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“Liverpool fait partie de qui nous sommes” : Paul McCartney, Ringo Starr et soixante ans d’allers-retours entre les Beatles et leur ville

Par Clive Helday
Paul McCartney, Ringo Starr et Liverpool : 60 ans d'allers-retours

Il a 84 ans, il est né à l’hôpital de Walton, et il le répète comme on récite une prière : il aime Liverpool, la ville fait partie de qui il est, et de qui sont les Beatles. À 86 ans, son ancien batteur se souvient d’une enfance dans le Dingle où personne n’imaginait prendre un jour l’avion, et conclut qu’au fond de lui, il est toujours un Scouser. Le 20 octobre 2026, Paul McCartney et Ringo Starr ont accompagné de ces mots l’annonce du futur Beatles Story qu’Apple Corps ouvrira en 2028 face à la gare de Lime Street. Prises au pied de la lettre, ce sont des déclarations de circonstance. Replacées dans l’histoire, elles disent beaucoup plus. Car la relation entre les Beatles et leur ville n’a jamais été une histoire d’amour sans nuages. Elle a commencé par un départ, connu un retour triomphal, traversé vingt ans de froid, produit une citoyenneté d’honneur remise à un seul des quatre, un exil définitif, une polémique qui a valu à Ringo d’être décapité en effigie, et une lente réconciliation qui trouve en 2026 son point d’orgue. C’est cette histoire que nous racontons ici.

En bref

  • Le déclencheur : le 20 octobre 2026, en saluant le projet d’Apple Corps pour un nouveau Beatles Story à Liverpool, Paul McCartney et Ringo Starr ont livré deux déclarations d’attachement à leur ville natale, reprises notamment par le Liverpool Echo.
  • L’angle : nous ne revenons pas ici sur le détail du projet, que nous avons analysé dans un article dédié, mais sur ce que ces mots disent de soixante ans de relation entre les Beatles et Liverpool.
  • Les grandes étapes : le départ pour Londres en 1963, le retour triomphal du 10 juillet 1964 devant environ 200 000 personnes, les années de désamour des années 1970, la citoyenneté d’honneur votée le 7 mars 1984, le pèlerinage organisé après la mort de Lennon.
  • Quatre trajectoires : John Lennon n’est plus revenu après juin 1969 ; George Harrison est resté le plus distant ; Paul McCartney a multiplié les gestes, de l’Oratorio de 1991 au LIPA ; Ringo Starr a traversé en 2008 une brouille spectaculaire avec sa ville.
  • La réconciliation : le duo Home to Us, le sauvetage de la maison natale de Ringo, la présence régulière de Paul et l’annonce de 2026 referment un long cycle.
  • Six correctifs factuels précisent les approximations relevées dans la presse, de la première citoyenneté d’honneur au “premier duo” de Paul et Ringo.

Ce qu’ils ont dit le 20 octobre 2026

Les mots de Paul McCartney

L’annonce a été faite le mardi 20 octobre 2026 : Apple Corps reprendra en 2027 l’exploitation de The Beatles Story, le musée de l’Albert Dock, avant de l’installer en 2028 dans l’ancien marché de St Johns, sur une surface plus de quatre fois supérieure, avec un belvédère sur le thème de Yellow Submarine au sommet de la St Johns Beacon. Nous avons détaillé le projet, traduit l’intégralité du communiqué et examiné ses implications dans notre article sur le déménagement de The Beatles Story et le projet d’Apple Corps à Liverpool. Nous n’y revenons pas ici.

Ce qui nous intéresse, ce sont les mots. Ceux de Paul McCartney d’abord, rapportés le soir même par le Liverpool Echo dans un article titré sur l’une de ses phrases. Le chanteur se dit surpris, et rendu humble, que l’on s’intéresse encore à l’histoire des Beatles. Il ajoute qu’il aime Liverpool, que la ville fait partie de ce qu’il est et de ce que sont les Beatles, et que personne, à l’époque où ils traînaient ensemble et débutaient, n’aurait cru qu’une telle chose arriverait. Il conclut par une image de voyage : les plans que lui a montrés Apple Corps le ramènent à ce trajet qui va de Liverpool au monde, puis du monde à la maison. Rien de tout cela, dit-il, n’aurait été possible sans Liverpool.

Le quotidien de la ville prend soin de rappeler un détail biographique : Paul McCartney est né à l’hôpital de Walton, le 18 juin 1942. Pour un lecteur de l’Echo, la précision n’est pas anodine. Elle signifie que Paul n’est pas seulement un enfant de Liverpool par la légende, mais par l’état civil, dans un quartier nord de la ville que les touristes ne visitent guère.

Les mots de Ringo Starr

La déclaration de Ringo Starr est plus personnelle encore. Le batteur évoque son enfance dans le Dingle, le quartier ouvrier des docks, où personne n’imaginait un jour monter dans un avion, encore moins parcourir le monde au bout de ce qu’il appelle sa longue, longue route. Il parle de la ville de la musique qu’était et qu’est toujours Liverpool, se réjouit que chaque billet vendu soutienne les nouveaux artistes de la ville, et conclut par deux formules : au fond de lui, il est toujours un Scouser, et il adresse à tous son habituel peace and love.

Nous avons analysé dans notre article de la veille les détails biographiques de cette déclaration, du sanatorium où il a frappé ses premiers rythmes à l’Eddie Clayton Skiffle Group. Ce qui compte ici, c’est le dernier mot. Pour comprendre pourquoi un Beatle de 86 ans éprouve le besoin de rappeler qu’il est toujours un Scouser, il faut remonter à un soir de janvier 2008, sur un plateau de télévision londonien. Nous y viendrons.

La phrase de Sam Mendes

L’article du Liverpool Echo rapporte aussi une déclaration qui ne figurait pas dans le communiqué principal d’Apple Corps : celle de Sam Mendes. Le réalisateur des quatre films consacrés aux Beatles, attendus en avril 2028, raconte que le tournage récent à Liverpool lui a fait mesurer à quel point l’héritage du groupe y est extraordinaire, et que leur empreinte se sent partout dans la ville. Il juge particulièrement approprié que cette nouvelle expérience aide la prochaine génération de talents issus de Liverpool. Des décors de ses films trouveront place dans le futur musée. Nous avons suivi ce projet dans notre article sur la sortie des quatre films en avril 2028.

Le point de vue de Mendes est intéressant précisément parce qu’il vient de l’extérieur. Un réalisateur londonien découvre, en tournant, ce que les habitants savent depuis longtemps : à Liverpool, les Beatles ne sont pas un souvenir, ils font partie du décor quotidien. Cette évidence n’a pourtant pas toujours été vraie. Pendant une vingtaine d’années, la ville a plutôt cherché à les oublier.

1963 : l’année où Liverpool perd les Beatles

Le dernier concert au Cavern

Le 3 août 1963, les Beatles donnent leur dernier concert au Cavern Club, le club de Mathew Street où ils ont joué environ trois cents fois depuis février 1961. Personne ne le sait encore, mais c’est un adieu. Trois semaines plus tard, le 23 août, sort She Loves You, enregistrée le 1er juillet, qui devient le plus grand succès britannique de la décennie. À l’automne, les quatre garçons s’installent à Londres. Ils partagent pendant quelques semaines l’appartement du 57 Green Street, à Mayfair, dont nous avons raconté l’histoire dans notre article sur l’appartement où les quatre Beatles ont vécu ensemble, puis se dispersent : John à Kensington avec Cynthia et Julian, Paul chez la famille de Jane Asher à Wimpole Street, George et Ringo à Knightsbridge.

