Ringo Starr et His All-Starr Band — étude discographique Extended Versions (2003)

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Sommaire

Ringo Starr et le All-Starr Band en 2008 : trente concerts joués, une annulation et Edgefield retrouvé

Du 19 juin au 2 août 2008, la dixième formation du All-Starr Band réunit Ringo Starr, Billy Squier, Colin Hay, Hamish Stuart, Gary Wright, Edgar Winter et Gregg Bissonette. Cette enquête en 30 sections relie les 31 fiches de dates, dont l’annulation de Bethel Woods. La confrontation avec l’historique officiel du lieu d’Edgefield permet de documenter 30 concerts effectivement joués, contre 29 dans certaines chronologies secondaires. Elle rétablit les concerts d’ouverture au Fallsview Casino, corrige la date de Saratoga au 23 juillet, suit la naissance du rituel « Peace & Love » à Chicago et distingue le Greek Theatre de 2008 des CD et DVD parus en 2010.

Repères 2008 : 31 fiches · 30 concerts répertoriés comme joués · 1 annulation (21 juin, Bethel Woods) · 3 concerts au Canada, 27 aux États-Unis · 7 musiciens sur scène · 20 juillet, Edgefield confirmé par l’archive officielle de la salle · 23 juillet, Saratoga confirmé par un témoin · 2 août, Greek Theatre filmé · parution discographique en 2010.
Sommaire de cette étude (30 sections)

1. Une tournée à relire plutôt qu’à simplement recopier

À l’été 2008, Ringo Starr reprend son dispositif de revue musicale avec une dixième équipe : six partenaires capables de mener chacun une partie du concert, sans renoncer au rôle central du batteur-chanteur des Beatles. Le parcours part de Niagara Falls le 19 juin et s’achève au Greek Theatre de Los Angeles le 2 août. La côte Est, le Midwest, la côte Pacifique, les casinos et les amphithéâtres en plein air fournissent à cette troupe un terrain de jeu remarquablement contrasté.

Le dossier de Yellow-Sub.net comporte désormais 31 fiches datées. Elles correspondent à 30 représentations répertoriées comme jouées et une représentation annulée. Cette distinction est essentielle : un calendrier initial, un tableau de sites spécialisés, une annonce de salle et un compte rendu de témoin ne décrivent pas nécessairement le même état de la tournée. Les quatre tableaux de cette étude donnent accès à chaque fiche, y compris à la date annulée, sans assimiler celle-ci à un concert.

2. Pourquoi certains répertoires s’arrêtent à vingt-neuf concerts

Le répertoire de The Beatles Bible réunit 29 concerts, dont l’étape du 6 juillet à Nashville, mais omet celle du 20 juillet à Edgefield, dans l’Oregon. Les annonces publiées au printemps 2008 ne forment pas non plus une liste définitive : elles conservent notamment Bethel Woods le 21 juin, finalement annulé. Le nombre « 29 » renvoie donc à un corpus de dates qui ne correspond pas exactement aux 31 notices aujourd’hui réunies sur le site.

Le fait décisif n’est pas une hypothèse : la liste historique officielle des artistes accueillis par Edgefield inscrit explicitement « Ringo Starr & His All Starr Band » au 20 juillet 2008. Une photographie publiée par McMenamins porte la date de prise de vue du même jour. En croisant ces preuves de salle avec les autres dates et l’annulation de Bethel, le dossier arrive à 30 soirées jouées. C’est un décompte documentaire de la base, non une prétendue correction officielle de la tournée.

3. Un protocole : annoncé, annulé, joué, enregistré, publié

L’enquête distingue cinq situations : date annoncée dans un communiqué ; date annulée avant le spectacle ; concert joué dont la tenue est attestée ; concert capté sur bande, fichier ou vidéo ; enfin concert publié dans une édition commerciale. Ce ne sont pas cinq manières de dire la même chose. Bethel Woods relève des deux premières ; Saratoga de la troisième ; le Greek Theatre des trois dernières. En l’absence de document individuel, la fiche indique ce qui manque sans projeter le déroulement d’une autre soirée.

