YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 40
Ringo Starr dans la publicité : de l’Oldsmobile aux Monkees, d’Aviva à Skechers (1987–2015)
L’acteur publicitaire, le père de famille, le faux retour des Beatles et l’icône de mode : histoire critique de l’image de Ringo Starr à la télévision et sur les affiches.
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Dans les années 1990, Ringo Starr regarde la caméra et laisse croire, quelques instants, à une réunion des Beatles. Les trois hommes qui l’attendent sont pourtant les Monkees : la réunion tant espérée se transforme en réclame pour une pizza. En 2008, un autre spot le replace dans la Beatlemania pour défendre le changement de nom d’une société d’assurance. En 2015, la firme américaine Skechers utilise son jeu de batterie et sa décontraction pour vendre des chaussures. Ces scènes commerciales, souvent tenues à l’écart des biographies musicales, documentent une activité de comédien et surtout les métamorphoses de l’image publique de Richard Starkey.
Il ne s’agit pas d’inventorier les marques ayant simplement utilisé une chanson des Beatles. Le présent chapitre porte sur la présence personnelle et identifiable de Ringo Starr dans des campagnes publicitaires. Pour chaque exemple, il faut séparer une apparition à l’écran, une déclaration parlée, un travail éventuel de mannequin, la photographie de campagne, la musique entendue et les auteurs qui ont construit le spot. L’acteur ne devient pas pour autant concepteur publicitaire, réalisateur ou directeur artistique.
Pourquoi étudier une réclame dans une encyclopédie consacrée à l’art ?
L’image d’une vedette de rock ne naît pas seulement au concert ou dans les pochettes de disques. Elle circule aussi dans des objets fabriqués pour la presse, la télévision et l’affichage. Les artistes y interprètent souvent une version simplifiée d’eux-mêmes : un geste, une expression, une phrase ou un vêtement suffisent à rappeler une carrière entière. Dans une publicité de trente secondes, le batteur de Liverpool doit être reconnu sans introduction historique. C’est une forme particulièrement concentrée de mise en scène de la célébrité.
Les publicités sont de surcroît des objets de création collective. Une agence invente le scénario, un réalisateur détermine le point de vue, un photographe et un éclairagiste façonnent le visage, des techniciens assemblent le résultat et une marque finance la diffusion. Ringo peut interpréter sa propre légende, mais l’on ne doit pas attribuer d’office les images à son initiative personnelle. Le dossier entend justement replacer les agences et les auteurs au centre de l’analyse.
Les sources consultées permettent de distinguer un noyau de campagnes vérifiées — la publicité américaine de 1989 pour Oldsmobile, celle de Pizza Hut en 1995, Aviva en 2008–2009 et Skechers à partir de 2015 — et quelques participations documentées de manière plus fragmentaire, dont une publicité de 1987 pour une boisson alcoolisée et un spot financier américain autour de 2000. Cette distinction empêche de fabriquer une filmographie publicitaire faussement exhaustive.
1987 : le premier tournant publicitaire et les limites d’une source secondaire
Le Los Angeles Times, revenant en 1995 sur la publicité Pizza Hut, rapporte que Ringo avait franchi une première frontière commerciale en 1987 avec une publicité télévisée pour un wine cooler, boisson à base de vin et de jus ou arômes fruités commercialisée sur le marché américain. Cette mention de presse contemporaine atteste une campagne antérieure à celles que le grand public retient le plus souvent. Des inventaires de collectionneurs nomment la marque Sun Country et répertorient plusieurs variantes de publicité, mais ces index privés ne sont pas des archives de production certifiées.
Il convient donc de distinguer ce qui est solide de ce qui ne l’est pas. La présence d’un spot de Ringo pour une boisson alcoolisée à la fin des années 1980 est rapportée par un journal de référence. En revanche, le nombre définitif de versions, les dates exactes de diffusion et les auteurs du tournage n’ont pas été vérifiés ici auprès du diffuseur ou de l’agence. Il serait trompeur de compter cinq campagnes différentes uniquement parce qu’un disque de collection présente cinq plages ou fichiers distincts.
