Ringo Starr et His All-Starr Band — étude discographique Extended Versions (2003)

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Yellow-Sub.net · Archéologie discographique · Deuxième album live · 1992–1993

Sommaire

Live from Montreux (1993) : Ringo Starr et son All-Starr Band, 15 pistes et le CD Rykodisc RCD 20264

Le 13 juillet 1992, Ringo Starr et son deuxième All-Starr Band se produisent au Festival de Montreux. La captation connaît plusieurs vies : un concert filmé plus vaste, puis un album live publié en septembre 1993, sous la référence Rykodisc RCD 20264. Entre les deux, quatorze chansons et l’introduction de Quincy Jones deviennent quinze plages de CD. Cette enquête de 30 sections étudie le choix des morceaux, les neuf musiciens, les éditions physiques, les sources et les divergences des catalogues. Elle complète la notice de collection existante et l’étude de la tournée 1992 sans les reproduire.

Repères de recherche : concert à Montreux le 13 juillet 1992 ; album publié en septembre 1993 ; 15 plages dont 1 introduction et 14 chansons ; CD RCD 20264, cassette RAC 0264. Des notices indiquent le 13 ou le 14 septembre 1993, voire le 13 juin 1992 pour l’enregistrement : ces divergences sont analysées, jamais effacées.
Sommaire de l’étude — 30 sections
  1. Montreux 1992, Rykodisc 1993 : un disque qui réclame deux dates
  2. Trois années ont passé : de la première formation à la seconde
  3. Neuf musiciens, huit partenaires et deux générations de batteurs
  4. Time Takes Time : Ringo apporte de nouvelles chansons à la tournée
  5. 13 juillet 1992 : le Festival de Montreux, un lieu et une séance
  6. Quincy Jones ouvre l’album : une introduction qui compte comme piste
  7. Produit par Ringo : une autre répartition des responsabilités
  8. Quinze plages sur le CD, quatorze chansons : la première grande distinction
  9. Le film du concert et le CD : deux montages, deux listes
  10. Le CD et la cassette : les formats attestés de l’édition Rykodisc
  11. 13 ou 14 septembre 1993 : une divergence de catalogue à conserver
  12. RCD 20264, code-barres et intitulés de tranche : identifier le CD
  13. RAC 0264 : pourquoi la cassette mérite une fiche distincte
  14. Cinram et la matrice : des indices de fabrication, pas une nouvelle session
  15. I’m the Greatest : commencer par une chanson de John Lennon
  16. Don’t Go Where the Road Don’t Go : l’album studio rejoint la scène
  17. Yellow Submarine : une mémoire des Beatles assumée et transformée
  18. Desperado et I Can’t Tell You Why : deux histoires des Eagles
  19. Girls Talk : Dave Edmunds et la filiation Elvis Costello
  20. Weight of the World : le présent de 1992 au milieu des classiques
  21. Bang the Drum All Day : Todd Rundgren fait rire la batterie de Ringo
  22. Walking Nerve et Black Maria : deux écoles d’écriture sur un même disque
  23. In the City : Joe Walsh reprend le chemin des Eagles
  24. American Woman : Burton Cummings représente la mémoire canadienne
  25. Boys et With a Little Help from My Friends : le final Beatles sans reformation
  26. Les absents du CD : No Time, Rocky Mountain Way, Wiggle et les autres
  27. De 1990 à 1993 : ce que les deux albums racontent de l’invention All-Starr
  28. Anthology… So Far et les images : les secondes vies de Montreux
  29. Les erreurs d’archive : 13 juin ou 13 juillet, quinze pistes ou quatorze chansons
  30. Les quinze plages documentées et les sources de l’enquête

1. Montreux 1992, Rykodisc 1993 : un disque qui réclame deux dates

Live from Montreux, second album enregistré en concert par Ringo Starr and His All-Starr Band, porte en lui deux temporalités. Celle de la musique, d’abord : le 13 juillet 1992, un groupe de neuf personnalités joue au Festival de jazz de Montreux, en Suisse, devant les caméras et les micros. Celle de l’édition, ensuite : la sélection discographique paraît sous étiquette Rykodisc en septembre 1993. L’historien qui écrirait « tournée de 1993 » en observant seulement la jaquette confondrait l’année du support avec celle de la performance. Une erreur apparemment légère qui déplacerait tout un groupe dans une chronologie fictive.

Ce deuxième volume n’est pas une suite au sens habituel d’un album studio. La formation de 1989, entendue dans le premier disque paru en 1990, a changé. Les choix de répertoire également. Ringo revisite ses chansons de toujours, mais présente aussi des titres issus de Time Takes Time, album de studio sorti quelques semaines avant le concert suisse. Autour de lui, Joe Walsh et Nils Lofgren sont restés ; six autres invités ont renouvelé la palette. Le document raconte donc autant la transformation du All-Starr Band que la soirée de Montreux. Notre enquête suit les quinze plages publiées et les éditions matérielles sans transformer le CD en concert intégral.

2. Trois années ont passé : de la première formation à la seconde

Entre le premier All-Starr Band de 1989 et la tournée de 1992, la formule a conservé son principe sans figer ses participants. Ce renouvellement est la clé de l’histoire. Un orchestre ordinaire cherche à stabiliser son personnel et à affiner progressivement un son commun. Chez Ringo, la nouveauté vient au contraire de l’arrivée de musiciens capables de chanter leurs propres succès. Le spectacle reste reconnaissable grâce à son maître de cérémonie, mais la cartographie du rock qu’il propose se redessine à chaque génération.