Notre hiérarchie des sources privilégie les communiqués contemporains, les archives de salles, les critiques datées et les témoignages directs. Les sites de set-lists et les chronologies rétrospectives servent de guides de comparaison et non de preuves autonomes pour chaque morceau. Les notices de la tournée 2008 conservent les crédits détaillés, tandis que cette étude expose les difficultés de l’inventaire et leurs conséquences musicales.

4. De la formation 2006 à la dixième équipe

La dixième incarnation rompt avec plusieurs habitudes de 2006. Richard Marx, Rod Argent et Sheila E. n’intègrent pas le noyau permanent de 2008 ; Colin Hay et Gary Wright rejoignent une distribution comprenant Billy Squier, Hamish Stuart, Edgar Winter et Gregg Bissonette. La formule reste celle d’un orchestre de chanteurs-instrumentistes : chacun remet en circulation des succès anciens, mais les joue dans un ensemble qui n’est ni la reconstitution de Men at Work ni celle de l’Edgar Winter Group.

Le compte rendu d’annonce de Pollstar daté du 19 mars 2008 nomme les six partenaires et le début à Fallsview. La reproduction du communiqué de tournée de février 2008 précise l’ambition de ce dixième groupe, présenté comme une réunion de musiciens autonomes autour du message de paix et d’amour de Ringo. Une telle source expose le projet annoncé ; son calendrier demeure susceptible de modifications.

5. Ringo Starr : chef de troupe, batteur et chanteur

Ringo occupe ici plusieurs positions successives. Il ouvre des séquences avec ses propres succès, retrouve derrière les fûts le temps que les autres artistes chantent leurs titres, puis revient au premier plan pour les chansons des Beatles et les hommages personnels. It Don’t Come Easy, Photograph, Boys, Act Naturally ou Yellow Submarine n’ont pas la même origine discographique, même lorsqu’ils sont réunis dans une seule set-list : certains sont des classiques solo, d’autres des succès des Beatles et d’autres encore des reprises que les Beatles avaient interprétées.

Son rôle est également dramaturgique. Un concert du All-Starr Band n’est pas un récital de Ringo avec accompagnateurs : il répartit la vedette entre les identités des musiciens. En 2008, cette circulation de la voix fournit une solution musicale à un répertoire allant du rock anglais des années 1960 au funk, aux claviers de rock progressif et à la pop australienne.

6. Billy Squier : la guitare et le rock FM américain

Billy Squier assure guitare, chant et parfois basse. Le public reconnaît les refrains massifs de Lonely Is the Night, The Stroke et, lorsque le relevé le confirme, In the Dark. Il est l’un des ressorts les plus directement rock de cette formation. Ces compositions ne sont pas des chansons de Ringo ; elles appartiennent au catalogue solo de Squier, réarrangé pour une scène collective avec deux batteurs et des partenaires qui changent de rôle selon les numéros.

Une critique de la soirée de Saratoga, rédigée sur place en juillet 2008, relève son énergie scénique et la forte réaction du public à Lonely Is the Night. Cette appréciation concerne une soirée observée ; elle n’autorise pas à affirmer que la même dynamique ou le même minutage se répétaient à l’identique dans trente salles.

7. Colin Hay : Men at Work, puis une carrière personnelle

Colin Hay, voix et guitare de Men at Work, amène Down Under et Who Can It Be Now?. À ces titres connus s’ajoute Are You Lookin’ at Me? — parfois orthographié différemment dans les bases de set-lists —, chanson personnelle d’une autre époque de sa carrière. La coexistence de ces œuvres permet de lire le dispositif du All-Starr Band comme une conversation entre succès radiophoniques et créations plus récentes.

Les récits de tournée retiennent aussi son humour entre les morceaux. Une anecdote du compte rendu de Saratoga le montre confondant, dans sa présentation, Saratoga et Calistoga. Elle n’est pas un élément du programme musical ; c’est toutefois un témoignage de la dimension très parlée et spontanée de ces soirées.

8. Hamish Stuart : d’Average White Band aux scènes de Ringo

Hamish Stuart alterne basse, guitare et chant. Son expérience au sein d’Average White Band et des formations de tournée de Paul McCartney le place à un carrefour particulier de cette histoire. Dans le programme de Ringo, Pick Up the Pieces remet le funk instrumental au centre du concert, tandis que Work to Do appelle une précision bibliographique : le morceau est issu du répertoire des Isley Brothers, repris ensuite par Average White Band, et non une composition originale de ce dernier groupe.

