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Sommaire
Ringo Starr and His All-Starr Band (1990) : les 12 titres du Greek Theatre, EMI, Rykodisc et les éditions rares
Les 3 et 4 septembre 1989, au Greek Theatre de Los Angeles, Ringo Starr et la première formation de son All-Starr Band enregistrent les concerts dont naîtra, en octobre 1990, le premier album live officiel du batteur des Beatles. Douze titres, neuf musiciens, une édition EMI au Royaume-Uni, des éditions Rykodisc aux États-Unis, un vinyle numéroté et un CD bonus : derrière cette parution se cache une petite histoire de la scène, de la production et des objets de collection. Cette étude discographique en 30 sections confronte les catalogues, les crédits et les pressages documentés, sans confondre album publié et intégralité d’un concert.
Sommaire de l’étude — 30 sections
- Un premier album live qui présente un groupe, pas seulement un Beatle
- Avant la scène : de Old Wave à l’été 1989, le retour par le collectif
- Le pari de David Fishof et l’architecture du spectacle
- Neuf personnalités et plusieurs batteries sur une même scène
- Du 23 juillet à Dallas aux derniers soirs de Los Angeles
- 3 et 4 septembre 1989 : deux concerts derrière un seul disque
- Joe Walsh et Jim Nipar : produire l’énergie sans effacer les différences
- Douze plages ne sont pas la setlist intégrale du spectacle
- Cinq chansons pour Ringo, sept prises de parole pour ses invités
- Octobre 1990 : EMI au Royaume-Uni, Rykodisc aux États-Unis
- Rykodisc et le retour du live comme objet discographique
- Le catalogue britannique : EMS 1375, TC EMS 1375 et CZ 353
- Le CD américain RCD 10190 : un témoin conservé en bibliothèque
- Le vinyle Ryko Analogue RALP 0190 : une édition numérotée
- Une édition de luxe avec deux CD : le piège des numéros proches
- Le disque bonus : deux plages connues, deux morceaux hors album
- It Don’t Come Easy : commencer par une déclaration de survie musicale
- The No-No Song : l’humour de Ringo après la rupture avec les excès
- Iko Iko : Dr. John fait entrer La Nouvelle-Orléans au Greek Theatre
- The Weight : Levon Helm apporte avec lui l’histoire du Band
- Shine Silently : Nils Lofgren montre qu’un All-Starr peut surprendre
- Honey Don’t et You’re Sixteen : les deux visages familiers de Ringo
- Quarter to Three : Clarence Clemons ne se limite pas au saxophone
- Raining in My Heart : Rick Danko, une autre mémoire de l’Amérique
- Will It Go Round in Circles : Billy Preston, un lien direct avec l’histoire des Beatles
- Life in the Fast Lane : Joe Walsh, des Eagles à la production du disque
- Photograph : George Harrison présent par l’écriture, Ringo au dernier mot
- 53:59, 54 minutes ou 56:02 : pourquoi les durées ne concordent pas toujours
- Les morceaux absents, Nobody’s Child et l’Anthology : la vie du concert après 1990
- Inventaire des douze pistes et bibliographie critique de l’édition 1990
1. Un premier album live qui présente un groupe, pas seulement un Beatle
Ringo Starr and His All-Starr Band, publié en octobre 1990, ressemble à une carte de visite sonore envoyée après la bataille. Le groupe a déjà terminé sa première grande tournée ; ses musiciens sont rentrés à leurs projets respectifs. Le disque arrive alors pour fixer une idée qui, à l’été 1989, pouvait encore passer pour une fantaisie de producteur : réunir autour d’un ancien Beatle des vedettes suffisamment reconnues pour conduire chacune une partie du spectacle, et leur demander d’accompagner à leur tour leurs camarades. L’album n’est donc pas seulement « Ringo en concert ». C’est la première trace officielle et commercialisée d’une formation collective dont la personnalité dépend du passage de relais.
Douze plages, un peu moins d’une heure si l’on additionne les minutages publiés par Rykodisc, suffisent à exposer le mécanisme. Ringo ouvre et referme le programme ; entre ces deux gestes, il partage la lumière avec Dr. John, Levon Helm, Nils Lofgren, Clarence Clemons, Rick Danko, Billy Preston et Joe Walsh. La pochette doit se lire comme une affiche de festival miniature. Le batteur reste le maître de cérémonie, mais le nom All-Starr Band fait ici une promesse assez littérale. Cette distinction aide à comprendre le disque, puis toutes les captations qui lui succéderont.
2. Avant la scène : de Old Wave à l’été 1989, le retour par le collectif
Au début des années 1980, la discographie solo de Ringo Starr n’offre plus le même élan commercial qu’au lendemain de la séparation des Beatles. Après Old Wave, paru en 1983 dans des conditions de distribution difficiles, l’artiste ralentit la cadence. Ce n’est pas une disparition : il continue d’apparaître à la télévision, d’entretenir ses amitiés musicales et de participer à des projets extérieurs. Mais il n’a plus, à ce moment, la dynamique d’un groupe régulier. La biographie publiée sur son site officiel présente l’initiative de 1989 comme la décision de reprendre la route avec des amis plutôt que de reconstruire immédiatement une carrière autour d’un disque de studio.
