Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

YELLOW-SUB / RINGO STARR AU-DELÀ DES BEATLES / NOTICE 458

23 octobre 2013 : la première mondiale de Photograph au cinéma ArcLight de Hollywood

Photographie · histoire des présentations · Hollywood 2013

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La présentation mondiale annoncée de Photograph, au cinéma ArcLight de Hollywood, le 23 octobre 2013, montre que Ringo Starr ne se contente pas de publier un album de photographies. Il construit avec Genesis Publications un événement hybride réunissant projection, témoignages de musiciens et regard d’un photographe professionnel. L’annonce du 27 septembre fournit un programme et un horaire précis, mais ne constitue pas un compte rendu intégral de la séance.

Une séance située dans le temps et dans l’espace

Le document de Genesis fixe le rendez-vous au mercredi 23 octobre 2013, entre 10 h 30 et midi, au cinéma ArcLight de Hollywood, à Los Angeles. Il est rédigé à l’avance pour permettre l’achat de billets : la date et les intervenants sont donc des éléments de programmation annoncée. Il ne serait pas rigoureux d’en déduire automatiquement le nombre de personnes effectivement présentes, la durée réelle des interventions ou la liste des images finalement projetées. Cette nuance, essentielle dans une chronologie encyclopédique, distingue une invitation primaire d’une archive audiovisuelle de l’événement.

Un livre et douze photographies présentés ensemble

Genesis présente simultanément le grand livre numéroté Photograph et une collection de douze tirages signés qui prend le nom de Photograph Portfolio. Ces deux objets relèvent de circuits matériels différents. Le livre rassemble images, textes et souvenirs en une séquence de lecture ; les épreuves individuelles offrent un grand format autonome pouvant être encadré. Les douze images ne constituent pas douze tirages uniques, puisque chaque motif peut être imprimé en plusieurs copies numérotées. En 2013, le passage de la reproduction bibliographique à l’art photographique signée est le cœur de l’opération de Genesis.

Dave Grohl et Steve Gorman : le regard des batteurs

La présentation associe Dave Grohl, musicien des Foo Fighters et ancien batteur de Nirvana, à Steve Gorman, batteur des Black Crowes. Leur présence sert à replacer Ringo dans une histoire de la batterie où son influence demeure majeure. Elle ne les transforme pas en photographes des images historiques et ne prouve pas qu’ils aient participé à l’impression des épreuves. L’intérêt du dispositif réside précisément dans ce double portrait de Ringo, homme de musique et homme de photographie, tel que le programme l’annonce. Les propos détaillés des invités restent à rechercher dans une captation ou une transcription.

Henry Diltz, photographe face à un ancien Beatle

Henry Diltz, qui a photographié de nombreuses personnalités de la musique et collaboré à des publications Genesis, doit intervenir comme spécialiste de l’image. Ses observations peuvent mettre en valeur le point de vue intérieur de Ringo : contrairement au photographe accrédité, le batteur dispose d’un accès quotidien à John Lennon, Paul McCartney et George Harrison. Il serait cependant abusif de présenter Diltz comme auteur du portfolio, puisque la fiche attribue les prises de vue sélectionnées à Ringo. Les photographies de Diltz qui représentent le batteur appartiennent à un corpus distinct.

Melinda Newman et la fonction d’animation

Genesis désigne la journaliste de la musique Melinda Newman comme maîtresse de cérémonie. Son rôle est un indice de professionnalisation de l’événement : les témoignages doivent être articulés autour du livre, du film court et des interventions de Ringo. Une séance dans un cinéma n’est pas nécessairement une œuvre cinématographique de Ringo ; elle peut constituer un dispositif de médiation autour d’images fixes. Sans programme de projection conservé, il ne faut pas créer de titre de court métrage ou attribuer une durée à un film non identifié dans l’annonce.

2013, un tournant dans l’identité visuelle de Ringo

Entre l’eBook publié cette année-là, l’exposition du GRAMMY Museum consacrée à sa carrière et cette première mondiale au cinéma, Ringo change la destination de plusieurs archives privées. Le musicien expose comme auteur des images qu’il avait longtemps gardées sans projet public. Le choix d’un lieu de projection, puis de grands tirages numérotés, fait entrer ces documents dans des cadres nouveaux : spectacle, mémoire orale, bibliophilie et marché de l’art. Une biographie complète doit conserver séparément ces formats, même lorsqu’ils partagent un titre.

De la projection hollywoodienne aux photographies exposées à Londres

La soirée du 23 octobre 2013 a surtout une valeur de lancement : elle fait dialoguer les souvenirs de Ringo Starr, les images projetées et les témoignages de professionnels de la musique et de la photographie. Un autre chapitre de cette histoire s’ouvre lorsque ces mêmes archives gagnent les cimaises. Le 11 janvier 2018, Genesis Publications annonce une exposition à Genesis House, organisée autour de l’ensemble des portfolios photographiques de Ringo. L’éditeur prévoit des visites sur rendez-vous à partir du 5 février 2018 et présente alors, à côté des éditions de 2013 et 2015, une nouvelle série datée de 2018.

Ce rapprochement des dates ne doit pas effacer la différence entre les événements. L’ArcLight offre en 2013 une rencontre publique autour d’une œuvre en cours de diffusion ; Genesis House rassemble en 2018 des tirages de collection, proposés sous une forme matérielle précise. La première manifestation contribue à faire connaître les images ; la seconde permet de les examiner comme des objets graphiques, avec un format, un papier, une édition et une signature. L’annonce de 2018 précise que les photographies avaient également été exposées hors du Royaume-Uni, notamment de Sydney à Los Angeles. Il ne faut donc pas déduire de l’exposition londonienne qu’elle aurait constitué leur première présentation au monde.

Au fil de cette circulation, l’année inscrite dans le titre du portfolio désigne la campagne éditoriale et non l’année de la prise de vue. Le même négatif ancien peut alimenter un livre, une présentation sur écran et une édition de tirages des décennies plus tard. De même, les vingt-cinq exemplaires numérotés annoncés pour chaque image des premiers portfolios ne doivent pas être confondus avec le nombre de photographies contenues dans le livre. La distinction est décisive pour écrire l’histoire des œuvres sans transformer des formats de publication en nouvelles prises de vue.

Pour suivre la suite de cette histoire, lire la présentation des huit tirages de 2015 et l’analyse des éditions de Photograph. Documentation : Genesis Publications, annonce du 11 janvier 2018.

Source primaire

Genesis Publications, invitation à la première mondiale de Photograph, 27 septembre 2013. Les horaires et les intervenants sont ceux de l’annonce préalable.

Voir également la bibliographie critique et les règles d’authentification des tirages.

YELLOW-SUB / ENCYCLOPÉDIE

Ringo Starr, artiste visuel

  1. 01Sommaire
  2. 02Art graphique
  3. 03Catalogue des estampes
  4. 04Conservation
  5. 05Tirages et authenticité
  6. 06Bibliographie

NOTICE 458

Œuvre et provenance

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