Sur scène, Stuart joue donc autant un rôle de continuité rythmique qu’un rôle de chanteur invité. C’est un exemple typique de la nécessité de distinguer auteur, interprète original, groupe popularisateur et interprète de la tournée. Le chapitre complémentaire « L’histoire des chansons du All-Starr Band en 2008 » approfondit précisément ces filiations.

9. Gary Wright : la mémoire de George Harrison et les synthétiseurs

Gary Wright apporte les claviers et les voix de Dream Weaver et Love Is Alive. Son entrée change la couleur harmonique du groupe : les nappes de synthétiseur et la présence des claviers contrastent avec les attaques franches de la guitare de Squier et les grooves de Stuart. Dream Weaver est lié dans son histoire à une lecture spirituelle encouragée par l’amitié de Wright avec George Harrison ; évoquer ce lien en concert relève de la présentation par l’artiste, non d’un crédit de composition accordé à George.

Le témoin de Saratoga rapporte l’évocation de cette relation sur scène, suivie d’une plaisanterie de Ringo. C’est un document précieux pour l’histoire des propos entre les chansons, mais il ne faut pas lui faire dire que ce même échange a été répété à chacune des étapes.

10. Edgar Winter : « Free Ride » et « Frankenstein »

Edgar Winter est l’un des grands animateurs instrumentaux de cette formation. Aux claviers, au saxophone et au chant, il ressuscite Free Ride et Frankenstein, deux piliers de l’univers de l’Edgar Winter Group. Le second morceau, largement instrumental, permet de comprendre pourquoi un plateau de classiques pop-rock peut temporairement se transformer en démonstration de timbres et de virtuosité.

Les versions recensées en 2008 ne sont pas nécessairement identiques : la durée d’une plage instrumentale et son éventuelle suppression dans un programme raccourci ne peuvent être calculées à partir d’un seul disque. Le concert final filmé constitue une référence de comparaison, non un modèle à appliquer mécaniquement à juin et juillet.

11. Gregg Bissonette, les deux batteries et la direction musicale

Gregg Bissonette occupe le second poste de batterie, au côté de Ringo. Cette paire donne au groupe une assise souple : Ringo peut se lever et chanter sans abandonner la continuité rythmique, puis revenir à son instrument. Bissonette assure aussi des chœurs et contribue aux passages où toute la formation se retrouve. Le compte rendu de Saratoga insiste sur la complémentarité des deux batteurs.

Mark Rivera est mentionné comme directeur musical dans le dossier de tournée. Cette responsabilité ne doit pas être transformée automatiquement en présence permanente sur scène parmi les sept membres. Les invités d’un soir, les personnels d’encadrement et les musiciens de l’effectif régulier appartiennent à des catégories distinctes, importantes pour établir des crédits fiables.

12. « Liverpool 8 » : un disque nouveau, pas une compilation

Le début de 2008 est dominé par Liverpool 8, premier album studio de Ringo publié chez Capitol/EMI depuis Goodnight Vienna. Le communiqué de Capitol/EMI daté du 2 novembre 2007 précise une sortie américaine le 15 janvier 2008 (le 14 janvier à l’international) et une présentation à Liverpool le 12 janvier, dans le cadre de l’année de capitale européenne de la culture. Il expose aussi la transition de production : le travail entrepris avec Mark Hudson a été repris avec Dave Stewart.

La chanson-titre est une autobiographie musicale condensée, depuis les années de Liverpool jusqu’à la carrière après les Beatles. Sur la tournée, Liverpool 8 prend une signification particulière : Ringo ne se contente pas d’alterner ses anciens grands succès et les chansons de ses partenaires ; il apporte au public un titre associé à une actualité personnelle de l’année même. La sortie du disque n’est toutefois pas une date de tournée du All-Starr Band.

13. Les œuvres récentes au contact du répertoire des Beatles

Never Without You renvoie à la mémoire de George Harrison, tandis que Choose Love prolonge le disque solo de 2005. Le programme de 2008 associe ces chansons à What Goes On, Boys, I Wanna Be Your Man ou Yellow Submarine. On peut ainsi entendre des répertoires constitués à des dates différentes, mais pas les attribuer indistinctement à Lennon–McCartney, à Ringo en solo ou à des auteurs américains plus anciens.

