Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

All-Starr Band › Études historiques

Yellow-Sub.net · Histoire des tournées

Les années sans tournée du All-Starr Band : comprendre les pauses et les reprises (1989–2026)

Une histoire des périodes où la formule de Ringo Starr quitte temporairement les salles, des espacements des années 1990 au double report des tournées de 2020 et 2021.

La continuité d’un projet ne signifie pas qu’il se produit chaque année

Depuis ses débuts le 23 juillet 1989 à Dallas, le All-Starr Band est devenu l’un des rendez-vous récurrents de la carrière de Ringo Starr. La formule paraît aujourd’hui suffisamment familière pour donner l’impression d’une tournée ininterrompue. Il n’en est rien. Les équipes se constituent pour des engagements limités dans le temps et ne vivent pas comme un orchestre permanent qui répéterait chaque semaine au même endroit. Après une série de concerts, les musiciens reprennent leurs propres carrières et Ringo peut se consacrer à ses disques ou à d’autres activités. L’histoire du All-Starr Band est faite autant de reprises que de pauses.

Cette discontinuité ne doit pas être écrite comme une succession de crises. Une année sans tournée attestée peut résulter d’un calendrier différent de celui de la saison précédente ; elle ne prouve ni une séparation du groupe, ni un conflit entre musiciens, ni une difficulté commerciale. Les fiches des concerts et les communiqués doivent être confrontés à l’histoire de chaque formation. Dire qu’une tournée a été annoncée, reportée ou jouée relève de trois états documentaires distincts.

1989–1992 : la formule trouve son rythme

La première tournée de 1989 est suivie d’un album live publié en 1990. Le disque prolonge l’événement, mais il ne correspond pas à une seconde tournée intégrale du groupe cette année-là. La deuxième formation se constitue en 1992 autour de Ringo, dans une distribution différente comprenant notamment Todd Rundgren, Burton Cummings, Dave Edmunds, Timothy B. Schmit, Zak Starkey, Nils Lofgren et Joe Walsh. Les représentations nord-américaines et européennes montrent que le projet initial peut être relancé après une période de disponibilité différente des musiciens.

Le rythme qui s’installe n’est donc pas celui d’une saison annuelle obligatoire. L’année 1992 est aussi celle de l’album personnel Time Takes Time, mais le rapprochement des deux initiatives ne doit pas faire du disque l’enregistrement d’une formation All-Starr. La carrière solo et la scène collective progressent côte à côte. L’intervalle entre les deux premières tournées rappelle simplement que l’organisation d’un ensemble de vedettes exige de réunir des artistes qui n’ont pas des agendas communs.

1995 : retour au Japon et première grande transformation

Trois ans après les concerts de 1992, Ringo rassemble une troisième formation en 1995. La distribution accueille John Entwistle, Felix Cavaliere, Mark Farner, Randy Bachman et Mark Rivera, aux côtés notamment de Billy Preston et Zak Starkey. Ce retour important n’est pas la reprise à l’identique du deuxième All-Starr Band. Les artistes changent, les chansons disponibles sur scène se renouvellent et l’orchestre parcourt de nouveau les États-Unis et le Japon.

Les années séparant deux formations ne doivent pas être transformées en pages de concerts fictives. Dans un calendrier encyclopédique, une absence de dates confirmées doit rester une absence de dates confirmées. Les publications discographiques ou télévisuelles intervenues durant une période creuse ne sont pas automatiquement des performances de l’orchestre. L’histoire des années sans tournée invite justement à décrire ce que le groupe a réellement fait, plutôt qu’à remplir toutes les cases d’une chronologie.

1997–2001 : des campagnes scéniques plus rapprochées

La quatrième formation se produit en 1997 puis en 1998. Les équipes de 1999, 2000 et 2001 lui succèdent rapidement, avec des répertoires différents. Gary Brooker et Jack Bruce font partie de plusieurs configurations ; Todd Rundgren, Eric Carmen, Dave Edmunds, Greg Lake, Roger Hodgson, Howard Jones ou Sheila E. apportent leurs propres chansons selon les années. Cette phase se caractérise par un enchaînement plus serré de tournées, qui ne correspond pourtant pas à un groupe humain unique resté ensemble cinq années.

Le vocabulaire du dossier doit rester précis : le renouvellement d’une formation ne signifie pas forcément que tous les partenaires précédents ont quitté Ringo pour un motif conflictuel. Certaines personnes reviennent ; d’autres sont engagées ailleurs. La continuité de la marque All-Starr repose sur Ringo et sur un modèle de spectacle, non sur une formation contractuellement immuable.

2002–2009 : des périodes plus espacées, mais une formule vivante

Après la tournée de 2001, de nouvelles formations se présentent en 2003, 2006 et 2008. Ces intervalles rendent manifeste le caractère intermittent de l’entreprise. Ils n’empêchent pas la publication d’enregistrements live, ni le travail de Ringo sur ses propres albums. L’une des erreurs possibles serait de considérer l’année de publication d’un CD ou d’un DVD comme celle d’une nouvelle tournée : une captation de 2001 peut paraître en 2002, et un concert donné en 2006 recevoir une édition commerciale bien après sa réalisation.

