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Give More Love (2018) : Brent Carpenter, photographies de fans et dix ans de Peace & Love
Brent Carpenter et les clichés sélectionnés pour les dix ans de Peace & Love
Sommaire de cette étude (10 sections)
- Un clip de 2018 dont le matériau premier vient des admirateurs
- Brent Carpenter : une réalisation officiellement attribuée
- Le concours comme dispositif de collecte
- La paix comme image et pas seulement comme slogan
- Le calendrier : avril 2018 n’est pas septembre 2017
- Nice, Chicago et Internet : la géographie de la campagne
- Propriété et conservation des images sources
- Une campagne visuelle différente de celle de la pochette
- Ce que le clip ajoute à l’autoportrait de Ringo
- Sources et vérifications

Un clip de 2018 dont le matériau premier vient des admirateurs
Le 19 avril 2018, Ringo Starr annonce un nouveau vidéoclip pour « Give More Love », chanson-titre de son album paru en septembre 2017. La communication officielle ne présente pas le film comme une simple performance enregistrée dans un studio : elle précise qu’il comprend des photographies envoyées par des fans, sélectionnées après un concours consacré à la paix, à l’amour et à la bienveillance. Le clip devient ainsi un assemblage d’images personnelles que les spectateurs ont accepté de rendre publiques sous le nom d’un musicien mondialement connu.
Ce dispositif possède une histoire. Ringo demande depuis 2008 aux participants à ses célébrations d’anniversaire de prononcer ou de penser « Peace & Love » au même moment, selon leur fuseau horaire. Le vidéoclip de 2018 transpose cette initiative dans l’image fixe animée. La communauté que Ringo mobilise autour d’un geste et de quelques mots produit désormais la matière d’une œuvre filmée. Il s’agit moins d’enregistrer une foule unique que de donner un montage commun à des contributions dispersées dans l’espace.
Brent Carpenter : une réalisation officiellement attribuée
Le communiqué du 19 avril est exceptionnellement explicite : Brent Carpenter réalise la vidéo. Il n’est donc pas nécessaire d’attribuer le clip au photographe de la pochette, au label, au producteur musical ou à Ringo lui-même pour remplir une fiche. Le réalisateur est identifié par une source de première main. Son travail consiste à organiser le passage de photographies indépendantes vers une séquence rythmée sur une chanson déjà enregistrée. La réalisation d’un film construit avec des images fournies par autrui demeure une activité créatrice à part entière.
Il faut néanmoins résister à une autre extrapolation. Le crédit de réalisateur n’établit pas que Carpenter a pris personnellement les photographies ou composé l’ensemble des visuels de l’album. Une œuvre peut associer des images d’amateurs, un montage professionnel, des graphismes ajoutés, un disque conçu par une autre équipe. Les niveaux d’auteur restent distincts même lorsque le résultat possède une identité esthétique cohérente.
Le concours comme dispositif de collecte
L’annonce officielle signale que les images ont été retenues parmi celles reçues dans une opération « Give More Love ». Pour les historiens, ce renseignement est précieux parce qu’il établit une provenance collective. Les photographies ne sont pas présentées comme des éléments découverts dans les propres archives familiales de Ringo ; elles viennent d’une participation organisée. L’expression « photographies de fans » n’assure toutefois pas qu’il s’agisse d’images techniquement amateurs, ni que toutes représentent leurs auteurs. Certaines peuvent montrer des paysages, des gestes, des objets ou d’autres personnes.
Le concours comporte aussi une phase de sélection. Toutes les contributions reçues ne figurent probablement pas dans le film définitif. Sans accès au règlement et à l’inventaire complet des dossiers, on ne peut ni annoncer un nombre de participants ni affirmer que chacun a été retenu. La formule exacte du communiqué — des photographies choisies parmi des envois — doit guider la rédaction. Elle décrit une participation réelle tout en laissant visible le travail éditorial qui la transforme.
La paix comme image et pas seulement comme slogan
Une photographie de tendresse, d’entraide ou de solidarité peut sembler immédiatement lisible, mais sa signification dépend du contexte. Le montage lui donne une place dans une succession d’images et sous une chanson portant le même message. L’image devient alors l’exemple particulier d’une formule très générale : « donner davantage d’amour ». Le film pourrait être étudié comme un dictionnaire visuel de la bienveillance, où des expériences distinctes sont rapprochées par la musique.
Cette analyse ne signifie pas que chaque auteur a volontairement illustré un vers précis. Un contributeur peut envoyer une image qu’il juge représentative du thème, et le montage peut lui donner une fonction différente. Il faut donc distinguer l’intention du photographe, la sélection de l’équipe et l’interprétation du spectateur. C’est la pluralité de ces regards qui fait la richesse de la vidéo, bien davantage qu’une répétition d’un emblème unique.
