Ringo Starr, artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture, cinéma et design

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The Photograph Portfolio 2015 : huit portraits signés de Ringo Starr, des coulisses de 1961 aux images d’Inde

Huit tirages de collection, les archives des Beatles et une présentation londonienne qui fait passer le regard de Ringo en galerie.

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Repères : huit portraits dans le Portfolio 2015 · 25 tirages signés par photographie · présentation National Portrait Gallery en septembre · lancement de l’édition ouverte du livre Photograph.

2015 : huit nouvelles images dans le catalogue de Genesis

En 2015, Genesis Publications propose un nouveau Photograph Portfolio de Ringo Starr, constitué de huit images choisies parmi ses archives. La maison annonce une édition de vingt-cinq tirages signés et numérotés pour chaque photographie, sur le modèle du portfolio de 2013. Cette nouvelle sélection s’inscrit dans le lancement de la version ouverte du livre Photograph et dans une présentation publique à la National Portrait Gallery de Londres.

Le portfolio mérite une étude comme ensemble éditorial autonome. Il ne s’agit pas des mêmes douze références qu’en 2013, ni de la planche-contact réservée aux coffrets Deluxe du livre précédent. Il présente huit sujets différents, choisis pour raconter des rencontres et des étapes de la vie de Ringo. L’œuvre photographique circule désormais par trois voies : livre de librairie, tirage individuel de collection et exposition.

Huit tirages, non huit prises de vues réalisées en 2015

Les images publiées en 2015 proviennent d’archives dont certaines remontent aux premières années 1960. Le millésime du portfolio date le lancement des éditions d’art, non les séances de prise de vues. Cette distinction importe tout particulièrement pour les photographies montrant George Harrison et Ringo avant l’arrivée de ce dernier chez les Beatles.

Une fiche de catalogue doit donc comprendre deux dates lorsque les sources le permettent : la période de la scène photographiée et celle du tirage contemporain. Ces informations n’ont pas le même rôle. La première documente la vie des musiciens ; la seconde renseigne un objet créé pour le marché de l’art. Les fusionner donnerait l’impression fausse que Ringo a réalisé en 2015 des portraits de ses amis en 1961.

Ringo and George : Tower Ballroom, New Brighton, 1961

La première image de la série est intitulée Ringo and George. Genesis la situe en coulisses du Big Beat au Tower Ballroom de New Brighton, en 1961. Ringo explique qu’il jouait encore avec Rory Storm and the Hurricanes, ce qu’il déduit de son habillement, tandis que George Harrison porte une veste de cuir associée aux premiers Beatles.

Cette photographie doit être classée avec une prudence particulière quant à l’auteur de la prise de vues. Le fait que Ringo apparaisse aux côtés de George interdit d’affirmer qu’il a déclenché lui-même l’appareil, sauf preuve d’un retardateur ou d’un autre dispositif. Le titre et la légende attestent son appartenance au fonds édité sous son nom, pas nécessairement son rôle de photographe sur chaque cadre.

Le cas de l’image où Ringo se trouve devant l’objectif

La présence d’autoportraits ou de scènes montrant Ringo dans une série vendue comme son portfolio invite à distinguer la provenance des archives et l’attribution du déclenchement. Un fonds personnel peut comporter des photographies prises par des proches, des collègues ou des photographes professionnels. La publication sous un nom d’artiste ne doit pas effacer ces différences.

Une encyclopédie exigeante peut conserver la désignation officielle « portfolio de Ringo Starr » tout en signalant que certains négatifs ont un auteur à vérifier. Dans ce cas, la bonne formulation n’est pas forcément « photographie prise par Ringo », mais « image issue de ses archives, publiée dans son portfolio ». Cette précision protège l’histoire du regard photographique autant que la réputation de l’artiste.

Paul and Mal : l’image des coulisses plutôt que de la scène

La série de 2015 comprend une photographie de Paul McCartney avec Mal Evans, collaborateur essentiel du groupe. Le sujet reflète l’une des forces du fonds de Ringo : montrer non seulement les membres des Beatles, mais aussi ceux qui travaillaient autour d’eux pendant les déplacements et les journées de studio.

Ces images ont une valeur de mémoire sociale. Elles rappellent que les concerts reposaient sur des équipes de route, des assistants et des personnels souvent absents des pochettes célèbres. Le portfolio permet à ces figures de réapparaître à l’échelle d’un grand tirage. L’historien doit cependant identifier précisément le lieu et la date à partir des légendes d’origine avant d’attribuer une scène à un hôtel particulier.

