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Les batteurs du All-Starr Band : de Jim Keltner et Levon Helm à Gregg Bissonette
Cette page est consacrée aux parcours des batteurs et à leurs années de participation. Pour comprendre les arrangements et la fonction des deux kits, lire l’étude complémentaire. Explorer la page complémentaire.
Ringo Starr n’a jamais considéré la batterie comme une simple place fixe : l’instrument est aussi un langage partagé dans les différentes incarnations du groupe.
1989 : trois batteurs au sein de la première formation
La première équipe réunit Ringo Starr, Levon Helm et Jim Keltner, trois musiciens dont les trajectoires musicales ne se ressemblent pas. Helm vient de The Band, où il a également chanté depuis les fûts ; Keltner appartient au monde des séances de studio ; Ringo incarne la mémoire rythmique des Beatles. La présence simultanée de trois personnalités ne signifie toutefois pas que trois batteries complètes jouent sur chaque morceau. Le personnel de la tournée donne le cadre ; seule une captation datée permet de préciser la distribution au cours d’un titre.
Ringo : batteur et voix principale
Les concerts reposent sur une alternance caractéristique. Ringo s’avance pour It Don’t Come Easy, Photograph ou Act Naturally, puis reprend une place rythmique pendant les chansons de ses partenaires. Ce déplacement change la manière dont il est filmé et enregistré. Une photo de Ringo sans baguettes ne démontre pas une absence de batterie pendant tout le spectacle ; elle peut montrer une séquence chantée. Pour indexer les instruments, il faut travailler numéro par numéro.
1992 et 1995 : Zak Starkey aux côtés de son père
Zak Starkey participe aux deuxième et troisième formations de 1992 et 1995. Sa présence introduit une dimension familiale dans un projet qui accueille par ailleurs des musiciens de plusieurs générations. Il faut distinguer ce travail de ses collaborations ultérieures avec les Who : John Entwistle est également présent dans le groupe de 1995, mais la présence simultanée de ces deux noms n’en fait pas un concert des Who.
1997 à 2000 : Simon Kirke et l’histoire de Free
Simon Kirke accompagne Ringo dans les formations de 1997–1998, de 1999 et de 2000. Sa carrière avec Free et Bad Company lui permet d’interpréter Shooting Star ou All Right Now tout en assurant le rythme des chansons des autres. All Right Now a été composée par Andy Fraser et Paul Rodgers : le chanteur-batteur de la soirée n’en devient pas l’auteur. Cette période illustre le fait que certains membres du All-Starr Band cumulent un rôle instrumental de soutien et un véritable catalogue de chanteur.
2001 à 2006 : Sheila E., percussionniste et soliste
Sheila E. apparaît dans les formations de 2001, 2003 et 2006. The Glamorous Life et A Love Bizarre donnent une place à son propre répertoire, lié à Prince et à la pop-funk des années 1980. Son rôle rythmique n’est pas interchangeable avec celui de Simon Kirke : elle apporte une autre tradition de percussion et peut se présenter à l’avant de la scène. Les photos et vidéos doivent préciser la nature exacte de l’instrument joué plutôt que créditer systématiquement « batterie ».
Depuis 2008 : le partenariat de Gregg Bissonette
Gregg Bissonette rejoint la dixième formation en 2008 et demeure un partenaire important de Ringo dans les équipes ultérieures, jusqu’aux annonces de 2026. Sa constance permet au spectacle de conserver une assise rythmique pendant les passages chantés du maître de cérémonie. La liste des vingt-neuf concerts de 2008 constitue un bon point de départ pour comparer l’évolution de ce duo à travers les années 2010 et 2020.
La batterie au service des chansons d’autrui
Le défi musical change d’un titre à l’autre : un morceau de rock progressif de Greg Lake, une chanson pop de Howard Jones ou un instrumental d’Edgar Winter n’exige pas les mêmes couleurs qu’une reprise country de Ringo. Le All-Starr Band repose sur cette adaptabilité. Elle doit toutefois être décrite comme une propriété de l’orchestre, et non comme la preuve de variations de tempo ou de solos que les sources ne documentent pas.
Vers un catalogue fiable des parties de batterie
Pour constituer une discographie des musiciens, il faudrait attribuer à chaque performance une date, une œuvre, le chanteur, les batteurs présents et, seulement lorsque la preuve existe, celui qui exécute une partie déterminée. L’album live indique parfois un personnel global sans décrire les changements pendant la soirée. Croiser génériques, enregistrements et plans de scène constitue la méthode la plus fiable pour écrire l’histoire du rythme chez Ringo.
