre

Placez un capodastre sur la septième case. Les accords se jouent alors avec des formes simples, celles de ré, de sol et de la, que tout débutant apprend dans ses premières semaines. Le son obtenu est pourtant brillant, presque professionnel. N’oubliez pas que le disque a été légèrement accéléré au mixage : pour jouer pile avec l’enregistrement, il faut accorder sa guitare un peu plus haut.

Le riff en picking

La principale difficulté est le riff d’ouverture, joué en arpège, avec des notes qui se détachent sur les cordes aiguës pendant que le pouce tient la basse. Il demande un peu de pratique, mais reste accessible, et c’est un excellent exercice pour apprendre le jeu aux doigts.

Le pont, un défi rythmique

Le vrai défi est le pont. Les mesures irrégulières obligent à compter, à sentir le rythme autrement. Beaucoup d’élèves le simplifient en le jouant sur une mesure régulière. Ceux qui respectent les accents de Harrison découvrent une autre dimension de la chanson et comprennent mieux l’influence de la musique indienne sur son écriture. La tablature et le fichier MIDI sont disponibles plus bas sur cette page, dans la rubrique Téléchargements.

Guide d’écoute : sept détails à guetter

Le riff d’ouverture : guitare acoustique avec capodastre en septième case ; écoutez la brillance des cordes à vide.

La basse de Paul : discrète au début, elle devient mélodique dans les refrains et soutient le pont avec souplesse.

Les bois : flûtes et piccolos entrent par petites touches et donnent la couleur pastorale.

Le pont : comptez les temps ; les mesures changent de longueur, et les claquements de mains soulignent ces irrégularités.

La montée des voix : Harrison et McCartney répètent la même phrase sur une progression d’accords ascendante.

Le Moog : à partir du deuxième pont, repérez les traits aigus du synthétiseur, comme des flûtes électriques.

La fin : le riff revient, se suspend, et la chanson s’arrête sur une résonance de guitare. Enchaînez avec Because, comme sur le disque.

Où écouter Here Comes the Sun aujourd’hui

La version originale et le remix de 2019

La chanson figure sur l’album Abbey Road. Le mixage de 2019, plus clair, et la prise 9 inédite sont réunis dans l’édition anniversaire d’Abbey Road en double CD. Les collectionneurs préféreront le coffret Abbey Road Anniversary Super Deluxe. Pour l’écouter en vinyle dans les meilleures conditions, la platine Pro-Ject Essential III, édition spéciale George Harrison, limitée à 2 500 exemplaires, est un clin d’œil idéal.

Les versions de Harrison en concert

La version du Concert for Bangladesh figure sur Let It Roll: Songs by George Harrison, et la version électrique avec Clapton sur Live in Japan. Pour revivre la redécouverte du solo inédit, le documentaire de Scorsese George Harrison: Living in the Material World est indispensable.

Les livres

Pour aller au fond des séances, le journal de Mark Lewisohn The Complete Beatles Recording Sessions reste la référence. L’analyse chanson par chanson d’Ian MacDonald, Revolution in the Head, et le récit des Beatles par eux-mêmes, The Beatles Anthology, complètent la bibliothèque.

Pour les fans

Enfin, pour afficher son attachement à l’album, ce sweat à capuche officiel Abbey Road 1969 reprend le célèbre passage piéton.

Questions fréquentes sur Here Comes the Sun

Qui a écrit Here Comes the Sun ?

George Harrison, seul. C’est l’une de ses deux chansons sur Abbey Road, avec Something.

Où et quand la chanson a-t-elle été écrite ?

Au printemps 1969, sans doute en avril, dans le jardin de Hurtwood Edge, la maison d’Eric Clapton à Ewhurst, dans le Surrey, un jour où Harrison avait décidé de ne pas aller à une réunion chez Apple. Les paroles ont été terminées en juin 1969 en Sardaigne.

Que veut dire Here Comes the Sun ?

Littéralement, voici le soleil, ou voilà le soleil qui arrive. La chanson célèbre la fin d’un long hiver, au sens propre comme au figuré : pour Harrison, la fin d’une période de conflits, de maladie et de soucis d’argent au sein des Beatles.

John Lennon joue-t-il sur Here Comes the Sun ?

