Avant de devenir le quatrième Beatle, Ringo Starr avait déjà un nom, un public et plusieurs années de métier derrière lui. Entre 1959 et 1962, Richard Starkey fut le batteur de Rory Storm and The Hurricanes, l’un des groupes les plus populaires de Liverpool, longtemps mieux payé et mieux placé à l’affiche que les Beatles eux-mêmes. C’est au sein des Hurricanes qu’il adopte son pseudonyme, obtient son propre numéro vocal avec le « Starr Time », se forge une endurance de professionnel à Butlin’s et apprend, dans les nuits de Hambourg, à tenir un groupe malgré la fatigue, le bruit et les imprévus. L’histoire est pourtant souvent réduite à une simple transition : en août 1962, Ringo quitte Rory Storm pour remplacer Pete Best. Mais ce changement de groupe raconte bien davantage. Il éclaire la naissance du musicien que John Lennon, Paul McCartney et George Harrison connaissaient déjà, admiraient et avaient testé sur scène avant de l’engager. Retour sur l’ascension des Hurricanes, leur rivalité avec les Beatles, les mythes qui entourent leurs enregistrements et les raisons pour lesquelles ce groupe essentiel du Merseybeat resta dans l’ombre de celui auquel il avait donné son batteur.
Il y a des dates qui s’imposent d’elles-mêmes dans la grande mythologie des Beatles : les débuts chez EMI, la sortie de Love Me Do, l’Amérique conquise en une soirée, les cris de la Beatlemania, les studios d’Abbey Road devenus laboratoire du monde moderne. Et puis il y a des dates plus discrètes, moins spectaculaires en apparence, mais peut-être plus décisives encore. Le 18 août 1962 appartient à cette famille-là. Ce soir-là, au Hulme Hall de Port Sunlight, devant quelques centaines de spectateurs venus pour un bal horticole, les Beatles ne deviennent pas encore les rois du monde. Ils deviennent quelque chose de plus fondamental : eux-mêmes. Deux jours après l’éviction brutale de Pete Best, Ringo Starr prend officiellement place derrière la batterie de John Lennon, Paul McCartney et George Harrison. Rien n’est encore joué, tout reste fragile, mais la formule est là. Le carré magique vient de trouver son quatrième point cardinal. Derrière cette soirée presque ordinaire se cache l’un des grands basculements de l’histoire pop : la naissance officielle des Fab Four.
Olivia Harrison présente The Third Eye avec Martin Scorsese à New York et Cameron Crowe à Los Angeles. Dates, billetterie, contenu du livre et 45 tours inédit.
Née le 4 août 1946, Maureen Starkey aurait eu 80 ans. Cavern, mariage de 1965, Rishikesh, « Thanks Mo », divorce, Seattle 1994 : sa biographie complète et vérifiée.
Ringo Starr, le batteur des Beatles, fête aujourd’hui son 86eme anniversaire ! Retour sur une carrière singulière, rythmée pas ce véritable métronome humain !
On aime tellement les mythes qu’on finit parfois par oublier le bruit qu’ils recouvrent. Pour les Beatles, le décor officiel a longtemps été celui de la Cavern : une cave humide de Liverpool, des briques, des cris, quatre garçons qui apparaissent soudain comme si l’histoire les avait élus en quelques accords. C’est une image magnifique, presque trop belle. Elle dit beaucoup de la légende, mais assez peu du travail. Car les Beatles ne sont pas devenus les Beatles dans la chaleur fraternelle de Mathew Street. Ils s’y sont révélés. Avant cela, il y eut Hambourg, la Reeperbahn, les nuits sans fin, les chambres minables du Bambi Kino, les amphétamines, les contrats mal payés, les clubs où l’on ne demandait pas aux musiciens d’être prometteurs mais de tenir debout jusqu’au matin. Entre 1960 et 1962, Lennon, McCartney, Harrison, Sutcliffe puis Best et Ringo accumulent là des centaines d’heures de scène, apprennent à durcir leur son, à étirer les morceaux, à chanter plus fort que le vacarme et à devenir un groupe au sens le plus physique du terme. Hambourg leur donne ce que Liverpool ne pouvait pas encore leur offrir : la méthode, l’endurance, le danger, le regard d’Astrid Kirchherr et de Klaus Voormann, et même le premier disque avec Tony Sheridan. Sous les costumes de 1963, il reste donc les cuirs noirs de la Reeperbahn. Sous le sourire impeccable, la fatigue. Sous le miracle, le métier.