Deux batteurs, plusieurs fonctions
Une double batterie ne se résume pas à l’addition de deux instrumentistes jouant constamment la même partie. Dans un groupe comme l’All-Starr Band, l’un peut maintenir le tempo tandis que l’autre développe des accents, des transitions, une ponctuation de caisse claire ou une couleur de cymbales. Mais ces répartitions varient selon les œuvres : il serait erroné de les présenter comme des crédits fixes pour une tournée entière.
La première formation juxtapose Ringo Starr, Levon Helm et Jim Keltner dans une situation rare : trois personnalités de la percussion dont les répertoires antérieurs ne se superposent pas. Le fait qu’un batteur chante à un moment donné ne prouve pas qu’il ait cessé de jouer pendant toute la chanson, ni l’inverse.
Le chant modifie le dispositif scénique
Le cas de Ringo impose de tenir ensemble deux identités : batteur et chanteur. Ses passages au micro, le jeu au kit et les interventions de ses collègues peuvent changer dans une même soirée. À l’inverse, certains All-Starrs assurent un morceau au chant tout en conservant leur instrument ; la présence physique à une batterie sur une photographie ne suffit pas à établir le crédit piste par piste.
Pour les tournées avec Zak Starkey ou Sheila E., la mention « membre du groupe » doit être dissociée de la question « qui joue sur tel titre ? ». Les captations complètes, quand elles existent, facilitent cette attribution, mais elles peuvent elles-mêmes masquer des changements de placement dans le montage.
Transcrire une partie de batterie avec rigueur
Une écoute critique doit noter au minimum les entrées, les breaks, les éventuels solos, les changements de mesure, l’utilisation des toms et la dynamique de l’ensemble. On doit ensuite confronter l’observation à l’image avant d’attribuer les sons à un musicien, surtout quand plusieurs batteries sont présentes sur scène.
Cette méthode aide aussi à comprendre les changements des années 2000 et 2010. Gregg Bissonette fournit une continuité rythmique essentielle dans les formations modernes, mais il n’est pas prudent de créditer à lui seul chaque accent audible, comme si Ringo n’était plus partie prenante de la section rythmique.
Deux batteries ne signifient pas deux parties identiques
La présence simultanée de Ringo Starr et d’un autre batteur ne doit pas conduire à attribuer indistinctement tous les motifs rythmiques aux deux instrumentistes. L’un peut maintenir la pulsation pendant que l’autre accentue les transitions ou quitte son poste pour rejoindre le chant ; les rôles peuvent changer d’une chanson à l’autre. Un crédit global de tournée prouve la participation d’un musicien au groupe, mais ne suffit pas à démontrer sa présence audible sur chaque plage d’un disque ou à chaque instant d’un concert. Les descriptions instrumentales précises gagnent donc à s’appuyer sur des images synchrones et des prises sonores bien datées.
Comparer les carrières et le jeu scénique sans doublonner
Cette étude est consacrée aux parcours des batteurs et à leurs rôles dans les formations successives ; l’analyse du dispositif de double batterie relève d’une autre approche musicologique. Pour conserver cette séparation, le lecteur peut rejoindre l’étude des deux batteries, consulter les effectifs par tournée et vérifier les concerts datés. Les biographies doivent répondre à la question « qui joue ? », tandis que l’analyse instrumentale décrit « comment le groupe joue » ; ce partage évite que deux pages couvrent exactement la même intention documentaire.
Étude complémentaire
Pour approfondir cette lecture, consulter l’étude encyclopédique Les bassistes du All-Starr Band, également publiée dans le dossier historique de Ringo Starr et de son All-Starr Band.
Le travail des techniciens de batterie
La présence d’un batteur supplémentaire aux côtés de Ringo modifie les exigences matérielles du concert : montage des fûts, entretien des peaux et des cymbales, préparation des microphones et disponibilité des instruments en cas d’incident. Ces tâches ne relèvent pas de la biographie des percussionnistes, mais elles participent concrètement à la continuité d’une tournée. Un témoignage technique publié en 2023 présente Jeff Chonis comme un collaborateur présent dans les équipes du All-Starr Band depuis les débuts de 1989, à la fois lié à la batterie de Ringo et à la coordination du plateau.
Cette ancienneté ne permet pas de déduire l’identité de tous les assistants intervenus au fil des décennies, ni de créditer un technicien à une date sans vérification. L’étude des équipes de son et de scène rassemble les informations qui relèvent de ces métiers tandis que cette page conserve l’histoire des interprètes.