Non. Blessé dans un accident de voiture le 1er juillet 1969, il revient en studio le 9 juillet, mais ne participe à aucune séance de la chanson.

Qui joue du synthétiseur Moog ?

George Harrison lui-même, qui possédait l’un des premiers Moog arrivés en Angleterre. Il l’a ajouté le 19 août 1969.

Here Comes the Sun est-elle sortie en single ?

Pas par les Beatles au Royaume-Uni ou aux États-Unis en 1969. C’est Something, en double face A avec Come Together, qui a été choisie. Richie Havens l’a classée 16e aux États-Unis en 1971 avec sa reprise.

Pourquoi la chanson sonne-t-elle si brillante ?

Harrison joue avec un capodastre en septième case, l’orchestre de George Martin apporte des bois très clairs, et la bande a été légèrement accélérée au mixage, relevant la tonalité d’environ un quart de ton.

Qu’est-ce que le solo inédit ?

Une partie de guitare électrique enregistrée le 6 août 1969 et écartée du mixage, redécouverte en 2011 dans le documentaire de Martin Scorsese consacré à Harrison.

Est-ce la chanson la plus écoutée des Beatles ?

Oui, sur Spotify. En mai 2023, elle est devenue la première chanson du groupe, et la première des années 1960, à dépasser le milliard d’écoutes.

Pourquoi n’est-elle pas sur le disque des sondes Voyager ?

Carl Sagan voulait l’inclure en 1977. Selon le récit le plus répandu, EMI a réclamé des droits trop élevés pour le budget du projet.

George Harrison l’a-t-il jouée en concert ?

Oui : au Concert for Bangladesh en 1971, au Saturday Night Live avec Paul Simon en 1976, aux concerts du Prince’s Trust en 1987, pendant sa tournée japonaise de 1991 et lors de son dernier concert, au Royal Albert Hall, en 1992.

Pour aller plus loin

Sur la chanson : Here Comes the Sun : du jardin d’Eric Clapton au milliard d’écoutes.

Sur Abbey Road : Abbey Road, 10 faits méconnus, 23 juillet 1969 : la journée où les Beatles ont enregistré The End, Come and Get It, la démo de McCartney du 24 juillet 1969, le dernier enregistrement de Lennon avec les Beatles.

Sur George Harrison : sa carrière après la séparation, George Harrison et la réunion des Beatles, sa traversée du désert, Pattie Boyd.

Sur les Beatles en 2010 et après : 09-09-09 : le jour où les Beatles ont retrouvé leur futur, les records britanniques des Beatles, l’accord mondial des Beatles avec Universal.

Sources et références

George Harrison, I, Me, Mine, Genesis Publications, 1980 ; Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions, Hamlyn, 1988 ; Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle, Pyramid, 1992 ; The Beatles, The Beatles Anthology, livre et documentaire, 1995-2000 ; Ian MacDonald, Revolution in the Head, 1994 ; Walter Everett, The Beatles as Musicians: Revolver through the Anthology, Oxford University Press, 1999 ; Simon Leng, While My Guitar Gently Weeps: The Music of George Harrison, 2006 ; Martin Scorsese, George Harrison: Living in the Material World, documentaire, 2011 ; livret de l’édition du 50e anniversaire d’Abbey Road, 2019 ; Rolling Stone, The 100 Greatest Beatles Songs, 2010 ; NME, 2015 ; Official Charts Company, Billboard, BPI ; données publiques de Spotify ; communiqué de la succession de George Harrison, juillet 2016 ; Wikipedia en anglais, article Here Comes the Sun, consulté en octobre 2026.

Information sur la chanson :

  • Crédits : George Harrison
  • Durée : 3:05
  • Producteur : George Martin
  • Ingénieur : Geoff Emerick, Phil McDonald, John Kurlander, Alan Parsons

Les paroles de la chanson

Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It’s all right

Little darling, it’s been a long cold lonely winter
Little darling, it feels like years since it’s been here
Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It’s all right

Little darling, the smiles returning to their faces
Little darling, it seems like years since it’s been here
Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It’s all right

Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes
Sun, sun, sun, here it comes

Little darling, I feel that ice is slowly melting
Little darling, it seems like years since it’s been clear
Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It’s all right

