Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

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Billy Squier dans le All-Starr Band de 2006 : rock américain, blues et chansons

En 2006, Billy Squier ne se contente pas de reprendre ses deux grands succès. Le guitariste et chanteur introduit aussi Robert Johnson dans un spectacle partagé entre plusieurs générations. Une lecture des œuvres, des interprètes et des documents de tournée.

Un membre de la neuvième formation, pas un invité de passage

Entre le 14 juin et le 20 juillet 2006, le All-Starr Band se produit en Amérique du Nord avec Ringo Starr, Billy Squier, Richard Marx, Rod Argent, Edgar Winter, Hamish Stuart et Sheila E. Ce groupe est conçu autour d’un principe constant depuis 1989 : les partenaires de Ringo deviennent successivement les solistes de leurs propres répertoires, tout en accompagnant les autres. Squier y participe en tant que guitariste et chanteur ; l’assimiler à une première partie extérieure au groupe serait historiquement faux.

Cette formule place côte à côte des œuvres qui n’appartiennent ni à la même décennie ni à la même esthétique. Le rock FM de Squier croise la pop britannique des Zombies, les chansons de Richard Marx, les pièces instrumentales d’Edgar Winter et les succès de Ringo. L’identité du All-Starr Band se définit moins par un répertoire composé collectivement que par ce compagnonnage scénique. Les arrangements exacts doivent toujours être observés sur des sources de performance, et non déduits des albums originaux.

Everybody Wants You : le rock de 1982 au milieu d’un programme collectif

Présent sur l’album Emotions in Motion, publié en 1982, Everybody Wants You compte parmi les titres les plus reconnaissables de Billy Squier. Son écriture repose sur un riff immédiatement perceptible, une pulsation appuyée et une formule vocale conçue pour une grande salle. C’est l’un des points de contact entre le rock de stade des années 1980 et le principe d’une revue de concerts où chaque membre retrouve son identité sonore.

Dans les programmes documentés de juin et juillet 2006, la chanson intervient tôt, après plusieurs interventions de Ringo. Cette place lui donne une fonction d’ouverture de la succession des solistes. Pour l’histoire précise de sa création et de ses éditions, il faut distinguer la notice de l’œuvre de l’interprétation assurée par la formation de 2006. Le fait qu’un titre soit attribué au chanteur sur une set-list ne donne pas, à lui seul, la liste de tous les instrumentistes ayant joué pendant ce numéro.

Rock Me Tonite : un second âge du succès commercial

Rock Me Tonite paraît en 1984 sur Signs of Life. Deux ans seulement séparent les disques d’origine de Everybody Wants You et Rock Me Tonite, mais leurs destinées critiques ont été distinctes. Présenter ces deux chansons en 2006 est une façon de réunir plusieurs facettes du même artiste sans refaire à l’identique un concert de sa carrière solo.

Les listes de titres des concerts de 2006 placent souvent Rock Me Tonite dans le dernier tiers de la soirée, non dans un rappel individuel. Le numéro prend donc place entre le retour des chansons de Ringo et les interventions tardives de Rod Argent. Cette succession donne du relief aux contrastes de timbres et de décennies. Il serait néanmoins excessif de faire d’une seule set-list un ordre intangible pour vingt-cinq représentations : l’encyclopédie privilégie les dossiers de concerts datés.

Ramblin’ on My Mind : quand Billy Squier devient interprète de Robert Johnson

La présence de Ramblin’ on My Mind exige une précaution d’attribution. Le morceau relève du répertoire de Robert Johnson, figure fondamentale du blues enregistré à la fin des années 1930, et non des compositions originales de Billy Squier. Le fait que Squier en soit le soliste en 2006 n’en fait pas le compositeur ; la fiche doit séparer l’auteur historique, la version de scène et l’éventuelle adaptation de l’arrangement.

Les programmes reconstitués pour des soirées comme Casino Rama le 14 juin, Clarkston le 16 juin ou Universal City le 24 juin présentent cette séquence comme un moment relativement dépouillé, parfois décrit comme un solo de Squier avec la participation d’Edgar Winter. C’est une indication du type de numéro annoncé, pas un inventaire note par note des instruments : chaque participation doit être confirmée par une captation ou un témoignage propre au concert. Le rapprochement entre le blues rural et le rock de Squier constitue ici l’un des aspects les plus intéressants de l’hybridité All-Starr.