Joe Walsh et Nils Lofgren garantissent une certaine continuité avec la première tournée. Tous deux apportent leurs guitares et leurs voix, ainsi qu’une expérience du partage scénique. En revanche, les nouveaux venus introduisent le rock britannique de Dave Edmunds, la pop inventive de Todd Rundgren, le répertoire canadien de Burton Cummings, l’histoire des Eagles et de Poco de Timothy B. Schmit, l’énergie saxophonique de Tim Cappello et la batterie de Zak Starkey. Ce dernier élément possède évidemment une résonance familiale : le fils de Ringo joue avec son père. Mais la composition ne se réduit pas à ce symbole. La deuxième formation du All-Starr Band constitue un autre ensemble artistique, suffisamment distinct pour mériter son album et son étude propres.

3. Neuf musiciens, huit partenaires et deux générations de batteurs

La liste du disque et les documents de tournée associent Ringo Starr au chant et à la batterie ; Joe Walsh et Nils Lofgren aux guitares et au chant ; Todd Rundgren et Dave Edmunds aux guitares, au chant et, selon les concerts, à d’autres instruments ; Timothy B. Schmit à la basse et au chant ; Burton Cummings aux claviers et au chant ; Tim Cappello au saxophone et à d’autres interventions scéniques ; enfin Zak Starkey à la batterie. L’effectif est donc de neuf artistes, Ringo compris. Dire « huit All-Starrs autour de Ringo » est un autre comptage du même groupe, non une contradiction.

La présence de Zak aux fûts est l’un des changements majeurs par rapport à la première formation. Elle permet à Ringo de reprendre le rôle de chanteur à l’avant-scène pendant que son fils contribue au socle rythmique. Les archives de personnel attestent une participation au groupe, mais n’autorisent pas à déduire quel musicien frappe chaque coup de caisse claire sur chacune des quinze plages. Le crédit général de batterie est une pièce documentaire ; l’analyse instrumentale détaillée exigerait les pistes séparées, les images synchronisées ou une étude d’écoute plus poussée. Ce distinguo est aussi la meilleure manière de rendre justice aux musiciens, sans leur attribuer des interventions imaginaires.

4. Time Takes Time : Ringo apporte de nouvelles chansons à la tournée

Le calendrier de 1992 ne se construit pas uniquement autour de souvenirs. Ringo vient de publier Time Takes Time, son premier album studio de chansons inédites depuis la période de Old Wave. Dans le spectacle, ce disque récent fournit au moins deux titres importants : « Don’t Go Where the Road Don’t Go » et « Weight of the World ». Leur présence sur Live from Montreux est un fait musical et commercial. Elle permet de présenter Ringo comme un artiste contemporain de la tournée, pas simplement comme un ancien Beatle alignant ses plus grands succès.

Le choix est audacieux à petite échelle. L’album live doit intéresser un public qui connaît « Yellow Submarine », « Boys » ou « With a Little Help from My Friends », mais il doit aussi donner une raison d’écouter la carrière solo telle qu’elle se poursuit en 1992. Deux titres récents au milieu d’un programme dominé par les classiques constituent un compromis cohérent. L’historien y entend une tension fertile entre héritage et actualité. Ce second All-Starr Band n’est ni une tournée promotionnelle de Time Takes Time au sens strict ni une exposition figée du catalogue Beatles : c’est une scène commune où nouveaux morceaux de Ringo et répertoires de ses invités se rencontrent.

5. 13 juillet 1992 : le Festival de Montreux, un lieu et une séance

Le rendez-vous de Montreux, le lundi 13 juillet 1992, se situe au cœur de la séquence européenne de la tournée, après les concerts allemands et avant la poursuite vers Berlin puis les pays nordiques. Les chronologies du festival évoquent le Montreux Jazz Festival, dont les salles ont porté plusieurs noms et connu diverses configurations. Des fiches de concerts indiquent « Casino de Montreux », tandis que des notices éditoriales utilisent « Montreux Convention Centre ». Il faut donc éviter de présenter ces appellations comme deux prestations différentes sans document établissant un changement de salle.

Le festival constitue une vitrine idéale pour le concept All-Starr. Montreux a accueilli des musiciens de jazz, de soul et de rock ; son identité est justement construite sur la circulation entre genres. Le groupe de Ringo fonctionne selon une logique comparable, à une autre échelle : un chanteur prend le relais d’un autre et tous partagent un orchestre. La captation permet de fixer une soirée qui, autrement, serait restée dans les souvenirs des spectateurs et dans quelques programmes imprimés. Le premier devoir de cette discographie est simple : l’enregistrement appartient au 13 juillet 1992, quelle que soit la date de sa commercialisation ultérieure.

6. Quincy Jones ouvre l’album : une introduction qui compte comme piste

Le CD commence par « The Really ‘Serious’ Introduction », intervention parlée associée à Quincy Jones et Ringo Starr. Ce choix est historiquement éclairant. Jones, figure majeure de l’univers musical de Montreux, n’entre pas ici dans la liste des huit musiciens permanents du deuxième All-Starr Band. Sa participation relève de la présentation de la soirée. Pourtant, l’éditeur décide de l’inscrire au disque comme une plage autonome. Voilà pourquoi l’album possède quinze pistes tout en donnant à entendre quatorze chansons : le premier index est un discours.

