WINGS · CONCORDANCIER DES VERSIONS · 1977–1979
Wings 1977–1979 : concordancier des œuvres, versions et musiciens, de London Town à Back to the Egg
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Entre les dernières séances du quintette de Wings at the Speed of Sound et le dernier album studio des Wings, le nom du groupe recouvre plusieurs réalités successives. Les bandes de London Town traversent les départs de Jimmy McCulloch et de Joe English ; « Mull of Kintyre » fixe la participation d’un ensemble de cornemuses qui n’appartient pas au personnel ordinaire du groupe ; Back to the Egg installe Laurence Juber et Steve Holley, tout en accueillant une formation exceptionnelle, Rockestra, pour deux titres seulement. Les disques, les singles, les albums de compilation, les prises destinées à l’image et les éditions tardives déplacent ensuite ces enregistrements d’un support à l’autre.
Ce troisième concordancier suit le registre raisonné des séances, après les dossiers 1971–1973 et 1974–1976. Il n’a pas pour fonction de réécrire les monographies déjà disponibles. Son objet est de dire quelle œuvre, quelle performance et quelle configuration éditoriale sont réellement en cause lorsque l’on cite un titre des Wings. Les dates commerciales, le personnel au niveau de l’album et les mentions d’une réédition sont des indices de nature différente : aucun ne doit être transformé automatiquement en feuille de séance.
I. London Town : un même album, plusieurs formations successives
La fiche officielle de London Town donne la date de publication du 31 mars 1978 et énumère quatorze positions. Elle rappelle que le groupe a perdu Jimmy McCulloch et Joe English pendant la gestation du projet, que Linda McCartney attendait James et que la composition de « Girlfriend » était destinée à Michael Jackson avant sa propre version de 1979. Le titre de l’album a quelque chose de trompeur : une part importante du travail s’est déroulée dans les îles Vierges, à bord du Fair Carol. La documentation officielle consacrée à « With a Little Luck » décrit le bateau équipé d’une console d’enregistrement à vingt-quatre pistes.
Il est tentant de parler de « la formation London Town » comme si les quatorze masters étaient issus d’une même réunion du groupe. L’expression est pratique pour décrire la pochette ou la campagne de promotion, mais elle est impropre à la sessionographie : un morceau commencé avec les cinq musiciens et achevé par le trio n’est pas historiquement identique à un morceau enregistré intégralement après les départs. De même, une photo du trio en promotion ne démontre pas que les deux absents n’ont joué sur aucun titre du disque. La continuité d’un projet discographique ne se confond pas avec la simultanéité de ses prises.
Le journal détaillé de London Town déjà publié sur Yellow-Sub permet de replacer les sessions d’Abbey Road, le travail embarqué, les reprises de séances et la finition du disque dans un ordre de recherche. Mais la présence d’une période dans le journal ne suffit pas à attribuer toutes les chansons à chaque jour de cette période. Le concordancier doit donc maintenir trois niveaux : les phases de production attestées globalement, les enregistrements identifiés par titre et les opérations individuelles non encore contrôlées.
| Phase documentaire | Ce qu’elle permet d’affirmer | Ce qu’elle ne permet pas de déduire |
|---|---|---|
| Début 1977, travail britannique | Un projet d’album se poursuit avec une formation encore en évolution. | Que chaque morceau conserve exactement le même personnel et le même état de bande. |
| Séances du Fair Carol, îles Vierges | Un dispositif mobile à vingt-quatre pistes est associé au projet London Town. | Que les quatorze titres définitifs ont tous leur prise de base à bord. |
| Départs de McCulloch et d’English | La formation publique et les séances ultérieures changent. | Que leurs contributions éventuelles aux bandes antérieures disparaissent des masters. |
| Dernières interventions de 1977 et début 1978 | L’achèvement du projet dépasse les premières séances. | Que chaque finition correspond à une nouvelle composition ou à une nouvelle prise de groupe. |
| 31 mars 1978 | London Town devient un LP commercial identifiable. | Une date commune d’enregistrement des morceaux du LP. |
Les quatorze entrées de l’album original : œuvres, enchaînements et attribution prudente
Le programme officiel fournit une première grille objective. Les indications ci-dessous sont des consignes de catalogage, non des reconstitutions de séances dont les registres originaux ne seraient pas présentés. Elles sont destinées à empêcher qu’une date de single, un mix ou un crédit au niveau de l’album soit plaqué sur toutes les pistes.
