Ringo Starr, artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture, cinéma et design

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The Photograph Portfolio 2013 : douze images de Ringo Starr, tirages de vingt-cinq et esthétique du regard intérieur

De Liverpool aux coulisses des Beatles : le passage du cliché personnel au tirage de galerie signé.

Douze photographies, douze éditions distinctes

Le catalogue de Genesis Publications présente en octobre 2013 douze images choisies par Ringo Starr, chacune proposée à vingt-cinq exemplaires numérotés et signés. Douze titres ne signifient donc pas douze exemplaires uniques : l’unité pertinente est d’abord la photographie, puis l’édition de vingt-cinq feuilles, enfin le tirage individuel. Le produit théorique de douze par vingt-cinq représente une capacité d’édition de trois cents feuilles, sans établir combien furent effectivement imprimées, livrées ou conservées.

L’éditeur décrit des impressions giclées de grand format, généralement de 50,8 × 76,2 cm, assorties d’un certificat numéroté et signé par la maison. Ce dernier n’est pas interchangeable avec la signature de l’artiste sur la feuille. Les mentions de papier de la fiche commerciale doivent aussi être lues avec prudence : la coexistence de « Photo Rag » et « Photo Rag Pearl » ne permet pas, sans examen de l’exemplaire, d’attribuer un support unique à chaque référence.

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Repères : étude des sources originales, des procédés éditoriaux, des métadonnées, des formats et de la conservation des images de Ringo Starr.

Les douze photographies de 2013 : chacune possède sa notice détaillée

Chaque sujet du portfolio photographique de 2013 est désormais traité séparément. L’ordre exact du catalogue Genesis est conservé : Liverpool, First US Visit, John and Paul, George, Miami, Paul, Old Hickory, Ringo and Paul, John, John and George, Delhi et Self Portrait. La matérialité commune annoncée est celle d’une impression giclée archivistique sur papier Hahnemühle coton, limitée à vingt-cinq exemplaires signés par motif ; l’indication « Photo Rag » ou « Photo Rag Pearl » doit être confrontée à l’exemplaire.

  1. Notice 357 · Liverpool : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  2. Notice 358 · First US Visit : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  3. Notice 359 · John and Paul : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  4. Notice 360 · George : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  5. Notice 361 · Miami : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  6. Notice 362 · Paul : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  7. Notice 363 · Old Hickory : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  8. Notice 364 · Ringo and Paul : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  9. Notice 365 · John : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  10. Notice 366 · John and George : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  11. Notice 367 · Delhi : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013
  12. Notice 368 · Self Portrait : le tirage signé de Ringo Starr dans le portfolio Genesis 2013

Source primaire, Genesis 2013.

Une photographie quitte le livre et devient œuvre à accrocher

Le Photograph Portfolio 2013 propose une sélection d’images issues du regard de Ringo Starr, imprimées en tirages d’art plutôt que simplement reproduites dans un livre. Genesis Publications présente le projet comme la première occasion d’obtenir ses photographies en estampes de qualité muséale. Douze images favorites sont proposées, chacune dans une petite édition signée et numérotée de vingt-cinq exemplaires.

L’objet est donc différent du livre Photograph paru la même année. Un lecteur peut tourner les pages, consulter les légendes et suivre une autobiographie par images ; le collectionneur d’un tirage isolé peut le présenter au mur, le conserver dans un cadre et le considérer comme une œuvre autonome. Les deux expériences reposent souvent sur les mêmes souvenirs, mais leur circulation matérielle et leur statut éditorial divergent.

Douze images, vingt-cinq exemplaires par référence

L’annonce de Genesis en décembre 2013 signale douze photographies préférées de Ringo disponibles sous forme de tirages signés. La fiche des portfolios précise de petites éditions de vingt-cinq. Cette quantité est attribuée à chaque image, non au nombre total de livres publiés. Il serait trompeur d’écrire que seulement vingt-cinq ouvrages Photograph ont été imprimés.

L’historien doit distinguer une sélection de douze sujets, chaque édition de tirage et les deux mille cinq cents exemplaires du livre de luxe. Le nombre théorique d’épreuves peut être calculé à partir des tirages, mais les exemplaires effectivement vendus, conservés ou retirés de la circulation exigent une documentation individuelle. Une annonce d’édition n’est pas un registre complet des propriétaires.