La logique du déménagement est implacable. Les maisons de disques, la télévision, la radio, la presse nationale et les grandes salles se trouvent à Londres. Un groupe qui joue chaque semaine pour la BBC et enregistre à Abbey Road ne peut pas passer sa vie dans les trains entre Lime Street et Euston. Brian Epstein suit le mouvement : au début de 1964, il installe les bureaux de NEMS Enterprises à Londres, près d’Oxford Circus.

Le sentiment d’abandon

Pour une partie de Liverpool, ce départ est vécu comme une trahison. La ville avait fait les Beatles, et voilà qu’elle les perdait au moment précis où ils devenaient célèbres. Les fans du Cavern, qui les avaient vus jouer à l’heure du déjeuner pour quelques shillings, les voient désormais à la télévision, comme tout le monde. Les autres groupes de la scène locale, qui espéraient profiter de leur succès, découvrent que les maisons de disques viennent signer à Liverpool, mais emmènent aussitôt les artistes à Londres.

Ce ressentiment ne fera que grandir. Il explique pourquoi, dans les années qui suivent, la ville entretient avec ses enfants les plus célèbres une relation ambivalente, faite de fierté et de rancune. La presse locale, en juillet 1964, parle déjà de rumeurs selon lesquelles leur popularité serait en baisse sur les rives de la Mersey. Les Beatles eux-mêmes le savent, et ils appréhendent leur premier grand retour.

10 juillet 1964 : le retour triomphal

Une ville entière dans la rue

L’occasion de ce retour est l’avant-première nordique du film A Hard Day’s Night, quatre jours après la première mondiale de Londres. Le 10 juillet 1964, les Beatles atterrissent à l’aéroport de Speke. Une conférence de presse est organisée sur place. Puis un cortège escorté par la police les conduit jusqu’à l’hôtel de ville, au cœur du centre. Le long du trajet, on estime la foule à environ 200 000 personnes, soit à peu près un quart de la population de la ville.

À l’hôtel de ville, une réception civique les attend. Ils y sont accueillis notamment par Bessie Braddock, la célèbre députée travailliste de la circonscription de Liverpool Exchange. Ils apparaissent au balcon, saluant la foule à la manière d’une famille royale, déclenchant des hurlements que le Guardian du lendemain compare au vacarme de la batterie de Ringo. À l’intérieur, l’orchestre de la police joue des chansons des Beatles, et les notables de la ville montrent, selon le même journal, des signes manifestes de Beatlemania. Un peu avant 21 heures, les quatre musiciens partent pour le cinéma Odeon, où le film est projeté au profit d’œuvres caritatives. Le même jour sortent au Royaume-Uni le single et l’album A Hard Day’s Night.

Ce que ce retour a signifié

Les Beatles ont souvent dit que cet accueil avait été l’un des plus extraordinaires de leur carrière, alors qu’ils revenaient de leur première conquête des États-Unis. Pour eux, l’enjeu était réel : ils redoutaient que leur ville leur en veuille. La réponse de Liverpool fut sans ambiguïté. Le temps d’une soirée, la ville a pardonné le départ, et célébré ses enfants comme des héros.

C’est ce souvenir que Paul McCartney convoque implicitement lorsqu’il parle, en 2026, du voyage de Liverpool au monde et du retour à la maison. Le 10 juillet 1964 est le premier “retour à la maison” des Beatles. Ce n’est pas le dernier, mais c’est le seul où ils sont revenus à quatre. Dans notre article sur la Grande-Bretagne des années Beatles, nous avons raconté comment le pays tout entier a vécu cette même année 1964.

Les derniers concerts dans la ville

Les Beatles reviendront encore jouer à Liverpool, à l’Empire Theatre de Lime Street, en novembre 1964 et en décembre 1965. Le concert du 5 décembre 1965 à l’Empire sera leur dernier dans leur ville natale. Ils cesseront toute tournée en août 1966. À partir de là, Liverpool n’est plus pour eux qu’un lieu de mémoire, de famille et d’inspiration.

Liverpool dans les chansons : la ville devenue mémoire

In My Life, 1965 : le premier regard en arrière

Il est frappant de constater que Liverpool entre dans les chansons des Beatles au moment précis où ils l’ont quittée. Tant qu’ils y vivaient, ils chantaient l’amour, les filles, la danse, sur le modèle des disques américains. Une fois à Londres, la ville devient un objet de mémoire.

La première trace est In My Life, sur l’album Rubber Soul, publié le 3 décembre 1965. John Lennon y travaille d’abord sur une liste de lieux de son enfance, un trajet en bus à travers Liverpool, avant de la juger trop proche d’une carte postale et d’en garder seulement l’émotion : des lieux dont on se souvient, certains disparus, des amis morts ou vivants. Il dira plus tard que c’était sa première chanson vraiment personnelle. La ville n’y est jamais nommée, mais elle est partout.

Penny Lane et Strawberry Fields, 1967 : Liverpool vue de Londres

Le pas suivant est décisif. Le 17 février 1967 sort au Royaume-Uni le single double face A Strawberry Fields Forever / Penny Lane. Les deux titres portent le nom de lieux réels de Liverpool : un orphelinat de l’Armée du Salut près duquel John jouait enfant, à Woolton, et une rue commerçante du sud de la ville, nœud de bus que Paul et John connaissaient par cœur. Le barbier, la banque, l’abri du rond-point, la caserne de pompiers : McCartney décrit un décor qu’il a vu mille fois, recomposé avec la netteté d’un souvenir d’enfance.

L’ironie est que ces deux chansons, qui ont fait de Penny Lane et de Strawberry Field des lieux de pèlerinage mondiaux, ont été écrites et enregistrées à Londres, par des musiciens qui ne vivaient plus à Liverpool depuis plus de trois ans. La ville qui les a inspirées n’existait déjà plus tout à fait sous cette forme. Elle était devenue un paysage intérieur. Nous avons raconté le sort récent de ces lieux dans notre article sur la vente du centre Beatles de Penny Lane.

Maggie Mae, 1970 : la chanson des marins

Le dernier clin d’œil à la ville sur un album du groupe est aussi le plus discret. Sur Let It Be, publié en mai 1970, figure Maggie Mae, une quarantaine de secondes d’une vieille chanson populaire de Liverpool, l’histoire d’une voleuse de Lime Street qui dépouille les marins. Les Beatles la chantaient pour s’amuser, avec l’accent, entre deux prises. Qu’elle figure sur le dernier album publié du groupe a quelque chose d’émouvant : au moment de se séparer, ils reviennent, le temps d’une plaisanterie, à la ville et à la gare dont la future Beatles Story occupera la place d’en face.

Après les Beatles : chacun sa Liverpool

Après la séparation, chacun des quatre écrira sa propre Liverpool. John Lennon évoque son enfance dans Mother en 1970, puis dans des chansons inachevées des années 1970. Paul McCartney y revient régulièrement, jusqu’à l’album The Boys of Dungeon Lane, paru en mai 2026, dont le titre renvoie à une rue de Speke, le quartier où sa famille a vécu au début des années 1950, et dont plusieurs chansons regardent vers l’enfance. Ringo Starr, on le verra, consacrera au moins trois chansons explicites à sa ville entre 2008 et 2012. George Harrison est le seul à ne jamais avoir fait de Liverpool un sujet de chanson.

