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Le All-Starr Band à New York : Radio City, Beacon Theatre et Forest Hills (1992–2026)
Une étude transversale des concerts new-yorkais de Ringo Starr, avec les représentations réellement jouées et les dates annulées soigneusement distinguées.
Radio City, Beacon et Forest Hills : trois lieux d’une histoire collective
New York est l’un des territoires les plus fidèles du All-Starr Band. Mais il serait erroné d’en résumer l’histoire à une seule salle ou à une formation constamment renouvelée suivant un modèle strictement annuel. Les représentations de Ringo Starr passent notamment par Radio City Music Hall, le Beacon Theatre et, en 2026, Forest Hills Stadium dans le Queens. Ces lieux possèdent des histoires très différentes. Radio City offre une prestigieuse scène de spectacle, le Beacon un environnement de théâtre où plusieurs soirs peuvent se succéder, et Forest Hills une résonance directe avec les concerts des Beatles de 1964.
Leur point commun est la présence de Ringo à la tête de musiciens issus de carrières autonomes. Les vedettes de la formation de 1992 ne sont pas celles de 2003 ou de 2025. Les chansons se renouvellent avec les musiciens, tandis que certains titres de Ringo et des Beatles restent des repères. L’étude de New York doit donc mettre en relation les dates et les salles sans transformer les concerts successifs en une résidence unique.
1992 : les 19 et 20 juin au Radio City Music Hall
Les 19 et 20 juin 1992, le deuxième All-Starr Band se produit à Radio City Music Hall. La distribution comprend notamment Joe Walsh, Timothy B. Schmit, Burton Cummings, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Nils Lofgren et Zak Starkey. Leur réunion donne au public accès aux histoires des Eagles, de Poco, des Guess Who, d’Utopia et de plusieurs autres formations. Ringo n’est pas simplement le chanteur accompagné par des vedettes : il partage avec elles les fonctions de soliste et d’instrumentiste.
Il convient de conserver ces deux soirées séparément dans le catalogue. Une double programmation dans la même salle ne prouve pas que le programme ait été strictement identique le 19 et le 20 juin. Les interventions exceptionnelles ou les modifications d’ordre doivent rester attachées à la représentation qui les documente. La ville constitue un cadre commun, mais chaque concert possède sa propre identité historique.
1995 : Radio City accueille la troisième formation
Le 13 juillet 1995, le retour de Ringo à Radio City Music Hall prend une tout autre couleur musicale. La troisième formation réunit notamment John Entwistle, Billy Preston, Randy Bachman, Mark Farner, Felix Cavaliere, Mark Rivera et Zak Starkey. Les œuvres associées à The Who, Bachman–Turner Overdrive, Grand Funk Railroad et aux Rascals donnent au programme un profil éloigné de celui de 1992. Ce changement rend visible l’un des principes fondateurs du All-Starr Band : le répertoire n’est pas défini une fois pour toutes par l’affiche du premier concert.
Pour suivre cette évolution, le lecteur doit pouvoir retrouver la fiche datée de 1995 et la comparer aux notices de 1992. Les chansons, leurs interprètes et la place des instruments se comprennent à partir des formations exactes. Le prestige d’une salle ne transforme pas des équipes différentes en un seul groupe permanent.
1999–2000 : le Beacon Theatre et le rock britannique
Le Beacon Theatre accueille Ringo les 16 et 17 février 1999. Cette cinquième formation associe Todd Rundgren, Gary Brooker, Jack Bruce, Timmy Cappello et Simon Kirke autour du batteur des Beatles. Le répertoire donne une place importante au rock britannique des années 1960 et 1970, notamment à travers les chansons de Cream et de Procol Harum. Le Beacon permet ainsi au All-Starr Band de présenter un programme sensiblement différent de celui des premières visites new-yorkaises.
Ringo revient dans cette salle le 23 mai 2000. Il serait pourtant imprudent de fusionner les deux saisons : les formations de 1999 et de 2000 ne sont pas à considérer automatiquement comme identiques dans toutes leurs composantes. Une étude historique des concerts doit préserver les distinctions entre les dates, les artistes engagés et les chansons effectivement interprétées.
