Yellow-Sub.net · Étude historique · Tournée 2019
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Ringo Starr en Amérique du Nord en 2019 : de Windsor au Greek Theatre, vingt-deux concerts pour les trente ans du All-Starr Band
Entre le 1er août et le 1er septembre 2019, Ringo Starr conduit son quatorzième All-Starr Band de Windsor, au Canada, jusqu’au Greek Theatre de Los Angeles. Vingt-deux concerts sont recensés pour cette séquence : un au Canada et vingt et un aux États-Unis. Le parcours croise les Beach Boys à Ravinia, retrouve le Ryman Auditorium de Nashville, passe par le site historique de Woodstock à Bethel et se termine par une réunion d’anciens All-Starrs devant les caméras. Mais les archives réservent plusieurs pièges : le programme officiel initial ne compte que dix-neuf dates nord-américaines, Oakland change de jour et le concert final reçoit deux datations dans des documents officiels publiés à des époques différentes. Ces écarts ne sont pas des détails à effacer : ils racontent comment se construit, et se vérifie, l’histoire d’une tournée.
Sommaire de cette étude (14 sections)
Le 28 janvier 2019 : dix-neuf dates annoncées, vingt-deux concerts reconstitués
Le 28 janvier 2019, le site officiel de Ringo Starr publie une nouvelle liste de dates pour la tournée du trentième anniversaire. Le communiqué replace l’événement dans une chronologie précise : le tout premier All-Starr Band s’était présenté le 23 juillet 1989 au Park Central Amphitheatre de Dallas. En 2019, le programme s’ouvre par un concert californien le 21 mars, se poursuit au Japon du 27 mars au 11 avril, puis prévoit une nouvelle partie nord-américaine du 1er août au 1er septembre.
En décomptant chacune des soirées de la liste officielle de janvier, les dates nord-américaines annoncées sont dix-neuf. Ravinia, Nashville et Wolf Trap y figurent chacune pour deux concerts. L’itinéraire du dossier, complété par les archives des salles et les répertoires de représentations, en recense finalement vingt-deux. Trois étapes de l’État de New York, absentes du premier programme — Bethel le 16 août, Farmingville le 17 et Manhattan le 18 — s’insèrent entre Philadelphie et Champaign. La chronologie devient ainsi plus dense sans prolonger les dates de début et de fin.
Autre prudence nécessaire : le communiqué de janvier donne le 28 août pour Oakland. Les archives rétrospectives de concert et la fiche de tournée conservée sur Yellow-Sub.net situent la représentation au 29 août. Nous retenons cette dernière date pour le relevé des spectacles, tout en conservant le 28 comme trace de l’annonce. Une tournée n’est pas une liste figée : les modifications de calendrier font partie de son histoire.
Du Canada à la Californie : les vingt-deux soirées documentées
Le tableau suivant reprend les concerts répertoriés comme joués dans le dossier Yellow-Sub.net. Chaque lieu renvoie à sa fiche détaillée. Les doublons apparents — les 3 et 4 août, les 7 et 8 août, les 10 et 11 août — correspondent à deux soirs distincts dans une même salle. Ils comptent donc chacun pour une représentation.
Le bilan retenu est donc 1 concert canadien + 21 concerts américains = 22 soirées. Il ne faut pas additionner de nouveau ces dates aux trente-quatre spectacles du calendrier annuel : elles en constituent la dernière partie. Les onze concerts japonais et la soirée de préparation du 21 mars complètent ce total. Les projets reportés en 2020 puis 2021, également documentés dans la rubrique, n’en font pas partie.
Une quatorzième formation : le retour d’Hamish Stuart change les chansons
La grande nouveauté par rapport à septembre 2018 n’est pas une révolution de l’effectif. Six des sept musiciens sont toujours là : Ringo Starr (chant, batterie), Steve Lukather (guitare, chant), Colin Hay (guitare, chant), Gregg Rolie (claviers, chant), Warren Ham (instruments à vent, claviers, chant) et Gregg Bissonette (batterie, chant). Hamish Stuart revient à la basse, à la guitare et au chant à la place de Graham Gouldman. Cette composition est celle du communiqué officiel du 28 janvier.
