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Wings (2012) : Jem Garrard, Genero et le concours qui a donné le clip officiel de Ringo Starr
Jem Garrard, Genero et la réalisation collective devenue clip officiel
Sommaire de cette étude (9 sections)
- Un ancien Beatle choisit une réalisatrice parmi ses admirateurs
- Janvier–avril 2012 : reconstituer le concours sans inventer ses chiffres
- Jem Garrard : une signature qui ne doit pas être effacée
- Une proposition comique plutôt qu’une illustration littérale
- La chanson de 1977 et sa nouvelle vie visuelle
- Les autres films du concours ne deviennent pas automatiquement des versions officielles
- Des droits et une récompense à replacer dans leur contexte
- Pourquoi le cas « Wings » enrichit l’histoire des arts visuels de Ringo
- Sources et vérifications

Un ancien Beatle choisit une réalisatrice parmi ses admirateurs
La vidéo officielle de « Wings » constitue un cas singulier dans la carrière de Ringo Starr : son réalisateur n’a pas été seulement sélectionné par un label ou mandaté selon la procédure habituelle. En 2012, Ringo et Universal Music Enterprises lancent un appel international aux cinéastes par l’intermédiaire de Genero.tv. Les participants sont invités à inventer un film pour le nouveau « Wings », chanson réenregistrée pour l’album Ringo 2012. Le projet est une expérience de création ouverte, encadrée par un concours, qui débouche sur une véritable attribution professionnelle. Le lauréat ne reçoit pas seulement un encouragement symbolique : son œuvre devient le vidéoclip officiel du chanteur.
La distinction entre participation et commande est fondamentale. Des centaines d’admirateurs peuvent monter des films sur une chanson sans jamais obtenir l’autorisation de les faire circuler comme clips officiels. Ici, la plateforme annonce à l’avance un processus de sélection : les œuvres sont proposées selon un règlement, examinées par les organisateurs et soumises au choix final de Ringo. L’interprète conserve la décision, tout en déplaçant la première étape de création vers une communauté de jeunes professionnels.
Janvier–avril 2012 : reconstituer le concours sans inventer ses chiffres
L’appel est publié à la fin de janvier 2012, parallèlement au lancement de Ringo 2012. La page conservée par Genero indique une clôture le 8 mars. Certains relais de presse mentionnent le 7 mars comme date limite : l’écart d’un jour impose de citer la source précise au lieu d’aplanir les archives. Le 16 avril, une annonce de presse confirme la victoire de Jem Garrard, réalisatrice installée à Vancouver. Ringo intervient personnellement dans une vidéo de félicitations et souligne la qualité d’autres finalistes. Le film retenu devient, selon Genero, le nouveau clip de « Wings ».
La page de la plateforme et le communiqué de victoire constituent deux documents d’une nature différente. L’une expose les règles du jeu et les conditions de l’appel ; l’autre décrit un résultat après délibération. Le nombre exact de candidatures, les modalités de vote ou la chronologie des étapes intermédiaires ne doivent pas être devinés à partir de la visibilité de l’événement. Les documents retrouvés suffisent en revanche pour confirmer un modèle de production : un artiste reconnu confie à des cinéastes indépendants une place inhabituelle dans la constitution de son image.
Jem Garrard : une signature qui ne doit pas être effacée
Le nom de la réalisatrice apparaît sous une forme suffisamment stable dans les sources principales : Jem Garrard. Des blogs reproduisent parfois « Gerrard », une variante qui ne doit pas supplanter la graphie de Genero et des entretiens de l’époque. La différence pourrait paraître mineure. Dans un catalogue filmographique, elle a des conséquences pratiques : elle conditionne les recherches de carrière, la correspondance avec des génériques et l’accès à la production de la cinéaste.
La presse canadienne de 2012 présente Garrard comme cofondatrice d’une petite société de production spécialisée dans les vidéos musicales. Sa participation à l’appel de Ringo ne relève donc pas de l’amateurisme entendu comme absence de métier. Le dispositif associe la souplesse et la créativité d’équipes indépendantes à la réputation d’un artiste dont le visage appartient à l’histoire mondiale de la pop. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut éviter la formule réductrice « clip réalisé par un fan » lorsqu’elle dissimule un véritable travail de mise en scène.
Une proposition comique plutôt qu’une illustration littérale
Dans son entretien accordé à Xtra au printemps 2012, Garrard explique avoir imaginé un récit d’amour impossible, avec une tonalité absurde et un humour qu’elle juge compatible avec l’univers de Ringo. Ce témoignage est précieux : il donne accès à une intention de réalisation explicitement formulée, plutôt qu’à une interprétation rétrospective de spectateur. La chanson n’exigeait pas nécessairement une reproduction des prises de batterie, une photographie de studio ou l’apparition constante du chanteur. Le concours ouvrait précisément la possibilité de raconter autre chose.
Cette distance constitue un héritage des courts métrages promotionnels de Ringo dans les années 1970 et 1980. Il a souvent préféré des situations de comédie à une représentation immobile du musicien qui mime ses paroles. Le film de Garrard appartient à une autre génération technique et professionnelle, mais il partage cette liberté de ton. La continuité concerne une disposition à se laisser représenter de façon décalée ; elle ne signifie pas que les réalisateurs successifs ont copié les mêmes gags ou reçu les mêmes instructions.
La chanson de 1977 et sa nouvelle vie visuelle
« Wings » figure d’abord sur l’album Ringo the 4th de 1977, crédité à Richard Starkey et Vini Poncia. La version utilisée pour le concours provient de son réenregistrement de 2012. Ces deux bandes appartiennent à deux périodes sonores différentes. Une base de données qui date le film de 1977 parce que la composition est ancienne commettrait une erreur de génération : les images du concours et leur statut de clip officiel n’existent qu’en 2012.