Il ne s’agit pas d’un détail bureaucratique. Dans un album live, l’annonce du concert joue un rôle de seuil : elle transporte l’auditeur dans la salle, situe le spectacle et rappelle qu’il existe un public. Sans elle, la première chanson commencerait presque comme un enregistrement de studio. Sa présence prépare l’entrée de Ringo et donne au disque une identité d’événement. Le collectionneur doit donc la compter dans la table des matières tout en la distinguant clairement des œuvres chantées. C’est aussi une précaution utile lorsque deux catalogues ne s’accordent pas sur le nombre de « morceaux » de Live from Montreux.

7. Produit par Ringo : une autre répartition des responsabilités

Les crédits du second album indiquent Ringo Starr comme producteur. La mention contraste avec le premier live du groupe, dont la production était attribuée à Joe Walsh et Jim Nipar. Il ne serait pas sérieux d’en conclure que Ringo a personnellement effectué chaque choix technique, chaque montage ou chaque égalisation du disque de 1993 : un crédit de production décrit une responsabilité artistique globale, pas nécessairement le détail de la chaîne de fabrication. Il témoigne néanmoins d’une place assumée dans l’édition du spectacle.

La couverture est elle aussi un document à examiner. Les notices spécialisées mentionnent des photographies de Katanzaro & Mahdessian et de Henry Diltz. Ces noms relient l’objet à des pratiques photographiques professionnelles, mais ils ne remplacent pas l’examen de l’exemplaire physique pour savoir quelle image précise appartient à quel photographe. Dans une discographie critique, la pochette doit être traitée comme un assemblage de crédits, d’illustrations et d’informations matérielles. L’album présente un concert filmé en 1992 ; son édition par Rykodisc en 1993 met en forme cette mémoire. Entre la scène et la pochette, il y a un véritable travail éditorial qu’il convient de documenter.

8. Quinze plages sur le CD, quatorze chansons : la première grande distinction

La liste standard de RCD 20264 comprend quinze entrées : une introduction parlée, puis quatorze numéros musicaux. Plusieurs récapitulatifs évoquent « quatorze titres » en se concentrant sur les chansons ; d’autres indiquent quinze pistes conformément à l’index du disque. Les deux formulations peuvent donc être justes si l’on précise leur unité de mesure. C’est exactement le même principe qui s’applique aux medleys, aux rappels ou aux présentations enregistrées dans les autres volumes de la discographie All-Starr.

Le cœur musical est réparti entre Ringo Starr et ses invités, avec une particularité : tous les artistes de la formation ne disposent pas nécessairement d’un numéro solo sur le CD. Tim Cappello joue dans l’orchestre, mais sa pièce « Wiggle » n’est pas retenue dans cette édition audio ; Zak Starkey reste avant tout batteur, pas soliste vocal. L’enregistrement ne peut donc pas se lire comme une photographie statistique des temps de parole de chacun au concert complet. Il expose une sélection commerciale, pas la totalité des possibilités de la formation. Cette distinction est essentielle avant d’entrer dans les chansons elles-mêmes.

9. Le film du concert et le CD : deux montages, deux listes

Une édition vidéo de Montreux, notamment le LaserDisc japonais Videoarts Music VALZ-2104, documente un programme beaucoup plus long, organisé en vingt-cinq chapitres dont une introduction. On y retrouve, en plus de plusieurs chansons du CD, des titres comme « No No Song », « No Time », « Rocky Mountain Way », « Shine Silently », « One World », « Keep On Tryin’ », « Wiggle », « I Hear You Knocking », « Photograph » et « Act Naturally ». À l’inverse, « Desperado » apparaît sur le CD mais ne figure pas dans la table de chapitres du LaserDisc citée par les collectionneurs.

Ces différences empêchent de raconter la captation comme si un disque était simplement la bande sonore inchangée de la vidéo. Même lorsque les supports renvoient à une même soirée, ils peuvent posséder des programmes éditoriaux distincts. Une VHS américaine et un LaserDisc japonais peuvent aussi présenter des minutages, des normes vidéo et des chapitrages qui ne se déduisent pas de la pochette du CD. Notre dossier conserve donc les trois niveaux : le concert du 13 juillet, le montage vidéo et l’album audio de 1993. Chacun répond à une question historique différente.

10. Le CD et la cassette : les formats attestés de l’édition Rykodisc

Les deux références physiques les plus solidement identifiables sont le CD Rykodisc RCD 20264 et la cassette RAC 0264. Elles désignent deux supports et non deux programmes de concert distincts. La cassette répartit les morceaux en faces, alors que le CD les déroule sous forme d’index numériques ; les éléments d’emballage et les possibilités de consultation diffèrent. L’existence d’une jaquette « Live from Montreux » ne suffit pas, à elle seule, à renseigner le contenu d’une réédition nationale inconnue.

