Sommaire
2008 : l’histoire des chansons du All-Starr Band, des Shirelles à Men at Work, entre reprises et succès personnels
Répertoire de 2008 décrypté : la scène de Ringo Starr comme parcours à travers les auteurs, les reprises et les disques originaux.
Les règles d’un catalogue historique des chansons
Une setlist de Ringo Starr n’est pas la discographie de Ringo Starr. Dans la dixième formation, les voix passent de Billy Squier à Colin Hay, Gary Wright, Hamish Stuart et Edgar Winter tandis que Ringo présente ses œuvres solo et ses classiques enregistrés avec les Beatles. L’analyse doit distinguer l’œuvre, la première version connue, le chanteur du spectacle et les instruments effectivement joués.
Le programme de la dernière soirée, au Greek Theatre le 2 août 2008, sert ici d’exemple documenté. Il ne doit pas être pris comme une transcription exhaustive de chaque autre date de l’été : certaines soirées comportent des variantes, des raccourcis ou des annonces différentes.
Boys, What Goes On et Yellow Submarine : trois liens distincts avec les Beatles
Boys fut d’abord un titre des Shirelles, écrit par Luther Dixon et Wes Farrell, que les Beatles reprennent sur Please Please Me en 1963 avec Ringo au chant. What Goes On est associé à Lennon, McCartney et Starkey et paraît sur Rubber Soul en 1965. Yellow Submarine est une œuvre Lennon–McCartney popularisée par Ringo au chant en 1966.
Ces trois titres n’ont donc pas le même statut : reprise d’une chanson antérieure, composition associant Ringo aux deux principaux auteurs du groupe, puis succès écrit par Lennon et McCartney. Dans une encyclopédie, les réunir sous la seule étiquette « chansons des Beatles » masque leur origine et leur différence de droits.
Act Naturally et Oh My My : deux faces du répertoire de Ringo
Act Naturally est issue de la tradition country américaine avant d’entrer dans le répertoire des Beatles sur Help! en 1965. Son interprétation par Ringo sur scène rappelle un goût pour la country qui traverse sa carrière solo. À l’inverse, Oh My My, coécrite avec Vini Poncia, appartient au disque Ringo de 1973, et renvoie à sa réussite commerciale américaine.
Ces deux choix montrent la diversité de ce qu’on appelle souvent trop vite « les classiques de Ringo ». Dans un cas, le chanteur popularise à nouveau une œuvre écrite par d’autres ; dans l’autre, il reprend une composition publiée sous son propre nom. Leur présence sur le même concert produit un récit biographique précis.
Free Ride, Dream Weaver et The Stroke : trois signatures américaines
Free Ride fut écrite par Dan Hartman et popularisée dans l’univers de l’Edgar Winter Group. Dream Weaver demeure l’œuvre emblématique de Gary Wright, tandis que The Stroke traduit la forte présence de Billy Squier sur les ondes rock du début des années 1980. En 2008, les auteurs et les chanteurs d’origine ne se répartissent pas partout de la même manière.
La scène de Ringo permet à chacun de retrouver une chanson qu’il a incarnée, tout en acceptant le son commun d’un orchestre inhabituel. Pour le répertoire de Squier ou de Wright, la chanson possède un contexte d’enregistrement et de production propre qui ne doit pas être transposé artificiellement au concert.
Men at Work et Average White Band : les succès collectifs passent au solo
Down Under et Who Can It Be Now? représentent le catalogue de Men at Work par la voix de Colin Hay. Hamish Stuart, quant à lui, fait entendre l’héritage de l’Average White Band avec Pick Up the Pieces et Work to Do. Dans ces quatre cas, le nom du groupe d’origine est indispensable pour comprendre pourquoi une chanson figure dans le concert.
Work to Do est particulièrement instructive : sa première histoire passe par les Isley Brothers, puis par l’Average White Band. Écrire « composition d’Hamish Stuart » parce qu’il la chante serait erroné. La reprise de cette pièce par l’orchestre de Ringo constitue une nouvelle interprétation d’un répertoire déjà transmis.
Never Without You et Liverpool 8 : mémoire et actualité de Ringo
Never Without You, issue de l’album Ringo Rama, évoque George Harrison et porte notamment les signatures de Ringo, Mark Hudson et Gary Nicholson. Liverpool 8, titre de l’album paru au début de 2008, rattache le concert au présent artistique de Ringo, plutôt qu’au seul héritage des Beatles.
