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Sommaire
Les nouvelles chansons de Ringo sur scène : de Time Takes Time à Look Up, 1992–2026
Les All-Starrs ne sont pas uniquement une tournée de classiques : Ringo a régulièrement ajouté des chansons issues de ses albums récents, en dialogue avec les succès des Beatles.
Une carrière discographique continue à côté des tournées
Le All-Starr Band est souvent considéré comme une anthologie de grands succès du rock. Cette définition est utile pour comprendre l’importance des chansons apportées par chaque membre, mais elle masque un élément décisif : Ringo Starr continue de publier des albums et d’introduire de nouveaux morceaux dans ses concerts. Le répertoire récent lui donne une identité artistique qui dépasse le seul rôle d’ancien batteur des Beatles.
La méthode consiste à associer trois dates pour chaque œuvre : sa publication initiale sur disque, son éventuelle entrée dans le programme de tournée et les représentations où son interprétation est réellement attestée. Il serait erroné de considérer qu’une chanson publiée en studio a nécessairement été jouée par le All-Starr Band l’année même de sa sortie. La présence dans une set-list datée demeure une information indépendante.
1992 : Time Takes Time et une relance artistique
En mai 1992, Ringo publie Time Takes Time, son premier album studio de nouvelles chansons depuis plusieurs années. La tournée du deuxième All-Starr Band permet d’introduire dans le spectacle des œuvres liées à ce disque, notamment Weight of the World et Don’t Go Where the Road Don’t Go lorsque les programmes les attestent. Ringo n’oppose donc pas un nouveau disque aux succès passés ; il les rapproche sur scène.
La formation de 1992 comprend Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Tim Cappello et Zak Starkey autour de Ringo. Les morceaux récents sont interprétés par ce collectif, et non par les musiciens qui ont joué sur les séances studio de Time Takes Time. Cette différence permet de mesurer la transformation des chansons lorsqu’elles entrent dans l’univers des All-Starrs.
Don’t Go Where the Road Don’t Go : un titre qui traverse les formations
Don’t Go Where the Road Don’t Go prend une place particulière parce que son histoire ne s’arrête pas à 1992. La chanson figure par exemple en ouverture du concert de Morioka, le 14 juin 1995, alors que la formation a été profondément renouvelée. Les voix et instruments sont différents de ceux de la deuxième génération, mais l’œuvre reste associée à Ringo.
Ce passage d’un groupe à l’autre révèle la façon dont une chanson récente peut progressivement devenir un élément patrimonial. Elle ne devient pas une composition de la troisième formation : son origine demeure l’album solo de 1992. L’interprétation de 1995 constitue un nouveau document à classer sous l’œuvre, avec son personnel de concert propre.
2003 : Ringo Rama et la mémoire de George Harrison
Ringo Rama, publié en mars 2003, apporte des chansons nouvelles au programme du huitième All-Starr Band. À l’ouverture du 24 juillet au Casino Rama, Memphis in Your Mind apparaît comme troisième entrée et Never Without You comme quinzième. Leur présence fournit une preuve précise de l’intégration du disque récent au spectacle, aux côtés des œuvres des Beatles et des succès des invités.
Never Without You possède une dimension affective particulière, car elle rend hommage à George Harrison, disparu en 2001. Il faut toutefois distinguer la portée générale de la chanson et les éventuels propos prononcés par Ringo à une représentation spécifique. Un commentaire attribué au chanteur doit être fondé sur un document daté. L’histoire de l’œuvre peut être expliquée sans inventer d’introduction parlée pour chacun des concerts de 2003.
2005–2006 : Choose Love dans la neuvième formation
Ringo publie Choose Love en 2005. La chanson-titre entre ensuite dans les programmes de la neuvième formation, notamment lors de la première du 14 juin 2006 à Casino Rama. Le spectacle réunit alors Billy Squier, Richard Marx, Hamish Stuart, Rod Argent, Edgar Winter et Sheila E. autour de Ringo. Le morceau récent côtoie notamment Photograph, It Don’t Come Easy et les titres de ses invités.
L’intérêt ne réside pas seulement dans le renouvellement du catalogue. Le titre est joué par une équipe de scène dont les compétences permettent d’en modifier certains arrangements, sans reproduire nécessairement les musiciens de studio. Le chercheur doit conserver cette distinction. L’existence d’une chanson sur le disque Choose Love ne prouve pas qu’elle ait été jouée à toutes les dates de 2006, même si elle figure au premier programme documenté.
2008 : Liverpool 8 et l’actualité de Ringo
L’album Liverpool 8, paru en 2008, est également représenté dans les programmes du All-Starr Band. Le concert inaugural du 19 juin 2008 à Niagara Falls comporte la chanson-titre parmi ses vingt-cinq entrées. Il montre comment Ringo réintroduit son passé de Liverpool au sein d’un spectacle où se rencontrent les œuvres de Billy Squier, Colin Hay, Hamish Stuart et Gary Wright.
La différence entre cette chanson et les vieux standards issus des Beatles est importante. Liverpool 8 représente une réflexion contemporaine de Ringo sur son histoire, tandis que Yellow Submarine et I Wanna Be Your Man appartiennent à l’époque du quatuor. Les deux niveaux se répondent sans se confondre. La musique récente fait ainsi évoluer l’autobiographie scénique au fil du temps.
