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Appreciate : Newman le robot, l’Auto-Tune essayé puis écarté, et l’étincelle Kanye West, l’histoire du clip le plus étrange de Paul McCartney

Par Clive Helday
Appreciate Paul McCartney : Newman le robot, l’Auto-Tune et Kanye West

Un musée des humains, un robot géant, et Paul McCartney figé derrière une vitrine, sa basse Höfner à la main. Le clip d’Appreciate, dévoilé le 16 mai 2014, est l’une des vidéos les plus étranges de sa carrière. Il raconte pourtant une histoire très simple : celle d’un musicien qu’on voudrait voir rester immobile et qui refuse de l’être. La chanson qu’il illustre, tirée de l’album NEW (2013), cache aussi une petite confidence de studio : McCartney y a essayé l’Auto-Tune, après avoir vu Kanye West s’en servir sur scène, avant de renoncer. Cinq ans plus tard, il franchira le pas. Voici l’histoire complète de Newman le robot, d’une chanson-collage et de l’effet vocal le plus controversé de la pop moderne, vu par un ex-Beatle.

En bref

  • La chanson : Appreciate, septième titre de l’album NEW, sorti le 14 octobre 2013, produit par Giles Martin et mixé par Mark “Spike” Stent. Durée : 4 min 29.
  • La fabrication : un collage de boucles de bande et de boucles de guitare, sur lequel Giles Martin a greffé un refrain enregistré par McCartney à Hog Hill Mill, son studio du Sussex.
  • L’Auto-Tune : McCartney dit avoir “bricolé avec un auto-tuner” sur la chanson, après avoir vu Kanye West l’utiliser en concert. Les prises n’ont pas été conservées.
  • Le clip : réalisé par André Chocron à Londres, il met en scène Newman, un robot conçu par Mervyn Millar et Ed Dimbleby, issus de l’équipe de marionnettistes de War Horse. Il est dévoilé le 16 mai 2014, en avant-première au Japon.
  • La suite : la tournée japonaise est annulée quelques jours plus tard pour cause de virus. En 2019, McCartney publie Get Enough, chanté avec un Auto-Tune très appuyé.

Le clip : Newman, le musée des humains et la statue qui se réveille

Le 16 mai 2014, au lendemain de son arrivée à Tokyo pour l’étape japonaise de la tournée Out There, Paul McCartney dévoile le clip d’Appreciate. La vidéo est d’abord diffusée en exclusivité au Japon, avant d’être mise en ligne dans le monde entier. Elle ne ressemble à aucune autre dans sa vidéographie, que nous avons retracée dans notre article sur cinquante-six ans de films, de clips et de captations.

Le scénario

Le décor est celui d’un musée futuriste, d’un blanc clinique, baptisé “The Museum of Man”, le musée de l’Homme. Les humains y sont devenus des pièces d’exposition. Un grand robot, Newman, déambule seul entre les vitrines, observant les spécimens immobiles avec une curiosité d’enfant. Il s’arrête devant l’un d’eux : Paul McCartney, figé, debout, tenant sa basse Höfner en forme de violon.

Quand la musique commence, la statue s’anime. McCartney se met à chanter, Newman le fait sortir de sa vitrine, et les deux personnages finissent par danser ensemble. Peu à peu, les autres pièces du musée s’éveillent à leur tour. La machine a réveillé l’homme, et l’homme a appris à la machine à danser.

Le rêve de McCartney

L’idée, selon McCartney, lui est venue dans son sommeil. Il l’a racontée dans le communiqué qui accompagnait la sortie du clip :

“I woke up one morning with an image in my head of me standing with a large robot.”

Je me suis réveillé un matin avec en tête l’image de moi, debout à côté d’un grand robot. Il a d’abord pensé que cette image pourrait servir de pochette pour l’album NEW, avant d’en faire le point de départ du clip. Ce n’est pas la première fois qu’un rêve joue un rôle dans sa création : Yesterday, on le sait, lui est venue au réveil, en 1965, dans la chambre qu’il occupait chez la famille Asher, à Wimpole Street. Let It Be est née d’un rêve où sa mère, Mary, lui apparaissait. Le robot de 2014 s’inscrit, plus modestement, dans cette lignée d’images nocturnes devenues œuvres.

Un robot de marionnettistes

Newman n’est pas une créature numérique. C’est une marionnette géante, conçue par Mervyn Millar et Ed Dimbleby pour la société Significant Object Ltd. McCartney a précisé que l’équipe qui l’a développée était celle des marionnettistes de War Horse, le spectacle du National Theatre de Londres, créé en 2007, dont les chevaux grandeur nature, animés par plusieurs manipulateurs, ont fait le tour du monde. Mervyn Millar avait travaillé sur ce spectacle, aux côtés de la Handspring Puppet Company sud-africaine.

Ce choix est important. Il explique la grâce un peu maladroite de Newman, ses gestes lents, sa tête qui s’incline avec curiosité. Comme les chevaux de War Horse, le robot est animé par des humains, et cela se sent. Il n’a rien de la froideur d’une image de synthèse. C’est une machine qui a l’air vivante, précisément parce que des mains humaines la font bouger. Il y a là une ironie que McCartney a sans doute appréciée : le robot qui réveille l’homme est lui-même animé par des hommes.