20 × 30 pouces : une photographie pensée à l’échelle du mur

Les fiches Genesis indiquent pour les tirages des dimensions de 50,8 × 76,2 centimètres, soit 20 × 30 pouces. Le format change le rapport du spectateur à la scène. Une photographie découverte dans la page d’un livre se consulte de près ; un tirage mural peut être regardé à distance et permettre l’attention à des détails auparavant minuscules.

Cette transformation ne crée pas automatiquement une nouvelle prise de vues. Le cliché a été réalisé à une date antérieure ; 2013 désigne le travail d’édition, de tirage et de commercialisation. La distinction entre date de l’image et date de l’épreuve est une exigence essentielle d’un catalogue raisonné. Elle protège contre les inventaires qui classeraient des scènes de 1964 comme photographies prises en 2013.

L’impression giclée : la technique revendiquée

Genesis décrit les tirages comme des impressions giclées d’archivage utilisant des encres K3 Lightfast. La mention est techniquement significative : elle concerne le procédé d’impression final, non nécessairement le support original utilisé par Ringo au moment de déclencher son appareil. Une photographie sur film peut être numérisée puis imprimée par une technologie contemporaine.

Un catalogue doit donc enregistrer deux chaînes techniques. La première est celle de la prise de vues, dont les négatifs, diapositives ou tirages anciens forment les preuves matérielles ; la seconde est celle de l’édition de 2013, avec préparation numérique et impression sur papier. Une description réduite au seul mot « numérique » effacerait la distinction entre l’image historique et sa reproduction d’art.

Hahnemühle Photo Rag et papier coton

La fiche de l’éditeur annonce un papier Hahnemühle Photo Rag de 320 grammes, 100 % coton. La désignation renseigne la texture, la composition et une partie du positionnement du tirage. Elle ne constitue pas à elle seule une garantie absolue de conservation pendant des siècles : la durée de vie dépend également de la lumière, de l’humidité, des conditions de stockage et de l’encadrement.

La référence du papier doit être conservée exactement pour différencier l’édition originale d’un retirage inconnu. Lorsqu’une photographie circule en fichier ou en reproduction de magazine, elle ne possède pas nécessairement ce support. Le tirage signé est un objet particulier, dont les caractéristiques matérielles forment une partie de l’identité.

Un certificat du fabricant, une signature de Ringo

Les fiches Genesis décrivent une signature de Ringo sur chaque tirage, un numéro d’édition et un certificat numéroté et signé par l’éditeur. Cette combinaison fait intervenir deux responsabilités différentes. L’artiste valide une œuvre photographique éditée sous son nom ; l’éditeur atteste une référence de fabrication et une place dans la série.

La présence d’une signature isolée ne suffit pas à établir toute la provenance d’un objet sur le marché secondaire. Il faut examiner le papier, les dimensions, le certificat, le numéro et toute facture d’origine disponible. De même, un certificat sans photographie ne prouve pas à lui seul qu’un autre tirage porte le même numéro. Une étude critique doit expliquer cette logique sans se substituer au travail d’expertise matérielle.

Encadrement noir, passe-partout sans acide et protection UV

L’éditeur mentionne un cadre de bois dur noir, un montage sans acide et une protection en Perspex anti-UV. Ces éléments ne sont pas de simples ornements commerciaux. Ils déterminent la présentation de l’œuvre, la distance entre l’image et le spectateur et une partie de son environnement de conservation.

Le cadre d’origine peut devenir un indice d’édition. Il ne garantit toutefois pas qu’un exemplaire ait été conservé intact ; une œuvre peut avoir été décadrée ou remaniée par un propriétaire. Un catalogue devrait donc distinguer « encadrement prévu par l’éditeur » et « encadrement constaté sur l’exemplaire étudié ». Le détail importe lorsque les tirages sont proposés à la revente ou prêtés à des expositions.

Liverpool, vers 1960 : l’automobile comme mémoire sociale

Le portfolio commence notamment par une image intitulée Liverpool, datée par l’éditeur d’environ 1960. Ringo accompagne cette photographie d’un souvenir concernant son premier véhicule et la difficulté qu’il rencontrait auparavant pour transporter une batterie lorsqu’il devait utiliser les transports publics.

Le texte donne à une image personnelle une portée sociale. L’automobile représente une étape d’indépendance pour un jeune musicien, avant que la Beatlemania ne transforme ses déplacements. Il ne faut pas prendre le commentaire de 2013 comme une prise de parole enregistrée en 1960 ; il s’agit d’un souvenir rétrospectif. L’œuvre rassemble deux temporalités, celle de l’image et celle de sa remémoration.

