Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

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1992 : les neuf musiciens du deuxième All-Starr Band et les histoires de leurs chansons

Cette étude examine les musiciens et les chansons de la deuxième formation. Pour les concerts et le parcours de la tournée européenne de 1992, lire la chronologie complémentaire. Explorer la page complémentaire.

La deuxième formation associe le rock des Eagles, la pop de Todd Rundgren, les Guess Who, le rock’n’roll de Dave Edmunds et les chansons de Ringo.

Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

De 1989 à 1992 : une méthode conservée, un personnel transformé

Après la première tournée de 1989, Ringo Starr met trois ans avant de présenter une nouvelle formation du All-Starr Band. En 1992, deux noms célèbres assurent une continuité évidente avec l’équipe initiale : Joe Walsh et Nils Lofgren. Les autres partenaires introduisent d’autres héritages musicaux. Ringo s’entoure de Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Tim Cappello et Zak Starkey. Avec Ringo, l’ensemble compte neuf musiciens.

La seconde formation donne une image particulière de la culture rock de la fin du XXe siècle. Elle relie les Eagles aux Guess Who, la scène américaine à la pop britannique, la carrière de Todd Rundgren à la tradition guitaristique des années 1950 et 1960. Au lieu de jouer une collection immuable de chansons de Ringo, elle fait entendre la manière dont les carrières de ses invités constituent un répertoire partagé. De ce fait, le programme est presque une histoire condensée de la musique populaire enregistrée entre 1960 et 1992.

Burton Cummings : des Guess Who à ses propres chansons

Burton Cummings, chanteur et claviériste des Guess Who, occupe une place majeure dans le spectacle. No Time, These Eyes et American Woman évoquent les succès d’un groupe canadien devenu international. Il faut toutefois distinguer les auteurs respectifs de ces chansons, ainsi que les différentes époques où elles furent composées. Leur présence dans les set-lists permet de comprendre comment Cummings présente son identité artistique à un public qui n’est pas venu uniquement pour les Beatles.

Les documents de 1992 signalent également des variations dans les séquences individuelles de Cummings : Stand Tall, Dream of a Child ou Undun sont mentionnés selon les soirs. Ces pièces n’appartiennent pas nécessairement au noyau commun de chaque concert. Pour les archives, leur existence doit donc être associée à des dates précises. Une comparaison avec Montreux ou avec le Zénith parisien ne peut pas se faire à partir d’une liste moyenne qui effacerait les différences entre les représentations.

Todd Rundgren : l’auteur, le producteur et le chanteur

Todd Rundgren est à la fois guitariste, chanteur, compositeur et producteur. Son passé avec Nazz, ses albums solo et son travail avec Utopia expliquent la diversité des chansons qu’il apporte à Ringo. Bang the Drum All Day s’intègre naturellement à l’univers du batteur des Beatles : son refrain et son sujet créent un point de rencontre entre un titre personnel de Rundgren et la mythologie du spectacle collectif.

La part la plus intéressante de son répertoire de 1992 dépasse toutefois ce succès. Black Maria, Love of the Common Man ou One World représentent d’autres sensibilités musicales. Rundgren peut aussi présenter un enchaînement autour de What’s Going On et Mercy Mercy Me, œuvres liées à Marvin Gaye, ce qui pose immédiatement la question de la distinction entre compositeur, interprète historique et artiste chargé du chant ce soir-là. Dans une fiche d’œuvre, la voix de Rundgren ne doit pas effacer les auteurs originaux de ces pièces.

Timothy B. Schmit : les Eagles et l’héritage de Poco

Avec Timothy B. Schmit, le All-Starr Band accueille une voix directement associée aux Eagles et au groupe Poco. Son rôle à la basse, parfois à la guitare, lui permet de soutenir l’orchestre tout en prenant la tête de plusieurs chansons. I Can’t Tell You Why, grand succès des Eagles, est l’un des repères de ses interventions en 1992. Sa présence permet d’entendre une autre texture vocale que celle de Walsh, plus souple et orientée vers les harmonies californiennes.

Keep On Tryin’ renvoie à Poco et à une étape antérieure de la carrière de Schmit. Le contraste entre les deux chansons définit son identité dans le groupe : il ne représente pas seulement un album des Eagles, mais deux périodes de sa trajectoire. Le catalogue doit donc distinguer l’interprète principal sur scène, le groupe à l’origine du succès et la composition propre de chaque œuvre. La répétition des noms d’artistes entre deux époques ne rend pas les enregistrements interchangeables.

Joe Walsh : la continuité qui n’empêche pas les variantes

Joe Walsh possède en 1992 un statut singulier. Il fait partie des rares musiciens à revenir du premier All-Starr Band, mais son répertoire peut changer d’une soirée à l’autre. Les chansons Rocky Mountain Way, In the City et Desperado représentent des références différentes de sa carrière avec les Eagles et en solo. Leur présence au programme n’établit pas nécessairement un trio immuable : les documents de concerts distinguent les numéros réguliers et les interventions variables.