André Chocron, un réalisateur de clips londonien

Le clip est réalisé par André Chocron, un réalisateur de clips et de publicités basé à Londres, où la vidéo a été tournée. La presse spécialisée de l’époque l’a décrit comme “légèrement surréaliste et très conceptuel”. La réalisation joue sur un contraste simple : un décor froid, géométrique, presque vide, et une chanson qui, peu à peu, remplit l’espace de mouvement.

Newman, ou le “nouvel homme”

Le nom du robot n’a, à notre connaissance, jamais été expliqué officiellement par McCartney. Mais il est difficile de ne pas y entendre un jeu de mots : “New man”, le nouvel homme, en écho au titre de l’album NEW. Le robot serait alors une figure de la nouveauté, celle qui vient chercher le vieil homme dans sa vitrine. Le clip devient une fable sur la place de McCartney en 2014 : celle d’un artiste que le public a tendance à exposer comme une relique, et qui ne demande qu’à être tiré de son socle.

Une galerie de clips étoilés

En 2014, McCartney avait pris l’habitude de clips spectaculaires ou peuplés de célébrités. Pour My Valentine, en 2012, il avait réuni Natalie Portman et Johnny Depp, qui traduisaient la chanson en langue des signes. Pour Queenie Eye, en 2013, une foule de personnalités, dont Johnny Depp, Meryl Streep, Kate Moss, Jude Law, Tom Ford et Sean Penn, avait joué à un jeu d’enfant dans le studio 2 d’Abbey Road. Après ce défilé de stars, le choix d’un seul partenaire, un robot muet, ressemble presque à un pied de nez. La vedette du clip, cette fois, ne parle pas et n’a pas de visage humain.

Précision : une tournée japonaise qui n’a pas eu lieu

Les communiqués de mai 2014 annonçaient que Newman accompagnerait McCartney lors de ses concerts au Japon. Ces concerts n’ont jamais eu lieu. Quelques jours après la sortie du clip, McCartney tombe malade à Tokyo, victime d’un virus. Les deux concerts prévus au Stade national de Tokyo sont annulés, puis, le 20 mai, le reste de l’étape japonaise : le Budokan le 21 mai et le stade Nagai d’Osaka le 24 mai. Ses médecins lui prescrivent un repos complet. Le concert de Séoul, prévu le 28 mai, et les premières dates nord-américaines sont à leur tour reportés. La tournée ne reprend que le 5 juillet 2014, à Albany, dans l’État de New York. Il faut donc se garder d’écrire que le public japonais a vu Newman sur scène en 2014 : le robot était annoncé, la tournée a été annulée.

Appreciate, une chanson à part dans l’album NEW

Pour comprendre la chanson, il faut d’abord revenir à l’album dont elle est issue. NEW, seizième album studio solo de McCartney, sort le 14 octobre 2013 au Royaume-Uni et le lendemain aux États-Unis. Il est le premier album de chansons originales depuis Memory Almost Full, en 2007. Nous lui avons consacré une étude complète, Paul McCartney, NEW : l’art de recommencer quand on a déjà tout inventé.

Quatre producteurs pour un album

L’originalité de NEW tient à sa méthode. Plutôt que de confier le disque à un seul producteur, McCartney fait appel à quatre d’entre eux, tous plus jeunes que lui d’une génération au moins : Paul Epworth, connu pour son travail avec Adele, Mark Ronson, révélé par sa collaboration avec Amy Winehouse, Ethan Johns, fils du légendaire ingénieur Glyn Johns, et Giles Martin, fils de George Martin. Chacun apporte sa couleur. Epworth signe les titres les plus énergiques, comme Save Us et Queenie Eye ; Ronson produit la chanson-titre, New ; Ethan Johns s’occupe de la ballade acoustique Early Days. Giles Martin, lui, prend en charge plusieurs morceaux, dont Appreciate.

Cette démarche, McCartney l’avait déjà expérimentée en 2005, quand George Martin lui avait recommandé Nigel Godrich pour Chaos and Creation in the Backyard. Nous l’avons racontée dans notre article sur le jour où Paul McCartney accepta d’être contredit, et plus largement dans notre enquête sur les producteurs de Paul McCartney et les métamorphoses de sa carrière solo.

Un succès critique et commercial

NEW est bien accueilli par la critique, qui salue sa vitalité et sa diversité. Il se classe à la troisième place des ventes au Royaume-Uni comme aux États-Unis. L’édition japonaise contient un titre supplémentaire, Struggle, resté longtemps introuvable ailleurs, dont nous avons raconté l’histoire dans notre enquête sur l’exclusivité japonaise de NEW. Le lien de McCartney avec le Japon traverse ainsi toute l’histoire de l’album, jusqu’au clip d’Appreciate.

Le septième titre

Dans l’ordre de l’album, Appreciate arrive en septième position, juste après la chanson-titre, New, l’une des plus “beatlesiennes” du disque, avec son clavecin et ses harmonies. Le contraste est saisissant. Après la légèreté de New, Appreciate installe une atmosphère plus sombre, plus lente, plus mécanique. C’est le morceau le plus expérimental du disque, et celui qui surprend le plus à la première écoute.

