Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

YELLOW-SUB / RINGO STARR AU-DELÀ DES BEATLES / NOTICE 549

Photograph (2013–2015) : deux ISBN, plusieurs dates et une même mémoire de Ringo Starr

Bibliographie · Genesis Publications · exemplaires signés et édition courante

Un livre peut porter le même titre, reproduire la même mémoire photographique et pourtant exister sous plusieurs identités bibliographiques. C’est précisément le cas de Photograph, publié par Ringo Starr avec Genesis Publications. Les éditions signées de 2013 et le volume relié diffusé en 2015 partagent une pagination de 304 pages, mais pas le même ISBN, les mêmes dimensions ni le même circuit commercial. Les divergences de dates entre libraires rendent d’autant plus indispensable une identification fondée sur les objets plutôt que sur le seul titre.

2013 : un ouvrage de bibliophilie avant une diffusion élargie

La fiche officielle de Genesis Publications présente Photograph comme un ensemble de photographies rares ou inédites tirées des souvenirs de Ringo Starr et de ses archives familiales. L’éditeur annonce plus de 250 images, y compris des vues de John Lennon, Paul McCartney et George Harrison prises depuis l’intérieur du groupe, ainsi que des documents préservés par la mère du batteur. Le texte autobiographique de Ringo dépasse 15 000 mots. Le projet n’est donc pas un simple album de reproductions : il associe témoignages, archives matérielles et prise de vue personnelle, sans que chaque image soit nécessairement un négatif dont Ringo serait l’auteur.

Pour les éditions numérotées de 2013, la notice Genesis donne l’ISBN 9781905662302, le format 280 × 350 mm et une pagination de 304 pages. La disponibilité est annoncée à partir d’octobre 2013. Il s’agit d’un objet conçu pour les souscripteurs : le livre est signé par Ringo, relié avec des matériaux de luxe et présenté dans un coffret d’archives. Ces caractéristiques sont importantes pour dater une édition et qualifier un exemplaire. La présence de son nom en dorure sur une reliure ne remplace pas l’examen de la signature manuscrite annoncée à l’intérieur.

La coexistence des éditions de Photograph en 2013 et en 2015 illustre une distinction centrale de la bibliographie musicale : l’identité d’un texte ou d’un ensemble d’images ne garantit pas l’identité matérielle du livre qui les contient. Un nouvel ISBN, une reliure différente, un format réduit ou la disparition d’éléments joints au coffret peuvent suffire à caractériser une publication distincte. Inversement, une date d’annonce différente chez deux libraires ne prouve pas, à elle seule, l’existence de deux tirages. Pour l’histoire des archives de Ringo, cette précision protège également les collectionneurs : le caractère numéroté d’un exemplaire de luxe ne peut être étendu à l’édition courante simplement parce que les deux volumes portent le même titre.

La coexistence des éditions de Photograph en 2013 et en 2015 illustre une distinction centrale de la bibliographie : l’identité d’un texte ou d’un ensemble de photographies ne garantit pas l’identité matérielle du livre. Un ISBN différent, une autre reliure ou la disparition des accessoires d’un coffret permettent de caractériser deux références éditoriales distinctes. Inversement, une date de référencement différente chez deux libraires ne prouve pas l’existence de deux tirages. Pour l’histoire des archives de Ringo Starr, cette précision protège aussi les collectionneurs : le caractère numéroté d’un volume de luxe ne s’étend pas à l’édition courante sous prétexte qu’ils portent le même titre.

2 150 Collector et 350 Deluxe : ce que représente le tirage de 2 500

La série Genesis comprend 2 150 exemplaires Collector et 350 exemplaires Deluxe, soit 2 500 volumes numérotés et signés selon la présentation de l’éditeur. La distinction n’est pas une simple différence d’emballage. La Deluxe est assortie d’une planche-contact supplémentaire, présentée comme une photographie issue des archives de Ringo, qui peut être exposée sous cadre ou conservée dans la boîte Solander prévue à cet effet. Le statut de cet élément dépend de sa présence réelle avec chaque exemplaire proposé sur le marché secondaire. Une édition Deluxe privée de son supplément peut rester un exemplaire authentique du livre, mais elle ne peut pas être décrite comme complète au sens du catalogue initial.