Cette pluralité est capitale pour les fans qui reconstituent les crédits. La présence de Work to Do dans un concert n’en fait pas une composition de Hamish Stuart ; l’interprétation de Boys par Ringo n’en fait pas une composition des Beatles. Le dossier sur les origines des chansons de 2008 et les fiches du catalogue décrivent les filiations d’œuvres une par une.

14. La dixième formation en chiffres, avec les réserves nécessaires

Sept musiciens sur scène, trois concerts répertoriés au Canada et vingt-sept aux États-Unis, du 19 juin au 2 août : tel est le bilan des représentations jouées que l’on obtient en regroupant les notices. Le 21 juin à Bethel Woods forme une ligne supplémentaire parce qu’une annulation est un événement historique à documenter. Dans le calendrier détaillé, les soirs sans programme connu demeurent visibles, mais ne reçoivent pas des titres déduits d’une autre date.

Cette méthode explique qu’un même dossier puisse comprendre 31 pages individuelles sans que l’on annonce 31 concerts. Les deux pièces charnières sont le calendrier rétrospectif de la salle d’Edgefield, source de première main, et la liste de 29 dates proposée par The Beatles Bible, utile pour identifier ce qu’elle ne recense pas.

15. 19 et 20 juin : l’ouverture au Fallsview Casino de Niagara Falls

Les deux premiers rendez-vous, les 19 et 20 juin 2008, ont lieu à l’Avalon Ballroom du Fallsview Casino Resort, à Niagara Falls (Ontario). Le communiqué initial, reproduit dans les archives de février et mars 2008, situe déjà la première soirée à Fallsview. La presse professionnelle Pollstar confirme ce départ à Niagara Falls.

Les deux liens historiques du site se terminent encore par casino-rama-orillia, traces d’une identification ancienne. Ce fragment d’adresse ne prouve pas que les concerts se soient déroulés au Casino Rama. Le lieu affiché dans les fiches et retenu par l’enquête est Fallsview ; le slug ancien est conservé pour ne pas briser les liens existants. Une vidéo officielle intitulée « Opening Night 2008 » atteste aussi la place particulière de ce départ dans les archives de Ringo.

16. 21 juin : le concert prévu à Bethel Woods ne se joue pas

La date du 21 juin au Bethel Woods Center for the Arts, près du site de Woodstock, figure sur le calendrier annoncé. Elle est annulée : la fiche du 21 juin n’est donc pas une set-list et n’entre pas dans le décompte des représentations jouées. Le récit conservé par Yellow-Sub.net associe l’annulation à des difficultés de transport du matériel ; faute de communiqué contemporain de l’organisateur retrouvé dans cette enquête, le motif précis demeure attribué à cette archive secondaire.

Cette date explique à elle seule une partie des divergences entre les calendriers : une liste publicitaire peut la conserver, un historique de concerts effectivement donnés peut la supprimer, et une base documentaire peut la maintenir en l’identifiant clairement comme annulée. La méthode la plus honnête n’efface ni l’annonce ni le fait qu’aucun programme ne peut être attribué à un spectacle non tenu.

17. 22 au 29 juin : Mohegan Sun, Radio City et la côte Est

Après Bethel, la troupe se produit le 22 juin à Uncasville, puis le 24 juin au Radio City Music Hall de New York. Les étapes suivantes passent par Boston, Holmdel, Atlantic City et Westbury. Cette séquence concentre une série de salles de capacité et de configuration différentes, de l’arène au théâtre, et offre plusieurs témoins de ce que pouvait être une revue All-Starr à cette période.

La documentation du Radio City est particulière : Ringo a conservé sur son site officiel une vidéo d’actualité de la tournée associée à cette étape. Les fichiers du dossier signalent également des participations ponctuelles, notamment celle de Levon Helm. Le détail de chaque invitation doit cependant être rapproché d’un enregistrement ou d’un témoignage précisément daté avant d’être compté comme un membre du groupe.