Contrairement au premier album de 1990, dont un vinyle américain numéroté est précisément documenté, le second volume n’exige pas que l’on invente un LP de 1993 pour remplir une grille bibliographique. Si un exemplaire vinyle authentifié devait être identifié, il faudrait naturellement l’ajouter avec sa référence et ses éléments matériels. Dans l’état des sources comparées ici, le couple CD/cassette constitue le socle sûr. La bonne méthode est de partir des exemplaires attestés et de résister à la tentation de compléter artificiellement les familles de supports. Pour un site encyclopédique, une case « non documenté » vaut mieux qu’une affirmation séduisante mais impossible à vérifier.

11. 13 ou 14 septembre 1993 : une divergence de catalogue à conserver

La parution de Live from Montreux est généralement située au 14 septembre 1993. C’est la date donnée par plusieurs discographies spécialisées et par la chronologie de The Beatles Bible. Pourtant, la base MusicBrainz rattache à une entrée britannique du CD RCD 20264 le 13 septembre 1993. L’écart d’une journée ne change pas la nature de l’album, mais il montre pourquoi les informations discographiques doivent conserver le territoire, la référence et la provenance du renseignement.

Il serait tentant de choisir une date, puis de faire disparaître silencieusement l’autre. Nous retenons plutôt le 14 septembre comme date de publication largement reprise, tout en signalant l’entrée du 13 septembre dans la base bibliographique. Une fiche d’époque de distributeur britannique ou un exemplaire accompagné d’un document de lancement pourrait aider à préciser cette différence. Il faut surtout éviter de confondre ce désaccord avec l’année du concert, clairement établie à 1992. Les deux dates de septembre appartiennent à la vie commerciale du disque ; ni l’une ni l’autre ne désigne une nouvelle apparition du groupe sur scène. Cette distinction protège la chronologie des tournées de Yellow-Sub.net.

12. RCD 20264, code-barres et intitulés de tranche : identifier le CD

Le disque compact porte le numéro RCD 20264, qui figure dans les catalogues Rykodisc et les relevés d’exemplaires. La fiche MusicBrainz associe à une édition le code-barres 014431026423. Certains inventaires de pressages ajoutent des informations de tranche et de dos de boîtier : le nom de l’album peut être abrégé en Volume 2 alors que la face avant privilégie Live from Montreux. Il ne faut pas déduire de ces variations graphiques qu’il existe deux œuvres différentes.

Le collectionneur averti sait que l’intitulé commercial n’est jamais tout à fait une clé d’identification suffisante. Un boîtier peut être remplacé, un livret circuler séparément, un distributeur ajouter une étiquette nationale. Pour cataloguer l’édition, il faut photographier le recto, le verso, la tranche et le disque lui-même, puis comparer les mentions de copyright et les références. Le CD RCD 20264 constitue la référence centrale de l’œuvre de 1993, mais chaque exemplaire possède sa matérialité. En écrivant un article discographique, on ne peut pas attribuer à tous les CD les caractéristiques d’une seule pièce de collection.

13. RAC 0264 : pourquoi la cassette mérite une fiche distincte

La référence RAC 0264 identifie la cassette publiée pour le même album. Dans l’histoire du disque au début des années 1990, ce format peut sembler secondaire face au CD. Il demeure pourtant essentiel pour comprendre la distribution d’une œuvre dans plusieurs habitudes d’écoute. La cassette s’adresse aussi à un public d’autoradios et de baladeurs, et sa présentation impose une séparation entre les faces A et B que la lecture du CD efface presque complètement.

Le document disponible ne suffit pas à affirmer que toutes les cassettes commercialisées dans chaque pays possèdent une jaquette identique, une bande magnétique provenant de la même usine ou un minutage strictement superposable à celui du CD. Ce genre de détail se vérifie physiquement. En revanche, le numéro de catalogue et l’existence du support sont des données solides. Rykodisc ne publie donc pas seulement un souvenir sonore de Montreux : il le rend disponible dans plusieurs formes matérielles. L’encyclopédie doit leur donner une place juste, sans tomber dans la multiplication artificielle des pressages. La discographie du All-Starr Band gagne en précision lorsque chaque support attesté reçoit sa propre identité et ses limites documentaires.

14. Cinram et la matrice : des indices de fabrication, pas une nouvelle session

Des relevés détaillés d’un exemplaire Rykodisc donnent une inscription de disque du type « RCD-20264 MFG BY CINRAM #930811K ». C’est une information potentiellement précieuse pour dater ou distinguer un pressage, à condition de l’attribuer à l’exemplaire qui la porte. La matrice désigne un élément de fabrication du CD ; elle ne renvoie pas au lieu de la captation musicale, ni au studio où les chansons auraient été jouées. Elle ne permet pas non plus, sans documentation industrielle complémentaire, de reconstituer la journée précise où un disque commercial a quitté une chaîne de production.

Une inscription peut être recopiée dans plusieurs bases et finir par donner l’illusion d’un renseignement universel. Or il suffit qu’un second tirage ait été fabriqué ailleurs pour que les données matérielles ne se confondent plus. Notre étude rapporte cette matrice comme caractéristique documentée d’une édition recensée, pas comme propriété nécessaire de tous les CD. De même, la mention « 1993 » sur le disque indique l’année de publication et de droits, non la date des concerts. Cette partie technique de l’enquête prolonge une idée simple : pour les All-Starr Bands, le temps de la scène, celui de la production et celui de la fabrication doivent rester séparés.