Dans les deux cas, les 304 pages appartiennent au livre lui-même. Elles ne comptent pas les éléments amovibles et les coffrets. L’éditeur mentionne un papier d’archives de 200 g/m² pour l’ouvrage. Une notice de conservation doit donc distinguer le corps du volume, la reliure, son étui et les éventuelles feuilles indépendantes. Le collectionneur qui ne dispose que du dos et du titre ne peut pas déduire de leur seule apparence le numéro d’exemplaire, la présence d’une signature ou l’appartenance à la série Deluxe.

2015 : le second ISBN, 9781905662333

En 2015, Genesis diffuse une édition courante reliée de Photograph. La fiche de Google Books attribue l’ISBN 9781905662333 à un volume illustré de 304 pages, publié par Genesis Publications en 2015. Le catalogue du libraire Hatchards donne le même ISBN, un format de 311 × 250 × 25 mm et un poids d’environ 1,94 kg. Ces mesures et ce numéro éditorial distinguent cette version du grand format 280 × 350 mm de la série limitée de 2013.

Le fait que deux versions partagent leur pagination ne suffit pas à prouver que tous leurs cahiers, reproductions, légendes et choix graphiques sont identiques à l’unité près. Seule la comparaison d’exemplaires physiques — pages de titre, colophons, mentions de justification, cahiers et contenu intégral — permettrait de vérifier leur identité iconographique et matérielle. En revanche, leurs deux ISBN suffisent à démontrer qu’il ne s’agit pas d’une seule et même référence commerciale. La fiche d’un vendeur ne doit donc pas présenter l’édition courante de 2015 comme le « numéro » d’une série de 2 500 livres signés en 2013.

Septembre ou octobre 2015 : l’ambiguïté des catalogues

La date de mise en circulation de l’édition ordinaire pose une question plus délicate. Le catalogue du libraire Hatchards, comme celui d’Easons, indique le 8 octobre 2015. Un relevé commercial de Better World Books donne pour sa part le 21 septembre 2015. Un catalogue professionnel de diffusion pour l’automne-hiver 2015 annonce simplement septembre, tandis qu’un libraire australien publie dans ses métadonnées à la fois un « publication date » daté du 30 avril et une « availability date » au 1er septembre.

Ces indications ne se remplacent pas l’une l’autre. Un catalogue préparé avant l’achèvement d’une édition peut conserver la date projetée de son lancement, une date de référencement ou une échéance de disponibilité territoriale. Il serait imprudent de transformer les quatre mentions en quatre « éditions » différentes, tout comme de choisir arbitrairement une seule journée universelle de publication. Le niveau de certitude vérifiable est celui d’une édition courante datée de 2015, avec un affichage commercial majoritairement situé à l’automne et une date précise du 8 octobre donnée par plusieurs libraires. Pour trancher sur la première mise en vente effective, des factures d’époque ou des documents de distribution seraient nécessaires.

Deux témoignages contemporains permettent de dater la diffusion de 2015

Les annonces de Genesis Publications apportent deux repères plus proches des événements que les dates reprises dans les bases de librairies. Le 10 septembre 2015, l’éditeur rapporte que les photographies de Ringo sont présentées depuis la veille à la National Portrait Gallery de Londres. Il précise que la librairie de l’institution propose alors l’édition ouverte de Photograph avant sa publication officielle. Cela atteste une disponibilité dans un point de vente particulier au 9 septembre ; ce n’est pas la preuve d’une diffusion nationale simultanée chez tous les libraires. Le communiqué distingue en outre le livre de poche commercialisé par Genesis et les tirages d’art numérotés proposés au même endroit.

Le 25 septembre 2015, Genesis relate une rencontre avec la presse organisée au Book Soup de Hollywood, où Ringo vient raconter la découverte de cartons de photographies dans ses archives. L’éditeur présente cette fois le livre comme disponible dans les librairies. Entre ces deux dates, la communication commerciale change donc de statut : d’une disponibilité anticipée dans la boutique de la National Portrait Gallery à une distribution décrite comme générale. Cette chronologie nuance les dates informatiques de septembre et d’octobre sans suffire à désigner le premier jour où chaque territoire a été approvisionné. Sources : Genesis, 10 septembre 2015 ; Genesis, 25 septembre 2015.