Les années de froid : 1970-1980

Une ville en crise

Les années 1970 sont terribles pour Liverpool. Les docks, qui faisaient vivre la ville depuis deux siècles, déclinent avec la conteneurisation et le déplacement du commerce vers l’Europe continentale. Les usines ferment, le chômage explose, les quartiers ouvriers se vident. Au début des années 1980, la ville connaît les émeutes de Toxteth, en juillet 1981, et une partie de l’establishment britannique envisage, selon des archives révélées depuis, de la laisser décliner en douceur.

Dans ce contexte, les Beatles apparaissent pour beaucoup d’habitants comme des enfants du pays partis faire fortune ailleurs, qui ne sont pas revenus et n’ont rien fait pour leur ville. Le reproche est en partie injuste, mais il est tenace. Il explique pourquoi Liverpool ne fait presque rien, pendant ces années-là, pour exploiter ou protéger son patrimoine Beatles.

1973 : le Cavern sous les gravats

Le symbole de ce désintérêt est la démolition du Cavern Club d’origine en 1973, pour un chantier ferroviaire qui ne sera jamais réalisé sous cette forme. Le lieu où tout avait commencé devient un parking. Nous avons retracé cette histoire dans notre article sur les sept vies du Cavern Club. Les maisons d’enfance des quatre Beatles appartiennent à des particuliers, aucune plaque ne les signale, et les rares touristes qui viennent de l’étranger doivent se débrouiller seuls.

8 décembre 1980 : le choc

Tout change avec l’assassinat de John Lennon, le 8 décembre 1980, devant le Dakota, à New York. Le deuil est mondial, mais il est d’abord local. Des milliers d’habitants se rassemblent spontanément à Liverpool. La ville prend brutalement conscience de ce qu’elle a perdu, et de ce qu’elle possède encore. Dans les mois qui suivent naissent les premières initiatives patrimoniales : un centre d’information sur Mathew Street, les premières conventions de fans, puis les premiers musées, que nous avons racontés dans notre article sur le projet d’Apple Corps.

7 mars 1984 : la citoyenneté d’honneur, quatorze ans après

Une décision tardive

La reconnaissance officielle arrive le 7 mars 1984. Ce jour-là, le conseil municipal de Liverpool accorde aux quatre Beatles la Freedom of the City, la citoyenneté d’honneur, la plus haute distinction que la ville puisse décerner. John Lennon la reçoit à titre posthume. La liste officielle des citoyens d’honneur de la ville les inscrit tous les quatre à la même date, sous leurs noms, Ringo Starr y figurant sous celui de Richard Starkey.

Le contraste avec le calendrier national est frappant. Les Beatles avaient reçu l’ordre de l’Empire britannique dès juin 1965, à l’initiative du gouvernement d’Harold Wilson. Il a fallu dix-neuf ans de plus, et la mort de l’un d’eux, pour que leur propre ville les honore. Le Liverpool Echo lui-même l’a souligné : ils ont reçu cette distinction quatorze ans après leur séparation.

28 novembre 1984 : Paul, seul à la Picton Library

Un seul des quatre viendra recevoir son titre en personne lors d’une cérémonie. Le 28 novembre 1984, Paul McCartney arrive à l’aéroport de Speke avec Linda, puis se rend à la Picton Library, la salle de lecture circulaire de la bibliothèque centrale, où le lord-maire lui remet un parchemin encadré d’or. Des chansons des Beatles résonnent dans la salle pleine de livres. Le soir même, il assiste à la première britannique de son film Give My Regards to Broad Street à l’Odeon, le même cinéma que vingt ans plus tôt, pour A Hard Day’s Night.

Paul McCartney n’a jamais oublié ce titre, et il en plaisante encore. En juin 2024, dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie qui faisait de l’actrice Sue Johnston une citoyenne d’honneur, il a rappelé que cette distinction lui permettait, selon une vieille tradition, de faire traverser le centre-ville à un troupeau de moutons, et proposé d’en prêter quelques-uns à la nouvelle récipiendaire. Ce jour-là, il fêtait ses 82 ans.

Correctif factuel : quand les Beatles ont-ils été faits citoyens d’honneur de Liverpool ?

On lit parfois que Paul McCartney a été fait citoyen d’honneur de Liverpool en novembre 1984, ou que seul Paul a reçu cette distinction. Les deux affirmations sont inexactes. La décision du conseil municipal date du 7 mars 1984, et elle concerne les quatre Beatles, John Lennon compris à titre posthume ; la liste officielle de la ville les inscrit tous les quatre à cette date. Le 28 novembre 1984 est la date de la cérémonie à laquelle Paul McCartney est venu recevoir son parchemin en personne, à la Picton Library, à l’occasion de la première de Give My Regards to Broad Street. Il est le seul des membres du groupe à avoir participé à une telle cérémonie à l’époque, ce qui explique la confusion.

John Lennon : la ville qu’il n’a jamais revue

Juin 1969, la dernière visite

Le sort de John Lennon est le plus poignant des quatre. Sa dernière visite connue à Liverpool date de juin 1969. Avec Yoko Ono, son fils Julian et Kyoko, la fille de Yoko, il passe quelques jours dans la ville avant de partir pour l’Écosse. Le 25 juin, avant de quitter Liverpool, le couple rend visite à l’école Holmrook, un établissement pour enfants malvoyants. Le voyage se poursuit vers Édimbourg, puis vers le nord de l’Écosse, où Lennon aura un accident de voiture à Golspie, le 1er juillet 1969.

Personne, alors, ne se doute que John ne reviendra plus. En 1970, il est encore en Angleterre, à Tittenhurst Park. Le 31 août 1971, il part pour New York avec Yoko Ono, et ne remettra plus jamais les pieds au Royaume-Uni. La procédure d’expulsion engagée contre lui par l’administration Nixon l’empêche de quitter les États-Unis pendant cinq ans, sous peine de ne pas pouvoir y revenir. Quand il obtient enfin sa carte verte, en juillet 1976, il a d’autres priorités : son fils Sean, sa vie au Dakota.

Les projets de retour de 1980

Pourtant, Lennon pensait à Liverpool. Plusieurs témoignages concordent pour dire que, dans les derniers mois de sa vie, il envisageait un retour. Sa demi-sœur Julia Baird a raconté qu’elle lui avait parlé pour la dernière fois le 17 novembre 1980, trois semaines avant sa mort, et qu’il évoquait un retour sur le Merseyside et même une grande réunion de famille à Ardmore, une maison de Rock Ferry qui appartenait depuis longtemps à la famille. Le biographe Mark Lewisohn estime pour sa part qu’il serait probablement revenu en Angleterre en 1981. Ces projets n’ont jamais pu se réaliser.

On mesure ainsi la distance qui sépare les trajectoires. John Lennon, qui a passé les trente premières années de sa vie en Angleterre, dont plus de vingt à Liverpool, n’a pas revu sa ville natale pendant les onze dernières années de son existence.

Une ville qui l’a adopté après sa mort

Liverpool a rattrapé le temps perdu après sa disparition. L’aéroport de Speke, celui-là même où les Beatles avaient atterri le 10 juillet 1964, a été rebaptisé Liverpool John Lennon Airport en 2001, avec pour devise une phrase d’Imagine évoquant le ciel au-dessus de nous, et une statue de Lennon a été inaugurée dans le hall par Yoko Ono en 2002. La même année, Yoko Ono a acheté Mendips, la maison de tante Mimi à Woolton, pour l’offrir au National Trust, qui la fait visiter depuis 2003. Une statue de John se dresse sur Mathew Street, à côté du Cavern.

