Ringo Starr, artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture, cinéma et design

YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 24

Photograph Portfolio 2017 : les douze photographies de Ringo Starr retrouvées dans People

Douze images légendées en 2017, des studios Abbey Road à Tobago, et leurs liens documentaires avec les éditions 2018 et 2024.

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Un reportage publié par People le 17 octobre 2017 apporte une pièce nouvelle au catalogue raisonné des photographies de Ringo Starr : douze images décrites et datées, dont plusieurs éclairent les tirages annoncés pour 2018. Cette enquête rassemble les douze notices, en conservant soigneusement la différence entre reproduction de presse, tirage commercial signé et négatif historique.

Une archive contemporaine que l’on ne peut pas remplacer par une page marchande

Le 17 octobre 2017, le magazine américain People publie sous la signature de Jordan Runtagh un reportage photographique sur la série de tirages proposée par Ringo Starr et Genesis Publications. Le magazine donne le titre The Photograph Portfolio 2017 et présente douze photographies avec des légendes de lieux, des datations et des commentaires de l’artiste. Cette publication a une vertu que la page marchande actuelle de Genesis a partiellement perdue : elle fixe publiquement un état daté du corpus, antérieur à la communication qui baptise ensuite une sélection « 2018 » et à la réorganisation du catalogue de 2024.

Le reportage indique des éditions photographiques numérotées et signées en séries de vingt-cinq exemplaires. Il n’affirme cependant pas que les douze images publiées composent à elles seules l’intégralité des huit tirages commercialisés plus tard comme Photograph Portfolio 2018. La différence de quantité interdit une assimilation automatique. Pour une encyclopédie, il est donc préférable d’établir deux tables distinctes : d’une part les douze images illustrées par People en octobre 2017, d’autre part les huit estampes photographiques attestées par Genesis comme portefeuille de 2018, dont quatre titres ont été reconnus formellement dans ses communiqués.

La date de publication d’un magazine constitue ici un terminus ante quem : la photographie et sa légende étaient rendues publiques au plus tard le 17 octobre 2017. Elle ne signifie pas nécessairement que le tirage signé avait été fabriqué ou livré ce jour-là. Les dates de négatif, de reproduction, de réservation et de publication peuvent différer.

Pourquoi la liste de 2017 enrichit l’histoire des Beatles

La publication dévoile un mélange caractéristique des images de Starr : photographies d’amis dans les coulisses, moments d’hôtel, paysages de voyage et autoportraits. Elle constitue un corpus documentaire moins abstrait que l’expression promotionnelle « photos inédites des Beatles ». Certaines images avaient déjà été offertes dans des portfolios antérieurs ; d’autres, comme John and Ringo à Tobago, apportent une ouverture vers des voyages privés moins présents dans les grands récits officiels.

Le magazine fournit des légendes qui représentent elles-mêmes des sources historiques datées : Birmingham, novembre 1963 ; hôtel George V, janvier 1964 ; New York et la Floride, février 1964 ; Tobago, janvier 1966 ; Grèce, juillet 1967 ; Abbey Road, février 1968. Ces repères ne valent pas tous preuve absolue du jour de la prise de vue, mais ils permettent de formuler des hypothèses contrôlables avec les calendriers de concerts, les journaux des studios et d’autres fonds photographiques.

L’un des avantages de cette documentation est de corriger des confusions anciennes : le tirage Abbey Road de 2017 est rattaché aux studios en 1964, sans rapport démontré avec le passage piéton en 1969 ; John and Paul renvoie dans le reportage à Hey Bulldog plutôt qu’à une image générique de compositeurs, et George in Miami peut être situé en février 1964.

Les sources, leurs dates et leurs limites

Le reportage People appartient à une campagne de présentation des estampes éditées par Genesis Publications. La communication de Genesis du 5 décembre 2017 annonce ensuite deux tirages déjà réservés de la série nommée 2018. En juillet 2020, l’éditeur confirme que cette série comprend huit pièces. Enfin, une annonce de février 2023 y rattache deux portraits de George Harrison. Aucun de ces documents, considéré séparément, ne donne la liste intégrale des huit tirages de 2018. La bonne méthode est de confronter les titres, les lieux et les sujets, sans convertir les douze images de presse en huit objets de collection.

Le texte qui suit décrit douze entrées iconographiques publiées par People. Il ne constitue pas une transcription littérale du reportage : les commentaires de Ringo sont résumés et contextualisés en français, et les analyses développent des précautions d’attribution. Les images ne sont pas reproduites, leurs droits n’étant pas établis pour une réutilisation sur Yellow-Sub.net.

Les douze images ci-dessous sont désormais dotées des identifiants P17-01 à P17-12 dans notre catalogue raisonné transversal. Les renvois vers 2013, 2015, 2018 et 2024 y distinguent les reprises fortement documentées des simples titres homonymes.

Inventaire critique des douze photographies publiées dans People, octobre 2017

Les notices suivent l’ordre de présentation du reportage du 17 octobre 2017. La numérotation ci-dessous est un repère de dépouillement et ne représente pas un numéro d’épreuve physique.

01 · George

Lieu et période indiqués : Birmingham Hippodrome, novembre 1963. Sujet : Portrait de Harrison portant une coiffe de policier en coulisses.

Légende de la photographie de George Harrison, coiffé d’un casque de policier, prise au Birmingham Hippodrome en novembre 1963. Le souvenir du musicien porte précisément sur l’incongruité de cette coiffe par rapport à sa tenue de scène. Le lieu et le mois sont donnés par la revue, mais pas le jour exact. La publication de 2017 antédate de plusieurs années son apparition dans le catalogue actif de Genesis en 2024. Il convient de distinguer la publication dans la presse en 2017, le tirage signé commercialisé, et la date de la prise de vue originale.

Un tirage intitulé George existe aussi dans les portfolios de 2013 et 2015 ; ces deux autres titres désignent des portraits contextualisés autrement. Une base de données reliant automatiquement ces trois entrées à partir du seul mot « George » confondrait des photographies distinctes. Le document de 2017 apporte ici l’indice iconographique discriminant du casque de policier et des coulisses du Birmingham Hippodrome.

02 · Paul

Lieu et période indiqués : Hôtel George V, Paris, janvier 1964. Sujet : Paul McCartney au piano.

Le reportage présente une photographie de McCartney au piano dans l’hôtel George V à Paris en janvier 1964. Cette précision de lieu est essentielle pour distinguer le cliché d’autres portraits portant le seul nom « Paul », notamment celui décrit comme pris à New York en février de la même année. Le témoignage d’époque compilé par People évoque l’habitude de McCartney de jouer du piano, mais cette habitude ne permet pas d’identifier l’instrument ni la pièce de l’hôtel sans autre documentation.

