Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

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Everyone and Everything (2022) : Kii Arens, SixTwentySix et l’univers psychédélique de Ringo

Kii Arens, SixTwentySix Productions et la recomposition graphique de Ringo

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Sommaire de cette étude (10 sections)
  1. Kii Arens transforme Ringo en personnage graphique
  2. 18 novembre 2022 : une vidéo à la seconde étape de l’EP
  3. Une équipe qui ne se limite pas au nom de la vedette
  4. La contribution de Linda Perry demeure musicale
  5. Une plage, des animaux et des fonds tournoyants
  6. Psychédélisme, citation et invention contemporaine
  7. Photographier une star puis la recomposer
  8. La continuité graphique entre objet imprimé et écran
  9. Une œuvre autonome dans l’histoire des images de Ringo
  10. Sources et vérifications
EP3, support discographique associé au film réalisé par Kii Arens, et non une image du vidéoclip.
EP3, support discographique associé au film réalisé par Kii Arens, et non une image du vidéoclip.

Kii Arens transforme Ringo en personnage graphique

En novembre 2022, la diffusion de « Everyone and Everything » accompagne l’arrivée sur vinyle et cassette de l’EP EP3. Le vidéoclip n’adopte pas le réalisme de studio de « World Go Round », lancé deux mois auparavant. Il multiplie couleurs, décors changeants, apparitions d’animaux et images qui évoquent des compositions psychédéliques. La presse contemporaine décrit un Ringo jouant de la batterie sur une plage, traversant des paysages et surgissant devant des fonds graphiques animés. Le film construit un univers visuel dont la logique est celle de la surprise et du mouvement.

Un détail fait la différence avec les descriptions vagues de clips « psychédéliques » : la réalisation est attribuée à Kii Arens, graphiste, artiste et directeur de La-La Land Gallery à Los Angeles. Ce nom est confirmé par les informations professionnelles publiées sur le portfolio de Mitchell Arens et par la presse de sortie. L’œuvre peut donc être replacée dans une carrière visuelle précise plutôt que réduite à un effet anonyme de nostalgie Beatles.

18 novembre 2022 : une vidéo à la seconde étape de l’EP

EP3 sort numériquement et en CD le 16 septembre 2022. Le 18 novembre, sa sortie en vinyle dix pouces et sur cassette bleue translucide s’accompagne du nouveau film « Everyone and Everything ». Cette date est explicitement conservée dans les annonces officielles reprises par les Beatles et uDiscover Music. La vidéo ne doit pas être datée de septembre sur la seule base du copyright de l’EP. Elle correspond à la seconde phase de la campagne.

Le calendrier permet aussi de distinguer deux créations : « World Go Round », lancé avec la première disponibilité de l’EP, et « Everyone and Everything », présenté avec les supports matériels. Les deux films ne représentent ni un même tournage ni deux versions du même titre. L’un montre les collaborateurs dans le studio ; l’autre invente un univers coloré autour de Ringo. Cette diversité est la raison pour laquelle une vidéographie organisée uniquement par dates d’albums perd une partie de l’histoire artistique.

Une équipe qui ne se limite pas au nom de la vedette

Le portfolio professionnel de Mitchell Arens présente « Everyone and Everything » comme un film de 2022 réalisé par Kii Arens, produit sous le label Universal Music Enterprises, avec la société SixTwentySix Productions. Cette triple information permet de distinguer le réalisateur, le cadre discographique et la structure de production. Il serait simplificateur de faire de Ringo le réalisateur parce qu’il apparaît sur tous les plans ou parce qu’il a choisi d’interpréter la chanson.

La documentation consultée ne donne pas ici le détail de chaque fonction de plateau, de tous les animateurs, de la photographie et du compositing. La fiche doit donc conserver les crédits sûrs et signaler les lacunes. Même un film riche en effets et en décors n’autorise pas à inventer des noms de studios ou de techniciens supplémentaires. Reconnaître l’équipe attestée constitue déjà une correction par rapport aux catalogues fondés sur le seul titre de la chanson.

La contribution de Linda Perry demeure musicale

« Everyone and Everything » est écrite par Linda Perry. Ringo explique que les chansons de l’EP traduisent différentes manières de parler de paix, d’amour et d’attention à autrui. La chanson offre au film un ensemble de mots et une atmosphère, mais cette origine ne signifie pas que Perry a conçu les décors ou dirigé Ringo devant la caméra. Les auteurs sonores et visuels doivent être traités séparément, même lorsque leur travail se rejoint dans la réception.

Cette distinction prend une importance particulière dans une campagne où plusieurs artistes reconnus interviennent : Steve Lukather, Joseph Williams, Linda Perry ou Dave Koz participent à la musique, tandis que Kii Arens construit un espace filmique. La connaissance du disque enrichit l’étude de la vidéo, sans remplacer son générique. Les deux œuvres se complètent plutôt qu’elles ne se confondent.