Ce sont des hommages de pierre et de bronze, posthumes, rendus par une ville qui n’avait pas su le retenir de son vivant. Le paradoxe est cruel : le Beatle le plus lié à la mémoire de Liverpool, par Strawberry Fields, par In My Life, par sa tante Mimi, est aussi celui qui l’a quittée le plus tôt et le plus définitivement. Nous avons évoqué la fin de sa relation avec son propre père, autre fil de cette histoire familiale de Liverpool, dans notre récit de la dernière rencontre entre John et Alf Lennon.

Correctif factuel : John Lennon n’est pas revenu à Liverpool dans les années 1970

Il circule régulièrement des anecdotes situant John Lennon à Liverpool au début des années 1970, parfois en 1971 ou 1972, à l’occasion d’une visite à sa famille. Aucune n’est documentée. La dernière visite attestée de Lennon dans sa ville natale date de juin 1969, avec Yoko Ono et les enfants, juste avant leur voyage en Écosse. Après son départ pour New York, le 31 août 1971, il n’est plus jamais revenu au Royaume-Uni. Son retour envisagé en 1980, évoqué par sa demi-sœur Julia Baird, n’a jamais eu lieu.

George Harrison : le Beatle sans nostalgie

Wavertree, Speke, puis le reste du monde

George Harrison est né au 12 Arnold Grove, une petite maison mitoyenne de Wavertree, avant que sa famille ne s’installe en 1950 dans un logement social de Speke, au 25 Upton Green. Son père était chauffeur de bus, sa mère une femme chaleureuse qui encourageait sa passion pour la guitare. C’est dans le bus de la ligne 86, qui relie Speke au centre-ville, que le jeune George fait la connaissance de Paul McCartney, qui habite le même quartier et fréquente le même lycée, le Liverpool Institute.

Des quatre Beatles, George est pourtant celui qui a entretenu le rapport le moins sentimental avec sa ville natale. Il n’en a jamais fait le sujet d’une chanson. Ses grandes passions, à partir de 1966, l’emmènent vers l’Inde, la spiritualité, puis vers la campagne de l’Oxfordshire, où il s’installe en 1970 à Friar Park, et vers la Formule 1. Il ne cache pas que la Beatlemania lui a laissé un souvenir amer, et que l’histoire du groupe, dont Liverpool est le point de départ, n’est pas pour lui un sujet de célébration permanente.

Un lien qui passe par d’autres

Cela ne signifie pas qu’il ait renié ses origines. Il a gardé jusqu’au bout l’accent, l’humour pince-sans-rire et l’autodérision qu’on associe à Liverpool, et sa famille est restée attachée à la région. Mais le lien de George avec la ville s’est surtout exprimé à travers d’autres : sa famille, ses amis, puis, après sa mort le 29 novembre 2001, sa veuve Olivia et son fils Dhani, qui participent aux décisions d’Apple Corps. C’est donc aussi au nom de George Harrison, par l’intermédiaire de sa famille, que la société des Beatles s’engage aujourd’hui à Liverpool. La remarque vaut pour John Lennon, représenté par Sean Ono Lennon. Le conseil municipal l’a d’ailleurs souligné en remerciant les “familles des Beatles” qui continuent de croire en la ville.

Paul McCartney : le fils fidèle

Speke, Allerton et le bus 86

Paul McCartney est, de loin, celui des quatre qui a entretenu la relation la plus suivie avec Liverpool. Ses premières années se passent entre plusieurs logements sociaux, dont deux adresses de Speke, avant que la famille ne s’installe en 1955 au 20 Forthlin Road, à Allerton, où il écrira avec John Lennon une partie de leurs premières chansons. C’est là qu’il perd sa mère, Mary, emportée par un cancer en octobre 1956, alors qu’il a quatorze ans. Nous avons raconté les adresses de son enfance dans notre enquête sur la maison d’Elswick Street et dans notre article sur la clé du 20 Forthlin Road.

Pendant toute sa carrière, Paul a continué à revenir. Son père, Jim, s’était installé à Heswall, sur la péninsule de Wirral, dans une maison que Paul lui avait achetée. Son frère Michael, devenu photographe et membre du groupe comique The Scaffold sous le nom de Mike McGear, est resté dans la région. Les visites familiales, les Noëls, les anniversaires ont maintenu un lien concret, quotidien, que les trois autres Beatles avaient perdu.

1991 : l’Oratorio dans la cathédrale

Le premier grand geste artistique de Paul envers sa ville est le Liverpool Oratorio, sa première œuvre classique d’envergure, écrite avec le compositeur et chef d’orchestre Carl Davis pour le cent-cinquantième anniversaire du Royal Liverpool Philharmonic. L’œuvre est créée le 28 juin 1991 dans la cathédrale anglicane de Liverpool. Elle raconte, de manière largement autobiographique, la vie d’un garçon né à Liverpool pendant la guerre, sa scolarité, ses amours, ses deuils.

Le choix du lieu a un sens particulier. Enfant, Paul avait tenté d’entrer dans la chorale de cette cathédrale et avait été refusé. Près d’un demi-siècle plus tard, c’est son œuvre qui y résonne, devant le monde entier. Les critiques musicales ont été partagées, mais le geste a été compris à Liverpool comme un retour symbolique.

1996 : le LIPA, l’école dans le lycée

Le geste le plus durable est le Liverpool Institute for Performing Arts. Le lycée où Paul et George avaient étudié, le Liverpool Institute, avait fermé ses portes en 1985, et le bâtiment de Mount Street se dégradait. Paul s’engage avec l’entrepreneur Mark Featherstone-Witty dans un projet de reconversion : transformer le vieux lycée en école des arts du spectacle. Il y consacre plusieurs années, des millions de livres et une énergie considérable pour convaincre les financeurs. Le LIPA ouvre ses portes en janvier 1996 et est officiellement inauguré par la reine le 7 juin 1996.

Depuis trente ans, Paul y revient chaque été pour la remise des diplômes, serre la main de chaque étudiant et remet les titres de compagnons. Nous avons raconté l’édition de juillet 2026, qui honorait l’acteur Stephen Graham, dans notre article sur la cérémonie du LIPA, et l’apparition surprise de Paul la veille dans le bus du Magical Mystery Tour dans notre article sur cet épisode. L’Apple Corps Liverpool Trust, financé par les billets du futur Beatles Story, poursuit au fond la même idée : faire de l’héritage des Beatles un tremplin pour les jeunes artistes de la ville.

2008 : Anfield

En 2008, l’année où Liverpool est capitale européenne de la culture, Paul McCartney donne le 1er juin un grand concert, The Liverpool Sound, dans le stade d’Anfield, l’antre du Liverpool FC. Dave Grohl, des Foo Fighters, le rejoint sur scène. Pour un enfant de la ville, jouer à Anfield revient à recevoir une autre forme de citoyenneté d’honneur. C’est aussi, cette même année, le contrepoint exact de la brouille qui oppose alors Ringo Starr à une partie des habitants.

2018 : la visite guidée

En juin 2018, un épisode du Carpool Karaoke de James Corden montre Paul McCartney au volant dans les rues de Liverpool, visitant le 20 Forthlin Road, racontant ses souvenirs, avant de jouer par surprise dans un pub du centre, le Philharmonic, devant des clients médusés. L’émission, vue des dizaines de millions de fois, a peut-être fait davantage pour l’image de Liverpool que bien des campagnes touristiques. Paul y apparaît dans son rôle préféré : celui du gamin du coin revenu en visite, qui connaît chaque rue et chaque histoire.