Une enquête complémentaire sur le séjour parisien peut mobiliser les programmes de l’Olympia, les photos de presse montrant l’hôtel et les chronologies des tournées. Le cliché est d’abord un document de vie quotidienne, non une image de séance d’enregistrement : rien dans la légende ne permet de prétendre qu’une chanson précise y fut composée.

03 · Paul and Mal

Lieu et période indiqués : Hôtel George V, Paris, janvier 1964. Sujet : Paul McCartney et Mal Evans dans un salon ou une chambre d’hôtel.

Cette autre image du séjour parisien associe Paul et Mal Evans. Le commentaire de Starr évoque l’ennui relatif des journées à l’hôtel et remarque les objets disposés sur la table, qu’il interprète avec humour. Le document donne une indication sur la sociabilité du groupe et sur le rôle discret du personnel qui l’accompagnait. Il faut néanmoins distinguer une remarque mémorielle de la preuve matérielle du contenu d’un repas ou de la chronologie exacte de la soirée.

La photographie est déjà documentée dans le portfolio Genesis de 2015. Sa présentation par People en 2017 indique au minimum une circulation publique renouvelée ; elle n’atteste pas la création d’un nouveau négatif ni d’une édition séparée de vingt-cinq exemplaires pour chaque réapparition éditoriale.

04 · First U.S. Visit

Lieu et période indiqués : New York, février 1964. Sujet : Foule photographiée depuis le véhicule des Beatles.

Le cadrage s’inverse : le photographe ne montre pas les musiciens acclamés, mais le public qui les observe. La scène a été décrite par Ringo comme un souvenir de leurs déplacements en automobile, alors qu’ils ne pouvaient plus circuler librement. La force historique du cliché tient à cette inversion du regard, à une époque où l’imagerie de presse plaçait presque toujours les Beatles au centre de l’image.

Ce titre figure dans le portfolio de 2013 et reparaît ensuite dans le catalogue actif de 2024. La présentation de 2017 est un indice additionnel d’une circulation durable de la photographie ; elle ne justifie pas un troisième comptage de matrice ou l’affirmation d’un nouveau tirage indépendant.

05 · Old Hickory

Lieu et période indiqués : Train New York–Washington, février 1964. Sujet : Vue architecturale photographiée depuis l’arrière d’un train.

La photographie révèle que Ringo photographiait aussi des paysages et des structures, et non exclusivement des visages. Sa légende décrit un déplacement à l’arrière du train entre New York et Washington, avec une attention particulière à l’architecture. Le titre n’identifie pas directement un musicien, ce qui pourrait conduire à l’oublier dans les compilations de clichés des Beatles.

La scène appartient à l’épisode américain de février 1964 ; elle existe déjà comme tirage du portfolio de 2013. L’historien distinguera donc le voyage de 1964, sa sélection dans un catalogue signé en 2013, son exposition médiatique en 2017 et sa réapparition sur la page de vente actuelle de Genesis. Quatre dates peuvent concerner la même composition.

06 · Miami

Lieu et période indiqués : Floride, février 1964. Sujet : Sortie en bateau et souvenir de la manœuvre de Ringo.

La notice évoque une sortie en bateau durant la visite américaine. Starr raconte avoir abîmé un élément de quai en manœuvrant l’embarcation prêtée aux Beatles. L’anecdote aide à reconnaître une séquence de voyage, mais ne permet pas de nommer toutes les personnes présentes sur chaque photographie ni de fixer une date précise de prise de vue.

Le titre est déjà répertorié en 2013 et apparaît encore dans le catalogue 2024. Il ne faut pas le confondre avec l’œuvre George in Miami publiée dans le même reportage, même si les deux pièces peuvent se rapporter au même séjour. Un même événement peut susciter plusieurs prises de vue et plusieurs tirages.

07 · George in Miami

Lieu et période indiqués : Floride, février 1964. Sujet : George Harrison et Paul McCartney visibles avec des appareils photographiques.

C’est l’un des apports les plus utiles du reportage pour notre enquête sur 2018. L’image est publiée avec le titre exact George in Miami et la précision « Floride, février 1964 ». Le commentaire de Ringo souligne que George et Paul disposaient eux-mêmes d’appareils photo : la passion de la photographie était partagée au sein du groupe. Une annonce de Genesis de février 2023 associe explicitement un tirage portant le même titre au Photograph Portfolio 2018.

Nous possédons donc un lien documentaire solide entre la circulation du titre en 2017 et l’existence d’une édition commercialisée comme 2018. Toutefois, faute de photographie du certificat ou de descriptif complet de la fiche 2018, l’équivalence matérielle exacte des tirages ne doit pas être présentée comme certifiée. La datation du négatif, elle, est désormais documentée dans la source de 2017.

08 · Abbey Road

Lieu et période indiqués : Studios Abbey Road, Londres, 1964. Sujet : Photographie à l’intérieur de l’univers des studios, pas la pochette de 1969.

Le titre Abbey Road invitait à une confusion dangereuse avec le passage piéton devenu célèbre en 1969. La légende publiée le 17 octobre 2017 résout un point essentiel : l’image est contextualisée dans les studios Abbey Road à Londres en 1964. Rien ne la rattache à la séance de couverture dirigée par Iain Macmillan cinq ans plus tard. Cette datation et ce lieu sont désormais des éléments positifs de la notice.

Le 5 décembre 2017, Genesis annonçait qu’un tirage appelé Abbey Road du portfolio désigné « 2018 » était entièrement souscrit. L’identité de titre et la chronologie rapprochent les deux documents, qui paraissent relever de la même campagne éditoriale. Le reportage de 2017 permet donc de corriger la simple mention « lieu inconnu » de notre première enquête, sans faire passer une preuve de titre pour un examen physique des tirages.

09 · John and Ringo

Lieu et période indiqués : Tobago, janvier 1966. Sujet : Séjour privé avec John Lennon, Cynthia Lennon et Maureen Starkey.

La photographie témoigne d’un séjour privé à Tobago en janvier 1966. Le commentaire de Starr évoque les jeux de Monopoly et mentionne John, Cynthia, Maureen et lui-même. La dimension domestique de cette image contraste avec la photographie de tournée : les Beatles restent des personnes entourées de leur famille et de leurs proches, même lorsque les archives publiques privilégient la scène.

La présence de Ringo dans le titre ne permet pas, à elle seule, de certifier qu’il a déclenché l’appareil. Les descriptions de portfolios attribués à Starr peuvent inclure des documents où il apparaît, sans mécanisme d’autoportrait établi. La question est particulièrement pertinente ici : un cliché montrant Lennon et Starr exigerait de vérifier si l’un des deux opérait le retardateur, si une autre personne tenait l’appareil ou si le titre renvoie simplement aux participants du séjour. Cette notice constitue une piste de recherche, mais aucune source retrouvée ne démontre encore l’appartenance de ce titre aux huit tirages de 2018.

