Une sélection de la période la moins célébrée
Publié par Rhino en 1989, Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 entreprend une tâche différente de celle de Blast from Your Past. La première compilation avait réuni plusieurs succès immédiatement identifiables. Celle-ci revient surtout sur les années 1976 à 1983, période au cours de laquelle la production solo de Ringo Starr s’est révélée moins visible commercialement. Son véritable intérêt ne réside donc pas dans une succession de numéros un, mais dans la possibilité d’entendre des albums aujourd’hui dispersés entre maisons de disques, éditions et histoires de distribution.
Cette compilation ne constitue ni un nouvel album studio ni un programme de morceaux totalement inédits. Elle reprend des interprétations issues notamment de Ringo’s Rotogravure, Ringo the 4th, Bad Boy, Stop and Smell the Roses et Old Wave. Le lecteur découvrira ainsi plusieurs directions musicales qui n’ont pas toutes bénéficié, lors de leur sortie, de la même exposition que les disques du début de carrière. Le contexte de publication américain est déterminant : certaines chansons d’Old Wave accédaient alors pour la première fois à une édition nationale aux États-Unis.
Le choix de morceaux témoigne d'une carrière mobile
Wrack My Brain, chanson écrite par George Harrison, ouvre une porte vers le début des années quatre-vingt et son goût pour une pop nerveuse et concise. In My Car vient du travail mené avec Joe Walsh pour Old Wave ; son emplacement permet de rappeler que Ringo a poursuivi ses collaborations avec des musiciens de rock américains bien après la période Apple. Cookin’ (In the Kitchen of Love), offert par John Lennon, renvoie quant à lui aux sessions de Ringo’s Rotogravure et à la persistance des liens créatifs entre les anciens Beatles.
D’autres titres prennent appui sur des traditions plus anciennes. Hey! Baby reprend une chanson connue dans les années soixante, tandis que I Keep Forgettin’ s’inscrit dans le catalogue de Jerry Leiber et Mike Stoller. En faisant cohabiter les compositions de McCartney, de Lennon, de Harrison, les morceaux coécrits par Starr et les reprises, Starr Struck met en évidence une méthode artistique durable : trouver un répertoire susceptible de convenir à une voix immédiatement reconnaissable, sans chercher à imposer artificiellement une unité de style.
La diversité des productions et des accompagnateurs
Les enregistrements ici réunis ne proviennent pas d’une seule équipe musicale. Arif Mardin, Vini Poncia, George Harrison, Paul McCartney et Joe Walsh apparaissent, selon les chansons et les albums d’origine, dans les crédits de production ou dans les entourages musicaux. Les studios, les batteurs additionnels, les guitaristes et les choristes doivent donc être identifiés au niveau de chaque titre. Copier sur l’intégralité de la compilation la liste du personnel d’un seul album reviendrait à effacer les différences entre plusieurs années de travail.
La présence d’Attention et de Private Property rappelle par exemple les contributions de Paul McCartney au projet Stop and Smell the Roses. Le répertoire issu de Old Wave souligne plutôt le rôle central de Joe Walsh dans cette phase. Les morceaux plus orientés rock et rhythm and blues voisinent avec des titres à la facture plus légère. Cette diversité explique pourquoi les avis sur la période varient : certains auditeurs y entendent des chansons secondaires, d’autres y trouvent des expérimentations et des collaborations que les grands succès avaient laissées dans l’ombre.
Vinyle, compact-disc et ordre des pistes
Une précaution est indispensable : toutes les éditions de Starr Struck ne possèdent pas le même programme. Le microsillon original contient douze chansons ; l’édition sur CD porte l’ensemble à seize titres, avec des ajouts qui modifient sa représentation de la période. La liste retenue ici correspond expressément au compact-disc de seize pistes. Elle ne doit pas être réutilisée, sans adaptation, sur la fiche du vinyle de douze titres. Les durées affichées sont celles de l’édition documentée et peuvent différer légèrement des versions d’albums.
Le recours à une édition précise permet de traiter correctement les reprises, les chansons déjà parues en single et les titres peu accessibles sur leur support original. Il évite aussi de confondre un changement de séquencement avec une nouvelle séance d’enregistrement. Il faudra, pour une étude des pressages, conserver les références de catalogue, les pays de commercialisation, les variantes de pochette et la disponibilité des quatre pistes additionnelles. Starr Struck est particulièrement révélateur de l’importance documentaire d’un disque compilé au-delà de sa seule valeur commerciale.
