Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

YELLOW-SUB / RINGO STARR AU-DELÀ DES BEATLES / NOTICE 448

16 juin 2015 : Ringo Starr dévoile huit nouvelles images avant le lancement public de son Photograph Portfolio

Publication de tirages · réservations de juin · lancement de septembre

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Le 16 juin 2015, Genesis Publications ouvre aux souscripteurs un accès anticipé au second Photograph Portfolio de Ringo Starr. Huit images sont annoncées, chacune prévue en vingt-cinq épreuves signées, plusieurs mois avant la campagne publique de septembre. La chronologie des tirages commence ainsi avant leur exposition à Londres.

Une avant-première pour les abonnés

La note de Genesis intitulée Ringo’s Private View date du 16 juin 2015. Le document présente huit portraits supplémentaires et autorise les clients de l’éditeur à réserver des numéros avant les annonces destinées au grand public en septembre. Cette chronologie conduit à distinguer au minimum trois moments : la préparation des images en amont, l’accès privilégié aux souscriptions de juin et le lancement public de septembre. L’édition ne naît pas lorsque le musée ouvre ses portes ; des commandes sont déjà possibles plusieurs mois auparavant.

Huit images, vingt-cinq exemplaires par référence

Genesis annonce un programme de huit œuvres tirées à vingt-cinq exemplaires numérotés, tous signés par Ringo. Le potentiel de deux cents feuilles correspond à un maximum théorique si les huit séries sont effectivement entièrement produites. Il ne prouve pas à lui seul le nombre de feuilles livrées, encadrées ou échangées sur le marché. L’éditeur conserve pour chaque image un intitulé et un dossier de production. Une feuille d’une série peut circuler isolément tandis qu’un certificat suit sa propre histoire documentaire.

La signature photographique comme acte postérieur

Les images reproduites proviennent d’archives anciennes, dont certaines fixent les Beatles dans les années 1960. La signature de Ringo sur une épreuve numérotée date nécessairement d’une opération éditoriale bien plus tardive que la prise du négatif. La date du sujet photographié, celle du fichier de reproduction et celle de l’autographe ne doivent pas être fusionnées. Une copie de l’édition 2015 doit être décrite comme tirage moderne d’une photographie historique, avec auteur et millésime d’impression séparés.

Les portraits de John, Paul et George vus depuis l’intérieur

Le programme permet de montrer George en train de réfléchir, John et Paul à Abbey Road et plusieurs scènes de la Beatlemania, mais l’accès au groupe constitue la singularité historique de Ringo. Il n’est pas un photojournaliste chargé de contrôler les accès ou de respecter une distance promotionnelle. Il photographie des proches. Cela ne garantit pas que chaque image conservée dans sa collection ait été prise par lui : il faut maintenir l’attribution de chaque négatif, particulièrement lorsque la fiche de l’image révèle un crédit distinct ou une prise de vue où Ringo figure lui-même.

La National Portrait Gallery ne marque pas le début de la production

Les tirages sont ensuite présentés à la National Portrait Gallery de Londres en septembre 2015. La présence de cette institution valorise leur exposition mais ne démontre pas qu’elle les a acquis pour ses collections. La brève de juin prouve que le programme de vente est antérieur à la présentation londonienne. On ne saurait donc présenter cette dernière comme le moment unique de naissance des œuvres. Elle est une étape de visibilité après un lancement de souscription au sein de la clientèle Genesis.

Les huit photographies de la série 2015

Le catalogue définit huit images distinctes : Ringo and George, Paul and Mal, Paul, George, John, India, John and Paul et Ringo. La série ne se limite donc pas aux portraits individuels des trois autres Beatles. Elle associe des scènes de groupe, un autoportrait des années 1970 et des moments de travail ou de voyage. Parmi les photographies explicitement situées par Genesis figurent Ringo et George à New Brighton en 1961, ainsi que John et Paul pendant l’enregistrement de Hey Bulldog, le 11 février 1968. L’éditeur rattache ces images aux négatifs photographiques de l’époque, mais leur tirage grand format relève, lui, de l’édition de 2015.

Pour chaque sujet, Genesis indique une limite de vingt-cinq feuilles numérotées et autographiées, mesurant 50,8 × 76,2 cm sans cadre. Les notices commerciales mentionnent le papier Hahnemühle Photo Rag de 320 g/m², parfois désigné plus précisément « Pearl », et une impression giclée à encres pigmentaires. Ce vocabulaire de fabrication est important : il ne faut confondre ni le négatif d’origine, ni le tirage signé cinquante ans plus tard, ni le certificat numéroté de l’éditeur. Les recettes revenant à Ringo sur ces ventes sont annoncées au bénéfice de la Lotus Foundation.