Une enquête complémentaire : la photographie du Monopoly à Tobago

Le rapprochement des archives a permis de développer le contexte de John and Ringo au-delà de sa légende d’octobre 2017. La chronologie des Beatles situe le séjour de John et Cynthia Lennon, de Ringo Starr et de Maureen Starkey à Trinité-et-Tobago entre le 12 et le 23 janvier 1966. Une pièce plus précise encore est apparue en vente publique : une lettre administrative datée du 15 janvier 1966, sur papier à en-tête du cabinet du Premier ministre Eric Williams. Elle prévoit pour les deux couples un rendez-vous au Crown Point Hotel le jeudi 20 janvier, après une réunion politique du Premier ministre à Tobago la veille. Une dépêche Reuters publiée dans le Liverpool Daily Post du 22 janvier 1966, signalée dans une transcription récente, apporte un recoupement journalistique de la rencontre.

Ces éléments ne prouvent ni que l’image du Monopoly a été prise le 20 janvier ni que Ringo a tenu lui-même l’appareil. Ils permettent en revanche de transformer une légende de vacances en chronologie historique étayée par un courrier gouvernemental. L’invitation est décrite par RR Auction dans son lot 9050 de juin 2025 ; une autre annonce comportait une erreur de millésime (« 1968 »), corrigée par le calendrier et le contenu de la lettre. Notre étude complète consacrée au séjour de Tobago en janvier 1966 examine ces documents, les photographies d’agence et les questions d’attribution qui demeurent ouvertes.

10 · Greece

Lieu et période indiqués : Grèce, juillet 1967. Sujet : Photographie de voyage dont la composition exacte reste à comparer.

La légende de 2017 localise le cliché en Grèce en juillet 1967. Le commentaire de Starr insiste sur l’instant saisi et sur la continuité de sa pratique photographique, désormais largement numérique. La photographie permet d’introduire les épisodes grecs de la vie des Beatles, souvent moins connus que leurs tournées ou les sessions londoniennes.

Le titre figure également dans le catalogue commercial de Genesis aujourd’hui présenté comme édition 2024. Cette coexistence confirme une publication de l’image au moins dès 2017, mais ne permet pas de déduire le nombre d’éditions ni de reproductions disponibles. Elle ne suffit pas non plus à établir que Greece occupait l’une des huit places de la série 2018.

11 · John and Paul

Lieu et période indiqués : Studio 3, Abbey Road, février 1968. Sujet : Lennon et McCartney pendant la séance de Hey Bulldog, avec un effet de prisme.

Le reportage de 2017 fournit une précision majeure : la photographie intitulée John and Paul est située lors de l’enregistrement de Hey Bulldog, dans le Studio 3 d’Abbey Road, en février 1968. Starr décrit une expérimentation de prise de vue avec un élément optique produisant un effet de prisme. La notice publiée en 2015 par Genesis situe déjà une image portant ce nom au 11 février 1968. La concordance du studio, de la chanson et du mois fournit une identification iconographique forte.

Le 5 décembre 2017, Genesis cite un tirage intitulé John and Paul parmi les œuvres déjà entièrement souscrites de la série 2018. La concordance des titres et de la chronologie rend leur rapprochement plausible, mais ne prouve pas l’émission d’une nouvelle matrice. Un catalogue raisonné conservera les trois jalons (édition 2015, présentation 2017, offre 2018) jusqu’à consultation du descriptif matériel complet.

12 · Ringo

Lieu et période indiqués : Autoportrait, années 1970. Sujet : Autoportrait de Starr montrant ses bagues et un pendentif de saint François.

Cette photographie est décrite comme un autoportrait des années 1970. Starr y évoque ses bagues, un pendentif offert par sa tante et une anecdote liée à un déplacement à New York. Le souvenir ne doit pas être utilisé pour fixer arbitrairement le lieu ou la date de la prise de vue : la légende du reportage fournit seulement une période générale.

Un Ringo existe déjà dans le portfolio de 2015. Sa présence dans le reportage de 2017 montre une nouvelle circulation du sujet. Elle n’atteste pas que le cliché figure parmi les huit tirages de 2018. La distinction vaut également pour le Ringo Self-Portrait sur pellicule infrarouge, situé vers 1969 dans le catalogue 2024 : deux autoportraits dont les dates, les caractéristiques et les intitulés doivent être conservés séparément.

2017 et 2018 : une correspondance documentaire sans fusion automatique

Quatre titres du reportage de 2017 se retrouvent dans des communications de Genesis désignant expressément le Photograph Portfolio 2018 : Abbey Road, John and Paul, George et George in Miami. La concordance est indiscutable au niveau du titre et du contexte éditorial, mais le même titre peut être attribué à des images différentes et certains tirages préexistants peuvent être remis sur le marché. Leur identité matérielle exige une comparaison de reproductions, une description d’éditeur spécifique au millésime ou le certificat des exemplaires.

Quatre autres titres sont présents dans le reportage de 2017 sans figurer dans les quatre annonces du portfolio de 2018 que nous avons pu retrouver : John and Ringo, Paul, Greece et Ringo. Ils sont des candidats possibles pour de futures recherches, mais il serait arbitraire de les annoncer comme les quatre estampes manquantes. Les quatre images restantes du portfolio 2018 peuvent tout aussi bien se trouver parmi les autres photographies présentées en 2017, ou avoir été diffusées dans des pages non retrouvées. Les preuves actuelles ne permettent pas de trancher.

Ce cas illustre une difficulté classique de l’archéologie des éditions photographiques : un reportage peut publier douze images en 2017, un éditeur vendre huit tirages sous un millésime 2018 et son site regrouper plus tard douze références sous un catalogue renouvelé en 2024. Il est possible que certaines images et certains exemplaires se recoupent, mais les trois nombres ne doivent pas être additionnés pour mesurer la production photographique globale de Ringo.

Du reportage People aux douze fiches du catalogue 2024 : huit années d’éditions à ne pas additionner

L’une des qualités exceptionnelles du reportage du 17 octobre 2017 tient à sa structure : après une introduction, le magazine présente douze entrées séparées, chacune associée à une photographie et souvent à une parole de Ringo. La comparaison avec la page commerciale active de Genesis révèle une stratégie éditoriale dans laquelle les photographies plus anciennes demeurent proposées à côté de nouvelles références. La notice de vente dite 2024 regroupe actuellement douze titres, malgré une formule qui parle d’une sélection de sept images. Les sept premiers correspondent à des sujets distinctifs dans ce catalogue ; les cinq suivants sont Greece, First US Visit, Old Hickory, Miami et George. Il ne faut donc pas annoncer « douze nouvelles photographies de 2024 ».

