Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques
Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

Une première de tournée très documentée

Le 19 juin 2008, Ringo Starr et la dixième formation du All-Starr Band se produisent à l’Avalon Ballroom du Fallsview Casino Resort, à Niagara Falls. Cette date n’est pas une simple étape canadienne : elle inaugure un nouvel effectif et donne lieu à plusieurs comptes rendus qui permettent d’aborder à la fois la musique, l’organisation du concert et les questions de fiabilité des set-lists. Le groupe comprend Billy Squier, Colin Hay, Hamish Stuart, Gary Wright, Edgar Winter et Gregg Bissonette autour de Ringo.

Le lieu doit être identifié avec précision. Les anciennes adresses des fiches de juin 2008 contiennent la mention « casino-rama-orillia », mais leur contenu a été corrigé et situe le spectacle à Niagara Falls. Le Fallsview Casino Resort ne doit pas être confondu avec Casino Rama, établissement ontarien où avaient eu lieu les ouvertures de 2001, 2003 et 2006. La date du 19 juin 2008 appartient donc sans ambiguïté à la géographie de Niagara Falls.

De 2006 à 2008 : ce qui change dans l’effectif

Par rapport à la neuvième formation, active en 2006, la dixième conserve Billy Squier, Hamish Stuart et Edgar Winter. Elle fait entrer Colin Hay, Gary Wright et Gregg Bissonette, tandis que Richard Marx, Rod Argent et Sheila E. ne font plus partie de la distribution régulière. Ce renouvellement modifie les chansons offertes au public, l’identité des claviers et la batterie qui accompagne Ringo lorsqu’il se lève pour chanter.

Le passage de Sheila E. à Gregg Bissonette dans le rôle du second batteur contribue également à transformer l’orchestration. Hay introduit les succès de Men at Work et un registre plus acoustique ; Wright apporte les couleurs de la pop à synthétiseurs ; Winter maintient une dimension de rock instrumental. La présence de mêmes noms entre deux tournées ne doit pas faire oublier la transformation des six partenaires invités.

Ringo : le chant entre batterie et devant de scène

L’ouverture documentée de la soirée comprend un enchaînement autour de With a Little Help from My Friends et It Don’t Come Easy, puis What Goes On. Ce choix résume l’ambition du spectacle : relier d’emblée les Beatles à la carrière solo de Ringo avant de passer aux œuvres des autres musiciens. L’usage de With a Little Help from My Friends dès le début révèle aussi que cette chanson ne doit pas être considérée comme exclusivement réservée à la conclusion dans toute l’histoire du groupe.

Le statut des pièces mérite une attention particulière. What Goes On appartient à l’album Rubber Soul, avec le crédit Lennon–McCartney–Starkey. It Don’t Come Easy est un succès solo de Ringo publié en 1971. En concert, toutes deux participent à une même autobiographie scénique, mais leurs origines et leurs auteurs restent différents. Une notice doit exposer cette filiation plutôt que les regrouper sous une simple étiquette « chansons de Ringo ».

Billy Squier : une guitare issue du rock FM

Billy Squier reste l’un des pôles d’énergie de l’orchestre. Connu pour des chansons comme The Stroke, Everybody Wants You ou Rock Me Tonite, il donne au spectacle une couleur associée aux radios rock des années 1980. En plus de ses propres numéros, il participe à l’accompagnement des titres de Ringo, Colin Hay et Hamish Stuart. L’identité du groupe réside précisément dans la capacité de chaque chanteur à jouer les chansons des autres.

La présence de Squier ne signifie pas que tous ses grands succès solo figurent nécessairement au programme complet de cette soirée. Les œuvres énumérées ici éclairent son répertoire et sa notoriété ; la set-list datée du 19 juin demeure la référence pour savoir lesquelles furent effectivement interprétées. Cette distinction empêche de transformer une biographie discographique en relevé de concert.

Colin Hay : le répertoire de Men at Work

Colin Hay apporte une autre temporalité musicale. Chanteur et guitariste de Men at Work, il est associé à Down Under, Who Can It Be Now? et Overkill. Ses chansons reposent sur des lignes mélodiques, un chant très reconnaissable et une écriture narrative parfois plus retenue que le rock de Billy Squier. Dans la dixième formation, Hay prend place parmi des instrumentistes qui n’ont pas participé aux enregistrements originaux du groupe australien.

L’intérêt musicologique tient à ces nouveaux arrangements : un titre pensé pour les sonorités de Men at Work se retrouve joué par les claviers de Gary Wright, la basse de Hamish Stuart, les guitares de Squier et la batterie de Bissonette, lorsque ces musiciens interviennent. Une captation datée est nécessaire pour attribuer précisément les instruments sur chaque chanson ; la composition générale de l’effectif ne suffit pas pour écrire les crédits piste par piste.

Hamish Stuart : la basse et la soul britannique

Hamish Stuart complète la formation par la basse, la guitare et le chant. Son histoire au sein de l’Average White Band apporte notamment Pick Up the Pieces, Cut the Cake et Work to Do. Cette dernière chanson provient originellement du catalogue des Isley Brothers, ce qui montre qu’un titre associé à la carrière d’un musicien ne lui appartient pas nécessairement comme compositeur. Les notices des œuvres doivent conserver cette profondeur chronologique.