Il faut aussi replacer cet épisode dans une période personnelle délicate. Ringo Starr et Barbara Bach entreprennent à la fin de 1988 un traitement contre leur dépendance à l’alcool. L’historien ne doit ni réduire leur histoire à cette épreuve ni transformer la tournée en conte simpliste de rédemption. Le lien de chronologie, lui, est clair : au moment où le musicien cherche à retravailler régulièrement, la scène collective lui offre une structure et un calendrier. En 1990, ce premier album live documente une nouvelle manière de produire de la musique, de retrouver un public et de partager la responsabilité du spectacle.
3. Le pari de David Fishof et l’architecture du spectacle
Le producteur de concerts David Fishof participe à la mise en place du projet, dont le principe s’écarte du modèle ordinaire de la tournée d’un chanteur entouré de musiciens accompagnateurs. Dans le All-Starr Band, chaque invité apporte un morceau de son histoire, parfois un titre qui a marqué les classements avec un autre groupe, parfois une chanson plus personnelle. Le programme entier doit pourtant rester fluide. Il faut donc que les artistes acceptent de passer, en quelques minutes, du rôle de vedette à celui de partenaire de scène. Ce contrat musical tacite ne se résume pas à l’affiche imprimée : il s’entend dans l’alternance des voix et dans la circulation des instruments.
Le premier disque témoigne de cette organisation sans prétendre restituer toute la soirée. On y rencontre le rhythm and blues de Dr. John, la tradition américaine du Band, les guitares de Joe Walsh et de Nils Lofgren, les claviers de Billy Preston et la puissance scénique de Clarence Clemons. L’unité ne vient pas de la couleur d’une seule voix, mais du jeu collectif et de la présence de Ringo. La réussite historique du concept tient à ce paradoxe : l’identité du All-Starr Band de 1989 est particulièrement forte, alors même que le dispositif a été conçu pour changer de membres à chaque nouvelle période.
4. Neuf personnalités et plusieurs batteries sur une même scène
Le crédit du disque énumère Ringo Starr, puis huit All-Starrs invités : Joe Walsh à la guitare et au chant ; Dr. John aux claviers et au chant ; Billy Preston aux claviers et au chant ; Clarence Clemons au saxophone, aux percussions et au chant ; Nils Lofgren à la guitare et au chant ; Levon Helm à la batterie et au chant ; Rick Danko à la basse et au chant ; enfin Jim Keltner à la batterie. Cette composition, que confirme la notice conservée par les archives du Rock and Roll Hall of Fame, explique pourquoi le groupe échappe aux catégories traditionnelles. Des leaders issus de plusieurs univers occupent simultanément le même plateau.
La présence de plusieurs batteurs mérite une attention particulière. Ringo peut quitter le micro pour reprendre les baguettes ; Levon Helm apporte une autre culture rythmique, celle du Band ; Keltner, musicien de studio au toucher reconnu, assure une continuité instrumentale. Attention toutefois à ne pas confondre la liste générale des participants à la tournée avec les preuves piste par piste : le livret d’une édition peut nommer un musicien sans préciser chaque intervention. C’est pourquoi cette étude distingue systématiquement les crédits de personnel, les voix solistes identifiées et l’attribution de tel ou tel passage instrumental, qui exigerait une documentation plus fine.
5. Du 23 juillet à Dallas aux derniers soirs de Los Angeles
Le premier concert de la formule a lieu le 23 juillet 1989 à Dallas. Les représentations se succèdent ensuite au cours de l’été, avec les soirées du Greek Theatre de Los Angeles les 3 et 4 septembre, avant une dernière série de dates japonaises entre fin octobre et début novembre. Le contexte complet, les villes et les incertitudes éventuelles sont détaillés dans la grande étude chronologique de la tournée 1989. Pour l’album, l’essentiel est ailleurs : ce qui commence comme un pari est suffisamment consistant en septembre pour qu’une entreprise discographique puisse tirer un objet durable de la grande étape californienne de l’itinéraire.
Une tournée n’est jamais tout à fait le même concert répété chaque soir. Les présentations, les interventions et la durée des solos varient ; certaines chansons peuvent prendre plus de place que d’autres. Le disque de 1990 devient ainsi un témoignage sélectionné, et non un duplicata des trente-sept concerts du calendrier. La formation enregistrée est celle de l’été 1989, mais les douze plages choisies portent la marque du montage et de la production. Tout l’intérêt de l’archéologie musicale consiste justement à tenir ensemble ces deux réalités : un groupe réel, avec ses soirs de scène, et un album organisé pour l’écoute domestique.
6. 3 et 4 septembre 1989 : deux concerts derrière un seul disque
Les données discographiques concordantes situent l’enregistrement au Greek Theatre, à Los Angeles, les 3 et 4 septembre 1989. C’est un détail capital. Le disque n’est pas présenté comme la bande intégrale d’un soir unique ; il rassemble une sélection issue de deux dates de captation. On aurait tort d’assigner arbitrairement chacune des douze pistes au 3 ou au 4 septembre sans feuille de bandes, annotation technique ou source explicitement vérifiable. Le fait que deux soirées soient mentionnées autorise à parler d’un corpus d’enregistrements, pas à inventer une répartition exacte des titres.
Une fiche du Rock and Roll Hall of Fame, consacrée à l’exemplaire Rykodisc, contient la mention isolée « September 3, 1990 » pour la prise de son. La publication de l’album étant elle-même datée de 1990, et les autres sources donnant 1989, cette ligne doit être traitée comme une anomalie de catalogage, non comme une nouvelle date de concert. Cette prudence n’est pas du pinaillage : une année erronée peut faire apparaître une tournée imaginaire. Les deux concerts du Greek Theatre restent attachés à la première formation de 1989. L’album qui les exploite commercialement est, lui, un objet de 1990.