2026 : Dungeon Lane

En mai 2026, Paul McCartney publie The Boys of Dungeon Lane, un album qui a atteint la première place du classement britannique. Le titre renvoie à une rue de Speke, le quartier de son enfance. Plusieurs chansons regardent vers ces années, et l’album contient Home to Us, chantée avec Ringo Starr, dont nous reparlons plus loin. Nous avons raconté les coulisses de l’enregistrement dans notre article sur Hog Hill Mill et Steve Orchard.

Lorsqu’il affirme, le 20 octobre 2026, que Liverpool fait partie de qui il est, Paul McCartney ne force donc pas le trait. Il résume soixante ans d’allers-retours, d’engagements, de chansons et de cérémonies. Dans la famille Beatles, il est le fils qui n’est jamais vraiment parti.

Ringo Starr : le fils prodigue

Le Dingle, Madryn Street et Admiral Grove

Le parcours de Ringo Starr est le plus mouvementé. Richard Starkey naît le 7 juillet 1940 au 9 Madryn Street, dans les Welsh Streets, un ensemble de rues ouvrières aux noms gallois du Dingle, près des docks. Ses parents se séparent quand il a trois ans. Avec sa mère, Elsie, il s’installe vers 1944 au 10 Admiral Grove, une rue voisine. L’enfance est marquée par la pauvreté et la maladie : une péritonite à six ans, qui le tient longtemps éloigné de l’école, puis la tuberculose à treize ans, deux longs séjours à l’hôpital qui le privent de presque toute sa scolarité.

C’est dans cet univers que Ringo situe sa déclaration de 2026 : un quartier où personne ne prenait l’avion, d’où l’idée même de voir le monde semblait absurde. Il était déjà revenu y filmer ses souvenirs en 1993, pour le documentaire Going Home. Sa biographie complète retrace ce parcours en détail.

Janvier 2008 : du toit de St George’s Hall au plateau de Jonathan Ross

L’année 2008 aurait dû être celle de son grand retour. Liverpool est capitale européenne de la culture, et Ringo est choisi pour ouvrir les festivités. Le 11 janvier 2008, lors de la cérémonie d’ouverture, il apparaît sur le toit du St George’s Hall, à une trentaine de mètres au-dessus de la foule, et interprète la chanson-titre de son nouvel album, Liverpool 8, du nom du code postal de son quartier natal. L’image est magnifique.

Une semaine plus tard, le 18 janvier 2008, Ringo est l’invité de l’émission de Jonathan Ross sur BBC One. L’animateur lui demande ce qui lui manque de Liverpool. Le batteur rit, fait une grimace, hésite, puis répond qu’à part ses amis et sa famille, rien. Il ajoute qu’il n’y retourne presque jamais, et mime d’un geste des doigts à quel point il aurait été “proche” d’y revenir.

Le scandale et la tête coupée

La réaction est immédiate et violente. Le Liverpool Echo rapporte que plus de 1 500 habitants se plaignent par téléphone ou sur internet. Des élus, des musiciens de la ville, des lecteurs dénoncent l’arrogance de l’ancien Beatle, qui vit depuis des décennies entre Los Angeles et le sud de l’Angleterre. Le malentendu s’installe : pour Ringo, c’était une plaisanterie ; pour une partie de Liverpool, c’est une insulte.

L’épisode le plus célèbre survient au début d’avril 2008. Des sculptures végétales grandeur nature des quatre Beatles avaient été installées quelques semaines plus tôt devant la gare de Liverpool South Parkway, dans le cadre de l’année capitale de la culture. Un week-end, des inconnus coupent la tête de Ringo, en laissant intacts John, Paul et George. La presse internationale s’amuse de l’affaire. Merseytravel, l’exploitant de la gare, se dit profondément déçu et examine les images de vidéosurveillance avec la police des transports.

Correctif factuel : ce que Ringo a vraiment dit en 2008

La phrase de Ringo Starr est souvent résumée par la formule “rien ne me manque à Liverpool”. Le contexte est plus nuancé. Sur le plateau de Jonathan Ross, le 18 janvier 2008, le batteur a d’abord ri et grimacé, puis précisé qu’à part sa famille et ses amis, rien ne lui manquait, tout en affirmant aimer la ville. Il expliquera en 2011, au Liverpool Echo, qu’il s’agissait d’une plaisanterie, que sa famille et ses amis de Liverpool l’avaient trouvée drôle, et qu’il continuait à la payer. Il ajoutait qu’il y avait évidemment beaucoup de choses qui lui manquaient. La rédaction de l’Echo, de son côté, a maintenu que Ringo avait dit ce qu’il avait dit, son rédacteur en chef résumant la situation d’une formule restée célèbre : comme diplomate, Ringo fait un très bon batteur. Il est donc exact de dire que la phrase a été prononcée, mais inexact de la présenter comme un rejet de la ville.

Trois chansons pour se réconcilier

Ringo n’a jamais cessé de chanter Liverpool, même au plus fort de la brouille. Ses trois albums successifs contiennent chacun une chanson consacrée à la ville. Liverpool 8, sur l’album du même nom, publié en janvier 2008, raconte son parcours, du Dingle aux Beatles. The Other Side of Liverpool, sur Y Not, en janvier 2010, évoque ses années d’avant les Beatles et un Liverpool moins rose que celui des cartes postales ; beaucoup de fans y ont vu une réponse, mélancolique et sans rancune, à la polémique de 2008. In Liverpool, sur Ringo 2012, revient sur la jeunesse, les premiers groupes, les rêves d’un adolescent qui voulait jouer.

En juin 2011, Ringo revient jouer à l’Empire Theatre de Liverpool avec son All-Starr Band, dans la salle même où les Beatles avaient donné leur dernier concert local en 1965. Il avait annoncé que c’était sa salle préférée. Le concert se déroule sans incident. La réconciliation commence.

Madryn Street : la maison sauvée

Elle passe aussi par la pierre. À la fin des années 2000, les Welsh Streets, l’ensemble de maisons ouvrières où Ringo est né, sont promises à la démolition dans le cadre d’un vaste programme de rénovation urbaine. Une campagne se forme pour sauver le 9 Madryn Street. En 2011, le ministre du Logement Grant Shapps obtient un sursis pour la maison natale et une partie de la rue. Le dossier traîne pendant des années, entre enquête publique, recours et changements de projet. Le 16 janvier 2015, le ministre Eric Pickles tranche : la démolition de la majeure partie de Madryn Street porterait atteinte à la compréhension du patrimoine Beatles de Liverpool, et la rue doit être préservée. Les Welsh Streets sont finalement rénovées plutôt que rasées.

L’argument retenu par le gouvernement est révélateur : il ne suffit pas de garder une maison isolée au bout d’un moignon de rue ; c’est l’environnement tout entier, la rue où Ringo est né et a grandi, qui a une valeur. En 2026, quand Ringo évoque le Dingle, il parle d’un lieu qui existe encore, et qui existe en partie grâce à lui.

Correctif factuel : Ringo n’a pas grandi au 9 Madryn Street

Le 9 Madryn Street est souvent présenté comme la maison où Ringo Starr a grandi. C’est sa maison natale, mais il n’y a vécu que quelques années. Vers 1944, après la séparation de ses parents, il s’installe avec sa mère au 10 Admiral Grove, une rue voisine du Dingle, où il passe l’essentiel de son enfance et de son adolescence. C’est à Admiral Grove qu’il habite encore lorsqu’il rejoint les Beatles, en août 1962, et c’est devant cette maison que se pressent les premières fans. Les deux adresses sont à quelques minutes à pied l’une de l’autre, et la confusion entre maison natale et maison d’enfance est fréquente, y compris dans la presse britannique.

