Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques
Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

Un premier concert dans un lieu déjà familier

Le 14 juin 2006, Casino Rama accueille la première représentation de la neuvième formation du All-Starr Band. Ringo est accompagné de Billy Squier, Richard Marx, Hamish Stuart, Rod Argent, Edgar Winter et Sheila E. La salle ontarienne avait déjà servi de point de départ à plusieurs tournées précédentes, mais l’effectif de 2006 est nouveau. Le programme documenté compte vingt-quatre entrées, dont une ouverture mêlant deux œuvres et une reprise de l’hymne collectif à la fin.

La lecture de cette set-list demande donc davantage de précision qu’un simple décompte : vingt-quatre lignes ne correspondent pas forcément à vingt-quatre œuvres indépendantes et différentes. L’entrée initiale réunit With a Little Help from My Friends et It Don’t Come Easy, tandis que la dernière entrée revient à With a Little Help from My Friends. Le même titre occupe ainsi une fonction d’introduction et de conclusion, selon l’organisation du relevé conservé.

Une ouverture inhabituelle : With a Little Help / It Don’t Come Easy

Le premier numéro comprend With a Little Help from My Friends suivi d’It Don’t Come Easy. L’une est une chanson écrite par Lennon–McCartney pour Ringo en 1967 ; l’autre, un succès solo publié en 1971. Leur enchaînement constitue une présentation spectaculaire du maître de cérémonie et de son histoire après les Beatles. Il rappelle également que la formule du All-Starr Band peut utiliser son hymne final dans une autre position du spectacle.

Le dernier numéro du relevé reproduit With a Little Help from My Friends. La répétition apparente doit être conservée comme particularité de la soirée, mais son développement exact demanderait l’écoute de la bande ou une analyse détaillée de la captation. L’encyclopédie n’a pas à effacer cette structure originale pour conformer le programme à une habitude supposée.

What Goes On et Honey Don’t : Ringo et la country des Beatles

Les deuxième et troisième numéros, What Goes On et Honey Don’t, prolongent le retour aux racines musicales de Ringo. La première est une chanson Lennon–McCartney–Starkey enregistrée pour Rubber Soul ; la seconde est une œuvre de Carl Perkins reprise avec les Beatles. Les deux titres donnent au chanteur la possibilité d’évoquer l’époque de Liverpool en soulignant sa proximité avec le rockabilly américain.

La différence d’auteur est importante : Ringo participe au crédit de What Goes On, mais non à la composition de Honey Don’t. Le concert de 2006 rassemble ces histoires en une même performance sans modifier les droits d’écriture ou les crédits des enregistrements historiques. Une lecture encyclopédique doit donc relier chaque titre à la discographie des Beatles et à ses premières versions.

Everybody Wants You et Free Ride : Billy Squier et Edgar Winter

Avec Everybody Wants You, quatrième entrée, Billy Squier représente sa carrière solo et le rock américain des années 1980. Il est suivi par Edgar Winter sur Free Ride, succès de l’Edgar Winter Group composé par Dan Hartman. Les deux numéros montrent comment un même orchestre peut passer d’un rock de guitare énergique à une tradition mêlant claviers, guitares et soul américaine.

Winter tient une place de premier plan dans la formation : son rôle comprend les claviers, le saxophone et parfois la batterie, selon les arrangements. Toutefois, la set-list ne permet pas d’attribuer la totalité de ces instruments sur Free Ride sans documents supplémentaires. Le nom de Winter identifie l’interprète de la tournée, tandis que Dan Hartman demeure l’auteur de l’œuvre.

A Love Bizarre et Boys : du funk aux Shirelles

La sixième entrée, A Love Bizarre, fait entendre Sheila E. et un univers marqué par les collaborations avec Prince. Le morceau précède Boys, repris par Ringo depuis l’époque Beatles à partir du répertoire des Shirelles. Leur rapprochement montre une autre facette du projet : le funk sophistiqué des années 1980 peut côtoyer un rhythm and blues du début des années 1960 sans qu’il soit nécessaire de changer d’orchestre.

Sheila E. ne se contente pas d’un numéro vocal. Elle tient également la batterie lorsque Ringo quitte la sienne pour chanter. La variété des références musicales repose donc sur une continuité rythmique assurée par des artistes eux-mêmes capables de tenir le premier rôle. Les auteurs des deux chansons doivent rester associés à leurs œuvres d’origine, et non à la formation qui les interprète en 2006.

Don’t Mean Nothing et She’s Not There : Marx face à Argent

Le huitième numéro est Don’t Mean Nothing, succès de Richard Marx publié en 1987 et cosigné avec Bruce Gaitsch. She’s Not There, neuvième chanson, renvoie au premier succès des Zombies, écrit par Rod Argent en 1964. Entre ces titres, plus de vingt ans de musique populaire se trouvent condensés dans deux interventions vocales successives.

L’intérêt de leur juxtaposition dépasse le contraste de décennies. Marx représente la production radiophonique américaine de la fin des années 1980 ; Argent incarne la pop britannique construite autour d’une mélodie, d’un orgue et d’une voix expressive. Le groupe de Ringo les accompagne dans un même concert, mais leurs enregistrements originaux appartiennent à des époques et à des équipes de studio différentes.

Never Without You, Yellow Submarine et Dying to Live

Les dixième à douzième entrées permettent d’entendre Never Without You, Yellow Submarine et Dying to Live. Ringo présente les deux premières : l’une renvoie à son album Ringo Rama et à la mémoire de George Harrison, l’autre au disque Revolver des Beatles. Dying to Live, associée à Edgar Winter, élargit ensuite le paysage émotionnel de la soirée.