Les deux réapparitions attestées directement par les commentaires de l’artiste

Le George publié par People dans sa première notice montre le Beatle à Birmingham en novembre 1963, derrière le théâtre Hippodrome, dans un contexte où apparaissent des coiffes de policiers. Ce sujet est identifiable dans le catalogue actif de Genesis à la position n° 12 grâce à la même circonstance et au commentaire de Ringo sur le costume de scène. Autre rapprochement précis : Greece, dixième image du magazine et huitième entrée de la page Genesis, est située en juillet 1967 et accompagnée de la même remarque de Ringo sur l’instant saisi. Les concordances sont solides au niveau documentaire ; seules les caractéristiques de chaque exemplaire récent demandent encore un contrôle matériel.

Les trois photographies déjà présentes en 2013

First US Visit, Old Hickory et Miami occupent respectivement les positions 2, 7 et 5 du catalogue Genesis de 2013 ; elles figurent dans la galerie de People aux positions 4, 5 et 6 ; et réapparaissent dans le catalogue actif Genesis aux positions 9, 10 et 11. Les commentaires associés au train américain, à la foule photographiée depuis une voiture et au bateau de plaisance en Floride facilitent le rapprochement. Cette récurrence illustre exactement pourquoi un catalogue scientifique doit compter les occurrences éditoriales séparément des compositions photographiques.

Le cas de First US Visit permet en outre de mesurer l’importance d’une rectification historique : des recherches de 2013 ont identifié les six adolescents de la photographie, originaires de Fair Lawn dans le New Jersey. Genesis indique dans son communiqué du 28 octobre 2013 que la photographie a été prise à New York, après l’arrivée du groupe à l’aéroport JFK le 7 février 1964. La première piste « Miami », reprise dans certains récits du lancement, doit donc être considérée comme dépassée. Le lieu exact peut encore appeler une enquête topographique indépendante, mais l’identification des adolescents et le nouveau contexte new-yorkais sont directement documentés par les archives de l’éditeur.

La méthode d’identification photographique

Le reportage de 2017 conserve une valeur particulière parce qu’il fixe une date de publication vérifiable : une image publiée dans People le 17 octobre ne peut être présentée comme « dévoilée pour la première fois » en 2024, même si un tirage nouveau est proposé alors. Il est néanmoins possible qu’un négatif déjà reproduit dans la presse soit tiré pour la première fois sur un papier précis en édition numérotée. Cette distinction entre première publication de l’image et première fabrication d’une édition d’art doit apparaître dans toute notice destinée aux collectionneurs.

Il existe enfin un piège dans les portraits de groupe et les autoportraits : la signature de Ringo sur le tirage ne suffit pas toujours à établir qu’il a personnellement actionné le déclencheur. Le catalogue commercial actif inclut par exemple Ringo at the Cavern, scène de 1959 montrant Ringo derrière sa batterie ; l’auteur du négatif n’y est pas identifié. Les crédits photographiques, les personnes représentées, le propriétaire des archives et le signataire d’un tirage constituent quatre informations différentes qui doivent être conservées dans quatre champs distincts.

Le lecteur peut prolonger ce contrôle dans le catalogue raisonné des 52 références, où les titres, les éditions et leurs statuts sont rapprochés sans supprimer les incertitudes.

Une dernière question : qui a réellement déclenché ?

Les photographies présentées sous le nom de Ringo Starr comprennent des portraits et des autoportraits. La présence de Ringo dans l’image John and Ringo ou dans un portrait ancien ne suffit pas à identifier le déclencheur. L’historien doit séparer l’auteur de la photographie, le propriétaire du document, la personne qui approuve le tirage commercial et la personnalité dont le nom sert à identifier le portfolio.

Cette séparation donne au lecteur les outils pour distinguer le document historique de l’objet de collection. La signature apposée sur un tirage contemporain matérialise une édition et son authentification commerciale ; elle n’autorise pas à déduire sans autre preuve que Starr a réalisé chaque photographie de son fonds. À l’inverse, un titre comme First U.S. Visit et le commentaire personnel qui l’accompagne fournissent de bons indices sur son regard d’observateur depuis la voiture, sans remplacer un négatif attribué et daté.

Entre le reportage de 2017 et l’édition de 2018 : un calendrier à trois étapes

Un reportage présentant les photographies de Ringo en 2017 peut être lié au portfolio vendu sous l’intitulé 2018 sans que les deux documents correspondent à une seule publication matérielle. Le magazine expose une sélection d’images et de souvenirs ; Genesis Publications prépare des tirages d’art limités, numérotés et signés. L’entretien, la photographie publiée dans la presse et l’estampe sont trois objets éditoriaux, même lorsqu’ils reproduisent le même cliché.

Le communiqué Genesis du 5 décembre 2017 fournit une attestation indépendante du lancement commercial : Abbey Road et John and Paul sont déclarés déjà entièrement souscrits avant l’année du portfolio. Une seconde annonce datée du 11 janvier 2018 situe son dévoilement collectif à Genesis House à Guildford, avec accueil des visiteurs sur rendez-vous dès le 5 février.

Critique des sources et attribution des objets

L’enjeu n’est pas de répartir arbitrairement les clichés de Ringo entre « photographies de 2017 » et « photographies de 2018 » : ils peuvent avoir été pris pendant les années Beatles et seulement édités ou annoncés plusieurs décennies après. La date d’une interview, celle d’un catalogue de tirages et celle du négatif doivent rester des champs séparés. Il faut également distinguer l’auteur de la prise de vue de la personne figurant sur l’image.

Les informations commerciales de Genesis relatives à la série de 2018 décrivent huit tirages ; la société les mentionne encore dans une promotion de juillet 2020. Cette référence rétrospective permet d’identifier le groupe éditorial comme tel, sans prouver l’existence de huit sujets photographiques inédits indépendants de toutes les publications précédentes.

Le rapprochement de ces documents doit s’effectuer sur les reproductions : cadre, motifs, légende, numéro de publication et papier de tirage. Un même titre, notamment John and Paul, peut recouvrir des images prises à d’autres occasions, et un nom commun ne constitue pas une authentification par lui-même.

Références nouvelles

  1. Genesis Publications, deux tirages déjà souscrits, 5 décembre 2017 — https://www.genesis-publications.com/news/two-ringo-prints-sold-out-1446
  2. Genesis Publications, exposition de Genesis House, 11 janvier 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/new-exhibition-presenting-ringo-starrs-photographs-1456
  3. Genesis Publications, article rétrospectif juillet 2020, huit tirages 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/peace-and-love-ringo-starrs-80th-birthday-celebration-and-reader-offer-1725

1961, 1964, 1966, 1968 et 1970 : le danger des images présentées ensemble comme une même année

Un reportage de presse consacré aux photographies de Ringo réunit souvent des clichés appartenant à des décennies et des contextes différents. Le portfolio Genesis 2015 fournit une grille de contrôle de cette présentation : une image avec George remonte à New Brighton en 1961, plusieurs portraits américains appartiennent à février 1964, une prise de vue fish-eye indienne est datée de juillet 1966, et une scène d’enregistrement avec John et Paul est identifiée au 11 février 1968. Une publication de ces quatre images ensemble en 2017 n’en fait pas quatre photographies prises cette année-là.