Home to Us : deux Beatles et le mot “maison”

Le duo de 2026

Le Liverpool Echo rappelle que Paul et Ringo ont célébré cette année la manière dont la ville les a façonnés dans leur premier duo, Home to Us, paru en 2026. La chanson figure sur The Boys of Dungeon Lane et a été publiée en single le 8 mai 2026. Elle est née, selon les informations communiquées à sa sortie, d’une séance improvisée entre Ringo et le coproducteur Andrew Watt en 2024, avant que Paul ne la complète. Son titre dit tout : il ne s’agit pas d’une chanson sur la gloire, ni sur les Beatles, mais sur un lieu qui reste “chez nous” pour deux hommes qui ont passé leur vie ailleurs.

Placée à côté des déclarations du 20 octobre, la chanson prend un relief particulier. Le même mot, “home”, revient partout : dans le slogan d’Apple Corps, dans la phrase de Paul sur le voyage “de retour à la maison”, dans le titre du duo. Il est difficile de ne pas y voir une stratégie de communication cohérente. Il est difficile aussi de ne pas y entendre quelque chose de sincère chez deux octogénaires qui sont désormais les derniers témoins de l’histoire.

Correctif factuel : Home to Us n’est pas le premier duo de Paul et Ringo

L’article du Liverpool Echo présente Home to Us comme le “premier duo” de Paul McCartney et Ringo Starr. Ce n’est pas tout à fait exact. En décembre 2009, Ringo a publié en single Walk with You, extrait de son album Y Not paru le 12 janvier 2010, sur lequel Paul McCartney joue la basse et chante en contrepoint, reprenant chaque phrase de Ringo une demi-mesure plus tard. Le titre était présenté à l’époque comme un duo, et la presse spécialisée de 2010 le qualifiait déjà de premier duo entre les deux anciens Beatles. Ringo avait raconté que l’idée de ce chant en écho venait entièrement de Paul. Home to Us est en revanche le premier duo de ce type publié sur un album de Paul McCartney, et le premier à faire de leur ville commune le sujet même de la chanson.

De Two of Us au slogan d’Apple

Le slogan choisi par Apple Corps pour le projet de Liverpool, “We’re on our way home”, est emprunté à Two of Us, la chanson qui ouvre l’album Let It Be, enregistrée en janvier 1969. Paul McCartney l’avait écrite en pensant à Linda et à leurs escapades en voiture sans destination, mais elle a souvent été lue comme une chanson sur la relation entre John et Paul, deux garçons de Liverpool qui rentrent chez eux après un long voyage. Le choix est habile : il relie le projet de 2028 à l’une des dernières chansons des Beatles, et il fait de la ville natale la destination finale de leur histoire.

Il y a là une forme de bouclage narratif. En 1963, les Beatles quittent Liverpool. En 1969, au moment de se séparer, ils chantent qu’ils sont sur le chemin du retour. En 2028, leur histoire s’installera dans un bâtiment situé juste en face de la gare de Lime Street, celle par laquelle des générations de Liverpudliens sont parties pour Londres, et par laquelle des millions de visiteurs arrivent aujourd’hui. Le symbole est presque trop parfait.

Ce que ces mots disent, et ce qu’ils taisent

Une réconciliation, pas une révélation

Les déclarations du 20 octobre ne contiennent aucune information nouvelle sur l’histoire des Beatles. Leur intérêt est ailleurs : elles marquent l’aboutissement d’une réconciliation. Il y a soixante ans, Liverpool se sentait abandonnée par ses enfants. Il y a vingt ans, une partie de la ville décapitait l’effigie de Ringo. En 2026, Paul et Ringo saluent ensemble un projet qui installe leur histoire au cœur de la ville, avec la bénédiction du maire de la région, du chef du conseil municipal et du Premier ministre, lui-même né à Aintree.

On peut lire la phrase de Ringo, “au fond de moi, je suis toujours un Scouser”, comme une réponse tardive et apaisée à la polémique de 2008. Sans jamais y faire allusion, le batteur dit ce qu’on lui avait reproché de ne pas dire : qu’il n’a jamais renié sa ville. Et il le dit à l’occasion d’un projet qui, en finançant les jeunes artistes de Liverpool, lui permet d’exprimer cet attachement autrement que par des mots.

Ce qu’ils ne disent pas

Les déclarations taisent aussi bien des choses. Elles ne disent rien des années de froid, rien de la tristesse de John, qui n’a jamais revu sa ville, rien de la distance de George. Elles ne disent rien non plus des débats qu’un tel projet suscite à Liverpool : la crainte de voir l’offre touristique se concentrer entre les mains d’un acteur unique, la question de l’authenticité, l’avenir des autres lieux Beatles de la ville, des musées indépendants aux circuits guidés. Nous avons détaillé ces enjeux dans notre article sur le projet d’Apple Corps.

C’est la loi du genre. Une déclaration de soutien n’est pas une autobiographie. Mais pour qui connaît l’histoire, chaque phrase porte la trace de ce qui l’a précédée. Quand Paul dit que rien n’aurait pu arriver sans Liverpool, il parle aussi des clubs, des disquaires, des marins, des autres groupes, de cette scène locale foisonnante qui a précédé les Beatles et que le Merseybeat a fait connaître au monde. Quand Ringo dit qu’il n’imaginait pas prendre l’avion, il parle d’une classe ouvrière qui ne voyageait pas, et dont il est sorti par la musique.

Liverpool aujourd’hui : une ville qui a appris à vivre avec ses Beatles

Une économie et une identité

Le Liverpool de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celui des années 1970. La ville s’est profondément transformée depuis les années 1990, avec la rénovation de l’Albert Dock, l’arrivée de la Tate en 1988, le titre de capitale européenne de la culture en 2008 et l’organisation, en mai 2023, du concours Eurovision de la chanson pour le compte de l’Ukraine. Les Beatles sont devenus un pilier de cette identité retrouvée, au même titre que le football. L’héritage du groupe pèse plusieurs dizaines de millions de livres par an dans l’économie locale et des milliers d’emplois, selon l’étude de référence menée en 2016 par les universités de la ville.

En décembre 2015, une statue en bronze des quatre Beatles, offerte par le Cavern Club et réalisée par le sculpteur Andy Edwards, a été inaugurée à Pier Head, face à la Mersey, cinquante ans après leur dernier concert dans la ville. Elle est devenue l’un des lieux les plus photographiés de Liverpool.

Un patrimoine parfois maltraité

La relation reste pourtant compliquée. En juillet 2021, l’UNESCO a retiré à Liverpool son statut de patrimoine mondial, accordé en 2004 à son front de mer et à ses docks, en raison de projets immobiliers jugés destructeurs pour le paysage historique. Plusieurs lieux liés aux Beatles ont changé de mains ou fermé ces dernières années : le centre Beatles de Penny Lane a fermé fin 2025, la statue de Brian Epstein a quitté le centre-ville, comme nous l’avons raconté dans notre article sur la statue d’Epstein, et le Cavern Club a été vendu en octobre 2026 à un groupe londonien.

Dans ce paysage en mouvement, l’arrivée d’Apple Corps comme exploitant d’un lieu permanent change la donne. Pour la première fois, ce sont les Beatles eux-mêmes, par leur société, qui s’installent dans leur ville. Les déclarations de Paul et Ringo ne sont pas seulement des mots d’amour : ce sont les signatures de deux actionnaires.

