Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques
Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

Une première réunissant sept musiciens d’univers opposés

Le 26 juillet 2001, au Casino Rama en Ontario, Ringo Starr inaugure la tournée de la septième formation du All-Starr Band. Il se présente avec Greg Lake, Roger Hodgson, Ian Hunter, Howard Jones, Mark Rivera et Sheila E. Ce collectif représente une grande variété de musiques : les années Beatles, le rock progressif de King Crimson et d’Emerson, Lake & Palmer, le répertoire de Supertramp, la synth-pop de Howard Jones, le rock de Mott the Hoople et la pop funk liée à Sheila E.

La set-list du premier concert contient vingt-six entrées. Elle constitue un document précis sur la rotation des chanteurs et la structure du spectacle, mais ne saurait être copiée sans vérification dans les autres dates de 2001. La participation de chaque artiste à la formation est établie ; le détail de toutes les interventions instrumentales demeure à documenter titre par titre lorsque seules des répartitions de tournée sont disponibles.

Photograph et Act Naturally : deux piliers de l’identité de Ringo

La soirée commence par Photograph, succès solo de 1973 cosigné avec George Harrison, puis par Act Naturally, chanson country de Johnny Russell et Voni Morrison que Ringo avait chantée avec les Beatles. L’ouverture place d’emblée en regard deux aspects de sa carrière : la création du début des années 1970 et l’interprétation de chansons américaines antérieures à la célébrité des Beatles.

Ces œuvres ne doivent pas être rangées comme deux compositions de Ringo. La première est cosignée avec Harrison ; la seconde lui est associée comme interprète. Les différences d’auteur et d’enregistrement historique sont essentielles pour une encyclopédie qui veut documenter les chansons jouées, au-delà de la simple popularité des chanteurs présents.

In the Court of the Crimson King et The Logical Song

Le troisième numéro revient à Greg Lake avec In the Court of the Crimson King, chanson-titre du premier album de King Crimson, paru en 1969. Le quatrième est The Logical Song, associé à Roger Hodgson et à Supertramp. Deux formes de rock progressif se succèdent : l’une privilégie un langage dramatique et orchestral, l’autre se rapproche de la chanson pop structurée.

Cette alternance montre le rôle du All-Starr Band comme anthologie de carrières. Les œuvres ne sont pas de nouveaux morceaux composés par le groupe de Ringo, mais des créations antérieures réinterprétées avec une autre formation. Pour In the Court of the Crimson King, il est indispensable de conserver les crédits de l’œuvre originale et de distinguer les musiciens de 1969 de ceux du concert de 2001.

No One Is to Blame et Cleveland Rocks

Howard Jones fait ensuite entendre No One Is to Blame, succès associé à ses albums et singles des années 1980, avant qu’Ian Hunter ne présente Cleveland Rocks. Les deux chanteurs représentent des univers très différents. Jones est associé aux synthétiseurs et à une pop mélodique ; Hunter ramène le public à un rock plus rugueux, enraciné dans les guitares et l’attitude scénique des années 1970.

Le contraste tient autant aux sonorités qu’à la composition. Cleveland Rocks appartient au répertoire personnel de Hunter, et non au catalogue des Beatles. À chaque nouvelle chanson, les autres musiciens de la septième formation se mettent au service du chanteur concerné. C’est cette solidarité d’accompagnement qui transforme une revue d’artistes connus en un orchestre véritable.

A Love Bizarre, Boys et Give a Little Bit

La septième entrée, A Love Bizarre, met Sheila E. en avant, avec l’héritage de ses collaborations avec Prince. Le concert revient ensuite au répertoire de Ringo par Boys, d’abord associée aux Shirelles, puis donne à Roger Hodgson Give a Little Bit. Le passage du funk à la chanson rhythm and blues des années 1960, puis à la pop britannique des années 1970, se produit sans changement de formation.

La responsabilité des crédits n’en est que plus grande. Sheila E. représente un morceau lié à son identité de chanteuse et de percussionniste, mais l’écriture appartient à une histoire collaborative. Boys est une chanson signée Luther Dixon et Wes Farrell. Give a Little Bit renvoie aux œuvres de Hodgson. Le concert les réunit ; il ne fusionne pas les auteurs.

You’re Sixteen, Yellow Submarine et Karn Evil 9

Les dixième à douzième entrées font entendre You’re Sixteen, Yellow Submarine et une section de Karn Evil 9. Les deux premiers titres sont associés à Ringo, mais ne possèdent pas les mêmes auteurs : You’re Sixteen est une chanson des frères Sherman et Yellow Submarine appartient à Lennon–McCartney. Karn Evil 9 remet ensuite Greg Lake à l’avant-plan dans un langage issu du rock progressif.

La notation du concert précise qu’il s’agit de Karn Evil 9 (1st Impression, Part 2). Cette désignation doit être conservée, car elle ne correspond pas à l’intégralité de la suite enregistrée par Emerson, Lake & Palmer. Un catalogue musical détaillé ne doit pas arrondir la référence à un titre d’album générique : l’identification de la partie jouée renseigne la durée et la structure de l’interprétation.