15. I’m the Greatest : commencer par une chanson de John Lennon

Après l’introduction parlée, l’album s’ouvre musicalement sur « I’m the Greatest », composition de John Lennon enregistrée par Ringo au début des années 1970. Ce choix crée immédiatement un lien avec l’histoire des Beatles sans demander au public de croire à une reformation. Lennon n’est pas sur la scène de Montreux en 1992 ; il est présent dans la généalogie de la chanson, dans sa signature et dans la mémoire des collaborations anciennes. L’œuvre appartient à la discographie solo de Ringo, mais elle transporte la voix d’un autre Beatle dans le titre de l’auteur.

Son humour autorise en outre une ouverture à la fois triomphale et légèrement ironique. Ringo affirme sa place devant une salle de festival qui connaît la légende mais découvre peut-être le concept All-Starr. En 1990, son premier disque live commençait avec « It Don’t Come Easy » ; trois ans plus tard, la porte d’entrée a changé. Ce contraste en dit beaucoup sur l’évolution du répertoire. La deuxième formation n’est pas simplement chargée de répéter les morceaux qui avaient bien fonctionné à Los Angeles. Elle accompagne un autre programme, plus attentif aux titres de Time Takes Time et à une distribution renouvelée des succès invités.

16. Don’t Go Where the Road Don’t Go : l’album studio rejoint la scène

La troisième plage du CD, « Don’t Go Where the Road Don’t Go », rappelle que Ringo possède un album studio récent. Composée avec Johnny Warman et Gary Grainger, la chanson figure sur Time Takes Time, publié en 1992. Dans un spectacle où les invités interprètent tour à tour des titres célèbres, elle pourrait passer pour un pari : le public doit accueillir un morceau qui n’appartient pas encore à la mémoire collective des années 1960 ou 1970. C’est précisément son intérêt historique.

Le passage de la version de studio au concert permet d’entendre un nouveau personnel au service d’un titre contemporain. Il ne faut pas inventer les détails de chaque arrangement sans disposer d’une transcription ou d’une écoute comparative vérifiée ; l’identité des musiciens de scène suffit déjà à marquer la différence de contexte. La chanson devient un élément de l’histoire du All-Starr Band plutôt que la simple répétition d’un enregistrement commercial. En la retenant pour le disque de 1993, Ringo lui offre une seconde existence. Le message est clair : la tournée célèbre une carrière, mais n’interdit pas la création récente. Cette place accordée à l’œuvre de 1992 distingue nettement le deuxième live de son prédécesseur.

17. Yellow Submarine : une mémoire des Beatles assumée et transformée

« Yellow Submarine », quatrième plage, est l’une des signatures les plus immédiates de Ringo Starr. L’ancien Beatle reprend un titre écrit par Lennon et McCartney pour sa voix, mais le groupe qui l’accompagne à Montreux est celui de 1992 : des musiciens venus d’autres histoires du rock. Cette superposition est au cœur du projet. Le public n’assiste pas à une imitation des Beatles ; il entend Ringo jouer avec des partenaires qu’il a choisis pour leurs qualités et leurs propres succès.

La chanson possède un autre avantage scénique : elle invite naturellement l’auditoire à participer. L’album conserve donc un symbole de communion, au milieu d’un programme qui s’adresse également aux amateurs des Eagles, de Todd Rundgren ou des Guess Who. Il serait néanmoins excessif de reconstituer les réactions précises de la salle à partir de la seule présence de la chanson dans la liste des pistes. La captation et la vidéo peuvent documenter ces moments, mais elles doivent être consultées comme telles. Ce qui est sûr, c’est que « Yellow Submarine » contribue à maintenir la continuité de Ringo dans une formation presque entièrement renouvelée depuis 1989.

18. Desperado et I Can’t Tell You Why : deux histoires des Eagles

La cinquième et la sixième plages mettent côte à côte deux sensibilités associées aux Eagles. Joe Walsh chante « Desperado », œuvre de Don Henley et Glenn Frey, tandis que Timothy B. Schmit prend le relais sur « I Can’t Tell You Why », titre lié à son arrivée dans le groupe californien et cosigné avec Henley et Frey. L’une a la forme d’une ballade devenue classique ; l’autre offre un autre usage de la douceur et de la retenue. Deux membres du All-Starr Band peuvent donc évoquer une même constellation musicale sans reproduire un numéro de groupe.

Cette juxtaposition met aussi en évidence les choix de montage. « Desperado » est présent sur le CD mais absent du chapitrage du LaserDisc japonais consulté, alors que la vidéo conserve de nombreux morceaux retranchés de l’album audio. Ce cas suffit à interdire l’idée d’une simple bande sonore raccourcie de manière linéaire. Le producteur a choisi un ordre et un répertoire adaptés au disque. Le geste a des conséquences : pour un auditeur qui ne possède que RCD 20264, la présence de deux chansons des Eagles devient l’un des traits dominants de cette formation, alors qu’une vision intégrale de la soirée donnerait une distribution différente des prises de parole.

19. Girls Talk : Dave Edmunds et la filiation Elvis Costello

Avec « Girls Talk », Dave Edmunds apporte sa manière de faire sonner le rock britannique : précise, nerveuse, nourrie d’un amour profond pour les formes américaines classiques. La chanson a été écrite par Elvis Costello et demeure associée à Edmunds par son enregistrement de la fin des années 1970. L’interpréter au sein du All-Starr Band revient à glisser une autre génération d’auteurs dans le programme, celle qui a renouvelé le rock et la pop à la fin de cette décennie.