2003, 2006 et 2008 : trois autres passages à Radio City
Radio City Music Hall revoit Ringo et ses All-Starrs le 29 juillet 2003, le 20 juillet 2006 et le 24 juin 2008. En 2003, la distribution associe notamment Colin Hay, Paul Carrack, John Waite, Sheila E. et Mark Rivera. Les années suivantes font entrer d’autres partenaires et d’autres succès dans le spectacle. La répétition du lieu aide à lire l’évolution des équipes, plutôt qu’à établir la permanence d’un programme musical unique.
Cette période est également un bon exemple de la différence entre concert et publication discographique. Un événement new-yorkais n’est pas nécessairement la source d’un album live officiel, et un DVD commercialisé plus tard peut provenir d’une autre ville. Il faut conserver les dates et les supports séparément pour ne pas réattribuer les enregistrements à Radio City par simple proximité chronologique.
7 juillet 2010 : Paul McCartney rejoint Ringo pour ses soixante-dix ans
Le 7 juillet 2010, Ringo célèbre son soixante-dixième anniversaire à Radio City Music Hall. Paul McCartney fait une apparition surprise et interprète Birthday, chanson des Beatles. L’événement possède une portée médiatique singulière, car il réunit sur scène deux anciens membres du groupe de Liverpool. Il ne constitue toutefois ni une reformation des Beatles, ni l’entrée de McCartney dans le personnel régulier du All-Starr Band.
La formation de Ringo pour cette tournée comprend notamment Rick Derringer, Wally Palmar, Gary Wright, Edgar Winter, Richard Page et Gregg Bissonette. L’invitation de Paul appartient à la soirée d’anniversaire, pas au programme de tous les concerts de 2010. La distinction entre événement exceptionnel et formation permanente demeure essentielle pour les biographies des musiciens et les fiches de représentations.
2014–2017 : les retours au Beacon d’une équipe stable
Les 17 et 18 juin 2014, puis le 15 novembre 2017, le Beacon Theatre accueille Ringo avec une formation remarquable par sa continuité : Todd Rundgren, Gregg Rolie, Steve Lukather, Richard Page, Warren Ham et Gregg Bissonette participent au long cycle commencé en 2012. Les succès de Toto, Santana, Mr. Mister et de Rundgren constituent des repères musicaux familiers, tandis que Ringo réunit toujours ses propres chansons aux œuvres des autres.
Cette fidélité des noms ne signifie pas que les concerts de 2014 et 2017 sont des copies exactes. Un répertoire stable peut évoluer dans son ordre, sa durée et ses détails d’interprétation. Le Beacon fournit un lieu de comparaison particulièrement intéressant, mais seules les archives datées peuvent prouver une variante précise.
2020–2022 : trois reports et la reprise réelle au Beacon
Les concerts programmés initialement les 2, 3 et 5 juin 2020 au Beacon sont reportés une première fois aux 8, 9 et 11 juin 2021, puis finalement joués les 6, 7 et 8 juin 2022. Les archives officielles de la salle donnent ces correspondances de billetterie. Il faut absolument distinguer les dates annoncées des dates tenues : trois concerts joués en 2022 ne deviennent pas neuf concerts parce que trois calendriers successifs ont été publiés.
Le 7 juin 2022, Edgar Winter ne joue pas avec le groupe en raison d’une contamination au Covid. La formation maintient alors la soirée avant que de nouveaux reports ne concernent la tournée. Ce cas confirme qu’un effectif général publié dans le communiqué de saison n’est pas forcément la liste exacte des musiciens présents chaque soir. L’histoire de New York doit conserver ces ajustements sans les extrapoler à toute la tournée.
2024–2025 : un concert annulé, puis un retour à Radio City
Le concert de Radio City Music Hall prévu le 25 septembre 2024 est annulé pour raison de santé, selon l’annonce de l’exploitant de la salle. Cette date appartient à l’histoire des annonces et des annulations du All-Starr Band ; elle ne doit jamais recevoir de set-list comme si Ringo s’était effectivement produit ce soir-là. La question n’est pas secondaire : une salle très célèbre peut être fréquemment citée dans des calendriers sans que tous les événements prévus aient eu lieu.