La fabrication : boucles de bande, guitare brûlante et refrain greffé

Appreciate n’a pas été écrite de manière classique, au piano ou à la guitare, avant d’être enregistrée. Elle a été construite en studio, pièce par pièce, comme un collage.

Un refrain venu d’ailleurs

Selon les informations rassemblées par les spécialistes de la discographie de McCartney, le refrain a été enregistré au début de l’année 2013 à Hog Hill Mill, le studio personnel de McCartney, installé dans un ancien moulin près de Rye, dans le Sussex de l’Est. Les ajouts et le mixage ont été réalisés en avril 2013 aux Henson Recording Studios de Los Angeles, les anciens studios A&M, rachetés par la famille de Jim Henson, le créateur du Muppet Show.

Giles Martin a décrit la méthode de travail. Le morceau est parti de boucles de bande et de boucles de guitare, assemblées en un collage sonore. Puis un refrain que McCartney avait enregistré auparavant, sur une autre base, a été greffé sur ce collage. La chanson est donc née de la rencontre de deux matériaux enregistrés séparément : un fond instrumental hypnotique et une mélodie chantée qui, à l’origine, n’était pas destinée à lui. Giles Martin a confié qu’Appreciate était l’un de ses titres préférés de l’album, et qu’il l’écoutait “de beaucoup de manières différentes”.

Les musiciens

Musicien Rôle sur Appreciate
Paul McCartney Chant, guitares, claviers, batterie
Rusty Anderson Chœurs, guitare, bouzouki
Brian Ray Chœurs, guitare, guitare baryton
Abe Laboriel Jr. Chœurs, batterie
Toby Pitman Programmation
Giles Martin Production
Mark “Spike” Stent Mixage

On reconnaît le groupe de scène de McCartney depuis 2002 : Rusty Anderson et Brian Ray aux guitares, Abe Laboriel Jr. à la batterie. Seul manque Paul “Wix” Wickens, le claviériste. Brian Ray, qui joue ici de la guitare baryton, a raconté ailleurs ce que McCartney lui avait appris sur l’art de jouer les Beatles, dans un entretien que nous avons rapporté : ce que Paul McCartney a appris à Brian Ray.

Le solo qui “s’est joué tout seul”

McCartney garde un souvenir précis de la séance, en particulier de son solo de guitare slide, qui clôt le morceau. Il l’a raconté en ces termes :

“The amp of the guitar was so hot that it kind of played itself.”

L’ampli de la guitare était si chaud que le solo s’est en quelque sorte joué tout seul. La formule est typique de McCartney, qui aime présenter ses trouvailles comme des accidents heureux. Mais elle dit quelque chose de vrai sur la chanson : Appreciate est un morceau où le son compte autant que la note, où la saturation d’un ampli fait partie de la composition.

Une chanson qui tourne en boucle

À l’écoute, on entend nettement la méthode. Le morceau repose sur un motif répétitif, presque hypnotique, une rythmique lourde et lente, des textures de guitare qui apparaissent et disparaissent. La voix de McCartney, grave et posée, semble flotter au-dessus de ce mécanisme. Le refrain, qui répète le mot du titre comme une incantation, invite l’auditeur à relever la tête et à savourer ce qu’il a, au lieu de se laisser abattre. Le contraste entre ce message lumineux et la noirceur de l’accompagnement fait tout le charme du morceau.

L’Auto-Tune : l’effet essayé, puis écarté

C’est dans ce contexte d’expérimentation que McCartney a tenté quelque chose de plus inattendu. Il l’a raconté lui-même, avec sa franchise habituelle : sur Appreciate, il a essayé l’Auto-Tune.

Ce que McCartney a dit

Selon ses propos, rapportés par les spécialistes de sa discographie, McCartney explique qu’il a “bricolé avec un auto-tuner”, “I had a mess around on an auto-tuner”. Il précise d’où lui est venue l’idée : il était allé voir Kanye West, qui s’en servait sur scène. Et il conclut :

“On this Appreciate track I did some stuff, but in the end we didn’t use it.”

Sur ce morceau, Appreciate, j’ai fait quelques essais, mais au bout du compte, on ne les a pas utilisés. La phrase est brève, mais elle dit l’essentiel : l’idée a été tentée, écoutée, puis abandonnée. Rien de plus, rien de moins. Il serait excessif d’en faire un drame ou une renonciation douloureuse. C’est une expérience de studio parmi d’autres, comme McCartney en fait des centaines.

Pourquoi l’avoir tenté ?

Le contexte d’Appreciate rend l’essai logique. La chanson est déjà une construction mécanique, faite de boucles et de programmations. Son clip mettra en scène un robot. L’idée de passer la voix de McCartney à travers une machine, pour accentuer ce côté humain-machine, n’a rien d’absurde. Elle aurait pu donner au morceau une couleur encore plus étrange, celle d’une voix familière soudain filtrée, presque désincarnée.

Il y a aussi la curiosité. McCartney a toujours aimé essayer les outils de son temps. Dans les années 1960, il découvrait les magnétophones et les boucles ; dans les années 1980, les synthétiseurs et les boîtes à rythmes, dont il a fait usage sur McCartney II dès 1980 ; dans les années 1990, avec Youth, la musique électronique de The Fireman. L’Auto-Tune, dans les années 2010, était l’outil emblématique de la pop du moment. Il était naturel qu’il veuille s’y frotter.