7. Joe Walsh et Jim Nipar : produire l’énergie sans effacer les différences
Les crédits attribuent la production de l’album à Joe Walsh et Jim Nipar, avec Ringo Starr et David Fishof indiqués comme producteurs exécutifs dans plusieurs relevés de pochette. Cette distribution des responsabilités est révélatrice. Walsh ne se contente pas d’être le guitariste qui interprète un classique des Eagles ; il intervient aussi dans la fabrication du témoignage sonore de cette première aventure. Nipar apporte une compétence de production et de technique nécessaire pour transformer le matériau d’une grande scène en album commercial cohérent.
Il serait exagéré d’en déduire des décisions précises de montage, d’égalisation ou de choix de prises sans disposer des bandes de travail ou de témoignages directs. L’album se prête plutôt à une observation de résultat : les titres conservent des identités très différentes, mais les interventions se suivent comme les étapes d’un spectacle continu. Entre la voix de Dr. John et celle de Billy Preston, entre la guitare incisive de Walsh et le chant terrien de Levon Helm, la production cherche une unité de présence. C’est un document qui rappelle que l’enregistrement live exige des choix artistiques ; le son d’un concert n’apparaît pas tel quel, sans travail, dans le lecteur de disques.
8. Douze plages ne sont pas la setlist intégrale du spectacle
L’édition standard offre douze pistes. Les relevés complets des concerts de 1989 montrent pourtant un spectacle bien plus vaste, où les succès des Beatles, les classiques du rock et les pièces associées à chaque invité s’enchaînaient sur une soirée entière. L’album sélectionne les morceaux qu’il entend présenter au public du disque ; il ne prétend pas en reproduire la succession exhaustive. On remarquera d’ailleurs que certaines chansons très connues de Ringo ou des All-Starrs n’y figurent pas, alors qu’elles appartiennent à la mémoire des concerts de cette première tournée.
Cette absence est une décision de répertoire éditorial et ne prouve rien, à elle seule, sur l’exécution d’une chanson au Greek Theatre. Un fan qui compare un billet, une setlist et le CD doit distinguer trois documents de nature différente. Le billet établit une intention ou une présence à la date considérée ; la setlist, selon sa provenance, documente le programme joué ; le CD établit les prises officiellement publiées. Réciproquement, la présence d’un titre dans le disque ne suffit pas à dire quel soir il a été enregistré. Le dossier conserve donc les douze plages dans leur ordre publié, tout en renvoyant les lecteurs à la chronologie des concerts pour une étude de la scène elle-même.
9. Cinq chansons pour Ringo, sept prises de parole pour ses invités
La répartition des voix est peut-être le chiffre le plus parlant de ce disque : cinq chansons chantées par Ringo Starr et sept chansons confiées aux sept invités solistes. Ringo interprète « It Don’t Come Easy », « The No-No Song », « Honey Don’t », « You’re Sixteen » et « Photograph ». Dr. John, Levon Helm, Nils Lofgren, Clarence Clemons, Rick Danko, Billy Preston et Joe Walsh prennent chacun un titre. Jim Keltner, qui ne se présente pas comme chanteur soliste, complète le collectif en tant que batteur. Cette arithmétique révèle le principe de distribution de l’album : Ringo reste plus présent vocalement que tout autre musicien, mais ses invités détiennent la majorité des plages.
Sur une édition commerciale, cette construction est audacieuse. La valeur de notoriété de l’ancien Beatle pourrait justifier un disque presque entièrement consacré à ses succès. Or il accepte de laisser entendre d’autres catalogues, d’autres timbres et d’autres récits. Le public qui achète le premier live du All-Starr Band entend aussi une histoire abrégée de plusieurs branches du rock américain. Cette variété constitue la matière même de l’enregistrement ; elle prépare une discographie dans laquelle les changements de chanteurs comptent autant que les variations de répertoire de Ringo.
10. Octobre 1990 : EMI au Royaume-Uni, Rykodisc aux États-Unis
L’album paraît au Royaume-Uni le 8 octobre 1990 sous étiquette EMI, puis aux États-Unis le 12 octobre selon les discographies spécialisées, où Rykodisc en assure la publication. L’écart de quatre jours est simple ; les documents le compliquent parfois parce qu’ils rassemblent des notices de CD, de vinyle ou de cassette de territoires différents. Une fiche AllMusic donne même le 8 octobre pour son entrée américaine Rykodisc : c’est la raison pour laquelle il faut toujours rattacher une date au territoire et au support qui lui correspondent, plutôt que de parler d’une « sortie mondiale » sans nuance.
Cette géographie de l’édition a sa signification historique. EMI évoque le passé discographique britannique de l’ex-Beatle, tandis que Rykodisc, jeune label américain célèbre pour son intérêt envers le catalogue patrimonial et les supports numériques, présente le projet au public du CD de la fin des années 1980. Deux réseaux diffusent ainsi un même album. Il n’y a pas deux concerts différents cachés sous ces étiquettes : les douze titres du programme standard demeurent les mêmes. La distinction porte d’abord sur l’objet, ses références de catalogue, son conditionnement et ses informations de parution.