La scène India mérite un contrôle iconographique rigoureux. Ringo la situe à Delhi en juillet 1966, c’est-à-dire pendant un voyage différent de la retraite des Beatles à Rishikesh en 1968. Le vêtement, les appareils et l’effet optique fish-eye peuvent aider à distinguer les photographies, mais une simple légende « Beatles in India » devrait être complétée par la date et le lieu précis proposés par l’éditeur.

Le cliché John and Paul est présenté comme issu d’une session de « Hey Bulldog » au studio 3 d’Abbey Road le 11 février 1968. L’étude d’une image publiée dans un magazine devrait s’attacher à vérifier si elle correspond exactement à cette édition Genesis, si son cadrage a été modifié ou si une photographie voisine de la même séance a été employée. Un titre semblable ne constitue jamais une preuve de réemploi intégral du même négatif.

Précautions d’attribution et de provenance

La photographie Ringo, présentée comme un autoportrait des années 1970, montre que la catégorie « autoportrait Beatles » ne doit pas être comprise comme une datation des années du groupe. Elle peut aussi désigner un cliché réalisé longtemps après la séparation. À l’inverse, une photographie de Ringo figurant dans une série personnelle peut avoir été prise par un accompagnateur ou par retardateur : l’identification du déclenchement exige des preuves propres à la scène.

Les tirages commercialisés en 2015 sont des impressions modernes sur papier de conservation, limitées à 25 exemplaires chacune. Le fait qu’elles aient été publiées dans une sélection rétrospective de 2017 ou exposées avec d’autres portfolios en 2018 ne constitue pas une troisième prise de vue ni un tirage nouveau automatiquement comptabilisé.

Il reste enfin nécessaire de distinguer les commentaires dictés par Ringo des légendes archivistiques de première main. Ses souvenirs personnels aident à interpréter les scènes, mais l’historien peut vérifier les dates des tournées, le lieu d’une salle de concert ou la séance d’enregistrement à partir de documents indépendants. L’édition et la mémoire constituent deux strates qui s’éclairent plutôt qu’elles ne se remplacent.

Références primaires

  1. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2015, contextes précis des huit photographies — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart2015/the_photograph_portfolio_2015
  2. Genesis Publications, exposition photographique de Guildford en 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/new-exhibition-presenting-ringo-starrs-photographs-1456

Les portfolios photographiques de 2017 à 2024 : des titres identiques peuvent cacher plusieurs éditions

La diffusion médiatique de photographies de Ringo en 2017 précède la mise en vente de plusieurs tirages de 2018. Une sélection publiée dans un magazine, son épreuve d’art et une reproduction sur un site de vente n’ont pas la même nature. Un article de presse peut reproduire douze photographies alors qu’un portfolio commercial ne commercialise qu’une partie de cet ensemble ; la quantité d’images d’une présentation rédactionnelle ne doit pas devenir automatiquement la taille d’une édition limitée.

En 2024, Genesis présente douze lignes commerciales sous un intitulé de portfolio, tout en conservant une phrase publicitaire qui évoque sept photographies favorites. Cette coexistence révèle la nécessité d’archiver les versions de page utilisées comme sources. Un catalogue de collectionneur sérieux doit indiquer « douze entrées visibles lors de la consultation » et préciser que la sélection initiale peut avoir évolué.

Discordance vérifiée le 19 octobre 2026 : la page officielle Genesis du portfolio 2024 précise « 25 numbered prints » dans sa notice descriptive de John in Tokyo, mais le module commercial de la même page affiche « 26 numbered prints ». Ces deux valeurs sont incompatibles et proviennent pourtant de la même source éditoriale. En l’absence d’une justification numérotée ou d’une confirmation écrite de l’éditeur, le tirage exact de ce titre doit rester à confirmer (25 ou 26 selon l’emplacement de la page). Il ne serait pas rigoureux de transformer automatiquement le chiffre 26 en édition officielle supplémentaire, pas plus que d’effacer la discordance au profit de la règle générale de 25 exemplaires par titre.

La trace la plus intéressante à rechercher est un certificat original de John in Tokyo, confronté à la documentation des autres estampes de la même période. Jusqu’à cette étape, nous disposons d’une contradiction éditoriale attestée, non d’une preuve qu’un vingt-sixième tirage a réellement été vendu. Il n’est pas nécessaire d’attendre cette confirmation pour conserver les autres informations vérifiées sur le format, la technique et la datation du séjour japonais de 1966.

Source primaire : Genesis Publications, « The Photograph Portfolio », juillet 2024, notice descriptive et encart commercial de John in Tokyo — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart2024/the_photograph_portfolio_2024 .

2017 : douze photographies de presse ne signifient pas douze éditions nouvelles

Le 17 octobre 2017, un reportage de People publié à partir de l’accès aux archives de Ringo Starr présente douze photographies et souvenirs des Beatles. Il joue un rôle important dans la relance publique de l’activité photographique du musicien. Mais la formule « douze photographies » désigne ici un corpus de reportage, pas nécessairement douze tirages artistiques inédits, chacun doté d’un certificat, d’une signature et d’une nouvelle numérotation de vingt-cinq épreuves. La distinction peut paraître secondaire ; elle conditionne pourtant la fidélité du catalogue pour les collectionneurs.

Le reportage, le visuel de promotion et le produit commercial

La chaîne documentaire possède au moins trois états : premièrement, les photographies dont Ringo ou son entourage détiennent les archives ; deuxièmement, la sélection iconographique et éditoriale communiquée à la presse ; troisièmement, les tirages offerts à la vente par Genesis. La sélection des journalistes peut inclure des vues déjà publiées, des variantes de cadrage et des reproductions faites exclusivement pour illustrer un article. La présence d’une photographie dans People ne suffit donc pas à la classer comme nouveau tirage de 2018. Inversement, la disparition d’une image de la vitrine Genesis actuelle ne démontre pas qu’elle n’a jamais existé comme édition limitée.

13 octobre 2017 : l’annonce Genesis précède les images publiées dans la presse

Le bulletin Ringo Starr: On The Road Again publié le 13 octobre 2017 indique que Ringo travaille avec Genesis à un nouveau portfolio consacré notamment à ses camarades des Beatles. Le communiqué relie cet événement à la tournée américaine du All-Starr Band et à l’album Give More Love. Il renvoie au titre Photograph Portfolio 2017 : l’utilisation de l’année 2017 dans un texte contemporain est donc attestée, même si les éditions qui suivent sont commercialisées ou présentées sous l’appellation Portfolio 2018. Il faut enregistrer les deux appellations avec leurs dates et leurs supports au lieu de choisir a posteriori une année censée rendre l’histoire plus simple.