Le programme tient donc ensemble deux fonctions : faire venir le public par des titres familiers et rappeler que Ringo continue d’enregistrer de nouvelles chansons. C’est un trait essentiel pour mesurer la carrière sur scène au-delà de la nostalgie.
Le final : deux chansons et une même intention scénique
With a Little Help from My Friends vient de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band en 1967 ; Give Peace a Chance, introduite comme coda au concert, appartient à la démarche pacifiste de John Lennon et Yoko Ono en 1969. Les deux œuvres possèdent des contextes de composition différents, malgré leur voisinage régulier dans les finales All-Starr.
Pour compter le répertoire, il faut noter que le final peut être présenté sous une seule ligne de setlist ou sous deux titres. Pour l’historien, il contient deux œuvres ; pour le metteur en scène, il peut former un seul numéro de clôture. Ces deux classements sont compatibles dès lors qu’ils sont annoncés.
2008 : Liverpool 8 rappelle que Ringo continue à enregistrer
Liverpool 8, titre de l’album solo paru au début de l’année 2008, entre dans les concerts de la dixième formation aux côtés de chansons déjà célèbres depuis plusieurs décennies. Sa présence dans le programme montre que Ringo ne présente pas uniquement un spectacle nostalgique : il continue de défendre sa propre actualité discographique, au milieu d’une anthologie de rock et de pop.
Never Without You et Choose Love représentent d’autres étapes de sa production personnelle au cours des années 2000. Leurs crédits d’écriture et leurs supports d’origine doivent être conservés dans les fiches des œuvres, tandis que les notices de concerts documentent leur interprétation par les All-Starrs.
Les succès des partenaires : auteurs et groupes d’origine
Down Under et Who Can It Be Now? sont associés à Colin Hay et Men at Work ; Pick Up the Pieces vient du répertoire instrumental de l’Average White Band ; Dream Weaver appartient à Gary Wright. Billy Squier interprète des morceaux tels que The Stroke ou Lonely Is the Night, tandis qu’Edgar Winter apporte Free Ride et Frankenstein. Tous ces titres coexistent dans le spectacle de Ringo mais appartiennent à des discographies séparées.
Il faut éviter d’attribuer à chacun des interprètes la totalité des compositions de son ancien groupe. Free Ride est écrite par Dan Hartman, tandis que Pick Up the Pieces résulte d’un travail collectif dans l’histoire de l’Average White Band. Les crédits ne peuvent être reconstitués à partir de la seule distribution de tournée.
Les programmes de Mount Pleasant et de Lemoore diffèrent
Le relevé de Mount Pleasant du 12 juillet 2008 comprend une série développée de numéros de solistes après Yellow Submarine, alors que les programmes de Lemoore le 22 juillet et de Primm le 26 montrent une séquence plus resserrée. L’encyclopédie doit conserver ces variantes, même lorsque les chansons de Ringo et le final collectif restent familiers d’une soirée à l’autre.
Cette diversité rend nécessaire une page par concert, plutôt qu’un programme général recopié pour chaque date. Les fiches d’œuvres expliquent les origines des chansons ; les notices des représentations donnent leur ordre et la présence réellement documentée. L’une ne peut remplacer l’autre sans introduire de fausses certitudes.
Repères éditoriaux
Les œuvres, leurs crédits et les interprétations de la formation sont distingués des programmes propres à chaque concert. Les dates de représentation, les annonces et les éditions discographiques sont classées séparément.
Ringo mêle reprises et compositions personnelles
Act Naturally et Boys remontent à des répertoires antérieurs aux Beatles, alors que Liverpool 8 représente une création récente de Ringo en 2008. Dans le même concert, Hamish Stuart réintroduit le funk de l’Average White Band avec Pick Up the Pieces.
Répertoire et crédits des interprétations
L’enchaînement de ces morceaux montre pourquoi le All-Starr Band n’est ni un spectacle d’hommage aux seuls Beatles ni une simple anthologie de tubes : il mélange des créations de Ringo, ses reprises de jeunesse et les histoires de carrière des invités.
Fiches de chansons : act naturally · boys · pick up the pieces. Les concerts du All-Starr Band en 2008.