Une chronologie en huit images : de New Brighton aux années 1970

Le portfolio permet de suivre le regard de Ringo à travers des périodes très éloignées sans prétendre constituer un reportage chronologique complet. La première image situe Ringo avec George Harrison dans les coulisses du Big Beat au Tower Ballroom de New Brighton, en 1961, lorsque le batteur appartient encore à Rory Storm and the Hurricanes. La photographie Paul and Mal se rattache à l’hôtel George V, à Paris, en janvier 1964 ; elle restitue un instant informel entre Paul McCartney et Mal Evans, loin du portrait promotionnel soigneusement orchestré. John, photographié lors d’une sortie en bateau à Miami en février 1964, témoigne quant à lui de ces moments de détente entre deux obligations professionnelles. Ces scènes partagent une caractéristique : Ringo dispose d’un accès personnel aux sujets, au-delà des zones ouvertes aux photographes de presse.

Deux images montrent combien les techniques et les contextes changent. Pour India, située par Genesis à Delhi en juillet 1966, Ringo évoque l’emploi d’un objectif fisheye, tandis que John et Paul apparaissent eux-mêmes avec des appareils photo : l’image témoigne donc aussi de la circulation des pratiques photographiques au sein du groupe. John and Paul, identifié comme un instant de studio pendant l’enregistrement de Hey Bulldog le 11 février 1968, ramène au travail musical. L’autoportrait Ringo, daté plus largement des années 1970, déplace enfin le sujet vers la personne qui a tenu l’appareil. L’ordre de publication de 2015 rassemble ces époques en une autobiographie visuelle recomposée, sans que cet ordre soit celui des négatifs originaux. Référence : Genesis Publications, fiches des huit images du portfolio 2015.

Le rôle du vocabulaire de collectionneur

L’expression private view est utilisée pour donner aux abonnés une découverte anticipée du programme. Dans le langage des arts, elle évoque un vernissage réservé ; ici, la note ne décrit pas une soirée physique dans une galerie. Elle propose une consultation des images et une précommande. Il serait trompeur d’inventer un vernissage en juin pour compléter une chronologie d’expositions. La prudence documentaire consiste à distinguer l’accès anticipé à un catalogue d’une installation publique d’œuvres.

Ce que les huit photographies racontent du regard de Ringo

La sélection de 2015 ne se laisse pas enfermer dans un seul style photographique. Genesis Publications la présente comme huit nouveaux tirages issus des archives de Ringo Starr. Le choix couvre plusieurs étapes de la vie des Beatles et même leurs alentours : Ringo and George renvoie à un moment de 1961, à New Brighton, alors que Ringo joue encore dans Rory Storm and the Hurricanes ; John and Paul est associé par l’éditeur à une séance de travail autour de Hey Bulldog, dans le Studio 3 d’Abbey Road, le 11 février 1968 ; un autoportrait de Ringo appartient quant à lui aux années 1970. Ces dates racontent des moments photographiés, et non une campagne de création simultanée en 2015.

Cette hétérogénéité est intéressante pour l’historien de la photographie. La première image rappelle l’amitié entre George Harrison et Ringo avant l’entrée de ce dernier dans les Beatles ; la deuxième restitue un instant de création au studio ; la troisième fait entrer l’auteur lui-même dans le cadre. Mais la présence de Ringo sur une image ne suffit pas à déterminer le déclencheur de l’appareil : pour une photographie où il pose avec un autre musicien, l’attribution doit être étayée par une légende, un négatif identifié, le recours attesté à un retardateur ou une documentation d’éditeur. Une provenance prestigieuse n’équivaut pas automatiquement à une certitude sur l’auteur de chaque prise.

Les tirages signés sont une autre étape de la vie des images. Genesis annonce vingt-cinq exemplaires numérotés par photographie pour les huit références de 2015. La signature de Ringo intervient dans la chaîne de publication du tirage ; elle ne change ni la date de la scène photographiée ni l’identité des personnes représentées. L’ensemble des portfolios a ensuite été réuni dans l’exposition annoncée pour février 2018 à Genesis House. Ce passage de l’archive au mur d’exposition constitue une étape de reconnaissance de la photographie de Ringo comme pratique artistique autonome.

Pour replacer ces éditions dans leur histoire, lire la présentation hollywoodienne de 2013 et les éditions du livre Photograph. Documentation : Genesis Publications, catalogue du portfolio 2015 ; annonce Genesis House (2018).

Sources

Genesis Publications, 16 juin 2015 ; catalogue du Photograph Portfolio 2015.

Retrouvez les autres études dans le sommaire encyclopédique de Ringo Starr. Les informations relatives aux exemplaires sont distinguées des annonces commerciales.

YELLOW-SUB / ENCYCLOPÉDIE

Ringo Starr, artiste visuel

  1. 01Sommaire
  2. 02Art graphique
  3. 03Catalogue des estampes
  4. 04Conservation
  5. 05Tirages et authenticité
  6. 06Bibliographie

NOTICE 448

Œuvre et provenance

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