Une seconde vie pour les albums de transition
Cette sélection offre enfin un point d’entrée utile aux auditeurs qui connaissent les grands disques des années soixante-dix mais n’ont jamais parcouru la suite de la discographie de Ringo Starr. Elle associe des chansons connues à un ensemble moins souvent cité, sans prétendre transformer rétrospectivement chaque sortie en triomphe. On y trouve les hésitations, les fidélités et les rencontres d’une carrière longue. Dans une base reliée aux fiches de chansons et aux albums originaux, la compilation devient un itinéraire d’écoute plutôt qu’une simple répétition de titres.
La publication de 1989 se situe également à proximité du retour de Ringo sur scène avec son All-Starr Band. Il importe pourtant de ne pas confondre ces deux chapitres. Starr Struck documente des enregistrements de studio déjà publiés ; les disques du All-Starr Band reposent sur des formations, des captations et des interprétations nouvelles. Cette distinction servira à identifier sans ambiguïté les versions de chansons, à préserver les vrais auteurs et à ne pas attribuer aux concerts les musiciens des disques antérieurs.
2 — In My Car
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Présentation
Une invitation à démarrer sans regarder en arrière : guitares au premier plan, moteur imaginaire et refrain direct donnent au morceau l’allure d’un road-trip rock. Ringo adopte le sourire d’un conducteur prêt à laisser les tracas sur le bas-côté.
Auteurs et compositeurs
Richard Starkey, Joe Walsh, Kim Goody, Mo Foster
Enregistrement
entre le 7 mars et juillet 1982
Lieux d’enregistrement
Santa Barbara Sound Recording, Californie ; Startling Studios, Ascot (Royaume-Uni)
Musiciens et instruments
- Ringo Starr — chant, batterie, percussions
- Joe Walsh — guitares, chœurs
- Mo Foster — basse
- Gary Brooker — claviers
- Chris Stainton — claviers
- Steve Hess, Mark Easterling, Patrick Maroshek — chœurs
Anecdotes et particularités
Premier titre de « Old Wave », écrit avec Joe Walsh, Mo Foster et Kim Goody. Il est sorti en single en Allemagne et Joe Walsh en a enregistré sa propre version ultérieurement.
Présence sur la compilation « Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 » ; Édition CD de seize pistes, différente du LP de douze titres. Durée correspondant au programme indiqué et non nécessairement à l’original.
4 — I Keep Forgettin'
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Présentation
L’oubli devient le refrain d’une histoire d’amour qui refuse de disparaître : Ringo reprend un classique de Leiber et Stoller en le poussant vers un rhythm and blues très cuivré. Le groove se construit autant sur les percussions que sur le chant.
Auteurs et compositeurs
Jerry Leiber, Mike Stoller
Enregistrement
7–14 mars, 19–23 avril et juillet 1982.
Lieux d’enregistrement
Startling Studios, Ascot, Royaume-Uni ; remplacement de batterie à Santa Barbara Sound Recording, Californie.
Musiciens et instruments
- Ringo Starr — chant, percussions
- Joe Walsh — guitare, chœurs
- Sherwood Ball, Kal David — guitares
- Freebo — basse, tuba
- Bruce MacPherson — orgue
- Russ Kunkel — batterie
- Ray Cooper — percussions
- Garrett Adkins — trombone
- Lee Thornburg — trompette
- David Wooford — saxophone
Production
Joe Walsh, Russ Ballard
Anecdotes et particularités
Ringo a proposé de reprendre le disque de Chuck Jackson de 1962. Zak Starkey a d’abord enregistré une partie de batterie, finalement remplacée par une prise de Russ Kunkel ; Ringo est crédité aux percussions et non à la batterie sur la version publiée.
Présence sur la compilation « Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 » ; Édition CD de seize pistes, différente du LP de douze titres. Durée correspondant au programme indiqué et non nécessairement à l’original.
7 — Attention
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Présentation
Ringo réclame ici une attention véritable, au-delà des mots automatiques d’une relation. Le morceau, écrit par Paul McCartney, fait alterner impatience amusée et appel à la complicité dans un arrangement souple et rythmé.
Auteurs et compositeurs
Paul McCartney
Enregistrement
Séances documentées : 11–21 juillet 1980.
Lieux d’enregistrement
Super Bear Studios, Berre-les-Alpes (Alpes-Maritimes), France.
