Ringo Starr & His All-Starr Band
Sommaire
30 juillet 1989 — Pine Knob Music Theatre, Clarkston, Michigan, États-Unis
Date et lieu
- Date : 30 juillet 1989
- Lieu : Pine Knob Music Theatre, Clarkston, Michigan, États-Unis
- Tournée : 1989
Le premier All-Starr Band au Pine Knob Music Theatre
Le dimanche 30 juillet 1989, Ringo Starr et les neuf musiciens de son premier All-Starr Band se produisent au Pine Knob Music Theatre de Clarkston, dans le Michigan. La tournée vient de démarrer à Dallas le 23 juillet, puis a traversé le Midwest. Cette soirée prend place après le concert d’East Troy, au Wisconsin, le 29, et avant Cuyahoga Falls, dans l’Ohio, le 31. La proximité chronologique avec les premiers spectacles rend particulièrement intéressant le programme musical attribué à cette date.
La distribution historique rassemble Ringo Starr, Joe Walsh, Nils Lofgren, Rick Danko, Dr. John, Billy Preston, Clarence Clemons, Levon Helm et Jim Keltner. C’est une formation plus fournie que de nombreuses versions ultérieures du groupe, avec trois batteurs, des claviers et des instruments à vent. Le programme révèle le partage de l’avant-scène entre ces artistes déjà reconnus au moment où Ringo reprend une activité de tournée soutenue.
Formation de référence de la tournée
Cette liste présente la formation de référence de la période. Les absences, remplacements et invités propres à la date sont précisés lorsqu’ils sont documentés.
Ringo Starr: batterie, chant
Joe Walsh (James Gang, Barnstorm, Eagles and The Best): guitare, piano, talkbox, maracas, chant
Nils Lofgren (Crazy Horse et E Street Band): guitare, accordéon, chant
Rick Danko (The Band): basse, guitare, chant
Dr. John: piano, basse, chant
Billy Preston: claviers, mélodica, cloches, chant, directeur musical
Clarence Clemons (E Street Band): saxophone, saxophone baryton, tambourin, cloches, percussions, chant
Levon Helm (The Band): batterie, mandoline, harmonica, chant
Jim Keltner: batterie
Setlist du 30 juillet 1989 : 27 numéros
Le relevé daté comprend vingt-cinq numéros principaux puis deux chansons au rappel. La quatrième plage, un enchaînement de trois pièces du répertoire de Dr. John, compte comme un numéro scénique tout en renvoyant à trois œuvres distinctes. Les solistes indiqués sont ceux mis en avant lors de la représentation ; ils ne constituent pas la liste complète des instrumentistes jouant derrière chacun.
- It Don’t Come Easy — Ringo Starr
- No No Song — Ringo Starr
- Yellow Submarine — Ringo Starr
- New Island Midnight / Such a Night / Big Mac — Dr. John (medley en un seul numéro scénique)
- The Weight — Levon Helm
- Shine Silently — Nils Lofgren
- Will It Go Round in Circles — Billy Preston
- Act Naturally — Ringo Starr
- Honey Don’t — Ringo Starr
- You’re a Friend of Mine — Clarence Clemons
- The Shape I’m In — Rick Danko
- Life in the Fast Lane — Joe Walsh
- Back Off Boogaloo — Ringo Starr
- Desperado — Joe Walsh
- Raining in My Heart — Rick Danko
- Up on Cripple Creek — Levon Helm
- Boys — Ringo Starr
- Bein’ Angry — Nils Lofgren
- Candy — Dr. John
- Right Place Wrong Time — Dr. John
- Quarter to Three — Clarence Clemons
- Amazing Grace — Joe Walsh
- Rocky Mountain Way — Joe Walsh
- Nothing From Nothing — Billy Preston
- Photograph — Ringo Starr
- You’re Sixteen — Ringo Starr (rappel)
- With a Little Help from My Friends — Ringo Starr et ensemble (rappel)
Décompte : 27 numéros scéniques, comprenant un medley de trois œuvres, soit davantage de compositions individuelles que d’emplacements dans la setlist. Les deux dernières chansons sont attribuées au rappel.
Enquête historique et musicale : Clarkston, Pine Knob, 30 juillet 1989
Une étape dans les premiers jours de la formation fondatrice
Le 30 juillet 1989, le groupe joue au Pine Knob Music Theatre du Michigan une semaine seulement après l’ouverture de Dallas. La date suit East Troy et précède Cuyahoga Falls : cette situation chronologique permet d’observer une formation encore proche de son lancement, avant les longues séries d’engagements et les enregistrements qui fixeront son image. Le programme de vingt-sept numéros associe un noyau de chansons de Ringo à des œuvres confiées à ses huit partenaires. Ce nombre décrit les entrées du relevé conservé, mais ne remplace pas une analyse des enchaînements, solos et citations.
The Band et La Nouvelle-Orléans aux côtés des Beatles
Rick Danko et Levon Helm font entendre une tradition musicale associée à The Band, notamment dans « The Weight » et « Up on Cripple Creek ». Dr. John déplace le spectacle vers le rhythm and blues de La Nouvelle-Orléans, pendant que Joe Walsh présente un rock de guitare différent et que Billy Preston apporte les claviers soul. Clarence Clemons offre au groupe une couleur de saxophone impossible à réduire aux disques des Beatles. Cette juxtaposition doit être étudiée comme un arrangement collectif : tous ne reconstituent pas leurs anciens groupes pour quelques minutes, mais accompagnent des chansons qui ne sont pas les leurs.