11. Rykodisc et le retour du live comme objet discographique
Le choix de Rykodisc n’est pas seulement une ligne administrative. À une époque où le CD devient un support de référence, le catalogue du label se construit notamment autour d’enregistrements qu’une clientèle de passionnés souhaite conserver, comparer et réécouter. L’existence d’une édition classique, d’un vinyle de collection et d’une formule avec disque supplémentaire souligne la pluralité des usages : écouter les succès de Ringo, découvrir les autres All-Starrs, ou réunir plusieurs versions matérielles d’une même parution. Une publicité Rykodisc diffusée dans la presse musicale en novembre 1990 associe explicitement l’album aux grandes personnalités de la tournée de l’été précédent.
Le témoignage contemporain est précieux parce qu’il confirme que l’identité collective constituait déjà un argument commercial, et non une interprétation ajoutée trente-six ans plus tard. L’annonce met en avant le groupe comme une réunion de figures du rock et renvoie à plusieurs références de catalogue. Elle ne prouve toutefois pas que chaque exemplaire vendu utilisait le même emballage ni que chaque marché recevait le même bonus. Pour les collectionneurs, le mot « édition » doit conserver un sens matériel : étiquette, numéro, support, livret et présence éventuelle d’un CD additionnel. La variété commence ici, avec le tout premier disque.
12. Le catalogue britannique : EMS 1375, TC EMS 1375 et CZ 353
Les relevés britanniques identifient trois références essentielles : le LP EMI EMS 1375, la cassette TC EMS 1375 et le CD CZ 353. Les dimensions, la façon de répartir les chansons et la présentation du livret changent selon le support, mais le noyau musical reste constitué des douze titres de l’album. Sur le vinyle, la face A rassemble les six premières plages, de « It Don’t Come Easy » à « Honey Don’t » ; la face B reprend de « You’re Sixteen » à « Photograph ». Cette partition conserve un équilibre : le premier côté commence avec Ringo et se termine avec lui, le second également.
Un article de collection ne doit pas rabattre cette diversité sur une simple photographie de la pochette. Le disque noir porte un numéro de matrice et des indications de gravure ; la cassette a ses deux programmes ; le CD présente une table des matières numérique et un conditionnement distinct. Les mentions de catalogue vérifiées permettent d’identifier la famille de l’édition. Elles ne suffisent pas à décrire toutes les réimpressions ni à établir l’origine d’un exemplaire isolé sans examen de son disque et de son boîtier. C’est précisément pourquoi cette enquête conserve les références EMI de 1990 comme repères et non comme un catalogue exhaustif de variantes inconnues.
13. Le CD américain RCD 10190 : un témoin conservé en bibliothèque
Le CD Rykodisc RCD 10190 bénéficie d’un témoin remarquable : une notice d’exemplaire dans le catalogue des archives du Rock and Roll Hall of Fame. Le document donne le titre, l’année de publication 1990, le label situé à Salem dans le Massachusetts, les douze chansons dans l’ordre, les principaux interprètes, les producteurs Joe Walsh et Jim Nipar ainsi que la mention d’un texte de Gary Graff inséré dans le conditionnement. Il identifie donc un objet matériel conservé, pas seulement une information reprise de site en site.
Cette notice est aussi un exemple de ce que doit être la lecture critique des catalogues. Son champ de durée résume le CD à « 54 minutes » et les minutages des douze pistes totalisent 53 minutes et 59 secondes, ce qui est parfaitement cohérent. En revanche, une ligne portant sur la date d’enregistrement indique septembre 1990 alors que les concerts du Greek Theatre sont de 1989 : nous la signalons comme anomalie. Les archives sont indispensables, mais elles ne dispensent pas de recoupement. Un numéro de catalogue attesté est un fait solide ; une date isolée en contradiction avec le contexte doit rester discutée.
14. Le vinyle Ryko Analogue RALP 0190 : une édition numérotée
L’édition américaine sur vinyle est connue sous la référence Ryko Analogue RALP 0190. Les exemplaires documentés et les discographies de collectionneurs la décrivent comme un disque à teinte verte translucide, présenté dans une pochette ouvrante et accompagné d’une bande de papier numérotée rappelant un obi japonais. Ce n’est pas une simple coquetterie graphique. Sur le marché du début des années 1990, un vinyle pressé spécialement peut déjà se positionner comme un objet patrimonial, alors même que le CD domine les habitudes d’achat.
Une discographie annotée évoque un tirage limité à 5 000 exemplaires numérotés. L’affirmation est reprise dans plusieurs inventaires, mais elle doit être distinguée du numéro individuel visible sur la bande d’un disque précis : une numérotation ne vérifie pas automatiquement le total fabriqué. Nous retenons donc 5 000 comme chiffre rapporté par la bibliographie de collection, en l’absence d’un registre de fabrication Rykodisc consultable. Pour identifier un exemplaire, mieux vaut relever ensemble la référence RALP 0190, la couleur translucide, le conditionnement et la présence de la bande numérotée. Un disque privé de son obi n’est pas musicalement différent, mais son histoire matérielle devient plus difficile à établir.
15. Une édition de luxe avec deux CD : le piège des numéros proches
La version américaine dite « deluxe » associe l’album de douze pistes à un petit disque supplémentaire de quatre titres. Les inventaires décrivent le coffret sous une référence proche de RCD 90190, tandis que le supplément est désigné RCD5-1019. Certains relevés de collectionneurs transcrivent différemment la première référence, d’où l’importance de lire la boîte elle-même lorsque l’on travaille sur un exemplaire précis. Le point établi sans ambiguïté est l’existence d’une formule à deux disques, distincte du CD standard RCD 10190.