First US Visit, 1964 : regarder ceux qui regardent

First US Visit, daté de 1964, montre un autre principe du regard de Ringo : photographier les personnes qui observent les Beatles. L’artiste explique qu’il passait une grande partie des premiers voyages à regarder le monde depuis les voitures, parce que les sorties ordinaires étaient devenues difficiles.

Cette inversion de point de vue constitue l’une des qualités les plus originales de ses archives. L’appareil ne sert pas seulement à documenter ses camarades ; il saisit aussi l’environnement social de la célébrité. Le public devient sujet photographique. Le commentaire de Ringo, recueilli beaucoup plus tard, éclaire cette situation sans permettre d’identifier automatiquement chaque visage ni de fixer un lieu précis absent des métadonnées.

John, Paul et George : des portraits impossibles pour la presse

Le portfolio comprend des portraits intimes des autres Beatles. Ringo résume leur spécificité par le fait qu’il était présent dans les lieux privés où les photographes de presse n’avaient pas accès. La proximité personnelle donne une autre expression à des visages devenus des icônes publiques.

Cette valeur documentaire ne signifie pas que chaque photographie soit un chef-d’œuvre artistique isolé. Certaines relèvent d’un usage familial et spontané. Leur importance vient du contexte, de l’accès et du regard porté sur les personnes. L’édition en tirages d’art transforme ensuite une image autrefois privée en objet public, avec un nouveau titre, une nouvelle échelle et un marché propre.

La sélection est un travail d’auteur en 2013

Entre les négatifs, les albums familiaux et les nombreuses photographies retrouvées, l’éditeur et Ringo choisissent les images qui seront présentées au public. Cette sélection est déjà un geste d’interprétation : elle détermine quelles scènes méritent d’être regardées comme œuvres et lesquelles demeurent dans les archives.

Le portfolio ne représente donc pas un échantillon statistique de toutes les photographies prises par Ringo. C’est une sélection construite autour d’une identité d’artiste. L’absence d’une image célèbre ne prouve pas qu’elle n’existe pas, et la présence d’une photographie imprimée ne révèle pas le nombre d’autres négatifs issus de la même séance. Un catalogue doit conserver cette prudence.

Le livre Photograph : une édition distincte de 2 500 exemplaires

Genesis indique que le livre signé de 2013 comprend deux mille cinq cents exemplaires, répartis entre l’édition Collector de deux mille cent cinquante et l’édition Deluxe de trois cent cinquante. Le livre possède 304 pages et un grand format de 280 × 350 millimètres. Il est lié au portfolio par les images et l’initiative éditoriale, mais son tirage n’est pas celui des estampes.

Cette distinction est capitale pour les collectionneurs. Un livre Collector, un livre Deluxe et une photographie encadrée correspondent à des objets ayant des caractéristiques, des suppléments et des numéros propres. Les confondre sous une référence commerciale unique peut entraîner des erreurs d’inventaire et d’estimation.

24 décembre 2013 : livre épuisé, cinq séries photographiques déjà réservées

Le communiqué publié par Genesis Publications le 24 décembre 2013 fournit un instantané particulièrement précis de la réception commerciale de Photograph. Le tirage de 2 500 livres signés, réparti entre les éditions Collector et Deluxe, est alors annoncé comme entièrement souscrit. Genesis souligne que cette édition a trouvé ses acquéreurs en moins de trois mois. Cette date ne prouve cependant ni que tous les exemplaires avaient déjà été livrés, ni qu’ils avaient ensuite été revendus : l’épuisement décrit ici concerne les souscriptions ouvertes par l’éditeur.

Le même document apporte une information différente sur le Photograph Portfolio : cinq des douze éditions de tirages photographiques sont déjà épuisées à cette date. Il ne s’agit donc pas de cinq photographies au total, mais de cinq références pour lesquelles les vingt-cinq exemplaires annoncés n’étaient plus proposés à la souscription. Les sept autres séries ne se confondent pas avec les éditions du livre. Cette distinction rend visible l’accueil simultané de deux objets : d’un côté le récit photographique relié, de l’autre l’œuvre destinée à être encadrée.

Le document historique est conservé dans les archives de Genesis Publications du 24 décembre 2013.

La signature et la personnalité photographique

Ringo est connu pour avoir toujours emporté un appareil avec lui. Son autobiographie photographique montre à quel point le geste de regarder par l’objectif lui a permis d’habiter les périodes de déplacement permanent. La signature apposée en 2013 rapproche le présent de l’artiste des images qu’il a prises des décennies auparavant.