5 décembre 2017 : un repère de souscription plus probant qu’une nouvelle page marchande

Le 5 décembre 2017, Genesis signale que deux photographies dénommées Abbey Road et John and Paul sont déjà entièrement souscrites dans le portfolio présenté comme celui de 2018. La correspondance chronologique démontre un lancement par étapes : travail annoncé en octobre, intérêt du public et premier état de vente en décembre, exposition à Guildford en février 2018. Pour dater une édition, cette chronologie est plus rigoureuse que celle qui attribuerait au catalogue une unique « date de parution 2018 » alors que certaines œuvres n’étaient plus disponibles avant la fin de l’année précédente.

Un mot de Ringo peut suffire à identifier une scène, pas une matrice originale

Le grand intérêt documentaire du récit de Ringo est de conserver des circonstances que les appareils n’inscrivent pas dans la gélatine des négatifs : camarades de chambre, appareils photographiques achetés au Japon, trajet d’un train, rapport aux spectateurs dans les voitures ou amitié avec George Harrison. Ces commentaires peuvent aider à reconnaître un cliché. Ils doivent néanmoins être confrontés aux dates des tournées et aux autres images du même événement. Deux tirages représentant « John et Paul » peuvent montrer des scènes de 1964 ou l’enregistrement de « Hey Bulldog » en février 1968. Le commentaire général sur la composition musicale ne fixe pas forcément l’instant du déclenchement.

L’exception Ringo présent sur sa propre photographie

Le cas des doubles portraits de Ringo et Paul montre qu’une présence de Ringo dans l’image ne suffit pas non plus à exclure son rôle d’auteur. Dans la page originale du portfolio 2013, Ringo raconte avoir employé un retardateur pour réaliser un cliché des deux musiciens. La prise de vue peut donc avoir été préparée par lui malgré son apparition devant l’objectif. La bonne question n’est pas « apparaît-il dans l’image ? », mais « existe-t-il un témoignage ou un élément matériel attestant qui a armé l’appareil, choisi le cadrage et mis le déclenchement en route ? ».

Le contraire : Ringo représenté en 1959

La vitrine photographique réorganisée en 2024 contient un tirage Ringo at the Cavern, daté du 20 novembre 1959, représentant le batteur derrière un ensemble blanc qu’il indique ne pas avoir possédé. Ce cliché renseigne son activité de musicien à Liverpool et l’instrumentation du lieu, mais sa présence dans une série de tirages signés par lui ne démontre pas qu’il ait pris une photographie de lui-même pendant qu’il jouait. La mention recommandée est « Ringo représenté ; opérateur de prise de vue non établi ; tirage publié et signé ultérieurement ». Elle respecte à la fois la valeur du document et l’identité de l’auteur encore inconnu.

L’annonce de 2020 confirme huit estampes pour 2018, pas douze pour le reportage de 2017

Lors de la célébration des quatre-vingts ans de Ringo en juillet 2020, Genesis décrit expressément le Photograph Portfolio 2018 comme une collection de huit photographies. Ce chiffre appartient à l’offre éditoriale concernée ; il ne doit pas être remplacé par le nombre douze du reportage publié dans People le 17 octobre 2017. Les deux nombres sont compatibles parce qu’ils désignent des ensembles différents. En l’absence de liste d’éditeur complète datée de 2018 encore accessible sous son URL d’origine, seuls certains titres peuvent être individualisés avec une certitude forte.

À ce stade du récolement, la prudence documentaire impose donc cinq niveaux de vocabulaire : image vue dans la presse ; titre annoncé par Genesis ; épreuve signée mise en vente ; exemplaire numéroté localisé ; et négatif ou archive originale identifié. Une photographie peut répondre à plusieurs niveaux, mais le passage d’un niveau à l’autre exige une preuve. C’est ainsi que l’article de presse enrichit le catalogue sans artificiellement gonfler le nombre des créations uniques de Ringo.

Les douze photographies médiatisées en octobre 2017 : une collection éditoriale ou une sélection de presse ?

Le 17 octobre 2017, le magazine People publie un reportage mettant en avant douze photographies et souvenirs de Ringo Starr à propos des Beatles. La tentation de l’historien serait d’assimiler les douze illustrations d’un article aux douze éditions d’un portfolio signé. Les archives de Genesis imposent une autre lecture : les communiqués de fin 2017 et du début de 2018 indiquent qu’un nouveau programme de tirages de collection est préparé, mais les documents ultérieurs le qualifient de sélection de huit images. Une rédaction journalistique et une maison d’édition de tirages utilisent donc des périmètres qui ne se superposent pas automatiquement. Il faut relever les douze photos de presse en tant que sélection iconographique, puis comparer chaque scène à un tirage commercial attesté plutôt que créer douze certificats fictifs.

13 octobre 2017 : annoncer le projet avant la publication du reportage

Le communiqué Genesis Ringo Starr: On The Road Again, daté du 13 octobre 2017, évoque déjà un nouveau portfolio photographique autour des camarades de Ringo. Il le présente dans le contexte de la tournée du All-Starr Band et de la sortie de Give More Love. Il s’agit d’un événement de communication, non d’un inventaire de négatifs ou de certificats. Le reportage de People, publié quatre jours plus tard, s’inscrit dans cette mise en visibilité des archives mais ne fournit pas à lui seul la preuve que chaque illustration a été offerte en édition limitée.

5 décembre 2017 : deux images identifiées par le titre, l’édition et le statut de souscription

Genesis annonce que les épreuves Abbey Road et John and Paul sont totalement souscrites au 5 décembre 2017, alors que le portfolio porte le millésime 2018. Ces deux noms constituent des attributions commerciales solides. Il reste nécessaire de vérifier les autres photographies représentées dans le reportage de presse : certains titres courts peuvent désigner plusieurs scènes. John and Paul existe déjà comme titre d’une image de 2013 datée de 1964 et d’une image de 2015 située lors de la séance de Hey Bulldog en février 1968. Sans confrontation iconographique, l’homonymie ne permet pas de savoir si un tirage proposé en 2017 correspond à l’une de ces matrices ou à un cliché supplémentaire.

Le lancement à Guildford comme nouvel état de preuve

Le communiqué Genesis du 11 janvier 2018 annonce la présentation simultanée de portraits sélectionnés dans les séries 2013, 2015 et 2018, lors de visites sur rendez-vous à Genesis House à partir du 5 février 2018. Les éléments cités ne donnent pas la liste exhaustive des œuvres accrochées ni les cartels ou numéros de chaque feuille, ce qui empêche de déterminer le statut matériel précis des exemplaires exposés. Une épreuve exposée peut être un exemplaire de présentation, une feuille issue du stock commercial ou un prêt temporaire. L’existence d’une exposition d’éditeur ne constitue pas une preuve que tous les exemplaires d’une édition aient été fabriqués ou vendus.