Le changement produit pourtant un effet immédiatement audible. Les trois chansons de 10cc que représentait Gouldman en 2018 ne structurent plus le programme. Elles sont remplacées dans les relevés étendus par Pick Up the Pieces, Cut the Cake et Work to Do. Les deux premiers titres renvoient à l’histoire de l’Average White Band, tandis que le troisième vient du répertoire des Isley Brothers, repris par le groupe écossais. Cette petite permutation d’un musicien explique un changement de couleur beaucoup plus large : la pop soigneusement construite de 10cc laisse une place centrale à la soul et au funk.
La formule reste celle qui a fait la singularité du All-Starr Band depuis 1989 : Ringo invite des artistes à faire entendre leurs propres succès, sans les réduire au rôle de musiciens accompagnateurs. Lukather apporte Toto, Hay Men at Work, Rolie l’héritage de Santana et Stuart l’Average White Band. Le public vient voir l’ancien Beatle, mais traverse plusieurs histoires musicales au cours de la même soirée.
1er août : Windsor, point de départ canadien
La reprise s’effectue au Colosseum at Caesars Windsor, de l’autre côté de la frontière américaine, face à Detroit. La précision géographique a son importance : les trois quarts du discours promotionnel parlent de tournée « américaine », mais l’ouverture de cette étape se déroule bien en Ontario. Les archives datées de Windsor montrent que le groupe reprend sur scène le répertoire constitué au Japon quelques mois plus tôt, sans attendre l’arrivée à Chicago pour installer sa nouvelle répartition des voix.
Le relevé utilisé dans la fiche du 1er août mentionne la séquence finale de With a Little Help from My Friends et le refrain de Give Peace a Chance. Il montre déjà la nécessité de distinguer une chanson entière d’une coda chantée collectivement. C’est une question modeste en apparence, mais elle peut faire varier d’une unité le total des titres annoncé pour une même représentation.
3 et 4 août : Ravinia, une double affiche avec les Beach Boys
Les deux concerts de Ravinia, à Highland Park dans la banlieue de Chicago, sont particulièrement bien documentés du point de vue de leur présentation. Le blog officiel du festival annonçait dès le 17 janvier une double affiche de Ringo Starr et de son All-Starr Band avec les Beach Boys, les 3 et 4 août. L’organisateur rappelait que Ringo revenait à Ravinia après vingt-quatre ans d’absence. Une seconde publication du festival, en juillet, inscrivait ces spectacles dans l’histoire du rock des années 1960.
Il importe de ne pas transformer la mention « double affiche » en affirmation selon laquelle les deux groupes auraient joué un concert commun intégral. Chaque formation a son répertoire. Les relevés et comptes rendus mentionnent une rencontre sur le final du 3 août ; ce détail, contrairement à la double programmation vérifiable dans l’archive officielle de Ravinia, relève des témoignages de la soirée et doit rester attribué comme tel. Les deux fiches de concert du dossier distinguent les programmes datés et leurs particularités.
Ravinia illustre également la variabilité des setlists. Les relevés des 3 et 4 août sont plus courts que ceux de Windsor ou de Nashville. On n’y retrouve pas, dans les listes consultées, tous les titres de la version longue, notamment What Goes On, Cut the Cake, Overkill et Africa. On peut constater cette différence entre documents ; on ne peut pas, sans enregistrement continu, exclure absolument un oubli de transcription.
6–11 août : Durham, le Ryman Auditorium et Wolf Trap
Après une étape au Durham Performing Arts Center le 6 août, la tournée s’installe deux soirs dans l’un des lieux les plus symboliques de la musique populaire américaine : le Ryman Auditorium de Nashville, les 7 et 8 août. Cette ancienne maison du Grand Ole Opry n’est pas une scène inconnue pour Ringo. Dans sa propre histoire des concerts rock, le Ryman rappelle sa présence en 2012 et son retour avec le All-Starr Band pour le trentième anniversaire en 2019.
La seconde soirée donne un bon exemple des circulations entre milieux musicaux. Un relevé collaboratif du 8 août signale la participation d’Emmylou Harris à With a Little Help from My Friends. L’information doit être présentée comme une identification de témoin, non comme un crédit officiel du disque de la tournée. Elle renforce néanmoins le sens de cette étape : le All-Starr Band, composé de vétérans du rock et de la pop, se produit dans une salle indissociable de la country.