La stratégie du nouvel album explique en partie ce choix. Ringo n’y présente pas seulement des compositions contemporaines ; il revisite aussi quelques titres de son passé. Le programme visuel doit donc donner une actualité à une chanson familière sans simuler un tournage ancien. En laissant les réalisateurs imaginer leur propre fiction, Ringo évite de faire de l’archive une simple répétition. Le passé musical est reconnu, mais l’œuvre filmée apporte un imaginaire nouveau.
Les autres films du concours ne deviennent pas automatiquement des versions officielles
La page de résultats de Genero mentionne des finalistes et des propositions alternatives. Certaines circulent encore sur des plateformes de vidéo avec un titre identique à celui du morceau. L’exemple d’un film de Chris Martin et Jake Hanne, publié séparément sur Vimeo, illustre le problème : il possède un générique précis, une équipe de tournage et un récit autonome, mais il est identifié par ses auteurs comme finaliste non retenu. Son existence ne démontre pas qu’Universal aurait commandé une deuxième version officielle.
Le catalogue doit donc réserver trois catégories : film gagnant et diffusé officiellement ; candidatures sélectionnées ou distinguées ; créations non primées rendues publiques par leurs auteurs. Il n’est pas légitime d’attribuer au film gagnant des crédits repérés sur une candidature concurrente. Réalisation, photographie et montage doivent être vérifiés pour chaque œuvre indépendamment. Cette précaution est d’autant plus importante que les moteurs de recherche regroupent facilement plusieurs courts métrages sous la seule expression « Ringo Starr – Wings video ».
Des droits et une récompense à replacer dans leur contexte
Les sources signalent un prix de 3 000 dollars, partagé par Garrard avec les personnes qui l’ont aidée à produire le film. Le montant éclaire l’économie du concours, mais ne permet pas de reconstituer le coût total de production, les heures de travail non rémunérées ou la valeur ultérieure des droits d’exploitation. Le film ne devient pas une commande de 3 000 dollars par simple équivalence entre le prix annoncé et le budget réel. Le recours à une compétition fait précisément travailler ensemble plusieurs logiques : récompense, reconnaissance publique et possibilité d’intégrer une carrière créative à un réseau de diffusion majeur.
Une histoire critique de ce procédé devrait aussi interroger la situation des candidats non retenus. Leurs films peuvent survivre sur Internet, être projetés en festival ou figurer dans des portfolios sans partager le même statut institutionnel. La visibilité acquise auprès d’Universal est une promesse du règlement, non une garantie de contrat pour tous les participants.
Pourquoi le cas « Wings » enrichit l’histoire des arts visuels de Ringo
Cette opération présente un Ringo moins réalisateur que commanditaire et juge d’un dispositif collectif. Sa décision donne à une cinéaste indépendante l’accès à l’identité publique d’un ancien Beatle. Elle démontre qu’après avoir été photographié par les grands noms des années 1960 et filmé par des équipes de promotion discographique, Ringo peut aussi inviter une génération nouvelle à inventer sa représentation. Dans cette histoire, l’attribution à Garrard n’est pas un détail administratif : elle constitue le fait artistique le plus distinctif du projet.
La notice reste ouverte pour l’identification du master original, de ses éventuelles versions de diffusion et du générique complet du film gagnant. Elle est close, en revanche, sur la question essentielle du concours : la réalisatrice officielle choisie en avril 2012 est Jem Garrard, et les films concurrents ne doivent pas être confondus avec le sien.
Crédit de l’œuvre, fonction et support
« Wings » (2012) illustre le passage d’une chanson ancienne à une nouvelle réalisation audiovisuelle par concours Genero, remportée par Jem Garrard. La version de chanson produite en 2012 et le clip primé sont deux œuvres liées, mais les images et le vote des internautes n’identifient pas les instrumentistes du master.
Références complémentaires : crédits et éditions de Y Not ; catalogue Liverpool 8 par chanson.
Sources, fonctions et versions : contrôle transversal
Le clip Wings (2012) réalisé par Jem Garrard dans le cadre de Genero relève d’une nouvelle création visuelle. La chanson avait déjà été enregistrée par Ringo en 1977 avant sa nouvelle version de 2012 ; le clip ne constitue ni un troisième master de studio ni une modification des signatures de la composition.
Références : crédits et historique de Ringo 2012 ; index des collaborations. Les identifications par image ou édition exigent un document propre au support.
Sources et versions : contrôle transversal 2008–2012
Le clip Wings (2012) réalisé par Jem Garrard via Genero est une nouvelle création visuelle. Wings avait déjà été enregistrée par Ringo en 1977 avant sa nouvelle version de 2012 ; le clip ne constitue ni un troisième master de studio ni une modification des signatures de composition.
Documentation : disque Ringo 2012, encyclopédie des collaborations. Toute attribution de l’image demande son générique de support.
Sources et vérifications
- Genero.tv, appel et page des résultats « Ringo Starr – Wings » : règlement, clôture et identité de la gagnante.
- BroadwayWorld, « Ringo Announces WINGS Music Video Winner », 16 avril 2012 : annonce du choix et déclaration de Ringo.
- Xtra, entretien avec Jem Garrard, 25 avril 2012 : concept, situation professionnelle et démarche artistique.
- The Beatles Bible, album Ringo 2012 : contexte discographique et récompense.
- Vimeo, Chris Martin et Jake Hanne, candidature « Wings » : exemple indépendant d’une proposition non retenue.