Le titre prend place après les deux interventions liées aux Eagles. Le contraste est volontairement vivant : on quitte les ballades californiennes pour une énergie plus serrée. Le All-Starr Band devient le lieu où une histoire de la musique populaire se recompose sans chapitre académique préalable. Dave Edmunds n’a pas besoin de raconter son curriculum vitae ; quelques minutes de chant et de guitare suffisent à rappeler son univers. Il reste pourtant nécessaire de distinguer l’auteur de la chanson de son interprète sur la scène de Montreux. Cette différence, élémentaire en apparence, est l’une des raisons pour lesquelles une discographie de reprises doit toujours vérifier les crédits au lieu de recopier le nom du chanteur dans la colonne « compositeur ».

20. Weight of the World : le présent de 1992 au milieu des classiques

« Weight of the World » revient à Ringo Starr et à son disque Time Takes Time. Le titre, écrit par Brian O’Doherty et Fred Velez selon certains relevés discographiques — attribution à confronter aux crédits de l’édition originale — permet de sortir à nouveau de la seule nostalgie. Il ne faut pas confondre cette chanson avec les compositions plus anciennes de Ringo ni avec « The Weight », que Levon Helm interprétait sur le premier album live de 1990. La proximité des titres peut tromper un lecteur distrait ; les œuvres et leurs auteurs sont différents.

Musicalement, la pièce a une fonction structurante : elle ramène Ringo au centre du programme après les invités. La tension entre ses morceaux nouveaux et les grands succès des autres artistes donne au second All-Starr Band son caractère propre. On pourrait imaginer un public venu exclusivement pour entendre « Yellow Submarine » et découvrant ici la capacité de Ringo à poursuivre sa carrière de chanteur solo. Le disque enregistre ce dialogue entre mémoire et actualité. Dans une collection discographique, « Weight of the World » doit être répertorié comme une interprétation live d’une chanson de 1992, et non comme un morceau de The Band ou une variation autour d’un ancien titre Beatles.

21. Bang the Drum All Day : Todd Rundgren fait rire la batterie de Ringo

Quand Todd Rundgren chante « Bang the Drum All Day », il apporte au All-Starr Band une chanson qui semble avoir été écrite pour son chef d’orchestre. Le refrain célèbre le plaisir obstiné de jouer de la batterie plutôt que de se soumettre aux obligations ordinaires. Le morceau appartient pourtant au catalogue personnel de Rundgren et précède sa participation à la tournée de 1992. Le présenter comme une composition spécialement destinée à Ringo serait une jolie histoire, mais fausse. La rencontre est plus intéressante parce qu’elle est fortuite : une œuvre existante prend une couleur nouvelle dans un groupe dirigé par l’un des batteurs les plus célèbres du siècle.

La piste apparaît à la neuvième place dans l’album. Certains relevés de la jaquette donnent « Bang On The Drum » au lieu de la forme courante du titre. L’historien doit signaler cette variante graphique sans supposer une chanson différente. Rundgren occupe ici une place double : chanteur et multi-instrumentiste, il participe au fonctionnement du collectif puis devient soliste pendant son numéro. Ce mouvement résume ce que Ringo attend des All-Starrs : chacun arrive avec une œuvre identifiable, mais accepte de la faire vivre dans un ensemble étranger à son groupe d’origine. Montreux 1992 en conserve une version officielle qui ne remplace pas l’enregistrement de studio.

22. Walking Nerve et Black Maria : deux écoles d’écriture sur un même disque

La dixième piste, « Walking Nerve », rend le micro à Nils Lofgren. Le guitariste, déjà présent dans la formation de 1989, sert ici de trait d’union humain entre les deux albums live. Son titre rappelle qu’il possède une œuvre de chanteur et de compositeur, souvent moins familière que son statut d’accompagnateur de Neil Young ou de Bruce Springsteen. Le fait de le laisser interpréter une chanson personnelle confirme que les All-Starrs ne se définissent pas seulement par les groupes prestigieux auxquels ils ont participé.

La onzième plage, « Black Maria », revient à Todd Rundgren. Ce changement de chanteur et de registre souligne la souplesse du programme. Après « Bang the Drum All Day », pièce plus immédiatement festive, Rundgren expose un autre côté de son répertoire. Le disque lui accorde ainsi deux numéros, ce qui signifie que la règle « une chanson par invité » n’a jamais été absolue. Le montage sélectionne ce qu’il juge utile à la cohérence de l’album. Nils Lofgren et Todd Rundgren représentent deux manières différentes d’écrire et de jouer de la guitare, réunies au même endroit par l’initiative de Ringo. L’enregistrement devient une anthologie musicale vivante plutôt qu’une simple compilation de tubes.

23. In the City : Joe Walsh reprend le chemin des Eagles

« In the City », douzième plage, fait revenir Joe Walsh. Le morceau, cosigné avec Barry De Vorzon, appartient au répertoire de la fin des années 1970 et a circulé aussi dans l’univers des Eagles. Contrairement au premier live, qui retenait « Life in the Fast Lane », Montreux 1992 présente une autre facette du guitariste. Le choix montre que la continuité des musiciens ne garantit pas une répétition du même programme. Walsh retrouve Ringo, mais son répertoire est retravaillé à l’échelle de la seconde formation.