Les 10 et 11 août, les deux concerts de Wolf Trap, à Vienna en Virginie, prolongent cette séquence de salles reconnues. Le parcours se poursuit à Roanoke le 13 et à Philadelphie le 14. À ce stade, on pourrait croire que la tournée gagne directement le Midwest ; or trois dates supplémentaires à New York, absentes de l’annonce de janvier, vont changer la géographie du mois.
16 août : à Bethel, la mémoire de Woodstock entre en scène
Le concert du 16 août 2019 au Bethel Woods Center for the Arts est le rendez-vous le plus chargé de mémoire historique. Il a lieu sur le site du festival de Woodstock, cinquante ans après l’événement de 1969. La date n’est pas une réédition de Woodstock, encore moins la preuve que Ringo aurait joué au festival original : il s’agit d’une soirée de commémoration inscrite dans la programmation de Bethel Woods.
La chronologie officielle de la salle est précise : projection associée à Arlo Guthrie le 15 août ; Ringo Starr & His All Starr Band avec l’Edgar Winter Band et Blood, Sweat & Tears le 16 ; Santana avec les Doobie Brothers le 17 ; puis John Fogerty le 18. Une annonce de mars 2019 mentionnait aussi Arlo Guthrie autour de la soirée du 16 ; la programmation récapitulative de la salle le place le 15. Cette nuance évite de présenter des artistes annoncés ensemble comme s’ils avaient nécessairement partagé le plateau de Ringo.
Un lien historique supplémentaire traverse la scène : Gregg Rolie, membre du All-Starr Band de 2019, tenait les claviers et chantait avec Santana à Woodstock en 1969. Le musée de Bethel Woods documente son rôle dans la première formation du groupe de Carlos Santana. En 2019, Rolie revient donc sur ce site dans une autre configuration musicale. Voilà un fait plus révélateur que l’idée, trop commode, d’un simple « retour des années 1960 » : les musiciens ont changé de groupes, de répertoire et de générations de public.
17 et 18 août : deux autres étapes new-yorkaises ajoutées au parcours
Après Bethel, la tournée descend vers Farmingville, sur Long Island, le 17 août, puis rejoint le Rooftop at Pier 17, à Manhattan, le 18. Ces deux concerts, avec Bethel, expliquent l’écart entre le calendrier nord-américain publié en janvier et les vingt-deux représentations finalement recensées. Les trois lieux ne figuraient pas dans cette première liste, alors qu’ils apparaissent dans les récapitulatifs rétrospectifs et dans les fiches datées.
Le Rooftop at Pier 17 donne en outre au public new-yorkais un cadre très différent du Radio City Music Hall visité en septembre 2018. Ce n’est pas une répétition de la soirée précédente dans une salle plus petite : les deux concerts appartiennent à deux formations distinctes, l’une avec Graham Gouldman et les chansons de 10cc, l’autre avec Hamish Stuart et les titres de l’Average White Band. Une comparaison valable des deux années doit tenir compte de cette substitution, pas seulement du nom de Ringo sur l’affiche.
En remontant le calendrier dans l’autre sens, une précaution s’impose également : le 14 août à Philadelphie et les 16, 17 et 18 août dans l’État de New York sont quatre soirées séparées. Les bases qui amalgament un titre de tournée ou reproduisent une ancienne annonce ne permettent pas, seules, de les identifier toutes.
Du rock des Beatles au funk : un programme de vingt-quatre numéros
La colonne vertébrale des programmes développés de 2019 est immédiatement reconnaissable. Ringo ouvre avec Matchbox et It Don’t Come Easy, avant de faire place à What Goes On. Gregg Rolie prend le relais avec Evil Ways, Steve Lukather avec Rosanna, Hamish Stuart avec Pick Up the Pieces, Colin Hay avec Down Under. Le début du spectacle fonctionne comme une succession de signatures : chaque chanteur annonce son univers en quelques minutes.
Au milieu, la mémoire des Beatles est entretenue par Boys, Don’t Pass Me By et Yellow Submarine. La seconde partie fait dialoguer Black Magic Woman / Gypsy Queen et Oye cómo va avec Anthem, Overkill, Africa, Work to Do et Hold the Line. Enfin, les chansons de Ringo — Photograph et Act Naturally — conduisent au final collectif de With a Little Help from My Friends.