18. L’affaire des invités : distinguer la rumeur de la scène

La fiche générale de Yellow-Sub.net relève plusieurs présences exceptionnelles : Dr. John et Lynn Anderson pour la soirée du Mohegan Sun, Levon Helm pour celle du Radio City, Gary Burr à Nashville, Sheila E. à San Diego et Jim Keltner lors du final de Los Angeles. Certaines de ces mentions sont mieux étayées que d’autres. Les notes contemporaines publiées par Abbeyrd attestent explicitement Jim Keltner au Greek Theatre et évoquent le passage de Levon Helm.

Une présence dans la salle, une visite aux coulisses, une participation au rappel et une appartenance permanente à l’orchestre sont quatre faits différents. Même lorsque des personnalités comme Jeff Lynne ou Klaus Voormann sont repérées parmi les invités du Greek Theatre, il ne faut pas les ajouter à la distribution instrumentale sans preuve de leur participation musicale effective. Cette prudence compte autant pour les fans que pour les catalogues de concerts.

19. Début juillet : la Floride, le Mississippi et Nashville

La tournée remonte sur scène au Ruth Eckerd Hall de Clearwater le 2 juillet, rejoint le Hard Rock Live de Hollywood, en Floride, le 3, puis le Beau Rivage de Biloxi le 5 et le Wildhorse Saloon de Nashville le 6. Le qualificatif « Hollywood » peut ici tromper : il s’agit de la ville de Floride, au sein du Seminole Hard Rock Hotel & Casino, et non de Los Angeles en Californie.

Nashville mérite une place claire dans l’inventaire, car cette soirée n’apparaît pas dans toutes les premières listes promotionnelles. La chronologie de The Beatles Bible et les archives de set-lists la recensent. La fiche Yellow-Sub.net indique en outre Gary Burr parmi les invités du final : cette attribution est conservée comme donnée de notice, distincte du programme régulier des sept musiciens.

20. 7 juillet à Chicago : naissance d’un rituel « Peace & Love »

Le 7 juillet 2008, jour des 68 ans de Ringo, ne correspond à aucune des représentations répertoriées dans les tableaux. Il marque pourtant un tournant durable : devant le Hard Rock Cafe de Chicago, Ringo rassemble amis et fans à midi pour prononcer « Peace & Love » et inviter chacun à faire de même. Selon le récit officiel publié pour le dixième anniversaire de cette initiative, ce rendez-vous constitue le point de départ d’une célébration devenue mondiale.

Ce détail éclaire rétrospectivement le concert du 7 juillet 2010 à Radio City, étudié dans le chapitre annuel suivant. Les deux événements ne sont pas interchangeables : en 2008, le geste inaugural se déroule à Chicago en journée, sans concert All-Starr ce jour-là ; en 2010, l’initiative a lieu à New York et précède un concert d’anniversaire où Paul McCartney apparaît. Cette continuité est l’une des histoires les plus singulières à suivre d’une tournée à l’autre.

21. 8 au 14 juillet : des amphithéâtres aux scènes de casino

Les concerts des 8 et 9 juillet conduisent Ringo à Kettering, dans l’Ohio, puis à Milwaukee. Le 11 juillet, l’équipe traverse à nouveau la frontière pour Windsor, troisième étape canadienne répertoriée comme jouée. Elle retrouve ensuite les États-Unis à Mount Pleasant, Chicago et Prior Lake les 12, 13 et 14 juillet.

À cette phase de la tournée, l’intérêt du musicologue n’est pas de présumer une set-list uniforme. Des fiches particulièrement riches — notamment celles de Prior Lake et de Chicago — peuvent être comparées à des notices plus brèves. L’absence d’un titre dans un relevé sommaire n’établit pas automatiquement que le groupe l’a omis ce soir-là ; inversement, la présence d’un solo dans la captation finale ne prouve pas qu’il avait sa place dès le début de juillet.

22. 18 au 20 juillet : l’étape d’Edgefield retrouvée

Après le Northern Quest Casino d’Airway Heights le 18 juillet et le Château Ste. Michelle Winery de Woodinville le 19, la tournée rejoint McMenamins Historic Edgefield, à Troutdale (Oregon), le dimanche 20 juillet 2008. Cette étape est absente de la liste des 29 concerts de The Beatles Bible ; elle n’est pas une invention destinée à gonfler le calendrier.