Musiciens et instruments
- Ringo Starr — batterie et chant principal
- Paul McCartney — basse, piano et chœurs
- Laurence Juber — guitare
- Howie Casey — saxophone
- Linda McCartney — chœurs
- Sheila Casey — chœurs
- Leslie Livrano — chœurs
Production
Paul McCartney
Anecdotes et particularités
McCartney avait envoyé à Ringo une cassette de démonstrations, comprenant aussi « Sure to Fall » et « Route 66 », destinée notamment à préparer les parties de saxophone de Howie Casey. Cette cassette a été vendue aux enchères en 2022.
Présence sur la compilation « Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 » ; Édition CD de seize pistes, différente du LP de douze titres. Durée correspondant au programme indiqué et non nécessairement à l’original.
10 — Private Property
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Présentation
Une mise en garde malicieuse contre celui qui confond tendresse et droit de possession : sous ses airs de rock léger, Paul McCartney confie à Ringo une petite comédie sentimentale où chacun défend son espace.
Auteurs et compositeurs
Paul McCartney
Enregistrement
Séances documentées : 11–21 juillet 1980.
Lieux d’enregistrement
Super Bear Studios, Berre-les-Alpes (Alpes-Maritimes), France.
Musiciens et instruments
- Ringo Starr — batterie et chant principal
- Paul McCartney — basse, piano et chœurs
- Laurence Juber — guitare
- Howie Casey — saxophone
- Linda McCartney — chœurs
- Sheila Casey — chœurs
- Leslie Livrano — chœurs
Production
Paul McCartney
Anecdotes et particularités
Enregistrée en juillet 1980 aux Super Bear Studios, à Berre-les-Alpes, avec Paul et Linda McCartney ; à distinguer du mixage promotionnel prolongé de 1994.
Deuxième single de l’album en janvier 1982, sans entrée dans les classements. Une édition promotionnelle liée à la réédition de 1994 propose un mixage prolongé, distinct de la version originale du 33-tours.
Présence sur la compilation « Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 » ; Édition CD de seize pistes, différente du LP de douze titres. Durée correspondant au programme indiqué et non nécessairement à l’original.
13 — Sure to Fall (In Love with You)
Fiche de chanson non identifiée dans la base.
Présentation
Une déclaration d’amour qui avance sur un fil : derrière les hésitations de la mélodie country, le cœur est déjà prêt à céder. Ringo retrouve le répertoire de Carl Perkins, cette musique américaine dont les Beatles s’étaient nourris dès leurs premières années.
Auteurs et compositeurs
Bill Cantrell, Quinton Claunch, Carl Perkins
Enregistrement
Séances documentées : 11–21 juillet 1980.
Lieux d’enregistrement
Super Bear Studios, Berre-les-Alpes (Alpes-Maritimes), France.
Musiciens et instruments
- Ringo Starr — batterie et chant principal
- Paul McCartney — basse, piano et chœurs
- Laurence Juber — guitare
- Howie Casey — saxophone
- Linda McCartney — chœurs
- Sheila Casey — chœurs
- Leslie Livrano — chœurs
- Lloyd Green — guitare pedal steel
Production
Paul McCartney
Anecdotes et particularités
Ringo revient à une chanson de Carl Perkins qui faisait partie du répertoire des Beatles à la radio. Paul McCartney produit la séance française ; Lloyd Green y apporte la pedal steel guitar.
Sous-titre allongé sur l’édition Rhino : « Sure to Fall (In Love with You) ». L’enregistrement correspond au titre « Sure to Fall » de Stop and Smell the Roses.
15 — You Belong to Me
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Présentation
Une ancienne ballade de séparation transformée en confidence : malgré la distance, le narrateur imagine que le lien amoureux survit aux voyages et aux saisons. George Harrison enveloppe la voix de Ringo d’une sonorité plus feutrée, fidèle au caractère nostalgique du standard.
Auteurs et compositeurs
Pee Wee King, Chilton Price, Redd Stewart
Enregistrement
Séances documentées : 19–25 novembre 1980.
Lieux d’enregistrement
FPSHOT (Friar Park Studio), Henley-on-Thames, Angleterre.
Musiciens et instruments
- Ringo Starr — batterie et chant principal
- George Harrison — guitares et chœurs
- Herbie Flowers — basse et tuba
- Ray Cooper — percussions, piano, vocoder et chœurs
Production
George Harrison
Anecdotes et particularités
Écrite par Pee Wee King, Redd Stewart et Chilton Price, cette chanson est un standard bien antérieur à la version de Ringo. Harrison en a dirigé l’enregistrement à son studio de Friar Park.
Présence sur la compilation « Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 » ; Édition CD de seize pistes, différente du LP de douze titres. Durée correspondant au programme indiqué et non nécessairement à l’original.