Des archives familiales à la ville

Il faut enfin rappeler que Liverpool ne vit pas seulement de l’image des quatre. La ville conserve un réseau de mémoires familiales et amicales : le Casbah Coffee Club de la famille Best, le Liverpool Beatles Museum de Roag Best, dont nous avons fait le portrait dans notre article sur Roag Best, les maisons de Mendips et du 20 Forthlin Road gérées par le National Trust, les écoles, les églises, les salles où le groupe a joué. C’est cette densité, plus encore que n’importe quel musée, qui fait dire à Sam Mendes que l’empreinte des Beatles se sent partout dans la ville.

Correctif factuel : soixante-six ans depuis quoi ?

Le Liverpool Echo écrit que soixante-six ans se sont écoulés depuis la formation des Beatles. Le calcul suppose une naissance en 1960, ce qui est défendable, mais demande une précision. Le groupe dont sont issus les Beatles, les Quarrymen, a été fondé par John Lennon en 1956 ou 1957 ; Paul McCartney l’a rejoint après leur rencontre du 6 juillet 1957 à Woolton, et George Harrison au début de 1958. Le nom de Beatles, après plusieurs variantes, s’impose au cours de l’été 1960, juste avant le premier séjour à Hambourg, qui commence le 17 août 1960. La formation définitive, avec Ringo Starr, date du 18 août 1962. Selon le point de départ retenu, le groupe a donc entre soixante-quatre et soixante-dix ans. Les soixante-six ans de l’Echo correspondent à l’adoption du nom.

Quatre adresses, quatre Liverpool : le guide du pèlerin

Avant que la future Beatles Story n’ouvre ses portes face à Lime Street, le meilleur moyen de comprendre ce que Paul et Ringo veulent dire en parlant de leur ville reste d’aller voir les lieux eux-mêmes. Chacun des quatre Beatles a sa géographie, et ces géographies ne se ressemblent pas.

La Liverpool de John : Woolton et la banlieue verte

John Lennon est né le 9 octobre 1940 à la maternité d’Oxford Street, mais c’est à Woolton qu’il a grandi, au 251 Menlove Avenue, chez sa tante Mimi. Mendips est une maison jumelée des années 1930, dans une banlieue aisée, bordée d’arbres et de terrains de golf. À quelques minutes de marche se trouvent Strawberry Field, le jardin de l’orphelinat de l’Armée du Salut, et l’église St Peter, où John a rencontré Paul le 6 juillet 1957 lors de la fête paroissiale. C’est la Liverpool la plus verte, la plus bourgeoise, celle qui a le moins à voir avec l’image ouvrière associée au groupe.

La Liverpool de Paul : Speke et Allerton

Paul McCartney est né à l’hôpital de Walton, au nord de la ville, mais ses souvenirs d’enfance appartiennent au sud : Speke, ses logements sociaux de l’après-guerre, ses champs encore proches, Dungeon Lane et les berges de la Mersey ; puis Allerton et le 20 Forthlin Road, une petite maison mitoyenne de la cité, où la famille s’installe en 1955. Entre Forthlin Road et Mendips, il suffit d’un quart d’heure à pied à travers le terrain de golf d’Allerton, le chemin que Paul prenait pour rejoindre John. C’est une Liverpool modeste, mais tournée vers l’ascension sociale, celle des familles qui croyaient à l’école et à la musique.

La Liverpool de George : Wavertree et Speke

George Harrison est né au 12 Arnold Grove, à Wavertree, dans une rue étroite de maisons ouvrières, avec des toilettes au fond de la cour. Sa famille part en 1950 pour Speke, à quelques rues de chez les McCartney. Le bus qui conduisait les deux garçons au Liverpool Institute, au centre-ville, a été le lieu de leur amitié avant d’être celui de leur musique. La Liverpool de George est celle des trajets, des lignes de bus et des quartiers périphériques.

La Liverpool de Ringo : le Dingle, au bord des docks

Ringo Starr est le seul des quatre à venir du cœur ouvrier de la ville, le Dingle, au sud des docks, avec ses rues de brique rouge qui descendent vers la Mersey. Madryn Street, Admiral Grove, le pub Empress au coin de la rue, qui figure sur la pochette de son premier album solo, Sentimental Journey, en 1970 : c’est le Liverpool des cartes postales en noir et blanc, celui des familles nombreuses, de la pauvreté et de la solidarité. C’est aussi celui que Ringo évoque le plus souvent dans ses chansons.

Le centre : Mathew Street, Lime Street, le front de mer

À ces quatre géographies d’enfance s’ajoute celle du centre-ville, partagée par les quatre : le Liverpool Institute, aujourd’hui LIPA, et le collège d’art voisin, où John a étudié ; Mathew Street et le Cavern ; la boutique NEMS de Whitechapel, où Brian Epstein tenait le rayon disques ; l’Empire Theatre de Lime Street, où ils ont donné leur dernier concert local ; l’hôtel de ville, au balcon duquel ils ont salué la foule le 10 juillet 1964 ; et Pier Head, où leur statue regarde aujourd’hui la Mersey. La future Beatles Story s’installera dans ce centre, entre la gare et les grandes rues commerçantes. Pour préparer la visite, le site propose une promenade sur les traces des Beatles à Liverpool.

Chronologie : les Beatles et Liverpool, de 1940 à 2028

Date Événement
7 juillet 1940 Naissance de Richard Starkey, futur Ringo Starr, au 9 Madryn Street, dans le Dingle.
9 octobre 1940 Naissance de John Lennon à Liverpool.
18 juin 1942 Naissance de Paul McCartney à l’hôpital de Walton.
25 février 1943 Naissance de George Harrison au 12 Arnold Grove, à Wavertree.
6 juillet 1957 Rencontre de John Lennon et Paul McCartney à la fête paroissiale de St Peter, à Woolton.
9 février 1961 Premier concert des Beatles au Cavern Club.
18 août 1962 Premier concert de Ringo Starr comme membre des Beatles.
3 août 1963 Dernier concert des Beatles au Cavern Club.
Automne 1963 Installation des quatre Beatles à Londres.
10 juillet 1964 Retour triomphal pour l’avant-première de A Hard Day’s Night ; réception à l’hôtel de ville, environ 200 000 personnes dans les rues.
5 décembre 1965 Dernier concert des Beatles à Liverpool, à l’Empire Theatre.
17 février 1967 Sortie britannique du single Strawberry Fields Forever / Penny Lane.
Juin 1969 Dernière visite connue de John Lennon à Liverpool.
31 août 1971 Départ de John Lennon pour New York ; il ne reviendra plus au Royaume-Uni.
1973 Démolition du Cavern Club d’origine.
8 décembre 1980 Assassinat de John Lennon à New York ; rassemblements à Liverpool.
7 mars 1984 Le conseil municipal accorde la citoyenneté d’honneur aux quatre Beatles.
28 novembre 1984 Paul McCartney reçoit son parchemin à la Picton Library.
28 juin 1991 Création du Liverpool Oratorio dans la cathédrale anglicane.
1993 Ringo Starr revient filmer son quartier pour le documentaire Going Home.
7 juin 1996 Inauguration officielle du LIPA par la reine.
29 novembre 2001 Mort de George Harrison.
2001-2002 L’aéroport devient Liverpool John Lennon Airport ; statue inaugurée par Yoko Ono.
11 janvier 2008 Ringo Starr ouvre l’année de capitale européenne de la culture sur le toit du St George’s Hall.
18 janvier 2008 Polémique après l’émission de Jonathan Ross.
Avril 2008 La tête de la sculpture végétale de Ringo est coupée à Liverpool South Parkway.
1er juin 2008 Concert The Liverpool Sound de Paul McCartney à Anfield.
22 décembre 2009 Sortie du single Walk with You de Ringo Starr, avec Paul McCartney.
Juin 2011 Ringo revient jouer à l’Empire Theatre et s’explique dans le Liverpool Echo.
16 janvier 2015 Le gouvernement refuse la démolition de Madryn Street.
Décembre 2015 Inauguration de la statue des quatre Beatles à Pier Head.
Juin 2018 Carpool Karaoke de Paul McCartney dans les rues de Liverpool.
Juillet 2021 Liverpool perd son statut de patrimoine mondial de l’UNESCO.
8 mai 2026 Sortie en single de Home to Us, de Paul McCartney et Ringo Starr.
29 mai 2026 Sortie de The Boys of Dungeon Lane.
Juillet 2026 Paul McCartney au LIPA et dans le bus du Magical Mystery Tour.
20 octobre 2026 Annonce du projet d’Apple Corps ; déclarations de Paul McCartney et Ringo Starr.
2027 Reprise de The Beatles Story par Apple Corps sur l’Albert Dock.
2028 Sortie des films de Sam Mendes en avril, puis ouverture de la nouvelle Beatles Story à St Johns.