La fonction de Stuart dans l’orchestre est double. Il soutient les chansons des autres artistes, mais peut aussi devenir soliste. Cette combinaison explique pourquoi le nombre de chanteurs n’entraîne pas un nombre équivalent de formations de scène : tous participent à une structure musicale commune. La basse assure le lien entre les nombreuses transitions du programme.

Gary Wright et Edgar Winter : deux générations de claviers

La réunion de Gary Wright et d’Edgar Winter permet au concert de parcourir deux traditions de clavier différentes. Wright est lié à Dream Weaver, succès emblématique des synthétiseurs des années 1970. Winter apporte un langage plus proche du blues-rock et du rock instrumental, notamment à travers Frankenstein et Free Ride. Leur présence donne à la dixième formation une palette de timbres étendue, au-delà du seul jeu de guitare.

Il faut éviter d’attribuer systématiquement chaque synthétiseur à Wright et chaque saxophone à Winter. Les musiciens sont polyvalents ; certaines chansons peuvent mobiliser plusieurs claviers simultanément. Les crédits exacts demandent de vérifier des bandes ou des photographies datées. De même, Free Ride doit conserver Dan Hartman dans ses crédits de composition, même lorsqu’elle est présentée par Edgar Winter.

Gregg Bissonette : le deuxième kit de batterie

Gregg Bissonette rejoint Ringo à la batterie. La coexistence de deux batteurs est une caractéristique récurrente du All-Starr Band, mais elle prend une forme particulière en 2008. Bissonette garantit la continuité rythmique lorsque Ringo passe devant le public ; il participe également aux arrangements des chansons plus complexes, notamment celles de l’Edgar Winter Group ou des autres solistes.

Le déroulement précis des parties de batterie reste propre à chaque chanson. Le fait que deux kits soient visibles sur scène ne prouve pas que les deux batteurs jouent chaque mesure. Une étude encyclopédique de l’orchestration doit donc distinguer la distribution générale et les interventions démontrables. Ce principe est aussi valable pour les concerts de 1989, où trois batteurs figuraient dans l’effectif.

Back Off Boogaloo : une chanson jouée ou une citation finale ?

La fin de la soirée du 19 juin 2008 fait l’objet d’une incertitude documentaire. Bill King mentionne Back Off Boogaloo dans son relevé final, mais Jane Stevenson achève son programme par Give Peace a Chance. Les deux témoignages ne s’accordent donc pas sur l’existence d’un numéro complet supplémentaire. Cette divergence doit être conservée dans la fiche critique plutôt que résolue artificiellement.

Plusieurs hypothèses sont envisageables : un court rappel, une citation musicale, une prise de notes différente ou une confusion entre œuvres. Aucune ne doit être érigée en certitude sans source supplémentaire. Le classement le plus rigoureux consiste à déclarer le titre Back Off Boogaloo « interprétation complète non confirmée » pour cette date, tout en maintenant les éléments attestés du final. Cette méthode évite une fausse précision dans le décompte des chansons.

20 juin 2008 : un deuxième spectacle, pas une prolongation du premier

Le lendemain, la dixième formation se produit de nouveau à l’Avalon Ballroom. Il s’agit d’un concert autonome avec sa propre date, même si le groupe, le bâtiment et une grande partie du répertoire restent identiques. La tentation de fusionner les deux soirées sous l’intitulé « ouverture à Niagara Falls » doit être évitée dans les index de concerts et de captations.

En comparaison, le dossier du 20 juin peut permettre de vérifier les chansons communes et les différences éventuelles. Il ne peut cependant pas servir à confirmer à lui seul le titre contesté du final du 19 juin. Une variante documentée le lendemain ne prouve pas ce qui a été joué la veille. Cette prudence est fondamentale pour la reconstitution des programmes des années 2000.

De Niagara Falls au Greek Theatre : la tournée 2008 en perspective

Le parcours de cette dixième formation mène du Canada aux États-Unis et se termine au Greek Theatre de Los Angeles le 2 août 2008. Cette dernière soirée fournira une captation diffusée commercialement en 2010. Elle ne doit pas être confondue avec les deux représentations inaugurales de Niagara Falls : les lieux et les dates appartiennent à des étapes distinctes d’une même tournée.

Le disque et les images du Greek Theatre constituent de précieuses pièces pour comprendre le son général du groupe, mais leur contenu ne remplace pas les set-lists du 19 ou du 20 juin. Les enregistrements édités reflètent des choix de sélection, de montage et de crédits. La concertographie doit conserver chacune de ces performances sous sa date-source, quelle que soit l’année de publication de ses supports.

Une méthode d’édition utile pour les autres premiers concerts

L’examen de Niagara Falls illustre plusieurs règles générales : vérifier la salle indépendamment du slug, établir la liste des musiciens présents, distinguer les œuvres de leur interprète, dater les variantes de programme et signaler les divergences sans fabriquer de consensus. La précision historique est ici plus importante qu’un affichage artificiellement complet.

La notice de la soirée du 19 juin 2008 doit être consultée parallèlement à celle du 20 juin et aux albums live. Les URL historiques sont conservées ; l’indication « Niagara Falls » dans le titre et le texte rend l’événement correctement identifiable.

Accéder aux archives

Retrouver les concerts datés et leurs programmes, les musiciens, les histoires des chansons et la discographie live. Une set-list indicative ne remplace jamais les données d’une représentation particulière.

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