Il faut également séparer la notion de tirage limité de celle de bonus musical. Toutes les copies du CD ordinaire ne contiennent pas le petit disque. À l’inverse, l’existence d’un disque supplémentaire ne transforme pas le programme des douze titres principaux : il reste identique. Le supplément doit être décrit comme une unité de publication à part entière, avec son contenu et sa référence, plutôt que comme quatre pistes secrètement ajoutées à la fin de l’album. C’est cette discipline de catalogage qui évite les discographies contradictoires et les faux « albums de seize titres ».
16. Le disque bonus : deux plages connues, deux morceaux hors album
Le CD supplémentaire réunit quatre pièces : « It Don’t Come Easy », « The Weight », « Rocky Mountain Way » et « Act Naturally ». Les deux premières figurent également sur le programme principal ; les deux dernières en sont absentes. On entend Joe Walsh sur « Rocky Mountain Way » et Ringo Starr sur « Act Naturally ». Ce choix est particulièrement révélateur : au lieu d’ajouter quatre titres arbitraires, l’édition montre deux facettes que l’album standard ne conserve pas, celle du rock de Walsh et celle de la relation de Ringo à la musique country popularisée avec les Beatles.
Les durées publiées pour ce CD varient selon les relevés : il serait hasardeux d’aligner les minutages d’une fiche britannique et ceux d’un exemplaire américain comme s’ils décrivaient obligatoirement les mêmes index de pistes. Pour une comparaison technique, il faut consulter les identifiants et les tables des matières des disques concernés. Le point historiquement vérifiable est que « Rocky Mountain Way » et « Act Naturally » ne sont pas sur le CD standard de douze titres. Le petit disque constitue donc un document complémentaire de la sélection de 1989, non la preuve d’une tournée différente.
17. It Don’t Come Easy : commencer par une déclaration de survie musicale
Ouvrir le disque avec « It Don’t Come Easy » est un choix narratif aussi efficace que musical. Le titre avait déjà représenté l’un des premiers grands succès de Ringo après les Beatles, en 1971. Dix-huit ans plus tard, sa présence en tête d’un album enregistré sur scène réunit deux époques : celle d’un ancien membre du groupe le plus célèbre du monde qui affirme son identité individuelle, et celle d’un musicien qui reprend confiance au milieu d’autres artistes. La chanson n’est plus une simple réussite passée ; elle sert de porte d’entrée à une nouvelle histoire collective.
Le format live modifie naturellement son contexte. La voix de Ringo est soutenue par un ensemble beaucoup plus vaste que celui d’un accompagnement de studio ordinaire ; les noms inscrits au livret rapprochent les traditions du rock des années 1960, de la soul et de la scène américaine. L’album ne permet toutefois pas d’attribuer chaque inflexion instrumentale à un invité sans crédits détaillés de piste. Il faut donc entendre avant tout une interprétation de concert officiellement publiée. Le disque de 1990 transforme la formule du titre en programme presque involontaire : revenir sur scène est difficile, mais le faire ensemble redevient possible.
18. The No-No Song : l’humour de Ringo après la rupture avec les excès
La deuxième piste, « The No-No Song », ramène le public au répertoire solo des années 1970. À l’origine, c’est une chanson de Hoyt Axton et David Jackson, associée à Ringo par l’enregistrement de Goodnight Vienna. Son humour repose sur une succession de propositions auxquelles le narrateur répond par le refus. Replacé après le tournant personnel de 1988, le texte prend une résonance supplémentaire ; il serait cependant trompeur de prétendre que la chanson a été écrite spécialement pour cette situation. Elle lui est antérieure de nombreuses années. C’est l’interprétation et la date de retour qui changent la réception.
Ce type de déplacement de sens est fréquent dans l’histoire du rock : des paroles familières deviennent autobiographiques aux yeux du public parce que la vie de leur interprète a évolué. L’enquête doit garder cette nuance. Sur l’album, la chanson contribue aussi à la dynamique du spectacle : après une déclaration énergique, Ringo retrouve son registre de conteur ironique et convivial. Le All-Starr Band peut accueillir des instrumentistes au parcours impressionnant sans perdre le ton très particulier de son chef d’orchestre. À travers ces deux premières plages, le programme installe sa personnalité avant de passer le relais.
19. Iko Iko : Dr. John fait entrer La Nouvelle-Orléans au Greek Theatre
Avec « Iko Iko », la troisième plage donne le micro à Dr. John. La chanson entraîne le premier changement majeur de paysage. Le langage de La Nouvelle-Orléans, ses rythmes de parade et ses traditions de chant répondent au rock direct des deux titres d’ouverture. Le nom de Dr. John n’est pas un argument décoratif sur une affiche : il introduit une autre façon de penser la pulsation, l’accompagnement et le dialogue avec le public. L’œuvre possède une histoire complexe de versions et de crédits, avec des noms qui varient selon les éditions ; les relevés du premier album indiquent notamment la famille Hawkins, James « Sugar Boy » Crawford et des ayants droit associés.
Il serait maladroit de réduire cette plage à une « reprise de Dr. John » sans rappeler que la chanson existait bien avant cette tournée. Ce que Ringo emprunte à son invité, c’est plutôt une porte vers un patrimoine musical. Le morceau occupe plus de six minutes dans le relevé de référence : il reçoit donc un espace significatif au cœur d’un album pourtant limité à douze numéros. La dimension rhythm and blues du premier All-Starr Band n’est pas un supplément d’âme ; elle fait partie de sa structure dès le premier disque.