Le site du lieu l’énumère parmi ses spectacles de 2008, dans la semaine comprise entre Lynyrd Skynyrd (9 juillet) et Lyle Lovett (27 juillet). Un document photographique diffusé par McMenamins indique une prise de vue le 20 juillet, quatre jours avant sa mise en ligne. Cette double trace justifie l’existence de la fiche dédiée et le passage, dans notre corpus, de 29 à 30 concerts joués.

23. 23 juillet à Saratoga : le compte rendu corrige la date

Autre correction : The Mountain Winery de Saratoga. L’ancienne adresse de la fiche comporte 2008-07-24, et certaines chronologies placent encore le concert au 24 juillet. Mais le rédacteur présent sur place a publié un compte rendu daté du 25 juillet en parlant explicitement de son expérience du mercredi soir : ce mercredi était le 23 juillet 2008. La base setlist.fm donne la même date, mais c’est le témoignage contemporain qui fonde notre correction.

Ce compte rendu fournit aussi une quasi-transcription de la soirée, des différences de répertoire et une appréciation précise du duo de batteries. Il signale qu’un humoriste local, Dan St. Paul, s’est produit en première partie : la présence de cet artiste à Saratoga ne doit pas être convertie en tournée de première partie officielle. Notre fiche du 23 juillet conserve son ancien slug afin de maintenir la continuité des liens.

24. Dernière ligne droite : Nevada, Californie et Arizona

Le trajet de la seconde moitié de juillet passe par Lemoore, Saratoga, Reno, Primm, San Diego, Pala et Phoenix. Les 1er et 2 août, il s’achève à Indio puis à Los Angeles. Un tel enchaînement impose des montages de scène successifs et des conditions acoustiques changeantes, sans qu’un historien puisse déduire automatiquement des variations d’effectif à partir de ces seules contraintes.

À San Diego le 27 juillet, la documentation du dossier mentionne Sheila E. pour le final. Les sources disponibles invitent à la considérer comme une invitée ponctuelle, non comme une participante régulière de la dixième formation. Sur le plan discographique, la clôture au Greek Theatre recevra un traitement distinct, car ce sont les bandes de la dernière soirée qui alimenteront plus tard les éditions commerciales.

25. Calendrier intégral : 31 fiches, dont une annulation

Les tableaux suivants reprennent l’ensemble des 31 notices actuellement publiées dans la rubrique 2008 de Yellow-Sub.net, classées par date et réparties en quatre périodes pour faciliter la consultation. Le statut « annulé » est réservé à Bethel Woods, 21 juin. La lecture des lignes ne remplace pas les fiches : chacune donne accès aux musiciens, aux titres documentés et aux réserves propres à la date.

Les salles sont nommées selon les identifications corrigées par les notices, y compris Fallsview pour les deux premiers soirs et 23 juillet pour Saratoga. Les adresses des pages historiques n’ont pas été modifiées.

Juin 2008 — 9 fiches

Juillet 2008 : du 2 au 14 — 10 fiches

Juillet 2008 : du 18 au 31 — 10 fiches

Août 2008 : les deux dernières soirées — 2 fiches

Date Salle et ville Statut
01/08/2008 Fantasy Springs Casino, Indio, Californie, États-Unis Concert joué
02/08/2008 Greek Theatre, Los Angeles, Californie, États-Unis Concert joué

26. Les set-lists : une structure commune, pas une photocopie

Le socle de 2008 comprend habituellement des plages confiées à Ringo, plusieurs « cartes de visite » des partenaires et un final collectif. On trouve souvent It Don’t Come Easy, What Goes On, Memphis in Your Mind, Lonely Is the Night, Free Ride, Down Under, Dream Weaver, Pick Up the Pieces, Frankenstein, Photograph et With a Little Help from My Friends. Cette liste indique une ossature ; elle n’est pas une prétendue transcription intégrale de chacun des trente concerts.

Le témoignage direct de Saratoga indique notamment l’absence d’Oh My My ce soir-là, alors que le morceau réapparaît dans le programme documenté du Greek Theatre. La différence entre un programme consigné, un enregistrement exploitable et une liste reconstruite est fondamentale. Les tableaux doivent être lus comme une cartographie documentaire, non comme la preuve que chaque chanson a été jouée trente fois.