Trois chansons, trois statuts documentaires distincts

Everybody Wants You et Rock Me Tonite appartiennent à la discographie propre de Squier ; Ramblin’ on My Mind est une reprise. La première différence est celle de l’auteur de l’œuvre. La deuxième concerne l’interprète du disque initial ; la troisième est celle des interprètes de la version de concert. Les notices de l’encyclopédie ne doivent pas remplacer cette triple attribution par une étiquette vague « chanson de Billy Squier ».

Une liste de chansons ne documente pas non plus une durée, un solo de guitare ou une prise enregistrée. Les éditions live commercialisées peuvent réduire le nombre des morceaux, modifier leur ordre ou omettre une séquence ; leur track-list ne constitue pas automatiquement le programme exhaustif de la soirée source. À l’inverse, une set-list intégrale établie après le concert ne prouve pas que tous les titres aient été publiés. Les deux corpus sont complémentaires.

2006, une année à examiner concert par concert

La tournée débute avec deux dates à Casino Rama les 14 et 15 juin et s’achève au Radio City Music Hall le 20 juillet. Les pages Mohegan Sun du 16 juillet et l’enquête sur les 25 ou 26 dates montrent pourquoi il faut conserver à la fois l’itinéraire de référence et les divergences des inventaires.

Une particularité de 2006 est le conflit entre différents calendriers autour du 20 juin. L’enquête de chronologie doit rester l’article de référence sur cette question ; elle n’est pas résolue par les trois chansons étudiées ici. Chaque notice datée doit préciser, lorsqu’il est connu, si son programme provient d’une bande, d’un document de salle, d’un compte rendu contemporain ou d’une compilation ultérieure. Cette discipline évite de multiplier artificiellement les performances.

Le guitariste dans un orchestre de solistes

Le All-Starr Band de 2006 contient deux pôles de guitares et plusieurs personnalités de claviers, avec une assise rythmique dont Hamish Stuart et Sheila E. participent à la continuité. Il serait réducteur de décrire Squier comme un chanteur venu uniquement faire reconnaître des succès de radio. Son apport est aussi celui d’un guitariste engagé dans l’accompagnement de répertoires historiquement différents du sien.

Ni les crédits d’une session de 1982, ni le personnel d’un album d’Edgar Winter, ni les souvenirs d’une autre tournée ne décrivent mécaniquement la distribution instrumentale du All-Starr Band de 2006. L’analyse musicale des concerts doit identifier les intervenants selon la date, la pièce et la source. C’est précisément ce passage du répertoire à la performance qui transforme un simple récapitulatif de tournée en étude historique.

Repères documentaires et passerelles internes

Les repères de cette étude sont les notices des représentations datées de juin et juillet 2006, les programmes conservés et la discographie de Billy Squier. Les pièces postérieures et les bases de set-lists se confrontent aux concerts plutôt que de se substituer aux témoignages contemporains. Les analyses peuvent évoluer si une captation complète apporte un nouvel élément.

La fiche de la neuvième formation décrit le groupe entier ; la présente page se limite à l’apport artistique et à l’attribution des œuvres de Billy Squier, sans dupliquer les biographies ou le relevé des vingt-cinq concerts. Pour étudier le disque issu de la tournée, voir Mohegan Sun et l’enregistrement publié en 2008.

Pour poursuivre la recherche

Chronologie complète des concerts de 2006 · Portraits des musiciens · Catalogue alphabétique des œuvres · Bibliothèque des études

Le programme précis d’une représentation se consulte sur sa fiche datée : les numéros sont susceptibles de varier d’un concert à l’autre.

Comparer les quatre contributions musicales de 2006

La neuvième formation repose sur une alternance de solistes qui restent aussi des instrumentistes d’accompagnement. Pour comprendre comment le répertoire collectif se construit, lire également les études consacrées à Hamish Stuart · Edgar Winter · Sheila E.. Ces portraits sont complémentaires : aucun ne remplace la fiche du concert daté, seule susceptible d’établir le programme d’une soirée précise.

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