La feuille de chansons souvent utilisée pour le programme long énumère vingt-quatre numéros. Il serait pourtant dangereux d’en faire une quantité universelle pour chacune des vingt-deux soirées. Première difficulté : Black Magic Woman / Gypsy Queen est fréquemment cataloguée comme un medley, et non comme deux numéros séparés. Seconde difficulté : le refrain de Give Peace a Chance ajouté au rappel peut être noté comme un élément distinct ou comme une coda. Troisième difficulté : les relevés de Ravinia et de Bethel sont plus courts que ceux des concerts à programme étendu. Une absence dans une liste ne prouve pas systématiquement une absence sur scène.
Ces nuances sont détaillées dans les études thématiques déjà publiées, notamment Ravinia et la répartition des voix, la disparition des chansons de 10cc et les différents programmes du Greek Theatre et de ses éditions.
Ringo chanteur, batteur et chef d’orchestre de la convivialité
La longévité du All-Starr Band est parfois expliquée par sa seule liste de vedettes. Elle tient davantage à une répartition des rôles. Ringo est suffisamment présent pour que la soirée demeure la sienne ; les autres sont assez libres pour que leurs succès ne ressemblent pas à de simples reprises insérées entre deux chansons des Beatles. Les passages de It Don’t Come Easy à Evil Ways, puis de Rosanna à Pick Up the Pieces, sont la démonstration pratique de cette idée.
La batterie double de Ringo et Gregg Bissonette constitue un autre trait stable de cette période. Warren Ham, que l’on entend aux instruments à vent, aux claviers et dans les chœurs, assure des transitions entre des musiques enregistrées à l’origine par des groupes très différents. Les arrangements unifient ainsi les chansons sans effacer leur provenance. C’est le sens du mot « All-Starr » : l’identité du spectacle naît de la rencontre, plutôt que de l’effacement des individualités.
Ringo l’avait résumé dans son communiqué de janvier : My dream has always been, and still is, to play great music with great musicians
— son rêve, expliquait-il, est toujours de jouer de la grande musique avec de grands musiciens. Cette déclaration promotionnelle trouve dans les concerts une traduction concrète, que l’on peut examiner à travers les distributions vocales, les setlists et les invités signalés par les témoins.
Du Midwest au Sud-Ouest : les dernières étapes avant Los Angeles
Après New York, le groupe reprend la route vers Champaign le 20 août, puis Prior Lake le 22 et Council Bluffs le 23. Il rejoint ensuite le Nouveau-Mexique pour un concert à la Santa Fe Opera le 25, puis l’Arizona et le Celebrity Theatre de Phoenix le 26. Ce tracé n’a rien d’une descente rectiligne vers la côte Pacifique : il combine des théâtres, des casinos et des lieux de plein air dont les acoustiques, les publics et les capacités diffèrent.
Les dernières dates californiennes condensent ce contraste : Paramount Theatre d’Oakland le 29 août, Thunder Valley Casino Resort de Lincoln le 30, Vina Robles Amphitheatre de Paso Robles le 31 et Greek Theatre de Los Angeles le 1er septembre. Le passage d’Oakland mérite une mention particulière. Une annonce officielle rédigée plusieurs mois auparavant indique le 28 ; le relevé du concert daté du 29 août et la chronologie de Yellow-Sub.net conduisent à retenir le 29 pour la représentation recensée. Les deux mentions doivent coexister dans les archives, avec leur statut respectif.
1er septembre : le Greek Theatre et les trente ans d’une idée
La dernière étape se déroule au Greek Theatre de Los Angeles, salle familière de l’histoire du All-Starr Band. Le rapprochement avec 1989 n’est pas artificiel : la première formation avait achevé sa tournée inaugurale dans ce même lieu le 3 septembre 1989. Trente ans plus tard, Ringo revient entouré de la quatorzième équipe, dont le répertoire mêle désormais Toto, Santana, Men at Work, Average White Band et les Beatles.
La soirée est filmée, puis publiée en novembre 2022 sous le titre Ringo Starr and His All Starr Band: Live at the Greek Theater 2019. Le communiqué officiel du 22 novembre 2022 détaille la sortie numérique, puis les versions Blu-ray, DVD, CD et double vinyle jaune. Il mentionne aussi le retour au rappel de plusieurs anciens compagnons : Joe Walsh, Nils Lofgren, Jim Keltner, Edgar Winter, Eric Carmen et Wally Palmar. On rencontre parfois une graphie « Palmer » dans des transcriptions ; le nom du chanteur des Romantics est Wally Palmar.