Le 13 juin 2025, Ringo revient réellement à Radio City avec Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Le programme mêle alors les chansons de Ringo aux œuvres de Toto, Men at Work et de l’Average White Band. Ce retour apporte à la série new-yorkaise une autre configuration, différente des équipes de 1995 ou de 2010.
1er octobre 2026 : Forest Hills et la mémoire des Beatles
Le 1er octobre 2026, Ringo se produit à Forest Hills Stadium dans le Queens, lieu où les Beatles avaient joué les 28 et 29 août 1964. L’annonce officielle de la tournée présente ce concert comme le premier retour de Ringo dans ce stade depuis la Beatlemania. Le rapprochement historique est fondé sur le lieu et la présence du même batteur, non sur la reconstitution d’une formation ou d’un programme de 1964.
L’équipe de 2026 rassemble Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Elle représente plusieurs traditions musicales très différentes de celles des Beatles. La scène de Forest Hills permet donc de mesurer l’évolution de Ringo, de membre d’un groupe de quatre musiciens à animateur d’un orchestre de vedettes. Les programmes de cette soirée doivent rester distincts de ceux des autres étapes d’automne.
New York comme lieu de mémoire et comme scène de travail
Radio City, le Beacon et Forest Hills offrent trois manières de comprendre la présence de Ringo à New York. Le premier permet de suivre la succession des formations et certaines rencontres exceptionnelles ; le deuxième conserve des séries de concerts et l’épisode des reports liés à la pandémie ; le troisième relie la carrière scénique de 2026 au souvenir d’une représentation des Beatles en 1964. La ville devient ainsi une archive vivante des transformations du projet.
Cette monographie n’a pas vocation à remplacer les fiches de toutes les soirées. Elle doit relier les pages de 1992, 1995, 2010, 2022, 2025 et 2026 tout en conservant les concerts annulés dans une catégorie distincte. C’est cette précision qui permet de restituer une histoire new-yorkaise continue sans créer de concerts imaginaires ni confondre les différents publics, salles et programmes.
Forest Hills 2026 : vingt et un titres attestés
Le concert du 1er octobre 2026 à Forest Hills ne relève plus seulement d’une annonce : des relevés de programme publiés après la représentation recensent vingt et un titres, de Matchbox à With a Little Help from My Friends, avec une conclusion qui reprend un fragment de Give Peace a Chance. La liste comporte plusieurs succès de Steve Lukather, Colin Hay et Hamish Stuart, dont Rosanna, Down Under, Pick Up the Pieces, Africa et Hold the Line. Elle confirme que le retour de Ringo dans ce stade historique n’était pas une reconstitution du programme des Beatles de 1964.
La réception contemporaine souligne la particularité du lieu et le dynamisme de la formation. Les chansons de Toto, de Men at Work et de l’Average White Band y sont interprétées par les musiciens de Ringo eux-mêmes, et non par les groupes dans lesquels les succès ont été enregistrés. Le dernier morceau donne une conclusion collective au spectacle, sans qu’il faille comptabiliser la citation de Give Peace a Chance comme un concert supplémentaire ou une reformation des Beatles.
Le retour de 1964 : une mémoire de scène, pas une continuité de formation
Les Beatles avaient joué à Forest Hills Stadium les 28 et 29 août 1964, lors de leur première grande tournée américaine. Le 1er octobre 2026, Ringo retourne dans ce lieu avec six partenaires dont les trajectoires professionnelles appartiennent à plusieurs décennies de musique populaire. Le passage entre les deux événements donne à la carrière de l’ancien Beatle une profondeur exceptionnelle, mais ne doit pas être présenté comme la reprise d’un concert ancien par les mêmes personnes.
La monographie new-yorkaise peut comparer le sens culturel des deux visites, tandis que les notices de 1964 et de 2026 conservent les titres, les participants et les circonstances propres à chaque date. Cette séparation évite que le prestige historique du stade masque le contenu musical réel de la soirée récente.