Cette première publicité appartient aussi à une période délicate de la vie personnelle du musicien, qui entreprend ensuite un parcours de désintoxication. Cette chronologie doit être traitée avec tact : la publicité est un fait professionnel, et la vie privée de l’artiste ne doit pas servir de ressort dramatique ou de jugement rétrospectif sans appui documentaire.
1989 : Ringo et sa fille Lee Starr dans une Oldsmobile
Le 23 août 1989, le Los Angeles Times annonce le lancement de la nouvelle saison de la campagne américaine New Generation of Olds, conçue pour Oldsmobile, division automobile de General Motors. L’information est précise : Ringo Starr apparaît avec sa fille Lee, dans une série de spots qui rapprochent une personnalité connue de son enfant ou d’un membre plus jeune de sa famille. D’autres duos ou parentés célèbres comprennent notamment Peter Graves et son entourage familial, ainsi que des héritiers de figures culturelles américaines.
Le principe du slogan — This is not your father’s Oldsmobile — installe une mise en scène de la différence entre générations. Le programme publicitaire demande à l’ancien Beatle, icône de jeunesse des années 1960 devenue figure parentale, de cautionner la modernisation d’une automobile longtemps associée aux acheteurs plus âgés. Le ressort est paradoxal : le héros de la révolution pop joue le rôle du père, tandis que la publicité prétend annoncer une rupture avec la voiture des pères.
Le reportage de Bruce Horovitz pour le Los Angeles Times constitue une source de première importance sur le lancement de la campagne. Il donne également le contexte de l’agence Leo Burnett, impliquée dans les créations depuis ses bureaux américains. Mais le document de presse ne fournit pas, à lui seul, une fiche film complète avec réalisateur, chef opérateur, scénographe et durée de chaque variante. Ces champs restent à établir à partir d’une copie du spot et des archives publicitaires.
La participation de Lee Starkey mérite ici d’être distinguée des travaux créatifs de Ringo. L’intérêt n’est pas seulement l’apparition d’un musicien connu ; c’est une campagne qui réutilise l’idée même de filiation comme outil narratif. Une réclame automobile devient ainsi un témoignage indirect sur les positions que l’industrie de la publicité attribue à une vedette qui approche la cinquantaine.
1995 : Pizza Hut invente une réunion des Beatles… avec les Monkees
Le spot Pizza Hut Stuffed Crust Pizza de 1995 demeure l’un des documents les plus facilement identifiables de cette filmographie. Ringo s’adresse au public, explique qu’il essaie de convaincre « les garçons » de manger la pizza en commençant par la croûte, et crée une attente presque irrésistible : une réunion de ses anciens camarades. Le gag éclate lorsque le groupe qui le rejoint est composé de Micky Dolenz, Peter Tork et Davy Jones, trois membres des Monkees. Un air reconnaissable lié aux Monkees achève le retournement.
Le Los Angeles Times du 9 juillet 1995 décrit ce ressort comique, tout en recueillant une réaction du représentant de Ringo, l’avocat Bruce Grakal, qui invite les amateurs des Beatles choqués par cette apparition à y voir une plaisanterie. La prise de position est précieuse : le film n’a pas été reçu uniquement comme une publicité ordinaire. Pour certains observateurs, la participation d’un ancien Beatle à une réclame commerciale heurtait une vision idéalisée de l’histoire du groupe.
Ce commentaire critique de presse doit lui-même être mis en contexte. Il ne démontre pas que la majorité des fans partageait cette objection, pas plus qu’il n’établit une opposition des familles ou des trois autres Beatles. Il décrit une réception journalistique contemporaine et fournit le témoignage de l’avocat de Ringo sur l’intention humoristique. Une encyclopédie doit préserver la distinction entre une réaction publiée et une prétendue opinion collective.