| Position | Plage de London Town (1978) | Identité ou problème de concordance |
|---|---|---|
| 1 | « London Town » | Titre de l’album et œuvre musicale ; l’édition du 45 tours constitue une relation distincte. |
| 2 | « Café on the Left Bank » | Pièce de l’album ; personnel et lieu de base à renseigner sur preuves propres. |
| 3 | « I’m Carrying » | Composition distincte, également exploitée en face B de « London Town » dans une configuration nationale. |
| 4 | « Backwards Traveller » | Œuvre à conserver séparée de « Cuff Link », même si le programme les enchaîne. |
| 5 | « Cuff Link » | Section instrumentale propre, pouvant former avec la plage précédente une face de 45 tours. |
| 6 | « Children Children » | Voix principale de Denny Laine et crédit d’œuvre à vérifier sur la notice de piste, pas déduit du seul nom Wings. |
| 7 | « Girlfriend » | Master Wings de 1978 ; à distinguer de l’interprétation enregistrée par Michael Jackson en 1979. |
| 8 | « I’ve Had Enough » | Master d’album et sortie en single de juin 1978 ; vérifier les références audio comparées. |
| 9 | « With a Little Luck » | Version longue du LP et montage radio/45 tours à indexer comme états de publication. |
| 10 | « Famous Groupies » | Œuvre de l’album, pas document d’une représentation réelle au seul motif de son sujet. |
| 11 | « Deliver Your Children » | Composition et chant associés à Denny Laine ; figure aussi au revers d’un single. |
| 12 | « Name and Address » | Plage du LP ; caractéristiques stylistiques et datation de prise sont deux objets différents. |
| 13 | « Don’t Let It Bring You Down » | Pièce du programme ; le rôle des instruments doit être attribué à l’échelle de la piste. |
| 14 | « Morse Moose and the Grey Goose » | Composition à sections contrastées ; son unité éditoriale n’implique pas une performance continue unique. |
On peut analyser musicalement London Town sans attribuer une batterie ou une guitare à une personne sur la seule base du livret général. L’album alterne chansons acoustiques et orchestrations plus denses ; la voix de Denny Laine, les claviers, les guitares et les longues architectures de certaines pièces donnent une impression de collectif. Cette impression n’est pas une preuve de plateau. Les pièces de session, les crédits spécifiques et les bandes, lorsqu’ils deviennent accessibles, doivent primer sur l’intuition d’écoute. Les deux compositions liées à Denny Laine invitent à distinguer auteur, voix principale et instrumentiste : les trois rôles peuvent coïncider mais ne sont pas synonymes.
« With a Little Luck » : l’œuvre, l’architecture harmonique et le montage court
« With a Little Luck » est un bon exemple de concordance entre analyse musicale et histoire du disque. Le morceau repose sur des claviers enveloppants et des harmonies vocales qui font durer l’attente plutôt que de l’abréger. La note officielle publiée par MPL mentionne expressément un accord de la majeur placé sur une basse de si : cette superposition déplace le centre de gravité harmonique sans imposer une rupture mélodique brutale. Le timbre des synthétiseurs, le prolongement des voix et la coda plus expressive travaillent ensemble. Décrire cette texture comme « douce » est insuffisant : son effet tient à une tension créée par la basse, puis à la détente progressive de l’arrangement.
Cette analyse concerne l’œuvre et l’enregistrement ; la durée de la face commerciale constitue encore une troisième question. Le catalogue officiel distingue un 45 tours « With a Little Luck [DJ Edit] », daté du 23 mars 1978, et le morceau du LP. Le document officiel de The 7” Singles Box identifie précisément l’édition allemande retenue pour cette archive et son revers, « Backwards Traveller / Cuff Link ». Dans le registre, il faut donc prévoir au minimum un enregistrement de référence, un état de programme d’album et un état de montage radio. L’existence du sigle « DJ Edit » ne suffit cependant pas à calculer la durée ou les points de coupe : ils requièrent la comparaison de pressages ou de fichiers de référence.