Le contraste avec « Desperado », qu’il interprète également sur cet album, est instructif. L’un des titres tire vers la ballade, l’autre vers le rock plus affirmé. Deux chansons confiées au même invité peuvent donc jouer des rôles très différents dans l’économie d’un concert. La logique du All-Starr Band tient justement dans cette circulation de styles. À Montreux, Walsh n’est pas seulement un nom prestigieux : il participe à la variété du disque et donne une cohérence à certains contrastes. Le document audio permet d’enregistrer cette présence ; les crédits ne suffisent pas, en revanche, à établir l’origine de chaque effet sonore sans analyse supplémentaire des pistes.

24. American Woman : Burton Cummings représente la mémoire canadienne

La treizième plage, « American Woman », est confiée à Burton Cummings, chanteur historique des Guess Who. La chanson est associée au grand succès du groupe canadien en 1970, avec une écriture collective généralement créditée à Randy Bachman, Burton Cummings, Jim Kale et Garry Peterson. En 1992, Cummings ne cherche pas simplement à retrouver le son d’un disque ancien : il reprend une œuvre emblématique au sein d’un groupe qui réunit plusieurs traditions musicales. Les guitares de Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren et Dave Edmunds appartiennent à des histoires différentes, et c’est cette confrontation qui donne à la version de Montreux son contexte.

Le choix témoigne également du poids du Canada dans l’histoire de la tournée de Ringo. Les All-Starr Bands ont accueilli plusieurs musiciens canadiens, et leurs répertoires dessinent un itinéraire qui dépasse les États-Unis et l’Angleterre. « American Woman » devient ainsi un moment symbolique : une chanson canadienne célèbre, chantée en Suisse par un ensemble conduit par un ancien Beatle. Il n’est pas nécessaire d’ajouter des interprétations politiques qui ne seraient pas documentées pour mesurer la portée de ce déplacement. Le disque fixe un croisement de carrières et de géographies qui résume l’esprit du projet.

25. Boys et With a Little Help from My Friends : le final Beatles sans reformation

Les deux dernières chansons du CD rendent Ringo à sa propre histoire. « Boys », morceau associé aux Shirelles avant la version des Beatles de 1963, rappelle la place de Ringo comme chanteur occasionnel du groupe. « With a Little Help from My Friends », composée par Lennon et McCartney et publiée sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, donne au concert son dénouement collectif. Ce final est presque un manifeste : Ringo se présente avec ses amis musiciens, puis termine sur une chanson qui célèbre précisément l’aide reçue des autres.

Il serait pourtant erroné d’écrire que les Beatles jouent à Montreux. John Lennon est mort depuis 1980 ; Paul McCartney et George Harrison ne font pas partie de la formation de cette soirée. Leurs signatures demeurent attachées aux œuvres, mais les interprètes sont Ringo et les All-Starrs de 1992. Voilà une séparation fondamentale entre auteurs, interprètes historiques et musiciens présents. Elle permet d’entendre le sens de cette conclusion sans transformer l’événement en fiction nostalgique. Les longues minutes du dernier titre invitent au partage ; le disque les conserve comme une preuve de la capacité de Ringo à réunir plusieurs individualités autour d’un souvenir des Beatles réinventé par la scène.

26. Les absents du CD : No Time, Rocky Mountain Way, Wiggle et les autres

La sélection de quinze plages laisse de côté une partie substantielle du concert. Les éditions vidéo et les relevés de programme font apparaître des chansons telles que « No Time » de Burton Cummings, « Rocky Mountain Way » de Joe Walsh, « Shine Silently » de Nils Lofgren, « One World » de Todd Rundgren, « Keep On Tryin’ » de Timothy B. Schmit, « Wiggle » de Tim Cappello, « I Hear You Knocking » de Dave Edmunds, ainsi que plusieurs classiques de Ringo dont « Photograph » et « Act Naturally ». Ce sont des pièces nécessaires à la compréhension de l’événement, même lorsqu’elles ne figurent pas sur le CD.

Leur absence ne signifie ni qu’elles ont été annulées, ni que les musiciens ont refusé de les jouer. Elle signifie simplement que l’album commercial ne les a pas retenues. D’une édition vidéo à l’autre, les listes et les minutages peuvent encore différer. C’est pourquoi nous ne transformons pas les vingt-cinq chapitres du LaserDisc en « vingt-cinq chansons » sans vérifier qu’une introduction y est incluse. Le chiffre de quatorze chansons retenues sur le disque et l’ampleur du concert filmé suffisent à établir un fait historique : Live from Montreux est un montage sélectif, non un document sonore intégral.

27. De 1990 à 1993 : ce que les deux albums racontent de l’invention All-Starr

Comparer les deux premiers albums live est une excellente manière de comprendre la carrière scénique de Ringo après les Beatles. Le disque de 1990 rassemble douze chansons de la première formation, enregistrées au Greek Theatre en septembre 1989, avec Joe Walsh, Dr. John, Billy Preston, Levon Helm, Rick Danko, Nils Lofgren, Clarence Clemons et Jim Keltner. Celui de 1993 s’appuie sur le concert de Montreux du 13 juillet 1992 : quinze plages dont une introduction parlée, d’autres invités, de nouvelles chansons de Ringo et une autre géographie.