Un livre disponible au musée n’est pas une édition muséale

La boutique du Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland propose elle aussi un volume Photograph sous l’ISBN 9781905662333. Sa présence dans une boutique de musée n’en fait pas une édition spéciale de l’institution. Elle témoigne avant tout de la diffusion actuelle du livre courant de Genesis à travers un circuit culturel où la photographie musicale accompagne les collections permanentes et les expositions. De la même manière, une version vendue en Australie n’est pas nécessairement un nouveau tirage australien : l’identification bibliographique doit partir de l’ISBN, de la page de copyright et des caractéristiques réelles du volume.

Le souvenir familial comme origine commune

L’intérêt historique de Photograph dépasse la distinction des reliures. Ringo explique, dans la présentation de Genesis, que sa mère avait conservé une abondante documentation, rangée dans des cartons qu’il a longtemps gardés sans les examiner. Cette mémoire domestique permet de replacer les images des Beatles parmi les objets et documents d’une vie entière : enfance à Liverpool, premières formations, tournées, voyages, contacts avec les proches et réunions de musiciens.

La photographie signée de collection n’est qu’un état de cette mémoire. Le négatif éventuel, la planche-contact, le tirage personnel, la page imprimée dans Photograph et une épreuve vendue dans un portfolio constituent des supports distincts. Certains peuvent provenir de la même prise de vue sans avoir la même date de fabrication ni le même auteur matériel. L’édition courante a étendu la circulation de ces documents ; elle n’a ni reproduit l’économie du tirage numéroté de 2013 ni fait disparaître les différences entre photographie historique et reproduction moderne.

Reconnaître un exemplaire sans lui prêter une histoire inventée

Un exemplaire isolé peut être décrit à partir de ses données observables : ISBN, dimensions, pagination, reliure, page de titre, présence d’une justification de tirage, numéro, signature et éventuels éléments annexes. Les documents commerciaux donnent un cadre de comparaison, mais ils ne remplacent pas la vue des pages et du coffret. Un vendeur peut utiliser la formule « signed » par méprise, en confondant la signature imprimée sur la couverture et le manuscrit d’un exemplaire numéroté. À l’inverse, un livre de 2015 parfaitement authentique n’a pas à porter une signature originale pour être complet dans sa propre édition.

Ces précautions ne cherchent pas à rendre la collection inaccessible. Elles permettent au contraire de comprendre pourquoi le même titre apparaît à des prix très différents : ce n’est pas toujours une question de rareté de la photographie ou de renommée du musicien, mais souvent une différence de tirage, de reliure, de signature, de format et de provenance. Le livre possède une histoire matérielle qui accompagne celle des images qu’il reproduit.

Deux livres, plusieurs temporalités documentaires

La chronologie de Photograph commence par l’annonce de l’eBook interactif le 29 mai 2013 (Genesis le disait déjà téléchargeable), puis par une diffusion datée du 12 juin dans la couverture de CBS News, se poursuit avec les éditions bibliophiliques d’octobre 2013, puis avec le volume de diffusion courante de 2015. Chaque étape répond à une pratique de lecture : écran et documents enrichis, collection numérotée, livre illustré accessible à une librairie plus large. Une même archive familiale circule ainsi selon plusieurs technologies et plusieurs marchés. L’enjeu du catalogue est de les relier sans les confondre et de conserver les dates dans leur contexte exact.

29 mai et 12 juin 2013 : annoncer n’est pas toujours publier

Deux documents contemporains précisent la naissance de l’édition numérique. Le 29 mai 2013, Genesis Publications annonce son premier projet de livre électronique interactif, exclusivement disponible sur l’iBookstore, et emploie la formule anglaise indiquant qu’il est déjà téléchargeable. Le 24 octobre 2013, CBS News, revenant sur la sortie du livre, situe pour sa part la publication de l’eBook au 12 juin 2013, en relation avec l’exposition Ringo: Peace & Love au GRAMMY Museum de Los Angeles. Les deux dates doivent donc être lues comme des témoignages éditoriaux distincts : la première est un communiqué d’annonce et de mise à disposition, la seconde une date de publication reprise par la presse. Aucune de ces indications ne suffit à établir la chronologie des ouvertures de téléchargement dans chaque pays.