On a souvent regardé Ringo Starr comme le Beatle le plus simple à comprendre, ce qui est sans doute la meilleure manière de passer à côté de lui. Parce qu’il n’a jamais cherché à dominer la conversation, parce qu’il a préféré le battement juste au grand geste spectaculaire, parce qu’il a porté la légèreté comme une élégance et non comme une fuite, on a trop longtemps sous-estimé ce qu’il représentait vraiment : le cœur humain des Beatles, leur respiration, leur point d’équilibre. Avec Long Long Road, nouvel album produit par T Bone Burnett, Ringo ne vient pas réclamer une revanche tardive ni dresser son propre monument. Il reprend la route, simplement. Celle qui part de Liverpool, des disques américains rapportés par les marins, des boîtes de conserve transformées en tambours, des rêves de Texas abandonnés devant des formulaires administratifs, et qui passe par Hambourg, Abbey Road, Nashville, les excès, la sobriété, les retrouvailles et les fantômes apprivoisés. Ce disque country n’est ni un caprice de vétéran ni un testament sous cellophane. C’est le retour naturel d’un musicien qui a toujours su écouter avant de jouer, et qui, à quatre-vingt-cinq ans, continue d’avancer avec cette obstination désarmante : peace, love, et quelques kilomètres de plus.
Quand Ringo Starr confesse, à 85 ans, qu’il ne sait toujours pas vraiment pourquoi John Lennon, Paul McCartney et George Harrison l’ont voulu derrière eux, puis renvoie la question d’un sourire vers le dernier témoin encore là — “demandez à Paul” —, c’est tout le roman Beatles qui se remet à trembler. Car derrière cette pirouette se cache l’un des grands mystères domestiques de l’histoire du rock : comment Richard Starkey, gamin cabossé de Liverpool, batteur déjà respecté de Rory Storm and the Hurricanes, est-il devenu le dernier anneau de l’alchimie la plus célèbre de la musique populaire ? Il y a bien sûr Hambourg, les nuits interminables, les clubs poisseux, les regards échangés entre musiciens qui savent vite qui tient la route et qui joue faux. Il y a Pete Best, évincé au moment le plus cruel, juste avant que la fusée ne quitte le sol. Il y a surtout ce jeu de batterie sans esbroufe, souple, rond, inventif, qui ne cherchait jamais à écraser la chanson mais à lui donner un corps. Les Beatles n’avaient pas seulement besoin d’un batteur plus solide. Ils avaient besoin d’un cœur rythmique, d’une présence humaine, d’un quatrième visage capable de rendre le groupe complet. Et alors que Ringo revient aujourd’hui à ses amours country avec Long Long Road et s’apprête à croiser de nouveau la route de Paul, la réponse paraît plus simple que le mystère : les Beatles l’ont appelé parce qu’avec lui, ils devenaient meilleurs.
On a longtemps raconté Ringo Starr comme on raconte un personnage secondaire : le type sympa, la silhouette au fond de l’image, le “quatrième” qu’on cite pour humaniser le mythe. Sauf que l’histoire devient bien plus intéressante quand on inverse la perspective. Ringo n’a pas seulement tenu le tempo : il a donné aux Beatles leur plancher, leur élasticité, cette façon unique d’accélérer, de dérailler, puis de retomber sur leurs pattes sans perdre le sourire. Ce papier remonte à l’endroit où tout se joue : Liverpool, les maladies, l’hôpital comme scène primitive, puis le choix jugé insensé de quitter une vie “sûre” pour Butlin’s avec Rory Storm and the Hurricanes. Là, il apprend la discipline du ring : jouer tous les soirs, porter le groupe sans l’écraser, faire du groove une promesse. On traverse aussi l’ironie de sa légende — remplacé en studio, persuadé un jour d’être l’élément en trop — pour mesurer ce qu’il apporte vraiment : une batterie mélodique, des fills de biais, un sens du vide et des transitions qui racontent la chanson de l’intérieur. De Butlin’s à Abbey Road, voici pourquoi le batteur qu’on croit connaître était vital.
Le Musée Granet d’Aix-en-Provence accueille, pour la première fois en France, l’exposition « Paul McCartney Photographe 1963-64 : Eyes of the Storm », du 4 juillet au 1er novembre 2026. Plus de 250 clichés inédits, pris par McCartney lui-même au cœur de la Beatlemania, offrent un regard intime sur l’épopée des Beatles entre l’Europe et les États-Unis. L’exposition s’inscrit dans les célébrations des 200 ans de la photographie, et place Aix au centre d’un parcours muséal international.