Une œuvre signée ne doit cependant pas être présentée comme une photographie matériellement tirée par l’artiste dans les années 1960. L’édition est contemporaine, même lorsque le négatif est ancien. L’authenticité peut résider dans l’attribution de la prise de vues et dans l’approbation du tirage, sans que le photographe ait personnellement manipulé l’imprimante de laboratoire.

La Lotus Foundation et la question des revenus

Ringo indique reverser les droits d’auteur du livre Photograph à la Lotus Foundation. L’engagement philanthropique appartient à l’histoire du projet éditorial, mais il ne permet pas de conclure que tous les produits dérivés, frais de galerie ou reventes privées sont soumis aux mêmes règles de redistribution.

L’analyse doit distinguer les royalties annoncées, les produits de vente des tirages et les éventuelles transactions du marché secondaire. Il serait imprudent d’attribuer un montant de dons sans bilan financier. Le lien entre création visuelle et solidarité est néanmoins attesté : la mise en circulation des archives sert aussi une fondation associée à Ringo et Barbara Bach.

2013 : un marché de photographies de rock qui change de statut

Les tirages d’art rapprochent la photographie personnelle de Ringo des pratiques de galeries et de maisons d’édition spécialisées. Les collectionneurs ne recherchent plus seulement une image des Beatles signée par un musicien célèbre : ils acquièrent une photographie dont le regard, la provenance, le support et l’édition sont documentés.

Cette transition doit être décrite sans effacer la dimension commerciale de l’opération. La rareté annoncée participe à l’attrait des œuvres. Mais elle ne remplace ni leur intérêt historique ni les qualités de composition. L’une des questions critiques les plus intéressantes est justement de comprendre comment un cliché de voyage devient, par sélection et édition, une pièce susceptible d’être exposée.

Deux dates, deux objets : le négatif ancien et le tirage signé

Le Photograph Portfolio 2013 propose douze photographies de Ringo Starr en éditions limitées à vingt-cinq tirages signés par image. Le support annoncé est une impression giclée K3 sur papier coton Hahnemühle Photo Rag, au format 20 × 30 pouces, avec certificat et encadrement prévu par l’éditeur.

Sa place dans le dossier « au-delà des Beatles » tient à la distinction entre trois moments : voir et photographier une scène dans les années 1960, retrouver et choisir ces images plusieurs décennies plus tard, puis produire une édition d’art en 2013. Le regard de Ringo traverse ces moments ; les métiers et les techniques qui donnent une existence matérielle au tirage doivent rester identifiés.

Du lancement hollywoodien au film de présentation, septembre 2013 – avril 2014

La carrière publique du portfolio connaît deux temps de médiatisation qu’il importe de distinguer. Le 27 septembre 2013, Genesis Publications annonce pour le 23 octobre une présentation au cinéma ArcLight de Hollywood : le livre Photograph et les douze premiers tirages signés doivent être montrés lors d’une séance comprenant un court métrage et des interventions. Les participants annoncés sont notamment les batteurs Dave Grohl et Steve Gorman, le photographe Henry Diltz et la journaliste musicale Melinda Newman, chargée de l’animation. Cette programmation situe déjà les images de Ringo au croisement du témoignage musical et de la photographie d’art.

Le 17 avril 2014, l’éditeur communique à nouveau sur un film consacré aux tirages photographiques, dans lequel Ringo prend la parole avec Grohl, Gorman et Diltz. Le rapprochement des invités révèle une continuité de discours : on ne présente plus seulement les Beatles photographiés, mais la pratique du batteur devenu témoin privilégié de ses amis. Pour autant, le communiqué d’avril ne suffit pas à dater le tournage de ce film ni à affirmer qu’il s’agit d’un montage identique à celui projeté en octobre 2013.

Cette distinction entre annonce d’une rencontre, projection et mise en circulation d’un film évite de transformer deux étapes de diffusion en deux œuvres audiovisuelles nouvelles. Voir l’étude de la soirée du 23 octobre 2013 et les annonces de septembre 2013 et d’avril 2014 publiées par Genesis Publications.

Sources éditoriales et techniques

  • Genesis Publications, portfolio 2013, fiches et procédés
  • Genesis Publications, édition Photograph signée
  • Genesis Publications, 12 tirages annoncés en décembre 2013
  • Rock Hall, catalogue bibliographique Photograph

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