Propstore proposera aux enchères, les 1er et 2 octobre 2026, un menu Pan Am signé par John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr durant leur premier voyage américain en tant que groupe, le 7 février 1964. Estimé entre 40 000 et 80 000 livres, ce document témoigne du moment où les Beatles s’apprêtaient à conquérir les États-Unis. La vente comprend également les lunettes teintées portées par John Lennon pendant son « Lost Weekend », estimées entre 100 000 et 200 000 livres après être restées invendues en 2025.
Vingt épisodes datés, sourcés et cités, de 1960 à 2015 — et pas un seul de ceux que tout le monde répète. L’harmonica chapardé à Arnhem qu’on entend sur « Love Me Do », la plaque gravée offerte à tante Mimi, les lunettes rondes nées d’un costume de cinéma, la Phantom V repeinte pour 290 livres et revendue 2,3 millions de dollars, les glands refusés en terre consacrée, le sac de Vienne, l’accident de Golspie, le concert de Toronto répété dans l’avion, la lettre à la Reine, Nutopie et son hymne de silence, l’OVNI daté et signé sur la pochette de Walls and Bridges, cinq ans de procédure d’expulsion, un élevage de holsteins et une guitare disparue pendant un demi-siècle. Avec, en prime, cinq anecdotes célèbres qu’il faudrait cesser de répéter telles quelles.
Fin août 2026, Sean Ono Lennon et Charlotte Kemp Muhl ont eu un fils, Aurelius, premier petit-enfant de John Lennon. Au-delà de la dépêche : portrait complet du fils de John et Yoko, portrait de la musicienne, productrice et ingénieure du son qu’est Charlotte Kemp Muhl, et récit de vingt et un ans de vie commune — de la rencontre à Coachella en 2005 au label Chimera Music, du GOASTT à UNI and the Urchins. Avec douze correctifs factuels, une chronologie, un guide d’écoute, une FAQ et un glossaire.
Le 18 avril 1975, John Lennon monte sur scène pour la dernière fois de sa vie. Six mois plus tard naît Sean, et le silence commence. Enquête sur l’année où le Beatle le plus bavard du monde a organisé sa propre disparition — et sur les quatre verrous qui se sont fermés en même temps.
Séparé de Yoko, John Lennon vécut 18 mois d’exil avec May Pang : Los Angeles, sessions Spector, Troubadour, trois albums et la réconciliation. L’histoire complète.
Panorama professionnel des carrières solo de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr entre 1970 et 1980 : albums, tournées, chiffres, sources et citations.
Dans la discographie solo de John Lennon, il y a les chansons que tout le monde connaît, celles qu’on a placées très tôt au rang des monuments, et puis il y a les autres, plus secrètes, moins commentées, qui finissent pourtant par révéler des pans entiers de l’homme et de l’œuvre. Out the Blue, glissée en 1973 sur Mind Games, appartient à cette famille discrète. Lennon lui-même la traitait d’un revers de main, comme une simple chanson d’amour, « nothing special ». C’est peut-être justement là que commence son mystère. Car cette ballade adressée à Yoko Ono surgit au moment exact où le couple vacille, au seuil du fameux Lost Weekend, quand l’amour n’est déjà plus une évidence mais pas encore un souvenir. En moins de quatre minutes, Lennon y fait tenir une vie entière : la douleur ancienne, l’irruption miraculeuse de Yoko, la gratitude, la peur de perdre, et cette certitude presque déraisonnable d’être né pour la rencontrer. Derrière ses airs de morceau mineur, Out the Blue condense tout ce qui fait la grandeur du Lennon solo : la nudité du Plastic Ono Band, la sophistication pop héritée des Beatles, les élans orchestraux de Mind Games et cette façon unique de transformer une crise intime en prière profane. Longtemps sous-estimée, réhabilitée par les rééditions et les lectures critiques, la chanson mérite aujourd’hui qu’on la regarde pour ce qu’elle est : non pas une parenthèse, mais l’une des plus belles déclarations d’amour jamais écrites par John Lennon.
Automne 1973. L’ex-Beatle le plus scruté de la planète avance en crabe, coincé entre le vieux réflexe du mégaphone et l’envie, plus trouble, de transformer l’urgence en climat. Au cœur de cet entre-deux, Mind Games ressemble à un couloir : des portes claquent, des échos reviennent, mais rien ne se referme vraiment. Et c’est précisément là que Only People devient fascinante. Sur le papier, l’idée est imparable — « seuls les gens » peuvent changer le monde — mais, une fois mise en chanson, elle refuse de décoller : belles intentions, groove solide, paroles qui patinent, comme si l’appel collectif se dissolvait au moment même où il devrait s’imprimer. En repartant d’une phrase lâchée à la télévision, en suivant les sessions de studio et les couches de production, on voit se dessiner un portrait moins mythologique : celui d’un auteur qui doute de sa propre posture, qui cherche le “nous” et retombe sur un “vous”. Une chanson mineure ? Peut-être. Un miroir, surtout : l’instant où l’on comprend qu’un slogan ne remplace pas une scène, et que l’utopie a besoin de chair pour tenir debout. Entrez : tout se joue dans la fissure.
Chez John Lennon, il y a cette politesse rare envers la vérité : savoir lever la main quand une chanson ne se laisse pas dompter. Sur Mind Games (1973), disque de transition enregistré au Record Plant, il veut revenir à une pop qui “fait du bien” sans retomber dans le tract. Et puis arrive « Only People », née d’une formule parfaite sur le papier — seuls les gens peuvent sauver le monde — mais trop proche du slogan pour trouver un vrai corps. Lennon entend un bon riff, une rythmique qui avance, des couches de studio bien posées… et pourtant, quelque chose reste en suspens : les mots ne s’incarnent pas, l’émotion ne mord pas, la chanson ne se referme pas. Des années plus tard, il la qualifie de « ratée », non par coquetterie, mais parce qu’il compare tout à ses propres sommets : quand l’appel collectif sonne creux, il préfère l’avouer plutôt que de tricher. Revenir sur ce morceau, c’est écouter Lennon au travail — ses doutes, ses contradictions, sa morale d’auteur — et comprendre pourquoi ses « échecs » racontent parfois davantage l’homme que ses hymnes.
À l’automne 1973, John Lennon sort Mind Games avec le regard de quelqu’un qui essaie de tenir debout sans faire de bruit. Plus de cris à nu façon Plastic Ono Band, plus de prophétie pop à la Imagine : ici, tout vacille, tout flotte, comme si l’homme cherchait une issue dans un couloir qui se rétrécit. Lennon est fatigué d’être un symbole, harcelé par ses histoires de visa, usé par la paranoïa de la surveillance, et déjà rattrapé par une vie intime qui se fissure. Alors il fabrique un disque de transition, feutré, parfois trop confortable, mais traversé d’éclairs où l’on reconnaît la bête. La chanson-titre, lumineuse et ambiguë, sonne comme une auto-persuasion : croire encore à l’amour, au “positive”, comme on serre un talisman. Puis viennent les morceaux d’humeur : le Lennon clown, le Lennon qui s’excuse, le Lennon qui replonge dans le slogan, le Lennon qui cherche une île intérieure. Mind Games n’est pas un monument impeccable, c’est une photographie : celle d’un artiste immense au bord de la rupture, qui se protège derrière des arrangements seventies, mais laisse passer, par endroits, la vérité brute. Réécouter ce disque, c’est accepter l’entre-deux : non pas la conquête, mais la survie. Et dans cette survie, il y a une émotion rare, parce qu’elle n’est pas héroïque : elle est humaine.