Une plage, des animaux et des fonds tournoyants

La chronique publiée par l’équipe de Howard Stern le 21 novembre 2022 décrit plusieurs tableaux visuels : Ringo à la batterie sur une plage, des chats à l’allure espiègle, des fonds colorés tournants et une marche devant des paysages de montagne. Ces éléments documentent la variété des cadres sans exiger de décrire chaque plan au-delà des sources. Le film mélange la figure familière du batteur et des environnements où l’on ne s’attend pas à le rencontrer.

L’effet peut être interprété comme un refus de l’autoportrait figé. Ringo apparaît à la fois reconnaissable et déplacé dans des décors qui ne sont pas son lieu habituel de travail. La plage évoque la liberté, les animaux introduisent le jeu, les arrière-plans en rotation donnent de la vitesse à une chanson qui insiste sur la relation aux autres. Il ne faut toutefois pas transformer cette lecture du résultat en programme caché de Kii Arens sans entretien confirmatif.

Psychédélisme, citation et invention contemporaine

L’adjectif « psychédélique » est presque immédiatement employé lorsque des images très saturées accompagnent un ancien Beatle. Mais le style n’appartient pas en propriété aux années 1960. Dans la vidéo de 2022, la mise en scène, l’incrustation et les décors numériques relèvent de techniques et de modes graphiques contemporains. La ressemblance avec des affiches pop ou des films d’animation historiques ne suffit pas à établir une citation de telle couverture ou de tel studio ancien.

Une comparaison raisonnable pourrait s’intéresser au traitement des silhouettes, aux contrastes, aux changements d’échelle et à la géométrie des fonds. Elle devrait éviter l’étiquette paresseuse « un clip comme Yellow Submarine ». Le film de Kii Arens porte sa propre signature, même si son artiste principal demeure associé à l’animation et aux expériences visuelles des Beatles. L’histoire du psychédélisme populaire n’est pas une suite de copies identiques ; elle est aussi une réinvention de motifs dans de nouvelles technologies.

Photographier une star puis la recomposer

Le film pose une question technique intéressante : comment intégrer la présence physique d’un musicien âgé de quatre-vingt-deux ans à un monde de décors changeants ? La réponse visible mêle prises du personnage et composition graphique, mais le détail des dispositifs de fond, des éclairages et des effets doit être recherché dans un dossier de production. Affirmer un procédé particulier — incrustation sur fond vert, animation image par image, prise dans un studio précis — serait prématuré sans témoignage.

Ce que l’on peut analyser, en revanche, est l’image résultante. Ringo conserve sa gestuelle immédiatement reconnaissable : présence devant la caméra, batterie et message positif. Le contexte visuel se transforme autour de lui. C’est une formule de portrait mobile, où la constance de la personne permet toutes les variations du décor. Elle se distingue autant d’une photographie de pochette que d’une simple captation de concert.

La continuité graphique entre objet imprimé et écran

Kii Arens travaille aussi dans le domaine des affiches, pochettes et objets de la culture pop. Le fait qu’un tel créateur réalise un film de Ringo est intéressant pour l’histoire des métiers de l’image : les frontières entre design graphique, peinture numérique, production publicitaire et vidéoclip deviennent poreuses. Il ne faut toutefois pas en conclure qu’il est l’auteur de tous les visuels de l’EP. Les crédits de pochettes d’EP3 relèvent d’une étude séparée.

La vidéo appartient au même environnement commercial que les éditions de novembre 2022, mais elle ne remplace ni la pochette du vinyle ni l’illustration de la cassette. Chaque support possède sa temporalité : le graphisme imprimé demeure visible à la fois ; le vidéoclip déroule des scènes. Le succès d’une direction visuelle résulte souvent du dialogue entre ces formes plutôt que de leur confusion.

Une œuvre autonome dans l’histoire des images de Ringo

En 2022, Ringo fait coexister deux films de nature très différente : l’intimité de studio de Brent Carpenter en septembre, puis la fantaisie graphique de Kii Arens en novembre. La même personne publique peut devenir un témoin de son travail ou un personnage presque irréel, suivant l’auteur et le dispositif retenus. Cette variété justifie l’étude séparée des œuvres au lieu de les résumer sous l’expression « vidéos de l’EP ».

Le dossier dispose ici d’une base documentaire particulièrement satisfaisante : date de publication du 18 novembre 2022, réalisateur Kii Arens, production SixTwentySix et diffusion Universal. Les archives de fabrication, l’identité des équipes d’effets et les éventuelles versions secondaires restent à localiser. Un portrait critique de Ringo comme artiste visuel doit accorder à ces métiers la même attention qu’aux photographes historiques.

Sources et vérifications