La piste « Backwards Traveller / Cuff Link » mérite à cet égard deux notices d’œuvre, éventuellement reliées par une séquence composée pour le support. Le disque peut les présenter comme un enchaînement, et le 45 tours peut les commercialiser ensemble, sans que la base les fusionne en un titre unique. Inversement, multiplier les fiches sans indiquer leur relation transformerait une continuité musicale en fausse dispersion documentaire.
II. Mull of Kintyre, « Girls’ School » et les éditions qui déplacent le répertoire
Le succès de « Mull of Kintyre » rend particulièrement dangereuse une réécriture rétrospective du programme de London Town. Le catalogue officiel situe la sortie du 45 tours au 11 novembre 1977 et distingue ses deux faces, « Mull of Kintyre » et « Girls’ School ». Il présente la prise du premier titre comme réunissant Paul, Linda et Denny Laine avec le Campbeltown Pipe Band. Cette participation de cornemuses n’est ni un nouveau line-up permanent des Wings ni une intervention que l’on puisse attribuer à « Girls’ School » sans pièce séparée.
L’identité de « Mull of Kintyre » est celle d’une chanson cosignée par Paul McCartney et Denny Laine et portée par une écriture de l’appartenance au lieu. L’entrée progressive de la cornemuse n’est pas une couleur plaquée en fin de morceau : elle modifie l’échelle de l’arrangement et transforme l’intimité du chant en rassemblement collectif. Ce changement est audible dans l’orchestration ; la mention officielle du Pipe Band permet d’établir un participant distinct. Elle ne fournit pas, à elle seule, l’horaire, le nombre de passes, le détail des micros ou l’identité individuelle des instrumentistes du corps de musique.
Le single ne figure pas dans le programme britannique original des quatorze plages de London Town. La notice officielle de l’album précise qu’il a été intégré à une réédition de 1993. Il faut distinguer ici trois dates : celle de la fixation de la bande, celle de sa première publication sur 45 tours et celle de son adjonction à une édition remaniée de l’album. Le chiffre de ventes, même vérifié, n’autorise aucun déplacement de ces trois jalons. Un inventaire de pressages doit également se souvenir que la présentation des faces et les configurations nationales peuvent différer.
| Entrée | Premier objet à indexer | Lien à conserver | Erreur à éviter |
|---|---|---|---|
| « Mull of Kintyre » | Œuvre et master du single de 1977 | Paul, Linda, Denny Laine et Campbeltown Pipe Band selon MPL. | Présenter la prise comme une séance du quintette final de 1979. |
| « Girls’ School » | Autre face du même 45 tours | Couplage commercial de novembre 1977. | Déduire le personnel de « Mull of Kintyre » pour sa face jumelle. |
| London Town original | Programme LP de quatorze positions | Sans « Mull of Kintyre » dans son édition initiale. | Ajouter la chanson à la table de 1978 sans mention de version. |
| London Town réédition 1993 | Nouvelle configuration éditoriale | Bonus rétrospectif, master dont l’origine reste 1977. | Donner 1993 comme année d’enregistrement. |
| Wings Greatest (1978) | Album de compilation | « Mull of Kintyre » et d’autres masters antérieurs. | Le prendre pour un journal d’enregistrement de 1978. |
Le même raisonnement vaut pour Wings Greatest, publié le 1er décembre 1978. La compilation rapproche « Another Day », enregistrement solo de Paul, « Uncle Albert / Admiral Halsey », crédité à Paul et Linda, et plusieurs titres des Wings. Elle rassemble une histoire éditoriale, pas une formation stable ou une séance commune. Les différences de crédit sont documentées dans les notes officielles de l’album ; elles devraient subsister dans l’index même si le disque se trouve physiquement sous le nom Wings. La représentation de la carrière peut être collective sur une pochette sans que chaque prise le soit.