Les archives des spectacles de septembre 1992 apportent en outre un rappel important : une formation annoncée ne signifie pas que tous ses membres jouent toujours chaque soirée. Joe Walsh ne se produit pas au concert du 5 septembre de Las Vegas, en raison d’un engagement antérieur. Cette absence doit être enregistrée au niveau de la représentation, sans modifier la composition générale de la deuxième formation. Une notice de tournée et une fiche de concert doivent donc conserver des champs séparés.

Nils Lofgren : la guitare et les miniatures instrumentales

Nils Lofgren poursuit en 1992 son travail aux côtés de Ringo après la tournée inaugurale. Son répertoire comprend notamment Shine Silently, mais les variations des concerts le montrent aussi dans des interventions plus personnelles : Believe, Walkin’ Nerve ou certaines miniatures instrumentales. Ce mélange illustre une identité plus large que celle d’un seul solo de guitare rock.

À Stockholm, le 19 juillet, des relevés spécialisés signalent Livet i Finnskogarna, tandis qu’à Brescia, le 22 juillet, sont mentionnées Torna a Surriento et une Tarantella. Ces titres appartiennent à un registre éloigné des chansons associées à Springsteen. Ils doivent être conservés avec leur date d’exécution, et non injectés automatiquement dans les set-lists de toute la tournée. Leur présence donne néanmoins à la seconde formation une ampleur instrumentale rarement soulignée dans les histoires générales de Ringo.

Dave Edmunds : reprises, rock’n’roll et histoire des studios

Dave Edmunds est associé au renouveau du rock’n’roll britannique et à l’art d’enregistrer des chansons en empruntant aux sonorités américaines classiques. I Hear You Knocking et Girls Talk figurent parmi les numéros qui lui sont confiés en 1992. Il faut toutefois distinguer leur parcours : Girls Talk a été écrite par Elvis Costello, tandis que la chanson popularisée par Edmunds sous le titre I Hear You Knocking possède une histoire plus ancienne dans le rhythm and blues.

Ses interventions solistes peuvent inclure une version instrumentale de Lady Madonna, chanson des Beatles écrite par Lennon–McCartney. Cette réinterprétation est particulièrement intéressante dans le groupe d’un ancien Beatle : Edmunds prend une œuvre familière au public et la transpose dans sa propre grammaire de guitare. Le crédit de composition demeure inchangé, même lorsque le morceau n’est plus chanté. Cette distinction entre œuvre et arrangement occupe une place importante dans l’index musicologique de 1992.

Tim Cappello : le saxophone et les variations de scène

Tim Cappello contribue à l’orchestration du groupe par le saxophone, les percussions et d’autres instruments. Sa présence équilibre les guitares nombreuses et les claviers de Cummings. Les relevés documentent Wiggle parmi ses interventions personnelles. Ce type de morceau fait entendre une autre texture que le country-rock des Eagles ou les chansons des Guess Who.

La place de Cappello montre que la deuxième formation ne se contente pas de remplacer des célébrités par d’autres célébrités. Elle modifie ses moyens instrumentaux. Le saxophone, le jeu scénique et les percussions participent à l’identité sonore de concerts par ailleurs largement dominés par plusieurs guitaristes de renom. Les photographies, les captations et les crédits permettent de distinguer cette fonction régulière de la participation vocale ponctuelle sur un numéro particulier.

Zak Starkey : un deuxième batteur et une histoire familiale

Zak Starkey rejoint son père à la batterie dans la deuxième formation. Cette collaboration possède naturellement une dimension familiale, mais il serait insuffisant de la réduire à une curiosité biographique. La présence d’un second batteur donne à Ringo la liberté de passer du kit au micro tout en conservant une continuité instrumentale. Elle permet aussi de soutenir des morceaux dont les arrangements originaux reposaient sur des sections rythmiques très différentes.

La distinction des rôles doit être faite chanson par chanson. Une affiche indique que Ringo et Zak participent à la tournée ; elle ne décrit pas lequel joue tel rythme lors d’un solo de guitare ou d’un passage vocal. Pour une édition encyclopédique de la performance, il faut donc combiner la liste des membres avec la set-list précise et, lorsqu’elle existe, une captation datée.

Les chansons de Ringo en 1992 : Time Takes Time et le passé Beatles

La seconde tournée intervient après la publication de l’album Time Takes Time en mai 1992. Des titres tels que Weight of the World et Don’t Go Where the Road Don’t Go rappellent que Ringo ne se présente pas uniquement avec des classiques des années 1960 et 1970. Ils permettent d’inscrire un disque récent dans un programme qui comprend également I’m the Greatest, Photograph, Yellow Submarine et Act Naturally.

I’m the Greatest est une chanson de John Lennon enregistrée par Ringo pour son album de 1973 ; elle possède donc un contexte différent des titres composés pour Time Takes Time. Le spectacle devient un parcours à travers plusieurs périodes : l’époque Beatles, les premières années solo, puis les nouvelles productions du début des années 1990. Chaque œuvre doit conserver son crédit original et sa date d’enregistrement, sans être requalifiée selon l’année du concert.