2010–2011 : Y Not, The Other Side of Liverpool et Peace Dream
En 2010, Ringo publie Y Not. Les concerts de la onzième formation introduisent des titres de cet album, notamment The Other Side of Liverpool et Peace Dream. Ils sont attestés au premier concert du 24 juin 2010 à Fallsview ainsi qu’au Palais des Sports de Paris le 26 juin 2011. Leur maintien sur plusieurs saisons révèle que la matière nouvelle n’est pas nécessairement limitée à la tournée immédiatement consécutive à la sortie du disque.
Ces deux chansons complètent les grands classiques de Ringo. The Other Side of Liverpool relève d’un récit autobiographique ; Peace Dream prolonge le message de paix associé à son image publique. Les deux appartiennent à une activité créatrice contemporaine, mais sont interprétées aux côtés de Rick Derringer, Wally Palmar, Richard Page, Gary Wright, Edgar Winter et Gregg Bissonette.
2012 : Wings et Anthem parmi les œuvres récentes
L’album Ringo 2012 fournit un autre cas d’intégration de chansons contemporaines dans les set-lists. Wings et Anthem apparaissent au sein de programmes de la douzième formation, aux côtés des titres de Toto, Santana, Todd Rundgren et Mr. Mister. Il est important de préciser que Wings n’est pas une œuvre du groupe de Paul McCartney : c’est une chanson de Ringo qui existait déjà sous une forme antérieure avant sa réinterprétation en 2012.
Cette distinction empêche une confusion presque automatique dans un site consacré aux Beatles. Un mot du titre d’une chanson peut correspondre au nom d’un autre groupe célèbre, sans créer de filiation musicale entre les deux. La fiche de Wings doit donc expliquer la discographie de Ringo et ses versions, et non être rangée parmi les chansons du groupe Wings de McCartney.
2017 : Give More Love et la fin d’une formation
En septembre 2017, Ringo publie l’album Give More Love. La chanson-titre apparaît dans le programme de la tournée d’automne de 2017, comme le montre la première soirée à Las Vegas. Elle côtoie les œuvres historiques de Ringo et les succès de Toto, Santana, Todd Rundgren et Mr. Mister. La nouvelle production solo reste donc visible jusqu’au terme de la douzième formation.
La dernière date de cette période est donnée à Newark le 16 novembre 2017. Cependant, la set-list de la première soirée de Las Vegas ne doit pas être recopiée automatiquement pour Newark. La présence de Give More Love doit être rattachée aux dates où elle est vérifiée, tout en distinguant le disque studio de sa réinterprétation par l’orchestre de tournée.
2025 : Look Up et le retour d’une orientation country
Ce chapitre suit l’évolution des chansons récentes en concert. Pour les racines country antérieures à 2025 et leur rapport au All-Starr Band, consulter Country et rockabilly, de Carl Perkins à Look Up (1989–2026).
Avec l’album Look Up, paru en janvier 2025, Ringo réaffirme son intérêt pour la country. La chanson-titre figure dans les relevés de la résidence du Venetian de septembre 2025, parmi vingt et un numéros. Cette intégration montre que l’ancien Beatle continue de faire évoluer les répertoires de scène en utilisant une partie de ses productions récentes.
Le groupe qui l’accompagne réunit Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Gregg Bissonette et Buck Johnson. Cette composition diffère de l’équipe de studio du projet country, associée notamment à T Bone Burnett. Il serait historiquement inexact de présenter Look Up comme un album du All-Starr Band : il appartient à la carrière solo de Ringo, même lorsque l’une de ses chansons rejoint les concerts de la troupe.
2024, 2025, 2026 : les chiffres ne disent pas tout
Le programme du Venetian du 22 mai 2024 compte dix-neuf entrées et inclut Back Off Boogaloo. En septembre 2025, les relevés font apparaître vingt et un numéros, dont Look Up et No No Song. Les concerts de Boston, Queens et Portland à l’automne 2026 présentent eux aussi vingt et une entrées, mais avec une sélection légèrement différente, notamment l’ouverture par Matchbox et une autre place pour les chansons de Ringo.
L’identité du nombre de titres entre deux années ne démontre donc pas l’identité de leurs programmes. L’encyclopédie doit conserver la liste réelle des œuvres et leur ordre, sans se contenter d’une statistique globale. Elle doit également distinguer les compositions récentes qui entrent dans le spectacle de celles qui disparaissent ou reviennent plus tard.
Une autobiographie qui continue de s’écrire en concert
Depuis Time Takes Time jusqu’à Look Up, les œuvres récentes de Ringo ont régulièrement trouvé une place parmi les chansons des Beatles et les succès de ses partenaires. Cette présence prouve que le All-Starr Band n’est pas seulement une conservation des années 1960 et 1970. C’est aussi un lieu où Ringo interprète et réinterprète sa propre histoire à mesure qu’il publie de nouveaux disques.
Les concerts classés par année, la bibliothèque des chansons et la discographie live permettent de suivre chaque œuvre entre sa sortie de studio et ses interprétations de scène. Le contenu d’un album ne suffit jamais à attester son exécution en concert : seules les dates documentées doivent établir cette relation.
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