Yellow-Sub.net · Histoire des médias · 1989–2026
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Le All-Starr Band à la radio et à la télévision (1989–2026) : entretiens, concerts et archives
Émissions, reportages, disques et films de concert : comment éviter de confondre le All-Starr Band avec les autres formations de Ringo Starr.
Pourquoi les médias racontent une autre histoire que les concerts
L’histoire scénique du All-Starr Band se lit d’abord dans les dates, les musiciens et les chansons, mais sa transmission passe également par des images et des enregistrements destinés à des publics absents des salles. Un extrait diffusé dans un journal télévisé, un entretien radiophonique, un concert filmé et un album enregistré en public ne sont pourtant pas des documents équivalents. Ils ne donnent ni le même accès au déroulement de la soirée ni les mêmes garanties sur l’intégralité du programme. Cette étude examine les formes de médiatisation et leurs limites, sans se substituer à la vidéographie ni aux fiches des disques du groupe.
Ces documents expliquent comment la formule du All-Starr Band a pu circuler bien au-delà de ses spectateurs directs ; ils indiquent aussi comment Ringo et ses partenaires ont présenté au public le principe d’un collectif de vedettes. L’enquête doit noter qui parle, dans quel contexte et à quelle date, plutôt que transformer chaque présence de Ringo à l’écran en apparition du All-Starr Band.
1989 : expliquer au public une formule nouvelle
Le lancement de 1989 est une affaire de scène, mais aussi de communication. Une affiche regroupant Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Rick Danko, Levon Helm, Billy Preston, Clarence Clemons et Jim Keltner réclame davantage d’explications qu’une tournée classique d’une seule vedette. Les entretiens avec Ringo deviennent une composante importante de la réception : ils expliquent pourquoi le batteur occupe tour à tour le devant de la scène et la batterie, comment les chansons des invités sont intégrées au programme et pourquoi le titre du spectacle demeure celui de Ringo Starr.
Dans un entretien de 1991, après la première tournée, Ringo revient sur son retour à la musique et sur le plaisir de chanter puis de jouer dans le groupe. Il faut éviter de confondre cette interview rétrospective, qui éclaire l’intention artistique, avec une captation d’un concert de juillet 1989. Une réponse donnée deux ans après les faits documente un souvenir et une interprétation ; elle ne certifie pas, à elle seule, la liste complète des numéros d’une soirée.
Les images de concerts ne sont pas toujours des émissions
Des tournées du All-Starr Band ont laissé des enregistrements visuels dont les supports et les provenances sont différents : films proposés au public, sorties commerciales, extraits promotionnels et images d’archives. La présence d’une caméra devant une scène ne prouve cependant ni la diffusion télévisée intégrale de la représentation ni son édition officielle. Une œuvre publiée ultérieurement peut avoir été montée à partir de plusieurs sources et ne conserve pas nécessairement les transitions, les présentations ou tous les titres interprétés.
C’est pourquoi la vidéographie doit distinguer date du spectacle, date de prise de vues lorsque celle-ci est connue, date de diffusion et date de commercialisation. Une tournée filmée n’est pas automatiquement une tournée télévisée. À l’inverse, un passage de quelques minutes à la télévision peut renseigner sur la notoriété d’une formation, sans constituer le film de sa représentation.
Le cas King Biscuit Flower Hour et la tournée 2001
La publication en 2002 de King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band offre un cas précis de lien entre un nom historique de la radio musicale américaine et l’édition d’un concert. Le disque est issu de la représentation du 22 août 2001 au Rosemont Theatre, dans l’Illinois. Il présente notamment les interprétations de Roger Hodgson, Howard Jones, Ian Hunter, Greg Lake et Sheila E., aux côtés de Ringo et de Mark Rivera. La présence du nom King Biscuit dans le titre du CD ne suffit pas, à elle seule, à identifier une date d’émission radiophonique précise ou le contenu exact d’une éventuelle diffusion.