Le double rôle de Ringo au premier plan et derrière ses collègues
« It Don’t Come Easy », « Photograph », « Yellow Submarine » et « With a Little Help from My Friends » maintiennent l’identité du spectacle autour de Ringo. Le dispositif des batteries lui permet pourtant de se déplacer devant la scène sans interrompre la pulsation. La présence de Jim Keltner et de Levon Helm est déterminante pour comprendre cet équilibre. Elle ne doit pas conduire à attribuer à l’un ou l’autre toutes les frappes entendues sur une version isolée ; seules les images et les documents sonores datés permettent de préciser la distribution à un morceau particulier.
Histoire et particularités : Clarkston, 30 juillet 1989
Un orchestre nouveau lors de sa première semaine de tournée
Le concert de Clarkston appartient à la première semaine de la tournée inaugurale. Le spectacle a commencé au Texas le 23 juillet, et le passage par le Michigan permet d’observer une formation encore récemment réunie autour de Ringo. Contrairement aux décennies suivantes, lorsque le groupe sera structuré autour de quelques collaborateurs réguliers, l’équipe de 1989 rassemble neuf musiciens issus de traditions très différentes. Joe Walsh et Nils Lofgren apportent des guitares aux tempéraments distincts ; Dr. John et Billy Preston ancrent les chansons dans les claviers et le rhythm and blues ; Rick Danko et Levon Helm introduisent l’expérience collective de The Band. La présence simultanée de Ringo et de Jim Keltner à la batterie donne à la section rythmique une richesse inhabituelle.
Vingt-sept numéros et une hiérarchie qui se renverse sans cesse
Le relevé du 30 juillet fait état de vingt-sept entrées musicales. Cette ampleur dit quelque chose de l’ambition du projet : le public vient voir un ancien Beatle, mais le spectacle consacre une grande part de sa durée aux succès personnels des invités. « The Weight », « Iko Iko », « Get Back » ou « Rocky Mountain Way » ne relèvent pas de la même tradition, et leur réunion ne doit pas être décrite comme une suite de reprises anonymes. Les œuvres conservent leurs auteurs et leurs premiers interprètes ; le All-Starr Band en propose une nouvelle lecture par un orchestre transversal. Le programme doit être reproduit dans son ordre documenté, en conservant les éventuels medleys et les différences entre chanson intégrale et citation.
Une première tournée déjà tournée vers la mémoire des Beatles
Les chansons des Beatles chantées par Ringo prennent une signification particulière dès 1989. « Yellow Submarine » ou « With a Little Help from My Friends » rapprochent le public de son histoire la plus connue, tandis que « It Don’t Come Easy » et « Photograph » attestent qu’il a construit une carrière discographique autonome. Cette articulation est essentielle pour comprendre le concept : ni revival exclusivement Beatles, ni concert d’un seul artiste accompagné par des célébrités. Le choix du Pine Knob Music Theatre comme étape de lancement permet aussi de mesurer la place des grandes salles de plein air dans cette première aventure nord-américaine.
Une scène partagée entre neuf personnalités musicales
Le principe inventé par Ringo donne à plusieurs musiciens l’occasion de reprendre leurs chansons emblématiques dans un orchestre qui change constamment de chanteur. Levon Helm interprète « The Weight » et « Up on Cripple Creek », tandis que Rick Danko représente une autre voix de The Band avec « The Shape I’m In » et « Raining in My Heart ». Billy Preston relie ses succès solo aux arrangements collectifs, Clarence Clemons apporte le saxophone et une présence familière aux auditeurs du E Street Band, Joe Walsh retrouve le répertoire des Eagles et Dr. John celui de La Nouvelle-Orléans.
Le medley « New Island Midnight / Such a Night / Big Mac », placé au début de la soirée, témoigne de la souplesse du groupe : en quelques minutes, il juxtapose plusieurs pièces liées à Dr. John sans imposer au programme trois changements de chanteur distincts. À la différence de certains relevés d’autres villes de 1989, « Back Off Boogaloo » figure ici avant « Desperado ». Il serait incorrect de lui substituer systématiquement « I Wanna Be Your Man » sous prétexte que les deux titres alternent dans des programmes-type de la tournée.
Le concert oppose des manières de jouer et de chanter parfois éloignées. Les musiciens de The Band ont une culture de la narration musicale et du rythme souple ; Billy Preston a une forte identité de claviériste gospel et soul ; Joe Walsh représente une guitare rock très expressive ; Ringo intervient comme interprète des Beatles et auteur de succès solo. La présence conjointe de Ringo, Levon Helm et Jim Keltner aux batteries rend l’accompagnement particulièrement intéressant, mais la liste écrite ne permet pas de déterminer qui frappe chaque caisse sur chaque chanson.
Le final repose sur « Photograph », chanson écrite avec George Harrison, puis le rappel « You’re Sixteen » et « With a Little Help from My Friends ». Il rappelle que le All-Starr Band n’est pas seulement un concert de reprises des succès de ses invités : son fil musical revient régulièrement à la voix, à la carrière et à l’histoire de Ringo Starr.
Enregistrements et publications
Le programme de Clarkston est documenté pour le 30 juillet 1989, mais il ne faut pas le confondre avec les concerts du Greek Theatre de Los Angeles enregistrés à la fin de la tournée et publiés sur disque en 1990. Une captation d’un autre soir ne peut pas être attribuée à Pine Knob uniquement parce que la majorité des chansons est la même. Les albums enregistrés en concert distinguent ces dates et leurs supports.