Pourquoi l’avoir écarté ?

McCartney n’a pas donné de raison précise. On peut néanmoins formuler quelques hypothèses, à condition de les présenter comme telles. La première est musicale : l’effet risquait d’attirer toute l’attention, au détriment de la chanson. L’Auto-Tune utilisé comme effet est un marqueur très visible, qui date immédiatement un enregistrement. La deuxième tient à la voix elle-même : celle de McCartney est l’une des plus reconnaissables au monde, et la transformer, c’est prendre le risque de perdre ce qui fait son identité. La troisième est sociale : en 2013, l’Auto-Tune était souvent moqué, associé à la triche vocale ou aux excès de la pop commerciale. Pour un artiste de 71 ans, l’utiliser revenait à s’exposer à des sarcasmes.

La suite de l’histoire montrera que cette dernière crainte n’était pas définitive. Mais en 2013, McCartney a préféré garder sa voix nue.

Précision : ce que McCartney n’a pas dit

On lit parfois que McCartney aurait renoncé à l’Auto-Tune parce que ses amis ou ses collaborateurs lui auraient dit qu’il “ne pouvait pas faire ça”. Nous n’avons pas trouvé de source qui le confirme pour Appreciate. Ses propos connus se limitent à trois éléments : il a vu Kanye West utiliser l’effet sur scène, il l’a essayé sur Appreciate, et les prises n’ont pas été utilisées. C’est à propos de Get Enough, en 2019, que la presse a rapporté ses craintes d’un retour de bâton. Les raisons de l’abandon en 2013 relèvent donc de l’interprétation, et doivent être présentées comme telles.

Petite histoire de l’Auto-Tune, de la géophysique à Cher

Pour mesurer ce que représentait l’Auto-Tune en 2013, il faut remonter aux origines de cet outil, dont l’histoire est plus surprenante qu’on ne le croit.

Un ingénieur venu du pétrole

L’Auto-Tune a été inventé par Andy Hildebrand, un ingénieur américain qui avait fait carrière dans la prospection pétrolière, chez Exxon notamment. Son métier consistait à analyser des données sismiques, c’est-à-dire des ondes sonores envoyées dans le sous-sol pour repérer des gisements. Il s’appuyait pour cela sur une technique mathématique, l’autocorrélation, qui permet de détecter la périodicité d’un signal. Après avoir quitté l’industrie pétrolière, il a fondé la société Antares Audio Technologies. Selon une anecdote qu’il a souvent racontée, l’idée lui est venue lors d’un dîner, quand une invitée l’a mis au défi d’inventer une machine qui lui permettrait de chanter juste. Le logiciel est commercialisé en 1997.

Un correcteur discret

À l’origine, l’Auto-Tune est conçu pour être invisible. Il détecte la hauteur de la note chantée et la ramène, en douceur, vers la note juste la plus proche. Utilisé avec un réglage lent, il corrige les petites imprécisions sans que l’auditeur s’en aperçoive. C’est ainsi qu’il est employé, aujourd’hui encore, dans une immense partie de la production musicale, souvent à l’insu du public.

Believe, 1998 : l’effet devient une signature

Tout change en 1998, avec Believe, la chanson de Cher. Les producteurs Mark Taylor et Brian Rawling poussent le réglage à l’extrême : la correction devient instantanée, et la voix saute d’une note à l’autre sans transition, avec un son métallique, robotique. Ce qui était un défaut devient un effet. Le public l’appelle “l’effet Cher”. La chanson est un triomphe mondial, numéro un dans de nombreux pays. L’Auto-Tune vient de changer de nature : de correcteur discret, il est devenu un instrument expressif.

T-Pain, Kanye West et la décennie 2000

Dans les années 2000, le chanteur américain T-Pain fait de l’Auto-Tune sa marque de fabrique, au point que son nom devient presque synonyme de l’effet. Puis, en 2008, Kanye West publie 808s & Heartbreak, un album écrit après la mort de sa mère, Donda, et la fin de ses fiançailles. Il y chante presque entièrement à travers l’Auto-Tune, mais d’une manière nouvelle : la voix traitée ne sonne pas festive, elle sonne blessée, solitaire, mélancolique. L’effet devient un moyen de dire la fragilité. L’influence de ce disque sur le hip-hop et la pop des années suivantes est considérable.

La “mort de l’Auto-Tune” annoncée par Jay-Z

Le succès de l’effet provoque aussi un rejet. En 2009, Jay-Z publie D.O.A. (Death of Auto-Tune), un titre qui proclame la mort de l’effet et se moque de ceux qui en abusent. La même année, le groupe Death Cab for Cutie se présente aux Grammy Awards avec des rubans bleus pour protester contre l’usage excessif de l’Auto-Tune. L’outil est alors au cœur d’un débat sur l’authenticité : est-ce encore chanter, quand une machine corrige chaque note ?

C’est dans ce climat qu’intervient l’essai de McCartney, quelques années plus tard. En 2013, l’Auto-Tune est à la fois omniprésent et méprisé, adopté par la pop et moqué par une partie du rock. Pour un ex-Beatle, s’en servir aurait été un geste lourd de sens.