Le programme du CD est plus court que celui de certaines éditions vidéo. Pour décrire un concert de 2001, on ne peut donc pas recopier aveuglément la liste des plages du disque. Le support commercial est une sélection éditoriale, tandis que l’événement scénique a sa propre chronologie. Les fiches discographiques du dossier détaillent le contenu des éditions ; cette étude s’intéresse au changement de statut qu’opère leur circulation médiatique.
VH1 Storytellers : une confusion à prévenir
Ringo Starr a également enregistré des prestations audiovisuelles célèbres qui ne relèvent pas du All-Starr Band. VH1 Storytellers, publié en 1998, appartient à une démarche centrée sur son répertoire et son entourage de musiciens d’alors ; on ne peut pas en faire, sans justification, le document d’une tournée All-Starr. Le simple fait qu’un instrumentiste ait participé à plusieurs projets de Ringo ne permet pas non plus de requalifier l’un de ces projets en concert du groupe.
Cette distinction est importante pour les catalogues en ligne, souvent organisés autour du nom de la vedette plutôt que de la formation qui l’accompagne. Classer séparément albums solo filmés, apparitions promotionnelles et concerts All-Starr permet de construire une vidéographie qui résiste à la comparaison des pochettes, crédits et génériques.
Soundstage en 2005 : Ringo et les Roundheads, pas le All-Starr Band
Le spectacle enregistré au Genesee Theatre de Waukegan, dans l’Illinois, en 2005, puis publié sous le titre Live at Soundstage en 2007, illustre un autre piège. Il est associé à l’émission musicale américaine Soundstage, mais les musiciens sont ceux du groupe de studio et de scène connu sous le nom de Roundheads, et non ceux de la formation All-Starr en tournée. On y retrouve notamment Mark Hudson et des musiciens liés aux albums de Ringo de l’époque, dans une configuration distincte.
Une encyclopédie qui additionnerait toutes les captations de Ringo sans vérifier l’équipe présente inventerait artificiellement des tournées, attribuerait de faux crédits aux All-Starrs et brouillerait la discographie. La bonne méthode consiste à partir du générique et des musiciens effectivement engagés, non du seul titre principal figurant sur la jaquette.
Les entretiens récents rendent visible le fonctionnement du groupe
Les conversations de Ringo avec la presse américaine au cours des années 2010 et 2020 révèlent une dimension rarement perceptible sur un album : la façon dont il choisit ses partenaires et présente les règles de vie de l’orchestre. Ses souvenirs de 1989 permettent de comprendre le recrutement initial, tandis que ses réponses de 2024 expliquent l’équilibre entre le statut de vedette individuelle et la solidarité collective attendue sur scène. Ces entretiens constituent des témoignages sur la méthode, mais ne doivent pas être cités comme s’ils avaient été prononcés au moment des événements qu’ils décrivent.
Les séquences filmées de répétitions diffusées lors de la préparation de la tournée 2026 jouent un rôle différent : elles sont destinées à montrer le travail actuel. Elles donnent des indices sur les instruments, l’effectif et l’ambiance de l’équipe, sans permettre de reconstituer de façon exhaustive l’exécution d’un concert ultérieur.
Conserver la date de l’enregistrement et celle de la diffusion
Chaque document devrait être décrit à partir de quelques questions simples : concerne-t-il le groupe complet ou Ringo seul ; s’agit-il d’un entretien, d’une exécution musicale ou d’un film de concert ; à quelle date l’enregistrement a-t-il eu lieu ; quelle est la date de la diffusion ou de l’édition ; quelle chaîne ou quel label est effectivement identifié ? Les lacunes doivent rester visibles. Le titre d’un programme ne justifie pas d’inventer une heure de passage, et une vidéo mise en ligne des années après le spectacle n’établit pas une diffusion historique.
Le véritable apport des médias à l’histoire du All-Starr Band n’est pas de remplacer l’expérience de la scène. C’est de conserver des voix, des images et des commentaires qui expliquent comment une formation volontairement changeante a pu acquérir une identité reconnaissable pendant plusieurs décennies.












