Yellow-Sub.net · Sessions 1983 · BO 1984
Ringo Starr sur Give My Regards to Broad Street : chansons et batteries
Sept nouvelles interprétations et un film : enquête sur les prises de Ringo, les différents musiciens et les éditions vinyle et CD.
Deux versions de Wanderlust : 1982 puis 1984
Voir l’enquête sur Wanderlust, les deux performances avec Ringo et les versions CD/LP de 1984, ainsi que les sessions de Tug of War (1980–2015). Un master nouveau ne doit pas être confondu avec un simple remix.
Le cinéma musical de McCartney : un nouveau travail pour Ringo
En 1984, Paul McCartney publie Give My Regards to Broad Street, bande originale de son premier grand projet de long métrage de fiction comme scénariste et vedette. Réalisé par Peter Webb, le film comporte des séquences musicales qui revisitent des titres des Beatles et des compositions postérieures, ainsi que de nouvelles chansons. Ringo Starr participe au tournage comme acteur-musicien et joue de la batterie sur plusieurs des enregistrements utilisés. Mais une particularité complique la reconstitution : l’album n’est pas un simple concert capté en une seule fois, et les éditions vinyle, cassette et CD ne présentent pas toujours exactement le même contenu.
Cette histoire exige donc de distinguer la bande sonore, la performance filmée, les prises préparatoires de 1983 et les éditions de 1984. Il ne suffit pas de recopier la phrase « Ringo Starr — drums » depuis la liste générale d’un catalogue. La participation à une reprise de « Yesterday » n’implique pas qu’il joue aussi sur « No More Lonely Nights », et la présence à l’écran ne garantit pas que toutes les chansons utilisent le même personnel.
1983 : les répétitions et la fabrication de la musique du film
La préparation musicale passe par des répétitions et des sessions distinctes. Les archives McCartney situent notamment autour du 8 au 11 mars 1983 les répétitions et le tournage des morceaux « Not Such a Bad Boy », « No Values » et « So Bad » dans un ancien entrepôt de l’est de Londres. Les chercheurs estiment que les prises musicales correspondantes peuvent avoir été réalisées à cette période, dans l’entrepôt ou à AIR Studios. Cette alternative doit être conservée comme incertitude documentaire.
Les musiciens de ce segment incluent Paul McCartney à la basse et au chant, Linda McCartney aux claviers et aux chœurs, Ringo Starr à la batterie, Eric Stewart, Dave Edmunds et Chris Spedding aux guitares, ainsi que Jody Linscott aux percussions. Le personnel des chansons orchestrées — notamment « Yesterday », « Here, There and Everywhere » et « Wanderlust » — diffère de cette équipe rock. Une bonne fiche doit conserver ces deux configurations plutôt que les fusionner.
« Yesterday » et « Here, There and Everywhere » : pas de crédit de batterie pour Ringo
Le film présente de nouveaux enregistrements des chansons des Beatles, mais il est faux de considérer que la présence de Ringo au casting lui donne une partie instrumentale sur chacune d’elles. Les relevés par plage du Paul McCartney Project attribuent « Yesterday » et « Here, There and Everywhere » à Paul McCartney, chant et guitare acoustique, avec des cuivres du Philip Jones Brass Ensemble sous la production de George Martin. Aucune batterie de Ringo n’est créditée sur ces deux masters. La distribution globale du film ou une indication généraliste d’IMDb ne peut remplacer la documentation d’une bande sonore précise.
Le dossier conserve donc ces deux reprises pour comparaison discographique, sans les compter comme participations de Ringo. Elles sont des enregistrements nouveaux, mais pas des sessions de batterie du musicien. Une découverte de bande primaire pourra toujours réouvrir l’enquête ; à ce stade, l’absence de crédit individualisé prévaut.
« Wanderlust » : deux masters, Ringo attesté dans les deux cas
« Wanderlust », publié sur Tug of War (1982), crédite Ringo Starr à la batterie aux côtés d’Adrian Sheppard dans les relevés détaillés ; la distribution exacte des parties de percussion reste à éclaircir. L’enregistrement réalisé pour Give My Regards to Broad Street (1984) crédite lui aussi Ringo à la batterie, avec Paul McCartney au chant et à la guitare acoustique, George Martin à la production et le Philip Jones Brass Ensemble. Ce sont deux performances distinctes, et la version LP du film est plus courte que celle du CD.