Kanye West, l’étincelle sur scène et la collaboration qui suivra

McCartney cite Kanye West comme déclencheur. Ce n’est pas un hasard : Kanye est l’artiste qui a donné à l’Auto-Tune ses lettres de noblesse émotionnelles, avec 808s & Heartbreak.

Un spectateur ébloui

McCartney raconte qu’il est allé voir Kanye en concert et l’a vu se servir de l’Auto-Tune en direct. On ignore la date exacte de ce concert, mais elle est antérieure aux séances de NEW. Ce qui l’a frappé, c’est la liberté avec laquelle l’effet était utilisé, non pas pour corriger une voix, mais pour jouer avec elle. C’est exactement ce qu’il dira plus tard à propos de John Lennon.

Only One, FourFiveSeconds, All Day

La rencontre entre les deux hommes ne se limite pas à cette soirée. Fin 2014, ils travaillent ensemble à Los Angeles. Le 31 décembre 2014, Kanye West publie Only One, une ballade sur laquelle McCartney joue des claviers, et où Kanye chante, à travers l’Auto-Tune, du point de vue de sa mère disparue. En janvier 2015 sort FourFiveSeconds, interprété par Rihanna, Kanye West et Paul McCartney, qui joue de la guitare acoustique. Le trio interprète la chanson aux Grammy Awards, le 8 février 2015. Puis vient All Day, en 2015, dont la version finale contient un fragment de guitare et de voix de McCartney. Nous avons raconté ces collaborations dans notre panorama Paul McCartney collaborateur : cinquante-huit ans de duos.

Précision : l’ordre des événements

On lit parfois que la collaboration avec Kanye West aurait inspiré l’essai d’Auto-Tune sur Appreciate. La chronologie dit autre chose. Appreciate est enregistrée en 2013 et sort en octobre de la même année. Les séances communes avec Kanye West datent de la fin 2014, et Only One ne paraît que le 31 décembre 2014. Ce qui a inspiré McCartney, selon ses propres mots, c’est un concert de Kanye auquel il a assisté, pas leur travail commun, qui viendra plus d’un an plus tard.

Le choc des générations

La collaboration avec Kanye a surpris, et parfois choqué. Une partie du public de Kanye ignorait qui était McCartney, au point que certains internautes, en janvier 2015, ont salué Kanye pour avoir “fait découvrir” ce musicien inconnu. L’anecdote a fait rire McCartney, qui s’en est amusé dans plusieurs entretiens. Elle illustre bien le fossé que l’Auto-Tune symbolisait aussi : un outil associé à une génération, et un musicien que cette génération connaissait à peine.

Les Beatles, des pionniers des traitements vocaux

Si McCartney a pu se sentir autorisé à essayer l’Auto-Tune, c’est aussi parce qu’il vient d’un groupe qui n’a jamais cessé de manipuler les voix. La légende d’un rock “authentique”, sans artifice, ne résiste pas à l’examen de la discographie des Beatles.

Lennon et sa propre voix

John Lennon n’aimait pas sa voix. Il l’a répété toute sa vie, et ses producteurs comme ses proches l’ont confirmé. Il détestait l’entendre seule, sans traitement. Il réclamait des échos, des réverbérations, des doublages. Son fils Sean l’a résumé en 2021 : son père “n’aimait pas sa voix seule, une voix unique”. C’est pour lui, en grande partie, que l’industrie du disque doit l’une de ses inventions les plus durables.

L’ADT, inventé pour Lennon

Au printemps 1966, pendant les séances de Revolver, Lennon se plaint de la corvée du doublage vocal, qui consiste à chanter deux fois la même partie, à l’identique, pour épaissir la voix. L’ingénieur d’EMI Ken Townsend imagine alors une solution technique : en décalant légèrement un second magnétophone, il obtient un dédoublement artificiel de la voix, sans que le chanteur ait besoin de se répéter. C’est l’ADT, l’Artificial Double Tracking, utilisé dès Revolver et devenu un standard des studios. L’ADT est, d’une certaine manière, l’ancêtre lointain de tous les traitements qui ont suivi : une machine qui modifie la voix pour la rendre plus séduisante à l’oreille de celui qui chante.

Tomorrow Never Knows, la voix du dalaï-lama

Pour Tomorrow Never Knows, enregistrée en avril 1966, Lennon demande à George Martin que sa voix sonne comme celle du dalaï-lama chantant au sommet d’une montagne. L’ingénieur Geoff Emerick trouve la solution : faire passer la voix dans un haut-parleur Leslie, normalement réservé à l’orgue Hammond, dont les pavillons rotatifs donnent au son une ondulation étrange. Sur la même chanson, les Beatles superposent des boucles de bande, dont plusieurs ont été préparées par McCartney chez lui, sur ses magnétophones Brenell. Le résultat est l’un des morceaux les plus audacieux de l’histoire de la pop.

Rain, la voix à l’envers

La même année, sur Rain, face B de Paperback Writer, les Beatles inversent une partie de la voix de Lennon, qui apparaît à l’envers à la fin du morceau. C’est l’un des premiers usages de l’enregistrement inversé dans un disque pop. Lennon a raconté qu’il avait eu l’idée en écoutant, chez lui, une bande installée à l’envers par erreur. Là encore, le studio sert à rendre la voix étrangère à elle-même.