Un point documentaire doit cependant être conservé ouvert. La tournée annoncée le 28 janvier 2019 se termine officiellement le 1er septembre, date également retenue par les listes de concerts. Le communiqué de sortie de 2022 parle, à propos de la captation, du 2 septembre. Il serait abusif de corriger discrètement le premier à l’aide du second, ou inversement. La notice consacrée à cette discordance expose les deux documents. Pour le parcours des vingt-deux concerts, nous suivons le calendrier du 1er septembre 2019, sans présenter comme résolue la question du jour précis attaché à la captation.
Enfin, les supports publiés ne doivent pas être confondus avec une transcription brute du concert : choix du montage, liste des plages, traitement du medley et disponibilité de Work to Do selon les formats introduisent des différences. Le film est une source audiovisuelle de première importance, mais aussi un objet édité trois ans après l’événement.
Sources et méthode : classer les preuves avant de compter
Cette reconstitution repose sur trois familles de documents, dont les fonctions ne sont pas interchangeables. Les annonces officielles fixent ce qui était projeté à une date donnée ; les archives des salles attestent les événements programmés ou répertoriés localement ; les setlists et témoignages aident à reconstituer la musique effectivement entendue, tout en exigeant un contrôle des attributions. Les fiches de Yellow-Sub.net regroupent ces niveaux et servent de renvoi vers chaque soir.
Sources primaires et archives institutionnelles : Ringo Starr, communiqué du 28 janvier 2019 ; reprise du communiqué sur le site officiel des Beatles ; Ravinia Festival, annonce du 17 janvier 2019 ; Ryman Auditorium, rétrospective des concerts rock ; Bethel Woods, calendrier historique de 2019 et notice muséale sur Santana et Gregg Rolie ; Ringo Starr, communiqué du 22 novembre 2022 sur le film.
Sources de recoupement : relevé du Ryman, 8 août ; relevé d’Oakland, 29 août ; Beatles Bible, fiche du 16 août à Bethel ; dossier chronologique 2019 de Yellow-Sub.net. Les relevés contributifs sont susceptibles d’évoluer. Une liste courte ne suffit pas à démontrer qu’un titre n’a pas été joué, et une invitation annoncée ne garantit pas la présence effective sur scène.
Le chiffre de vingt-deux est donc un comptage des dates jouées répertoriées pour la période du 1er août au 1er septembre, non une reprise mécanique d’une affiche de janvier, ni une addition des différentes éditions du concert filmé. Ce principe de classement permet de rendre au lecteur les incertitudes vérifiables, au lieu de les masquer dans une chronologie trop lisse.
Une tournée anniversaire qui conjugue fidélité et renouvellement
De Windsor à Los Angeles, l’itinéraire nord-américain de 2019 montre ce qui fait la force du All-Starr Band trente ans après Dallas : une idée très stable, mais des musiciens, des chansons et des contextes qui changent. En 2018, Graham Gouldman représentait 10cc ; en 2019, Hamish Stuart réinstalle l’Average White Band au cœur du spectacle. Ravinia rapproche Ringo des Beach Boys, Nashville le place dans l’histoire de la country, Bethel le relie indirectement à Woodstock par Gregg Rolie, et le Greek Theatre rassemble plusieurs générations de compagnons de route.
Les vingt-deux concerts ne se résument pourtant ni à une célébration nostalgique ni à une setlist moyenne. Les archives racontent aussi les trois dates ajoutées après l’annonce officielle, le changement de jour d’Oakland et l’incertitude conservée autour de la datation de la captation finale. Le lecteur y gagne une image plus fidèle de l’événement : celle d’une tournée vivante, modifiée en cours de route, dont le souvenir a ensuite été fixé et parfois transformé par les publications.
Ringo ne demande pas à ses partenaires de rejouer 1989. Il leur propose de prolonger ce qui, dès l’origine, rendait le projet singulier : des musiciens venus de traditions différentes, réunis autour d’un répertoire partagé et d’une idée simple de la scène. Trente ans plus tard, le pari tient toujours — à condition, pour l’historien, de compter les concerts avec autant de soin que les anniversaires.