Le crédit de John Paul Jones à la basse, cité dans certaines reconstitutions de la bande originale, ne figure pas dans la distribution individualisée de « Wanderlust » retenue ici ; il ne doit donc pas être ajouté à cette plage par transfert depuis une autre séquence du film. Voir l’étude comparée des deux enregistrements.
« Ballroom Dancing » : Ringo crédité en 1982, nouvelle version de 1984 à distinguer
Le master publié sur Tug of War en 1982 crédite Ringo Starr à la batterie ; Paul McCartney est également crédité aux percussions et à une partie de batterie dans les relevés détaillés. La réédition Archive Collection de 2015 conserve cette attribution. La composition fait l’objet d’un nouvel enregistrement pour Give My Regards to Broad Street (1984), mais les relevés de personnel consultés ne permettent pas d’attribuer solidement à Ringo la batterie de cette nouvelle version.
La formation du film réunit plusieurs instrumentistes dont les contributions varient selon la chanson. Il serait donc incorrect de recopier les noms de « Not Such a Bad Boy » ou « No Values » sur « Ballroom Dancing ». Cette notice distingue désormais le crédit établi de 1982 du personnel de la réinterprétation de 1984, encore à vérifier sur son propre master. Voir la fiche détaillée de la chanson.
Not Such a Bad Boy : la petite formation rock
« Not Such a Bad Boy » est l’une des chansons inédites de McCartney enregistrées pour la musique du film. Dans cette pièce rock, Ringo Starr joue de la batterie, entouré de Dave Edmunds, Chris Spedding, Paul et Linda McCartney, Jody Linscott et d’autres collaborateurs selon les crédits de session. Le tournage de mars 1983 documente la formation visuelle ; les listes de personnel complètent le contexte musical.
Cette prestation n’est pas une reprise d’un ancien titre des Beatles. Elle appartient à un répertoire nouveau intégré à une fiction musicale. C’est une distinction à conserver pour la base de données : l’artiste qui tient les fûts peut être le même sur plusieurs morceaux, mais la nature de l’œuvre, sa première édition et l’origine du master changent.
Le morceau figure dans le programme de 1984 selon les versions de la bande originale. Les pressages vinyle et CD diffèrent en longueur et en nombre de pistes ; il faut éviter une numérotation continue unique sans mention du support.
No Values : une nouvelle chanson, un autre master de 1983
« No Values » fait partie de la même famille de prises que « Not Such a Bad Boy ». Les relevés des séances de mars 1983 attribuent Ringo Starr à la batterie, Dave Edmunds et Chris Spedding aux guitares, et Paul et Linda McCartney aux fonctions habituelles de voix, basse et claviers. Jody Linscott assure les percussions dans le personnel de cette séquence. La chanson est une composition originale de Paul McCartney, ensuite publiée dans le cadre de la bande originale.
Il serait tentant de transformer ces séances en un mini-album enregistré intégralement pendant quatre jours dans un entrepôt. Les recherches n’établissent pourtant pas définitivement le lieu de tous les enregistrements : les répétitions et le tournage sont datés, mais certaines prises peuvent avoir été préparées ailleurs, notamment aux studios AIR. La fiche conserve cette nuance.
« So Bad » : deux versions avec Ringo, et un piège de support
La première version de « So Bad » apparaît sur Pipes of Peace (1983), issue d’une séance du 16 septembre 1982. Une nouvelle version est enregistrée pour Give My Regards to Broad Street, avec Ringo à la batterie et une équipe proche de celle de « Not Such a Bad Boy » et « No Values ». The Paul McCartney Project distingue explicitement ces deux masters et leur personnel respectif.
Le disque compact de la bande originale de 1984 comprend « So Bad », alors que certaines configurations vinyle omettent la chanson. Un collectionneur qui ne travaille que sur le LP peut donc ne pas la retrouver ; cela ne contredit pas la participation de Ringo au master du CD. Il faut créer une fiche d’enregistrement, puis rattacher séparément les éditions qui la contiennent.