Le George V : une erreur de millésime dans la description du tirage Deluxe

La présentation officielle de l’édition Deluxe évoque la planche-contact réalisée pendant le séjour des Beatles au George V, à Paris, mais situe le cliché en 1963. Or les quatre musiciens ont résidé à cet hôtel lors de leur série de concerts parisiens de janvier 1964 ; Ringo les y rejoint le 15 janvier. Les clichés publiés par CBS en 2013 comportent précisément des légendes « George V Hotel, Paris, January 1964 ». Les documents d’exposition Paul McCartney Photographs 1963–1964: Eyes of the Storm confirment également le séjour de janvier 1964 au George V. Il convient donc de conserver le « 1963 » comme une date imprimée dans le descriptif commercial de l’éditeur, sans le transformer en date factuelle certaine de la prise de vue.

Ce conflit est important pour l’identification d’une édition luxueuse : une légende fautive répétée d’un catalogue à l’autre ne crée pas une seconde visite parisienne des Beatles. Une notice de collectionneur doit distinguer la formulation de Genesis, la datation historiquement corroborée et la description du supplément livré avec les 350 exemplaires Deluxe. Ce constat n’affecte ni l’existence des coffrets ni le caractère numéroté de leurs estampes additionnelles.

Références complémentaires : Genesis Publications, annonce du 29 mai 2013 ; CBS News, publication du 24 octobre 2013 et légendes photographiques ; Genesis Publications, descriptif Deluxe ; Chronologie du séjour des Beatles à Paris en janvier 1964.

Un livre de photographies n’est pas un portfolio de tirages

Un troisième objet porte un nom presque identique : The Photograph Portfolio. Il ne s’agit ni de l’édition bibliophilique du livre de 2013 ni de l’édition courante de 2015. En octobre 2013, Genesis Publications propose, parallèlement au volume de 304 pages, une première série de douze images reproduites sous forme de tirages de collection. Le catalogue annonce vingt-cinq épreuves numérotées et signées pour chacune. En 2015, une seconde série ajoute huit photographies selon le même principe d’édition restreinte. Cette concordance des titres explique que des annonces commerciales désignent parfois le livre, un tirage individuel et un portfolio comme s’ils étaient interchangeables.

Pour un exemplaire du livre, les critères d’identification sont l’ISBN, l’édition, la reliure, la justification du tirage et, s’il y a lieu, le coffret ou les suppléments. Pour une photographie de collection, ce sont au contraire le titre de l’image, ses dimensions, le procédé d’impression, la qualité du papier, le numéro sur le tirage, la signature et le certificat de l’éditeur qui constituent la description de départ. L’estimation d’une photographie encadrée ne saurait donc être utilisée comme prix indicatif d’un volume relié. De même, un exemplaire signé du livre ne donne pas droit à l’une des épreuves du portfolio, sauf mention explicite d’un ensemble vendu avec son contenu.

Cette distinction éclaire aussi la chronologie. Une scène photographiée en 1964 peut paraître dans un ouvrage en 2013, devenir une épreuve numérotée la même année et figurer de nouveau dans une exposition en 2018. Les dates ne sont pas concurrentes : elles renvoient à la création de l’image, à sa mise en édition et à sa présentation publique. C’est à cette condition qu’un catalogue rend justice au travail de Ringo Starr sans fabriquer une multiplication artificielle des œuvres.

Voir également les huit nouveaux tirages annoncés en 2015 et le lancement de Photograph en 2013. Références : Genesis, Photograph (2013) ; portfolio 2013 ; portfolio 2015.

Sources bibliographiques

Genesis Publications, Photograph, éditions limitées de 2013 ; Google Books, notice bibliographique de l’édition 2015 ; Hatchards, fiche du livre relié d’octobre 2015 ; Easons, fiche de librairie ; Better World Books, données commerciales de septembre 2015 ; Rock & Roll Hall of Fame Museum Store ; Yellow-Sub.net, étude des éditions de Photograph.

YELLOW-SUB / ENCYCLOPÉDIE

Ringo Starr, artiste visuel

  1. 01Sommaire
  2. 02Art graphique
  3. 03Catalogue des estampes
  4. 04Conservation
  5. 05Tirages et authenticité
  6. 06Bibliographie

NOTICE 549

Livres photographiques et éditions

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