Yellow-Sub.net · Encyclopédie historique et discographique
Sommaire
Paris, Palais des Sports, 26 juin 2011 : les vingt-trois numéros du concert de Ringo Starr décryptés
Une étude du concert français de la onzième formation, entre classiques des Beatles, soul-rock américain, synthétiseurs, chansons récentes et final pacifiste.
Le Palais des Sports dans la géographie européenne de 2011
Le dimanche 26 juin 2011, Ringo Starr et son All-Starr Band se produisent au Palais des Sports de Paris, dans le cadre de la tournée de la onzième formation. L’effectif régulier est constitué de Ringo, Rick Derringer, Wally Palmar, Edgar Winter, Gary Wright, Richard Page et Gregg Bissonette. Le groupe représente plusieurs décennies de rock américain et britannique, avec un fort accent porté sur les tubes radiophoniques des années 1970 et 1980.
Le concert parisien prend place après la date du 24 juin à Bournemouth et avant celle du 28 juin à Budapest. Ce contexte géographique est important : il ne s’agit ni de la tournée européenne de 1992 ni de la venue à l’Olympia en 2018, mais d’un spectacle d’une formation précise. La fiche interne indique vingt-trois numéros. Elle distingue les rôles de référence des musiciens sans pour autant constituer une preuve exhaustive de chaque partie instrumentale jouée.
It Don’t Come Easy, Honey Don’t et Choose Love
Les trois premiers morceaux sont interprétés par Ringo et mettent en dialogue trois périodes de son histoire. It Don’t Come Easy renvoie au single solo de 1971 ; Honey Don’t à Carl Perkins et aux influences rockabilly des Beatles ; Choose Love à un album de Ringo paru en 2005. En ouvrant sur cette succession, le chanteur relie son succès individuel, les racines du rock et une production récente.
Ces trois œuvres ont des auteurs et des contextes d’enregistrement différents. L’une appartient aux débuts solo de Ringo, l’autre à l’héritage américain des années 1950 et la dernière à ses albums du XXIe siècle. La cohérence de l’ouverture ne relève donc pas de la chronologie de publication, mais de la figure scénique de Ringo, capable de traverser son propre patrimoine sans perdre son identité.
Hang On Sloopy et Free Ride : deux générations de rock
La quatrième entrée, Hang On Sloopy, met Rick Derringer au premier plan en rappelant l’époque où il jouait dans les McCoys. La chanson, écrite par Bert Berns et Wes Farrell, est devenue un classique du rock américain de 1965. Derringer présente une partie essentielle de sa carrière, mais l’écriture ne doit pas être attribuée à son seul nom.
Free Ride, cinquième numéro, donne à Edgar Winter l’occasion de revenir à l’univers de l’Edgar Winter Group, avec une chanson composée par Dan Hartman. Le rapport entre les deux titres est éclairant : chacun est associé à un artiste connu, sans que celui-ci soit nécessairement le compositeur. La onzième formation fonctionne précisément grâce à cette capacité de représenter plusieurs carrières à travers des interprètes historiques.
Talking in Your Sleep et I Wanna Be Your Man
Wally Palmar représente les Romantics avec Talking in Your Sleep, succès associé à la pop-rock des années 1980. La chanson fait entendre une énergie mélodique différente de celle des titres de Derringer et Winter. Palmar ne se limite toutefois pas à chanter ce morceau : il joue de la guitare sur une grande partie du programme, y compris pendant les interventions de Ringo.
La septième entrée, I Wanna Be Your Man, ramène le spectacle à une composition Lennon–McCartney. La chanson fut donnée très tôt aux Rolling Stones et enregistrée par les Beatles avec Ringo au chant. La succession avec un titre des Romantics rapproche deux moments de la musique populaire britannique et américaine. Le rôle vocal de Ringo ne modifie pas les crédits de la composition de 1963.
Dream Weaver et Kyrie : synthétiseurs et rock mélodique
Les huitième et neuvième numéros confient successivement le micro à Gary Wright pour Dream Weaver et à Richard Page pour Kyrie. La première chanson renvoie à l’usage des synthétiseurs dans le rock des années 1970 ; la seconde appartient à Mr. Mister, groupe devenu célèbre une décennie plus tard. Les arrangements de la formation de 2011 doivent condenser deux univers de production distincts dans un orchestre de sept membres.
Kyrie est cosignée Richard Page, Steve George et John Lang, ce qui souligne la place de l’écriture collective dans son groupe d’origine. Dream Weaver se rattache à l’identité de Gary Wright comme compositeur et chanteur. Les deux interprètes assurent également leur fonction instrumentale pendant les titres de Ringo, participant à la cohésion du spectacle.
The Other Side of Liverpool et Yellow Submarine
Avec The Other Side of Liverpool, Ringo revient à son album Y Not, paru en 2010. La chanson adopte une perspective autobiographique sur l’enfance et la jeunesse du musicien. Elle précède Yellow Submarine, œuvre de Lennon–McCartney qui reste liée à sa voix depuis la sortie de Revolver en 1966.