Le clip promotionnel de « So Bad » réalisé pour Pipes of Peace, le master de 1982 et le nouvel enregistrement destiné au film sont trois objets distincts. Le titre seul ne suffit pas à les identifier.
Pourquoi Silly Love Songs et No More Lonely Nights ne sont pas des crédits Ringo
Deux morceaux particulièrement visibles de la bande originale mettent en évidence le danger d’une attribution générale. Sur « Silly Love Songs », la batterie est créditée à Jeff Porcaro, au sein d’une formation comprenant notamment Steve Lukather et Louis Johnson. Sur la version ballade de « No More Lonely Nights », Stuart Elliott tient la batterie, avec David Gilmour à la guitare. La présence de Ringo au générique du film n’en fait pas le batteur de ces deux masters.
Le nom de Ringo figure dans l’ensemble des crédits du projet, mais sa batterie concerne des plages précises. Les sections orchestrales et le morceau final « Goodnight Princess » comportent encore d’autres instrumentistes. Le travail de session consiste à rattacher chaque crédit au bon morceau et à la bonne version, non à fabriquer une « réunion des Beatles » à travers tous les titres du film.
Le film et la bande originale : deux chronologies parallèles
Le long métrage de Peter Webb sort en 1984, et la bande originale est officiellement publiée le 22 octobre de cette année, selon le site de Paul McCartney. La musique a été préparée en amont, majoritairement en 1983, avec des titres issus de périodes encore antérieures. Les scènes à l’écran peuvent avoir été tournées selon un calendrier qui diffère des prises des studios AIR.
Une fiche de collaboration doit donc conserver au moins quatre dates : la première composition éventuelle de la chanson, le master spécifique utilisé dans le film, la sortie cinématographique et la publication sur disque. La date exacte d’une image filmée ne peut pas remplacer celle de la fixation des parties de batterie. Il ne faut pas davantage confondre le titre du film avec un album studio traditionnel de Paul.
La documentation officielle indique que le film s’organise autour de la disparition de bandes maîtresses, prétexte à diverses scènes musicales. Cette intrigue ne correspond pas à la disparition effective d’archives de McCartney : elle relève entièrement de la fiction.
Fiche discographique raisonnée et points ouverts
Contributions documentées de Ringo à la batterie : la nouvelle version de « Wanderlust », « Not Such a Bad Boy » et « No Values » ; une nouvelle version de « So Bad » figure notamment dans le programme CD. Crédits non confirmés : les versions de « Yesterday » et « Here, There and Everywhere » ne comportent pas de batterie de Ringo dans les personnels détaillés consultés ; « Ballroom Dancing » en 1984 demande une vérification spécifique et ne doit pas reprendre automatiquement le crédit du master de 1982.
Éditions distinctes : « So Bad » et « Wanderlust » existent aussi dans des versions antérieures ; « Ballroom Dancing » possède un master avec crédit Ringo dans les relevés détaillés de Tug of War (1982), avec des divergences de sources à documenter. Les programmes LP, cassette et CD de Broad Street diffèrent ; l’année de parution ne renseigne pas le jour exact d’une prise de 1983. Personnel complémentaire : plusieurs autres batteurs sont mentionnés sur des plages distinctes, parmi lesquels Jeff Porcaro et Stuart Elliott, et non comme accompagnateurs indistincts de Ringo.
Du disque au film : deux lectures complémentaires
La fiche cinématographique de Give My Regards to Broad Street (1984) étudie le scénario, le rôle de Ringo à l’écran et la réception du film. La présente fiche analyse les bandes musicales et la répartition des batteries. Ces pages ont des objets distincts ; elles doivent se compléter plutôt que répéter les mêmes données.
Sources et bibliographie discographique
Site officiel Paul McCartney : BO de Give My Regards to Broad Street ; The Paul McCartney Project : personnel de l’édition CD ; Séances et tournage de mars 1983 ; IMDb : crédits des interprètes par chanson ; Relevé des crédits de Tug of War (1982) pour les versions antérieures ; Crédits divergents de Ballroom Dancing (1982). Les informations portant sur les prises distinctes sont attribuées aux éditions et aux sources de session, pas au seul titre de l’œuvre.
La première version de So Bad sur Pipes of Peace · Sessionographie générale