Questions fréquentes

Qu’ont dit Paul McCartney et Ringo Starr sur Liverpool le 20 octobre 2026 ?

Paul McCartney a déclaré qu’il aimait Liverpool, que la ville faisait partie de qui il est et de qui sont les Beatles, et que rien n’aurait été possible sans elle. Ringo Starr a évoqué son enfance dans le Dingle, où personne n’imaginait prendre l’avion, et affirmé qu’au fond de lui, il était toujours un Scouser.

Pourquoi les Beatles ont-ils quitté Liverpool ?

À partir de l’automne 1963, leur succès les oblige à vivre près des maisons de disques, des studios d’Abbey Road, de la télévision et de la radio, tous situés à Londres. Brian Epstein installe lui aussi ses bureaux à Londres au début de 1964.

Quand les Beatles ont-ils joué pour la dernière fois à Liverpool ?

Leur dernier concert au Cavern Club date du 3 août 1963. Leur dernier concert dans la ville a eu lieu à l’Empire Theatre le 5 décembre 1965.

Les Beatles sont-ils citoyens d’honneur de Liverpool ?

Oui. Le conseil municipal leur a accordé la Freedom of the City le 7 mars 1984, John Lennon à titre posthume. Paul McCartney a reçu son parchemin lors d’une cérémonie à la Picton Library le 28 novembre 1984.

Quand John Lennon est-il revenu à Liverpool pour la dernière fois ?

Sa dernière visite connue date de juin 1969, avec Yoko Ono, Julian et Kyoko. Après son départ pour New York en 1971, il n’est plus jamais revenu au Royaume-Uni.

Pourquoi Ringo Starr a-t-il été critiqué à Liverpool en 2008 ?

Parce qu’il a répondu, sur le plateau de Jonathan Ross, qu’à part sa famille et ses amis, rien ne lui manquait de Liverpool. Plus de 1 500 habitants ont protesté, et la tête de sa sculpture végétale a été coupée à la gare de Liverpool South Parkway. Il a expliqué en 2011 qu’il s’agissait d’une plaisanterie.

La maison natale de Ringo Starr existe-t-elle encore ?

Oui. Le 9 Madryn Street, menacé de démolition avec les Welsh Streets, a été sauvé après une longue campagne ; le gouvernement a refusé la démolition de la rue le 16 janvier 2015. Ringo a toutefois passé l’essentiel de son enfance au 10 Admiral Grove, tout proche.

Home to Us est-il le premier duo de Paul McCartney et Ringo Starr ?

Non. Paul chantait déjà en contrepoint avec Ringo sur Walk with You, single sorti en décembre 2009 et extrait de l’album Y Not de 2010. Home to Us, paru en 2026, est leur premier duo consacré à leur ville.

Qu’a fait Paul McCartney pour Liverpool ?

Il a notamment créé le Liverpool Oratorio dans la cathédrale anglicane en 1991, cofondé le LIPA dans son ancien lycée, inauguré en 1996, donné un grand concert à Anfield en 2008 et participe chaque année à la remise des diplômes du LIPA.

George Harrison a-t-il écrit des chansons sur Liverpool ?

Non. Il est le seul des quatre Beatles à ne jamais avoir fait de sa ville natale le sujet d’une chanson, même s’il en a gardé l’accent et l’humour.

Glossaire

  • Scouser : surnom des habitants de Liverpool, tiré du scouse, le ragoût traditionnel des marins de la ville.
  • Dingle : quartier ouvrier du sud de Liverpool, près des docks, où Ringo Starr est né et a grandi.
  • Welsh Streets : ensemble de rues aux noms gallois du Dingle, dont Madryn Street, sauvé de la démolition en 2015.
  • Freedom of the City : citoyenneté d’honneur, plus haute distinction décernée par une ville britannique.
  • Picton Library : salle de lecture circulaire de la bibliothèque centrale de Liverpool, où Paul a reçu son titre en 1984.
  • LIPA : Liverpool Institute for Performing Arts, école des arts du spectacle cofondée par Paul McCartney dans son ancien lycée.
  • Merseybeat : nom donné à la scène musicale de Liverpool du début des années 1960, dont les Beatles sont issus.
  • Liverpool 8 : code postal du Dingle et titre d’une chanson et d’un album de Ringo Starr, en 2008.
  • Lime Street : principale gare de Liverpool, en face de laquelle s’installera la future Beatles Story.

Sources et bibliographie

Source principale : Liverpool Echo, article de Ryan Paton sur les déclarations de Paul McCartney et Ringo Starr, 20 octobre 2026 ; communiqué d’Apple Corps du même jour.

Ouvrages : Mark Lewisohn, Tune In (2013) et The Complete Beatles Chronicle ; Keith Badman, The Beatles Diary Volume 2: After the Break-Up 1970-2001 ; Barry Miles, Many Years from Now ; Ian MacDonald, Revolution in the Head ; Peter Doggett, You Never Give Me Your Money.

Presse et documents : liste officielle des citoyens d’honneur de la ville de Liverpool ; The Paul McCartney Project (cérémonie du 28 novembre 1984, avant-première du 10 juillet 1964) ; The Guardian, 11 juillet 1964 ; Beatles Bible (avant-première de A Hard Day’s Night, voyage de juin 1969, Walk with You) ; NME et Liverpool Echo (janvier 2008, polémique Ringo Starr) ; The Register et NPR (avril 2008, sculpture de South Parkway) ; HoldTheFrontPage (juin 2011) ; SAVE Britain’s Heritage (décision du 16 janvier 2015 sur les Welsh Streets) ; Press Association (juin 2024, cérémonie de Sue Johnston) ; entretien de Julia Baird au podcast Beatles City.

Pour aller plus loin sur yellow-sub.net : le projet d’Apple Corps pour The Beatles Story ; l’entretien de Ringo Starr à la bibliothèque LBJ ; le 16 août 1962 et le renvoi de Pete Best ; Paul McCartney et les films de Sam Mendes ; Jane Asher et Wimpole Street ; la véritable histoire de Cynthia Lennon ; le Dakota et la nuit du 8 décembre 1980.

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