I’m the Greatest, The No No Song et Back Off Boogaloo

Ringo reprend ensuite trois titres qui traversent sa carrière solo : I’m the Greatest, écrite par John Lennon pour l’album Ringo en 1973 ; The No No Song, chanson de Hoyt Axton et David Jackson ; et Back Off Boogaloo, single de 1972 produit par George Harrison. Leur proximité donne au public une sorte de condensé de sa discographie personnelle.

Le rapprochement n’implique pourtant pas que Ringo soit le compositeur des trois. L’une est de Lennon, une autre est écrite par Axton et Jackson, la troisième appartient à l’écriture de Ringo dans son parcours solo. Leur association résulte du choix du programme et du chanteur qui les relie. La fiche d’œuvre doit rester autonome par rapport à la set-list du Casino Rama.

Things Can Only Get Better, I Still Love Rock ‘n’ Roll et The Glamorous Life

Les numéros seize à dix-huit confient successivement le micro à Howard Jones, Ian Hunter et Sheila E. Things Can Only Get Better renvoie à la synth-pop britannique, I Still Love Rock ‘n’ Roll à l’univers solo de Hunter, et The Glamorous Life à Sheila E. La dernière est une composition de Prince, malgré son association immédiate à la percussionniste-chanteuse.

Ces titres représentent trois manières de concevoir la chanson : écriture pop soutenue par les claviers, rock de guitare et funk fortement rythmé. L’orchestre doit passer d’un climat à l’autre en quelques minutes. La set-list atteste la séquence, mais l’attribution exacte des claviers, guitares et percussions sur chaque morceau exige un document correspondant à ce concert.

I Wanna Be Your Man et Lucky Man

La dix-neuvième chanson, I Wanna Be Your Man, ramène Ringo au catalogue Lennon–McCartney et à l’histoire des Beatles avec les Rolling Stones. Elle est suivie de Lucky Man, œuvre de Greg Lake connue par Emerson, Lake & Palmer. Cette succession est représentative de la diversité de la septième formation : une chanson rock simple et directe du début des années 1960 rencontre un titre issu de la tradition progressive du début des années 1970.

Le fait que Lake interprète Lucky Man chez Ringo ne remplace pas les crédits originaux de la chanson. Il donne une nouvelle voix instrumentale à l’œuvre avec des musiciens qui appartiennent à d’autres traditions. De même, Ringo chante une chanson des Beatles dont il n’est pas l’auteur. L’enchaînement permet de lire les biographies musicales, plutôt que de produire une nouvelle compilation de noms.

Everlasting Love, Take the Long Way Home et All the Young Dudes

Les vingt et unième à vingt-troisième titres mettent en avant Howard Jones, Roger Hodgson et Ian Hunter. Everlasting Love apparaît dans le répertoire de Jones, mais l’œuvre possède une histoire antérieure, notamment dans la soul des années 1960. Take the Long Way Home renvoie à Supertramp, tandis qu’All the Young Dudes, écrite par David Bowie, fut popularisée par Mott the Hoople.

Ces chansons sont trois exemples de parcours d’interprètes très différents. Hodgson est étroitement lié à la création de son répertoire ; Jones fait entendre une œuvre déjà entrée dans l’histoire de la pop avant sa version ; Hunter représente une composition de Bowie devenue un emblème de Mott the Hoople. Le All-Starr Band permet leur coexistence, mais ne doit pas en uniformiser les crédits.

It Don’t Come Easy et Don’t Go Where the Road Don’t Go

Les vingt-quatrième et vingt-cinquième numéros ramènent Ringo au chant avec It Don’t Come Easy et Don’t Go Where the Road Don’t Go. Le premier appartient au début de sa carrière solo en 1971 ; le second figure sur Time Takes Time, album paru en 1992. Cette double présence témoigne de la manière dont Ringo utilise la tournée pour faire entendre plusieurs périodes de son parcours.

Les deux chansons possèdent un univers rock direct qui prépare le public au final collectif. Elles sont toutefois séparées par deux décennies de carrière et par des contextes d’enregistrement très différents. Leurs notices doivent conserver les auteurs, les musiciens des disques de studio et les éditions commerciales sans les confondre avec la septième formation du All-Starr Band.

With a Little Help from My Friends : le vingt-sixième numéro

La soirée se conclut par With a Little Help from My Friends, chanson Lennon–McCartney écrite pour la voix de Ringo et publiée sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Son rôle symbolique est particulièrement fort dans un concert où plusieurs artistes de notoriété internationale se sont succédé au micro tout en s’accompagnant mutuellement.

La fiche du 26 juillet 2001 conserve les vingt-six entrées et les crédits de tournée ; la discographie recense les éditions ultérieures, notamment celles liées au concert du 22 août à Rosemont. Les deux dates ne doivent pas être fusionnées simplement parce que l’effectif est le même et que plusieurs chansons sont communes.

Navigation et méthode

Les fiches datées restent les documents de référence pour les programmes ; les chansons, les musiciens et les enregistrements live sont étudiés dans leurs rubriques respectives. Aucun programme non documenté n’est complété à partir d’une autre date.

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