III. Back to the Egg : le quintette réformé, les studios et le rôle de Chris Thomas
La fiche officielle de Back to the Egg donne le 8 juin 1979 pour sa publication et identifie le dernier quintette des Wings : Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holley. Elle signale la collaboration de Chris Thomas à la production, ainsi que les ingénieurs Phil McDonald et Mark Vigars. Ces crédits de projet ne résolvent pas automatiquement la question de leur présence sur chaque prise, ni la date de chaque overdub ; ils fixent toutefois les responsabilités de l’album dans son ensemble.
Le parcours des bandes est géographiquement éclaté. Le journal Yellow-Sub consacré aux séances de 1978–1979 réunit les travaux au Spirit of Ranachan, à Lympne Castle et à Abbey Road. Ces lieux doivent être représentés comme plusieurs ensembles d’opérations. Les dater de manière globale permet d’orienter le lecteur ; attribuer un lieu à une prise particulière réclame ensuite un document propre à la chanson. À plus forte raison, une pièce composite peut avoir reçu des ajouts et un montage dans des environnements différents.
| Phase ou lieu | Fonction dans l’enquête | Preuve à rechercher pour aller plus loin |
|---|---|---|
| Spirit of Ranachan, Écosse, été 1978 | Mise au travail du dernier quintette ; enregistrements des nouveaux titres. | Feuilles de séance et boîtes de bande, titre par titre. |
| Lympne Castle, automne 1978 | Autre phase de production et de développement des séquences musicales. | Ordre des prises, overdubs et provenance des éléments montés. |
| Abbey Road, octobre 1978 | Séquences exceptionnelles de Rockestra. | Répartition des participants par instrument et par titre. |
| Finitions 1978–1979 | Mixages, choix de programme, montage et masters de publication. | Versions rejetées, mixes destinés aux singles, cartons de master. |
| Publication du 8 juin 1979 | Programme commercial du LP. | Pressage de référence par territoire avant comparaison des variantes. |
Les quatorze positions officielles et les six pièges d’attribution
Le catalogue officiel énumère quatorze positions, mais le songbook de 1979 rend explicites les groupements « After the Ball / Million Miles » et « Winter Rose / Love Awake ». Une discographie capable de décrire les œuvres doit donc conserver les sous-sections, même si le programme d’un support les fond sous un seul numéro. Le paradoxe concerne aussi « Reception », « The Broadcast » et les pièces qui tiennent lieu de passages de liaison : il serait abusif de leur attribuer spontanément les caractéristiques d’une performance rock à cinq instrumentistes.
| Position du catalogue | Œuvre ou séquence du LP 1979 | Traitement de concordance |
|---|---|---|
| 1 | « Reception » | Ouverture sonore : préciser la nature du montage et des voix éventuelles. |
| 2 | « Getting Closer » | Master d’album ; relation avec le 45 tours américain. |
| 3 | « We’re Open Tonight » | Pièce autonome, avec éventuelles reprises de motifs à comparer par écoute. |
| 4 | « Spin It On » | Master LP ; présent en face B du single britannique « Old Siam, Sir ». |
| 5 | « Again and Again and Again » | Composition de Denny Laine selon le crédit officiel ; ne pas l’attribuer à Paul. |
| 6 | « Old Siam, Sir » | LP, face A britannique et face B américaine de « Arrow Through Me ». |
| 7 | « Arrow Through Me » | Master LP et single nord-américain : traiter le rôle du groove et des cuivres sans inventer leurs prises. |
| 8 | « Rockestra Theme » | Piste exceptionnelle avec les invités de Rockestra. |
| 9 | « To You » | Travail du groupe à documenter en propre ; pas de Rockestra par contiguïté. |
| 10 | « After the Ball / Million Miles » | Deux segments nommés par le songbook, présentés ensemble dans le programme. |
| 11 | « Winter Rose / Love Awake » | Deux pièces enchaînées ; distinguer écriture et montage. |
| 12 | « The Broadcast » | Élément parlé/sonore : nature et origine des sources à identifier. |
| 13 | « So Glad to See You Here » | Deuxième piste attribuée à Rockestra par le catalogue officiel. |
| 14 | « Baby’s Request » | Dernière plage, également face du 45 tours « Getting Closer ». |
Le premier piège serait d’assimiler une position de programme à une seule œuvre : les deux paires de titres montrent le contraire. Le deuxième serait de lire « Rockestra » comme un nouveau nom de l’ensemble de l’album. Le troisième serait de supposer une bande distincte à chaque nouvelle mention commerciale d’un titre. Le quatrième consisterait à fabriquer une date de session à partir de la date de sortie. Le cinquième serait d’attribuer la musique de « Again and Again and Again » à Paul malgré le crédit à Denny Laine. Le sixième, plus discret, serait de donner à un bruit radiophonique ou à une citation sonore le même traitement qu’à une chanson composée et interprétée pour le disque.
