Le 19 janvier 1994, à New York, la Rock & Roll Hall of Fame sort le smoking pour introniser John Lennon en solo. Sauf que l’homme manque sur scène, et que le rock, né pour bousculer les cérémonials, se retrouve à nouveau empaqueté dans les honneurs. Alors Paul McCartney s’avance. Pas pour un hommage de circonstance, ni pour valider la légende, mais pour faire quelque chose de plus risqué : parler à John comme à un ami. Il lit une lettre, “Dear John”, et le protocole se fissure. Woolton avant The Beatles, le Typhoo tea fumé en cachette, Julia et son ukulélé, le Cavern joué “en faux blues”, les nuits glacées de Hambourg, les idoles croisées dans les couloirs, les regards complices en studio, et puis, plus tard, les coups de fil, le pain qui cuit, Sean qui grandit. Avec Yoko Ono et Sean dans la salle, l’intronisation devient transmission, et même carrefour : en coulisses, ces cassettes “for Paul” qui rallument l’électricité et préparent un futur inattendu. Retour sur une soirée où Lennon est honoré, mais surtout, l’espace d’une lettre, redevient vivant.
« Dear John », enregistré par John Lennon en 1980, est une chanson intime et réfléchie qui incarne ses dernières pensées. Dans cette composition sobre et poignante, Lennon, retiré du monde de la célébrité, exprime un message de paix intérieure et de réconciliation avec son passé. Le morceau, publié après sa mort en 1998, s’inscrit dans la John Lennon Anthology et fait écho à son évolution personnelle et artistique. Un témoignage posthume de sérénité et de sagesse, où Lennon se réconcilie avec lui-même.