La réussite du scénario tient à la chronologie des références. Les Beatles sont le groupe auquel le téléspectateur pense spontanément lorsque Ringo parle des « lads ». Les Monkees, groupe créé dans l’environnement de la télévision américaine des années 1960, deviennent le substitut inattendu. La publicité ne possède pas les droits d’une réelle réunion des Beatles ; elle exploite plutôt le souvenir médiatique d’une réunion impossible pour obtenir une chute immédiate.
Il faut aussi signaler l’absent : Michael Nesmith n’apparaît pas dans le trio des Monkees cité par le journal. Cette précision évite de créditer les quatre membres du groupe à un film qui réunit trois d’entre eux. Une discographie visuelle doit toujours établir les personnes véritablement visibles, plutôt que déduire leur présence du nom d’un collectif.
2000 : Ringo parle finances pendant le Super Bowl
Une autre intervention, moins évoquée, se rattache à la campagne Charles Schwab intitulée Smarter Investors. Une étude de cas historique portant sur les publicités financières du Super Bowl 2000 signale un spot nommé Ringo, conçu par BBDO New York : l’ancien Beatle y explique les marchés financiers à des musiciens plus jeunes. Ce choix permet au courtier d’élargir une série de films qui mettait jusque-là particulièrement en avant des sportifs de haut niveau.
La logique de ce casting change encore la position du personnage public. En 1989, Ringo était un père susceptible de faire accepter une voiture moderne. En 1995, il devenait le protagoniste d’un gag musical nostalgique. En 2000, la campagne le présente comme un vétéran capable de transmettre de l’expérience à une nouvelle génération de musiciens. L’image de sagesse financière repose sur la longévité professionnelle et la célébrité, non sur une qualification reconnue d’économiste ou de conseiller en placement.
La source consultée cite une déclaration attribuée à Ted Sann, codirigeant créatif de BBDO, expliquant l’intérêt d’introduire une personnalité étrangère au monde du sport. Nous ne disposons cependant pas ici de la fiche film originale avec un numéro de copie, la liste des comédiens secondaires et les dates de toutes les diffusions. Le titre Ringo suffit à nommer le spot dans son contexte publicitaire, mais non à garantir l’inventaire exhaustif des adaptations régionales.
26 décembre 2008 : Aviva transforme Richard Starkey en argument de marque
Le cas Aviva possède une documentation institutionnelle exceptionnellement riche. Le 22 décembre 2008, l’assureur annonce une campagne destinée à expliquer au public britannique que Norwich Union va prendre le nom de Aviva. Le dispositif démarre le 26 décembre 2008 sur les chaînes de télévision, avant de s’étendre à la presse, à l’affichage et aux médias en ligne. L’opération accompagne une transformation d’identité internationale qui doit aboutir au changement officiel de nom britannique en juin 2009.
Le choix de Ringo relève ici d’une évidence historique : l’ancien Beatle est né Richard Starkey. Dans le même film, d’autres personnalités sont également présentées sous leur nom antérieur à la célébrité : Walter Bruce Willis, Vincent Damon Furnier, connu comme Alice Cooper, et John Barry Humphries, incarnant Dame Edna Everage. La campagne suppose qu’un changement de nom peut accompagner une transformation radicale de reconnaissance. Elle transpose cette idée à une compagnie d’assurance.
Le communiqué officiel d’Aviva décrit la technique employée : les vedettes contemporaines sont intégrées à des images célèbres de leurs propres carrières et semblent dialoguer avec leur passé. Pour Ringo, il s’agit de revenir visuellement à l’époque de la Beatlemania. On retrouve ici un procédé qui intéresse directement notre dossier sur l’art visuel : montage d’archives, reconstitution du passé et confrontation à l’écran de deux âges d’un même personnage.