L’analyse de la dramaturgie du LP confirme la nécessité de décrire les séquences sans les écraser. « Reception » a valeur de seuil ; la succession de morceaux rapides et de plages plus retenues déplace constamment la perspective ; les groupes de chansons de la seconde face associent des mouvements plutôt que de multiplier mécaniquement les pistes isolées. On peut décrire cette construction sans conclure que les sections ont nécessairement été captées à la suite. Un enchaînement final est souvent une décision de montage ; l’existence de prises distinctes ou d’un seul passage joué doit être prouvée indépendamment.
Rockestra : un personnel exceptionnel limité aux pistes documentées
La source officielle associe « Rockestra Theme » et « So Glad to See You Here » à la grande formation invitée. Elle cite notamment Pete Townshend, David Gilmour, Hank Marvin, John Bonham et John Paul Jones ; elle fournit aussi une liste répartie entre guitares, basses, batteries, claviers, percussions et cuivres. Le nom de Paul McCartney figure lui-même à plusieurs instruments dans cette documentation. Ce tableau n’est pas une photo de tous les musiciens enregistrant simultanément toutes les parties d’un morceau : il représente les crédits du projet Rockestra à vérifier sur les masters et les feuilles techniques.
| Famille de participation | Noms cités par MPL pour Rockestra | Champ de validité |
|---|---|---|
| Guitares | Denny Laine, Laurence Juber, David Gilmour, Hank Marvin, Pete Townshend | Rockestra, pas l’ensemble des quatorze plages. |
| Batteries | Steve Holley, John Bonham, Kenney Jones | Crédit du projet exceptionnel ; attribution fine à documenter. |
| Basses | Paul McCartney, John Paul Jones, Ronnie Lane, Bruce Thomas | Plusieurs intervenants : éviter la déduction « tous à l’unisson ». |
| Pianos et claviers | Paul McCartney, Gary Brooker, John Paul Jones, Linda McCartney, Tony Ashton | Distinguer instrument, musicien et état de prise. |
| Percussions et cuivres | Speedy Acquaye, Tony Carr, Ray Cooper, Morris Pert ; Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard, Thaddeus Richard | Présence liée au dispositif, non au personnel ordinaire de Wings. |
Le crédit de Back to the Egg sur le site MPL est ici une source directe, mais il demeure un crédit de publication. Pour écrire que tel guitariste a effectué tel overdub à telle heure sur la piste 8, il faudrait la feuille d’opération ou une preuve audio et documentaire de même précision. Le fait que John Bonham ou John Paul Jones aient travaillé sur Rockestra n’autorise pas à les faire jouer sur « Arrow Through Me », ni à attribuer à la formation des invités les concerts du quintette Wings.
IV. Le laboratoire des singles 1978–1979 : masters, montages et territoires
La période est marquée par une véritable géographie des 45 tours. Le coffret officiel The 7” Singles Box permet de contrôler plusieurs couples de faces ; les fiches individuelles du site de Paul McCartney fournissent les dates de sortie retenues dans sa chronologie. Les territoires ne sont pas des détails de collectionneur : ils déterminent le statut d’une chanson comme face A, face B, morceau d’album ou enregistrement hors album. Mais la sélection d’une édition dans le coffret de 2022 ne prouve pas que tous les pays aient reçu le même couplage en 1978 ou 1979.