Le calendrier : avril 2018 n’est pas septembre 2017
L’album Give More Love paraît le 15 septembre 2017. Le film participatif annoncé le 19 avril 2018 est donc postérieur de plusieurs mois. Il s’inscrit dans la communication préparant le dixième anniversaire des rassemblements Peace & Love, dont la célébration est prévue le 7 juillet 2018 à Nice, au Hard Rock Cafe. Une vidéographie qui daterait le film de 2017 sur la seule base du copyright associé à l’enregistrement mélangerait date de la chanson et date de publication de l’image.
De la même façon, l’année 2008 concerne le lancement du rituel des anniversaires, non le tournage du film en 2018. On a affaire à une œuvre récente commémorant un processus collectif plus ancien. Cette superposition de calendriers constitue précisément son intérêt. Les photographies envoyées par les fans raccordent l’instant de la campagne contemporaine à une histoire de participation répétée pendant dix ans.
Nice, Chicago et Internet : la géographie de la campagne
Le communiqué retrace une série de célébrations : Chicago en 2008, New York ou Hambourg certaines années, puis des événements à la tour Capitol de Los Angeles. En 2018, Nice devient le point de rassemblement annoncé. Ces lieux ne sont pas des lieux de tournage automatiquement identifiables dans « Give More Love ». Ils forment l’arrière-plan institutionnel d’une initiative que les réseaux permettent de prolonger au-delà de toute place publique.
Le vidéoclip illustre alors un déplacement de la participation. Un rassemblement physique permet aux personnes présentes d’être photographiées ensemble ; une collecte d’images délocalisées assemble des contributions prises dans des pays et des moments différents. Le montage produit une communauté imaginée visuellement, sans imposer que les participants se soient rencontrés. Cette forme collective est très caractéristique des années 2010, lorsque la photographie personnelle devient facilement transmissible à une production officielle.
Propriété et conservation des images sources
Les clichés envoyés à une campagne ne deviennent pas pour autant des œuvres sans auteur. Leur présence dans un vidéoclip autorisé ne dispense pas de préciser les conditions d’exploitation. Le règlement du concours, les consentements concernant les personnes photographiées et la liste éventuelle des crédits doivent être recherchés si l’on souhaite reconstituer un dossier patrimonial complet. À défaut, un catalogue honnête peut identifier la catégorie « photographies fournies par des fans » sans inventer les noms absents.
Il faudrait aussi conserver, lorsque cela est légalement possible, les informations originales des fichiers : dimensions, date d’envoi, titre associé et éventuelle légende. Un photogramme extrait du film écrase une part de cette histoire, car il incorpore les choix du montage et de l’affichage. Le film complet est une œuvre ; chaque photographie peut avoir une histoire et des droits distincts.
Une campagne visuelle différente de celle de la pochette
Le disque de 2017 dispose de son équipe de graphistes et d’une iconographie propre, traitée dans une étude antérieure de Yellow-Sub.net. La présente notice ne prétend donc pas analyser à nouveau la couverture, ses couleurs ou ses crédits. Elle s’intéresse à l’œuvre créée l’année suivante avec des images d’admirateurs. La continuité se situe dans le message Peace & Love et dans la chanson ; la discontinuité concerne les photographies sources, le calendrier et l’identité du réalisateur.
Cet exemple montre pourquoi une encyclopédie d’art visuel doit séparer album, pochette et vidéoclip. Le même titre peut désigner trois objets avec leurs auteurs et leurs conditions de circulation. Une classification exclusivement discographique ferait disparaître le rôle de Carpenter et des participants.
Ce que le clip ajoute à l’autoportrait de Ringo
Ringo n’apparaît pas ici uniquement comme l’homme que les autres photographient. Il devient le rassembleur d’un ensemble de regards extérieurs, participant à son image publique sans être le créateur individuel de tous les documents. Son initiative donne un cadre affectif et médiatique ; les contributeurs produisent les scènes ; le réalisateur leur confère une continuité. L’œuvre est collective sans qu’il faille effacer la responsabilité des personnes qui interviennent à chaque niveau.
La notice est solide sur trois faits : diffusion annoncée le 19 avril 2018, réalisation Brent Carpenter et photos de fans choisies par concours. Elle reste ouverte sur le nombre des documents, leurs auteurs individuels, le détail du montage et les éventuelles copies internationales. La séparation entre certitude et piste de recherche garantit que le film conserve sa vraie singularité.
Sources et vérifications
- Ringo Starr, communiqué officiel du 19 avril 2018 : crédit de Brent Carpenter, concours de photographies et calendrier Peace & Love.
- Ringo Starr, « Give More Love », vidéo officielle : identification de la diffusion vidéo.
- Ringo Starr, annonce de l’album, 10 juillet 2017 : date et contexte du disque.