Cette phase montre aussi que la formule ne dépend pas d’un rythme annuel pour être reconnue par le public. L’arrivée de Sheila E., de Paul Carrack, de Colin Hay, d’Edgar Winter ou d’Hamish Stuart, selon les formations, modifie profondément le répertoire. Les longues pauses entre certaines tournées n’affaiblissent pas nécessairement la cohérence du concept ; elles permettent d’accueillir des distributions nouvelles lorsqu’un calendrier commun devient possible.

2010–2019 : des équipes qui restent plus longtemps réunies

À partir de 2010, les cycles de concerts deviennent particulièrement réguliers. Une onzième formation est associée aux tournées de 2010 et 2011. La douzième équipe, constituée en 2012 avec Todd Rundgren, Gregg Rolie, Steve Lukather, Richard Page, Warren Ham et Gregg Bissonette, reste remarquablement stable jusqu’en 2017. L’année 2018 apporte de nouvelles évolutions et 2019 célèbre officiellement les trente ans de la première soirée de Dallas.

Cette stabilité relative transforme le sens des intervalles entre deux séries de concerts : lorsqu’une équipe retrouve la route quelques mois plus tard, elle connaît déjà les chansons des partenaires, la répartition des interventions et une partie des habitudes de scène. Il ne faut pourtant pas imaginer sans preuve que les mêmes arrangements sont reproduits sans répétition. Les artistes préparent chaque nouvelle campagne, et le programme peut accueillir les chansons récentes de Ringo.

Novembre 2019 : les concerts de 2020 sont annoncés

Le 4 novembre 2019, Ringo annonce une tournée nord-américaine pour le printemps 2020. L’effectif comprend Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Warren Ham, Gregg Bissonette et Hamish Stuart. L’annonce prévoit notamment des dates au Beacon Theatre de New York et des soirées associées aux Avett Brothers ; Edgar Winter est annoncé en ouverture de certains concerts. À ce moment précis, il s’agit d’un projet de tournée, et non d’une série d’événements déjà réalisée.

Cette différence de statut a des conséquences pour les archives. Une date de 2020 relevée sur une affiche, un calendrier promotionnel ou un site de billetterie prouve que le concert a été prévu. Elle ne prouve pas qu’il a eu lieu. L’édition d’une chronologie consacrée au All-Starr Band doit donc conserver la date initialement annoncée si elle explique l’histoire de la production, tout en évitant de la comptabiliser comme une représentation jouée.

2020 et 2021 : les deux reports de la pandémie

Le 27 mars 2020, Ringo annonce le report de sa tournée à 2021 en raison de la crise sanitaire. L’opération concerne de nombreuses salles et implique le déplacement des billets et des réservations. En 2021, les conditions demeurant incompatibles avec la reprise envisagée, le calendrier est repoussé une seconde fois à 2022. Pour l’histoire du groupe, cette séquence constitue un événement majeur : ce ne sont plus quelques journées à réorganiser, mais la suspension prolongée de toute une campagne de concerts.

Il faut distinguer la communication des trois années. En 2020, le projet est reporté à l’année suivante ; en 2021, il est de nouveau repoussé ; en 2022, la reprise s’organise réellement. Aucune de ces étapes ne doit être absorbée dans une formule vague telle que « tournée 2020–2022 ». La conservation des versions successives du calendrier permet au contraire de comprendre la durée de l’attente et la difficulté de mettre en route un orchestre international.

2022 : une reprise réelle, mais non sans difficultés

La reprise démarre en mai 2022 avec une formation où Edgar Winter rejoint des partenaires de longue date, notamment Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart et Gregg Bissonette. La tournée relancée ne constitue pas l’exécution automatique du projet figé en 2019 : l’effectif et les itinéraires ont évolué. En juin 2022, la positivité au Covid de membres de l’équipe impose encore le report de douze concerts. Une partie des dates est ensuite réinscrite dans la campagne d’automne.

La période donne un exemple exceptionnellement clair des différences entre tournée prévue, tournée interrompue et tournée reprise. La fiche d’un concert joué en mai ou juin 2022 peut comporter un programme attesté ; une date reportée ne doit pas recevoir la set-list de sa nouvelle date par simple copier-coller. Le dossier peut raconter la continuité d’un projet sans brouiller les événements réels qui la constituent.

2023–2026 : le retour des saisons de tournée

Les années suivantes voient de nouvelles campagnes de concerts, avec une équipe qui se stabilise autour de Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Le 28 mai 2026, la tournée de printemps débute à Temecula, en Californie, avant de se poursuivre jusqu’au Greek Theatre de Los Angeles le 14 juin. Une série de concerts est ensuite organisée à l’automne. Ces tournées confirment que la pause imposée par la pandémie n’a pas mis fin à la formule, même si elle en a temporairement modifié le calendrier.

À l’échelle de 1989–2026, la véritable continuité du All-Starr Band ne se lit pas dans une chaîne sans interruption de concerts. Elle réside dans le retour récurrent d’un dispositif artistique reconnaissable, capable d’accueillir des musiciens différents et de surmonter des périodes où la scène est absente. Pour une histoire encyclopédique, les pauses ne sont donc ni des vides à combler artificiellement ni des preuves de disparition : elles constituent une partie documentable de l’histoire du groupe.

Pour compléter cette lecture

Tournées et dates · Études historiques · Les membres du groupe

Retour au dossier All-Starr Band