Paul : les gestes d’un musicien hors performance

Une autre image de la série porte simplement le titre Paul. Le choix d’un nom court peut sembler anodin, mais il oriente la réception : le sujet n’est plus présenté par sa fonction de chanteur ou de bassiste, il est simplement une personne connue du photographe.

C’est dans cette proximité que se situe l’intérêt du portfolio. Les images de tournée ou de studio prises entre des moments officiels peuvent révéler un rapport à l’appareil différent de celui de la séance promotionnelle. L’œuvre ne promet pas une vérité psychologique sur le modèle ; elle conserve un regard amical et un contexte de vie que la presse d’époque ne pouvait pas toujours observer.

George : une pause dans la vie du groupe

Le titre George désigne une autre image de la série, associée par l’éditeur à un moment de réflexion. Le cadre photographique isole un membre du groupe et lui donne une existence autonome. Cette manière de regarder diffère du portrait officiel où les quatre Beatles sont placés dans une composition destinée à symboliser leur unité.

Le geste peut être interprété comme une forme de proximité, mais il faut rester prudent : une expression contemplative ne prouve pas nécessairement l’état d’esprit de la personne. Une légende rédigée cinquante ans plus tard constitue une lecture rétrospective. L’analyse peut décrire le dispositif de portrait et sa fonction éditoriale sans inventer les pensées de George Harrison.

John : l’intimité du portrait

Une photographie intitulée John figure également dans les huit références. Son existence dans la série rappelle que Ringo possédait des images privées de Lennon et que ces documents ont pris une portée mémorielle particulière après sa mort en 1980. Les photographies rendent visible une personne qui ne peut plus raconter elle-même les circonstances de ces prises de vues.

Le rôle de l’éditeur est déterminant. Il choisit une image, lui attribue un titre et la propose à la contemplation publique. La photographie devient à la fois portrait d’ami, trace historique et objet signé. Une étude sérieuse doit distinguer ces niveaux, sans supposer que le tirage constitue un document inédit de la vie intérieure de Lennon.

India : un lieu et une histoire spirituelle

Le catalogue de 2015 comprend une image intitulée India. Elle renvoie aux séjours et aux rencontres qui ont marqué le groupe pendant les années 1960. Le choix d’une image géographique, aux côtés de portraits de musiciens, élargit la série vers l’histoire des voyages et des découvertes culturelles.

L’analyse ne doit pas transformer cette photographie en preuve de toutes les croyances religieuses de Ringo. Une image de voyage atteste d’abord une scène, un lieu ou un contexte tel que l’éditeur le présente. Les significations personnelles peuvent être éclairées par les souvenirs de l’artiste, mais elles demandent des sources. Le portfolio mêle portrait et documentation du monde observé, deux genres complémentaires.

John & Paul : deux visages dans le même cadre

La série comporte une photographie de John Lennon et Paul McCartney réunis. Une telle image peut être regardée comme un portrait de relation : les deux auteurs-compositeurs sont saisis ensemble dans une situation qui n’est pas nécessairement une séance de presse. La proximité du photographe permet des cadrages moins conventionnels que les portraits officiels.

Cependant, aucune photographie unique ne peut résumer l’ensemble de leur collaboration. Le titre John & Paul oriente le regard du public vers une histoire partagée dont le cliché ne montre qu’un instant. L’intérêt documentaire vient des gestes visibles et de la provenance, non d’une interprétation psychologique qui prétendrait expliquer le couple d’auteurs à partir d’une seule image.

Ringo : une figure éditée comme autoportrait

Une image intitulée Ringo complète la série, avec une représentation de l’artiste lui-même. Cette présence renforce la nécessité de distinguer autoportrait véritable et portrait de Ringo réalisé par un autre. Les légendes commerciales emploient parfois des catégories qui décrivent le sujet sans nommer la personne derrière l’objectif.

Le même principe vaut pour toute œuvre conservée dans un fonds personnel. L’éditeur peut publier un portrait comme élément d’autobiographie photographique même s’il a été déclenché par un autre. Un catalogue sérieux conserve les données disponibles et évite de transformer une attribution incertaine en certitude. Cette prudence est particulièrement pertinente dans une série dont la signature renforce l’apparence d’auteur.