Le chiffre de huit confirmé en 2020

Dans une communication du mois de juillet 2020, Genesis confirme que le Photograph Portfolio 2018 comprend huit tirages. Ce chiffre doit être enregistré dans le champ « nombre d’images de la sélection » et non substitué à celui du reportage de People. Une rédaction peut montrer douze documents différents pour raconter la créativité photographique de Ringo alors qu’une maison d’édition n’en retient que huit pour une offre numérotée. La différence ne prouve ni une suppression de quatre négatifs, ni une erreur du magazine, puisque les objectifs éditoriaux sont distincts.

Le titre journalistique n’est pas un identifiant d’œuvre

Les textes de presse sur les images des Beatles donnent souvent des légendes d’ambiance : « les musiciens dans un hôtel », « George souriant », « John et Paul composant ». Les certificats de galerie, eux, doivent identifier la photographie commercialisée par un intitulé, un numéro, un format, une édition et une signature. Le même portrait peut apparaître sous une légende descriptive dans People et sous un titre différent dans Genesis. Inversement, deux images différentes peuvent recevoir la même désignation générale. Pour une concordance fiable, il faut analyser le cadrage, les personnes, les objets reconnaissables, l’arrière-plan et les éventuelles variantes de tirage.

Une photographie présentée à la presse n’est pas nécessairement une prise de vue de Ringo

Une seconde limite concerne l’attribution. Les photographies représentant Ringo au Cavern Club ou lors de voyages peuvent figurer dans son fonds privé, être présentées par lui ou être signées lors d’une édition ultérieure, sans qu’il en soit nécessairement le photographe. Les photographies prises par Ringo, les images où il apparaît et les documents issus de sa collection constituent trois catégories distinctes. Ce principe évite de gonfler artificiellement le corpus des négatifs originaux en assimilant toutes les images de la publicité à des photographies faites par le batteur.

Pour conclure ce récolement, les douze illustrations de presse de 2017 doivent rester un ensemble médiatique à inventorier séparément. Les huit tirages de 2018 sont un programme d’art vendu par Genesis dont les titres manquants exigent encore une preuve contemporaine. Le rôle de Yellow-Sub est de rapprocher ces deux histoires sans inventer de correspondances que les archives ne démontrent pas.

Index des douze images effectivement publiées par People le 17 octobre 2017 : concordance avec les éditions Genesis

L’article de Jordan Runtagh publié dans People le 17 octobre 2017 présente une ouverture éditoriale suivie de douze photographies légendées de Ringo Starr et de ses proches, avec des commentaires attribués au musicien. Le média désigne alors la présentation sous le nom Photograph Portfolio 2017. Cette suite médiatique ne doit pas être transformée sans preuves en un catalogue de douze tirages distincts signés en 2017 : certains titres apparaissent dans la série 2015, d’autres dans le portfolio 2024 et deux font partie de la promotion 2018. Il s’agit d’une sélection d’images publiée par la presse, distincte des registres commerciaux d’exemplaires.

N° du reportage Titre publié Lieu et date selon People Concordances à vérifier
02 George Coulisses de l’Hippodrome, Birmingham, novembre 1963 Même légende de scène que le n° 12 du catalogue Genesis 2024 ; comparer les reproductions.
03 Paul Hôtel George V, Paris, janvier 1964 ; Paul au piano Ne pas fusionner avec Paul n° 3 de 2015 situé à New York.
04 Paul and Mal Hôtel George V, Paris, janvier 1964 Correspondance textuelle forte avec le n° 2 du portfolio 2015.
05 First U.S. Visit New York, février 1964 Titre également proposé en 2013 et 2024 ; vérifier recadrages et états.
06 Old Hickory États-Unis, février 1964, vue d’un train New York–Washington Titre présent en 2013 et 2024.
07 Miami Floride, février 1964, promenade en bateau Un récit identique n’atteste pas seul une édition de même négatif.
08 George in Miami Floride, février 1964 ; appareils photo de Paul et George Titre cité dans la promotion Genesis du portfolio 2018 en 2023.
09 Abbey Road Abbey Road Studios, Londres, 1964 Titre déclaré entièrement souscrit dans la série 2018 dès décembre 2017.
10 John and Ringo Tobago, janvier 1966, séjour avec Cynthia et Maureen Ringo fait partie de la scène : vérifier l’auteur du négatif d’origine.
11 Greece Grèce, juillet 1967 Lieu et commentaire semblables à la fiche n° 8 de Genesis 2024.
12 John and Paul Abbey Road, enregistrement de Hey Bulldog, février 1968 People mentionne un effet de prisme ; vérifier la relation avec le n° 7 de 2015 et le titre 2018.
13 Ringo Autoportrait des années 1970 Coïncidence de sujet et de témoignage avec la fiche n° 8 de 2015.

Douze images publiées ne signifient pas douze épreuves nouvelles

Les numéros ci-dessus reprennent la pagination de la galerie de People : sa position 01 correspond à une introduction, les images occupent les positions 02 à 13. Le nombre de vignettes n’indique ni combien de négatifs appartenaient à une édition signée, ni combien d’images étaient reproduites dans plusieurs éditions. Le renvoi commercial du reportage mène au catalogue Genesis, mais son appellation de 2017 ne supprime pas les annonces de 2018 ni leurs dates de précommande.

John and Ringo à Tobago : la signature n’est pas une attribution de la prise de vue

Le reportage situe cette photographie au cours des vacances de janvier 1966 avec John Lennon, Cynthia Lennon et Maureen Starr. Ringo y apparaît lui-même, et commente des éléments du jeu de Monopoly visible dans la scène. Si l’on ne dispose pas d’un document de déclenchement à retardateur ou d’un photographe identifié, il faut conserver « auteur de l’image-source : à déterminer » plutôt que d’attribuer gratuitement le cliché à Ringo. Son appartenance au fonds du musicien ne suffit pas à établir l’auteur.

Les deux jalons de 2017 à distinguer

Le 17 octobre 2017, People publie douze images commentées et emploie l’intitulé 2017. Le 5 décembre 2017, Genesis indique que Abbey Road et John and Paul, deux références annoncées pour 2018, sont déjà intégralement réservées. Il n’y a pas nécessairement contradiction : publication médiatique, ouverture d’une souscription et millésime inscrit sur le portfolio sont trois opérations datables indépendamment. La concordance définitive exige les notices de Genesis correspondant à chaque tirage.

Sources : Jordan Runtagh, People, 17 octobre 2017, galerie en treize positions dont douze images ; Genesis Publications, actualité Two Ringo Prints Sold Out, 5 décembre 2017 ; catalogues photographiques 2015 et 2024. Récolement d’octobre 2026.

Deux annonces d’éditeur qui fixent le passage de 2017 à 2018

Le communiqué Genesis du 5 décembre 2017 désigne expressément Abbey Road et John and Paul comme deux nouveautés du Photograph Portfolio 2018 déjà entièrement souscrites. Il apporte une preuve de dénomination et de disponibilité commerciale à cette date. Il ne fournit pas les numéros des exemplaires ni la liste de leurs propriétaires et ne dit pas que les douze images du reportage d’octobre constituent douze nouveautés de 2018.