| Publication ou état officiel | Couplage / particularité documenté | Conséquence dans le catalogue |
|---|---|---|
| « With a Little Luck [DJ Edit] », exemple allemand 1978 | « Backwards Traveller / Cuff Link » au revers | Conserver le montage court et les deux œuvres de face B. |
| « I’ve Had Enough », Royaume-Uni 1978 | « Deliver Your Children » au revers | Deux œuvres du LP, pas deux nouvelles séances de single par principe. |
| « London Town », exemple néerlandais 1978 | « I’m Carrying » au revers | Une configuration territoriale à relier au LP original. |
| « Goodnight Tonight », 23 mars 1979 | « Daytime Nightime Suffering » ; version 12 pouces longue du titre principal | Single hors programme LP, plusieurs états de durée. |
| « Old Siam, Sir », Royaume-Uni 1979 | « Spin It On » au revers | La désignation face A dépend du marché. |
| « Getting Closer », États-Unis 1979 | « Baby’s Request » sur l’autre face | Même provenance d’album, nouvelle relation commerciale. |
| « Arrow Through Me », Amérique du Nord 1979 | « Old Siam, Sir » au revers | « Old Siam, Sir » est ici une face B, contrairement au 45 tours britannique. |
| « Wonderful Christmastime », novembre 1979 | « Rudolph the Red-Nosed Reggae » ; disque crédité à Paul McCartney | Ne pas inclure automatiquement dans les sessions du dernier quintette. |
Le single « Goodnight Tonight » est le cas le plus fécond. Publié le 23 mars 1979, il n’est pas inclus dans le programme original de Back to the Egg. MPL indique qu’une version étendue d’environ sept minutes a été proposée en maxi 45 tours. L’album de 1979 et le single appartiennent à une même période de production, mais à deux décisions éditoriales différentes. Le « groove » de la chanson, son accompagnement rythmé et ses passages instrumentaux expliquent pourquoi une version longue peut constituer un objet d’écoute autonome. Cela ne donne pas le droit d’inventer des overdubs particuliers pour le maxi : il faut comparer concrètement le mix court, le mix long et leurs supports.
« Daytime Nightime Suffering » réclame sa propre notice : une face B n’est pas automatiquement une chute de studio sans statut artistique. Le couplage peut même exposer une opposition d’intentions — un titre mis en avant pour son efficacité rythmique, un autre plus narratif et critique. Leur réunion commerciale ne les fond pas en une seule œuvre. La fiche officielle de « Getting Closer » et celle d’« Arrow Through Me » montrent également qu’un titre d’album peut circuler dans différents pays sans changer de prise pour chaque nouveau numéro de catalogue.
Le cas de « Wonderful Christmastime » demande une discipline supplémentaire. Publié en novembre 1979, il est documenté par MPL comme une pièce issue des expériences de Paul pour McCartney II, enregistré à domicile ; il s’agit d’un single solo, même lorsque son clip ou certaines prestations ultérieures montrent des musiciens des Wings. L’équipe de scène et le crédit sonore de la bande initiale sont deux questions différentes. La fiche officielle du single et celle de McCartney II fixent cette frontière.
V. Les dernières prestations de 1979 : une nouvelle famille d’enregistrements
La tournée britannique de novembre–décembre 1979 constitue la dernière série de concerts du quintette. MPL la présente comme une tournée de dix-neuf dates, avec un petit ensemble de cuivres comprenant Tony Dorsey, Thaddeus Richard, Howie Casey et Steve Howard. Cette configuration de tournée ne se confond ni avec la bande de London Town ni avec Rockestra. Les membres de Wings sont Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holley ; les cuivres accompagnent les spectacles sans devenir des membres officiels du groupe.
Les prises de Glasgow acquièrent une seconde vie discographique. L’enregistrement scénique de « Coming Up » réalisé en décembre 1979 figure au revers du single solo de 1980 et, plus tard, dans l’Archive Collection de McCartney II. Voilà une relation que l’index doit rendre intelligible : composition solo de Paul, master studio solo, interprétation sur scène par les Wings et publication ultérieure sous le nom de Paul McCartney. Elle prépare le concordancier de 1980–1981 sans transformer rétroactivement McCartney II en album de groupe.
Le 29 décembre 1979, la participation au Concert for the People of Kampuchéa marque la dernière prestation publique des Wings selon la chronologie officielle. Une éventuelle édition d’archive issue de ce concert doit être reliée à la représentation, au personnel de ce soir et au montage effectivement publié. Elle ne peut devenir un nouvel album de studio. La frontière entre l’activité scénique de 1979, l’exploitation de ses bandes dans les années suivantes et les projets personnels de 1980 est une question de provenance, pas une question de nom sur la pochette.