L’objectif fisheye et les expériences psychédéliques

Genesis indique que Ringo a expérimenté la photographie noir et blanc, les films couleur et les objectifs fisheye produisant des effets psychédéliques. Cette diversité technique rappelle que ses images ne se limitent pas à un style documentaire réaliste. Certains cadrages peuvent jouer de la déformation et d’un point de vue presque ludique.

La mention générale du fisheye ne doit pas être attribuée automatiquement à chacune des huit images du portfolio. Pour identifier les effets d’un objectif particulier, l’étude des reproductions et l’identification des appareils utilisés seraient nécessaires pour préciser ces circonstances. La source permet néanmoins d’établir une curiosité pour les outils et pour les variations de perception, à relier à l’art numérique de Ringo sans les confondre.

Vingt-cinq épreuves numérotées : une édition par photographie

Le chiffre de vingt-cinq annoncé par Genesis concerne le tirage de chaque référence. Il ne s’agit pas d’un total de vingt-cinq exemplaires pour l’ensemble des huit images. La numérotation permet à l’acheteur d’identifier une place dans une série déterminée, et la signature de Ringo sert à valider l’édition.

Ces éléments ont une importance pratique pour la provenance. Lors d’une vente ou d’un prêt, le titre, le numéro d’exemplaire, les dimensions et le certificat constituent les éléments indispensables à son identification. Une reproduction de presse de la même image ne constitue pas une épreuve du portfolio. Le statut d’œuvre d’art dépend aussi de cette matérialité contemporaine.

9 septembre 2015 : exposition à la National Portrait Gallery

Genesis annonce l’installation du portfolio à la National Portrait Gallery de Londres le 9 septembre 2015, dans le cadre du lancement du livre Photograph en édition ouverte. L’éditeur publie un compte rendu le lendemain. La presse photographique et culturelle reproduit plusieurs images, donnant une visibilité considérable au travail de Ringo.

L’exposition apporte un changement de contexte. Une photographie autrefois gardée dans des boîtes d’archives peut être vue par des visiteurs d’institution culturelle et commentée comme portrait. Cela n’efface pas sa dimension privée, mais lui donne une reconnaissance publique. Pour une étude de l’artiste, le moment mérite d’être distingué des expositions de peinture numérique et des ventes aux enchères de memorabilia.

21 septembre 2015 : le livre ouvert et les portraits signés

La présentation de la National Portrait Gallery précède de quelques jours la commercialisation de l’édition ouverte du livre Photograph. Cette dernière porte un ISBN différent de l’édition limitée de 2013 et comprend 304 pages. Elle peut être achetée par un public plus large sans passer par le marché des coffrets signés.

Le portfolio constitue une autre proposition : huit images limitées et signées pour les collectionneurs. Les deux produits sont lancés dans une période voisine, mais ne possèdent ni la même quantité ni la même fonction. La diffusion large du livre et la rareté de l’estampe peuvent coexister. Une bibliographie de Ringo doit conserver cette articulation commerciale sans l’écraser.

La Lotus Foundation : un engagement annoncé aussi pour les tirages

Genesis précise que Ringo a reversé directement les droits d’auteur de ce portfolio à la Lotus Foundation, tandis que l’éditeur a effectué une contribution sur les achats. Cette information est plus spécifique que la seule annonce liée au livre de 2013 : elle concerne ici les éditions de photographies de 2015.

Il reste nécessaire de séparer le montant annoncé du mécanisme financier réellement constaté. La source établit une orientation philanthropique, pas le total des dons ni leur utilisation détaillée. L’œuvre photographique s’inscrit ainsi dans une pratique qui associe l’art personnel de Ringo à des initiatives de solidarité, sans que le catalogage doive inventer des chiffres.

Un second regard sur l’intimité des Beatles

Le Photograph Portfolio 2015 réunit huit images éditées en tirages limités à vingt-cinq exemplaires signés par référence. De Ringo and George, datée de 1961, aux portraits de John, Paul et George et à l’image India, la série montre des moments de vie avant, pendant et après la transformation du groupe en phénomène mondial.

Son histoire est aussi celle de l’édition photographique : une sélection d’archives personnelles devient un ensemble de tirages, puis une exposition associée au lancement du livre Photograph. Pour une encyclopédie critique, il faut conserver les titres, les dates de scène, les épreuves contemporaines et les questions d’attribution. Ringo peut apparaître devant l’objectif sans avoir nécessairement pris la photographie : cette distinction constitue un principe indispensable de l’histoire de son regard.

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