Le varispeed et le Mellotron

Les Beatles jouent aussi avec la vitesse des bandes. En accélérant ou en ralentissant l’enregistrement, ils modifient la hauteur et le timbre des voix et des instruments. Strawberry Fields Forever, enregistrée à la fin de 1966, est le résultat d’un montage célèbre entre deux versions enregistrées dans des tonalités et à des tempos différents, que George Martin et Geoff Emerick ont fait coïncider en jouant sur la vitesse. L’introduction de la chanson repose sur le Mellotron, joué par McCartney, un instrument qui reproduit, à partir de bandes préenregistrées, le son de flûtes, de cordes ou de chœurs. Le Mellotron est, à sa manière, un ancêtre de l’échantillonneur.

Toutes ces innovations ont un point commun : elles font de la voix et du son des matériaux malléables. Les Beatles n’ont jamais considéré la voix comme intouchable. Ils l’ont doublée, filtrée, ralentie, inversée. L’Auto-Tune n’est, au fond, qu’une étape de plus dans cette histoire.

“John aurait adoré” : McCartney, Lennon et l’Auto-Tune en 2021

Huit ans après Appreciate, McCartney revient sur le sujet, et cette fois sans la moindre hésitation.

Watch the Sound, avec Mark Ronson

En juillet 2021, Apple TV+ diffuse Watch the Sound with Mark Ronson, une série documentaire consacrée aux grandes innovations techniques de l’histoire de la musique. Mark Ronson, l’un des producteurs de NEW, y consacre son premier épisode à l’Auto-Tune. Il interroge plusieurs artistes, dont Paul McCartney et Sean Ono Lennon. McCartney y déclare :

“I’d say that if John Lennon had had an opportunity he would have been all over it. Not so much to fix your voice, but just to play with it.”

Si John Lennon en avait eu l’occasion, il se serait jeté dessus. Pas tant pour corriger sa voix que pour jouer avec. La nuance est essentielle : pour McCartney, l’intérêt de l’outil n’est pas la correction, c’est le jeu. C’est la même logique que celle qui guidait les Beatles en 1966, quand ils passaient la voix de Lennon dans un haut-parleur Leslie.

“Je l’utiliserais”

McCartney va plus loin, en parlant de lui-même :

“Yeah Auto-Tune, I would use it. If I’ve done a vocal that I don’t think is that good… ‘oh come on, let’s stick it through,’ why not.”

Oui, l’Auto-Tune, je l’utiliserais. Si j’ai fait une prise vocale que je ne trouve pas très bonne, allez, passons-la dedans, pourquoi pas. On est loin de l’hésitation de 2013. Entre-temps, McCartney a franchi le pas, comme on va le voir.

Sean Lennon confirme

Dans le même épisode, Sean Ono Lennon abonde dans le sens de McCartney. Il confirme que son père n’aimait pas sa voix seule, et ajoute : “Je pense qu’il aurait sûrement essayé l’Auto-Tune.” Mark Ronson lui fait alors écouter Hold On, une chanson de John Lennon/Plastic Ono Band (1970), passée à travers l’Auto-Tune et un harmoniseur. Sean réagit avec enthousiasme : selon lui, Ronson fait entrer son père dans l’année 2021. Le fils de Lennon valide donc l’intuition de McCartney.

Précision : une phrase de 2021, pas de 2013

La phrase de McCartney sur Lennon et l’Auto-Tune est souvent citée à propos d’Appreciate, comme si elle accompagnait l’essai de 2013. Elle date en réalité de 2021, et de la série Watch the Sound de Mark Ronson. Entre les deux, McCartney a publié Get Enough, chanté avec Auto-Tune. Sa formule sur Lennon n’est donc pas une justification après coup d’un effet abandonné, mais le regard d’un musicien qui a, entre-temps, adopté l’outil.

Get Enough, 2019 : le pas franchi

Si l’histoire s’arrêtait à Appreciate, on pourrait conclure que McCartney a reculé devant l’Auto-Tune. Mais elle continue, et de manière spectaculaire.

Une surprise du Nouvel An

Le 1er janvier 2019, sans aucune annonce préalable, McCartney met en ligne une nouvelle chanson, Get Enough. C’est une ballade au piano, coécrite et coproduite avec Ryan Tedder, le chanteur du groupe OneRepublic, producteur à succès de la pop américaine, et Zach Skelton. Elle a été enregistrée entre 2016 et 2018, à Hog Hill Mill et aux studios Patriot de Los Angeles, pendant les séances de l’album Egypt Station, sorti en septembre 2018. Tedder a produit trois titres pour ces séances : Fuh You, Nothing for Free et Get Enough.

Une voix ouvertement traitée

La surprise n’est pas seulement la date de sortie. C’est la voix. Sur Get Enough, McCartney chante à travers un Auto-Tune très appuyé, audible, assumé, utilisé non pas pour corriger mais comme un effet expressif. La presse le relève aussitôt. Rolling Stone parle d’une chanson “sauvage, passée à l’Auto-Tune”, et certains titres évoquent un morceau “choquant”. Ce que McCartney n’avait pas osé garder sur Appreciate, il l’assume cinq ans plus tard.