Les deux chansons parlent indirectement de Liverpool, mais elles n’appartiennent ni à la même époque ni au même genre d’écriture. L’une est un regard rétrospectif de Ringo sur son passé, l’autre une fantaisie collective qui a accompagné plusieurs générations. Le concert parisien en révèle la complémentarité, en faisant du chanteur un témoin de sa propre histoire musicale.
Frankenstein : l’instrumental au cœur de la représentation
Frankenstein, douzième numéro, rompt avec la succession des chansons chantées. Pièce emblématique de l’Edgar Winter Group, elle place les instruments au premier plan et modifie la respiration du spectacle. Edgar Winter est à la fois claviériste, saxophoniste et chanteur ; son répertoire permet donc au All-Starr Band de donner une autre dimension à ses moyens scéniques.
La set-list atteste le titre et sa position, mais elle ne fournit pas à elle seule la durée exacte de la version parisienne ni le détail des solos. Une analyse musicologique des changements d’instrument devrait s’appuyer sur une captation datée. L’absence de cet examen interdit d’attribuer par défaut toutes les parties de saxophone et de claviers à une personne déterminée.
Peace Dream, Back Off Boogaloo et les classiques de Ringo
Les treizième et quatorzième entrées sont Peace Dream, issue de l’album Y Not, puis Back Off Boogaloo, single de 1972 produit par George Harrison. L’enchaînement fait coexister l’engagement pacifiste contemporain de Ringo et les premiers succès de sa carrière indépendante. Il rappelle que le All-Starr Band ne constitue pas seulement un répertoire des Beatles et des autres chanteurs invités.
Les titres récents jouent un rôle de continuité artistique. Un chanteur qui présente des œuvres nouvelles en 2011 ne se définit pas uniquement par des chansons de 1963 à 1973. La présence de ces titres à Paris doit être conservée comme donnée spécifique de la set-list, distincte de leur date de sortie et des musiciens de leurs versions de studio.
What I Like About You et Rock and Roll, Hoochie Koo
Wally Palmar revient au premier plan avec What I Like About You, succès des Romantics, puis Rick Derringer interprète Rock and Roll, Hoochie Koo. La juxtaposition illustre deux traditions différentes du rock américain : la power pop aux refrains immédiats et la guitare électrique héritée du blues-rock des années 1970.
Le All-Starr Band présente ces œuvres non comme de nouvelles compositions collectives, mais comme des chapitres dans la biographie de leurs interprètes. Les musiciens accompagnent successivement Palmar et Derringer tout en conservant leurs fonctions de groupe. Cette organisation de la soirée est l’une des raisons pour lesquelles la présence de Ringo à la batterie et au micro doit être étudiée en alternance avec celle de Gregg Bissonette.
Boys, Love Is Alive et Broken Wings
Les numéros dix-sept à dix-neuf ramènent Ringo sur Boys, Gary Wright sur Love Is Alive et Richard Page sur Broken Wings. La chanson Boys vient des Shirelles, tandis que Love Is Alive s’inscrit dans le catalogue de Wright et Broken Wings dans celui de Mr. Mister. En trois titres, le programme associe les années 1960, 1970 et 1980.
La logique collective est évidente : chaque soliste est à la fois une voix et un accompagnateur. Broken Wings est cosignée Richard Page, Steve George et John Lang ; le succès de son interprétation par Page ne supprime pas cette écriture partagée. Le rôle du bassiste chanteur comprend également le soutien des autres morceaux de la soirée.
Photograph, Act Naturally et le final en deux entrées
Le dernier mouvement du spectacle rend le centre à Ringo avec Photograph, cosignée avec George Harrison, puis Act Naturally, reprise d’une chanson de Johnny Russell et Voni Morrison popularisée par Buck Owens. Le final comprend ensuite With a Little Help from My Friends et Give Peace a Chance.
La dernière œuvre est souvent présentée sous forme de refrain conclusif, et le décompte de vingt-trois entrées ne doit pas faire oublier la différence entre une chanson complète et une coda. Ce détail rejoint le projet artistique du All-Starr Band : les voix se rassemblent autour d’une chanson écrite pour Ringo par Lennon–McCartney, puis se prolongent vers le répertoire pacifiste associé à John Lennon.
Paris n’est ni Lyon ni l’Olympia : l’importance du lieu exact
La fiche de concert interne indique le Palais des Sports de Paris, le 26 juin 2011. Cette localisation doit être respectée, même lorsque des synthèses secondaires présentent le même programme sous une autre ville. Le dossier doit confronter les documents de salle et les itinéraires avant de modifier une donnée : un changement de ville n’est pas une simple correction typographique.
La fiche du Palais des Sports constitue le point de départ de cette étude, qui s’inscrit dans les trente-neuf dates de la saison 2011. Le concert parisien ne doit pas non plus être confondu avec la prestation à l’Olympia du 6 juin 2018, réalisée par une autre formation avec un autre programme.
Parcourir les archives
Voir les concerts classés par tournée, les fiches des œuvres et les biographies des membres. Le présent chapitre analyse un programme historique ; il ne remplace pas les set-lists datées du dossier.