Vaughan Arnell, AMV BBDO et l’équipe derrière le montage Aviva
Les crédits de cette réalisation sont exceptionnellement vérifiables. La campagne est conçue par l’agence Abbott Mead Vickers BBDO et réalisée par Vaughan Arnell, cinéaste dont le travail comprend également plusieurs clips musicaux. Les créatifs cités par l’annonceur sont Tony Strong et Mike Durban. L’archive britannique History of Advertising Trust conserve une fiche spécifique intitulée Aviva Commercial: Name Change Ringo, référence HAT59/33/11/210.
Cette fiche, datée de 2008–2009, donne une durée de 60 secondes, attribue la réalisation à Arnell et la production à Series Pictures. Elle identifie également Nicola Pecorini comme directeur de la photographie et nomme les responsables de l’agence. Le niveau de détail dépasse celui des simples bases de données de célébrités : nous pouvons décrire ce film comme un objet audiovisuel doté d’une véritable identité d’auteur et d’un dossier de conservation.
Il est important de ne pas confondre cette fiche d’un spot consacré à Ringo avec l’ensemble des déclinaisons de la campagne Aviva. Les publicités avec Bruce Willis, Alice Cooper ou d’autres vedettes partagent le même concept, mais peuvent constituer des films distincts. La présence d’une fiche d’archive pour une minute ne démontre pas automatiquement que toutes les versions télévisées, internationales et recoupées de l’ensemble de la campagne duraient exactement une minute.
L’expérience de Ringo s’inscrit ici dans une forme de cinéma publicitaire patrimonial. La publicité ne montre pas seulement l’ancien Beatle dans une salle de séjour ; elle fait appel à la puissance de documents historiques et à la reconnaissance de sa personne à travers plusieurs décennies d’images. L’artifice du montage est central à la signification : comme Norwich Union devient Aviva, Richard Starkey est devenu Ringo Starr.
Aviva : une campagne dont on connaît aussi l’économie et la diffusion
Le communiqué du 22 décembre annonce une opération sur six mois, couvrant télévision, presse, affichage et internet. La presse britannique de l’époque évoque une campagne estimée à environ 10 millions de livres sterling, tandis qu’un reportage du Guardian de mai 2009 observe que les conditions économiques ont abaissé certaines dépenses publicitaires, notamment dans l’affichage. Il ne faut donc pas confondre un budget initial rapporté, une estimation professionnelle et un coût final comptable certifié.
Cette documentation montre comment le personnage de Ringo sert de vecteur entre des supports : spot télévisé, photographie publicitaire, affiche de grande taille, communication de marque et reprise journalistique. Le personnage public circule ainsi beaucoup plus largement que le film de soixante secondes conservé par l’archive. L’étude d’une campagne ne peut se réduire à la consultation d’un extrait mis en ligne sans date ni générique.
2014–2015 : de batteur célèbre à « icône de style » pour Skechers
Le 20 octobre 2014, l’entreprise américaine Skechers annonce officiellement l’engagement de Ringo Starr comme ambassadeur d’une campagne internationale pour ses chaussures Relaxed Fit. L’annonce prévoit un démarrage au printemps 2015 et des diffusions sur plusieurs médias jusqu’en juin 2016. La société insiste sur un double portrait : Ringo n’est pas seulement un musicien célèbre, il est présenté comme une figure de style à la décontraction immédiatement reconnaissable.
Le communiqué de la marque présente sa participation comme une évolution d’une série jusqu’alors largement dominée par des sportifs, notamment Joe Montana, Mark Cuban, Joe Namath et Pete Rose. La stratégie rejoint, quinze ans plus tard, un mécanisme déjà observé dans la publicité Schwab : un ancien Beatle permet à un produit de sortir d’un répertoire publicitaire centré sur le sport, en bénéficiant d’une reconnaissance internationale intergénérationnelle.
Une photographie de presse accompagnant l’annonce est explicitement créditée à Rob Shanahan. Ce détail compte. Shanahan a longuement photographié Ringo et constitue une figure importante de la construction de son portrait contemporain. La photographie de campagne ne doit pas être classée parmi les autoportraits de Ringo Starr ou les images prises par lui ; le droit d’auteur et la création du cliché doivent être attribués au photographe identifié.