On voit alors se dessiner une discographie fondée non sur la continuité d’une équipe, mais sur celle d’une méthode. Ringo reste au centre ; ses partenaires changent ; chacun reçoit un espace pour son propre répertoire. Les éditions commerciales fixent ensuite une fraction de ces spectacles. Le premier album présente la formule ; le second prouve qu’elle peut survivre à un changement massif de personnel et de catalogue. Cette capacité de renouvellement explique la longévité de l’All-Starr Band. Les collectionneurs possèdent ainsi deux objets très différents, reliés par une idée forte : le spectacle collectif de rock comme lieu où les histoires individuelles peuvent se rencontrer.

28. Anthology… So Far et les images : les secondes vies de Montreux

Le matériel de Montreux ne cesse pas d’exister après la sortie de septembre 1993. Plusieurs pistes sont reprises plus tard dans la compilation The Anthology… So Far, qui rassemble des performances des premières formations du All-Starr Band. The Beatles Bible indique que douze enregistrements du disque de Montreux y réapparaissent. Il importe de distinguer ce recyclage discographique de la date d’enregistrement : un titre issu du 13 juillet 1992 reste une prise de 1992, même s’il est découvert par un auditeur dans un coffret publié autour de 2000–2001.

Parallèlement, les éditions vidéo prolongent la soirée selon une autre logique. Le LaserDisc japonais VALZ-2104 et la VHS américaine associée au programme de Montreux sont des objets audiovisuels qui offrent un champ de comparaison précieux. Une séquence filmée peut montrer un instrumentiste absent du crédit détaillé du CD, préciser l’ordre des morceaux ou documenter une présentation au public. Mais l’image ne doit pas être traitée comme infaillible : cadrage, montage et éventuelles coupes créent eux aussi une sélection. Cette seconde vie des enregistrements fait de Montreux un cas exemplaire pour les amateurs d’archives : le même soir existe comme concert, album, vidéo et compilation.

29. Les erreurs d’archive : 13 juin ou 13 juillet, quinze pistes ou quatorze chansons

Un dossier d’archéologie musicale vaut aussi par les contradictions qu’il met au jour. Certaines fiches d’édition, y compris des relevés de disques, mentionnent par erreur le 13 juin 1992 pour l’enregistrement de Montreux. La chronologie de la tournée, la documentation discographique et les fiches de concert consultées convergent vers le 13 juillet 1992. Il faut donc noter l’erreur possible, la recouper et refuser de créer un concert supplémentaire un mois plus tôt. Une autre hésitation porte sur la publication : septembre 1993 fait consensus, mais les bases indiquent tantôt le 13, tantôt le 14 septembre pour certaines éditions.

Le même exercice s’applique aux quantités. Quinze pistes sur le CD ne veulent pas dire quinze chansons puisque l’introduction de Quincy Jones occupe le premier index. Le programme vidéo, lui, possède un autre nombre de chapitres et une autre sélection. Les durées individuelles varient légèrement ou beaucoup selon les discographies ; la valeur proche de 65 minutes et 13 secondes représente une durée de référence du CD, pas une mesure universelle de chaque support. Notre méthode est simple : citer les documents, établir ce qu’ils attestent et laisser visibles les zones qui exigent la consultation d’un exemplaire ou d’une source technique supplémentaire.

30. Les quinze plages documentées et les sources de l’enquête

Le tableau ci-dessous donne l’ordre des quinze pistes du CD Rykodisc RCD 20264 avec les chanteurs ou intervenants identifiés. Les temps suivent un relevé détaillé d’édition américaine ; les variantes observées sur d’autres notices sont discutées dans le corps de l’étude. L’entrée 1 est une présentation parlée : le disque compte donc quatorze chansons et une introduction.

N° Plage du CD Voix ou intervention principale Durée répertoriée
1 The Really “Serious” Introduction Quincy Jones et Ringo Starr 2:04
2 I’m the Greatest Ringo Starr 3:28
3 Don’t Go Where the Road Don’t Go Ringo Starr 4:45
4 Yellow Submarine Ringo Starr 4:10
5 Desperado Joe Walsh 2:33
6 I Can’t Tell You Why Timothy B. Schmit 5:14
7 Girls Talk Dave Edmunds 3:35
8 Weight of the World Ringo Starr 4:11
9 Bang the Drum All Day Todd Rundgren 3:40
10 Walking Nerve Nils Lofgren 4:06
11 Black Maria Todd Rundgren 5:27
12 In the City Joe Walsh 4:33
13 American Woman Burton Cummings 6:21
14 Boys Ringo Starr 3:50
15 With a Little Help from My Friends Ringo Starr et ensemble 7:07

Pour un travail de collection, le relevé doit ensuite être confronté au disque effectivement détenu : certaines éditions donnent un index de quelques secondes différent ou abrègent le nom d’un morceau. Le tableau n’invente ni version cachée ni piste absente.

Documents et catalogues comparés

Lire les enquêtes complémentaires de Yellow-Sub.net

Étude de la tournée 1992 · Fiche de collection du CD et de la cassette · Montreux 1992 : le film et ses éditions · Le premier album live de 1990.

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