Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques
Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

Une résidence en six soirées, et non un spectacle continu

En septembre 2025, Ringo Starr se produit six fois au Venetian Theatre de Las Vegas : les 17, 19, 20, 24, 26 et 27 septembre. L’expression de « résidence » décrit l’organisation commerciale d’une série de spectacles dans la même salle, mais elle ne doit pas faire oublier qu’il s’agit de six représentations distinctes. Chacune possède sa date, son billet et son programme, qui doit être enregistré de manière indépendante dans une concertographie.

Entre certaines soirées du Venetian, le groupe joue ailleurs : le 21 septembre à l’Ironstone Amphitheatre de Murphys, puis le 23 septembre au Yaamava’ Theater de Highland, en Californie. Il n’y a donc pas six concerts consécutifs sur six jours. Une reconstitution chronologique complète doit montrer les déplacements plutôt que regrouper toutes les performances de septembre sous une seule fiche intitulée « Las Vegas 2025 ».

La seizième formation : sept artistes et plusieurs répertoires

Ringo Starr se produit avec Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Les sept musiciens représentent une structure déjà rodée, où la batterie de Bissonette maintient la pulsation tandis que Ringo alterne voix et batterie. Lukather assure la place de Toto, Hay celle de Men at Work et Stuart celle de l’Average White Band. Warren Ham contribue aux vents, percussions et harmonies ; Buck Johnson aux claviers.

Cette distribution est importante parce que le groupe a changé de claviériste pendant les saisons précédentes. Edgar Winter ne doit pas être réintroduit automatiquement dans les crédits de Las Vegas en 2025 au prétexte qu’il participait à la tournée de 2022. La stabilité de l’effectif sur ces six dates permet de comparer les programmes, mais les instruments réellement joués sur une chanson particulière restent à confirmer par des documents du soir concerné.

Vingt et une entrées : Honey Don’t puis It Don’t Come Easy

Les programmes conservés dans le dossier pour les soirées du Venetian présentent vingt et une entrées. L’ouverture fait entendre Honey Don’t, chanson de Carl Perkins intégrée au répertoire des Beatles, puis It Don’t Come Easy, succès solo de Ringo publié en 1971. Cette double référence résume la continuité de sa carrière : influences américaines avant les Beatles, puis indépendance discographique après 1970.

Honey Don’t appartient à Carl Perkins comme compositeur, tandis qu’It Don’t Come Easy est créditée à Ringo. Leur ordre n’est pas interchangeable dans le relevé : il appartient au programme spécifique de la résidence de 2025. Cette ouverture contraste notamment avec certains concerts de 2026 qui débutent par Matchbox, autre chanson de Perkins, sans que les deux morceaux doivent être confondus.

Rosanna, Pick Up the Pieces et Down Under

Les troisième, quatrième et cinquième numéros donnent rapidement la parole aux autres solistes. Rosanna, écrit par David Paich, est porté par Steve Lukather et l’héritage de Toto. Pick Up the Pieces rappelle le succès instrumental de l’Average White Band lié à Hamish Stuart, tandis que Down Under réintroduit la voix de Colin Hay et le répertoire de Men at Work.

Cette alternance est l’un des éléments les plus convaincants du dispositif All-Starr : chaque musicien dispose d’un moment identifiable, mais demeure accompagnateur des autres. Le passage d’un rock californien soigneusement arrangé au funk instrumental puis à la pop australienne se fait avec le même orchestre. L’étude de la répartition instrumentale ne doit pourtant pas se limiter à plaquer les rôles habituels des disques originaux sur les musiciens de 2025.

Boys, I’m the Greatest et Yellow Submarine

Trois autres références de Ringo occupent les positions six à huit. Boys vient des Shirelles et a été reprise par les Beatles en 1963 avec Ringo au chant. I’m the Greatest est une composition de John Lennon publiée sur le disque Ringo de 1973. Yellow Submarine est une œuvre Lennon–McCartney associée à la voix du batteur depuis Revolver en 1966.

La coexistence de ces trois titres montre que l’identité vocale de Ringo se construit à partir de chansons d’origines très différentes. Il est l’interprète historique de chacune, sans être le compositeur unique des trois. Les rappels des Beatles et l’œuvre écrite par Lennon pour la carrière solo restent néanmoins des repères majeurs pour le public de Las Vegas.

Cut the Cake et Octopus’s Garden : entre soul-funk et fantaisie

Cut the Cake donne ensuite à Hamish Stuart l’occasion de revenir à la soul-funk de l’Average White Band. Il est suivi d’Octopus’s Garden, chanson écrite par Ringo pour l’album Abbey Road en 1969. Leur enchaînement révèle à nouveau le contraste entre un catalogue collectif d’invités et les chansons les plus personnelles du maître de cérémonie.

Le changement de chanteur et de couleur sonore ne correspond pas à un changement d’orchestre. Les sept musiciens restent réunis sur scène, avec un partage des fonctions adapté aux œuvres. Pour décrire précisément les instruments utilisés sur Cut the Cake, un relevé propre à la soirée est préférable aux crédits de la version de studio de l’Average White Band.

Look Up : un disque récent entre dans le répertoire

La onzième entrée des relevés de Las Vegas est Look Up, chanson liée à la nouvelle orientation country de Ringo et à son album du même nom paru en 2025. Sa présence prouve que le All-Starr Band ne se contente pas des classiques des années 1960 et 1970. Ringo continue d’y présenter des œuvres contemporaines, même lorsque l’essentiel de la soirée fonctionne comme une anthologie de succès.