La référence aux Beatles

Selon les comptes rendus de l’époque, McCartney a d’abord redouté les réactions, avant de choisir d’utiliser l’effet en invoquant l’exemple des Beatles, qui n’avaient jamais hésité à adopter les nouvelles techniques de production. C’est exactement le raisonnement qu’il tiendra en 2021 à propos de Lennon. Get Enough n’a pas figuré sur l’édition standard d’Egypt Station ; elle a été intégrée plus tard aux éditions augmentées de l’album, en mai 2019.

De la peur à l’assomption

Entre Appreciate et Get Enough, il y a donc une évolution claire. En 2013, McCartney essaie l’effet et le retire. En 2019, il le garde et le met en avant. En 2021, il le défend publiquement. On peut y voir la trace d’une libération progressive, mais aussi d’un changement d’époque : en 2019, l’Auto-Tune n’est plus l’objet de moqueries qu’il était en 2009. Il est devenu un outil banal, que même les puristes ont cessé de condamner. McCartney a attendu que le climat change pour s’en emparer.

La voix qui vieillit, un sujet sensible

L’histoire de l’Auto-Tune chez McCartney touche à une question délicate, que lui-même aborde rarement de front : celle de sa voix.

Une voix qui a changé

La voix de McCartney a évolué avec le temps, comme toutes les voix humaines. Les aigus de Oh! Darling ou de Helter Skelter, qu’il atteignait sans effort à 27 ans, sont devenus plus difficiles. Dans les années 2010, certains critiques ont relevé une voix plus fragile en concert, notamment sur les chansons les plus exigeantes. McCartney a continué à chanter son répertoire, en s’appuyant sur ses musiciens pour les harmonies.

Le soupçon de triche

C’est là que l’Auto-Tune devient un sujet sensible. Pour un jeune artiste, l’effet est un choix esthétique. Pour un chanteur âgé, il peut être perçu comme un aveu : celui d’une voix qui aurait besoin d’aide. En 2013, McCartney avait 71 ans. Utiliser l’Auto-Tune sur Appreciate aurait pu être interprété comme une manière de masquer l’âge, même si ce n’était pas son intention. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles il a préféré y renoncer, mais il ne l’a jamais dit lui-même.

La réponse de McCartney : continuer

Sa réponse à la question de l’âge a toujours été la même : continuer à jouer. En juin 2022, quelques jours après ses 80 ans, il est en tête d’affiche du festival de Glastonbury, devant une foule immense, pour un concert de près de trois heures. La tournée Got Back, entamée en 2022, l’a mené sur plusieurs continents. Et en 2026, il publie The Boys of Dungeon Lane, coproduit avec Andrew Watt, que nous avons présenté en détail dans notre article sur l’édition spéciale de The Boys of Dungeon Lane. Sa voix n’est plus celle de 1966, mais elle reste reconnaissable entre toutes, et c’est sans doute ce qui compte le plus pour lui.

Ce que raconte le clip, douze ans plus tard

Revoir aujourd’hui le clip d’Appreciate, c’est y lire une fable plus profonde qu’elle n’en a l’air en 2014.

La muséification de McCartney

Le musée des humains où Newman découvre McCartney ressemble à une métaphore de la manière dont le public traite souvent les légendes du rock : comme des pièces de collection, admirées derrière une vitrine, figées dans leur époque de gloire. McCartney, en 2014, est déjà l’objet d’expositions, de rééditions, de commémorations. Le clip met en scène ce statut, et s’en amuse. Il accepte d’apparaître comme une statue, mais seulement pour mieux se réveiller.

La machine qui réveille l’homme

Le rôle du robot est aussi significatif. C’est la technologie, la nouveauté, qui vient chercher McCartney et le sort de sa vitrine. On peut y voir un écho de la démarche de NEW, où quatre jeunes producteurs sont venus bousculer ses habitudes, et de l’essai de l’Auto-Tune, ce petit défi technologique qu’il a voulu relever. La machine ne remplace pas l’homme, elle le remet en mouvement.

L’homme qui fait danser la machine

Mais le clip dit aussi l’inverse. À la fin, c’est McCartney qui entraîne Newman dans la danse. Le robot, d’abord simple observateur, devient un partenaire. La musique humanise la machine. C’est une manière de répondre à toutes les angoisses sur l’Auto-Tune et la technologie : l’outil n’a de valeur que s’il est mis au service d’une émotion humaine. Et cette émotion, chez McCartney, passe d’abord par la mélodie.

Une continuité avec les Beatles

Au fond, l’histoire d’Appreciate, de Newman et de l’Auto-Tune prolonge celle des Beatles. Le groupe qui avait fait entrer les boucles de bande, le Mellotron et les voix inversées dans la pop n’avait aucune raison de craindre une machine. Les Beatles, comme le rappelle McCartney, n’étaient pas des gardiens de l’authenticité. Ils étaient des inventeurs, toujours prêts à essayer un nouveau jouet. McCartney, à plus de 70 ans, a simplement continué à jouer.

Écouter Appreciate aujourd’hui

Pour qui veut redécouvrir la chanson, quelques pistes d’écoute permettent d’en saisir la construction.

Les boucles

Dès les premières secondes, il faut tendre l’oreille vers le fond sonore : un motif répétitif, sur lequel se superposent des textures de guitare qui entrent et sortent du mixage. C’est le collage de boucles de bande et de guitare décrit par Giles Martin. Il donne au morceau son caractère obsédant, presque industriel.