20. The Weight : Levon Helm apporte avec lui l’histoire du Band
La quatrième plage, « The Weight », place Levon Helm au premier plan. Le titre, composé par Robbie Robertson et popularisé par The Band en 1968, est l’un des points de rencontre les plus évidents entre les communautés musicales que Ringo a réunies. Helm n’est pas ici engagé seulement pour tenir une batterie ; il apporte une voix, une manière de faire respirer le récit et une expérience du chant collectif. À ses côtés se trouve également Rick Danko, compagnon de l’aventure du Band, mais le soliste crédité sur cette plage est bien Helm.
La présence de « The Weight » raconte aussi quelque chose des origines de la formule All-Starr. Un spectacle bâti autour de vedettes du rock pourrait n’être qu’une juxtaposition de « tubes ». Or cette chanson appartient à un répertoire qui valorise déjà le groupe, les voix croisées et la narration commune. Elle résonne donc avec le principe de Ringo plus qu’un simple succès radiophonique. Les listes discographiques du CD bonus reproduisent également le titre, sans que cette répétition garantisse une prise différente : la comparaison des matrices et durées serait nécessaire. Pour l’historien, le fait solide demeure son rôle sur l’album principal : Levon Helm y chante l’un des classiques du Band avec les All-Starrs.
21. Shine Silently : Nils Lofgren montre qu’un All-Starr peut surprendre
La cinquième plage, « Shine Silently », met en lumière Nils Lofgren. Le guitariste est souvent reconnu pour son travail auprès de Bruce Springsteen et de l’E Street Band, mais son identité d’auteur et de soliste dépasse largement cet emploi prestigieux. La chanson, cosignée avec Dick Wagner et publiée à la fin des années 1970, lui permet d’apporter une matière plus personnelle qu’une simple citation de son employeur le plus connu. C’est une des bonnes surprises du dispositif de Ringo : l’invité n’est pas contraint de jouer ce que le public attend le plus directement de lui.
Dans le programme officiel, « Shine Silently » est l’une des plages les plus longues, autour de six minutes et demie selon le minutage Rykodisc. Cette durée laisse respirer une écriture différente et rompt le rythme de la succession de refrains universellement familiers. Elle témoigne aussi de la confiance accordée aux invités. Ringo accepte qu’une chanson de Nils Lofgren occupe une place importante sur son premier disque live. La démarche est plus intéressante qu’une collection de célébrités posant ensemble : elle donne au répertoire des All-Starrs une existence propre, et elle rend audible ce que le mot « partage » signifie artistiquement.
22. Honey Don’t et You’re Sixteen : les deux visages familiers de Ringo
Le sixième titre, « Honey Don’t », referme la première face du LP. La chanson de Carl Perkins renvoie à la passion ancienne de Ringo pour le rockabilly et à sa place de chanteur occasionnel chez les Beatles. Elle appartient à ce patrimoine où une voix apparemment sans artifice, un rythme solide et quelques mots bien choisis font davantage d’effet qu’une démonstration technique. La réentendre en 1989, entourée d’un ensemble aussi riche, rappelle que Ringo n’a jamais renoncé à cette identité. Le prestige des invités n’efface pas l’homme qui avait grandi avec les disques américains des années 1950.
La face B s’ouvre sur « You’re Sixteen », titre écrit par les frères Sherman et devenu l’un des succès solo majeurs de Ringo dans les années 1970. Le saut entre Carl Perkins et cette chanson pop semble considérable ; pour l’ancien Beatle, il est au contraire parfaitement logique. Les deux appartiennent à l’histoire de ses goûts et de sa manière de chanter. Leur position sur les deux faces du vinyle donne une nouvelle preuve de la construction éditoriale du disque : même lorsqu’un invité occupe plusieurs minutes, le public retrouve régulièrement la voix et la personnalité de Ringo Starr. Ce fil aide à tenir ensemble les styles très différents du groupe.
23. Quarter to Three : Clarence Clemons ne se limite pas au saxophone
Sur « Quarter to Three », c’est Clarence Clemons qui mène le morceau au chant. Pour de nombreux auditeurs, son nom évoque d’abord le saxophone puissant de l’E Street Band. Le disque du All-Starr Band rappelle qu’il est également une personnalité de scène, capable d’incarner un numéro de rhythm and blues festif. La chanson, associée au succès de Gary U.S. Bonds au début des années 1960 et créditée à plusieurs auteurs selon les relevés, traverse les époques en conservant son énergie de danse et de fête populaire.
Le fait que Clemons chante est essentiel : l’instrumentiste spectaculaire ne constitue pas seulement une couleur d’orchestre derrière Ringo. Il devient à son tour maître de cérémonie. Cette capacité à changer de fonction donne tout son sens au nom All-Starr. On comprend aussi pourquoi la formation de 1989 offrait un spectacle dense : plusieurs musiciens disposaient chacun d’une identité vocale immédiatement reconnaissable, et les styles pouvaient se succéder sans changement de groupe. Pour le disque, « Quarter to Three » apporte un moment de rock and roll collectif entre deux interventions plus personnelles. L’album enchaîne alors vers une autre mémoire américaine, celle de Buddy Holly revisitée par Rick Danko.