Look Up apporte aussi un élément important de comparaison avec 2026 : une set-list du Venetian de septembre 2025 ne doit pas être recopiée telle quelle sur Boston, Queens ou Portland l’année suivante. Les programmes documentés de l’automne 2026 comptent également vingt et une entrées, mais ils ne contiennent pas exactement la même sélection. Le nombre de lignes identique ne constitue donc pas une preuve d’identité musicale.

No No Song, Overkill et Africa

Après Look Up, le programme passe à No No Song, chanson de Hoyt Axton et David Jackson devenue un succès solo de Ringo, puis à Overkill, associée à Colin Hay et Men at Work, et à Africa, écrite par David Paich et Jeff Porcaro pour Toto. Il s’agit de trois histoires d’enregistrement séparées, réunies par la scène de Las Vegas.

La construction est habile : un titre humoristique chanté par Ringo précède une chanson plus introspective de Men at Work, puis un grand standard de pop-rock. Les solistes se passent le micro tout en conservant un accompagnement commun. Leurs enregistrements originaux ne doivent pas être crédités aux membres du All-Starr Band, même lorsque plusieurs de ces artistes ont participé à la version devenue célèbre.

Work to Do, I Wanna Be Your Man et Who Can It Be Now?

Les quinzième à dix-septième entrées donnent place à Work to Do, I Wanna Be Your Man et Who Can It Be Now?. La première vient du catalogue des Isley Brothers, avant sa reprise par l’Average White Band ; la deuxième est une composition Lennon–McCartney que Ringo chantait avec les Beatles ; la dernière appartient à Men at Work et à la carrière de Colin Hay.

La généalogie de Work to Do est particulièrement révélatrice : le musicien qui la présente chez Ringo est associé à une reprise historiquement importante, non nécessairement à la première version de la composition. Le programme doit donc distinguer auteur, premier enregistrement, version devenue célèbre et performance datée en 2025. Ces quatre champs constituent la base d’une discographie et d’une concertographie encyclopédiques cohérentes.

Hold the Line, Photograph et Act Naturally

Les dix-huitième à vingtième titres conduisent progressivement vers la conclusion. Hold the Line, écrit par David Paich, évoque le début de carrière de Toto ; Photograph, cosignée avec George Harrison, fait revenir Ringo à son album de 1973 ; Act Naturally rappelle la tradition country et les auteurs Johnny Russell et Voni Morrison.

Cette succession oppose trois façons de concevoir le succès populaire : rock de groupe aux guitares affirmées, chanson solo construite autour du souvenir et reprise country portée par la personnalité de son interprète. La fidélité du public à ces morceaux résulte notamment de leur place récurrente dans les spectacles. Mais cette présence habituelle ne doit pas devenir une affirmation automatique sur des dates qui ne possèdent pas de set-list propre.

With a Little Help from My Friends et Give Peace a Chance

La vingt et unième entrée est With a Little Help from My Friends, chanson Lennon–McCartney devenue l’emblème du All-Starr Band. Les relevés de plusieurs soirées de la résidence signalent également une coda empruntant le refrain de Give Peace a Chance. Cette citation finale doit être distinguée d’une exécution intégrale de la chanson de John Lennon.

La notion de coda est importante pour le calcul des programmes. Un numéro final peut contenir un extrait reconnaissable d’une autre œuvre sans constituer deux chansons autonomes. La résidence de Las Vegas permet donc de relier l’histoire musicale de Ringo à une réflexion sur les méthodes de comptage, les reprises et les allusions insérées dans un spectacle.

De Chicago et Bourbon & Beyond à la résidence du Venetian

Le segment d’automne ne commence pas à Las Vegas. Le groupe passe par Chicago le 10 septembre, Milwaukee le 12 puis le festival Bourbon & Beyond de Louisville le 13. La résidence du Venetian commence le 17. Les concerts de Murphys et Highland s’insèrent ensuite entre ses deux séries de représentations, avant la dernière date du 27 septembre.

Ce calendrier rappelle qu’un festival diffère d’un concert dans un théâtre où Ringo occupe l’essentiel de l’affiche. La durée et la composition du programme peuvent être affectées par le contexte, mais seule une set-list documentée du festival permet de conclure à des coupes ou à des changements précis. Les six soirées du Venetian ne doivent donc pas remplacer l’étude des autres étapes de la tournée.

Six fiches à conserver sans déduire des instruments non attestés

Les six représentations de Las Vegas disposent de fiches distinctes, dont celles du 17 septembre, du 19 septembre et du 27 septembre. Les relevés participatifs établissent une stabilité des vingt et un titres, mais la répartition détaillée des instruments n’est pas entièrement prouvée pour chacun des concerts.

L’édition encyclopédique doit donc préserver les annotations existantes : formation de référence, voix principale, attribution certaine quand elle est documentée, et parties instrumentales laissées en attente de preuve. Les changements éventuels ne peuvent être établis par comparaison de listes génériques. L’analyse de la résidence est un complément aux six programmes datés, non une nouvelle set-list unique qui les remplacerait.

Explorer le dossier

Retrouver les concerts par date, les œuvres par artiste, les musiciens et les enregistrements live. Les fiches individuelles restent la référence des programmes et des crédits.

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