27. Le Greek Theatre, 2 août : la dernière soirée filmée

Le samedi 2 août 2008, Ringo et les six partenaires terminent la tournée au Greek Theatre de Los Angeles. C’est la soirée la plus souvent citée parce qu’elle a été filmée et publiée. La revue repose sur le même principe qu’en juin : chansons de Ringo, titres des Beatles, succès des invités, plages instrumentales et final collectif. La documentation de l’époque mentionne Jim Keltner derrière la batterie pendant le rappel, ainsi que plusieurs personnalités présentes dans la salle.

Il faut distinguer l’identité de ces visiteurs et les contributions réellement audible ou visible. With a Little Help from My Friends peut en outre déboucher sur un fragment de Give Peace a Chance : deux œuvres distinctes peuvent former un seul numéro scénique continu. Le chapitre de comparaison du concert, du DVD et du CD détaille cette particularité et les titres documentés.

28. « Live at the Greek Theatre 2008 » : filmé en 2008, paru en 2010

Une confusion tenace naît du titre Live at the Greek Theatre 2008. Le nombre 2008 désigne l’année du concert filmé, mais les éditions commerciales paraissent en 2010. Le disque et la vidéo ne doivent pas être assimilés à deux concerts différents ni attribués à la formation de 2010. Un relevé discographique de l’édition Hip-O/UMe situe la sortie du CD au 27 juillet 2010 et rattache le catalogue à la captation du 2 août 2008.

Le travail discographique déjà publié décrit un CD standard de seize pistes indexées et un DVD annoncé avec vingt-sept chapitres. Ces chiffres relèvent des supports, non de deux set-lists de concerts. Une édition raccourcie ne fait pas disparaître du spectacle les titres exclus au montage. Il faut aussi distinguer ce live de celui tiré du Mohegan Sun 2006, paru en 2008 : même artiste et titres voisins, mais autre soirée et autre formation.

29. Un regard critique sur la tournée : les témoins ne sont pas unanimes

Les comptes rendus de 2008 ne réduisent pas la tournée à une célébration unanime. Les notes conservées par Abbeyrd citent, pour Prior Lake, un bilan de fin d’année sévère du Minneapolis Star Tribune. Le témoin de Saratoga se montre au contraire enthousiaste sur la complémentarité des deux batteurs, sur les prestations de Squier et de Winter, tout en jugeant déplacée la première partie humoristique imposée par la salle. Ces jugements sont situés, datés et parfois contradictoires.

Une critique de Variety datée du 3 août 2008 traite la soirée finale à Los Angeles. Le rapprochement de ces sources permet de s’intéresser à la réception de l’orchestre dans des contextes distincts sans confondre le goût du critique et le fait musical. Les commentaires d’archives sont des témoignages, non des statistiques de satisfaction.

30. Conclusion : une dixième formation plus riche que son calendrier usuel

La tournée de 2008 se comprend mieux lorsqu’on traite le All-Starr Band comme une formation de musiciens, un répertoire partagé et une série d’événements vérifiables. Les trente spectacles joués que nous recensons dans les archives du site racontent le voyage de sept instrumentistes ; la fiche annulée de Bethel décrit un épisode de production ; la soirée de Chicago montre la naissance publique du rituel « Peace & Love » ; le film du Greek Theatre documente une performance qui connaîtra sa vie commerciale deux ans plus tard.

La principale avancée documentaire de cette étude tient à trois précisions : Fallsview et non Casino Rama pour les deux premières soirées ; 20 juillet à Edgefield rétabli sur la base d’une archive officielle de salle ; 23 juillet à Saratoga, confirmé par un témoin contemporain malgré une ancienne adresse et plusieurs calendriers indiquant le 24. Ces corrections n’épuisent pas l’histoire de la tournée : elles montrent ce que peut apporter à un dossier musical la confrontation patiente des sources plutôt que leur répétition.

Sources primaires, témoignages et comparaisons

Les programmes incomplets ne sont pas déclarés exhaustifs. Les choix éditoriaux des CD, DVD et sites de set-lists sont consignés comme tels ; un ensemble de titres publiés ne remplace pas un relevé direct de concert. Les trois corrections principales sont explicitement attribuées à leurs pièces justificatives.

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