Le spot « Rock Out » : la batterie comme preuve d’authenticité
Un des films diffusés en 2015 porte le titre publicitaire Rock Out. La base de données spécialisée iSpot.tv l’enregistre au 13 avril 2015 et identifie Ringo Starr comme vedette, aux côtés du comédien Myke Wilken dans le rôle d’un jeune batteur. Le dispositif exploite un contraste simple : un apprenti peut se rapprocher de son idole par le vêtement ou les chaussures, mais le talent musical ne s’acquiert pas dans une boutique.
Le produit est mis en scène à travers la pratique même de l’instrument. Ringo joue sur une batterie et son corps redevient l’argument central de la campagne. Contrairement à l’Oldsmobile de 1989 ou à la plaisanterie sur les Monkees, le public n’a pas besoin d’un accessoire de célébrité ou d’un souvenir de groupe pour identifier l’artiste. Il suffit de le replacer derrière les fûts.
Le film renvoie ainsi à une silhouette historique dont la popularité dépasse le cercle des collectionneurs de disques. Mais l’objectif reste commercial : c’est un spot pour une gamme de chaussures, et non une démonstration de batterie conçue comme œuvre musicale autonome. Aucune publication consultée ne permet d’identifier une composition originale de Ringo créée spécialement pour cette réclame.
Le langage publicitaire de Ringo : quatre figures successives
Le père de famille
Dans la campagne Oldsmobile, Ringo accompagne sa fille Lee et incarne une relation entre générations. Le groupe de Liverpool appartient déjà à une mémoire familiale ; la publicité déplace sa célébrité vers le registre domestique.
L’ancien Beatle capable d’autodérision
En 1995, le spot Pizza Hut mise tout sur une attente de réunion des Beatles aussitôt déjouée. La comédie fonctionne parce que Ringo accepte de jouer avec une image que le public croit connaître parfaitement.
L’identité qui traverse le temps
Pour Aviva en 2008, Ringo devient le meilleur exemple possible d’un changement de nom qui n’a pas effacé la personne. Le montage avec les archives fabrique matériellement cette réflexion sur le temps et la célébrité.
Le musicien comme signe visuel universel
Avec Skechers, en 2015, son jeu de batterie et sa silhouette détendue résument plus d’un demi-siècle de carrière. La publicité n’exige presque plus de récit : le personnage est identifiable dès qu’il joue.
La véritable question d’attribution : acteur, auteur de l’image ou simple sujet ?
La filmographie publicitaire gagne à être traitée avec les mêmes méthodes que les photographies et les estampes. Pour chaque spot, une notice idéale indiquerait la marque, le produit, la date, les territoires, l’agence, les auteurs du scénario, le réalisateur, le chef opérateur, les intervenants, la durée, la musique et la source de la copie. L’absence de l’un de ces champs doit être signalée au lieu d’être comblée par des déductions.
Ringo Starr est ici un interprète publicitaire ou un modèle photographique. Ces catégories se distinguent de son activité de photographe, de peintre, de créateur d’estampes et de réalisateur. Être filmé dans une publicité ne prouve pas qu’on en ait imaginé le slogan ou décidé le montage. C’est pourquoi l’archive Aviva est si utile : elle rend à une équipe de création nommément identifiable la paternité du film, tout en conservant à Ringo la singularité de sa prestation.
Un catalogue critique initial des campagnes attestées
1987 — Publicité américaine pour un wine cooler
Présence attestée par presse contemporaine ; détails incomplets. Le Los Angeles Times de juillet 1995 signale le précédent de 1987. Un inventaire non institutionnel cite Sun Country et plusieurs prises ; les versions restent à authentifier une par une.