Here comes the sun
Here comes the sun, and I say
It’s all right
It’s all right

La traduction française de la chanson

Voici le soleil
Voici le soleil, et je dis
Tout va bien

Petite chérie, l’hiver a été long, froid et solitaire
Petite chérie, j’ai l’impression que ça fait des années qu’il n’a pas été là
Voici le soleil
Voici le soleil, et je dis
Tout va bien

Petite chérie, les sourires reviennent sur leurs visages
Petite chérie, il semble que des années se soient écoulées depuis que c’est ici
Voici le soleil
Voici le soleil, et je dis
Tout va bien

Le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil
Le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil
Le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil
Le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil, le soleil
Le soleil, le soleil, le soleil, le voilà

Petite chérie, je sens que la glace fond lentement
Petite chérie, cela fait des années qu’il n’y a pas eu d’éclaircie
Voici le soleil
Voici le soleil, et je dis
C’est bon

Voici le soleil
Voici le soleil, et je dis
Tout va bien
Tout va bien

L’histoire de la chanson

George Harrison a composé cette chanson dans le jardin de la propriété de son ami Eric Clapton au printemps 1969, lors d’un après-midi ensoleillé. Il cherchait alors à échapper à l’atmosphère pesante d’un groupe en train de se disloquer, tandis que de véhémentes et interminables disputes ponctuaient d’aussi interminables réunions impliquant les musiciens et leur nouveau manager, Allen Klein, répudié par Paul McCartney. Ce « rayon de soleil » arrivant après un « long hiver froid et solitaire » fut décrit par Harrison comme « une véritable libération. La chanson est venue toute seule ».

Les sessions d’enregistrement ont eu lieu les 7, 8 et 16 juillet, ainsi que les 6, 11, 15 et 19 août 1969, dans les studios Abbey Road. Comme sur d’autres titres du même album, George Harrison y joue notamment d’un tout nouvel instrument, le synthétiseur analogique Moog. Paul McCartney est aux chœurs et à la basse. Ringo Starr est à la batterie. Tous tapent des mains. Seul John Lennon n’a pas contribué à la chanson : blessé dans un accident de voiture le 1er juillet 1969, il était absent lors de la première séance et n’a pas participé aux suivantes. Un orchestre dirigé par George Martin joue l’arrangement pour violon alto, violoncelle, contrebasse, flûtes piccolo et alto, ainsi que clarinette.

George Harrison est le chanteur principal de ce titre et s’accompagne également à la guitare acoustique, à l’harmonium (effacé au mixage) et au synthétiseur Moog. Il place un capodastre sur la septième frette de sa guitare pour obtenir une tonalité en la majeur. Il avait déjà utilisé ce procédé sur une chanson de l’album « Rubber Soul« , « If I Needed Someone », jouée dans la même tonalité.

Musiciens ayant participé à l’enregistrement

Paul McCartney : choeurs, basse, claquement de mains
John Lennon : ne joue pas sur la chanson
George Harrison : voix principale, choeurs, guitare acoustique, guitare électrique, harmonium (effacé), synthétiseur Moog, claquement de mains
Ringo Starr : batterie, claquement de mains
Orchestre non crédité arrangé par George Martin : piccolos, flûtes, flûtes alto, clarinettes, altos, violoncelles, contrebasse

La contribution de chacun des Beatles

George Harrison : 100 %

Téléchargements

• Rechercher une chanson des Beatles
• Les instruments des Beatles 
• Dans les charts

Explorez l’Univers Beatles

Notre site comporte plus de 40 000 articles dédiés aux Beatles, en groupe et en solo, mais aussi à leurs proches. Utilisez notre moteur de recherche pour accéder aux informations désirées :

 

Sur le forum

Vous désirez partager votre passion des Beatles avec d'autres fans. Rejoignez-nous sur le forum.

 

La chanson Beatles du jour

I’m Happy Just to Dance with You

Écrite par Lennon et McCartney mais confiée à George Harrison, « I’m Happy Just to Dance with You » joue la carte d’une pop élégante, légère et presque cinématographique. Les accords rapides et les harmonies donnent au morceau une fluidité qui masque une construction très travaillée. Une petite pièce de charme, parfaitement adaptée au George encore discret des premières années.

Découvrir