Treize séances au Studio Three d’Abbey Road, du 26 septembre au 29 octobre 1970. Le journal de production de l’album le plus nu de John Lennon dit ce que la légende ne dit pas : soixante et une prises de « Mother » le premier jour, un producteur crédité qui arrive entre la prise 37 et la prise 38, des cris doublés, un couplet oublié rattrapé au montage.
Mai-octobre 1970 : la fabrication du disque, jour par jour et personne par personne. Les trente démos des 26 et 27 mai, l’effondrement de Phil Spector, l’interruption d’un deuil, le passage aux seize pistes de Trident, Badfinger en section acoustique, Phil Collins coupé du disque — et pourquoi personne n’a tenu le registre des musiciens.
Q : Les Beatles ont-ils rencontré Elvis Presley ?
R : Une seule fois, le 27 août 1965, au domicile d’Elvis à Bel Air (Los Angeles). La rencontre s’est tenue sans presse, sans photographie et sans aucun enregistrement, à la demande du colonel Tom Parker et avec l’accord de Brian Epstein. George Harrison a revu Elvis seul à New York en juin 1972.
Q : Elvis Presley a-t-il critiqué les Beatles auprès de Richard Nixon ?
R : Oui. Le mémorandum rédigé le 21 décembre 1970 par Egil « Bud » Krogh consigne qu’Elvis considérait les Beatles comme une force au service d’un esprit antiaméricain. Le document, déclassifié en 1986, est conservé aux Archives nationales américaines. La démarche n’a eu aucune conséquence pour le groupe, dissous depuis huit mois.
Q : Elvis a-t-il chanté des chansons des Beatles ?
R : Cinq : « Hey Jude » (studio, janvier 1969, publié en 1972 sur Elvis Now), « Yesterday » (scène, Las Vegas, 1969), « Something » (notamment lors d’Aloha from Hawaii en 1973), « Lady Madonna » et « Get Back » (versions informelles). Quatre sont signées McCartney, une Harrison, aucune Lennon.
Q : Lennon a-t-il dit « Avant Elvis, il n’y avait rien » ?
R : Cette formule est classée comme disputée et n’a jamais été rattachée à une source primaire. La déclaration authentifiée, faite au lendemain de la rencontre de 1965 et publiée dès 1968, dit que rien ne l’avait touché avant Elvis et que sans Elvis il n’y aurait pas eu de Beatles.
Le 19 janvier 1994, à New York, la Rock & Roll Hall of Fame sort le smoking pour introniser John Lennon en solo. Sauf que l’homme manque sur scène, et que le rock, né pour bousculer les cérémonials, se retrouve à nouveau empaqueté dans les honneurs. Alors Paul McCartney s’avance. Pas pour un hommage de circonstance, ni pour valider la légende, mais pour faire quelque chose de plus risqué : parler à John comme à un ami. Il lit une lettre, “Dear John”, et le protocole se fissure. Woolton avant The Beatles, le Typhoo tea fumé en cachette, Julia et son ukulélé, le Cavern joué “en faux blues”, les nuits glacées de Hambourg, les idoles croisées dans les couloirs, les regards complices en studio, et puis, plus tard, les coups de fil, le pain qui cuit, Sean qui grandit. Avec Yoko Ono et Sean dans la salle, l’intronisation devient transmission, et même carrefour : en coulisses, ces cassettes “for Paul” qui rallument l’électricité et préparent un futur inattendu. Retour sur une soirée où Lennon est honoré, mais surtout, l’espace d’une lettre, redevient vivant.
Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu David Crosby parler de ses chansons comme d’objets vivants, ces créatures un peu sauvages qui naissent dans le brouillard, grandissent au contact des autres et refusent de se laisser enfermer dans un slogan. Dans un entretien accordé à Songfacts, l’ex-Byrd et architecte vocal de Crosby, Stills & Nash s’amuse pourtant à un jeu dangereux : quelles pièces tiennent encore debout aujourd’hui ? Pour la plus « pertinente », il désigne Guinnevere, incantation oblique de 1969, libre de toute époque et donc étrangement contemporaine. Pour le morceau définitif de CSN, il revient vers la cathédrale Suite: Judy Blue Eyes, où l’harmonie à trois voix ouvre l’espace comme un horizon. Mais le plus beau détour mène ailleurs : vers Laughing, joyau d’If I Could Only Remember My Name, écrit comme une lettre fraternelle à George Harrison au moment où l’Inde et les maîtres spirituels aimantaient les esprits. Crosby, sceptique mais tendre, y glisse un avertissement sans sermon : la sagesse peut se cacher dans le rire d’un enfant au soleil. Entre Laurel Canyon et l’univers Beatles, entre studio-instrument et chimie de groupe, ce récit révèle un Crosby moins cynique qu’on ne le dit : un homme des portes entrouvertes, qui préfère le mystère aux certitudes et laisse ses chansons faire le travail. Entrez : elles parlent encore.
En 1970, John Lennon publie Plastic Ono Band, un album radical et intimiste, tournant décisif après les Beatles. Porté par une mise à nu émotionnelle et une esthétique minimaliste, ce disque-manifeste explore la douleur, la mémoire et l’amour, influencé par la thérapie primale et la complicité avec Yoko Ono. Refusant les artifices, Lennon y affirme une vérité brute et bouleversante qui résonne encore aujourd’hui.
« Remember », issu de Plastic Ono Band (1970), reflète la quête de vérité et de libération de John Lennon, influencée par le Primal Therapy. Enregistré le jour de ses 30 ans, ce morceau rock intense évoque ses blessures d’enfance et sa révolte intérieure. Porté par une énergie brute et une explosion sonore finale symbolique, il illustre la rupture de Lennon avec son passé et les Beatles. Avec son instrumentation percutante et ses paroles introspectives, « Remember » demeure un témoignage poignant de son combat intérieur.
En 1969, John Lennon et Yoko Ono transforment leur lit d’hôtel à Montréal en scène mondiale pour prôner la paix. De cette performance naît « Give Peace A Chance », devenu un hymne planétaire contre la guerre du Viêt Nam et repris depuis dans d’innombrables manifestations. Premier single solo de Lennon, enregistré avec des invités inattendus, il incarne encore aujourd’hui un cri universel en faveur de la non-violence.
John Lennon, artiste complexe et humaniste, utilisait son humour mordant pour exprimer ses pensées profondes. Son album solo Plastic Ono Band (1970) marque une rupture avec son passé et révèle une introspection brute. La chanson Remember illustre son habileté à mêler mémoire personnelle et histoire collective, notamment par une référence à Guy Fawkes. Une improvisation spontanée transformée en clin d’œil génial démontre son talent à jongler entre émotion et ironie, caractérisant un artiste insaisissable et visionnaire.
« I Remember Jeep » est une pièce instrumentale de George Harrison, tirée de l’album « All Things Must Pass » 1970, illustrant son désir de liberté créative après la séparation des Beatles. Enregistrée sous forme de jam session avec Eric Clapton, Ginger Baker, Billy Preston et Bobby Whitlock, la chanson reflète une atmosphère d’amitié et de spontanéité. Le titre fait référence au chien de Clapton, Jeep, rappelant la relation complexe entre Harrison et Clapton, intensifiée par Pattie Boyd. Cette jam illustre l’alchimie musicale et les tensions marquant le début de la carrière solo de Harrison. Fin.