1989 — Oldsmobile, « New Generation of Olds »
Présence avec Lee Starr attestée. Lancement annoncé par le Los Angeles Times le 23 août 1989. Leo Burnett figure parmi les agences impliquées. Un numéro d’archive de chaque spot reste à localiser.
1995 — Pizza Hut, « Stuffed Crust Pizza »
Spot attesté et décrit par la presse. Ringo apparaît avec Micky Dolenz, Peter Tork et Davy Jones. Le rôle est comique et joue sur la confusion volontaire avec une réunion des Beatles.
2000 — Charles Schwab, « Smarter Investors »
Campagne documentée par une étude historique. Un spot appelé Ringo montre le musicien parlant d’investissement à de jeunes interprètes. Attribution générale à BBDO New York ; les archives techniques du film restent à compléter.
2008–2009 — Aviva / Norwich Union
Attribution institutionnelle et archive muséale. Annonce officielle du 22 décembre 2008, lancement le 26 décembre, agence AMV BBDO, réalisation Vaughan Arnell. Le History of Advertising Trust répertorie un film de 60 secondes sous la cote HAT59/33/11/210.
2015 — Skechers, « Relaxed Fit / Rock Out »
Campagne mondiale attestée par le fabricant. Contrat annoncé le 20 octobre 2014, lancement au printemps 2015, diffusion prévue jusqu’en juin 2016. Le spot Rock Out est répertorié en avril 2015 ; Rob Shanahan signe la photographie de presse officielle.
Les campagnes à inventorier avec prudence
Les collectionneurs mentionnent d’autres apparitions possibles : produits japonais, sociétés immobilières, campagnes bancaires ou messages télévisés spéciaux. Ces indications constituent des pistes de recherche, non des notices déjà certifiées. Les dépôts numériques de publicités sont fréquemment dépourvus de provenance et mélangent les dates de tournage, de diffusion, de transfert depuis la VHS et de mise en ligne sur internet.
Un programme de recherche sérieux devrait confronter une copie de chaque spot aux archives de l’annonceur, aux calendriers de diffusion, aux périodiques professionnels de l’époque et aux archives d’agences. Le numéro de film et la date de la campagne sont préférables à un intitulé inventé par un utilisateur de plateforme vidéo. Les rééditions ou compilations de réclames n’établissent pas à elles seules que plusieurs films différents furent diffusés sur les chaînes nationales.
Conserver les publicités : une autre archéologie des Beatles
La publicité est par nature une image périssable. Elle est fabriquée pour être montrée quelques semaines ou quelques mois, puis remplacée. Un spot de trente secondes peut ainsi devenir plus difficile à localiser qu’une émission complète de télévision. Le chercheur dépend de copies de diffusion, de bandes envoyées aux stations, d’archives d’agences, de collections privées, d’épreuves photographiques ou de dépôts patrimoniaux.
Le cas Aviva démontre l’utilité des institutions. Une fiche munie d’une cote, d’une durée et de noms de créateurs permet de retrouver et de contextualiser un objet. À l’inverse, une vidéo anonyme intitulée « Ringo Commercial 1995 » renseigne au mieux sur son contenu apparent et ne peut fournir une attribution complète sans autre preuve. L’objectif à terme n’est pas d’accumuler les annonces : c’est de construire un catalogue vérifiable de chaque campagne.
Ce que ces images changent à la connaissance de Ringo Starr
Le Ringo des publicités n’est ni seulement le batteur des Beatles ni exactement le peintre et photographe présenté dans nos autres chapitres. C’est un comédien familier de sa propre légende, capable de la transmettre en quelques secondes : la figure paternelle, le camarade facétieux, l’ancien Richard Starkey ou l’interprète dont le geste derrière une batterie suffit à se faire reconnaître.
