Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques
Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

Une soirée au Ryman, dans un calendrier remanié

Le 18 juin 2016, Ringo Starr et le All-Starr Band se produisent au Ryman Auditorium de Nashville. Ce spectacle possède une origine particulière : un concert annoncé à Cary, en Caroline du Nord, au Koka Booth Amphitheatre le même jour a été annulé après la controverse suscitée par la loi HB2, dénoncée comme discriminatoire envers les personnes LGBT. La date de Nashville a été ajoutée au calendrier, tandis que le rendez-vous du lendemain au Ryman était maintenu.

Il faut donc distinguer trois enregistrements de la chronologie : l’engagement de Cary annoncé puis annulé, le concert joué le 18 juin à Nashville et celui du 19 juin dans la même salle. Cary ne doit pas apparaître dans le nombre de spectacles effectivement donnés. Le 18 juin possède une set-list documentée de vingt-cinq entrées ; celle du 19 juin reste non renseignée dans le dossier actuel et ne saurait être copiée depuis la veille.

La douzième formation en 2016 : sept musiciens

Le groupe réunit Ringo Starr, Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page, Warren Ham et Gregg Bissonette. Les biographies de ces artistes donnent accès aux univers de Toto, Santana, Utopia, Mr. Mister et à une tradition instrumentale où saxophone, claviers et batteries jouent des rôles essentiels. Ham est le multi-instrumentiste régulier de cette année, tandis que Mark Rivera avait participé aux premières périodes de la douzième formation en 2012–2013.

Une notice de 2016 ne doit donc pas présenter Rivera comme saxophoniste régulier sur scène sans preuve d’une présence exceptionnelle. Il peut être cité dans l’histoire du groupe ou pour des fonctions de direction musicale, mais la liste des sept membres réguliers pour le concert doit rester conforme à la période. Le même principe s’applique aux titres : le rôle d’un interprète historique ne prouve pas qu’il a joué de tous les instruments possibles sur chaque chanson.

Matchbox, It Don’t Come Easy et What Goes On

La soirée commence par Matchbox, It Don’t Come Easy et What Goes On. Ringo mêle ainsi une œuvre de Carl Perkins reprise par les Beatles à son succès solo de 1971, puis à une chanson Lennon–McCartney–Starkey publiée sur Rubber Soul. La suite place immédiatement la prestation dans une histoire longue du batteur, depuis ses goûts de rock’n’roll jusqu’à sa participation à l’écriture au sein des Beatles.

Ces trois titres ont des statuts de composition différents, malgré leur appartenance au répertoire vocal de Ringo. L’encyclopédie doit donc éviter l’expression approximative « trois compositions de Ringo ». La fonction de chaque chanson dans le spectacle est autobiographique ; son crédit d’auteur appartient à une histoire propre.

I Saw the Light, Evil Ways, Rosanna et Kyrie

Les quatrième à septième numéros donnent la parole aux autres figures de la douzième formation. I Saw the Light est associée à Todd Rundgren ; Evil Ways est un classique du répertoire de Santana chanté par Gregg Rolie, mais composé par Sonny Henry ; Rosanna représente Toto sous la voix et la guitare de Steve Lukather ; Kyrie renvoie à Mr. Mister avec Richard Page.

Cette succession montre l’efficacité du principe All-Starr : en quelques minutes, le spectateur traverse plusieurs générations de chansons et de disques. La célébrité de Lukather ne doit pas effacer le crédit de David Paich pour Rosanna ; celle de Rolie ne fait pas de lui l’auteur d’Evil Ways. Les œuvres restent distinctes des interprétations proposées par les sept musiciens de 2016.

Bang the Drum All Day, Boys, Don’t Pass Me By et Yellow Submarine

Bang the Drum All Day, chanson de Todd Rundgren, prend une signification amusante dans le spectacle d’un ancien Beatle devenu l’un des batteurs les plus célèbres du monde. Elle est suivie de trois titres associés à la voix de Ringo : Boys, reprise des Shirelles ; Don’t Pass Me By, l’une de ses compositions personnelles pour les Beatles ; et Yellow Submarine, œuvre Lennon–McCartney de 1966.

La combinaison révèle combien le répertoire peut jouer avec la figure du batteur tout en variant ses origines musicales. Le titre de Rundgren a ses auteurs propres ; Boys appartient au rhythm and blues américain ; Don’t Pass Me By témoigne du travail d’écriture de Richard Starkey ; Yellow Submarine relève de Lennon–McCartney. Leur succession sur la set-list n’en modifie pas l’origine.

Black Magic Woman / Gypsy Queen : un medley, deux compositions

La douzième entrée est présentée comme Black Magic Woman / Gypsy Queen. Dans le concert de Ringo, cette séquence porte la couleur de Santana et la voix de Gregg Rolie. Cependant, Black Magic Woman a été composée par Peter Green avant son adoption par Santana, tandis que Gypsy Queen est une œuvre de Gábor Szabó. La distinction est essentielle pour éviter un crédit global erroné.

Le medley est une seule entrée dans le programme documenté de vingt-cinq lignes, mais il comprend deux œuvres. Le catalogue des chansons doit donc enregistrer les compositions séparément tout en conservant l’unité de leur enchaînement scénique. Cette méthode est utile pour toutes les set-lists du All-Starr Band comportant des citations ou des suites musicales.