La voix

La voix de McCartney est ici grave, posée, sans effet spectaculaire. On peut s’amuser à imaginer ce qu’elle aurait donné avec l’Auto-Tune, plus métallique, plus distante. La version retenue a l’avantage de préserver le contraste entre la chaleur humaine du chant et la froideur mécanique de l’accompagnement.

Le refrain

Le refrain, greffé sur le collage, apporte une respiration. La mélodie s’élève, le mot du titre est répété comme un mantra. C’est le moment où la chanson s’ouvre, comme la statue du clip qui se met en mouvement.

Le solo final

Enfin, il faut écouter jusqu’au bout le solo de guitare slide, celui dont McCartney dit qu’il “s’est joué tout seul” grâce à un ampli brûlant. Sa saturation, ses glissements, son caractère presque improvisé, concluent le morceau sur une note sauvage, loin de l’image du McCartney sage et mélodiste.

À voir et à écouter

Pour lire la traduction et l’histoire de la chanson, voir aussi notre fiche Appreciate : paroles, traduction et histoire.

Disques et livres pour aller plus loin

Chronologie

Date Événement
Avril 1966 Ken Townsend invente l’ADT ; enregistrement de Tomorrow Never Knows et de Rain
Fin 1966 Strawberry Fields Forever, introduction au Mellotron jouée par McCartney
1980 McCartney II, album aux synthétiseurs et boîtes à rythmes
1997 Antares commercialise l’Auto-Tune, inventé par Andy Hildebrand
1998 Believe, de Cher, fait de l’Auto-Tune un effet expressif
2008 Kanye West publie 808s & Heartbreak
2009 Jay-Z publie D.O.A. (Death of Auto-Tune)
Début 2013 Enregistrement du refrain d’Appreciate à Hog Hill Mill
Avril 2013 Ajouts et mixage aux Henson Recording Studios, Los Angeles
14 octobre 2013 Sortie de l’album NEW au Royaume-Uni
16 mai 2014 Sortie du clip d’Appreciate, en avant-première au Japon
20 mai 2014 Annulation de la tournée japonaise pour cause de virus
5 juillet 2014 Reprise de la tournée Out There à Albany
31 décembre 2014 Kanye West publie Only One, avec McCartney
8 février 2015 FourFiveSeconds interprété aux Grammy Awards
7 septembre 2018 Sortie d’Egypt Station
1er janvier 2019 Mise en ligne surprise de Get Enough, chantée avec Auto-Tune
Juillet 2021 Watch the Sound : “John aurait adoré l’Auto-Tune”
29 mai 2026 Sortie de The Boys of Dungeon Lane

Questions fréquentes

Qui est Newman, le robot du clip d’Appreciate ?

Newman est une marionnette géante conçue par Mervyn Millar et Ed Dimbleby pour la société Significant Object Ltd, avec l’équipe de marionnettistes du spectacle War Horse. Dans le clip, il découvre McCartney exposé dans un musée des humains et le ramène à la vie.

Qui a réalisé le clip d’Appreciate ?

André Chocron, un réalisateur basé à Londres, où le clip a été tourné. La vidéo est sortie le 16 mai 2014.

Paul McCartney a-t-il utilisé l’Auto-Tune sur Appreciate ?

Il l’a essayé, après avoir vu Kanye West s’en servir sur scène, mais les prises n’ont pas été utilisées dans la version finale.

McCartney a-t-il déjà publié une chanson avec Auto-Tune ?

Oui. Get Enough, mise en ligne le 1er janvier 2019 et coproduite avec Ryan Tedder, utilise un Auto-Tune très appuyé.

Que pense McCartney de Lennon et l’Auto-Tune ?

En 2021, dans la série Watch the Sound de Mark Ronson, il a déclaré que Lennon se serait “jeté dessus”, non pour corriger sa voix, mais pour jouer avec. Sean Lennon a confirmé que son père aurait sûrement essayé l’effet.

Qui a produit Appreciate ?

Giles Martin, fils de George Martin. Le mixage est signé Mark “Spike” Stent.

Newman a-t-il accompagné McCartney en tournée au Japon ?

C’était prévu, mais la tournée japonaise de mai 2014 a été annulée, McCartney ayant contracté un virus à Tokyo.

Glossaire

  • Auto-Tune : logiciel de correction de la hauteur des notes, créé par Andy Hildebrand pour Antares Audio Technologies en 1997, devenu un effet expressif à partir de 1998.
  • ADT (Artificial Double Tracking) : procédé de dédoublement artificiel de la voix, inventé par Ken Townsend chez EMI en 1966.
  • Boucle de bande : fragment de bande magnétique collé sur lui-même pour être lu en continu, utilisé notamment sur Tomorrow Never Knows.
  • Haut-parleur Leslie : enceinte à pavillons rotatifs conçue pour l’orgue Hammond, utilisée par les Beatles pour traiter la voix de Lennon.
  • Mellotron : clavier qui lit des bandes préenregistrées de flûtes, de cordes ou de chœurs, ancêtre de l’échantillonneur.
  • Varispeed : modification de la vitesse de défilement de la bande pour changer la hauteur et le tempo d’un enregistrement.
  • Guitare slide : technique de jeu où l’on fait glisser un tube de verre ou de métal sur les cordes.

Sources

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