À travers lui, l’industrie publicitaire raconte aussi son époque. En 1989, elle veut réconcilier deux générations d’automobilistes. En 1995, elle recycle les attentes d’une réunion des Beatles. En 2008, elle invente une pédagogie du changement de marque par la célébrité. En 2015, elle valorise le confort et le style à travers un batteur de plus de soixante-dix ans. Ces images témoignent d’une société qui attribue de nouveaux rôles à une icône vieillissante, tout en conservant intacte sa reconnaissance.
La conclusion historique reste modeste mais décisive : Ringo a participé à une histoire de la culture visuelle et de la publicité que les discographies ne recensent presque jamais. Restituer les noms des photographes, réalisateurs, agences et autres acteurs évite de transformer cette histoire collective en récit héroïque. La célébrité du Beatle attire le regard ; le travail encyclopédique doit ensuite rendre visibles les artisans de l’image.
Sources et documentation
Bruce Horovitz, « New Generation Goes for a Spin in Olds Ads », Los Angeles Times, 23 août 1989. Présentation contemporaine de la campagne Oldsmobile et de la participation de Ringo avec sa fille Lee. https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1989-08-23-fi-1023-story.html
Steve Hochman, « HELP!: We love you, Ringo, oh yes… », Los Angeles Times, 9 juillet 1995. Description du spot Pizza Hut, réception critique, propos de l’avocat Bruce Grakal et rappel du spot de 1987. https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1995-07-09-ca-22068-story.html
Aviva plc, « Aviva launches new advertising campaign », communiqué officiel, 22 décembre 2008. Calendrier, concept, personnalités, réalisation et créatifs. https://www.aviva.com/newsroom/news-and-research-overview/news-releases/2008/12/aviva-launches-new-advertising-campaign-4682/
History of Advertising Trust, « Aviva Commercial: Name Change Ringo », cote HAT59/33/11/210, film publicitaire de 60 secondes, 2008–2009. Attributions de réalisation, d’agence, de photographie et de production. https://www.hatads.org.uk/catalogue/record/8c21f71a-ade2-406e-87c6-7a161e7daeaa
Mark Sweney, « Bruce Willis, Ringo Starr and Elle Macpherson star in Aviva ads », The Guardian, 23 décembre 2008. Contexte de diffusion, agence et budget annoncé. https://www.theguardian.com/media/2008/dec/23/aviva-ad-bruce-willis-elle-macpherson
Aviva plc, « Norwich Union becomes Aviva », communiqué officiel, 29 mai 2009. Confirmation du changement effectif au 1er juin 2009. https://www.aviva.com/newsroom/news-and-research-overview/news-releases/2009/05/norwich-union-becomes-aviva-2/
Skechers, « SKECHERS Signs Ringo Starr », communiqué officiel, 20 octobre 2014. Campagne internationale Relaxed Fit, calendrier, stratégie et photographie de Rob Shanahan. https://about.skechers.com/press-release/skechers-signs-ringo-starr
iSpot.tv, « SKECHERS Relaxed Fit TV Spot, ‘Rock Out’ Featuring Ringo Starr », répertoire commercial, 13 avril 2015. Description du film et distribution. https://www.ispot.tv/ad/7mHR/skechers-relaxed-fit-rock-out-featuring-ringo-starr
Susan Denley, « Ringo Starr stars for Skechers », Los Angeles Times, 10 février 2015. Réception presse et place de la campagne dans l’actualité musicale de Ringo. https://www.latimes.com/fashion/alltherage/la-ar-ringo-starr-stars-for-skechers-20150209-story.html
Encyclopedia of Major Marketing Campaigns, étude de cas « E*Trade Financial Corp. », passage consacré au spot « Ringo » de Charles Schwab lors du Super Bowl 2000, campagne BBDO « Smarter Investors ». https://www.encyclopedia.com/marketing/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/etrade-financial-corp
Note éditoriale : l’inventaire distingue les campagnes attestées par la presse contemporaine ou par les annonceurs et les éléments provenant d’archives privées encore à recouper. Il n’attribue à Ringo ni réalisation, ni composition publicitaire, ni création photographique en l’absence d’une source de production nominative.
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