You’re Sixteen, I’m the Greatest et You Are Mine

Les treizième et quatorzième numéros reviennent à Ringo avec You’re Sixteen, succès solo issu d’une chanson des frères Sherman, puis I’m the Greatest, œuvre de John Lennon enregistrée pour l’album Ringo de 1973. You Are Mine, quinzième entrée, donne ensuite la place à Richard Page et à son répertoire au-delà des deux grands succès de Mr. Mister.

La présence d’un morceau moins immédiatement familier comme You Are Mine rappelle que le concert ne repose pas exclusivement sur les tubes ayant dominé les classements. Les artistes ont également la possibilité de présenter une partie plus personnelle de leur catalogue. Le dossier doit toutefois associer cette chanson à sa fiche précise afin d’en conserver les auteurs et la version de référence.

Africa et Oye Como Va : deux monuments aux origines différentes

La seizième entrée est Africa, l’un des plus grands succès de Toto, composée par David Paich et Jeff Porcaro. Oye Como Va, dix-septième numéro, renvoie au patrimoine de Santana mais fut écrite par Tito Puente. Le rapprochement entre les deux œuvres révèle la diversité du concert : sophistication pop-rock de Los Angeles et héritage afro-cubain réinterprété par le rock latin.

Steve Lukather et Gregg Rolie représentent ici des carrières musicales qui se sont affirmées au sein de groupes distincts. Leur place au sein du All-Starr Band ne modifie pas les auteurs de ces chansons. Pour un historien, le programme fonctionne comme une anthologie de versions devenues célèbres, dont il faut remonter les sources originales.

I Wanna Be Your Man et Love Is the Answer

La dix-huitième entrée, I Wanna Be Your Man, ramène Ringo à une chanson Lennon–McCartney enregistrée par les Beatles avec sa voix et popularisée également par les Rolling Stones. Love Is the Answer, dix-neuvième numéro, appartient à l’univers de Todd Rundgren et d’Utopia. Le passage d’un classique des débuts du rock britannique à une chanson orientée vers le message collectif illustre la plasticité du spectacle.

Les deux titres peuvent avoir un effet fédérateur sur le public, mais ils ne possèdent pas les mêmes origines de composition. La cohésion de l’orchestre vient de l’accompagnement commun, et non de l’appartenance à un seul groupe historique. Cette précision empêche les fiches d’œuvres de se réduire aux artistes présents devant le public le 18 juin.

Broken Wings et Hold the Line : deux grands succès des années 1980

Les vingtième et vingt et unième entrées font entendre Broken Wings, associée à Mr. Mister et Richard Page, puis Hold the Line, chanson de Toto chantée par Steve Lukather. Broken Wings est cosignée Richard Page, Steve George et John Lang ; Hold the Line est de David Paich. Les deux œuvres démontrent que les vedettes d’un concert ne sont pas nécessairement les auteurs uniques des chansons qu’elles représentent.

Sur scène, Page tient également la basse du groupe, tandis que Lukather contribue à la guitare et au chant. Cette double fonction est au cœur de la formule All-Starr : chaque soliste doit rester un accompagnateur actif quand la voix d’un partenaire prend le premier plan. Le programme conserve ainsi une identité sonore malgré ses fréquents changements de chanteur.

Photograph, Act Naturally et le final collectif

Les numéros vingt-deux et vingt-trois rendent le micro à Ringo avec Photograph, cosignée avec George Harrison, puis Act Naturally, issue de la tradition country américaine. La vingt-quatrième entrée est With a Little Help from My Friends, grande conclusion écrite par Lennon–McCartney ; la vingt-cinquième correspond au refrain de Give Peace a Chance, associé à John Lennon.

La fiche du concert indique que le refrain final est compté une fois et qu’un medley figure sous une seule entrée. Il serait donc incorrect de présenter automatiquement vingt-cinq entrées comme vingt-cinq chansons indépendantes et intégralement interprétées. La notion de numéro de scène doit rester séparée de celle de composition musicale. Le final constitue une séquence collective, dont chaque composante conserve son auteur.

Le 19 juin : une seconde soirée sans programme confirmé

Le lendemain, Ringo joue encore au Ryman Auditorium. La présence de la même formation dans la même salle ne suffit pas à établir une set-list identique : le dossier conserve pour le 19 juin un statut « programme propre à cette soirée : prochainement disponible ». Cette information manquante doit rester visible jusqu’à la découverte d’un document daté, plutôt que d’être remplacée par une copie de la liste du 18.

La fiche du 18 juin fournit la liste des vingt-cinq entrées, tandis que celle du 19 juin conserve les données disponibles et l’incertitude. L’annulation de Cary constitue un troisième objet documentaire, qui ne doit pas être compté comme un concert joué.

Navigation et méthode

Les fiches datées restent les documents de référence pour les programmes ; les chansons, les musiciens et les enregistrements live sont étudiés dans leurs rubriques respectives. Aucun programme non documenté n’est complété à partir d’une autre date.

Retour au dossier All-Starr Band