24. Raining in My Heart : Rick Danko, une autre mémoire de l’Amérique
Rick Danko chante « Raining in My Heart », chanson associée à Buddy Holly. Le choix pourrait sembler inattendu pour l’ancien bassiste et chanteur du Band : on s’attendrait volontiers à un titre provenant directement du répertoire de son groupe. C’est précisément ce qui rend le morceau intéressant. En choisissant une ballade venue d’une autre histoire du rock, Danko rappelle que les All-Starrs ne sont pas prisonniers de leurs cartes de visite. Un musicien apporte une sensibilité, une mémoire et une présence vocale, pas seulement le succès que l’on associe immédiatement à son nom.
Les relevés attribuent ici la chanson à Holly ; pour l’historien des compositions, cette mention de disque doit être examinée en regard des crédits de l’œuvre originale, souvent associés à Felice et Boudleaux Bryant. La différence entre auteur réellement crédité à l’origine et information recopiée sur certaines listes est l’un des pièges classiques des archives de reprises. Dans notre étude, nous nommons donc Buddy Holly comme l’interprète historique de référence et signalons que les auteurs doivent être contrôlés sur les documents d’édition. Sur scène, la voix de Danko apporte une fragilité bienvenue après la fête de « Quarter to Three » : le groupe trouve aussi sa cohérence dans ces changements d’humeur.
25. Will It Go Round in Circles : Billy Preston, un lien direct avec l’histoire des Beatles
« Will It Go Round in Circles » donne à Billy Preston un numéro qui condense à lui seul plusieurs strates de l’histoire du groupe. Preston a enregistré avec les Beatles à la fin des années 1960 et développé parallèlement une carrière d’interprète et de compositeur dont cette chanson est un succès majeur. Son rôle de claviériste au sein du premier All-Starr Band n’est donc pas celui d’un musicien de passage choisi au hasard : il incarne une continuité personnelle et artistique entre les sessions de l’époque Beatles et le présent scénique de Ringo. La pièce, écrite avec Bruce Fisher, lui permet d’apparaître comme chanteur principal, et non comme simple souvenir prestigieux.
Le morceau est placé en dixième position, entre les voix de Rick Danko et de Joe Walsh. Il participe à la montée d’énergie qui précède le final de Ringo. L’interprétation est aussi l’occasion de mesurer la souplesse de l’orchestre : les musiciens réunis ont appris à accompagner des solistes dont les habitudes rythmiques ne sont pas identiques. L’enregistrement ne donne aucune raison d’imaginer un arrangement fixe pour toutes les tournées ultérieures. Il offre une version historique, située à Los Angeles en 1989, d’un succès de Billy Preston réinscrit dans une aventure collective.
26. Life in the Fast Lane : Joe Walsh, des Eagles à la production du disque
Avant le retour de Ringo au micro, Joe Walsh chante « Life in the Fast Lane », succès des Eagles cosigné avec Don Henley et Glenn Frey. Ce titre permet d’entendre la facette la plus acérée du rock américain au milieu d’un programme traversé par le rhythm and blues, le rockabilly et la musique de The Band. Walsh apporte à la fois son identité de guitariste, l’autorité d’un répertoire reconnaissable et une fonction de producteur du disque. Cette accumulation de rôles fait de lui une figure centrale du premier All-Starr Band, sans pour autant le transformer en directeur musical exclusif de chaque instant de la tournée.
Il serait tentant d’opposer la sophistication de la machine Eagles à la convivialité du projet de Ringo ; l’intérêt est plutôt de voir comment ces mondes cohabitent. Dans ce spectacle, un morceau très identifié à un groupe extérieur est pris en charge par un orchestre réunissant des artistes d’horizons divers. La chanson devient un bien commun de scène. Sa place, avant « Photograph », crée également un contraste dramatique : le programme culmine dans le rock de Walsh, puis l’ancien Beatle récupère le dernier mot. Cette architecture est celle d’un album construit, pas simplement d’un enregistrement que l’on aurait laissé défiler sans réfléchir à son ordre.
27. Photograph : George Harrison présent par l’écriture, Ringo au dernier mot
Le disque s’achève avec « Photograph », chanson signée Richard Starkey et George Harrison. Elle offre un dénouement chargé d’histoire sans qu’il soit nécessaire d’inventer une présence de Harrison sur scène. La collaboration d’écriture rappelle l’intimité musicale des anciens Beatles ; son interprétation de 1989 appartient en revanche pleinement à Ringo Starr et aux invités du All-Starr Band. Pour un auditeur, la séparation est évidente à l’oreille. Pour le discographe, elle doit également être explicite dans les crédits : auteur d’une œuvre ne signifie pas participant à son enregistrement live.
Le choix de « Photograph » comme dernier titre possède aussi une logique émotive. Après avoir laissé le public passer d’une vedette à l’autre, Ringo referme la soirée discographique sur une chanson qui lui appartient profondément, à la fois par son succès et par sa relation avec George. L’album se termine ainsi là où il avait commencé : dans le répertoire du batteur des Beatles, mais transformé par le jeu d’une formation collective. « It Don’t Come Easy » ouvrait la porte ; « Photograph » la referme avec une couleur mélancolique. L’ancien Beatle n’a pas cherché à effacer son passé. Il a trouvé une façon nouvelle de l’habiter sur scène.