Le Zénith de Paris et Montreux : deux sources complémentaires

Le 8 juillet 1992, le groupe joue au Zénith de Paris, au lendemain du cinquante-deuxième anniversaire de Ringo, né le 7 juillet 1940. Le 13 juillet, il se produit au festival de Montreux, une soirée connue par une captation éditée et de nombreux documents discographiques. Ces deux concerts illustrent l’expansion internationale du projet et la valeur documentaire des salles européennes.

Le disque lié à Montreux doit être identifié par la date de captation, puis par celle de son édition commerciale. Il ne constitue pas une preuve universelle du programme joué à Paris ou dans les villes américaines de l’été. De même, les interventions individuelles relevées dans les archives de 1992 doivent être associées aux soirées qui les attestent. C’est en préservant les différences entre les dates qu’on pourra écrire une histoire précise du concert et de ses variantes.

Une tournée dont la richesse repose sur les exceptions

Les archives de la deuxième formation ne livrent pas seulement une set-list dominante. Elles révèlent des changements de titres, des solos de musiciens, des medleys et des absences ponctuelles. Les numéros de Rundgren, Walsh, Lofgren ou Cummings peuvent se transformer au fil des villes. La documentation d’une tournée ne doit donc pas imposer artificiellement un programme rigide à toutes les représentations.

La méthode retenue par l’encyclopédie consiste à rattacher chaque œuvre à sa fiche musicale et chaque version à la date où elle est attestée. Les éditions sonores et audiovisuelles constituent un troisième niveau. À cette condition, 1992 apparaît non comme la répétition de 1989, mais comme une expérimentation sur ce qu’un All-Starr Band peut devenir : un ensemble cohérent dont le répertoire reste ouvert.

Burton Cummings et Randy Bachman : une filiation qui traverse deux formations

Burton Cummings apporte en 1992 les chansons des Guess Who, dont American Woman, No Time et, selon les dates, These Eyes. Trois ans plus tard, Randy Bachman rejoint le troisième All-Starr Band et y défend un répertoire associé à Bachman–Turner Overdrive, mais également à son passage chez les Guess Who. Cette succession fait entrer deux personnalités liées à la même formation canadienne dans l’histoire de Ringo, sans les réunir sur scène au sein d’une seule équipe All-Starr.

La chronologie interdit donc de présenter cette filiation comme une reformation des Guess Who. En 1992, Cummings chante avec Ringo, Joe Walsh et Timothy B. Schmit ; Bachman intervient dans une autre distribution en 1995. Cette rencontre indirecte entre plusieurs générations de chansons canadiennes est étudiée dans l’étude sur les musiciens canadiens, tandis que cette page conserve comme sujet principal les neuf musiciens de la deuxième formation.

Joe Walsh et Timothy B. Schmit : les Eagles au sein d’un autre orchestre

Joe Walsh et Timothy B. Schmit ont tous deux appartenu aux Eagles, mais leur engagement auprès de Ringo en 1992 n’est pas une tournée de reformation de ce groupe. Walsh apporte Rocky Mountain Way, In the City et parfois des chansons associées aux Eagles ; Schmit chante I Can’t Tell You Why, qui figure sur The Long Run, et Keep On Tryin’, titre de son histoire antérieure avec Poco. Ces œuvres ne relèvent pas des mêmes albums ni des mêmes crédits, même lorsque les interprètes de 1992 ont travaillé ensemble dans un autre groupe.

Le cas de Desperado, chanson publiée par les Eagles avant leur arrivée dans la formation, illustre le risque des attributions approximatives. Un membre ultérieur peut chanter une œuvre de l’ancien catalogue sans en avoir participé à l’enregistrement originel. l’étude Poco–Eagles détaille ces origines, la circulation des morceaux entre les équipes et les différences relevées dans les programmes de concerts de 1992.

La réception de 1992 : une anthologie de groupes plutôt qu’un spectacle de reprises

Un compte rendu du concert du 17 juin 1992 au Merriweather Post Pavilion insiste sur l’impression d’assister à plusieurs répertoires du rock des années 1970 concentrés au cours d’une seule soirée. Les chansons de Poco, des Eagles, des Guess Who, de Utopia ou de James Gang s’inscrivent dans un programme où Ringo ne monopolise pas le chant et retourne régulièrement à sa batterie. Cette lecture confirme une dimension centrale du concept : des musiciens qui possèdent chacun leur patrimoine musical le partagent au lieu de se succéder dans des prestations indépendantes.

Il s’agit néanmoins d’une chronique portant sur une date précise et non d’une appréciation représentative de toutes les villes de la tournée. Les programmes de New York, Paris ou Montreux présentent des variantes de solos et de chansons. Une encyclopédie doit conserver ce niveau d’information au lieu de convertir le regard du critique en description standard de 1992. La synthèse de la formation, les monographies de répertoire et les fiches par concert répondent à des besoins différents et complémentaires.

Répertoire et documentation

L’étude relève de l’encyclopédie de Ringo Starr et son All-Starr Band. Les programmes propres à chaque soirée figurent dans les fiches datées. Les titres cités servent à expliquer les carrières des musiciens : ils ne constituent pas une set-list identique pour l’ensemble de la tournée.

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