L’annonce du 11 janvier 2018 fixe une autre étape : la présentation, à Genesis House, des sélections de 2013, 2015 et 2018 réunies, avec visites sur rendez-vous en semaine à partir du lundi 5 février. L’exposition et la souscription appartiennent donc à deux calendriers qui se recoupent sans se confondre. Un tirage pouvait être réservé avant la rencontre publique de l’ensemble des portfolios.

Une concordance fondée sur des documents, pas seulement sur des ressemblances de titres

Pour relier une entrée de presse à une estampe, le titre constitue un premier indice ; il doit être confronté au cadrage, au sujet et aux commentaires d’éditeur. Les mots John and Paul ne sont pas à eux seuls un identifiant photographique universel. Une comparaison qui ne conserverait que les noms des musiciens risquerait de fusionner deux images distinctes d’un même duo ou de compter plusieurs fois la même photographie reprise dans des publications successives.

Le corpus de presse conserve néanmoins une valeur propre. Il fixe une sélection et des légendes dans un contexte daté. Même lorsqu’une photographie était déjà connue par un autre canal, sa réapparition peut témoigner d’un nouveau récit : mettre côte à côte portrait, paysage et scène de studio donne une image du photographe qui ne se limite pas aux vedettes qu’il connaît. Ce rôle éditorial du magazine doit rester visible à côté de l’histoire matérielle des tirages vendus.

Ce que le mot « épuisé » permet réellement d’écrire

L’état « entièrement souscrit » décrit l’offre de l’éditeur au moment de son annonce. Il n’est ni un décompte des feuilles encore conservées ni une cote de marché. Il peut correspondre à des réservations dont les modalités de livraison ne sont pas détaillées. L’enquête doit donc distinguer date de souscription, date d’impression attestée et date de provenance d’un exemplaire particulier.

Ces précautions ne diminuent pas l’importance de la photographie. Elles lui rendent au contraire sa trajectoire : un instant vécu avec les Beatles, une légende rédigée bien plus tard, une présentation dans la presse puis une édition d’art. La liste des douze images reste celle du reportage étudié ; les séries commerciales demeurent décrites par les documents qui les nomment. Cette séparation est le moyen le plus sûr de poursuivre le catalogue sans fabriquer de nouvelles œuvres à chaque changement de page de vente.

Références documentaires complémentaires

  1. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2013, présentation originelle des douze tirages, titres et légendes — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart/the_photograph_portfolio_2013
  2. Genesis Publications, « Ringo Finds His Fans », 28 octobre 2013, identification des adolescents et relocalisation de First US Visit dans le contexte new-yorkais du 7 février 1964 — https://www.genesis-publications.com/news/ringo-finds-his-fans-1106
  3. Genesis Publications, « A Sentimental Journey To Vegas », novembre 2013, rencontre des cinq personnes retrouvées et présentation du portfolio — https://www.genesis-publications.com/news/a-sentimental-journey-to-vegas-1113
  4. Jordan Runtagh, « Ringo Starr Reveals Rare Intimate Shots of the Beatles in New Photographic Print Series », People, 17 octobre 2017, galerie de douze photographies et commentaires de Ringo — https://people.com/music/ringo-starr-beatles-photographs-print-series/
  5. The Beatles Bible, 12 janvier 1966 : chronologie du départ pour Trinité-et-Tobago et du retour le 23 janvier — https://www.beatlesbible.com/1966/01/12/john-lennon-ringo-starr-holiday-trinidad/
  6. RR Auction, vente Marvels of Modern Music, juin 2025, lot 9050 : lettre du 15 janvier 1966 organisant une rencontre avec le Premier ministre Eric Williams au Crown Point Hotel — https://www.rrauction.com/auctions/lot-detail/350167007189050-john-lennon-and-ringo-starr-invitation-letter-from-the-prime-minister-of-trinidad-and-tobago-1966/
  7. Genesis Publications, « Two Ringo Prints Sold Out », 5 décembre 2017, titres Abbey Road et John and Paul dans la série 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/two-ringo-prints-sold-out-1446
  8. Genesis Publications, « Peace & Love: Ringo Starr’s 80th Birthday Celebration & Reader Offer », 3 juillet 2020, huit tirages du portfolio 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/peace-and-love-ringo-starrs-80th-birthday-celebration-and-reader-offer-1725
  9. Genesis Publications, « Celebrating George Harrison », 25 février 2023, titres George et George in Miami — https://www.genesis-publications.com/news/celebrating-george-harrison-2087
  10. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2015, fiches de Paul and Mal, John and Paul et autres images de la série — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart2015/the_photograph_portfolio_2015
  11. Genesis Publications, The Photograph Portfolio 2024, catalogue renouvelé à comparer avec le reportage de 2017 — https://www.genesis-publications.com/prints/ringophotoart2024/the_photograph_portfolio

Sources de la chronologie : People, Jordan Runtagh, reportage photographique du 17 octobre 2017 ; Genesis Publications, « Ringo Starr: On The Road Again », 13 octobre 2017 — https://www.genesis-publications.com/news/ringo-starr-on-the-road-again-1432 ; Genesis Publications, « Two Ringo Prints Sold Out », 5 décembre 2017 — https://www.genesis-publications.com/news/two-ringo-prints-sold-out-1446 ; « New Exhibition Presenting Ringo Starr’s Photographs », 11 janvier 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/new-exhibition-presenting-ringo-starrs-photographs-1456 ; Genesis Publications, actualité de juillet 2020 mentionnant huit images — https://www.genesis-publications.com/news/peace-and-love-ringo-starrs-80th-birthday-celebration-and-reader-offer-1725 .

Sources de contrôle de 2017 et 2018 : Genesis Publications, « Ringo Starr: On The Road Again », 13 octobre 2017, annonce d’un nouveau portfolio de photographies — https://www.genesis-publications.com/news/ringo-starr-on-the-road-again-1432 ; Jordan Runtagh, People, « Ringo Starr Reveals Rare Intimate Shots of the Beatles in New Photographic Print Series », 17 octobre 2017 ; Genesis Publications, « Two Ringo Prints Sold Out », 5 décembre 2017 — https://www.genesis-publications.com/news/two-ringo-prints-sold-out-1446 ; Genesis Publications, « New Exhibition Presenting Ringo Starr’s Photographs », 11 janvier 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/new-exhibition-presenting-ringo-starrs-photographs-1456 ; Genesis Publications, « Peace & Love: Ringo Starr’s 80th Birthday Celebration », juillet 2020, huit tirages pour 2018 — https://www.genesis-publications.com/news/peace-and-love-ringo-starrs-80th-birthday-celebration-and-reader-offer-1725 .

Parcours complémentaires : Référence 1