28. 53:59, 54 minutes ou 56:02 : pourquoi les durées ne concordent pas toujours
Les douze minutages transcrits dans la notice du Rock and Roll Hall of Fame donnent exactement 53 minutes et 59 secondes une fois additionnés. La même notice arrondit la durée du CD à « 54 minutes », tandis que certains catalogues britanniques donnent 56 minutes et 2 secondes pour l’album. Cette divergence ne doit pas être dissimulée : elle peut tenir à la manière de compter les silences, les applaudissements, les index de plages ou à des relevés de supports différents. Pour trancher, il faudrait analyser les durées numériques réelles des pressages concernés, piste par piste.
Nous pouvons néanmoins établir la cohérence interne du premier relevé. Le total de 53:59 n’est pas un chiffre arbitraire : il correspond à la somme de 3:03, 3:18, 6:05, 5:48, 6:39, 2:30, 2:57, 3:50, 5:14, 4:02, 6:13 et 4:20. Le récit gagne à conserver les deux valeurs documentaires plutôt qu’à en choisir une par préférence esthétique. Pour les spécialistes des pressages EMI et Rykodisc, la distinction entre durée annoncée, somme des plages et temps réel du disque est un point de méthode. Elle évite surtout d’inventer un titre caché pour expliquer deux minutes d’écart.
29. Les morceaux absents, Nobody’s Child et l’Anthology : la vie du concert après 1990
La carrière discographique de ces enregistrements ne s’arrête pas au premier album. Le CD bonus contient notamment « Rocky Mountain Way » et « Act Naturally », que l’on ne trouve pas dans la sélection normale. En 1990, une version live de « With a Little Help from My Friends » issue du Greek Theatre est diffusée dans le cadre du projet caritatif Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal, lié à l’action d’Olivia et George Harrison. Ce morceau n’est pas une treizième piste oubliée du RCD 10190 ; il appartient à une autre publication, qui donne un sens solidaire à une captation de 1989.
Plus tard, la compilation The Anthology… So Far rassemble des performances de différentes formations et réemploie les enregistrements pionniers. Certains documents situent des versions du coffret autour de 2000–2001 ; le site officiel de Ringo évoque cette anthologie dans son historique du début des années 2000. Pour reconstituer la diffusion d’une chanson, il faut donc distinguer première captation, première publication et réédition dans une anthologie. L’histoire d’un live est faite de ces déplacements successifs. Le public peut découvrir une chanson dix ans après le concert sans que cela transforme la date du document d’origine.
30. Inventaire des douze pistes et bibliographie critique de l’édition 1990
Voici l’inventaire du programme standard Rykodisc RCD 10190, tel que le catalogue du Rock and Roll Hall of Fame permet de le reconstituer. Les durées sont celles de son relevé, utiles comme référence commune mais non comme mesure absolue de tous les supports. Le nom indiqué est celui du chanteur principal, non une attribution exhaustive de l’instrumentation. Les pistes du CD supplémentaire sont décrites séparément au chapitre 16.
| N° | Chanson | Voix principale | Durée répertoriée |
|---|---|---|---|
| 1 | It Don’t Come Easy | Ringo Starr | 3:03 |
| 2 | The No-No Song | Ringo Starr | 3:18 |
| 3 | Iko Iko | Dr. John | 6:05 |
| 4 | The Weight | Levon Helm | 5:48 |
| 5 | Shine Silently | Nils Lofgren | 6:39 |
| 6 | Honey Don’t | Ringo Starr | 2:30 |
| 7 | You’re Sixteen | Ringo Starr | 2:57 |
| 8 | Quarter to Three | Clarence Clemons | 3:50 |
| 9 | Raining in My Heart | Rick Danko | 5:14 |
| 10 | Will It Go Round in Circles | Billy Preston | 4:02 |
| 11 | Life in the Fast Lane | Joe Walsh | 6:13 |
| 12 | Photograph | Ringo Starr | 4:20 |
Bilan éditorial : 12 pistes, cinq numéros confiés à Ringo et sept aux invités, 53:59 en totalisant les minutages ci-dessus. Le disque enregistre une sélection de l’aventure scénique de 1989 ; il ne constitue pas une setlist intégrale du Greek Theatre.
Principales sources examinées
- RingoStarr.com, biographie officielle — contexte de la première formation et confirmation de l’album live paru en 1990.
- Rock and Roll Hall of Fame, Library and Archives, notice d’exemplaire RCD 10190 — douze pistes, personnel, Joe Walsh et Jim Nipar, note de Gary Graff ; anomalie isolée « September 3, 1990 » confrontée à la chronologie de 1989.
- Rykodisc, publicité parue dans Music Express, novembre 1990 — document promotionnel contemporain, accessible selon les conditions de l’archive.
- JPGR, relevé de la parution EMI EMS 1375 — références britanniques LP, cassette et CD ; différence de minutage et éditions avec CD supplémentaire.
- Ringo Starr: An Annotated Discography — numéros RALP 0190 et CD bonus, tirage numéroté rapporté par la littérature de collection.
- Kathy’s Zak Starkey Site, inventaire des éditions All-Starr — identification des deux disques de l’édition de luxe et du bonus RCD5-1019.
- The Beatles Bible, 12 octobre 1990 — date américaine, captations de septembre 1989 et single.
- JPGR, Nobody’s Child / With a Little Help from My Friends (Live) — autre circulation d’une captation du Greek Theatre en 1990.
Pour poursuivre sur Yellow-Sub.net
Tournée 1989 : 37 concerts, du Texas au Japon · Index des albums live du All-Starr Band · Notice discographique individuelle du disque de 1990 · Étude de l’album de Montreux, 1993. Ces pages complètent l’enquête sans effacer les divergences entre catalogues.