VI. Un registre des versions qui puisse être contrôlé
Pour cette période, une ligne de base devrait contenir : ID éditorial interne, œuvre (avec ses auteurs), prise ou performance identifiable, lieu et date au degré de certitude réellement disponible, intervenants attestés sur l’opération, producteur/ingénieur attribué à la bonne échelle, mix ou montage, première édition confirmée, réemploi ultérieur, renvois de sources. Les codes présentés dans le tableau servent de repères de lecture : ils ne correspondent ni à des numéros de bobine, ni à des numéros de prise historiques.
| Repère de lecture | Œuvre / famille d’états | Document de référence | Contrôle prioritaire |
|---|---|---|---|
| WNG-77-MOK | « Mull of Kintyre » : single, reprise en compilation, bonus de réédition | Fiche du single MPL | Date de prise et documentation du Pipe Band. |
| WNG-78-WAL | « With a Little Luck » : LP et DJ Edit | LP + 45 tours officiel | Durée, points de montage, référence exacte de chaque support. |
| WNG-78-BTC | « Backwards Traveller » / « Cuff Link » | LP + face B du coffret | Deux œuvres, un enchaînement éditorial. |
| WNG-79-GNT | « Goodnight Tonight » : versions courtes et longue | 45 tours + 12 pouces | Provenance des mixes, crédits et comparaisons audibles. |
| WNG-79-ROK | « Rockestra Theme » et « So Glad to See You Here » | LP Back to the Egg | Personnel spécifique aux deux pistes et pièces de séance. |
| WNG-79-LIV | « Coming Up » enregistré en concert à Glasgow | Single 1980 + Archive 2011 | Date exacte de représentation, mix live et crédits scéniques. |
Cette méthode interdit l’inflation des certitudes. A — document direct vérifié : feuille de séance, boîte de bande, master identifié, documentation contemporaine reproduite. B — concordance de sources fiables : crédits officiels détaillés, documents d’archives et témoignages recoupés ; la portée du crédit doit être explicitée. C — relation à vérifier : date fine, participant ou mix non établis par les pièces consultées. Les fiches officielles citées ici prouvent solidement les programmes et plusieurs crédits de publication ; elles ne fournissent pas, à elles seules, toutes les données d’une sessionographie au jour le jour.
La dernière étape pour cette période serait une comparaison audio systématique des éditions originales, des rééditions et des singles nationaux : chronométrage, canaux, fondus, coupes, différences audibles, puis attribution aux cartons de master lorsqu’ils existent. Le fait qu’une édition de 2022 ou de 2025 utilise une remastérisation ne crée pas une nouvelle performance de 1978. Une amélioration du transfert, un remix et une prise différente doivent occuper des champs distincts. C’est à cette condition que les pistes de London Town, Back to the Egg et les disques intermédiaires deviendront une base vérifiable plutôt qu’une simple liste de chansons.
Sources et documents d’archives
- Paul McCartney / MPL : London Town, album original, note sur « With a Little Luck » et le Fair Carol, 45 tours « With a Little Luck [DJ Edit] ».
- Paul McCartney / MPL : « Mull of Kintyre », Wings Greatest, The 7” Singles Box.
- Paul McCartney / MPL : Back to the Egg, songbook original, « Goodnight Tonight », « Getting Closer », « Arrow Through Me ».
- Paul McCartney / MPL : tournée britannique de 1979, McCartney II, album solo, McCartney II (Archive Collection).
- Yellow-Sub : journal de London Town ; journal de Back to the Egg. Ces dossiers orientent la recherche, mais ne remplacent pas les feuilles de séance originales.
État documentaire : programmes originaux et couplages officiels vérifiés ; provenances de sessions décrites au degré permis par les documents consultés ; numéros de prises, matrices et mixages non authentifiés laissés explicitement ouverts. Aucun personnel de Rockestra n’est étendu sans preuve aux morceaux ordinaires de Wings.