Les chansons évoquent des formes différentes de souvenir, de fantaisie et d’expression personnelle. La présence d’un titre de 2003 au milieu d’œuvres connues depuis plusieurs décennies démontre aussi que Ringo conserve une actualité musicale, même lorsqu’il dirige une troupe fondée sur les succès historiques de ses membres. La chronologie des enregistrements ne doit pas être confondue avec l’ordre du concert.

Right Here Waiting et Frankenstein : ballade et instrumental

Right Here Waiting, treizième entrée, est un grand succès de Richard Marx publié à la fin des années 1980. Il précède Frankenstein, pièce instrumentale de l’Edgar Winter Group. Le contraste est particulièrement fort : une chanson construite autour d’une mélodie vocale laisse place à un morceau dont la narration relève essentiellement des instruments.

Une telle succession illustre la richesse du All-Starr Band, mais complique également la description des crédits. Pour Right Here Waiting, l’identité de la voix principale est essentielle ; pour Frankenstein, les changements d’instruments et la durée du morceau prennent davantage de place dans l’analyse. La set-list identifie la présence des œuvres, mais une étude musicologique des solos réclame une captation spécifique.

Photograph et Choose Love : deux décennies très éloignées

Ringo revient au chant avec Photograph puis Choose Love. La première, cosignée avec George Harrison, appartient au début des années 1970 ; la seconde vient de l’album Choose Love de 2005. Leurs successions donnent au public deux images de Ringo, celle du chanteur solo devenu populaire peu après la séparation des Beatles et celle de l’artiste encore actif dans les années 2000.

Le rapprochement est essentiel à une étude encyclopédique, car il rappelle que le All-Starr Band n’est pas seulement une tournée de classiques. Les artistes qui le composent apportent leurs succès historiques, mais Ringo continue de faire entrer des morceaux récents dans les programmes. Les enregistrements de studio des deux œuvres doivent être conservés comme données distinctes de leur interprétation au Casino Rama.

Should’ve Known Better et The Glamorous Life

Les numéros dix-sept et dix-huit opposent Richard Marx à Sheila E. Should’ve Known Better, tirée des débuts solo de Marx, fait entendre un rock pop américain tourné vers des refrains très mélodiques. The Glamorous Life représente l’univers de Sheila E. et des productions liées à Prince, lequel est le compositeur de cette œuvre.

Le rôle de Sheila E. est particulièrement complexe : elle joue de la batterie pendant une grande partie du spectacle, mais devient chanteuse et percussionniste soliste sur ses propres numéros. Le concert repose sur cette alternance. Il ne faut pas confondre la présence régulière au pupitre de batterie avec la totalité de ses activités musicales durant la soirée.

I Wanna Be Your Man, Rock Me Tonite et Hold Your Head Up

La dix-neuvième entrée, I Wanna Be Your Man, ramène Ringo au répertoire Lennon–McCartney. Les deux titres suivants font successivement entendre Rock Me Tonite de Billy Squier et Hold Your Head Up, succès du groupe Argent. Cette dernière œuvre est écrite par Chris White, et non par Rod Argent, bien qu’elle soit présentée chez Ringo par ce dernier.

La suite révèle la variété des identités artistiques : une chanson des Beatles, un succès rock américain de 1984 et une œuvre des années 1970 fondée sur les claviers et un refrain puissant. La continuité est fournie par le personnel de la neuvième formation, qui accompagne chaque chanteur dans son propre vocabulaire musical.

Act Naturally et Memphis in Your Mind avant le retour du final

En vingt-deuxième et vingt-troisième positions, Ringo interprète Act Naturally et Memphis in Your Mind. La première est une reprise country, écrite par Johnny Russell et Voni Morrison et popularisée par Buck Owens avant la version des Beatles. La seconde provient de l’album Ringo Rama, publié en 2003.

Cette succession reprend deux pôles de son autobiographie musicale : les influences qui ont précédé la célébrité des Beatles et la création récente. La présence de Memphis in Your Mind prouve que l’interprète présente encore un répertoire contemporain, tandis que le public retrouve en même temps l’un de ses classiques vocaux. Il faut conserver leur origine respective dans les fiches d’œuvres.

With a Little Help from My Friends : le vingt-quatrième numéro

La dernière entrée du relevé est à nouveau With a Little Help from My Friends. La chanson appartient au catalogue Lennon–McCartney et constitue l’un des emblèmes les plus constants de la philosophie collective des All-Starrs. Son retour en conclusion donne un sens particulier à l’ouverture, qui avait déjà associé son refrain à It Don’t Come Easy.

Le programme présente vingt-quatre entrées, mais sa lecture doit distinguer l’enchaînement inaugural, les œuvres identifiables et la reprise finale. Le nombre de lignes ne mesure pas directement le nombre de compositions distinctes, ni la durée des morceaux. Ce point de méthode est important pour les statistiques de set-lists, notamment lorsqu’une œuvre réapparaît sous forme de coda ou de citation.

Une archive à relier au reste de 2006

La première soirée ne doit pas être confondue avec le deuxième concert du 15 juin ni avec l’enregistrement de juillet au Mohegan Sun qui sera utilisé pour une publication live en 2008. Chacun de ces documents appartient à une date différente et possède sa propre fonction. La formation est la même au sens de la tournée, mais l’objet historique — représentation ou album — ne doit pas être fusionné.

La fiche du 14 juin 2006 conserve le programme détaillé et ses répartitions instrumentales. Les notices musicales permettent de retrouver les auteurs et les versions originales ; la discographie live se charge des objets commercialisés. Cette séparation garantit une chronologie plus fiable que celle d’une simple compilation de listes.

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Explorer les tournées, les musiciens, les œuvres et les albums enregistrés en concert. La fiche de la représentation reste la référence pour la set-list et les crédits de chaque soirée.

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